Chapitre 8

Attention scène de sexe explicite en ce début de chapitre.

PDV Magnus

Je sortis de la salle de bain avec juste une serviette autour des reins. Camille, allongée sur son lit, m'attendait patiemment. Elle portait un sous vêtement noir en dentelle très subjectif et rien d'autre. J'avais passé plus de temps que prévu sous la douche, trop occupé à essayer de chasser de ma tête Alexander et son regard à enflammer les petites culottes...

Oh putain…d'où ça sortait ça ? Il fallait vraiment que j'arrête de me faire des idées!

Allez Mag's, il s'agit d'Alec, ton meilleur-ami et il n'y avait rien d'étrange dans sa façon de te regarder, me rassurai-je sans pour autant en être totalement convaincu.

« Jolie la vue... » flattai-je Camille en venant la rejoindre.

Elle me fit un sourire coquin puis passa lentement son index sur l'extrémité de ma serviette, ses yeux brillaient de lubricité.

« Qu'as-tu en dessous ? » me questionna-t-elle en la fixant.

Je lui fis un regard lourd de sous-entendu.

Sans crier garde, elle me fit basculer sur le lit, m'allongea sur le dos puis me chevaucha dans le même élan. Elle commença à m'embrasser le torse puis les tétons, en s'attardant sur ces derniers sachant l'effet que cela me faisait, avant de remonter progressivement sur mes lèvres. Les mains posées sur ses hanches, je l'incitais à bouger doucement sur mon sexe à moitié érigé sous la serviette. Elle commença à faire de langoureux mouvements de va et vient, l'effet ne se fit pas attendre, son déhanché me rendait dingue. La friction m'envoya une décharge électrique de plaisir, je l'embrassai sauvagement. Camille commençait à bouger de manière plus effrontée sur mon sexe, n'en pouvant plus elle se déplaça et me retira la serviette. Une seconde plus tard, elle me prenait en bouche.

« Oh Mon Dieu...c'est trop bon...ne t'arrête pas... » l'encourageai-je.

Les deux mains fermement dans ses cheveux, je l'incitai à me prendre plus profondément tout en faisant des mouvements de va et vient dans sa bouche. J'accélérai légèrement mes allers-retours, embarqué par les sensations qui m'envahissaient.

Après quelques minutes la pression commençait à monter dangereusement, il fallait que je m'arrête, autrement j'allais finir par venir dans sa bouche alors que j'avais d'autres plans en tête.

« Vient là mon coeur » lui dis-je en l'aidant à se relever.

Je la fis me chevaucher de nouveau, mon sexe effleura l'entrée de son vagin quand tout à coup, je redescendis brusquement sur terre et lui jetai un regard à mi chemin entre l'inquiétude et la panique.

« Merde ! m'exclamai-je, j'ai oublié de prendre des préservatifs, tu en as ? »

« On en a pas besoin » me répondit-elle tout en m'incitant à la pénétrer.

Je l'arrêtai net.

« Si. On en a besoin. » lui dis-je d'une voix sans appel.

Elle soupira puis sortit une petite boite blanche de sa table de chevet.

« Regarde, je prends la pilule ».

Je regardai la boite, intrigué.

« Depuis quand ? » lui demandai-je surpris.

« Juste quelques mois » m'expliqua-t-elle en remettant la boîte à sa place.

Je soupirai à mon tour. Je n'étais pas complètement rassuré pour autant.

« Bon...ok...disons que c'est une protection supplémentaire mais ça ne nous protègera pas de tout alors on continuera tout de même les préservatifs » la prévins-je.

« Comme tu voudras » dit-elle en me faisant la pénétrer entièrement cette fois.

