Bonjour à tous ! Voici le chapitre 19 qui vous donnera surement une idée de l'orientation que je pense prendre pour la suite de la Fic.
Sylvie Oversteyns : Hello !J'espère ne pas t'avoir trop frustrée et que tu apprécieras ce chapitre ;)
Shaniice : Coucou ! Je trouve aussi que Tessa et Ragnor feraient une romance sympa, je vais peut-être creuser cette relation au fil des chapitres. Concernant Jace, je pense que Magnus a suffisamment confiance en lui pour lui confier sa sœur adorée, de la même manière que Jace a confiance en Magnus pour ne pas trop s'inquiéter de sa relation avec Alec en dépit de tout ce qu'il traine comme casseroles. Ils ont eu leur période olé olé mais là on voit qu'ils ont évolués et qu'ils découvrent ce qu'est l'amour avec un grand A. Tu auras quelques réponses concernant Rafael dans ce chapitre.
Nagron : Coucou toi ! Oh que oui heureusement que Ragnor était là, j'adore leur amitié avec Magnus tout comme celle de Magnus avec Jace. Je trouve qu'ils forment tous un super groupe. On n'a pas souvent droit à un Alec jaloux mais j'ai adoré écrire cette partie, je pense qu'on en aura encore droit ;)
Un grand merci pour vos reviews, la semaine recommence donc je posterai moins puis je serai bientôt en période d'examens donc la suite risque d'arriver beaucoup plus lentement malheureusement, il faudra être un peu patient.
Bonne lecture à tous!
Chapitre 19
PDV Camille
Assise au carré VIP avec Tessa, on attendait que Rafael revienne. Il était parti finaliser une transaction dans les vestiaires du personnel mais je trouvais qu'il mettait trop de temps à revenir. Je commençais à être épuisée à cause de ma grossesse et avais envie de rentrer à la maison. C'était moi qui lui avait parlé de ces vestiaires car c'était le seul endroit sans caméra de surveillance puis ils étaient toujours déserts en soirée car tout le monde bossait. Magnus et moi avions l'habitude de nous y retrouver pour un petit moment d'intimité quand il était en représentation au Pandémonium avec le groupe.
Ce souvenir me rendit nostalgique. Revenant sur terre, je consultai l'heure sur mon téléphone...déjà 2h30 du matin... j'avais vraiment envie de rentrer.
« Mais qu'est-ce qu'il fabrique ! » pestai-je en avalant la dernière gorgée de mon cocktail qui n'avait plus qu'un goût d'eau à cause des glaçons qui avaient fondu.
« Il y avait peut-être la queue aux toilettes » suggera une Tessa crédule jusqu'à la racine des cheveux.
On ne lui avait pas dit qu'en réalité, c'était de la coque qu'il avait été vendre à un mec. Rafael n'était pas ce qu'on pouvait appeler un gros trafiquant, en revanche il avait les bons contacts grâce à son père et ça lui arrivait d'en revendre de temps à autre selon les demandes. Par chance, le videur de ce soir me connaissait et m'associait toujours à « petite-amie de Magnus ». On avait pu entrer sans être fouillé et en prime, on avait été installé au carré VIP! Je devais admettre que venir ici me permettait de me sentir plus proche de lui même si je savais qu'il venait rarement dans la boîte de nuit de son père.
Quelques minutes plus tard, Rafael arriva enfin. Sa chemise était tâchée de sang et il tenait son nez avec un mouchoir en tissu. J'écarquillai les yeux de surprise.
« Oh mon Dieu Raf' mais que t'est-il arrivé ? » lui demandai-je inquiète.
Tessa l'aida à s'assoir, je le vis grimacer de douleur.
« Une bagarre aux toilettes...il y avait ton ex… » lâcha-t-il.
J'ecarquillai les yeux de nouveau, mon cœur s'accéléra.
« Magnus est ici !? » m'exclamai-je en le cherchant déjà du regard.
Tessa bougea nerveusement sur son siège.
« Ouais avec son pote là, Ragnor. Visiblement ils bossent ce soir. Ils portaient des tabliers avec l'enseigne du club » expliqua Raf en penchant la tête en arrière pour ralentir le flux sanguin qui s'écoulait de son nez.
