Problème 4 : La paranoïa.

Cette fois-ci, il n'en pouvait plus. Ses absences, ses silences, ses oublis. Tout fatiguait Sora. La goutte qui fit déborder le vase ? Le week-end où Roxas disparut sans laisser de traces, en coupant son téléphone, en devenant injoignable. Le châtain avait appeler la police, qui le localisèrent bien vite et affirmèrent qu'ils ne pouvaient rien faire. Roxas se trouvait à plus de 300km de lui. Pourquoi ? Comment ? Seul ? À deux ? Avec qui ? Sans prévenir ? Sora devenait fou.

Il voulait parfois le suivre, mais sa BMW n'était pas assez discrète pour faire cela. Il voulait le tracer, mais le blond avait son téléphone soudé dans sa main. Non pas qu'il doutait sincèrement de lui – quoique – mais il devait s'assurer que rien d'étrange ne se passait quand il avait le dos tourné.

Parfois, il était là, c'était rare, mais cela arrivait encore. Pendant qu'il prenait sa douche, le châtain en profitait souvent pour vérifier ses mails et son téléphone. Mais rien. Pas de numéro, pas d'adresse, pas de mail. C'était quand même plus fort que lui, Sora était jaloux.

Souvent, il se faisait des films, voyant son époux avec quelqu'un d'autre – homme ou femme – l'aimant plus fort que lui, le serrant tendrement dans ses bras, l'embrassant passionnément. Il n'en pouvait plus, dormait presque plus, était sur le qui-vive dès que Roxas rentrait. Il ne voulait pas lui pourrir sa vie, bien au contraire, mais il voulait des réponses. Il avait besoin de savoir, de comprendre, d'être rassuré. Mais Roxas ne lui en laissait pas le temps, il partait souvent dans la seconde même où la conversation commençait. Sora désespérait.

Il avait pris sa journée, pour pouvoir questionner son époux, mais aussi parce que la folie le guettait de plus en plus. Le médecin lui avait mis un arrêt, pour la journée du moins, pour qu'il dorme un peu, évitant tout accident au travail. Les cernes avaient gagnées son visage, son teint était devenu cadavérique. Et Roxas lui ? Il ne l'avait pas remarqué car il ne regardait plus son mari. Sora se sentait horriblement seul et incompris. Alors, il avait décidé de l'attendre sur le canapé, de lui faire face, lui parler à cœur ouvert.

La porte s'ouvrit enfin, montrant discrètement la tête blonde de Roxas. Sora inspira doucement, se leva lourdement et fit face à ce dernier.
- Tu me trompes. Conclut-il sans laisser l'autre rentrer.
- Hein ?
- Tu me trompes, n'est-ce pas ?
- Qu'est-ce que tu as été cherché encore ?
Prune arriva à son tour comme une folle et fit la fête à Roxas. Sora lui ordonna de partir, les laisser seuls un instant.
- Je te demande juste si tu me trompes.
- Pas que je sache … c'est nouveau ça vraiment ? Hier c'était mes absences, avant hier ma distance et aujourd'hui la tromperie ? Et demain, ça sera quoi ?
Le blond commençait à hausser un peu la voix en prononçant cette phrase. Sora voulut garder son calme, mais la fatigue et l'épuisement moral eurent raison de lui.
- C'est ton comportement qui laisse croire ça ! Tu as vu comment tu te comportes ces derniers jours !? Finit-il par crier.
- Tu baisses d'un ton.
Sa voix était glaçante, faisant frissonner un peu Sora. Première fois que l'autre lui parlait de cette manière. Habituellement, c'étaient de violentes disputes qui éclataient, mais pas là, Roxas mit presque fin à toutes conversations.
- Tu -
Il fut aussi sec coupé par le blond, lui ayant fait signe de se taire. Il reprit son manteau et partit de la maison. En plus de n'avoir aucune réponse, Sora se retrouvait de nouveau seul, dans la maison, face à la porte, comme un con.


Petit, il s'imaginait épouser Kairi, avoir maison, enfants et chien avec elle. C'était sans compter son choix douteux sur Riku. Il avait été dévasté, ruiné, comme jamais il n'avait été. Roxas arriva dans sa vie à ce moment-là, comme un ange tout droit descendu du ciel. Il lui avait donné amour, joie, bonheur. Mais aujourd'hui, c'était fini.

Quelque chose – ou quelqu'un – avait changé. Il ne savait pas quoi ni encore moins comment arranger les choses. Roxas s'éloignait et se taisait de plus en plus, offrant que très rarement sa présence dans leur domicile. Sora, s'il avait eu du courage et de la force, aurait agi, aurait hurlé sa douleur et aurait aimé comprendre ce que vivait l'autre. Mais il ne put. Il restait passif, observateur de la situation se dégradant au fil du temps. Son mental lui, travaillait tous les jours, lui rappelait gentiment que rien n'allait, il était fatigué. Amant régulier, double vie, coucherie d'un soir, drogue, alcool, tout y passait dans son esprit. Depuis leur dernière altercation, Roxas ne donnait plus – ou peu – signe de vie. C'en était trop pour Sora, la limite du supportable était franchie. Il lui fallait des réponses, de vraies réponses, sans pour autant montrer un signe de faiblesse de sa part.

Il aimait toujours le blond, comme au premier jour. Il lui avait dit oui à la mairie, le voulait pour lui seul, ne jamais le partager. Le chérir et le couvrir d'amour, comme jamais il en aurait eu par un autre. Oui, Sora n'en pouvait plus de cette situation, de ce Roxas, devenu son épée de Damoclès.