Sans attendre, elle commença à bouger. Me redressant légèrement, je lui retirai son soutien gorge puis commençai à lui caresser les seins tout en l'embrassant dans le cou, elle rejeta la tête en arrière et continua à se déhancher sur mon sexe en poussant des gémissements de plaisir. Peau contre peau, je devais bien reconnaitre que les sensations éteint décuplées, je pouvais sentir son humidité sur mon pénis… ça me plaisait bien d'être en elle ainsi. M'allongeant de nouveau sur le lit, je lui soulevai légèrement les fesses afin de me retirer puis je la pénétrai à nouveau d'un coup sec. Elle poussa un petit cri orgasmique qui flatta mon égo. Je commençai à bouger lentement en accentuant chacun de mes mouvements puis de plus en plus vite, je finis par ne plus me retire et lui donnai des coups de reins puissants. Elle adorait quand j'y allais un peu fort et je le savais. Mes mains sur ses hanches, je la guidai afin qu'elle puisse maintenir le rythme. Ses gémissements se faisaient de plus en plus intenses, ses yeux ne me quittaient pas et me transperçaient d'intensité, la sentant proche de la jouissance, je ralentis la cadence en sortant presqu'entièrement mon sexe qui était profondément en elle. Je lui fis un sourire pervers avant de la reprendre d'un coup. Ça la rendait dingue quand je faisais ça mais j'aimais bien avoir ce pouvoir sur elle...décider du moment où je la laisserai atteindre l'orgasme. Je continuai mon manège deux ou trois fois puis je repris mon rythme soutenu du début jusqu'à ce qu'elle finisse par crier sa délivrance. Je me retirai et la retournai afin de la prendre en levrette immédiatement. À genoux devant moi, son dos collé à mon torse, ses mains accrochant la tête de lit, je glissai un doigt sur son sexe et titillai son clitoris tout en la pénétrant par derrière. La pression ne tarda pas à remonter. Camille n'en pouvant plus de ce trop plein de sensation, haletait et gémissait bruyamment pour mon plus grand plaisir. Je continuai de la titiller sans relâche jusqu'à ce qu'elle jouisse de nouveau. Quelques secondes plus tard, j'atteignis à mon tour le point culminant. Des spasmes me traversèrent le corps, je la rejoignis en me déversant en elle.

« Ça va ? » lui demandai-je avant de m'allonger pour reprendre mon souffle.

Elle hocha la tête avec un sourire de satisfaction typique post-coital.

« Je veux bien que tu me fasses l'amour ainsi jusqu'à l'évanouissement. Avec toi, c'est toujours indescriptible, je ne m'en lasse pas ».

Je rigolai puis déposai un baiser sur son front. Avec toute l'expérience que j'avais à mon actif, j'étais en effet conscient de mes compétences au lit mais pas au point de réussir à la faire tomber dans les pommes lors d'un énième orgasme...quoique, ce serait intéressant d'essayer.

Remis de mes émotions, je m'apprêtais à prendre une douche quand mon téléphone se mit à sonner. Je le récupérai sur la table de chevet et vis qu'il s'agissait d'un appel de ma mère. Fronçant les sourcils, je regardais l'écran avec anxiété. Il était quand même 2h30 du matin, j'avais un mauvais pressentiment...

— Maman ? répondis-je prudemment.

— Bonsoir mon chéri, me répondit-elle.

Sa voix était étrange. J'entendis derrière elle la sirène d'une ambulance, suivie d'éclats de voix de personnes qui donnaient des directives.

— Maman, tu es à l'hôpital ? Je pensais que tu avais ta soirée de libre.

— Oui mais on m'a appelé pour une urgence. Écoute Sayang, il faut que tu viennes à l'hôpital. C'est Alec il…il a été agressé, m'annonça-t-elle dans un souffle.

À ces mots, mon cœur eut un raté. La chambre de Camille commença à vaciller dangereusement autour de moi. Je n'avais pas encore totalement réalisé ce que ma mère venait de m'apprendre mais ce que je savais en revanche, c'était qu'il fallait que je rejoigne Alec le plus vite que possible.

— J'arrive, dis-je sur le point de raccrocher.

— Chéri attends, il y a autre chose, me dit-elle.

Oh non... je sens que je ne vais pas apprécier ce qui va suivre, pensai-je au bout de la crise de nerfs.

— Il est dans le coma.

Palpitations cardiaque... sueurs froide...souffle court... je connaissais les symptômes poste émétique. Je lâchai mon téléphone et partis en courant en direction des toilettes. Cette fois, j'avais les idées totalement claires...je venais de sombrer en enfer.