S'il bossait ce soir c'était surement au bar. Ce n'était pas la première fois que Magnus dépannait son père, par contre ce qui était bizarre, était que Tessa ne m'avait pas dit qu'elle l' avait vu quand elle était partie chercher nos boissons.
« Je ne savais pas que tu connaissais Magnus et Ragnor » fit-elle remarquer à Raf en fronçant les sourcils.
Celui-ci me jeta un bref regard.
« Euh… ce n'est vraiment le cas. J'ai reconnu Magnus grâce aux photos que m'avaient montré Camille. Pareil pour Ragnor, Camille m'avait fait visionner une ou deux vidéos du groupe et de leur concert » mentit aisément Rafael.
Tessa se contenta d'hocher la tête.
« Ce n'est pas trop leur style de se bagarrer, que s'est-il passé ?» poursuivit-elle.
J'avoue que je ne comprenais pas trop non plus.
« Je n'en sais trop rien …je n'ai pas tout compris de ce qu'il se passait. J'ai reçu un coup de poing, d'autres types ont commencé à se battre…l'effet de l'alcool mélangé aux testostérone...c'est un peu partie en couille… bref » dit-il la tête toujours penchée en arrière. « Il faut que j'aille à l'hôpital, je crois que mon nez est cassé et j'ai mal aux côtes ».
Cette histoire était plus qu'étrange et les explications de Rafael plus que vaseuses, surtout que je savais qu'il n'était pas réellement aux toilettes. Il ne pouvait pas en parler devant Tessa, j'aurais surement droit à toute la vérité quand on sera seul.
« On va t'emmener à l'hôpital, donne-moi tes clés, je vais conduire » lui dis-je en me levant. Tessa m'imita.
Rafael sortit ses clés de sa poche et me les tendit sans broncher. C'était une grande première, il devait vraiment avoir mal car habituellement il ne laissait personne conduire sa Lamborghini.
« Merci beaucoup ! » m'exclamai-je aux anges avec un grand sourire « quelle marque de confiance ! » ajoutai-je pour le taquiner.
« Je te confierai ma vie Principessa, tu le sais » me dit-il en se levant à son tour.
Sur ce nous nous mîmes en route pour l'hôpital.
PDV Ragnor
J'avais emmené Magnus prendre l'air à l'arrière du club afin qu'il puisse se calmer un peu. Il avait complètement les nerfs en pelote.
« Ça va aller mon pote ? » m'inquiétai-je en posant une main amicale sur son épaule.
« Ouais, je crois. Rag'...merci...je ne sais ce qu'il se serait passé si tu n'avais pas été là » me dit-il en soupirant.
« De rien, c'est ce qu'on fait tu te souviens, on se soutient puis j'ai un truc à te dire qui va considérablement améliorer ton humeur » lui annonçai-je avec un sourire mystérieux.
Il me regarda d'un air suspicieux.
« Ah ouais ? Balance... » me dit-il.
« Accroche-toi bien mon pote. ILS. SONT. FOUTUS ! J'ai enregistré toute notre conversation dans les vestiaires ! »
Mon ami écarquilla les yeux, il en resta sans voix.
« Quoi ?! Mais…mais comment ? Quand ? » bafouilla-t-il encore sous le choc de mon annonce.
« Après t'être rentré dedans dans les vestiaires, je n'ai mis qu'une seconde à réaliser la situation. On était seul dans un espace restreint avec un Rafael pris au piège, c'était une foutue aubaine ! Mon cerveau tournait à toute vitesse comme d'habitude, je ne savais pas quelle tournure prendraient les choses mais je savais qu'il y avait de fortes chances que ça tourne au vinaigre. Rafael te fixait, le regard haineux et toi tu avais cette attitude, tu sais, celle que tu prends quand tu es sur le point de péter un câble, corps tendu comme un arc, poing serré... »
« Ça va ça va, on a compris » me pressa-t-il impatient.
« Oui donc, j'ai profité de la diversion que tu avais créée malgré toi en te jetant sur le gamin pour retirer discrètement mon téléphone de ma poche et enclencher le dictaphone en un clic via le centre de contrôle... facile » lui dis-je fier de moi.
