Bonsoir à tous ! Je suis désolée pour mon retard mais j'avais deux bonnes raisons !

- La première étant que comme je vous l'avait dit, j'avais mon mémoire à rendre ainsi que ma soutenance à préparer ! (J'ai tout réussi, je passe en dernière année de Master l'année prochaine ! :D)

- La deuxième était que ce week-end j'étais d'enterrement de vie de jeune fille de ma belle sœur ! J'étais donc hors service durant tout le week-end !

En tout cas, je tenais à vous remercier pour vos nombreux retours et suivis ! L'histoire plaît de plus en plus et je suis super contente !

Je ne vais pas vous retenir plus longtemps ! Je vous souhaite une bonne lecture !

Chapitre 7

Dans son rêve, Edward marchait le long d'une route en terre. Il faisait chaud, un peu trop chaud pour une demi-saison... Il continuait sa marche sans vraiment savoir où il allait. Il ne connaissait même pas ce chemin. Autour de lui, il n'y avait rien : juste des arbres gigantesques. Mais sans vraiment comprendre pourquoi, il voulait continuer d'avancer. Soudain, il entendit un couinement. Un tout petit couinement. Comme un enfant, que l'on veut punir et qui essaie de se faire pardonner. Il fronça les sourcils. Encore ce couinement. Il avança d'un pas un peu plus rapide. Ce qui était vraiment étrange c'est qu'il était le seul être vivant dans les parages. D'où pouvait provenir ce bruit ?

Subitement, un cri déchira le ciel ensoleillé. Un cri de désespoir.

Edward ouvrit les yeux. La respiration haletante, il entendait toujours ce cri de détresse. Il reconnaissait cette voix... Putain ! Bella !

Sans attendre, il sauta hors de son lit trébuchant plusieurs fois sur son passage avant de rejoindre la chambre de la jeune femme. Il ouvrit la porte avec force.

Bella était entrain de faire un cauchemar. Elle se débattait avec force dans les draps. Très vite, il s'assit à ses côtés.

« Bella... Bella ! Réveille toi... », il toucha doucement son épaule pour ne pas la brusquer. «Ce n'est qu'un mauvais rêve... ».

Rapidement les yeux de la jolie brune s'ouvrirent et deux sillons de larmes apparurent. Elle sentit le goût salé de ses larmes dans sa bouche. Edward l'adossa contre la tête de lit. Elle était désorientée... Elle observa avec frénésie son environnement, mais rien ne semblait la calmer. Elle essaya alors de s'extraire du lit. Edward l'attrapa de justesse avant qu'elle ne tombe la tête la première.

La respiration saccadée elle le regardait dans les yeux. Elle avait terriblement peur.

Le cœur d'Edward se fendit. Elle était tellement vulnérable... cela en devenait affligeant.

Tout doucement, Edward la déposa sur le tapis et s'assit à côté d'elle. Il caressa tendrement son dos, dans un ultime effort pour la calmer.

Doucement mais sûrement, Bella cessa graduellement de pleurer. Elle fixait toujours ces yeux verts.

« Tout va bien Bella, tu ne risques plus rien... », il remonta sa main sur son épaule, « je ne te ferai jamais de mal... je te le promet... ».

Bella se jeta férocement dans ses bras. Ses pleurs étaient revenus. Edward hésita à lui retourner son étreinte, ne s'attendant pas à ce qu'elle se jette sur lui.

Il finit par caresser sa chevelure et referma son bras sur son petit corps.

Il restèrent ainsi pendant un long moment.

Au bout de quelques minutes, Bella cessa de pleurer et sa respiration redevint normale. C'était une bonne chose.

Edward jeta un œil au réveil : il était un peu plus de trois heures du matin. Il sentait la fatigue revenir peu à peu dans organisme. Mais il en avait rien à faire. Bella semblait avoir encore besoin de lui. Toujours blottit dans ses bras, la petite tête brune ne semblait pas vouloir bouger. Tout doucement, Edward releva son visage avec sa main. Il pouvait voir les deux tracés de larmes sur ses joues qui commençaient à sécher. Il essuya le reste de son pouce. Bella ferma les yeux à son contact. Elle commençait à lui faire confiance petit à petit... Edward souffla de soulagement. Il lui restait trois jours.

Au bout de quelques minutes, Bella bougea tout doucement. Elle glissa des bras d'Edward pour poser sa tête sur sa jambe. Elle ramena ses jambes contre sa poitrine. Elle s'endormit presque instantanément.

