Je reviens après de long mois de pause, sans trouver comment écrire ce chapitre ! Je suis très occupée, mais j'espère avoir un peu plus de temps et d'inspiration ces prochaines semaines. Surtout pour trouver comment conclure cette fanfic pour me mettre à fond sur d'autres idées, d'autres projets !

Merci de votre patience et bonne lecture 3


Après quelques boutades et désireux de trouver quoi faire en attendant le retour de Vérité, Phoenix avait mis un des épisodes préféré du Samouraï d'Acier de son compagnon à la télévision, écoutant silencieusement ses commentaires. Même à trente ans passées, le procureur était toujours aussi investi dans ce programme et tout ce qui gravitant autour. Voir ce léger sourire satisfait et enfantin sur le coin des lèvres de Benjamin était un cadeau précieux pour Phoenix, qui ne se lasserait jamais de la vague d'innocence et de naïveté qui venait se superposer au sérieux de cet homme. Un regard à la fois adulte, réfléchit et juvénile sur ce feuilleton initialement conçu pour les enfants. En somme, une combinaison exquise.

Pendant un temps moins prenant dans l'épisode, Phoenix servit un thé à Benjamin ainsi qu'un café pour lui. Il avait proposé à l'origine d'amener un pot de crème glacée, ce que le procureur avait rejeté avec une certaine véhémence : « quelle idée de grignoter juste avant un repas ! ». Qu'est-ce qu'il aimait se faire patronner sous son propre toit par le seul d'entre eux qui n'était pas officiellement père… Un autre plaisir coupable il faut croire.

Après cet épisode, ils enchaînèrent sur un autre. Phoenix le trouvait encore moins intéressant que le précédent, si ce n'était ennuyant s'il n'avait pas les ajouts passionnés de son voisin. D'ailleurs, sans vraiment s'en rendre compte, Phoenix le fixait, adorant chacune des lignes de son visage. Instinctivement et sans trop réfléchir, il passa son indes dans sa frange pour la coincer derrière son oreille pour avoir davantage accès à l'objet de son amour. Benjamin s'était arrêté net, sursautant un peu, ses joues rougissant et ses yeux regardant au loin. Phoenix fronça les sourcils, surpris par sa réaction. Benjamin tourna la tête, ses traits légèrement tendus en croisant l'incompréhension sur le visage de son compagnon.

« Pourquoi tu me regardes avec cet air ? Souffla Benjamin, se sentant profondément ridicule de par sa réaction et jugé sous ces yeux bleus.

- Parfois, je me demande comment tu peux être particulièrement engageant au lit mais aussi timide qu'une vierge effarouchée à des petites marques d'affection. »

C'était une réflexion spontanée. Sans filtre. Phoenix connaissait ce petit défaut propre à sa personne, mais il savait aussi qu'ici, c'était un bon moyen pour taquiner son compagnon. Benjamin le prit à partie, le reprenant de manière très passionnée sur son esprit mal placé, sa libido adolescente, son manque de tact et de maturité par moment, qu'il devait apprendre à se contenir et qu'il ne voulait pas avoir de commentaires sur leur vie intime quand il n'y avait pas de contexte approprié… Bref, un Benjamin quelque peu chafouin qui, pour masquer son embarras et ce qui lui passait par la tête, se mettait sur le défensive en élaborant des vérités générales sur l'étiquette, tout en insultant Phoenix sur sa stupidité et sa bassesse d'esprit.

Cette perte de contrôle, cet emportement lui donnait un air adorable, vulnérable que Phoenix adorait. Il écrasa ses lèvres sur sa joue empourprée, le faisant taire par ce même biais. Benjamin feignit d'être contrarié, mais il ne résista pas longtemps sous les tendresses de sa moitié, se contentant de grogner :

« Tu verras quand tu passeras l'examen du barreau si je te fais crier la jurisprudence dans nos ébats. »