C'était vraiment un bon jour la fois où j'avais mis cette application en accès rapide sur mon iPhone afin de pouvoir m'enregistrer plus aisément quand j'avais des idées de chansons.
Le visage de Magnus s'illumina. Il me sauta dans les bras tout à coup.
« Putain Rag', tu déchires ! Tu te rends compte on a des aveux ! Attends, on a bien des aveux hein ? J'étais tellement embrumé par la colère que je ne me souviens plus de tout ce que ce taré a dit … »
« Ben ouais, je crois qu'il a plus ou moins avoué. En tout cas il n'a pas nié quand on l'a accusé d'être complice de Camille puis il a de nouveau menacé la vie d'Alec, sans parler de la coque…tu l'as gardé au fait ?»
« Ouais je l'ai mais du coup je me demande ce que risque mon père avec cette histoire de drogue puis comment ce gosse a-t-il pu passer la sécurité ? Et comment Rafael a-t-il pu entrer avec ça sur lui ? »
Il soupira avant de reprendre.
« Je ne sais pas si je dois lui en parler ou régler ça moi-même. Je n'ai pas envie de faire perdre leur boulot aux gars mais imagine ce qui aurait pu se produire si on avait pas surpris cette transaction et que le gamin avait fait une réaction ou qu'il avait fait une overdose ! On pourrait obliger mon père à fermer le club ! » dit-il paniqué.
Il n'avait pas tort, cette histoire aurait pu très mal finir.
« Heureusement, ce n'est pas le cas Mag's, je ne sais pas comment Rafael connaissait ces vestiaires mais finalement on a eu de la chance dans tout ce bordel et en prime on a l'enregistrement ! » essayai-je de le rassurer.
« Pour les vestiaires, j'ai ma petite idée…Camille évidemment » me dit-il en s'appuyant contre le mur « Tu sais, à chaque fois que je pense qu'elle ne peut pas me décevoir plus, elle me prouve que j'ai tort. Ce n'est pas n'importe où ici, c'est le club de mon père bon sang... elle n'a vraiment aucun respect ni aucune limite ! » dit-il dégoûté.
Je voyais bien que toute cette situation le touchait bien plus qu'il ne le voudrait. Il avait beau détester Camille, il l'avait aimé très fort à une époque puis il y avait le bébé. Je ne sais pas comment j'aurais pu supporter tout ça à sa place, il n'avait que 18 ans. Une chose était certaine, il était extrêmement courageux et essayait vraiment de faire les choses correctement, je l'admirais pour ça.
« Mag's, les choses vont s'arranger tu verras. On s'en sortira d'une manière ou d'une autre. Alec ira porter plainte, on remettra l'enregistrement puis il y a tout le dossier des photos prises par la police à l'hôpital. Camille et Rafael iront en prison, je ne sais pas pourquoi il a dit être intouchable mais là on a quand même du tangible, il n'est pas au-dessus des lois que je sache. Puis sous la pression des interrogatoires de police, ils finiront par dénoncer les mecs qu'ils avaient engagé pour tabasser Alec et on sera enfin débarrassé d'eux. Quant au bébé et bien, on ne perd pas espoir qu'il ne soit pas de toi et s'il s'avère l'être eh ben tant pis ! On attendra que Camille le mette au monde avant de passer à l'offensive... je ne sais pas...on pourrait mettre l'inspecteur Garroway dans la confidence, il pourrait peut-être les placer sous surveillance en attendant ».
Son regard s'illumina.
« Tu as raison Rag', c'est une bonne idée ça ! Je suis sûr qu'il nous aiderait. Il a l'air de vouloir arrêter les salauds qui ont agressé Alec autant que nous. Ça fait un moment qu'il insiste pour qu'il porte plainte car sans ça il ne peut pas agir. Ce serait pas mal de l'avoir de notre côté, après tout on n'y connait pas grand-chose nous en procédure judiciaire. Et à la seconde où j'aurais les résultats qui prouveront que l'enfant qu'attend Camille n'est pas de moi, il les interpellera ».
