Bonjour à tous! Décidément… vous ne voulez pas que Camille tombe enceinte vu les commentaires !

Caladhie91 : Magnus ne connait pas encore Rafael. Avant qu'il ne rencontre Camille il savait qu'elle collectionnait les conquêtes tout comme lui mais sans plus.

Nagron : J'ai essayé de décrire le plus justement possible ce que vivait les personnes qui sont dans le coma, à leur réveil, certains expliquent avoir eu la sensation de se détacher de leur corps pour vagabonder comme Alec dans son PDV, c'est comme s'ils vivaient une deuxième vie parallèle où ils entendent, ils voient, ils peuvent toucher des choses. C'est assez complexe je m'en rends compte, d'ailleurs j'ai eu des difficultés à écrire cette partie , j'ai dû faire des recherches etc.… Désolé de ne pas avoir réussi à retranscrire correctement.

Les autres chapitres arriveront plus lentement car malheureusement j'ai moins le temps d'écrire en semaine.

Bonne lecture à vous !

Chapitre 10

PDV Magnus

Alec était sorti du coma…je n'arrivais toujours pas à y croire. Après 3 jours interminables, 3 jours à retenir mon souffle… enfin, il s'était réveillé. Clary, Jace et moi arrivâmes à l'hôpital en trombe, à peine nos pieds franchirent la salle d'attente qu' Izzy se jeta dans les bras de son frère, des larmes de joies lui striaient les joues. Max se joignit à eux pour un câlin fraternel empreint d'émotion et d'amour, je regardais la scène d'un œil attendrit.

Cette famille aurait été détruite à jamais si Alec ne s'était pas remis, pensai-je tristement.

« C'était comment avec Camille ? » s'enquit Simon en arrivant à mes côtés.

Je soupirai longuement.

« Tendu mon pote. Au final, c'est Jace qui a bien faillit péter les plombs quand elle a osé lui dire qu'elle était désolée pour Alec. Heureusement que Maryse a appelé pile à cet instant ».

Jace tourna la tête vers moi avec un petit sourire narquois sur les lèvres.

« Tu peux parler Mag's ! Clary et moi avons bien cru que tu allais lui arracher la tête! Tes yeux lançaient des éclairs, une vraie tempête tropicale ! »

« Pfffff t'es con ! » le rabrouai-je en rigolant tout de même à sa boutade.

L'ambiance était redevenue légère et c'était revigorant.

« En tout cas, elle ne manque vraiment pas d'air » intervient Cat' en secouant la tête de désarroi.

« Ouais, mais elle le paiera » déclara Rag' d'un ton menaçant.

Max nous observait silencieusement. De toute évidence, il ne comprenait pas tout de notre échange et c'était pour le mieux pensai-je.

Ma mère arriva à son tour dans la salle d'attente accompagnée de Robert, Maryse et…oh surprise… mon père !

« Papa ! » s'écria Clary en courant se jeter dans ses bras.

« Ma Princesse ! » s'émervailla-t-il comme s'il ne l'avait pas vu depuis des siècles.

Je vis Clary lancer un regard inquiet en direction de Jace en entendant notre père l'appeler ainsi. Je ricanai intérieurement.

Ma mère me serra dans ses bras puis embrassa sa fille adorée. Mon père m'embrassa tendrement sur le front à son tour puis posa une main sur mon épaule.

« Je suis désolé fiston, je sais que je n'ai pas été très présent pour toi pendant cette épreuve ».

« Tu travailles dur papa, je ne t'en veux pas » le rassurai-je en lui faisant un petit sourire timide.

« Oui, mais au final la famille c'est le plus important » me dit-il en me serrant dans ses bras.

Ma mère et Clary observaient notre échange avec des yeux remplis d'amour et de tendresse.

« Maman » dis-je en me détachant légèrement de mon père. « Comment va Alec ? C'est vrai qu'il est sorti du coma n'est-ce pas ? » lui demandai-je ayant encore du mal à y croire.

