Chapitre 20 :

William Potter

William Potter se tenait droit. Il devait être noble, il devait être fier... il était le Sauveur, porteur d'espoir. Et il était mort de trouille.

"Tu veux un câlin, Will ?" proposa Diana.

Sa petite soeur avait un talent pour sonder le coeur des gens... Ses parents trouvait ça incroyable, c'était surtout très flippant.

"Je n'ai pas besoin de tes câlins, Diana." répondit-il, la tête haute et le coeur lourd.

"Papaaa, Will est terrifié !!!" cria-t-elle.

"C'est faux."

"Si c'est vrai."

"Non."

"T'as peur ! T'as peur."

"Mais ferme-la, bon sang !!!"

Sa petite soeur s'élança dans l'un des trop nombreux couloirs du Manoir Potter et il ne tarda pas à la rattraper de justesse avant qu'elle ne disparaisse dans les escaliers. Il la plaqua violemment contre un mur.

"AÏEUUUH !!! Maman ! Mam'..."

William plaça sa main sur la bouche de sa petite soeur pour l'empêcher de parler. Évidemment, sa mère arriva à cet instant très précis... et tout dans leur position indiquait que l'aîné essayait d'étouffer la cadette.

"William Potter. Lâche ta petite soeur... IMMÉDIATEMENT."

"Elle a voulu me faire un câlin !" se défendit-il en la relâchant expressément.

Il réalisa que ce n'était pas du tout une bonne explication.

"C'était pour m'humilier !" accusa-t-il. "Et puis je n'ai pas à me justifier. Je suis l'aîné donc j'ai raison."

Avant que sa mère ne le punisse ou pire, qu'elle le force à s'excuser, William descendit les grands escaliers de marbre jusqu'au Hall d'Entrée où l'attendaient son père, ses meilleurs amis et ses bagages.

"T'as l'air fatigué, Remus." constata-t-il. "Pourquoi tu n'achète pas de la potion tue-loup ? Ça serait quand même plus pratique."

"C'est surtout à cause du corbeau..." grommela le concerné d'une voix fatigué. "Et le gnome qui va avec."

William échangea un regard intertogateur avec son père qui haussa les épaules.

"T'es vraiment trop bizarre." conclut-il. "On peut y aller ? C'est presque l'heure..."

"Il est nerveux, notre petit Sauveur." plaisanta Sirius Black.

"Je ne suis pas petit, plus maintenant : j'ai onze ans !!!"

Les trois Maraudeurs étaient dans le Hall d'entrée, la bande était au complet et le Manoir tenait encore debout. William songea que ça ne présageait rien de bon. Si la catastrophe n'est pas encore arrivée, ça ne saurait tarder.

"T'as vraiment fichu la pagaille, Lunard, dans cette boutique de hiboux... tout ça sans nous, félicitations."

"J'ai déjà un hibou." répondit William comme si Remus était allé dans cette boutique forcément pour lui acheter un cadeau. "T'es au courant puisque tu étais là pour mon anniversaire."

"Oh euh... non, je... c'était pour le travail, je ne t'ai pas acheté un hibou." expliqua Remus.

William avait lu l'article dans la Gazette, c'était forcément ÇA, l'accident dont ils parlaient et il se demanda quel genre de travail impliquait autant de flammes.

"En revanche, moi, je t'ai acheté... tadaaa !"

Sirius sortit un long paquet fin de sa poche et William retint un hurlement de joie.

"Houlà, non." temporisa Lily qui venait d'arriver avec Diana. "Tu me range ça immédiatement."

"Mais c'est pour sa futur qualification dans l'équipe de Quidditch."

"Les premières années n'ont pas le droit d'amener leur propre balais de course, c'est hors de question." ordonna la mère en retenant fermement son fils qui brûlait de déballer son balais.

William se débattait avec ferveur, persuadé qu'il s'agissait du tout nouveau modèle : le nimbus 2000. Il avait raison, d'ailleurs et c'était plutôt logique puisque son père lui avait déjà offert le modèle de l'année précédente pour ses dix ans.

"Roooh, aller ! Steuplaît maman, on peut faire une exception. Je suis le Survivant après tout..."

"Tu veux vraiment faire mourir de honte ton meilleur ami ?"

Ron Weasley était le sixième fils d'une grande fratrie de sept enfants. Coincé après de trop nombreux frères, il n'avait même pas eu le luxe d'être le petit dernier et une seule chose valait vraiment le coup dans sa vie : son meilleur ami, William Potter.

Contrairement aux Potter, la famille Weasley ne roulait pas sur un nid de gobelin et même si William aurait voulut partager tout ce qu'il possédait avec son ami, ce dernier refusait catégoriquement que l'on ne le prenne en pitié.

"Non... t'as raison. Vaudrait mieux pas que Ron me voit voler là-dessus." admit le fils Potter d'un ton piteux. "T'as aussi prévu quelque chose pour ta filleule, j'espère, Patmol ?"