« Parfait, on en parle aux autres demain ? Enfin vu l'heure, je devrais dire plus tard. On pourrait se réunir chez moi » lui proposai-je.
« Ok pour moi. Alec retire son plâtre à la main dans l'après-midi, je lui ai promis de l'accompagner, on viendra juste après » me dit-il tout sourire.
« Ça marche ! Bon on ferait mieux d'y retourner, ça fait une bonne heure qu'on est parti, ton père va vraiment finir par criser » plaisantai-je.
« Pffff, je n'ai aucune envie d'y retourner ! Je pense que j'irai parler aux gars de la sécurité quand on fermera, je ne vais rien dire à mon père pour le moment, je ne veux pas lui donner plus de préoccupations » décida-t-il.
« Je te soutiens peu importe ton choix mon pote » lui dis-je en lui faisant une tape amicale sur l'épaule.
« Merci Rag', allez on y va ».
Nous retournâmes donner un coup de main à Seb' au bar. Ce dernier nous accueilla avec un regard de tueur parsemé de reproches. Magnus nous excusa en lui servant deux trois excuses pourries accompagnées d'un sourire charmeur et le tour était joué...il ne nous en voulait plus du tout !
Je secouai la tête en ricanant. Décidément, pour un mec qui faisait des études de médecine, je le trouvais sacrément stupide.
PDV Rafael
Une heure que nous étions arrivés aux urgences, le verdict était tombé, j'avais bien le nez cassé mais fort heureusement mes côtes allaient bien. J'avais juste des bleues sur le flanc gauche dû à l'impact sur les casiers.
Quel sale petite merde ce Magnus BANE ! Je le haissais de toutes mes forces. Ça faisait maintenant un an et demi que ce nom me sortait par les yeux, que j'attendais patiemment le jour où je pourrais me venger, où je pourrais lui faire payer de m'avoir volé l'amour de ma vie...
Oui, je suis amoureux de Camille. J'ai l'impression de l'avoir toujours été. Quand nous vivions en Italie, elle et moi étions inséparables, nos pères étant amis et associés, on avait grandi ensemble. Elle me fascinait. Déjà de mes yeux de petit garçon, je la trouvais aussi belle que les champs de fleurs colorés si spécifiques à notre pays. Son rire me transportait et ses yeux faisaient chavirer mon cœur à chaque instant.
Tout avait basculé à la mort de sa mère. Bien sûr, je savais que cette dernière n'allait pas bien et consommait de la drogue. Camille se confiait à moi et on avait bien essayé d'alerter son père sur l'état de santé de sa mère mais nous étions que des gosses à l'époque...elle avait dix ans et moi douze.
Son père ne nous avait pas écouté et continuait à toujours autant s'absenter pour son travail. Avec le recul, je pense qu'au fond il avait préféré se voiler la face. Il était hors de question que le grand diplomate Valentin Milano, membre de la plus grande organisation criminelle du pays de surcroit, admette que sa femme n'était qu'une vulgaire camée.
"On en vend mais on n'y touche pas" mon père me l'avait suffisamment répété.
Quand Valentin avait enfin ouvert les yeux et s'était décidé à agir il était trop tard. Camille avait vécu l'horreur en retrouvant sa mère morte un après-midi en rentrant de l'école. Suite à ce tragique évènement, Valentin avait décidé de quitter le pays pour s'installer en France. Cette nouvelle m'avait anéanti. J'avais bien essayé de convaincre mes parents de m'envoyer en pension là-bas mais ils avaient refusé. Pour compenser leur refus, mon père m'avait promis que je l'accompagnerai à chaque voyage d'affaire qu'il ferait là-bas et c'est ainsi que pendant sept longues années, je n'avais eu l'occasion de voir Camille que deux ou trois fois par an.