J'avais besoin qu'elle me le confirme...j'avais de l'entendre d'elle.

« Oui Sayang, mais nous avons dû lui administrer un léger sédatif car son réveil fut assez brutal. Pour le moment il dort » .

Un mot m'interpella immédiatement.

« Qu'entends-tu par brutal ? » la questionnai-je.

« Eh bien...il hurlait et était paniqué. Après ce qu'il a vécu c'est tout à fait normal, il ne faut pas t'inquiéter » m'expliqua-t-elle avec un sourire rassurant.

« Quand pourrons-nous le voir ? » demanda Clary.

« Bientôt Trésor. Nous devons d'abord lui faire des examens afin de nous assurer qu'il est en mesure d'assumer correctement ses fonctions vitales ainsi nous pourrons lui enlever les appareils. Après, nous le déplacerons dans une chambre individuelle où vous pourrez lui rendre visite ».

« D'accord » fis-je en m'asseyant.

J'avais l'impression qu'un poids énorme s'était retiré de mes épaules. J'étais exténué et avais des cernes sous les yeux. Je n'avais même pas pris le temps de me maquiller ou de me vêtir plus que ça ce matin. Je portais le sweat à capuche noir NASA d'Alec — il le laissait toujours chez moi pour les fois où il y passait la nuit — un jean noir et des bottes marrons. N'ayant pas mis de gel, mes cheveux étaient lissés sur ma tête et ma mèche rouge retombait devant mes yeux.

« Bonsoir, tout le monde » salua le Dr Aldertree en arrivant avant d'enchaîner.

« Comme vous le savez, Alexander est sorti du coma, c'est ce que l'on appelle l'éveil. Il risque d'être un peu désorienté et confus pendant un certain temps, et peut-être ne pas se souvenir de tout ou à l'inverse se souvenir de tout mais peut-être pas dans le bon ordre. Chaque patient réagit différemment mais nous sommes confiant car il n'a passé que 3 jours dans le coma. Physiquement, il devrait vite se rétablir. Maintenant, au vu de la violence de l'agression, un suivi psychologique sera nécessaire. Quand vous irez le voir, éviter de lui poser des questions sur ce qu'il a vécu et surtout agissez normalement, sentir votre anxiété ou votre stresse peut le troubler et ralentir sa guérison. Nous avons encore une batterie d'examens à lui faire passer afin de nous assurer qu'il se remet correctement mais vous pourrez le voir dans quelques heures. Maryse, Robert, puis-je vous voir un instant s'il vous plait? Il y a de l'administratif à remplir... » s'excusa-t-il presque.

Ils acquiescèrent puis quittèrent la pièce avec ma mère. Mon père nous embrassa une dernière fois Clary et moi, salua le groupe puis repartit travailler au Pandémonium.

« On devrait acheter des cadeaux à Alec à la boutique de souvenirs! » proposa une Izzy surexcitée.

« Bonne idée, de toutes les façons on va devoir attendre un moment avant de le voir » approuva Rag'.

« Mag's tu viens ? me demanda Jace.

« Euh non je suis claqué…je vais rester là, je vous attends » leur dis-je avant de les regarder s'en aller.

Ça me faisait du bien d'être un peu seul et de me ressourcer dans le silence. Je sortis mes écouteurs, les connectai à mon téléphone et cherchai la playlist qu'Alec m'avait offerte l'année dernière pour mes 17 ans. J'appuyai sur Play puis fermai les yeux prêt à me laisser enivrer par la musique. Tout à coup, je sentis une main me caresser la joue, ré-ouvrant les yeux, je vis ma mère qui me regardait tendrement.

« Tu es seul mon cœur ? Où sont les autres ? » me demanda-t-elle.

« Partis acheter des cadeaux à Alec » lui expliquai-je.

« D'accord. J'ai une bonne nouvelle... il s'est réveillé ».

Mes yeux s'illuminèrent.

