Me revoilà avec le Chapitre 13 ! J'espère que vous avez appréciez les deux derniers car les choses vont se détériorer…hihihi.
Merci à tous pour vos reviews, vous avez eu le bon flaire pour la rupture ;) bonne lecture !
Chapitre 13
PDV de Camille
Magnus allait me quitter, je le sentais. Il était distant et froid. Cela faisait pratiquement quinze jours qu'il m'évitait. Je ne pouvais pas laisser ça se produire... il fallait que je trouve une solution et ce, avant ce soir. J'attrapai mon téléphone puis composai le numéro de Rafael. Je fus accueillie par son répondeur.
Merde ! Où était-il bon sang?! pestai-je.
Je lui laissai un message vocale : « Ciao Raf, je t'envoie une liste par SMS. J'ai besoin que tu fasses jouer tes contacts et que tu me trouves tout ce qu'il y a dessus, c'est super urgent Raf! Je joue ma dernière carte ce soir, rappelle-moi presto! ».
Je lui envoyai la liste sans tarder. Deux minutes plus tard, je reçus un SMS.
De Rafael : Je ne peux pas te rappeler maintenant, je suis avec mon père. Je m'occupe de ta liste mais sois prudente… tu es bien placée pour en connaître les dangers.
De Camille : Je sais…ne t'en fais pas, je te remercie Raf.
De Rafael : Cam'... quand même...tu peux avoir tous les mecs que tu veux. Pourquoi ne pas lâcher l'affaire avec ce Magnus?
Pardon? Il était fou de me suggérer d'abandonner!
De Camille : Je l'aime lui Rafael, c'est simple.
De Rafael : En effet, tu dois vraiment l'aimer pour faire tout ça et prendre autant de risques mais il ne te mérite pas Principessa…le seul qui l'intéresse c'est cet Alec.
De Camille : Plus pour longtemps, tu verras… ciao Raf.
De Rafael : Ciao.
Je déposai mon téléphone et m'allongeai sur mon lit en fantasmant sur la dernière fois que Magnus et moi nous étions retrouvés ici, nus, nos corps ne faisant qu'un.
C'était ce soir que tout allait se jouer, pensai-je en fermant les yeux.
PDV Alec
Enfin le Jour-J! Je quittais l'hôpital aujourd'hui. En fauteuil roulant certes, mais peu importait, j'étais impatient de retrouver ma maison, ma famille, mes habitudes et Mag's bien sûr. Je soupirai d'aise en repensant à lui et à l'orgasme qu'il m'avait offert la veille. Et dire que j'avais failli ne jamais vivre ça avec lui...ne jamais connaitre les frissons que me procuraient ses baisers, le désir ardent que me procurait ses caresses...j'en remercierais presque Camille! Elle avait voulu me détruire et me faire disparaitre de la vie de Magnus mais au final elle lui avait permis d'ouvrir les yeux sur ce qu'il ressentait réellement pour moi...quelle ironie! Aujourd'hui, lui et moi étions plus soudés que jamais, plus forts... indestructibles.
J'avais eu ma première séance de psychothérapie ce matin. Ma psychologue Jia Penallow, était impressionnée de voir que je n'avais pas plus de séquelles après ce qui m'était arrivé. Pas de cauchemars, pas de stress post traumatique. Bon... je lui avais caché la nuit où j'avais raconté mon enfer à Mag's et le blocage qui avait suivi. C'était du passé, Magnus m'avait aidé à surmonter ça et maintenant ça allait bien mieux.
« Bonjouuurrrrr ! »
Izzy, Jace et Max déboulèrent dans ma chambre comme des tornades.
« Hey ! Mais que faites-vous là ? » fis-je surpris.
« Maman nous a autorisé à sécher les cours pour ton retour à la maison! » m'expliqua Izzy « C'est incroyable n'est-ce pas ?! Elle est entrain de remplir des formalités à l'accueil mais le Dr Aldertree a signé ton autorisation de sortie, tout est prêt ! ».
En effet, que notre mère ait pu autoriser une telle chose à seulement quelques mois du Bac était incroyable...presque choquant. Néanmoins, j'étais plus qu'heureux qu'ils soient tous là.
« J'ai vraiment hâte de quitter cet endroit ! Je dois juste préparer mes affaires, je n'ai pas encore fait mon sac » leur annonçai-je.
Jace fronça les sourcils.
« Je pensais que c'était précisément ce que vous deviez faire hier soir avec Mag' s... »nargua-t-il un sourire moqueur aux lèvres.
Izzy m'observait également avec un air amusé. Personnellement, je ne comprenais pas ce qu'il y avait d'aussi amusant.
« On…on a discuté et du coup le temps a passé » mentis-je tout en essayant de me lever du lit.