Mon amour pour elle ne cessa pas de grandir pourtant. À chaque visite je la trouvais plus magnifique, ses traits étaient plus fins, son corps se transformait, ses courbes de femme se dessinaient faisant naître en moi un désir inconnu jusque-là. La première fois que nous avons fait l'amour, je m'en souviendrai toute ma vie...c'était le jour de ses 15 ans. Elle voulait que ce soit moi son premier, j'ai cru mourir de bonheur quand elle m'a dit que c'était ce qu'elle désirait comme cadeau d'anniversaire et ça avait été totalement incroyable. De mon côté, ça faisait un moment que j'étais actif. Le sexe était plus un moyen de me détendre, c'était une chose mécanique. Pas de sentiments, juste des sensations. Mon cœur appartenait déjà à Camille et je n'avais aucune envie de la remplacer. Je nourrissais de profond espoir pour nous deux et souhaitais entamer une relation sérieuse avec elle. J'avais tout planifié minutieusement et postulé uniquement dans des universités en France. J'étais bon élève et étais sûr d'être accepté dans au moins l'une d'elle. Enfin on serait réuni !
Au cours de ma dernière année de lycée, j'étais venu deux fois lui rendre visite en France. J'avais pu lui annoncer de vive voix que j'avais été accepté en Fac de Droit ici, elle avait été heureuse d'apprendre la nouvelle. Elle et moi faisions l'amour aussi souvent que possible pendant mes courtes visites. Je savais qu'elle avait d'autres mecs mais ça ne m'inquiétait pas pour autant, moi aussi je fréquentais d'autres personnes et on avait pas encore parlé de notre relation, je ne lui avais pas encore avoué mes sentiments et m'étais dit qu'un fois installé ce serait plus simple d'en discuter.
Malheureusement, les choses ne sont pas déroulées ainsi. Camille m'avait fait comprendre indirectement qu'elle ne voulait pas d'histoire sérieuse. Elle me parlait de ses conquêtes et disait qu'elle aimait ce sentiment de liberté, qu'elle était trop jeune pour s'enfermer dans une relation. J'avais donc décidé de ne rien lui dire pour le moment, de patienter et de prendre tout ce qu'elle voudrait bien me donner. Au final ce n'était pas bien grave, je lui faisais souvent l'amour, on se faisait des sorties cinés, restaurants, musées...toutes ces choses qu'elle ne partageaient pas avec les autres et qui n'étaient réservées qu'à moi, alors j'en étais heureux et étais convaincu que tôt ou tard, il ne resterait plus que moi dans sa vie…grosse erreur.
Un soir, alors qu'on était tranquillement posé devant un film avec du pop-corn, elle m'annonça sans sommation avoir commencé à fréquenter un mec de son lycée et qu'elle pensait que ça pourrait devenir sérieux entre eux car elle était en train d'en tomber amoureuse...ce type c'était Magnus Bane.
Mon monde s'était écroulé à ce moment-là. Comment n'avais-je pu rien voir venir ? Comment avais-je pu laisser ce mec prendre la place que je visais depuis toutes ces années ? J'étais anéantis.
Camille cessa toutes ses activités sexuelles avec ses conquêtes…et avec moi. Ça m'avait brisé. Je n'étais rien de plus que les autres finalement, elle me traitait comme eux, comme des coups passagers. Pour évacuer, je m'étais jeté à nouveau corps et âmes dans les relations sans lendemain. Je couchais et draguait tout ce qui bougeait, hommes, femmes, je m'en foutais. Je faisais passer toute ma frustration et toute ma colère dans le sexe, c'était mon exutoire.
Camille continuait à vouloir qu'on se voit mais en amis alors j'avais accepté, trop lâche et trop accro à elle pour lui refuser quoique ce soit. Elle me parlait sans arrêt de ce Magnus, elle me disait à quel point il l'a rendait heureuse, je le haïssais un peu plus chaque jour.