« C'est vrai ? C'est génial ! Et comment va-t-il ? » l'interrogeai-je alors que les battements de mon cœur s'étaient soudainement accélérés.

« Oh, je pense que ça va car il a demandé à te voir et refuse d'aller faire son IRM tant qu'on aura pas répondu à ses exigences » me dit ma mère qui essayait de toute évidence de se retenir de rire.

J'avais un sourire jusqu'aux oreilles. Génial, il était vraiment de retour!

« D'accord, allons-y ! » m'exclamai-je en me levant d'un bond.

J'étais impatient et angoissé à la fois, ce mélange d'émotions était étrange.

Je suivis ma mère dans un couloir jusqu'aux chambres.

« On l'a déplacé dans cette chambre individuelle et on lui a retiré les appareils. Je te laisse y aller seul mais ne le fatigue pas trop, tu as 10 minutes d'accord ?»

« D'accord Maman » lui répondis-je en posant une main sur la poignée de la porte derrière laquelle il se trouvait.

Mon coeur battait la chamade, j'avais les mains moites...je ne me reconnaissais presque plus.

Pourquoi étais-je nerveux à ce point bon sang ?!

Je pris une profonde inspiration pour me calmer puis entrai. Alec, allongé sur son lit, me regarda passer la porte. Il n'était plus branché aux appareils comme me l'avait dit ma mère mais il avait toujours les bandages autour de sa tête ainsi que la jambe gauche et la main droite dans le plâtre. Des hématomes apparaissaient sur son visage. Il me fit un petit sourire inquiet.

« Je...ne…suis...pas beau …à …voir… » me dit-il la voix cassée.

Je dus me faire violence pour ne pas fondre en larmes à cet instant. Entendre sa voix, même roque à cause de l'intubation, était tout simplement merveilleux. Peu importe son apparence actuelle, moi je le trouvais magnifique...et surtout il était en vie.

« Alexander… » murmurai-je dans un souffle.

« Pour…quoi…restes-tu…si…loin…de…moi ? » me demanda-t-il.

Debout dans l'encadrement de la porte, je n'avais effectivement pas bougé. Le Dr Aldertree nous avait demandé d'agir normalement mais j'étais à mille lieux d'imaginer que le revoir me ferait cet effet-là. Mon cœur n'avait toujours pas retrouvé son rythme normal, je respirai difficilement, il me rendait nerveux...moi.

Mais que m'arrivait-il à la fin !? Je me sentais vraiment perturbé par tout ça. C'était sûrement le contre coup dû à tout le stresse que j'avais emmagasiné ces derniers jours, pensai-je.

Je me décidai à franchir la distance qui nous séparait et m'installai sur le lit à ses côtés en prenant soin de ne pas toucher ses blessures. Il se mit à m'observer de la tête au pied.

« Ceci…m'a...ppartient » me taquina-t-il en tirant sur mon sweat, enfin SON sweat.

Tout à coup il fut pris d'une quinte de toux.

« Tu veux boire ? » lui demandai-je précipitamment et un peu paniqué. Il acquiesça.

Je pris le verre d'eau et la paille qui étaient posés sur la petite table de nuit et l'aidai à boire. Alec me regardait avec intensité par dessus la paille que je lui tenais. Ses yeux, son regard, tout ceci m'avait tellement manqué... et dire que j'avais failli ne plus jamais les revoir. Une larme discrète coula sur mes joues réduisant à néant tous les efforts émis depuis mon arrivée afin de ne pas craquer devant lui. Je re-déposai le verre sur la table. Alec me caressa la joue tendrement de sa main valide, essuyant au passage les traces de mon désarroi. Des frissons me parcoururent tout le corps à son contact, j'étais totalement bouleversé par toutes ces nouvelles sensations que je ressentais…par toutes ces nouvelles émotions qu'IL me procurait. Je ne comprenais décidément pas ce qu'il m'arrivait. Je tentai de contrôler ma respiration en inspirant profondément.

J'ai…eu…peur de ne…plus jamais…te re…voir » me confessa-t-il.