« Ça va, reste allongé, on va préparer tes affaires » me proposa Izzy en se mettant à la tâche.
« Merci petite soeur » la remerciai-je reconnaissant.
« J'ai déjà mis tes vêtements dans la commode de ma chambre » m'informa Max fièrement.
« Super, tu es un ange. Merci Champion ».
Il grimpa sur le lit à mes côtés.
« On te retire quand tes plâtres ? » me demanda-t-il.
« Celui à la main dans deux semaines et celui à la jambe dans sept semaines ».
« La vache, c'est long ! » s'exclama-t-il surpris.
Je lui fis un petit sourire tout en lui ébouriffant les cheveux.
« Bonjour mon amour ! » me salua ma mère en arrivant à son tour avec mon père sur les talons.
« Prêt fils ? » s'enquit ce dernier.
« Izzy et Jace finissent de rassembler mes affaires et c'est bon » les informai-je.
Au même moment, mon téléphone se mit à sonner sur la table de chevet. Je l'attrapai et vis qu'il s'agissait d'un appel de Magnus, je décrochai immédiatement.
— Bonjour Mon Ange, bien dormi ? me demanda-t-il de sa douce voix.
— Salut toi…oui, extrêmement bien en fait, lui répondis-je sur un ton lourd de sous-entendu. Et toi ?
— Bien dormi également, j'ai rêvé de tes gémissements toute la nuit.
Je me mis à rougir comme une pivoine à l'autre bout du fil. Gêné, je fis un léger raclement de gorge afin de me reprendre.
— Intéressant, lui répondis-je enfin.
Je l'entendis ricaner.
— Laisse-moi deviner, tu n'es pas seul.
— C'est vrai... comment l'as-tu deviné ?.
— Je te sens mal à l'aise depuis le début de notre conversation.
Il me connaissait si bien...
— Tout le monde est venu me chercher pour me ramener à la maison, lui expliquai-je.
Je vis mes parents m'observer attentivement.
— Ah oui en effet. Jace m'a envoyé un message ce matin m'expliquant qu'Izzy et lui n'allaient pas en cours afin de pouvoir te récupérer à l'hôpital mais je pensais que ce serait un peu plus tard.
— Moi aussi, mais visiblement on m'autorise à quitter ce matin.
— D'accord. Euh Mon Ange, je dois me rendre chez Camille après les cours. Je vais mettre un terme à notre relation, c'est le moment.
Mon cœur eut un raté. L'unique chose qui avait retenu mon attention dans tout ce qu'il venait de dire était qu'il doive se rendre chez elle. Je savais que c'était con mais c'était plus fort que moi.
— Es-tu obligé de faire ça chez elle ? lui demandai-je légèrement jaloux, anxieux et un brin agacé à l'idée qu'ils puissent se retrouver en tête à tête.
— C'est la seule information que tu as retenu? me taquina-t-il.
Je m'empourprai et ne répondis pas.
— Mon Amour, elle a proposé ça alors j'ai accepté. Je me suis dit que j'en profiterais pour récupérer les affaires que j'avais laissé là-bas...
— Ça ne me plaît pas, lui chuchotai-je.
Izzy et Jace qui avaient fini de préparer mes affaires m'observaient également désormais.
Bonjour l'intimité dans cette famille! pensai-je frustré. Seul Max s'en foutait, trop occupé à jouer à Tennis Clash sur son portable.
— Je sais...ne t'en fais pas, je passerais chez toi dès que j'en aurais fini avec elle, me dit-il pour m'apaiser.
Mon angoisse ne s'en alla pas pour autant et bien au contraire elle se fit plus pesante. J'avais un mauvais pressentiment.
— Tu sais que ça ne va pas être facile…elle va tout faire pour te retenir, lui dis-je inquiet.
— Elle n'arrivera à rien. Mon cœur et mon être tout entier t'appartiennent Alexander, n'oublies pas que je t'aime et que tu es toute ma vie désormais.
Ses mots m'apaisèrent un peu.
— Moi aussi je… commençai-je avant de m'arrêter...
Il y avait bien trop d'oreilles indiscrètes et de regards curieux dans la pièce.
— Je sais Bébé, tu me le diras ce soir. À plus tard, je dois aller en cours.
— D'accord…sois prudent.
Intuitivement, je mis à caresser mon tatouage par-dessus mon pull.
— Promis, dit-il avant de raccrocher.
Mon humeur avait brusquement changé. Je ne comprenais pas pourquoi j'étais autant angoissé mais cette angoisse était bien présente et me minait complètement le morale.
Toute ma famille m'observait avec des yeux interrogatifs sauf je n'avais ni l'envie, ni la patience de leur fournir des explications. La mère de Magnus, Sarah, arriva à son tour en poussant une chaise roulante.