Au fil des mois, le conte de fée commença à prendre une autre tournure, et ce pour mon plus grand plaisir. Camille se plaignait de plus en plus du meilleur ami de Magnus, un certain Alec Lightwood. Elle disait qu'ils étaient trop proches, qu'ils étaient toujours fourrés l'un avec l'autre, qu'elle était rarement seule avec lui. Un soir, après une énième dispute avec Magnus à cause de sa relation avec cet Alec, elle était partie se défouler en boite avec Tessa — sa meilleure amie, et avait recroisé un de ses anciens amants, un certain Raj. Elle avait craqué et couché avec lui. J'avoue que j'en avais été jaloux, j'aurais voulu que ce soit avec moi qu'elle trompe son mec, ça aurait été une petite victoire pour moi. Bref, sa trahison aurait pu passer inaperçue mais Camille avait manqué de chance sur ce coup. Un simple SMS disant « Merci pour la nuit dernière » avait fait tout fait basculer le lendemain alors qu'elle s'était entre temps réconciliée avec Magnus. Ils étaient tranquillement entrain de regarder une vidéo des répétitions du groupe de musique de ce dernier sur l'IPad de Camille quand le message s'afficha. La suite était plutôt évidente. Re dispute, justifications, excuses et un Magnus furieux qui disait à Camille d'aller se faire voir. Elle avait atterri en pleurs dans mon appartement et regrettait amèrement son acte. C'est là que j'avais compris que je n'avais plus aucune chance, elle était complètement amoureuse de ce mec. Il lui avait volé son cœur.
Finalement, elle avait réussi à se faire pardonner et ils s'étaient remis ensemble mais tout avait encore dégénéré quand Camille a dû changer de lycée pour sa dernière année. Son père voulait absolument qu'elle intègre un lycée privé, ça faisait deux ans qu'il essayait de l'y faire entrer. La distance la rendait dingue. Elle se plaignait de ne plus voir son petit Magnus et que ce dernier avait toujours des choses à faire avec son groupe de musique dont faisait partie également le fameux meilleur ami. Camille était de plus en plus verte de jalousie de leur relation, ça en devenait obsessionnelle. Elle soupçonnait Alec – dont j'avais appris l'homosexualité entre temps — vouloir la séparer de Magnus. La suite vous la connaissez, son plan pour éloigner Alec et m'utiliser moi pour arriver à ses fins.
Au début, j'ai voulu refuser. C'est vrai il ne manquait plus que ça ! J'allais devoir aider Camille à garder son mec alors que tout ce que je voulais c'était justement qu'il dégage mais au final l'idée de m'en prendre au petit protégé de Magnus, pour lui faire du mal à lui, m'avais séduite. J'allais pouvoir lui voler à son tour quelqu'un à qui il tenait, comme il m'avait enlevé Camille. C'était une vengeance qui me plaisait assez. Evidemment, les choses ne s'étaient clairement pas passées comme prévu, Alec et Magnus étaient plus unis que jamais mais j'étais bien décidé à les anéantir d'une manière ou d'une autre et Camille allait m'y aider.
« Ça y est, j'ai ton ordonnance... ».
Camille qui venait d'arriver, me regardait avec des yeux fatigués, ça se voyait qu'elle était complètement épuisée.
« Je te remercie, où est Tessa ? » lui demandai-je.
« Elle est dans le hall d'entrée, elle nous attend. Dis Raf, que s'est-il réellement passé au Pandémonium ? »
Evidemment… elle s'inquiétait pour Magnus. Ça me mettait hors de moi qu'elle puisse continuer à être amoureuse de lui après toutes les choses odieuses qu'il lui avait dites à l'hôpital. Certes, il lui avait sauvé la vie mais la seconde d'après, il était déjà entrain de la traiter comme une moins que rien, l'accablant pour l'agression d'Alec alors que c'était de sa faute à lui, si elle avait pris des mesures si drastiques. Il l'avait même accusé de mentir sur la paternité du bébé. Si seulement ! J'aurais donné cher pour que cet enfant soit le mien et honnêtement si cette grossesse pouvait ne pas arriver à terme, ça ne me dérangerait absolument pas. Camille serait triste mais au fond elle n'était pas du tout prête à être mère, c'était l'idée d'avoir un enfant de Magnus qui la séduisait et je n'avais aucune envie d'avoir à supporter le rejeton de ce petit con. À cause de cette grossesse elle n'arrêtait pas d'espérer pouvoir le reconquérir, elle se voyait fonder une belle et heureuse famille… ça en était à vomir. Il fallait qu'elle ouvre les yeux et le seul moyen d'y parvenir était qu'elle apprenne pour la relation d'Alec et Magnus, qu'elle réalise que Magnus se foutait d'elle pendant tout ce temps et que le seul qu'il a toujours aimé et voulu c'était Alec mais pas sans preuves, elle serait capable de ne pas me croire tant elle était aveuglée. Il me fallait une photo d'eux en train de s'embrasser ou mieux une vidéo d'eux entrain de s'envoyer en l'air... mon plan se mettait en place progressivement.
