Gringotts, Angleterre.
Le bureau fut à nouveau englouti par le souvenir, et la scène était tel qu'ils avaient l'impression d'avoir voyagé. Harry pouvais toujours voir qu'il était dans le bureau et assis, mais si il perdait sa concentration, il l'oubliait rapidement. Accoudé contre les remparts se trouvait un vieil homme, et à ses coté l'épée et le bouclier qu'il reconnut du premier coup d'œil. Devant eux se tenait Godric Gryffondor. Il était musclé, mais après tout, c'était un ancien soldat, et même la vieillesse n'avait eu raison de sa forme. Pourtant, il y avait un regard nostalgique dans ses yeux, mais aussi de la tristesse et même si cela se voyait moins, il semblait hanté aussi.
J'aimerai que tu vois ça mon ami. J'aimerai que tu vois ces enfants qui jouent et s'amusent, commença Godric en regardant des enfants jouer plus bas. Cela semble remonter à si loin, quand je suis venu te chercher dans ta taverne pour fuir la ville, la route que nous avons empruntée, et nos combats devant ces remparts.
Je suis le dernier maintenant, Helga nous a quittés il y a une semaine. Je l'ai trouvé dans son lit, alors que j'allais la voir. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait l'air paisible, et si c'est ainsi qu'elle est partie, j'en suis heureux. Elle était détruite mon ami, et je sais qu'elle n'attendait que ça. L'enfermer avait été dur, et chaque fois que je fermais la porte en sortant, que j'entendais le cadenas se refermer, j'avais le cœur de plus en plus brisé. Elle a tant donné, tant protéger et aimé, mais il ne restait plus rien d'elle, elle était détruite.
Je sais que tu nous avais mis en garde en prenant cette voie, que cela pouvait nous détruire, et chaque jour me le prouve. Sal', Helga,… Ce sont eux qui ont souffert le plus, ce n'était pas dans leurs natures d'agir ainsi, et le contrecoup les a détruit. Rowena aussi j'imagine, mais son sacrifice, en plus de nous offrir une ultime protection, l'a libéré de tout ça, enfin, c'est ce que j'espère pour elle.
Moi ? J'imagine que je tiens un peu plus, je suis un soldat, protéger et servir, tel a toujours été mon rôle. Mais avons-nous réussi ? Pouvons-nous dire que c'est une victoire, avec toutes les vies que nous avons perdu ? Pour ma part, les nuits sont une succession de visite, chaque nuit je vois les visages de ceux que j'ai menés aux combats, que je ne revois plus. Je revoie aussi ceux que nous n'avons pas pu sauver, et pour la sécurité de tous, avons fermé les portes alors qu'ils couraient vers nous. J'entends le bruit de leurs mains qui grattent et frappe à la porte, nous suppliant d'ouvrir, suivis des cris, rire, et pour finir, le silence.
Une fois, un homme est venu me voir, et s'est mis à me parler de ces moments. Il m'a dit qu'ils sortaient tous avec la connaissance que cela pouvait arriver. Que pour que les dix premiers vive, le onzième devait être abandonné. En laissant ce dernier, tous ceux à l'intérieur étaient en sécurité. Lui aussi avait des cauchemars, car il ne pouvait imaginer la fin du onzième. Il avait dit une chose en s'éloignant, vivre en hommage à tous les sacrifiés, c'était le fardeau du survivant.
Je ne suis pas un chef tu sais ? Chaque jour j'essaie de faire de mon mieux pour tout le monde, de prendre des directions et de trouver des solutions, mais je ne suis qu'un soldat, diriger un royaume n'est pas mon rôle. J'entends les gens, ils me surnomment le Chevalier Gardien, chef du Refuge, mais ce n'est pas moi, j'ai fait mon devoir, rien de plus.
Avec l'école que nous avons créée, nous espérons que tout le monde agisse pour la sécurité commune, que chacun s'aide et protège, conseil et agis. Un jour, la guerre reviendra à ces portes, et j'espère qu'ils seront unis devant l'ennemi. Un jour mon ami, un jour viendra où quelqu'un aura besoin de mes armes pour guider, protéger. Je les laisse au soin de Helena, elle décidera et les donnera à celui qui en aura besoin. Je sais que dans les profondeurs du château se trouve Cerci, le serpent de Salazar, attendant d'être libérer sur les ennemis. Rowena a laissé sa couronne, capable de mener une simple idée en projet concret et efficace. Helga a donné sa coupe à Jade Potter, pour soigner les malades. Nous faisons ces cadeaux, pour que ceux qui le méritent puissent protéger les faibles.
En parlant des Potter….Il y a quelques choses chez eux, je ne sais pas ce que c'est. Avec Daniel Potter vient le problème du secret de la magie. Devons-nous retirer les enfants magiques de leurs parents ou devons-nous les laisser si les parents n'ont pas peur ? Mais alors, le secret serait de plus en plus connu, nous mettant tous en danger. Quel est la bonne solution ? Daniel est étonnant, dangereux si on le provoque ou menace sa fille, mais il n'a pas peur de nous, et semble plutôt fasciné et pose bien des questions, souvent pertinente, et les réflexions qu'il amène nous aide beaucoup à comprendre comment maîtriser la magie.
Sous sa direction et conseil, un village a commencé à naître pas loin, et beaucoup commence à envisager de créer un gouvernement. J'ai des réserves sur ce dernier, et j'ai peur que les objectifs personnels l'emportent sur la protection de notre monde, mais ce n'est plus de mon ressort.
Le temps a passé mon ami, il ne reste plus beaucoup de personne ayant connu notre guerre. Les enfants jouent sans peur, la paix est présente dans les yeux de tous. Les nouvelles générations ignorent tout ça, et pour eux, Salazar, Serdaigle, Poufsouffle et Gryfondor ne sont que les premiers rois du monde magique. Et c'est bien ainsi. Les gobelins, elfes, vampires et bien d'autre sont partis aussi. Dans un dernier salut, ils m'ont fait la promesse qu'ils répondront toujours si la guerre revient menacer ces terres.
Notre ère est terminée, et bientôt je vais m'en aller aussi. Je te laisse la moitié de ma part sur le Refuge, la deuxième est pour le directeur en place, afin qu'il puisse prendre des décisions. La part de Rowena appartient à toutes les personnes résidentes ici, cela va avec son dernier geste.
Au revoir mon ami, voyage bien, guide comme tu l'as fait pour nous, et j'espère qu'un jour, je boirai un nouveau une chope avec toi.