Trente minutes plus tard, j'arrivais à l'hôpital Raziel en un temps record. J'avais dû brûler 4 feux rouges au moins et enfreins je ne sais combien de règles du code de la route mais je m'en foutais, tout ce qui m'importait c'était Alec. Camille avait tenu à m'accompagner à l'hôpital, je ne voyais pas trop l'intérêt vu qu'elle et Alec n'étaient pas amis mais je n'étais pas d'humeur pour une dispute. Ma mère m'attendait dans la salle d'attente des soins intensifs, en la voyant je courus me jeter dans ses bras. Tout le groupe était là. Izzy sanglotait dans les bras de Simon, Rag' et Cat' étaient assis dans un coin, Jace avait l'air ailleurs, il ne remarqua même pas mon arrivée. Clary assise près de lui me dévisagea étrangement quelques secondes avant de baisser les yeux.

Bizarre, pensai-je.

Je vis Camille s'installer discrètement dans un coin à l'écart des autres. M'étant fin à l'étreinte avec ma mère, je lui posai la question qui me brulait les lèvres depuis son appel.

« Comment cela a-t-il pu se produire Maman ? »

Elle me regarda tristement puis me prit la main afin de nous éloigner un peu du groupe.

« Chéri, on n'a pas encore toutes les informations sur les circonstances de l'agression, c'est un jeune homme du nom de Rafael SANTIAGO qui l'a retrouvé à l'arrière du Jade Wolf. Il a dit que les agresseurs avaient pris la fuite en le voyant et… Sayang, tu devrais t'assoir » me conseilla-t-elle.

Je sentais que la suite du récit n'allait pas du tout me plaire. Qu'allait-elle m'annoncer d'autre ? Le fait qu'Alec ait été agressé et se trouvait dans le coma était déjà une torture, je n'étais pas certain de pouvoir en supporter plus. Je m'assis néanmoins. Elle en fit de même puis continua.

« Quand Rafael SANTIAGO a retrouvé Alec, il avait le jean et le boxer sur les chevilles. On ne sait pas encore si les agresseurs ont abusé de lui, les examens sont en cours. Il est vraiment mal en point Chéri, il a la jambe gauche, la main droite et 4 côtés cassées, des bleues sur le visage et de nombreuses contusions et hématomes. Le plus inquiétant est le coup qu'il a reçu à la tête. Il a un important traumatisme crânien ce qui a causé un œdème cérébral. Les heures à venir seront déterminantes, comprends-tu ce que cela signifie ? »

Ma mère posa sa main sur la mienne. Je ne m'étais pas rendu compte que j'avais serré les poings, au point d'obstruer toute circulation du sang, pendant le récit du cauchemar qu'avait vécu Alec.

« Respire Sayang...respire » me dit-elle doucement.

J'étais submergé par de nombreuses émotions. L'incompréhension, la tristesse et la peur évidemment mais aussi la colère, la rancoeur et la haine. Oui, beaucoup de haine et d'amertume. Je posai machinalement ma main sur mon tatouage. Non, il ne pouvait pas m'abandonner. Je repensais à notre matinée ensemble chez Jem, notre concert et ce duo improvisé, tout avait été parfait et maintenant mon monde risquait de s'effondrer et être anéanti à jamais.

« J'aurais dû participer à l'after avec les autres, jamais une telle horreur ne se serait produite » dis-je dans murmure.

« Mon amour... tu ne peux pas dire ça, tu n'en sais rien… »

« Si je le sais ! » la coupai-je brusquement en me levant.

Je bouillais de rage, j'avais envie de mettre mon poing dans la gueule de ces enfoirés et de leur faire subir les mêmes souffrances qu'ils avaient fait subir à Alec …mais en dix fois pire. Je me retournai vers ma mère qui s'était levée à son tour.

« Je le sais Maman. Je sais que si j'avais été là, jamais une chose pareille ne ce serait produite. Alec et moi on veille l'un sur l'autre, on se protège et je n'étais pas là, je n'étais pas là ! Mais putain Alec ! Que faisais-tu dans cette putain de ruelle ! » explosai-je.

Des larmes coulèrent sur mes joues, j'avais mal, mon cœur saignait. Ma mère me prit dans ses bras.

« Je ne peux pas le perdre, Maman. Par pitié, pas lui » la suppliai-je entre deux sanglots.

Clary arriva à nos côtés, les yeux rougis par les larmes, je la pris dans mes bras.

« Je te demande pardon Magnus » s'excusa-t-elle en reniflant.