Edward caressa tendrement ses cheveux. Il n'avait pas la force de bouger et de la ramener dans son lit. Elle semblait aller bien maintenant. Pas question de tout gâcher. Il posa sa tête sur le rebord du lit et laissa ses pensées vagabonder...

Il repensa à son adolescence et ses crises d'ado qu'il faisait à répétition avec ses parents. Il n'avait pas un passé lourd mais il savait qu'il avait rendu la vie de ses parents un peu plus difficile que son frère. Emmett avait toujours été un gros nounours : il criait mais ne mordait pas. Alors que lui... c'était plutôt l'inverse. Il n'hésitait pas à faire un scandale s'il n'obtenait pas ce qu'il voulait.

Edward sourit... Un jour alors qu'il voulait sortir au restaurant et au cinéma avec ses potes, il avait fait le mur pour ressortir avec des filles et faire la fête toute la nuit. Lorsque Carlisle s'était aperçu de la disparition de son fils dans sa chambre – le lendemain matin – il avait imaginé le pire. Il avait

téléphoné à la police pour lançait un avis de recherche. De quoi faire des frayeurs à Esmée car Edward n'était rentré seulement qu'après le repas du soir...

Edward songea à la punition qu'il avait eu après ça. C'était d'ailleurs la seule dont il se souvenait. Esmée et Carlisle n'étaient pas des parents mauvais, bien au contraire. Il était vrai qu'ils donnaient très rarement des punitions, privilégiant toujours la communication.

Edward remonta un peu plus loin dans ses souvenirs. Lorsqu'il était encore un enfant, il se souvint de ces longues balades dans la forêt en famille, cela se terminait toujours pas un grand goûter. Il n'avait jamais manqué de quoi que ce soit.

À bien y réfléchir, il avait une énorme chance d'avoir une famille comme la sienne. Il se rappelait que certains de ses amis d'enfance étaient souvent punis pour une quelconque raison. Bon après, Emmett et Edward étaient des enfants relativement intelligents et qui ne posaient pas beaucoup de soucis à l'école.

Un sourire étira ses lèvres. Il porta à nouveaux son regard sur Bella. Elle dormait paisiblement. Il continua de caresser ses cheveux. Ils étaient tellement doux, c'était très agréable. Il jeta une nouvelle fois, un œil au réveil. 4H30... Fatigué, il ferma les yeux et s'endormit à même le sol, la tête de Bella sur ses cuisses.

OOO

Lorsqu'il ouvrit les yeux, Edward ne reconnaissait pas l'endroit. Il cligna à plusieurs reprises et lorsqu'il reprit ses esprits, il reconnut sa chambre d'ami. Il se frotta les yeux et sentit un poids lourd sur lui. Il jeta un regard au petit corps blottit tout contre lui. Bella avait bougé durant son sommeil. Elle était remontée sur sa poitrine, les bras contre elle et les jambes recroquevillées. Edward posa un bras sur la taille de la jeune femme. Elle n'avait plus peur de lui, c'était une petite victoire.

Il regarda le réveil : il indiquait 8h12. Sa nuque était raide et il se massa le cou de sa main libre. Dormir de cette façon n'était pas la chose la plus intelligente.

Edward réfléchit à la manière dont il allait pouvoir se lever. Avec Bella sur lui, ce n'était pas une mince affaire. Il ne voulait pas lui faire peur. Il repensa un court instant à son cauchemar. Il ne l'avait jamais vue autant terrorisée...

Doucement, il serra Bella contre lui et se releva. Elle émit un petit couinement et ses yeux s'ouvrirent à moitié. Edward cessa de respirer, s'attendant au pire. Mais Bella les referma aussitôt et encercla ses jambes contre la taille d'Edward. Il soupira doucement et poursuivit sa marche.

Il la déposa sur le canapé en bas pour qu'elle puisse se réveiller dans un environnement qu'elle connaissait.

Elle se réveilla une heure plus tard. Un petit couinement s'échappa de ses lèvres roses, elle semblait confuse. Edward s'approcha.

« Bonjour », elle se retourna et un sourire étira ses lèvres. Elle était contente de le revoir. Edward lui retourna son sourire. En l'espace d'une nuit, il avait marquait plus de points qu'en 2 jours. C'était ahurissant. « Moi aussi, je suis content de te revoir »

Son visage apaisé, prit rapidement un air étrange. On pouvait apercevoir un petit tremblement des lèvres et ses sourcils étaient légèrement affaissés.