Quel rancunier ! Quel boudeur ! Mais quel pervers au fond quand on le poussait un peu.
Finalement, ils n'avait pas à regarder l'intégralité de leur épisode, Vérité arrivant plus tôt que prévu. La jeune femme déposa sa cape et se précipita pour les étreindre, la joie de sa voix réchauffant les cœurs des deux hommes qui s'étaient levés du canapé pour l'accueillir. Ses câlins, déjà écrasants, l'étaient devenus encore plus. Peut-être un contre-coup de la rédemption de son père la veille. Phoenix et Benjamin, tous les deux, étaient surpris de découvrir l'enthousiasme, la sincérité et l'amour franc qui émanait des attentions de Vérité : depuis le début, elle en contenait une partie. Il était donc clair que le verdict d'hier s'était avéré être une libération pour elle également. Phoenix ne savait pas vraiment si Benjamin saisissait la profondeur de tout cela, mais lui l'avait senti. Il ne fit néanmoins pas part de son constat, préférant se perdre dans la simplicité et la joie de l'instant présent.

« Aussi contents que vous le soyez, vous n'avez rien préparé à manger ! Je meurs de faim, geignit la petite. Vous n'avez quand même pas déjeuné sans moi ?! »

Phoenix et Benjamin se regardèrent : il était vrai qu'en dehors de leurs embrassades, de leur semblant de dispute sur le balcon et le un-et-demi épisode qu'ils avaient regardé, aucun des deux n'avait pensé à cuisiner quoi que ce soit pour ce midi.

« Eh bien… Comment dire… On a oublié de préparer à manger, ma puce, sourit Phoenix nerveusement en se massant la nuque.

- Pour nous faire pardonner Vérité, je te propose de vous inviter à déjeuner dehors tous les deux. S'il y a un endroit – autre que ce stand à nouilles qui va me donner de l'hypertension – où tu désires manger, je peux vous y emmener si c'est trop loin à pie, suggéra Benjamin en croisant les bras.

- Oh oui ! On pourra fêter la réussite du projet de Papa comme il le faut ! S'écria la jeune fille. Je pense qu'on pourrait manger italien, ça me manque et il y en a pas dans le quartier… Proposa-t-elle en penchant la tête un bref instant, pensive. A moins que tu n'aimes pas ça, Vati ?

- Non, ça me convient. Wright, habille-toi décemment et nous partons. »

Phoenix se redressa subitement, le dos droit et le buste bombé, au garde-à-vous avec une main au front pour saluer Benjamin. Après quelques secondes à faire le plaisantin, obtenant des rires de sa fille et un soupir de son compagnon, Phoenix se précipita dans sa chambre pour se changer. Il troqua son jogging et son gilet pour quelque chose de plus soigné, choisissant d'opter pour un jean et un t-shirt noir. Simple et efficace. Devant son miroir, il porta sa main un instant sur le pendentif qui ne quittait plus jamais son cou. Il l'ouvrit et apprécia avec tendresse le portrait qui se trouvait à l'intérieur : il serait peut-être temps de prendre une photographie plus récente de Vérité, pensa-t-il. D'une petite fille adorable et souriante, elle était devenue une vraie jeune femme forte, talentueuse et pleine de joie… Bon, peut-être un poil plus chipie qu'avant, mais Phoenix ne pouvait guère lui reprocher cela très longtemps, finissant souvent par céder (tout comme l'impassible Benjamin, visiblement). Refermant son collier, il se passa un coup d'eau froide sur le visage, faisant apparaître quelques rougeurs sur ses joues, et fit un effort de sortir le peigne pour essayer de redonner un semblant de forme à ses cheveux que quelqu'un avait si gaiement tiré quelques heures auparavant.

En redescendant, il retrouva Vérité en train de montrer quelque chose sur son téléphone à Benjamin. Ils semblaient particulièrement absorbés par leur sujet de conversation qu'aucun des deux n'avait remarqué son retour. Il toussota pour s'annoncer, dirigeant les deux paires d'yeux sur lui.

« On y va ? Lança-t-il en enfilant ses fidèles sandales.

- Je te ferai remarquer qu'on attendait que toi », rétorqua Benjamin, un sourire sarcastique sur les lèvres.