« Bonjour tout le monde ! » nous salua-t-elle, un sourire chaleureux et sincère me rappelant celui de son fils aux lèvres. « Prêt à affronter le monde Alec ? »
« Absolument ! » lui répondis-je en retrouvant un peu de ma bonne humeur. « Sarah, je te remercie d'avoir si bien pris soin de moi ici ».
Elle me couva d'un regard maternel.
« De rien Alec. Vraiment, c'était avec plaisir puis j'avais plutôt intérêt autrement mon fils ne me l'aurait jamais pardonné ! » fit-elle en plaisantant ce qui fit rire toute l'assemblée.
« Tu as un fils incroyable Sarah, il est dévoué et généreux. Il a été présent pour Alec du début à la fin. Il a de la chance de l'avoir dans sa vie » dit ma mère légèrement émue.
« Je pense qu'ils ont de la chance de savoir l'un l'autre » répondit Sarah en me lançant un regard mystérieux.
« Je suis d'accord » approuva ma mère.
Sur ce, Jace et mon père m'aidèrent à m'installer dans la chaise roulante puis nous nous mîmes en route pour la maison.
PDV Magnus
Je quittai le lycée après les cours, sautai dans ma Camaro puis mis les gazes en direction de chez Camille. Il me tardait d'expédier cette affaire et de retrouver Alexander. Il était enfin de retour à la maison, terminé les allers-retours à l'hôpital!
Quarante minutes plus tard, je me garai dans l'allée de la maison de Camille. Il n'y avait que sa voiture, j'en conclus que son père était encore absent. Prenant une profonde inspiration, je descendis de voiture et sonnai à la porte d'entrée. J'attendis une minute. Rien. Je pris mon téléphone et décidai de l'appeler afin de lui dire que j'étais devant mais tombai directement sur sa messagerie...
« Elle est sérieuse là ?! » m'agaçai-je.
Elle savait que je venais pourtant...c'était même elle qui avait fixé le lieu. Bon tant pis, j'allai au moins récupérer mes affaires ainsi je n'aurai pas fait toute cette route pour rien.
Utilisant le double des clés qu'elle m'avait offert pour célébrer nos 6 mois de relation, je pénétrai dans la villa. Tout était silencieux, je grimpai les marches menant au premier étage quatre à quatre, trop impatient de fiche le camp et me dirigeai sans perdre une minute vers sa chambre.
J'étais à mille lieux de me douter de ce qui m'attendait en poussant la porte. Camille, allongée sur le sol en peignoir, était inconsciente. Des résidus de poudre blanche et des comprimés colorés gisaient partout autour d'elle, de l'écume lui sortait de sa bouche, signe qu'elle avait convulsé. Je me précipitai vers elle et la plaçai en position latérale de sécurité, tout en sortant mon téléphone de ma poche afin d'appeler le SAMU.
« Putain Camille ! Mais qu'est-ce que tu as fait bon sang ! »
Je pris son poignet afin de vérifier son pouls, celui-ci battait faiblement.
— SAMU Bonjour, me répondit une opératrice au téléphone.
J'enchainai directement, en essayant de garder mon sang froid.
— J'ai besoin d'une ambulance au 2 rue de l'Edom, Villa MILANO. Je suis avec un jeune fille de 18 ans en arrêt respiratoire, je pense qu'elle a fait une overdose de cocaïne ou d'héroïne et d'ecstasy, il y a des comprimés au sol et des sachets vides avec résidus de poudre, son pouls bat faiblement. Faite vite je vous en supplie! dis-je d'une seule traite en balançant mon téléphone sur le lit sans attendre une réponse de l'opératrice.
« Hey Cam', ça va aller les secours arrivent, tiens le coup... » la suppliai-je.
J'enlevai l'écume de ses lèvres avec la manche de ma veste puis commençai à lui faire du bouche à bouche en attendant l'ambulance.
Dix minutes plus tard, les ambulanciers étaient arrivés et avaient conduit Camille à l'hôpital. Je les avais suivi en voiture tout en essayant de joindre son père au téléphone mais sans succès. Je lui avais laissé, je ne sais combien de message afin de l'informer de la situation et priais pour qu'il arrive au plus vite.
Assis dans la salle d'attente des services des urgences trois quart d'heures plus tard, j'attendais toujours qu'on me donne des nouvelles. Je n'arrivais pas à croire ce qui m'arrivait…encore. J'avais essayé de voir ma mère mais une infirmière m'avait informé qu'elle assistait le Dr Aldertree sur une opération, je me sentais du coup complètement seul.
« Magnus ? » m'interpella une voix.
Je levai la tête et vis le Dr Aldertree qui se dirigeait vers moi.