« Tout va bien ? », Edward s'assit à ses côtés et Bella porta sa main contre son ventre. « Tu as mal au ventre ? », la voix d'Edward paraissait inquiète, il savait qu'elle était enceinte. Son bébé n'allait peut-être pas bien ? Avec le cauchemar qu'elle avait fait, peut-être qu'elle avait provoqué quelque chose sur lui ?

Bella hocha tout doucement la tête. Elle souffrait, c'était évident !

« Merde... » murmura Edward, il chercha son téléphone et composa en vitesse le numéro de son père. Au bout de quelques sonneries il décrocha.

« Papa ! Bella se plaint de son ventre ! »

« A-t-elle mangé ? »

Edward se sentit soudainement bête. Peut-être avait-elle juste faim ?

« No-non... penses-tu que ce soit ça qui lui provoque des douleurs ? »

« Eh bien peut-être... je ne peux pas savoir sans avoir pratiqué une échographie... A-t-elle des saignements entre les jambes ? »

Edward inspecta brièvement les jambes de la jeune femme. Rien à signaler.

« Non, du moins, je ne vois rien au niveau de ses jambes. »

« Bien... écoute, donne lui à manger, si la douleur persiste conduis la en urgence à l'hôpital et appelle moi »

« Très bien... »

Lorsqu'il eut raccroché, il jeta un regard inquiet sur Bella. Elle s'était recroquevillée sur elle-même, un air abattu sur le visage.

« Est-ce que ça va Bella ? », la voix d'Edward était très douce, très calme. Bella leva les yeux vers lui, alors qu'ils s'asseyait à côté d'elle. « As-tu très mal au ventre ? » Elle le regarda un long moment avant d'hocher la tête.

Edward se dirigea vers la cuisine et lui sortit deux pancakes qui restaient de la veille. Elle avait adoré le goût sucré des galettes. Il lui apporta également un verre de jus de fruit.

« Mange... peut-être cela ira mieux », Bella attrapa un morceau de pancake et le fourra dans sa bouche. Son regard s'illumina et elle adressa un sourire à Edward. Une fois terminée, elle posa sa tête sur les cuisses d'Edward. Ce dernier se contenta de lui caresser les cheveux. Il espérait au fond de lui, qu'elle n'ait rien de grave. Au bout de quelques minutes Bella s'endormit. Elle avait une rapidité d'endormissement impressionnant. Edward alluma la télé et tomba sur une émission portant sur les grossesses dangereuses. Tiens donc... Il s'installa un peu plus confortablement, faisant attention à ne pas faire mal à Bella.

L'émission touchait à sa fin et Edward semblait toujours captivé par l'écran. Il avait apprit un tas de truc sur les femmes et les grossesses. Bella bougea légèrement dans son sommeil. Edward posa un regard sur son ventre. À l'heure actuelle, il était quasi impossible de voir qu'elle portait un enfant. Son ventre était plat. Il songea l'espace d'un instant si en posant sa main, il ressentirait l'embryon. Comme s'il ne commandait plus son bras, sa main se posa doucement sur le ventre de la jeune femme. Elle laissa pousser un léger soupir. Edward se concentra sur une moindre sensation. Il déplaça doucement sa main sur son ventre et il sentit quelques petits gargouillis au niveau de son bas ventre. Surprit il retira sa main. Avait-elle encore faim ? Où était-ce le bébé qui grandissait ? Il sentit Bella remuer sur lui et elle ouvrit rapidement les yeux. Son visage était très pâle.

« Bella ? Qu'est-ce qu'il ne va pas ? », elle se releva avec peine, une main sur son ventre et régurgita tout son petit déjeuner sur le sol. Edward attrapa ses cheveux et caressa son dos d'une autre main.

Ce n'était pas bon du tout qu'elle vomisse. Il attrapa son téléphone et appela à nouveau son père.

Il décrocha presque aussitôt.

« Elle vient de vomir tout son déjeuner ! Papa je ne sais pas quoi faire, elle a l'air d'avoir mal à son ventre... »

« Reste calme mon fils. Peux-tu te rendre à l'hôpital avec Bella maintenant ? »

« Eh bien... tu sais très bien qu'elle a peur de sortir... », entendre les régurgitations de la jeune femme, lui brisait le cœur. Elle avait un métabolisme bien trop faible pour s'autoriser à vomir... Il caressa son dos en ultime réconfort.