Je pris doucement sa main dans la mienne.

« Moi aussi Alexander…tu n'imagines même pas… j'ai vécu mille morts depuis ton arrivée dans cet hôpital. Avoir failli te perdre est la chose la plus difficile que j'ai eu à vivre jusqu'à aujourd'hui. Pardonne-moi Alec, pardonne-moi de ne pas avoir été là, de ne pas t'avoir protégé » lui dis-je alors que mes joues ruisselaient de larmes à nouveau.

Lui aussi pleurait désormais. Je regrettai aussitôt d'avoir fait allusion à l'agression.

« Ce…n'est pas… de …ta …faute » me dit-il en me faisant un sourire triste.

Si, pensai-je. C'était totalement de ma faute mais je ne pouvais pas lui parler de Camille…pas pour le moment du moins.

On devait faire peine à voir en cet instant, Alec avec ses hématomes et ses plâtres, moi cerné avec les yeux rouges mais je m'en foutais. On était de nouveau réunis, on était ensemble et c'est tout ce qui importait.

On toqua à la porte puis quelques secondes plus tard, une infirmière fit son apparition.

« C'est l'heure de l'IRM » nous annonça-t-elle.

Je m'apprêtai à me lever quand Alec refusa de me lâcher la main, il me regarda avec une légère inquiétude.

« Hey... » lui fis-je doucement avec un petit sourire que j'espérais rassurant « Tout va bien, tu vas faire tes examens et à ton retour, je serai là. »

« Tu …pro..mets ? » s'inquiéta-t-il.

« Oui, je te le promets. Plus jamais je m'éloignerai de toi » le rassurai-je la gorge nouée.

Je sortis de la chambre d'Alec et vis que ma mère m'attendais. Je me jetai dans ses bras et recommençai à pleurer de plus belle. J'avais les émotions en vrac en ce moment, c'était pire que les hormones.

« Hey mon cœur, calme toi... que se passe-t-il ? Ça n'a pas été avec Alec ? »

« Si » dis-je en essayant de me calmer « Maman… aide-moi…je suis perdu. Alec…il…il…je ne comprends pas...je.. ».

Mes pensées étaient incohérentes. Ma respiration était saccadée. J'avais l'impression de manquer d'air.

« Ok mon cœur, calme- toi, tu es entrain de faire une crise d'angoisse. Tu vas inspirer puis expirer lentement mais profondément. On y va...inspire...expire…inspire...expire » répéta-t-elle doucement.

Je sentis que mon rythme cardiaque redescendait progressivement.

« C'est bien mon coeur, on va descendre à la cafétéria puis tu me raconteras ce qui te met dans cet état » me proposa-t-elle.

Quelques minutes plus tard, assis devant un chocolat chaud, je m'étais un peu calmé. Ma mère attendait patiemment que je passe aux aveux.

« Je m'excuse pour la crise de tout à l'heure » lui dis-je honteux.

« Ce n'est rien Sayang, tu as vécu des moments difficiles récemment. Alec a failli mourir mais il va bien maintenant. Il est en vie ».

Je baissai les yeux sur ma tasse de chocolat chaud puis inspirai longuement.

« Maman...est-ce que tu crois qu'on peut éprouver des sentiments amoureux pour quelqu'un depuis un moment et ne pas s'en rendre compte, jusqu'à ce qu'un évènement se produise et nous fasse réaliser qu'en réalité on se trompait et que l'élu de notre cœur était là... juste sous nos yeux... » lâchai-je d'un trait.

Ma mère me regarda avec un petit sourire en coin et des yeux pétillants de malice.

« Sayang, tu parles d'Alec et de toi ? »

Je levai aussitôt les yeux de ma tasse de chocolat chaud.

« Tu savais ? » lui demandai-je.