« Oh, bonsoir Docteur » le saluai-je surpris de le voir.
« Que fais-tu ici ? Alec va bien ? » s'inquiéta-t-il.
« Oui il va bien. C'est ma …enfin c'est mon... » balbutiai-je confus.
Super, je ne savais même plus comment la définir. À cette heure-ci, elle devrait clairement être une exe mais ne voilà t-il pas que ce n'était pas le cas et elle n'était surement pas une amie, pas après ce qu'elle avait osé faire à Alec.
« Bref » repris-je « quelqu'un que je connais à fait une overdose, je l'ai retrouvé inconsciente chez elle et appelé les secours » lui expliquai-je.
Le Dr Aldertree secoua la tête, complètement dépité.
« La drogue continue à faire des ravages chez les jeunes. Même si le taux de décès par overdose a été pratiquement divisé par trois sur ces vingt dernières années, il faut avoir conscience que cette baisse est plus due au professionnalisme et à la rapidité à laquelle interviennent les urgentistes qu'à une diminution de la consommation. J'espère que tu ne touches pas à ces saloperies Magnus » me prévient-il en me jetant un regard sévère.
« Moi ! Bien sûr que non! Je n'y ai jamais touché et je n'en ai pas l'intention » m'offusquai-je en m'affalant sur ma chaise.
J'étais épuisé de vivre toutes ces situations stressantes. Alec et maintenant Camille...que m'attendait-il d'autre à affronter ? J'en avais vraiment ras la casquette !
« Je n'en doute pas, tu sembles être un garçon intelligent »reprit-il plus calmement.
Je ne voyais pas trop le lien entre le fait d'être intelligent et de ne pas consommer de la drogue mais bon, je ne relevai pas.
« Sayang ? » ma mère apparut dans la salle des urgences presqu'en courant. Elle me prit aussitôt dans ses bras.
« J'ai reçu un message sur mon beeper me disant que tu étais là et que tu me cherchais. Que se passe-t-il ? J'étais très inquiète ».
« C'est Camille Maman. Je l'ai retrouvé chez elle inconsciente. Elle a consommé des drogues et…et elle a fait une overdose… ».
« Oh Mon Dieu... Mon Amour... je suis terriblement désolée que tu aies du vivre une telle situation » me dit-elle en m'embrassant sur le front.
« Je vais aller me renseigner sur son état de santé » proposa le Dr Aldertree. « Quelqu'un a contacté sa famille ? »
« J'ai essayé de joindre son père à plusieurs reprises mais sans succès, je lui ai laissé des messages ».
« On peut contacter quelqu'un d'autre ? » insista-t-il.
« Non il n'y a que son père et elle ».
« Très bien, je reviens » dit-il en s'en allant.
« Viens mon cœur, asseyons-nous et raconte-moi ce qu'il s'est passé » me proposa ma mère.
Je lui racontai toute l'histoire. Que j'avais rendez-vous avec Camille chez elle pour rompre et qu'en arrivant je l'avais retrouvée dans cet état.
« Se doutait-elle que ce rendez-vous était pour mettre fin à votre relation ? » m'interrogea ma mère, perplexe.
« Non, je ne crois pas. Pourquoi? Attends... tu ne penses tout de même pas qu'elle l'a fait sciemment ! » m'indignai-je.
« Je ne sais pas Mon Cœur mais Camille connait mieux que personne les ravages que peuvent causer la consommation de drogues alors je ne pense pense pas que ce soit un simple accident ».
Je réfléchis aux paroles de ma mère une minute. Il était vrai que Camille avait eu une enfance des plus merdiques. Sa mère était une toxicomane et son père trop souvent absent à cause de son travail s'en était rendu compte trop tard. Dès son son plus jeune âge, Camille s'était retrouvée livrée à elle-même. Un soir en rentrant de l'école, elle avait retrouvé sa mère morte dans sa chambre des suites d'une overdose…alors oui, les risques elle les connaissait mieux que quiconque.
Je soupirai de frustration, de lassitude et de désarroi.
« Maman je suis fatigué de tout ça. J'ai l'impression de passer ma vie dans cet hôpital et ce, plus tôt que prévu ! »
« Je sais Mon Amour mais Camille va s'en sortir tu verras. Les choses rentreront dans l'ordre » me rassura-t-elle en me caressant la joue.
« Oui mais si c'était bien une tentative de suicide…un acte désespéré afin que je ne puisse pas je rompre avec elle, qu'est-ce que je vais faire ? Je me sens tellement pris au piège maintenant !» me tourmentai-je en posant ma tête sur ses genoux comme quand j'étais petit.
Elle se mit à me caresser doucement les cheveux.