« Je vais venir lui donner un Lexomil et nous la conduirons là bas. »

Même si cette idée ne l'enchanté pas, il savait qu'il n'avait pas vraiment le choix. Le bien-être de Bella passait avant tout. Même si cela voulait dire qu'il fallait la shooter légèrement pour la conduire aux urgences... « Très bien, je t'attends... »

Edward transporta Bella à la salle de bain pour l'aider à nettoyer son visage et à la rafraîchir. Elle tremblait comme une feuille et elle semblait avoir perdue la moitié de sa force. Edward la tint fermement contre lui et ouvrit le robinet d'eau froide. Il passa un gant sous l'eau fraîche et le porta sur le visage de la jeune femme qui perlait de sueur. Elle respirait difficilement mais le gant froid sembla lui faire du bien.

« Ça va aller Bella, je te le promet... »

Il attrapa une brosse à dent non utilisée de son placard et plaça un peu de dentifrice dessus. Elle attrapa la brosse à dents avec peine et réussit à se brosser les dents toute seule. Edward la maintenait toujours contre lui, au cas où elle glisserait. Une fois sa toilette faite, Edward la redescendit sur le canapé. Son père arriva quelques minutes plus tard.

« Il faut l'habiller et on pourra y aller » dit Edward en attrapant un haut et un pantalon du sac d'Alice.

« Bella... il va falloir que tu te changes avec ceci. », il posa la petite pile de vêtement sur ses jambes, « Peux-tu le faire ? »

Elle avait une mine fatiguée mais elle semblait comprendre encore ce qu'il disait. Elle mordit sa lèvre inférieur et acquiesça tout doucement. Elle ne voulait rien lui refuser... il était vraiment gentil avec elle...

« Merci ma belle... », elle essaya de se lever, mais son corps manquait d'énergie. Elle faillit tomber la tête la première sur la table basse. Edward la rattrapa de justesse. « Je vais t'aider à monter ne t'inquiète pas... »

Il fit signe d'attendre à son père et monta avec Bella dans les bras.

Carlisle songea au fait que le Lexomil n'était peut-être pas nécessaire vu son état actuel. Il constata également qu'Edward avait établit un véritable lien de confiance. La dernière fois qu'il était venu, cela en était encore au point mort. Aujourd'hui, elle le laissait la transporter partout et acquiesçait à tout ce qu'il disait.

OOO

Lorsqu'ils revinrent tout les deux, Bella était changée mais elle avait toujours le visage pâle. Elle observa Carlisle avec méfiance et porta instinctivement sa main à son ventre. Peut-être était-ce de manière à protéger sa progéniture ? Où bien de douleur ? Il n'aurait su le dire...

« Je pense que nous allons laisser tomber pour le médicament. Elle semble bien assez faible comme ça... »

Edward jeta un regard inquiet à la jeune femme. Elle s'était allongée sur le canapé, l'air complètement hagard. Il retourna le regard vers son père.

« Je ne sais pas... je ne veux pas la brusquer... pas maintenant qu'elle me fait confiance... »

« J'ai observé son changement de comportement... » rebondit Carlisle, « vous avez fait du très bon travail, elle te fait confiance, c'est certain. »

Edward sourit tristement. « Ouais... mais rien n'est gagné, j'ai plutôt l'impression qu'elle s'oblige à me faire confiance car elle souffre... »

Carlisle arqua un sourcil, « Que veux-tu dire ? »

Edward soupira et s'installa sur le canapé à côté d'elle. Par instinct, elle vint poser sa tête sur sa cuisse. Edward entreprit de lui caresser les cheveux. « Ce changement de comportement est dû à cette nuit... Je l'ai faite dormir à l'étage, dans un vrai lit. » Carlisle acquiesça silencieusement, il écoutait son fils avec attention. « Seulement... cette nuit elle a fait un terrible cauchemar », il fit une pause et regarda la jeune femme entrain de s'endormir. « Je suis parvenu à la calmer au bout de quelques minutes mais depuis, elle souffre de son ventre et... se colle à moi de cette manière. »

« Je pense surtout qu'elle a comprit qu'elle pouvait compter sur toi, que tu ne lui ferait pas de mal. »

« Tu crois? », Edward ne semblait pas tellement convaincu...

« Elle n'agit pas de la même façon avec moi, c'est évident. »

Edward songea aux paroles de son père. Il espérait au fond de lui, qu'il avait raison. Cela lui donnerait de l'assurance ainsi qu'une preuve supplémentaire auprès du chef de son frère et Rosalie pour obtenir sa garde. Il espérait secrètement que les chefs de la police et la protection lui accorde le droit de la garder avec lui. Elle n'était là depuis que quelques jours, mais il s'était déjà attaché à elle. Plus, depuis qu'elle se comportait aussi à l'aise avec lui.

« Edward... nous devons y aller », Edward sortit de ses songes. Bella s'était endormit.