"Bien sûr."

Il tendit un petit paquet rectangulaire à Diana qu'elle s'empressa d'ouvrir... avant de regarder l'objet, dubitative.

"Je ne suis pas une princesse." grommela-t-elle.

Sirius tendit un miroir semblable à William et les deux autres maraudeurs s'agitèrent, heureux.

"Ça va mal finir, cette histoire..." soupira Lily.

"C'est juste un miroir à double sens pour qu'ils puissent garder contact tout au long de l'année." expliqua-t-il.

"Oh ? C'est une bonne idée..." admit-elle, dubitative.

"Bah oui, franchement Lily. Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? Je suis un adulte mature et responsable !"

William prononça le prénom de sa soeur pour lui faire un petit coucou via leur miroir et elle lui tira la langue. Alors il retroussa son nez avec un doigt et se mit à baver pour lui faire peur et elle révulsa ses yeux dans ses orbites.

"Diana, arrête. C'est dangereux." dit-il, inquiet.

"Cot... Cot... Cot..." répondit-elle en imitant une poule avec ses bras. "Froussard."

"Moi ? Je me ris du danger."

Un éclat de rire glacial s'éleva de leur cheminée et il recula de trois pas avant de poser une main réconfortante sur l'épaule de sa petite soeur. James et Sirius éclatèrent de rire et Remus salua poliment les jumeaux Weasley qui venaient de débarquer chez eux par le réseau de cheminée.

William s'empressa de planquer le paquet qui renfermait son balais juste avant que son ami ne débarque, recouvert de suie.

"Bah alors, mon pote, t'as glissé dans les cendres ?" ricanna William.

"J'aimerai bien t'y voir..." grommela Ron en époustant son pantalon. "Voyager avec ces deux-là, c'est une catastrophe."

"C'est toi la catastrophe !" se défendirent Fred et George Weasley d'une même voix.

Bientôt, la famille de rouquin débarqua au complet dans le Hall majestueux... sauf Bill et Charlie qui avaient déjà quitté leur demeure familiale.

"Tu n'as rien à me donner, Remus ?" s'enquit William. "J'entre à Poudlard, aujourd'hui. C'est une journée spéciale, ça n'arrive qu'une seule fois dans une vie."

"Et je suis vraiment très fier." répondit-il d'un air distant.

"Ni pour Diana ?" insista-t-il. "Je sais que c'est moi, ton filleul, techniquement mais ça fait quand même deux cadeaux pour moi et..."

Il laissa sa phrase en suspens. Remus ne comprenait même pas qu'on lui parlait, trop occupé à imaginer la copie conforme de William, tout seul sur un quai de gare trop bondée.

"C'est moi le parrain de la p'tite Princ'Aïe." coupa Sirius. "Tu veux ta peluche de dragon ou pas ?"

"Je ne suis pas ta princesse." répéta-t-elle. "Est-ce qu'il crache du vrai feu ?"

"Bien sûr." assura Sirius avant de se raviser. "... que non. Pas du tout, ça serait beaucoup trop dangereux."

"Sirius..." menaça Lily. "Montre-moi cette peluche."

"Je l'ai oublié dans la Noble Demeure des Black, quel dommage."

Diana avait déjà repéré sa futur peluche, le paquet dépassait de la poche de son parrain et Lily ne tarda pas à fuser vers lui pour lui arracher le faux dragon cracheur de feu des poches.

"Venez les enfants, on ferait mieux de filer d'ici avant que Lily'puce ne déballe cette peluche..." pressa James en les poussant tous vers la cheminée. "Diana ? Prends ma main et ne la lâche pas."

"Mon dragon..." dit-elle d'une petite voix triste.

Malheureusement, il était que peu probable que le dragon ne soit encore là quand ils reviennent... et même si c'était le cas, il ne serait probablement plus jamais en état de cracher la moindre flamme et ça serait très étonnant qu'il ressemble à quelque chose de plus précis qu'un tas de tissu informe.

"Je t'en offrirait une autre encore plus grosse." promis William.

"C'est pas la taille qui compte, ce sont les flammes." précisa sa petite soeur.

"Bah ses flammes, elles seront mauve comme tu aimes avec une odeur de caramel grillé."

"Oh..."

Arthur Weasley, le père, voyagea avec sa fille unique (la meilleure amie de Diana qui était malheureusement arrivée dans le chaos) et les jumeaux suivirent de prêt.

"C'est d'accord." répondit Diana. "Mais tu me refais pas le coup du blaireau, hein ?! Tu vas tenir ta parole cette fois-ci..."

"Mais où est-ce que tu veux que je trouve une peluche de dragon cracheur de feu à Poudlard ?" plaisanta William avant de se faire broyer le pied par la chaussure de sa petite soeur. "Aïeuh."

Ron sourit, laissa échapper un petit glapissement de rire avant de conclure :

"Mec, t'es dans la meeerde..."

-Fin du 20ème chapitre-

...à suivre...