« Sayang, le chantage affectif n'est pas une chose saine. Ça démontre une perturbation mentale qu'il ne faut absolument pas que tu nourrisses ».
« Je sais bien Maman mais je ne veux pas avoir sa mort sur ma conscience non plus...»
« Et ce ne sera pas le cas enfin ! Je ne veux pas que tu aies ce genre de pensées. Mon Amour regarde-moi » m'ordonna-t-elle.
Je me relevai.
« Écoute attentivement. Tu n'es pas responsable de Camille, de ses actes, de ses pensées. Tu n'es pas responsable de sa vie et encore moins de sa mort. Les choses ne fonctionnent pas ainsi. Ce sont les parents qui doivent endosser la responsabilité du bien-être de leurs enfants et même si ça m'attriste que Camille n'ait pas eu la chance d'avoir des parents suffisamment présents pour elle, ma priorité c'est toi. Tu es mon fils et il est hors de question que je te laisse porter le poids du monde sur tes épaules, tu m'entends? Je sais que ton cœur est pur et que tu es quelqu'un de sensible mais Camille vient de nous prouver qu'elle était instable, qu'elle était devenue un danger pour elle-même et un danger pour toi. »
Ma mère ne pensait pas si bien dire, Camille était bel et bien un danger, un danger qui avait déjà frappé une première fois avant ce soir.
Le Dr Aldertree était de retour accompagné d'un autre médecin.
« Bonsoir, je suis le Dr Herondale. Je suppose que tu es Magnus, le fils de Sarah ».
« Bonsoir, euh oui » fis-je un peu surpris qu'elle puisse me connaitre.
« Tu as fait du bon travail en appliquant les gestes de premiers secours à ton amie. Tu lui as probablement sauvé la vie ».
Ma mère me regarda avec fierté.
« Tout le mérite lui revient, c'est elle qui me les a enseigné » expliquai-je en désignant ma mère. « Et Camille alors ? Comment va-t-elle? »
« Pour le moment, elle est encore inconsciente mais tout ira bien. Nous l'avons mise sous oxygène et perfusion et attendons les résultats de ses examens ».
J'hochai la tête, soulagé.
« Des nouvelles de sa famille ?» demanda le Dr Aldertree de nouveau.
Au même moment, Valentin Milano déboula dans la salle d'attente totalement paniqué. Parcourant la salle du regard, ses yeux tombèrent sur ma mère et moi. Il accourut dans notre direction.
« Sarah, Magnus! » nous salua-t-il.
« Bonsoir Valentin » lui répondit ma mère.
Je me contentai d'un hochement de tête. Le Dr Herondale prit la parole.
« Bonsoir, je suis le médecin qui a soigné Camille » se présenta-t-elle.
« Bonsoir, comment va ma fille? » demanda-t-il précipitamment.
« Elle va bien. Par chance son ami ici présent a su lui porter les premiers soins et lui a sauvé la vie ».
Il me regarda.
« Magnus est son petit-ami » corrigea-t-il.
Je sentis une vague d'angoisse monter en moi. Le Dr Aldertree me regard très étonné par la nouvelle puis échangea un regard avec sa consœur.
« Ah... je ne savais pas… » répondit-elle. « Bien, je vais vous accompagner voir votre fille mais juste quelques minutes ».
« Très bien, merci » dit-il.
Et sur ce ils s'en allèrent.
« Sarah, je suis désolé mais nous devons aller nous préparer pour notre prochaine intervention » dit le Dr Aldertree en s'adressant à ma mère.
« Bien sûr, j'arrive tout de suite » lui répondit-elle.
Elle se retourna vers moi.
« Je dois reprendre mon service Sayang mais je reviens te voir très vite. Ça va aller ? »
« Oui Maman, je te remercie. Je t'aime ».
« Je t'aime aussi » me répondit-elle en déposant un rapide baiser dans mes cheveux.
Une fois seul, je sortis mon téléphone et envoyai un SMS à Tessa afin de l'informer de la situation. C'était la meilleure amie de Camille après-tout, elle allait avoir besoin d'elle à son réveil.
La nuit allait être longue...pensai-je en soupirant...très longue.
PDV Alec
Installé confortablement dans la chambre de Max, j'attendais Magnus patiemment ou du moins impatiemment. Il était censé passer en sortant de chez Camille mais il était déjà 20h45 et je n'avais toujours pas de ses nouvelles. Ça ne prenait tout de même pas si longtemps de rompre avec quelqu'un! Ou peut-être que si ? Et si elle avait réussi à lui faire changer d'avis ? Non…impossible. Magnus était amoureux de moi et je n'avais aucune raison de douter de lui mais...et si elle lui avait fait du mal ? Cette nana était complètement folle après tout, elle avait bien essayé de me tuer. J'angoissais comme un dingue. J'avais eu un mauvais pressentiment dès l'instant où il m'avait annoncé devoir se rendre chez elle. Là, j'étais cloué au lit à cause de ma jambe cassée et n'avais aucun moyen de faire quoique ce soit. Putain! Toute cette situation m'agaçait !