« Es-tu sûr de ne pas vouloir lui donner ton médicament ? J'ai peur qu'elle se réveille là bas et qu'elle panique... »

Carlisle put lire la réelle inquiétude dans les yeux de son fils. Il acquiesça finalement et sortit le comprimer de sa poche qu'il coupa en deux. Il gardait l'autre moitié pour plus tard.

« As-tu un biscuit pour le cacher à l'intérieur ? »

Ils réveillèrent tout doucement la jeune femme. Sans chercher à comprendre, elle attrapa le biscuit qu'Edward lui tendait. Elle engouffra dans sa bouche et l'avala d'une traite.

« Bien, attendons quelques minutes... »

« J'espère qu'elle ne va pas le vomir... » songea Edward, toujours la main dans ses long cheveux bruns. Il avait prit cette habitude de les lui caresser. C'était devenu presque un réflexe. Au bout de quelques minutes, ses yeux vacillèrent et il ne lui fallut qu'une minute pour s'endormir à point fermé.

« Allons y » déclara Carlisle.

OOO

Arrivés à l'hôpital, elle fut de suite prise en charge par des médecins. Carlisle avait insisté pour prêter main forte aux internes. Edward se retrouvait alors tout seul, dans un long couloir stérile. Il détestait les hôpitaux depuis sa tendre enfance et avec l'âge, cela n'avait pas changé. Il fit les cent pas dans le couloir, attendant avec impatience des nouvelles de son père. Il sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Il sortit le cellulaire et constata que c'était Tanya. Il la fit basculer sur sa messagerie et éteignit le téléphone. Il ne voulait pas être déranger. Il la rappellerait plus tard.

Il descendit au rez-de-chaussé se prendre un café. Avec toute cette nuit, il n'avait pas beaucoup dormit. Prendre un café lui ferait sûrement du bien.

Lorsqu'il remonta quelques minutes plus tard, il se dirigea vers une infirmière qui semblait faire le tour des chambres.

« Excusez-moi... pouvez-vous avoir des nouvelles de Bella ? »

Elle lui sourit. « Bella comment ? »

Edward resta silencieux. Il ne connaissait pas son nom de famille... « Je ne connais pas son nom de famille, mais nous sommes arrivés avec elle, avec mon père il y a un moment maintenant. »

« Oh bien sûr ! La jeune femme enceinte n'est-ce pas ? »

Edward hocha vivement la tête. Elle rit doucement et s'excusa un instant pour aller chercher des informations. Edward s'assit sur une chaise et bascula sa tête en arrière. Il en pouvait plus d'attendre. L'odeur de l'hôpital lui donnait la nausée...

La jeune femme revint quelques minutes après.

« Elle est encore entrain de subir des examens, votre père m'a dit qu'il viendrait vous voir d'ici dix minutes ! Est-ce que ça va aller ? »

Edward acquiesça doucement de la tête. « Merci beaucoup. »

« Je vous en prie, il y a une terrasse un peu plus loin sur votre droite. Je suppose que l'air sera moins oppressante que celle d'ici », elle lui fit un clin d'œil et retourna auprès de son patient de la chambre 218.

Edward sourit et trouva la dite terrasse. Il inspira et expira bruyamment. L'air était bien meilleure à l'extérieur. Alors qu'il était entrain de se détendre, son père le réceptionna.

« Edward. »

Il se retourna subitement et le visage sérieux de son père, bloqua sa respiration. Il lui fit un signe de le suivre et il s'exécuta, s'attendant au pire.

« Papa, qu'y-a-t-il ? Comment va Bella ? »

Ils s'installèrent dans un bureau, à l'abri des oreilles indiscrètes. Son père lui tendit un dossier rempli de documents incompréhensible pendant qu'il s'asseyait. Il avait beau essayé de déchiffrer, il n'y comprenait rien.

« Va falloir que tu m'aides... je ne comprend pas un traite mot... »

« Elle ne va pas bien Edward. On lui a fait une échographie », son père chercha dans le dossier l'échographie et la lui tendit. Malgré tout, Edward n'arrivait pas à comprendre l'image qu'il avait sous les yeux. « Elle fait un début de décollement du placenta ». Là sa parlait tout de suite un peu mieux. L'émission qu'il avait regardé ce matin, parlait de ce type de problème. Edward fronça les sourcils.

« Est-ce à cause de... »

« Non je ne pense pas... Je pense tout simplement que son corps est bien trop fragile pour supporter une grossesse à l'heure actuelle. »

Edward regarda plus sérieusement l'image de l'échographie, il pouvait maintenant apercevoir que quelque chose n'allait pas.