Le déjeuner se passait tranquillement. Il permettait surtout à Vérité de rattraper le temps perdu avec Benjamin. Ils étaient tous les deux sur la même longueur d'ondes et il n'avait même pas fallu un temps pour le procureur pour se sentir plus à l'aide dans une telle familiarité. Elle lui racontait ce qu'elle avait fait ces derniers mois, les quelques supplices qu'elle avait fait subir à Apollo pour préparer ses derniers tours et s'occuper en l'absence de son père.

Benjamin ne releva pas ce dernier point, ou du moins, il ne cachait pas le fait qu'il était au courant des occupations de Phoenix. Simplement, il s'abstint de mentionner à quel point tous les deux étaient de mèche sur le MASON system. Benjamin n'était pas un homme de mensonge. Au contraire, il avait une aversion profonde pour la malhonnêteté. Mais, il lui était impensable de verbaliser sa complicité dans la distance que Phoenix avait dû imposer à sa fille ; d'autant plus qu'il savait très bien qu'ils formaient un binôme inséparable.

Et par-dessus tout, ce n'était pas le moment : Phoenix devait repasser l'examen du barreau, ce qui signifiait qu'il n'allait pas pouvoir être très disponible pendant un moment non plus. Et puis, ils devaient encore conclure leur mission : mette fin à « L'Age sombre de la Loi ».

« Et puis, toi aussi tu as disparu de la circulation ces derniers mois ! S'écria Vérité en le pointant avec son couteau.

- Je te prie de m'excuser, Vérité. J'ai été très pris par mes fonction, j'aurais aimé pouvoir être plus présent. Il regarda un instant le couvert de la jeune fille, et reprit : je regrette. J'espère pouvoir me rattraper dans les mois à venir, même si je ne peux rien te garantir.

- D'ailleurs, c'est toujours toi qui vient à l'Agence ! Ce n'est pas très équilibré !... A moins que tu aies une chambre dans ton bureau ?

- Ma puce, laisse Benjamin tranquille, sourit nerveusement Phoenix en baissant son couteau avec sa main. Il n'a pas besoin de pression supplémentaire et on a notre équilibre comme ça, hmhm…

- Phoenix, ce n'est rien. Elle a raison. »

Benjamin souriait, tendrement. Un sourire léger, timide aussi, mais sincère. Il était vrai, maintenant qu'il y pensait, que la jeune femme n'avait jamais eu l'occasion de passer chez son compagnon. Il était rare qu'en dehors de sa sœur et de Phoenix que quelqu'un y passe. C'était son cocon, sa bulle, son intime. Le seul endroit, en somme, où il pouvait profiter du silence, du calme et se couper de toutes les stimulations du monde extérieur. Peut-être qu'à présent, il était temps qu'il ouvre cet abri à Vérité. Après tout, elle était la fille et le soleil de l'homme de sa vie. Et Benjamin se devait de lui accorder la place qu'elle méritait.

« Pourquoi ton père aurait le privilège de passer du temps chez moi et pas toi ? Proposa-t-il en regardant Phoenix qui s'étouffa sur ses pâtes.

- T-Tu es sérieux Benjamin ? Je sais à quel point tu… Enfin– Tu es une personne assez privée.

- Raison pour laquelle je ne plaisante pas en proposant à Vérité d'avoir un espace pour elle. Chez moi. Si ça lui convient, bien-sûr », termina-t-il en se tournant vers elle.

Ses yeux bleus, toujours joyeux et espiègles, reflétaient quelque chose de différent. Oui, ils étaient légèrement humides, accentuant son bonheur et son excitation. Elle hocha la tête calmement, sûrement soucieuse de ne pas effrayer Benjamin. Phoenix, en face, était bouchée bée. Heureux, vraiment, mais bouche bée. Il se reprit en secouant doucement la tête puis la posa dans sa main, regardant les deux amours de sa vie avec tendresse. C'étaient deux visions qui lui resteraient longtemps en mémoire, si ce n'était pour toujours.

Pour Benjamin, il n'y avait rien de plus gratifiant pour lui aujourd'hui que de rendre heureux ses proches, d'avoir enfin trouvé une place qui lui convenait dans leurs vies après tant d'années à ne pas vouloir être ici.