« Salut frangin ».
Jace passa la tête dans l'encadrement de la porte.
« Izzy propose qu'on se fasse un marathon sur Netflix, t'es partant ? On te laissera le canapé » me dit-il.
« Ouais euh…j'attends Mag's en fait, il m'a dit qu'il passerait » lui expliquai-je en consultant mon téléphone.
Toujours aucun signe de lui..
« Oooh je comprends! Je trouvais ça étrange qu'il ne vienne pas te rendre visite pour ton retour à la maison » fit Jace, pensif. « Mais, on peut toujours commencer le marathon en l'attendant, qu'en dis-tu? »
« J'sais pas trop… » lui répondis-je distraitement en regardant mon téléphone pour la énième fois.
« Mais qu'est-ce que tu as ? Ça ne va pas ? Tu es...bizarre... » remarqua-t-il.
Il s'installa sur le lit à mes côtés.
« Ça va mais c'est juste que Mag's devrait déjà être là, ça m'inquiète... ».
« Tu sais bien qu'il met toujours des plombes à se préparer, il ne devrait pas tarder tu verras » essaya de me rassurer Jace, sauf qu'il ne savait pas tout. Il lui manquait de nombreuses données.
« Jace…Magnus avait rendez-vous avec Camille aujourd'hui pour rompre avec elle… ».
J'avais besoin de partager mes inquiétudes, cette angoisse me pesait trop. Mon frère me regarda d'un air interdit.
« Ah… » se contenta-t-il de répondre. Sa réaction me mit hors de moi.
« Ça va Jace, je sais tout ! Je sais que c'est Camille qui a orchestré mon agression. Que vous êtes à la recherche de son complice, enfin si il y en a un car là, on a pas vraiment de preuve! Je sais aussi que vous avez décidé avec le groupe de faire justice vous-même et que c'est pour toutes ces raisons que Magnus devait attendre avant de rompre avec Camille! Je sais qu'il avait pour mission de l'espionner mais laisse-moi te dire une chose, nous, tout ce qu'on veut c'est aller de l'avant ! » explosai-je.
J'avais conscience que je m'énervais pour rien mais je m'en moquais, ça me faisait du bien de libérer ma frustration.
« Alec, il faut que ces salauds payent! Il faut que Camille paye ! »
« Et vous ne vous êtes pas demandés ce que moi je voulais ? Peut-être que je n'ai pas envie de résoudre la violence par la violence ! Et si au cours de cette vendetta ils vous arrivaient quelque chose à votre tour, vous y avez pensé à ça ? »
« Ok ! Dans ce cas on raconte tout à la police ! Peu importe le moyen, je m'en fous mais tu ne peux pas laisser passer ça Alec ! Tu ne peux les laisser s'en tirer ainsi! Je sais que ce n'est pas comparable mais tu n'es pas le seul à avoir vécu un enfer, car nous aussi on a vécu notre enfer personnel quand tu as été retrouvé à moitié mort dans cette ruelle! Papa, Izzy, Max, Maman, le groupe, moi, on était tous au trente-sixième dessous et je ne te parle même pas de Magnus! Il ne dormait plus, ne mangeait plus, il était continuellement pris de nausées et de vomissements. La culpabilité le hantait jour et nuit et quand on a compris que c'était Camille qui était derrière tout ça, ce fut pire! Si tu ne t'étais pas réveillé, je ne sais pas dans quel état on l'aurait retrouvé ».
J'écoutais Jace, pétrifié. Je me doutais bien que ça avait été difficile pour eux mais ils ont toujours fait en sorte d'être courageux face à moi et d'agir normalement. Surement pour mon bien, pour ne pas que je me fasse d'inquiétude et pour me permettre de me concentrer uniquement sur mon rétablissement. Et Magnus…je savais qu'il avait eu peur de perdre mais j'étais loin de me douter que ça avait eu des répercussions aussi drastiques sur sa santé physique.
À cet instant, je sentis que j'avais terriblement besoin de le voir, de m'assurer qu'il allait bien, de l'avoir près de moi, de le toucher. Il me manquait atrocement et cette angoisse qui ne me quittait pas devenait insoutenable, j'avais besoin d'entendre au moins sa voix.
J'attrapai mon téléphone presque frénétiquement puis composai son numéro précipitamment en faisant abstraction de mon frère qui me regardait comme si j'avais soudainement perdu l'esprit.