« Qu'en-est-il pour sa santé et celle du bébé ? » Carlisle s'installa sur la chaise en face de son fils. Il passa une main dans ses cheveux et expira bruyamment. Si cela était si dangereux pour elle, qu'attendaient-ils pour la faire avorter ?

« Faite la avorter si cela est trop dangereux ! »

« Malheureusement ce n'est pas tout... nous ne pouvons pas la faire avorter... »

Edward fronça les sourcils. Pourquoi ?

« Pourquoi ? »

Carlisle sortit le bilan sanguin qu'il venait de lui faire. Edward lut la ligne surligné au jaune et en gras.

« 14 semaines aménorrhées... qu'est-ce que... »

« Elle est à plus de trois mois de grossesse... Il est impossible de la faire avorter maintenant. Il y a eu une erreur de diagnostic la dernière fois... »

« Il y a prescription ! Elle peut bien avorter dans des conditions pareilles, les trois mois viennent tout juste d'être dépassés ! » s'énerva Edward.

« Malheureusement mon fils, ce n'est pas aussi simple ! C'est illégale et de plus cela n'est pas sans risque pour Bella. »

Edward resta interdit. « Comment ça : ce n'est pas sans risque pour Bella ? »

« Eh bien... les avortements après les trois mois sont très dangereux pour les mamans, elles peuvent faire plusieurs hémorragies ou bien avoir des complications bien plus graves et internes. Ce n'est pas pour rien que l'état interdit les avortements après trois mois...»

Edward était à court d'idées. Qu'allaient-ils pouvoir faire pour l'aider ?

« Et le décollement du placenta ? N'est-il pas risqué pour elle aussi ? »

« Bien sûr que si... c'est pour cela que nous allons la garder ici pendant quelques temps afin de voir l'évolution du placenta. »

Les dernières paroles de son père résonnèrent dans son cerveaux durant quelques secondes. Il n'était pas question que Bella reste toute seule dans un hôpital. Elle avait clairement fait comprendre qu'elle détestait les hôpitaux ! La laisser ici, était purement suicidaire ! Elle ferait des crises d'hystéries à répétition !

« Impossible ! Papa tu sais très bien qu'elle ne supporte pas l'hôpital ! »

« Je le sais ! » Carlisle commençait lui aussi à perdre son sang froid. Il savait qu'annoncer ça à Edward allait être difficile. Il connaissait les inquiétudes de son fils et les partageait ! Mais la santé de Bella et de son bébé étaient prioritaires ! Ici, ils avaient de quoi la calmer sans risque pour son bébé si elle venait à faire des crises. Carlisle posa calmement ses mains sur le bureau avant de les rassembler sous son menton. « Écoute Edward, je sais que tu n'es pas d'accord et je le conçois pleinement... Cependant, la santé de Bella est primordial n'est-ce pas ? »

Edward jura entre ses dents. Son père savait qu'il avait raison ! Mais de savoir Bella toute seule dans cet hôpital pendant un moment le rendait fou. Et si ce séjour lui faisait perdre le lien de confiance qu'ils avaient établis ? Jamais il ne se le pardonnerait... Cela voudrait dire aussi que jamais les autres ne voudront lui accorder la garde et jamais il ne pourrait l'aider à surmonter ces épreuves...

« Sera-t-elle sortie d'ici trois jours ? » demanda Edward, résigné.

« Honnêtement... je ne sais pas... son état est assez stable pour le moment, mais tu as bien vu ce matin comment elle a réagi à la nourriture... Si elle continue de vomir et de ne plus s'alimenter nous devrons songer à la sonder... »

Edward serra la mâchoire. Il serrait tellement fort, qu'on pouvait largement entendre le craquement de ses dents. Bella n'allait pas bien du tout. C'est tout ce qu'il importait actuellement...

« Il faudrait téléphoner à Jasper et Alice... je pense que vous aurez besoin d'eux... » argua Edward en se levant de son fauteuil.

« Nous comptions le faire... Où vas-tu ? »

« Je vais la voir... »

Carlisle conduisit son fils en silence jusqu'à sa chambre. Elle dormait à point fermé. Une sonde de chlorure lui avait été injecté au niveau de l'avant bras, laissant apparaître une vilaine ecchymose. Son visage était toujours aussi pâle, mais au moins elle semblait paisible. Un monitoring avait été placé et on pouvait entendre les battements rapides du bébé. Edward s'installa à côté d'elle et chassa une mèche de cheveux devant ses yeux. Il posa doucement sa main sur son front chaud. Depuis combien de temps endurait-elle tout ça ? Depuis combien de temps avait-elle mal ? Edward culpabilisa à l'idée qu'elle ait enduré tout ceci depuis un moment. Il culpabilisait de ne pas s'en être rendu compte avant...