« Oui et non en réalité. Au début je pensais qu'il se passait quelque chose entre vous. Alec et toi êtes si complémentaires, on voit tout de suite qu'il y a une alchimie, un lien spécial qui vous lie. Vous vous comprenez en un regard, l'un fini les phrases de l'autre, vous êtes complices, alors quelque part j'ai toujours pensé qu'un jour tu m'annoncerais que tu ressentais plus que de l'amitié pour lui …puis tu nous as présenté Camille. Tu étais si heureux d'être avec elle, tes yeux pétillaient quand tu parlais d'elle alors je me suis dit que je m'étais trompée ».

Silencieux, j'écoutais attentivement les révélations de ma mère.

« Tu sais Maman; Camille…je l'aimais vraiment. Je me sentais bien avec elle mais elle m'a trahi…deux fois…et là je ne pourrais plus jamais lui refaire confiance. Elle m'a brisé le cœur Maman puis on se disputait sans arrêt à propos d'Alec. Je n'ai jamais réussi à vraiment faire d'elle ma priorité et elle me reprochait de le choisir lui, plutôt qu'elle mais c'était plus fort que moi...je n'y pouvais rien. Tu penses que c'était un signe ? Que ça signifiait qu'inconsciemment, j'étais déjà amoureux d'Alec ?

« C'est possible Sayang, les sentiments sont complexes et parfois il nous faut du temps pour les comprendre ».

« Alec est différent de Camille. Il est spécial…à part. Quand il s'agit de lui, je réagis plus intensément…je ne sais pas… je n'ai pas vraiment les mots pour décrire ce que je ressens mais je sais que je donnerai ma vie pour lui Maman. Son amitié a toujours été inconditionnel, il a toujours été présent pour moi. Il est généreux, drôle et aussi fragile et entêté, j'adore ça, j'aime toutes ces facettes de lui. Quand j'ai cru le perdre, je te jure que c'est tout mon monde qui s'écroulait…j'en étais à me rendre malade ».

Ma mère me prit la main.

« Je sais mon cœur, tu es quelqu'un de généreux toi aussi et d'intègre. Quand tu aimes c'est avec sincérité. Je pense que l'amitié exceptionnelle qui vous lie Alec et toi, t'a en quelque sorte voilée la face sur la profondeur et l'étendu de tes véritables sentiments pour lui. Puis il y a la peur… la peur que votre relation change, que ces sentiments ne soient peut-être pas réciproques. Parfois on fait des choses inconsciemment pour se protéger, on refuse de voir la vérité. Tu avais trouvé une stabilité en Alec après notre déménagement ici, tu ne voulais pas risquer de la perdre ou de tout bouleverser ».

« Quoi? Mais...tu crois que si je lui dis ce que je ressens vraiment...que je peux le perdre ! » paniquai-je tout à coup.

« Bien sûr que non Sayang, ce n'est pas ce que je dis. Tu le connais mieux que personne. Que vois-tu dans ses yeux quand il te regarde ? C'est là, que tu trouveras la vérité. Les yeux ne mentent pas mon cœur mais si je peux te donner un conseil, tu devrais y aller en douceur. Sois présent pour lui, montre-lui tes sentiments par des gestes et des actes, aide le à comprendre petit à petit ce qu'il représente vraiment pour toi ».

J'assimilai doucement les conseils de ma mère et me promis de les suivre à la lettre.

« Merci Maman, merci pour tout, merci de m'accepter... tel que je suis » lui dis-je la gorge serrée en faisant allusion à mon orientation sexuelle.

« Seul ton bonheur compte à mes yeux et aux yeux de ton père. Clary et toi, êtes toute notre vie. On vous aimera et on vous soutiendra toujours envers et contre tout ».

« Nous aussi on vous aime, Maman. Vous êtes des parents formidables ».

On se leva pour se faire un énorme câlin.

« Tu es prêt à rentrer ?» me demanda-t-elle.

« Oui, mais je dois passer dire au revoir à Alec avant ».

« D'accord, on y va ».