Prenant une profonde inspiration, je me décidai à lui dévoiler une moitié de vérité.
« En réalité, son pote et lui ont débarqué dans les vestiaires pile au moment où je refourguais la came. Ton ex a vu rouge, il n'a pas supporté que je fasse ça dans le club de son père, il s'est jeté sur moi ».
Elle me regarda avec un petit air coupable.
« Je suis désolée, je ne pensais pas qu'il serait là, il vient rarement au club ».
Elle se soucie toujours un peu de moi finalement, pensai-je ravi.
« Cam, il faut que tu saches…ils savent qu'on se connaît ».
Elle me regarda surprise.
« Merde...mais comment l'on-t-il découvert ? On a toujours été discret pourtant…"
Elle se mit à réfléchir .
"Oh ! À moins qu'ils nous observent depuis notre arrivée au club ! C'est forcément ça, ils ont dû nous voir arriver ensemble ! Putain, on a été con sur ce coup... »
Je lui pris la main pour la rassurer.
« Tu l'as dit toi-même. Tu ne savais pas que Magnus serait là, puis quand nous sommes arrivés c'était déjà bondé et on a pas bougé du carré VIP…ça m'étonnerait qu'ils nous aient vu...par contre, quelqu'un a pu leur dire que tu étais là et accompagné...j'en sais rien ».
« Oui… c'est possible. Tessa les a forcément vu au bar, je ne comprends pas qu'elle ne nous ait rien dit, si ça se trouve c'est elle qui leur a parlé. Elle leur a peut-être dit que j'étais là avec un ami et a cafté en donnant ton nom, après-tout elle n'est informée de rien donc elle ne pouvait savoir qu'elle était en train de nous balancer… ».
« Cam' c'est ta meilleure amie, je n'ai jamais compris pourquoi tu lui cachais tout ça ».
Je la vis soupirer.
« Tessa est gentille, douce et innocente, je n'ai pas envie de lui enlever ça et je n'ai pas envie de voir de la déception dans ses yeux. Quand elle me regarde, j'ai l'impression d'être...normal. Je n'ai pas l'impression d'être la gamine brisée qui a découvert sa mère morte ou celle qui a manqué d'amour parental toute son enfance. Comme tu le sais, nous nous sommes rencontrées une semaine après mon arrivée en France et depuis elle a toujours été présente pour moi. Sa famille m'invitait souvent à passer les week-end avec eux et parfois j'y passais des semaines quand mon père était en voyage. Elle est comme une sœur pour moi mais je lui cache mon côté sombre, elle ne connait qu'une partie de moi. J'ai essayé de discuter de tout ça avec elle, de lui faire part de mes inquiétudes concernant Alec mais à chaque fois ça se terminait en dispute. Elle ne me comprend pas et limite elle prenait sa défense alors j'ai préféré laisser tomber. Au final, tu es le seul qui me connaisse entièrement et qui me comprenne, je n'ai pas à faire semblant avec toi ».
« C'est vrai » lui dis-je en la serrant dans mes bras « je t'ai toujours accepté telle que tu es et ça ne changera jamais Principessa ».
« Merci Raf » me dit-elle avec un petit sourire timide qui fit battre mon coeur.
« Bien, allons-y on rentre, tu es épuisée » lui dis-je en lui offrant mon bras.
Elle l'accepta avec un grand sourire puis nous partîmes rejoindre Tessa afin de rentrer à la villa. J'avais l'impression d'avoir marqué quelques points ce soir avec Camille, même si j'avais conscience que pour le moment elle me voyait uniquement comme un ami. Tout espoir n'était peut-être pas perdu, j'allais m'appliquer à détruire l'image parfaite qu'elle se faisait de Magnus, pièce par pièce, morceau par morceau et ce, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien.
Fin du chapitre 19 !
Alors qu'avez-vous pensé du PDV de Rafael ?
