Problème 5 : La tromperie.
Depuis quelques temps, il était harcelé pour des histoires de double vie et distance. Roxas n'en pouvait plus, il en avait marre des doutes de son époux. Pourquoi diable tromperait-il la personne qu'il aimait ? C'était une idée abjecte et absurde. Il le savait pourtant, que dans des ménages malheureux, qu'au lieu de rompre, certains trompaient. Mais ce n'était pas son optique à lui, et encore moins son envie. Pourtant, il y avait ce type, dans sa vie, ce Lea.
Lea était de loin plus beau, plus fort et plus drôle que Sora. Moins naïf, moins prise de tête et moins coincé. C'était ce qu'il aimait chez lui, Roxas était invariablement attiré par lui. Non pas qu'il s'imaginait quelque chose avec lui, mais presque. Dans son cœur, une toute petite place était déjà réservée pour le roux, il le savait mais, Sora était bien plus important. Une base solide de sa vie. Pourquoi tout foutre en l'air pour une amourette d'un soir ? Il le savait mais, un soir, c'en fut autrement.
Une nouvelle dispute avait éclatée au domicile, à peine rentrée et c'était le coup de grâce avec la tromperie déclarée officiellement par Sora. Putain, merci la confiance. Il était reparti aussi vite qu'il était venu sans même répondre.
- Tu me trompes, j'en suis certain maintenant. Avait déclaré le châtain.
Une conversation similaire avait plus ou moins eu lieu précédemment. Pas plus tard qu'hier même. Sauf que là, il ne nia pas, ne chercha même pas à lui répondre et s'enfuit d'ici. Lea vint le chercher, comme toujours quand il était dans l'ennui. Merci à lui.
Ce soir-là, ils jouèrent à la ps2, un nouveau jeu sympa style aventure rpg qui venait de sortir. Le héros principal avait tendance à lui rappeler Sora, par sa naïveté et son éternel sourire. Du moins, c'était Sora avant, pas celui qui dormait chez eux aujourd'hui. Dans le deuxième opus, il y avait cet autre mec, qui partageait son cœur avec le héros. Il faisait parti de ce qu'on appelait les « simili ». Roxas avait jeté son dévolu sur lui, si bien qu'après avoir fini le jeu avec Lea – oui ils ne dormirent pas de la nuit – lui proposa une idée saugrenue.
Ils partirent dans un quartier un peu mal fréquenté de la ville et se firent tatouer tous les deux, le symbole des Simili. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait voulu faire cela, mais il l'avait fait. Peut-être que ce mec, dans le jeu, lui rappelait en quelque sorte lui, et ce qu'il vivait actuellement. Vide, sans cœur, une pâle copie de ce qu'on attendait de lui. La seconde qui suivit le tatouage se conclut par le perçage de son oreille gauche. Peut-être avait-il fait cela dans le but de provoquer son époux, ou peut-être dans l'intention de se libérer lui-même de ses chaînes. Il ne le savait pas, mais il l'avait fait.
Le jour commençait à se lever, et les deux hommes se retrouvèrent enfin devant l'immeuble de Lea. Ils devaient se séparer, retrouver leurs quotidiens respectifs. Au moment de se dire au revoir, le grand fit quelque chose d'impensable dans la tête du blond. Il lui vola un baiser, non pas un petit smack d'enfant, mais quelque chose de plus passionnel. Il ne sut réagir réellement face à ce geste d'amour inattendu. Il recula d'un pas, puis deux, et s'enfuit en courant vers sa moto, démarra en trombe et rentra chez lui, l'esprit embrumé par ce qu'il venait de se passer.
Une fois rentré chez lui, son premier réflexe fut de s'allumer une cigarette, comme pour enlever le parfum de Lea qu'il avait sur lui. Il se sentait un peu coupable d'avoir permis quelque chose comme cela. Sora, quant à lui, venait juste de se réveiller, vue la tenue légère qu'il portait. Il sirotait un café, le regardant un peu froidement et accusateur. Merde. Il n'avait vraiment pas envie de reprendre leur discussion de la veille ce matin là. Il fit mine de partir vers la salle de bains quand sa main, plus froide que d'habitude, lui agrippa le poignée. Roxas se retourna d'un pas lent, peu rassuré de ce qui allait se passer. Sora lui lança un regard noir mais ne prononça pas de mot. Juste son regard prouvait qu'il doutait bien de Roxas. Ce dernier comprit bien vite les reproches qu'il lui faisait. Oh oui, il comprit et vira d'un geste brusque la main du châtain.
Énervé, frustré, il rebroussa chemin, prit la porte et sortit. Pas besoin de parler, parfois, pour reprocher. Sora était le maître en la matière d'ailleurs. Un SMS fut envoyer, disant qu'il arrivait. Yamaha allumée, il partit et dans la minute qui suivit, arriva chez Lea. Toutes formes de culpabilité avaient alors disparues.
À peine fut-il entré dans l'appartement du roux qu'il se jeta dessus, lui offrant un baiser plus que passionnel. Ils finirent par se prouver leur amour dans une forte étreinte charnelle.
Et oui, Sora, ce qui n'existait pas n'aurait jamais existé si tu n'avais pas autant insisté.
