Chapitre 21 :

Hexakosioihexekontahexaphobe

La porte du compartiment s'ouvrit et les trois futurs étudiants à la Prestigieuse École de Sorcellerie Poudlard restèrent bouche-bée. Ce n'était pas un chariot rempli de confiseries comme ils s'y attendaient... non. C'était William Potter.

Il semblait plus petit que sur les photos. Plus fatigué, plus pâle, plus maigre... pas retouché, quoi. Bref, il était bien réel.

"Bonjour. Es-tu hexakosioihexekontahexaphobe ?" demanda-t-il.

"Euh... quoi ?!"

"Es-tu hexakosioihexekontahexaphobe ?" insista-t-il comme si c'était la chose la plus importante de tout l'univers. "Je ne peux malheureusement pas m'encombrer d'un hexakosioihexekontahexaphobe. C'est en rapport avec mon animal de compagnie qui n'a pourtant rien à voir avec Satan mais les sorciers sont vraiment très étranges alors je prends mes précautions."

Les trois sorciers se regardèrent, méfiants. Ils auraient bien accueilli un quatrième ami dans leur bande mais William Potter n'était pas n'importe qui... et il était vraiment très bizarre.

"Nous ne sommes pas hexakeskesektuadis." répondit l'une des deux filles.

"Ah d'accord. C'est très bien."

Il sortit un petit carnet de sa poche, y nota quelque chose d'un air satisfait puis il quitta les lieux. Ils entendirent la porte du wagon d'à côté s'ouvrir puis la voix du gamin Potter demander :

"Bonjour. Es-tu hexakosioihexekontahexaphobe ?"

Il y eût quelques éclats de rire et un claquement vif. Puis... plus rien. Sans doute était-il allé plus loin pour poser sa question bizarre.

"J'ai rêvé ou... c'était bien William Potter ?"

Hochement de tête.

"Et... il est complètement frappa-dingue, on est d'accord ?!"

Hochement de tête, vif.

"Justin, sois un peu plus gentil. Tu-sais-qui lui a peut-être grillé quelques neurones dans... tu sais, ce qu'il s'est passé. Peut-être qu'il a des effets secondaires, on devrait être plus compatissant et reconnaissant. Sans lui, on ne serait pas là, tranquillement. On vivrait dans un climat de peur permanente."

"Mouais... t'as raison. Je suis désolé."

"Ce n'est pas à moi qu'il faut présenter des excuses."

"Ça ne sera pas nécessaire, Hannah." coupa Justin. "Je ne veux pas aller à Gryffondor... tu n'imagine, moi, au milieu de tous ces pédants ?!"

"Ils sont pas pire que les serdaigles !" pouffa la deuxième fille.

"Ah oui, ça ! T'as raison. C'est Poufsouffle ou rien. Les autres maisons ne sont là que pour la déco, on ne les garde dans l'école que parce qu'ils sont trop bruyants."

"Hihi."

Hannah pinça les lèvres d'un air soucieux. Pauvre garçon... il était peut-être plus riche qu'eux trois réunis et extrêmement célèbre mais il avait surtout l'air totalement perdu.

"Et pourquoi donc irait-il forcément à Gryffondor ?" demanda-t-elle.

"C'est William Potter ! Cette maison a été construite spécialement pour les gens comme lui... tu sais, les héros, toussa."

Mais elle n'eut pas le temps d'argumenter que la porte de leur compartiment se rouvrit pour la deuxième fois. Ce n'était toujours pas le chariot de friandise, c'était encore William Potter et son carnet.

"Bon, alors j'ai fait le tour du train et j'ai l'honneur de vous annoncer que vous avez réussi mon premier test." déclara-t-il. "Votre résultat est pitoyable, ne vous méprenez pas mais vous n'avez pas essayé de me jeter par-dessus bord alors je suppose que c'est déjà pas si mal."

"Mais de quoi tu parles, bon sang ?"