« Pardonne moi Bella... » murmura-t-il.

Carlisle s'éclipsa quelques instants, le temps de téléphoner à sa femme.

Edward caressa tendrement la tête de la jeune femme. Elle réagit légèrement à ses caresses.

« Bella ? Peux-tu m'entendre ? »

Silence.

Edward eut un rictus amer. Il se doutait bien qu'elle ne lui répondrait pas... il s'était attendu à quoi ? À ce qu'elle lui dise ''Oui ?'' … Edward se sentit soudainement pathétique. Il n'avait même pas pu la protéger de l'hôpital... Comment pouvait-il la protéger de ses agresseurs ? Il secoua légèrement sa tête.

« E-Edward... ? », ce dernier releva subitement la tête. Bella était réveillée. Elle ouvrit doucement les yeux pour s'acclimater à son environnement. Il s'approche tout près d'elle. Il avait peur de sa réaction lorsqu'elle se rendrait compte qu'elle était à l'hôpital.

« Bella ! Tout va bien... je suis là... », il posa sa main sur son front pour lui prouver qu'il était bien présent, à ses côtés.

Elle tourna très doucement la tête vers lui avant de lui lançait un petit sourire faible. Le cœur d'Edward se serra.

« Edward... » murmura-t-elle à nouveau avant de tourner la tête de l'autre côté. Elle aperçut les machines accrochées tout autour d'elle et le bruit incessant du monitoring. Elle fronça les sourcils et commença à s'agiter légèrement.

« Ne bouge pas ma puce... Je sais que tu n'aimes pas être ici, mais tu étais malade... »

« Edward... Non... Edward... », elle s'agita de plus en plus et Edward redouta le pire.

« Calme toi Bella... tout va bien, je suis là... », il tenta de la calmer en caressant ses bras, mais il sentait que c'était peine perdue. Elle était sur le point de faire une crise. Elle gémit de douleur lorsqu'elle tira sur le fil relié à la poche de chlorure.

« Bella non ! Tu vas te faire mal chérie... », Edward tenta de l'empêcher mais elle s'agitait de plus en plus. Le monitoring s'emballa et il ne fallut que quelques secondes pour qu'une équipe médicale surgisse dans la chambre.

« Apportez une dose de Lexomil ! » cria une infirmière à un jeune homme. Edward s'écarta pour les laissez faire.

« Attendez, elle a déjà eu une dose de Lexomil avant de venir ici ! »

« Je sais, mais elle n'a eu qu'une demi barrette, il ne fait plus effet à présent » expliqua l'infirmière et tentant de maintenir les bras de Bella.

« Edward ! Edward ! » s'écria la jeune femme. Edward était entrain de devenir fou... Que devait-il faire ? Les plaintes de désespoir de Bella lui arrachait le cœur, mais pouvait-il empêcher les infirmiers de faire le boulot ? Il expira de plus en plus vite. Il était entrain d'hyperventiler.

« Edward ! Pitié ! Edward ! »

Trop. C'en était trop. Il dégagea l'infirmière de la jeune femme et s'approcha de Bella qui s'agrippa à lui dès qu'il fut près d'elle.

« Vous lui faite peur ! Ne l'approchez pas comme une mal propre ! » s'emporta-t-il en serrant la jeune femme contre lui.

« Monsieur Cullen... nous sommes désolés, mais vous devez nous laisser faire notre boulot ! Cette femme est instable pour le moment nous devons la calmer pour ne pas qu'elle blesse le bébé ou qu'elle se blesse elle-même ! » tenta d'apaiser un infirmier en approchant avec la dose de clamant dans la seringue.

Edward vit rouge lorsqu'il entendit le mot « instable » pour désigner Bella. Elle était tout sauf instable ! Elle était apeurée, terrorisée, terrifiée d'être dans un hôpital !

« Elle n'est pas instable ! Elle a très peur des hôpitaux ! Vous devriez savoir qu'on ne soigne pas une phobie avec de simples calmant bourrés de poison ! » tonna Edward.

L'infirmier recula devant le ton glacial qu'il avait employé.

Quelques instants plus tard, Carlisle arriva en trombe dans la pièce.