« Hey... doucement ma puce. Pourquoi t'excuses-tu ? Tu n'as rien fait… » tentai-je de la consoler alors que j'étais moi-même dans tous mes états .

« Justement, je n'ai rien fait ! J'étais en train de discuter avec Alec quand il a reçu un message sur son téléphone. Il avait l'air troublé mais m'a dit que ce n'était rien et qu'il se rendait aux toilettes. Après je suis partie rejoindre les autres et je n'ai pas remarqué qu'il mettait du temps à revenir » raconta-t-elle en éclatant en sanglots.

Ma mère la prit dans ses bras à son tour et commença à lui murmurer des paroles réconfortantes. Je l'en remerciai silencieusement. Habituellement, c'était moi qui rassurait Clary mais là, tout de suite, je n'en avais pas le courage, je ne voulais pas être un grand-frère, je ne voulais pas être fort, je voulais juste être un gamin de 18 ans et pleurer moi aussi toutes les larmes de mon corps. Maryse, arriva dans la salle d'attente accompagnée d'un médecin et d'une infirmière. Elle me regarda avec désespoir. Ses yeux étaient vides d'expression...comme éteints. Elle semblait totalement anéantie. Nous nous rapprochâmes afin d'avoir les dernières nouvelles.

« Les enfants » commença le médecin « l'état d'Alec est stable pour le moment, il passera la nuit aux soins intensifs sans possibilités de visites alors, vous devriez rentrer vous reposer. On ne peut rien faire de plus pour l'instant » annonça-t-il.

Maryse essuya rapidement une larme qui s'apprêtait à couler. Je la reconnaissais bien là, essayant d'être forte, forte pour son mari et Max qui n'étaient pas là, forte pour Alec, forte pour Jace et Izzy, ces derniers s'avancèrent et la prirent dans leur bras. Clary n'avait pas quitté ceux de notre mère, elle était complètement effondrée. Je parcourrai la salle des yeux à la recherche de Camille qui avait disparu je ne sais où.

Ça valait bien la peine qu'elle insiste pour venir, pensai-je en soupirant.

Ragnor et Catarina vinrent à mon niveau puis me prirent dans leur bras à leur tour.

« Il est fort Mag's, il va s'en sortir, il le faut. Surtout appelle nous s'il y a du nouveau » me dit Cat' avant de s'en aller avec Rag'.

Oui, il le fallait à tout prix, pensai-je en me laissant tomber sur l'un des sièges de la salle d'attente. Il le fallait.

PDV Camille

Je faisais les cents pas dans le hall d'entrée de l'hôpital, j'étais nerveuse. Putain Alec était dans le coma…

« Ciao Principessa !»

« Rafael ! » fis-je soulagée. « Viens on va discuter ailleurs ».

Je l'entrainai dans une salle de consultation vide.

« Que s'est-il passé ? Il n'était pas convenu de le tuer ! » explosai-je.

« Les gars m'ont dit que les choses avaient un peu dégénéré, qu'il n'était pas docile, qu'il se débattait et criait. Ils ont eu peur de se faire découvrir avant d'avoir terminé le plan alors ils l'ont frappé à la tête pour qu'il se taise mais ils y sont allés trop fort. Il était vraiment amoché quand je suis arrivé ».

« J'espère qu'il ne mourra pas … » dis-je en soupirant.

« Tu voulais qu'il dégage, s'il meurt tu auras le champ libre avec Magnus ».

« Tu plaisantes ! Si Alec meurt, je perdrais Magnus car jamais il ne s'en remettra! Deux, c'est le nombre de fois qu'il est parti vomir aux toilettes après que sa mère l'ait informé de l'état d'Alec, tu réalises ! Deux fois en l'espace de moins de dix minutes! »

« Ne t'en fais pas, tout va bien se passer » me rassura Rafael.

« La police t'a interrogé ? » lui demandai-je.

« Oui, un certain inspecteur Garroway m'a posé quelques questions mais si Alec ne porte pas plainte, il sera obligé de laissé tomber sa petite enquête » me répondit Rafael en haussant les épaules.

« Et comment allons-nous faire pour qu'il ne porte pas plainte ? »

« Pour ça beauté, je te laisse trouver une solution » me dit-il en me faisant un clin d'œil.