Il y eut une tonalité…puis deux…
« pitié décroche » le suppliai-je à haute voix.
...trois…quatre…cinq...je tombai sur le répondeur.
Je raccrochai au bord du précipice, j'étais à deux doigts de la crise de nerfs.
« Alec…que se passe-t-il ? » me demanda Jace, lui aussi inquiet désormais face à mon comportement étrange.
Je continuais de fixer l'écran de mon téléphone sans un mot.
« C'est Mag's que tu essaies de joindre ? » insista-t-il.
Je m'apprêtai à lui répondre quand ma sonnerie se mit à raisonner dans la pièce, je décrochai immédiatement.
— Alexander.
Je fermai les yeux quelques secondes afin de savourer le soulagement que me procurait le fait de pouvoir enfin entendre sa voix.
— Salut, lui dis-je dans un souffle. Je m'inquiétais, tu devais passer après.
Jace continuait à me dévisager. Il était perdu et ne comprenait toujours pas pourquoi je paniquais autant depuis tout à l'heure
—Oui, je sais...
Je l'entendis soupirer longuement avant de continuer.
— Je ne voulais te dire ça au téléphone mais…
Il ne termina pas sa phrase. Mon cœur s'accéléra.
Il n'allait tout de même pas me dire qu'il ne quittait plus Camille...Oh mon dieu...je sentais que j'avais de plus en plus de difficulté à respirer.
— Me…me dire quoi ? demandai-je la voix tremblante.
— Camille à fait une overdose due à une grosse consommation de drogue. Je l'ai retrouvé inconsciente chez elle…là je suis à l'hôpital, j'attends qu'elle se réveille.
Il y eut un comme un court circuit dans mon cerveau. C'était peut-être salaud de ma part mais je n'éprouvais aucune compassion et cette nouvelle récemment apprise n'avait aucune espèce d'importance, si ce n'était qu'elle signifiait qu'il n'avait donc toujours pas pu rompre avec elle….
— Je ne sais pas quoi te dire. J'aimerais pouvoir te dire que je suis désolé de ce qui lui arrive mais ce serait un mensonge .
— Je sais Alec et c'est normal. Tu as vécu l'enfer à cause d'elle, me dit-il compréhensif.
Je ne savais pas trop pourquoi mais sur le moment, j'aurais préféré l'entendre dire « qu'ON avait vécu l'enfer à cause d'elle » au lieu du « TU » utilisé. J'avais cette horrible sensation qu'on était plus en phase, il était là-bas à son chevet à elle et moi j'étais ici…seul. Il ne m'avait pas appelé mon amour ou mon ange une seule fois depuis le début de notre échange. J'avais peur et j'avais besoin d'être rassuré sur le fait que cette histoire avec Camille n'allait rien changer entre nous, qu'il n'allait faire marche arrière…des larmes me brulaient les yeux mais je faisais mon possible pour les retenir.
— Alexander, me dit-il. Même au téléphone, je sens que tu es entrain de cogiter. Que se passe-t-il ? Qu'est-ce que tu ne me dis pas?
Jace était là mais tant pis il fallait que je sache. Le doute était insoutenable.
— Tu…bafouillai-je. Tu as changé d'avis.. à propos de nous ?
Je vis mon frère froncer les sourcils puis écarquiller les yeux.
— Quoi ? Mais bien sûr que non Mon Amour ! s'indigna Magnus à l'autre bout du fil.
Je n'avais jamais été aussi heureux de toute ma vie de l'entendre m'appeler ainsi.
— Pourquoi penses-tu une chose pareille ? me questionna-t-il.
J'hésitai un moment mais finis par lui dire la vérité.
— Je…je ne sais pas. D'habitude tu es plus chaleureux quand on se parle au téléphone…là je te trouve distant…puis maintenant qu'il y a cette histoire avec Camille…le fait qu'elle ait failli mourir…peut-être que… »
— Peut-être que quoi ? me coupa-t-il sèchement. Tu t'es dit qu'étant donné que je m'étais rendu compte de mes sentiments pour toi quand tu étais sur ton lit de mort, ça allait être la même chose pour Camille? Tu n'es pas sérieux Alexander ! C'est cette image là que tu as de moi ? s'énerva-t-il.
Merde…j'avoue que dit ainsi…ça le faisait passer pour un salaud égoïste et sans cœur et donnait l'impression que ses sentiments pour moi n'étaient pas sincères alors que ce n'était pas du tout ce que je pensais. Il fallait que je rattrape ma connerie et vite. Je sentais bien que je l'avais mis en colère et probablement blessé.
Je jetai un regard en biais à Jace. C'était vraiment gênant de discuter de tout ça devant lui mais visiblement il ne semblait pas décidé à m'accorder un peu d'intimité...il ne perdait pas une miette de ma discussion avec Magnus.