« Que se passe-t-il ?! »

« Docteur Cullen ! Votre fils refuse que l'on approche la jeune femme. »

Carlisle regarda la seringue dans la main du jeune homme.

« Qu'y-a-t-il dedans ? »

« De Lexomil, elle faisait une crise d'hystérie »

Carlisle écarquilla les yeux, « lui avez-vous administré le produit ?! »

«Non, nous allions le faire lorsque... »

« Bande d'idiots ! Heureusement que vous ne lui avez pas donné ! Elle a déjà une barrette dans le sang ! »

« Une demi » rectifia l'infirmière en chef.

« Non une entière ! Je lui ai donné l'autre moitié lorsqu'elle est arrivée dans la chambre pour lui permettre de se reposer un peu plus longtemps ! Je l'ai ajouté à son dossier ! »

L'infirmière parcourut le dit dossier et sembla soudainement confuse. Elle jeta un regard vers Bella.

«Je suis désolée Dr Cullen... nous passions que... »

Carlisle n'écoutait plus la femme. Il s'était approché de son fils et examiné avec attention les signes vitaux de Bella. Elle semblait toujours tétanisée, mais dans les bras de son fils, elle semblait aller bien.

« Bella, avez-vous prit un médicament depuis que vous êtes réveillée ? », demanda gentiment Carlisle en examinant au stéthoscope les cœurs du bébé. Il battait extrêmement vite. Un peu trop vite à son goût. Il accrocha son appareil autour de son cou.

« Sortez d'ici. Vous la stressée plus que de raison », son ton était sans appel. Très vite, les deux infirmiers quittèrent les lieux. Bella fit un signe négatif de la tête.

Edward laissa sa tête basculer en arrière avant de souffler de soulagement.

« Edward... je suis désolé pour ça. Je vais m'aviser que cela ne se reproduise plus »

Edward savait que son père était sincère. Mais encore aujourd'hui il avait eu la preuve que Bella ne supportait pas les hôpitaux... Et il ne pouvait se résigner à la laisser ici. Ce qui venait de se passer pouvait très bien se reproduire et cette fois-ci peut-être que Carlisle n'arriverait pas à temps.

« Papa... » débuta Edward d'un aire presque solennel.

« Je n'aime pas ce ton... » soupira Carlisle, sachant pertinemment ce qu'allait dire son fils. Edward sourit faiblement.

« Je ne peux pas me permettre de la laisser ici... tu as bien vu ce qu'il vient de se passer... Cela pourrait très bien se reproduire dans un ou deux jours... »

« Mon fils... cette femme à besoin de soins... comment comptes-tu faire pour qu'elle ait tout ce dont elle a besoin ? »

« Ne peut-on pas l'hospitaliser à la maison ? Tu es médecin... tu peux prendre tout ce dont tu as besoin pour qu'elle aille bien... Tu peux même venir tout les jours, t'assurer que tout aille bien... »

« Elle a besoin de faire des échographies pour s'assurer que le bébé grandisse correctement » répliqua Carlisle.

« Eh bien, je l'emmènerai faire ses échographies. »

Carlisle laissa échapper un rire. Son fils avait toujours réponse à tout. Cependant, que pouvait-il dire pour contrer ces arguments ? Beaucoup de femmes enceintes avaient pour ordonnance de rester couchées chez elles et un médecin passait régulièrement pour s'assurer que tout allait bien...

Le seul bémol était que Bella était affaiblie et amaigrie. Elle avait besoin de prendre des forces pour s'en sortir. Pouvait-il prendre la responsabilité d'un tel cas ? Avait-il le nécessaire pour le faire ? Il ne doutait absolument pas en ses propres compétences. Il exerçait depuis plus de 20 ans, il était doué. Le soucis était le côté émotionnel. Son fils était relié émotionnellement à la jeune femme et s'il venait à faire une simple erreur, il avait peur des représailles de son fils. C'était surtout ça le soucis...

Il regarda sérieusement Edward. Ce dernier n'avait cessé de le regardait. Il avait espoir que son père accepte sa requête et qu'il puisse repartir avec Bella chez lui. Il pouvait encore sentir ses tremblements contre son torse.

Carlisle déclara forfait. « Très bien... je vais chercher le nécessaire. Mais Edward ? »

« Oui ? »

« Promet moi que si cela vient à dégénérer, tu laisseras Bella se faire soigner ici. »

Edward hocha la tête. Cela parut le satisfaire et Carlisle se quitta la pièce pour aller récupérer tout le matériel dont ils allaient avoir besoin...


À suivre...

Merci à tous pour vos commentaires ! À la semaine prochaine ! Des bisous !