"Je suis A positif." répondit-il. "J'espère qu'on n'en viendra pas à la transfusion mais c'est une question plutôt intéressante surtout pour un début de relation sociale. Tu remonte dans mon estime d'un quart de point."

Il venait de larguer les trois futurs premières années qui étaient pourtant les plus gentils et les plus patients de tout le train.

"Est-ce que vous êtes disponibles pour répondre à un questionnaire ?" demanda-t-il ensuite. "Ça ne sera pas très long, il ne fait que 198 pages si on retire les tests cognitifs, vous devriez avoir fini avant le banquet, j'ai tout calculé exprès mais il ne faudra pas faire plus de trois pauses pipi."

"Nan mais t'es sérieux, là ?!"

"Je suis sérieux ici et là-bas."

Et effectivement, il avait l'air mortellement sérieux. Il commençait déjà à sortir les fameux questionnaires quand la porte s'ouvrit derrière lui alors il s'assit sur l'un des sièges comme s'il était chez lui.

"Vous voulez des bonbons, les enfants ?"

"Est-ce que vous fournissez les brosses-à-dent ?" demanda le petit brun à lunettes.

"Euh... non, seulement des bonbons mais l'École garanti les..."

"Vous n'avez pas honte de vendre des caries ?!"

"Je suis désolée..."

La vendeuse de confiserie referma la porte et Justin se leva, à bout de nerfs (déjà... le pauvre...) :

"Qu'est-ce qui te prend de venir dans NOTRE compartiment et de refuser NOS bonbons ???"

"Je croyais que ce compartiment s'appelait NON-FUMEUR, j'ignorais qu'il avait un autre nom."

"Mais... mais... il est fou. Il est complètement fou !!!"

"J'avoue que son comportement me dépasse." marmona Hannah, inquiète. "Qu'est-ce que tu en penses, Susan ?"

"Je le trouve plutôt marrant, moi." dit-elle.

Harry fronça les sourcils, il ne comprenait pas vraiment comment le compartiment avait pu les rendre aussi perplexes mais la vérité ignore souvent la raison autant que la raison sait ignorer la vérité.

"Est-ce qu'on va devoir détacher ce compartiment du train avant de le jeter à l'asile ?" demanda le plus petit. "Je crains pour la sécurité du train si on l'ampute d'un compartiment... ils devraient en faire des détachables."

"Bon... écoute, je ne veux pas paraître désagréable mais... comment dire ça de manière polie ?" marmona Justin.

"Tu peux t'en aller, steuplaît ?" pressa Hannah qui semblait s'être fait un avis sur le petit garçon.

Ce dernier secoua la tête, il avait malheureusement parcouru l'entièreté du train... sauf... sauf... ahem, disons qu'il avait rapidement claqué la porte quand il avait vu son jumeau maléfique (à moins que William ne soit le bon jumeau et que lui soit le jumeau maléfique, il ne savait pas trop) et ces trois-là avaient été les plus réceptifs. Ils étaient compatibles pour l'opération 'faisons-nous des amis'.

"Vous refusez d'être mes amis ?" demanda-t-il pour être sûr.

"Euh... ouais. Je crois. T'es vraiment trop bizarre."

"Alors je vais devoir me passer de votre consentement."

Il claqua une dernière fois la porte du compartiment et installa un petit cube métallique qui émettait de la lumière sur la poignée.

"J'ai appris malgré moi qu'on ne peut pas forcer une amitié..." avoua-t-il. "Par contre, rien ne m'empêche d'exploiter des failles psychologiques. On va commencer doucement par le syndrome de Stockholm puis on passera au pont suspendu. Vous êtes prêts ?"

"Mais... mais... mais laisse-nous sortir, espèce de taré !!!"

Oui, c'est bon. Ils étaient parfaitement prêts.

"AAAAAH !!! SORTEZ-NOUS DE LÀÀÀ !!!"

-Fin du 21ème chapitre-

...à suivre...