— Mag's écoute, je suis désolé, ce n'est pas ce que je voulais dire.
— Si, c'est exactement ce que tu voulais dire, me contredit-il sans se démonter.
— Mais je ne le pensais pas ! Je t'en prie pardonne-moi. Je ne voulais pas douter de toi. C'est juste que j'ai peur et que je suis inquiet. Je n'aime pas te savoir près d'elle et... j'angoisse à l'idée de te perdre, rajoutai-je plus doucement.
Jace avait maintenant les yeux exorbités et la bouche ouverte, là c'était évident qu'il avait compris. J'entendis Magnus prendre une profonde inspiration.
— Tu ne me perdras pas, me répondit-il d'une voix plus calme. Jamais. Je suis fou de toi Alexander et au fond de toi tu le sais. Je peux comprendre que la situation soit perturbante mais tu n'as pas le droit de douter de moi, de douter de mes sentiments pour toi. Je veux qu'on soit ensemble et rien ni personne ne pourra changer ça. Je t'aime Mon Ange et j'ai besoin de toi. J'ai besoin que tu aies confiance en moi.
— J'ai confiance en toi, je te le jure et moi aussi je t'aime. J'ai été stupide, pardonne-moi. Je n'aurais pas dû douter. Sans toi à mes côtés, je perds tous mes repères…j'ai paniqué.
— Je serai bientôt là et n'oublie pas que même loin, nos cœurs continuent de battre à l'unisson. C'était vrai pour notre amitié et ça l'est d'autant plus pour notre amour. Je n'ai pas changé d'avis, je vais rompre avec Camille aujourd'hui. Elle ne devrait pas tarder à se réveiller, on se voit juste après, entendu Mon Ange ?
— D'accord, il me tarde de te voir Bébé.
— Moi aussi...à très vite. Je fais au mieux.
Rassuré, je raccrochai puis déposai mon téléphone sur la table de nuit. Jace me regardait, médusé.
« Non mais je rêve ! Quel petit cachotier ! » s'écria-t-il à travers la chambre « Mag's et toi vous vous êtes enfin décidés ! »
« Chuuuuuut ! Arrête de hurler bon sang ! » le réprimandai-je.
Je fronçai les sourcils.
« Attends voir, comment ça nous nous sommes enfin décidés ? » le questionnai-je.
Il me regarda avec un petit sourire narquois comme si j'étais idiot.
« Bah quoi, ça fait des années que je vous observe tous les deux. J'avais remarqué que tu craquais pour lui et à mon avis tu craquais pour lui avant même de réellement comprendre ce que cela signifiait pour toi ».
Je regardais mon frère qui faisait preuve, tout à coup, d'une grande perspicacité. Il avait raison, peut-être qu'à l'époque je ne comprenais pas ce que c'était car nous étions que des gosses mais j'éprouvais déjà des sentiments profonds pour Magnus.
« Oui…c'est possible » admis-je toujours perdu dans mes pensées.
« Je suis tellement fière de toi Alec. Tu mérites d'être enfin heureux auprès de celui que tu aimes et je sais que Mag's sera parfait pour toi... que vous serez parfait l'un pour l'autre. Il a été le meilleur ami que tu pouvais rêver d'avoir et maintenant il sera le meilleur des petits-amis, j'en suis convaincu.
Ses mots m'allèrent droit au coeur.
« Merci beaucoup Jace » lui répondis-je ému.
Il me serra dans ses bras en prenant soin de ne pas toucher mes plâtres.
« Alors, qu'est ce qui se passe avec cette folle de Camille ? Je t'ai entendu parler d'elle » me demanda-t-il après une minute.
« Mag's l'a trouvé en train de faire une overdose...visiblement elle avait consommé une grande quantité de drogue » dis-je platement comme si je lui donnais l'heure.
Jace n'eut aucune réaction. On n'était pas frère pour rien, pensai-je.
« Comme par hasard elle fait une overdose pile au moment où Magnus a prévu de la larguer… » constata-t-il.
Je ne relevai pas mais moi aussi j'y avais pensé. Elle avait probablement manigancé tout ça, encore un de ses plans pour garder Magnus. Elle était allée jusqu'à risquer sa propre vie pour retenir une personne qui ne voulait même plus d'elle…c'était complètement hallucinant. Elle était assurément dérangée et allait jouer la carte de la fragilité en prenant Magnus par les sentiments sachant que son abnégation était l'une de ses qualités mais à mes yeux c'était aussi l'une de ses faiblesses surtout devant une manipulatrice comme Camille.
Fin du chapitre 13.
Alors qui avait trouvé ce que Camille manigançait ? Bientôt la suite, à très vite ;)
