Chapitre 1

Les Dursley auraient pu être considérés comme une famille normale. Ils habitaient une petite bourgade en périphérie de Londres. Leur maison, parfaitement entretenue paraissait calme et accueillante. Des hortensias étaient fièrement plantés sous la fenêtre du salon, parfaitement entretenus, tout comme le reste de la propriété. Vernon Dursley, directeur d'une fabrique de perceuses, gagnait suffisamment bien sa vie pour permettre à sa femme Pétunia de rester à la maison pour s'occuper des enfants.

Ils en avaient trois. Il y avait d'abord Dudley. Un garçon qui, malgré son air idiot, était le sucre d'orge de ses parents. Ils l'adoraient et bénissaient le sol sur lequel il piétinait d'impatience à chacun de ses caprices. Le garçon bien potelé n'avait qu'à demander, et ses parents lui offraient tout ce qu'il voulait sur un plateau en argent.

Le deuxième enfant s'appelait Ariana. C'était une fille jolie et très intelligente, qui savait se servir de son charme pour échapper à certaines situations à l'école. Mais même si son égo valait parfois celui de Dudley, elle était aussi très secrète et gardait souvent ses émotions cachées derrière son masque de petite fille sage. Et bien qu'elle ait appris à se servie de ce masque chez les Dursley, elle avait l'intuition que cet aspect de sa personnalité lui venait de ses parents. Ses vrais parents. Car oui, Ariana avait été adoptée.

Les Dursley voulaient faire d'elle leur bonne action, une petite fille poupée, parfaite, pour montrer à qu'elle point leur famille était normale et parfaite. Pétunia n'avait jamais menti à la fillette à propos de ses origines. Elle les lui avait bien rappelées quand des phénomènes anormaux avaient commencé à se dérouler autour d'elle. Des lumières qui clignotaient quand elle était énervée, des objets qui bougeaient sans qu'elle ne les touche pour être plus à l'aise… Cela pouvait paraître fantastique pour certaines personnes, mais pas pour les Dursley, et encore moins pour Pétunia. Du jour au lendemain, les cadeaux pour leur petite fille adorée avaient disparu, la façon dont ils lui parlaient s'était refroidie, et leur attention s'était entièrement reportée sur Dudley. La seule chose dont elle ne pouvait pas se plaindre était qu'elle avait toujours une belle chambre suffisamment grande pour accueillir un lit double. Harry ne pouvait pas en dire autant.

Harry, c'était le troisième enfant dont s'occupaient les Dursley. Cela dit, l'enfant qu'ils « utilisaient comme esclave » aurait peut-être été une expression plus appropriée. En effet, le garçon n'avait même pas la chance d'avoir une vraie chambre pour lui. Vernon et Pétunia l'avait toujours fait dormir dans le placard sous l'escalier. Il devait s'occuper des tâches ménagères, de la cuisine, de la vaisselle, d'aller chercher le courrier… Le tout dans des vêtements beaucoup trop grands pour lui et usés car ils lui venaient de Dudley.

Il était le neveu de Pétunia. Ses parents avaient été tués dans un accident de voiture, et la mère de famille Dudley n'avait pas été en bon terme avec sa sœur au moment de l'accident. Son ressentiment avait été reporté vers Harry qui avait dû subir une éducation violente et sans amour.

Mais après les premiers exploits anormaux d'Ariana, Harry avait lui aussi commencé à être entouré de phénomènes étranges, similaires à ceux qui entouraient la fillette. Le dernier exploit qu'il avait réalisé avait eu lieu dans la journée. C'était l'anniversaire de Dudley, et pour l'occasion, les Dursley l'avait emmené au zoo. Harry y avait fait disparaître une vitre pour faire tomber Dudley dans la cage après que celui-ci l'ai poussé avec force, libérant au passage un boa constrictor. Ça avait été hilarant à voir, et le garçon avait mérité son sort.

La famille venait de rentrée du zoo. Ariana entendit Vernon punir Harry en grommelant dans sa barbe pendant que Dudley montait vite prendre une douche pour se réchauffer. Ariana attendit dans sa chambre que son frère adoptif ait fini pour à son tour aller se laver et se mettre en pyjama.

Pendant le diner, Dudley ouvrit tous ses cadeaux. Il y en avait trente-sept. C'était presque autant de cadeaux que de part de gâteau que l'enfant avait mangé en dessert. Ariana était dégoutée par son comportement. Elle-même n'avait eu le droit qu'à une part sous prétexte qu'elle devait absolument garder un physique parfait d'après Pétunia. Cela dit, la fillette n'en aurait pas voulu plus. La quantité de sucre dans le gâteau lui donnait la nausée, et elle avait à peine pu terminer sa part.