Cette conversation avec ma mère m'avait fait énormément de bien. Elle m'avait aidé à comprendre que moi, Magnus BANE, j'étais amoureux de mon meilleur ami. Incroyable...oui, cette révélation était des plus surprenantes et complètement incroyables! Il avait fallu que la mort menace de me l'enlever à jamais pour que j'ouvre les yeux sur ce qui était juste sous mon nez et prenne conscience de mes sentiments. Il en serait sorti au moins ça de tout cet enfer, pensai-je.

Qu'est-ce que j'allais faire de Camille maintenant ? Elle était un danger pour Alec et je n'osais pas imaginer comment elle réagirait si elle apprenait mes sentiments pour lui. Elle serait capable de me dire qu'elle avait eu raison de se méfier pendant tout ce temps et ainsi justifier ses actes horribles. Il était hors de question qu'elle s'en prenne de nouveau à lui, je devais le protéger mais je ne pouvais pas non plus continuer à faire semblant avec elle. Je devais la quitter. Ça ne nous empêchera pas de continuer notre enquête pour trouver son complice …en même temps si je romps avec elle, je vais avoir plus de difficultés à l'espionner…quel bordel! pensai-je frustré.

La chambre d'Alec était pleine à craquer de peluches, de ballons et de personnes quand je revins lui dire aurevoir. Izzy, Clary, Jace, Rag', Simon, Cat' et Max tout le petit monde était là, ce qui m'inquiéta un peu. Ma mère m'avait expliqué qu'après une agression, les patients pouvaient souffrir de stress post traumatique et qu'il fallait éviter les bains de foules et les émotions trop fortes. Alec avait l'air d'aller bien et ne semblait pas être anxieux ou nerveux mais bon, il serait peut-être intelligent de ne pas tenter le diable, puis il était capable de faire semblant afin de ne pas nous inquiéter.

Il me fit un sourire radieux en me voyant arriver. Je sentis mon cœur se réchauffer.

« Ah enfin ! T'étais où mec ? » me demanda Ragnor.

« À la cafétéria avec ma mère » lui répondis-je sans quitter Alec des yeux.

J'étais comme fasciné par lui. Une attraction invisible m'attirait vers ses magnifiques yeux bleu au couleur de l'océan et ses lèvres pleines à la teinte rosée...

Waouh...incroyable, j'allais devoir apprendre à me contrôler désormais. Mag's reprends-toi bon sang! me sermonnai-je intérieurement.

« Euh Clary, Maman est devant. Tu rentres avec elle ou tu m'attends ? » lui demandai-je en reprenant le contrôle de mon cerveau.

« Je rentre, je suis fatiguée » fit-elle en baillant.

Elle embrassa Alec sur la joue et lui souhaita un bon retour parmi nous. Elle me fit un câlin, puis salua le groupe avant de s'en aller.

« Rag' et moi, on va y aller aussi » dit Cat' « Repose toi bien Alec et remets-toi vite, le groupe a besoin de toi ».

« Mer…ci » répondit-il avec un sourire bienveillant.

Max se mit à bailler à son tour à côté de Jace.

« Je pense qu'un certain jeune homme a besoin d'aller au lit également » remarqua Jace en caressant doucement la tête de son petit-frère.

« Je vais vous ramener » leur proposai-je.

« Non, laisse » intervient Simon « je vais les ramener, ne t'en fais pas ».

Je le remerciai du regard.

« À demain Alec » dit Max qui s'endormait à moitié debout.

« Bye... Cham…pion » lui répondit-il.

« À demain frangin, tache de guérir vite, tu nous manques à la maison » lui dit Jace.

Izzy embrassa Alec et me salua. Je finis par rester seul avec lui.

« Tu vas bien ? » lui demandai-je « As-tu besoin de quelque chose pour la nuit ? »

« Ça va…merci ».

Son regard se posa sur sa main cassée. Ses traits s'assombrirent aussitôt.

« Tu te rétabliras Alec » lui dis-je en m'asseyant à ses côtés « ta jambe guérira, ta main aussi, les bleus disparaitront, les hématomes aussi, tu verras... tu guériras et tu iras de l'avant ».