Même lors de leur séjour en Europe, Phoenix s'était posé des questions quant aux capacités de Benjamin de faire de la place pour sa fille. Il savait pertinemment qu'il n'allait pas lui être désagréable – il l'avait déjà surpris prendre Kay au téléphone et il savait le procureur particulièrement avenant vis-à-vis de cette jeune femme. Mais la question lui était venue plusieurs fois à l'esprit de savoir quelle place il se sentait apte à donner à Vérité. C'était un peu différent que de simplement prendre sous son aile un enfant égaré et blessé par la vie. Certes, la petite magicienne n'avait pas eu l'enfance la plus heureuse et la plus stable qu'on aurait pu lui souhaiter, mais elle avait trouvée une sorte de stabilité en étant adoptée par Phoenix. Non, accepter de faire une place à Vérité était beaucoup plus lourd de conséquences : cela devenait, en quelque sorte et par extension, la fille de Benjamin également.

Phoenix avait constaté que tous les deux s'entendaient très bien, voire avait une petite part fusionnelle. Vérité appréciait la culture et la générosité de Benjamin. Benjamin appréciait la patience et l'énergie de Vérité. C'était, au final, une relation relativement simple entre eux deux. Mais, quand bien même ils arrivaient à passer du bon temps ensemble et prenaient plaisir à échanger et se retrouver, jamais Phoenix n'aurait pensé que le procureur propose une telle chose. Accueillir Vérité chez lui, dans son cocon, dans sa bulle ! De sa propre initiative ! Bref, Phoenix n'en revenait pas vraiment et était profondément attendri, touché par une telle proposition.

Toutefois, il sortir rapidement de sa rêverie par une tape astucieuse de Vérité, faisant glisser son coude de la table. Benjamin sursauta et s'inquiéta immédiatement de l'état de son compagnon, un sourire trahissant quand même un fou rire à venir – les éclats de Vérité étaient, en effet, très contagieux. Ils faisaient à présent peut-être un véritable tapage dans le restaurant à eux trois, mais ils en avaient que faire. Le plus important étaient eux trois, leur amour et leur bonheur ; tout simplement.


Le jour où Vérité mis les pieds pour la première fois chez Benjamin ne manqua pas d'arriver. Il tarda un peu à venir certes, mais le procureur répétait systématiquement qu'il n'avait qu'une seule parole à chaque fois que Vérité ou Phoenix le lui en parlaient de nouveau. Toutefois à présent : chose dite, chose faite !

La première réaction de la jeune femme a été de reprocher à Benjamin de ne pas l'avoir invitée plus tôt dans son « château ». La seconde, de se précipiter à l'intérieur et de laisser tomber son sac sur le sol une fois dans l'entrée. Sac qui, en atterrissant sur le parquet, rappelait à quel point il avait été bourré par Vérité : Benjamin lui avait promis de lui dédier une des trois chambres, déclaration qui n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. C'était ainsi qu'après un tour du propriétaire, elle découvrit enfin la pièce que lui avait été réservée et ne manqua pas d'y déposer ses affaires. Une chambre auparavant sobre et minimaliste à présent ornée de plaids bariolés, de peluches et bibelots en tout genre. Pendant que Benjamin et Vérité discutaient sur ce qu'ils pourraient modifier dans la chambre ou dans la maison, Phoenix était adossé à l'encadrure de la porte, les mains dans les poches de sa veste et un sourire tendre aux lèvres. Il ne disait rien, se contentant de les observer. Il était soulagé que Vérité aie un coin pour elle quand il viendrait chez Benjamin pour réviser l'examen du barreau le weekend, et ce sans sacrifier trop sa vie de famille.

S'étant mis d'accord sur quels achats faire plus tard pour la chambre, Vérité s'affaira à ranger quelques vêtements dans le placard. Benjamin en profita pour s'adosser au mur à proximité de son compagnon et croisa les bras en la regardant faire.

« Il va falloir acheter un bureau et une chaise, d'autres parures de lit aussi. J'emmènerai Vérité les chercher le weekend prochain si ça ne te dérange pas, déclara Benjamin en tournant la tête vers Phoenix.