Ses pensées se tournèrent vers la chaise vide sur laquelle était habituellement assis Harry. Plus jeune elle n'avait jamais beaucoup parlé avec lui mais avait toujours trouvé que la façon dont le traitaient les Dursley n'était pas la bonne. Mais depuis qu'elle était elle aussi devenue « anormale », les deux enfants s'étaient rapprochés et ils étaient devenus de bons amis. La timidité du garçon avait fini par disparaître face à l'exubérance et la confiance que transmettait Ariana.

« Regardez ! Regardez ce que tante Marge m'a offert ! » S'exclama Dudley en montrant fièrement le carton de l'avion radiocommandé qu'il avait eu en cadeau.

« Elle est magnifique mon sucre d'orge. Tu pourras l'essayer demain quand on ira se promener. » Lui répondit Pétunia avec tendresse.

Dégoutée par l'attention que portait les parents à leur fils, Ariana se redressa dans sa chaise.

« Est-ce que je peux aller me coucher ? Je suis fatiguée. » Demanda-t-elle en souriant innocemment.

« Vas-y. Mais débarrasse avant de monter. » Répondit sèchement Pétunia sans lui adresser un regard.

La fille se leva, et emmena à la cuisine les assiettes sales qui trainaient sur la table à manger. Après avoir mis dans le lave-vaisselle tout ce qu'elle pouvait, elle releva la tête pour observer la famille qui était toujours assise à table. Toute l'attention était portée sur Dudley, et si elle voulait emmener quelque chose à manger à Harry, c'était maintenant ou jamais. Elle attrapa une petite assiette et y déposa une part de tarte au fromage et une plus petite part de gâteau au chocolat. Après avoir vérifié que les Dursley l'ignoraient toujours, elle prit l'assiette et se dirigea vers les escaliers.

« Harry, je peux ouvrir ? » Chuchota-t-elle quand elle arriva devant la porte du placard sous l'escalier.

« Oui, vas-y. » Murmura à son tour le garçon.

Ariana retira le loquet et ouvrit légèrement la porte, glissant l'assiette dans l'ouverture.

« Tiens, c'est tout ce que j'ai pu prendre. Dudley a englouti tout le reste. » S'excusa-t-elle.

« Merci Ariana. » Dit-il en souriant. « Tu ne devrais pas rester trop longtemps. Si jamais les Dursley nous surprennent on est tous les deux morts. »

La jeune fille laissa échapper un soupir d'amusement, mais acquiesça et referma la porte.

« Bonne nuit, Harry. »

« Bonne nuit Ana. »

Une fois seule dans son grand lit, Ariana repensa à la journée qu'ils venaient de passer. Grâce à Harry, il y avait eu un sacré rebondissement, et la sortie annuelle pour l'anniversaire de Dudley avait été un désastre pour les Dursley. Pour une fois qu'Harry pouvait leur rendre la monnaie de leur pièce. Et puis, Ariana aussi avait pu admirer le spectacle. Depuis des années ils ne la traitaient pas beaucoup mieux qu'Harry, ne lui accordant qu'une chambre et des vêtements à elle en plus. Elle s'était souvent demandé ce que serait sa vie si elle avait grandi avec ses parents.

À cette pensée, elle serra très fort dans sa main le pendentif doré qu'elle portait en permanence autour du cou. C'était une petite médaille rectangulaire avec au centre un rubis rouge sang. C'était le seul objet qu'elle avait quand l'orphelinat l'avait trouvée devant la porte, enroulée dans une couverture rouge avec son nom brodé en fil doré dessus. Elle les avait gardés, ne se séparant jamais de son pendentif. Elle avait souvent pensé à ses parents. Est-ce qu'ils étaient morts ? Si sa mère l'avait abandonnée, peut-être que son père ignorait tout de son existence ? Ou peut-être qu'ils l'avaient tout simplement abandonnée sans regret, et dans ce cas ils ne valaient pas beaucoup mieux que les Dursley.

Serrant fermement sa main autour de sa médaille, elle ferma les yeux, glissant doucement vers un sommeil profond.


Et voilà, nos chers protagonistes entrent en scène !

Comme certains l'ont remarqué, le début est différent de l'ancienne histoire. Je me suis rendue compte que certains passages étaient utiles, d'autres inutiles, et d'autres manquants. Je veux vous faire découvrir plus en profondeur les personnages, mieux préparer le terrain pour les années qui arrivent pour Ariana, et m'écarter un peu plus du point de vue des livres (sinon, à quoi bon écrire un fanfiction?)

Merci beaucoup Nennia, evelise, Enora Swen, et adenoide pour vos commentaires et/ou encouragements. Ca me fait toujours autant plaisir d'avoir des retours :)

Sur ce, à bientôt pour le prochain chapitre !