« Bien d'accord, pour le moment on a le temps de voir venir. Je dois retourner près de Magnus, on se parle plus tard, ciao » lui dis-je en le quittant.

De retour aux soins intensifs, il ne restait plus qu'Izzy, Jace et Magnus dans la salle d'attente. Ce dernier releva la tête en me voyant arriver.

« On devrait rentrer se reposer un peu » lui proposai-je en m'asseyant à ses côtés.

« Où étais-tu ? » me demanda-t-il en ignorant royalement ma proposition.

« Dans le hall d'entrée, j'ai préféré vous laisser un peu d'intimité, je ne voulais pas déranger » mentis-je.

Il se contenta d'hocher la tête.

« Alors, on rentre ? » tentai-je de nouveau.

« Non je reste, mais toi tu peux y aller si tu veux » me dit-il.

Ça se voyait qu'il se moquait d'avance de mon choix, que je reste ou que je parte ne faisait aucune différence pour lui. Je bouillais de rage intérieurement face à son attitude mais ce n'était pas le moment de dire ou faire une connerie. Me forçant à sourire, je l'embrassai sur la joue pour lui dire au revoir et souhaitai bon courage à Jace et Izzy. Ces derniers ne prirent même la peine de me répondre. Peu importait, je m'en moquais de toutes les façons. Je pris mon téléphone et envoyai un sms à Rafael afin de lui demander s'il pouvait me raccompagner, il me répondit dans la minute.

De Rafael : « Te raccompagner et même te tenir compagnie si tu veux Principessa ».

Sa réponse me fit sourire. Lui au moins, il voulait être avec moi.

PDV Magnus

Le lendemain matin.

Izzy, Jace et moi avions passé la nuit à l'hôpital en dépit du règlement et du refus du médecin. Heureusement pour nous, ma mère avait pu faire jouer ses relations pour qu'on nous autorise à rester. L'état d'Alec était toujours stable ce qui était une bonne nouvelle. Ma mère nous avait quelque peu rassurée en nous expliquant que ce n'était pas une mauvaise chose qu'il soit inconscient car cela permettrait à l'œdème cérébral de se résorber plus rapidement. Maryse était partie récupérer Robert et Max à l'aéroport.

Pauvre Max, pensai-je. Cela faisait deux semaines qu'il n'a pas vu son frère et là, à peine rentré, on allait devoir lui annoncer cette nouvelle.

Clary et Simon arrivèrent les bras chargés.

« Tiens, me dit ma soeur en me tendant un sac de sport, je t'ai apporté de quoi te changer ».

Izzy et Jace eurent droit à leur sac de vêtements également.

« On vous a aussi acheté des cafés et des croissants » dit Simon en déposant le tout sur une des tables basse.

« Merci les gars » fis-je reconnaissant.

« De rien, c'est normal, me répondit-il avant d'enchainer, alors, comment va Alec ? Du nouveau ? »

« Toujours pareil » dit Izzy en soupirant.

Ma mère arriva à son tour et salua tout le monde. Elle embrassa Clary sur le front et me serra dans ses bras avant de prendre la parole.

« J'ai une bonne nouvelle pour vous les enfants. Cet après-midi, vous aurez la possibilité de voir Alec mais à travers une caméra. Les personnes dans le coma sont sensibles au germes raison pour laquelle les visites sont limitées à un seul membre de la famille. Vous comprenez ? »

Tout le monde acquiesça.

« Aussi, je dois vous informer — afin d'éviter de vous effrayer — qu'Alec est relié à de nombreux appareils. Il a des perfusions pour l'injection des médicaments, une sonde gastrique pour le nourrir, une assistance respiratoire, et une sonde urinaire. Je sais que ça peut paraitre impressionnant mais dites-vous bien que ces appareils sont là pour l'aider à aller mieux ».

Tout le monde acquiesça, une seconde fois.

« Merci Maman » lui dis-je en me blottissant de nouveau dans ses bras. Elle me caressa doucement les cheveux.

« Allez venez, je vais vous montrer où vous pouvez vous doucher et vous changer » dit-elle en s'adressant à Jace, Izzy et moi.

« Merci Madame BANE » lui dit Jace en attrapant ses affaires.

« Jace voyons, tu peux m'appeler Sarah depuis le temps » lui répondit ma mère en lui caressant maternellement la joue.