- Non non, faîtes, sourit-il. J'en profiterai pour réviser tranquillement à l'Agence. Puis je suis content qu'elle puisse personnaliser un peu plus SA chambre. Ca n'a pas vraiment été le cas quand je l'ai adoptée hmhm…

- C'est toujours plus personnel que la chambre parfaitement aseptisée que j'ai eu chez Von Karma, je te rassure que tu fais bien mieux en comparaison, pouffa Benjamin en secouant légèrement la tête. D'ailleurs, si jamais tu veux laisser du change ici ou si tu as besoin de quelque chose en particulier, on peut y réfléchir aussi.

- Laisser du change quand je peux simplement voler tes vêtements, ce n'est pas très intéressant comme organisation si je puis me permettre ! S'esclaffa-t-il. Non plus sérieusement… Je n'ai rien qui me vient en tête là maintenant, mais si jamais, je t'en parlerais. Merci Benjamin. »

Phoenix se redressa de l'encadrure et se pencha pour embrasser sa joue avant d'aller voir Vérité pour lui donner un coup de main. C'était à présent au tour du procureur d'admirer la scène qui se déroulait devant ses yeux. Il prit une grande inspiration puis souffla, laissant ses épaules retomber. Il y a quelques mois encore, jamais il n'aurait imaginé assister à une telle domesticité sous son propre toit. C'était avec une certaine mélancolie qui se souvenait de toutes les fois où il s'était juré de ne pas y donner, de toutes ces fois où il ressentait un profond dégoût pour l'institution de la famille. D'un côté, il avait la tragique expérience de la douloureuse disparition de son père, quelque chose qu'il ne supporterait faire vivre à un enfant. De l'autre, il avait celle de la famille dysfonctionnelle, où la réussite et l'honneur étaient plus importants que l'amour. Une véritable source de souffrances qu'il portait encore un peu aujourd'hui, telle une cicatrice en bonne voie de guérison. Vraiment, deux versants qui n'avaient nullement contribuer à faire germer ces envies dans le monde de Benjamin. Sans compter qu'avec son orientation sexuelle, il avait d'autant plus fait le deuil de toute idée de paternité ou de famille. Voilà que Phoenix Wright, une fois de plus, avait mis sa vie sans dessus-dessous, pour le meilleur. Au final, avoir les siens et construire avec eux n'était pas si désagréable. Et cela n'empêchait pas Phoenix et lui de le vivre à leur manière, à leur rythme et de composer selon leurs besoins.

Les mois à venir ne s'annonçaient pas être les plus compliqués (disons qu'ils avaient connu pire situation), mais ils n'allaient pas être de tout repos pour autant. Benjamin savait que, à plusieurs occasions, il devra être présent pour soutenir Phoenix et le retenir de tout plaquer sous le stress et l'angoisse de l'examen du barreau approchant. Ce sera même sûrement source de disputes au fur et à mesure qu'ils monteraient tous les deux en pression. Néanmoins, ils communiquaient mieux et il n'y avait pas de raison pour que tout vole une nouvelle fois en éclats. Benjamin y croyait, et il était prêt à mettre sa main à couper que Phoenix aussi.

Aussi, Benjamin ne doutait nullement des capacités de Phoenix et savait qu'il réussirait l'examen du premier coup, d'autant plus qu'il n'allait pas rester bras croisés de son côté. Non, en sa qualité de procureur en chef, il allait bien plaider la cause de son ancien rival. Ancien rival qui, pendant la dernière année de sa vie hors des tribunaux, avait été particulièrement actif d'ailleurs. Vraiment, Benjamin était confiant. Mais il avait décidé de ne rien dire à ce sujet à Phoenix, préférant quand même qu'il revienne dans la profession avec un bagage légal au moins suffisant (en plus de ne pas avoir faire face à quelqu'un qui ne demande aucun geste particulier alors qu'il le méritait).

Perdu dans ses pensées, Benjamin ne réagit pas à la vue de cet oreiller qui arrivait à toute vitesse sur son visage. Note à lui-même : ne pas partir en réflexion intense quand Vérité et Phoenix pouvaient démarrer une bataille de coussins en quelques secondes. Ca aussi, il allait devoir apprendre à anticiper la spontanéité et la simplicité des deux imbéciles heureux qui se tenaient le vendre à cause de la douleur de leurs éclats de rires.