Je lui caressai la joue avec toute la douceur qu'il m'était possible d'avoir, il ferma les yeux au contact de mon geste. Je ne savais pas si c'était pour savourer l'instant ou pour chasser un mauvais souvenir. Après tout, je ne connaissais pas tous les détails de son agression, je ne savais pas à quels endroits ces sales types avaient posé leurs mains sur lui…tout à coup, envahi par l'incertitude, j'arrêtai mon geste et retirai ma main aussitôt. Il ouvrit les yeux.

« Je...je suis désolé » balbutiai-je. « Peut-être que les contacts physiques te font revivre certains souvenirs ».

« Les …tiens… me font... du… bien » me rassura-t-il.

Soulagé, je lui fis un sourire puis pris sa seule main encore en état dans la mienne. Décidément, j'étais devenu très tactile avec lui depuis que je ne le voyais plus uniquement comme mon meilleur ami, remarquai-je.

« Je me… souviens...de tout. J'aurais …préféré oublier…. mais je me… souviens... de tout et dans ma tête…je revois…des…images…de….cette…nuit ».

Alec m'avoua tout ceci sans me quitter une seul seconde des yeux et je devais admettre que son regard me glaça. Je pouvais y lire, toute l'intensité de sa souffrance. Ma mère à raison, les yeux ne mentaient pas. Alec souffrait. Il avait mis son masque de bravoure devant les autres mais avec moi, il laissait tomber ses barrières...comme toujours. Je fus ému de constater qu'il y avait toujours cette absolue confiance entre nous, dans les bons comme les mauvais moments, on savait qu'on n'avait pas besoin de faire semblant l'un avec l'autre.

« Écoute-moi, lui dis-je en rivant mes yeux aux siens. Je les chasserai, un par un. Ça prendra le temps qu'il faudra, de jours et des nuits, mais je chasserai ces souvenirs. Ces images obscures, on les remplacera par de nouvelles remplies de couleurs et de beautés. Ces souvenirs amers, on les remplacera par des souvenirs heureux, des souvenirs de joie, de bonheur, d'amitié et d'amour. Je te le promets Alec, on y arrivera. Ensemble, on tuera ces mauvais souvenirs... on ne les laissera pas gagner ».

Il sanglotait désormais, laissant enfin s'exprimer sa tristesse. Lentement , je me penchai vers lui et appuyai mon front contre le sien. Je pouvais sentir son souffle sur mon visage, nos nez se touchaient presque. Cette nouvelle proximité entre nous me donna une envie folle de poser mes lèvres sur les siennes mais ce n'était pas le moment de donner libre court à mes envies.

« Alexander » repris-je en restant dans cette position « J'ai besoin que tu te rétablisses, que tu sortes de cet hôpital et que tu rentres à la maison. Ta place n'est pas ici, elle est près de ta famille… elle est près de moi. Maintenant sèche tes larmes, il faut que tu te reposes, d'accord ? »

Je m'éloignai de lui à contre coeur puis me levai du lit.

« Mag's ? » fit-il. « Peux...tu... le …regarder...? »

Je le vis fixer mon avant-bras gauche alors je compris immédiatement. Hochant la tête, je remontai délicatement la manche gauche de son tee-shirt. Le tatouage avait un peu souffert. Sur certaines partie l'encre était parti mais ce n'était rien d'irrattrapable.

« L'encre est parti à certains endroits mais ne t'en fais pas, Jem' saura arranger ça. Je t'apporterai de la crème cicatrisante et du savon à PH neutre demain » lui dis-je en lui faisant un clin d'œil rassurant.

« Merci » me dit-il en faisant un petit sourire avant d'ajouter. « Bonne… nuit … ».

« Bonne nuit Alexander, dors bien » lui répondis-je en lui caressant la joue une dernière fois avant de quitter sa chambre.

Fin du chapitre 10 !