Il rougit, légèrement embarrassé, mais acquiesça néanmoins.

Trente minutes plus tard nous étions tous attablés autour des croissants et des cafés amenés par Simon et Clary. Personne ne discutait, quant à moi je repensais à ce que m'avait appris Clary sur Alec et le message qu'il avait reçu, je me demandais de qui il pouvait provenir….

« Vous savez où sont les affaires qu'Alec avaient sur lui avant l'agression? Son téléphone et tout le reste ? » demandai-je aux autres.

« Hmm, je crois que notre mère les a récupérés » m'expliqua Izzy.

« Tu te demandes qui lui a envoyé le SMS n'est-ce pas? » comprit Clary.

« Oui… » avouai-je.

« C'est une bonne idée de creuser de ce côté » conclut Jace pensif « On récupèrera son téléphone quand on rentrera à la maison ».

« Super » lui dis-je.

Sur ce, tout le monde se mura de nouveau dans le silence. Nous avions passé la matinée et le début de l'après-midi assis dans la salle d'attente, le personnel commençait à nous connaitre à force de nous voir dans le coin. À 15h, Maryse, Robert et Max arrivèrent à l'hôpital. Izzy et Jace étaient heureux de revoir leur petit frère et leur père. Ce dernier me prit dans ses bras pour une brève étreinte après avoir embrassé ses enfants.

« Ça va mon grand ? Tu tiens le coup ? » me demanda-t-il.

« J'essaie… » répondis-je dans un murmure.

« Tu dois rester fort, Alec aura besoin de toi à son réveil. Il aura besoin de chacun d'entre nous » me dit-il en mettant une main sur mon épaule.

J'acquiesçai. Le médecin d'Alec —j'ai appris par ma mère qu'il s'appelait Dr Aldertree — arriva vers nous.

« Très bien tout le monde, bonjour. Nous allons vous permettre de voir Alexander une dizaine de minutes via une caméra. Maryse, Robert l'un de vous peut lui rendre visite dans sa chambre maintenant mais juste 10 minutes ».

Les deux échangèrent un regard, un message silencieux passa entre eux.

« Ce sera moi » annonça Robert.

« Très bien, nous allons vous préparer. Vous devez vous désinfecter puis porter une blouse et des chaussons ».

Il acquiesça.

« Les autres, patienter quelques instants, une infirmière vous conduira à la salle vidéo ».

Vingt minutes plus tard, on nous conduisait à la salle comme prévu. J'étais anxieux mais j'avais aussi hâte de pouvoir enfin le voir même si ce n'était qu'à travers une caméra. Cela faisait exactement 14 heures que je ne l'avais pas vu. Je ne me souvenais pas de la dernière fois que nous étions restés aussi longtemps l'un sans l'autre depuis notre rencontre...probablement jamais.

Ma mère arriva en renfort, elle expliqua à Max ce qu'il allait voir afin de le préparer comme avec nous ce matin. Il avait l'air d'avoir peur mais faisait son possible pour ne rien laisser paraitre. On nous installa dans des fauteuils devant un écran plat…mon cœur s'accéléra. Machinalement, je passai ma main sur mon tatouage, je faisais souvent ça depuis les derniers évènements.

L'écran s'alluma et enfin nous le vîmes. Allonger paisiblement sur son lit, on aurait pu croire qu'il ne faisait que dormir mais la réalité était tout autre. Son visage était tuméfié, il avait des bleues, des bandages à la tête, sa jambe gauche était dans un plâtre, tout comme sa main droite et bien sûr il était branché à de nombreux appareils comme nous avait prévenu ma mère. Moi qui pensait m'effondrer de nouveau, ce fut la colère qui refit surface en moi, violente et étouffante. Je me battais de toutes mes forces pour ne pas exploser. Izzy et Clary pleuraient silencieusement dans les bras de Simon, Max dans les bras de sa mère sanglotait également. Cette dernière avait grand mal à contenir ses larmes.

Tant de souffrance, pensai-je. Tant de vies brisées en même temps.

Jace pivota la tête vers moi et me regarda intensément. Je pouvais voir la fureur dans ses yeux hétérochromes. Lui et moi étions sur la même longueur d'onde. On se comprenait. On allait venger Alec.

Fin du chapitre.