Bonjour à tous, j'espère que vous avez passé une bonne semaine :) Voici le chapitre suivant !

Sylvie Oversteyns : Coucou ! Ta review m'a fait extrêmement plaisir, je suis ravie que tu aies pu apprécier le PDV de Rafael et surtout, je suis heureuse de réussir à t'embarquer dans leur univers à chaque chapitre car c'est totalement mon objectif. Un énorme merci pour ton soutien ;)

Caladhiel91 : Coucou toi ! J'espère que ton déménagement se passe bien. Oh oui, la tension entre nos deux amoureux devient ingérable (tu t'en rendras encore compte dans ce chapitre). Ravie que tu valides l'éventuelle romance entre Ragnor et Tessa, je pense qu'il peut y avoir une histoire sympa entre eux. Bonne lecture à toi de ce nouveau chapitre.

Nagron : Bonjour toi ! Tu as raison les sentiments de Rafael sont touchants, on comprend un peu mieux sa haine envers Magnus même si ça ne justifie ABSOLUMENT rien lol. Bonne lecture à toi ;)

Merci à tous ceux qui me suivent

Chapitre 20

PDV Alec

Mon vendredi soir avait été des plus ennuyeux. On avait diner en famille avec Max et mes parents, après je m'étais endormi devant un film sur Netflix il ne devait même pas être 23h00, ce qui expliquait que je sois déjà levé, douché et habillé un samedi matin, alors qu'il n'était que 8h45.

Jace, Max et Izzy dormaient encore, mes parents étaient en train de préparer le petit-déjeuner. Perché sur l'un des tabourets de la cuisine, je les observais en boudant dans mon coin. J'avais été déçu de ne pas avoir trouvé un message de Magnus sur mon téléphone en me réveillant ce matin...

« Alors fiston, heureux de pouvoir te débarrasser de ton premier plâtre aujourd'hui ? »

Mon père, une spatule à la main, essayait de retourner des pancakes sans se brûler.

« Oui, je suis impatient d'y être » lui répondis-je en observant ma main « Vous pensez que je vais avoir besoin de rééducation ? »

« C'est possible mon chéri » me répondit ma mère en déposant une assiette pleine devant moi « Mange. Tu as picoré hier soir » m'ordonna-t-elle.

Je soupirai. J'avais l'estomac noué. Je n'avais absolument pas faim.

Prenant tout de même ma fourchette de la main gauche, j'essayai d'attraper un pancake qui retomba misérablement dans mon assiette.

« Attends , je vais t'aider » me proposa-t-elle.

« Non ça va Maman, je n'ai pas très faim de toutes les façons…je vais prendre un jus de fruit ».

Mécontente de mon attitude, elle s'apprêtait à me réprimander quand on sonna à la porte.

Sauver par le gong, pensai-je en soupirant.

« Tu ne bouges pas de là » me somma-t-elle « je vais voir qui c'est et à mon retour on aura une petite discussion tous les deux ».

Bon... pas si sauver que ça finalement.

Je soupirai d'agacement. Elle allait me faire un drame uniquement parce que je n'avais pas d'appétit depuis douze malheureuses petites heures...la belle affaire !

« Pourquoi ne manges-tu rien Alec ? Tu sais comment est ta mère, elle va prendre ça pour un signe de dépression et en faire toute une analyse » me sermonna gentiment mon père en s'asseyant à son tour avec une assiette pleine devant lui.

« Je sais papa mais ce n'est pas un crime de ne pas avoir d'appétit quand même ! Vous devriez vous détendre un peu ! » lui répondis-je un brin agacé.

Il me fixa une minute.

« Pour un ado de ton âge, c'est tout même étrange... généralement vous dévorez... regarde Jace » me fit-il simplement remarquer en ne faisant aucun commentaire sur mon ton impoli et mon attitude d'enfant gâté.

J'avais conscience que ce qui m'agaçait réellement était que Magnus avait passé toute la soirée au Pandémonium avec Sébastien et qu'il s'était surement fait draguer par une dizaine d'autres mecs sans parler des nanas. Il n'avait même pas pris le temps de m'écrire de toute la nuit ! Certes je m'étais endormi mais ça m'aurait fait plaisir au réveil de savoir qu'il avait au moins pensé à moi et que je lui avais manqué.

Me sortant de mes pensées moroses, ma mère toute souriante arriva dans la cuisine avec l'objet de mes ruminements sur les talons. Mon cœur fit un bond.

« Bonjour Magnus ! Assieds-toi avec nous ! » lui proposa chaleureusement mon père.

« On s'apprêtait à prendre le petit-déjeuner, j'espère que tu as faim » lui dit ma mère en me jetant un regard en biais.

« Oh oui, je meurs de faim ! » répondit-il en m'embrassant sur la tempe. « Bonjour toi, bien dormi ? » me demanda-t-il en m'adressant un large sourire.

Je remarquai que ses yeux luisaient de fatigue, il portait les mêmes vêtements qu'hier ce qui signifiait qu'il rentrait tout juste du Pandémonium et qu'il était venu me voir directement. Ce constat me fit chaud au cœur.

D'accord... je m'étais peut-être monté la tête pour rien tout à l'heure. Mon petit-ami était vraiment un amour !

« Oui, beaucoup trop dormi même » lui dis-je en répondant à sa question « toi en revanche , tu n'as pas encore fermé l'œil » lui dis-je soucieux en lui caressant tendrement la joue.

Mon père, la tête dans son assiette, faisait semblant de ne pas nous observer. L'espace d'une seconde, j'avais oublié la présence de mes parents. Je me sentis rougir en repensant à la petite marque d'affection que je venais de faire à mon petit-ami en leur présence. Ce dernier qui avait compris mon embarras m'observait avec un petit sourire moqueur. Il s'installa sur le tabouret à mes côtés.

« Rag' et moi rentrons tout juste du club. Tu ne manges pas ? » enchaina-t-il l'air de rien.

Je jetai un œil suspect à ma mère qui faisait semblant de ne pas avoir entendu sa remarque. Elle était occupée à lui remplir une assiette. J'étais convaincu qu'elle lui avait déjà touché un mot ou plutôt dix, sur mon manque d'appétit.

« Pas très faim » lui répondis-je en haussant les épaules.

Il m'observa attentivement une minute puis s'empara soudainement de mes couverts. Il s'appliqua à couper mes pancakes en quatre après les avoir recouvert de sirop d'érable, et de myrtilles. Il me tendit une bouchée.

« Allez, ouvre la bouche… » me dit-il en ne me quittant pas des yeux.

Je le regardai faire, interloqué.

Non mais... il n'allait pas vraiment faire ça?! Il n'allait pas me nourrir de force et devant mes parents en plus ! Et pourquoi cette phrase sonnait-elle comme une proposition indécente dans sa bouche !

Mon esprit de contradiction prenant le dessus, je décidai de jouer les entêtés. Il haussa un sourcil.

« Si tu veux jouer à ça Mon Amour » commença-t-il la voix menaçante « pas de problème, on va jouer… » me chuchota-t-il.

Je fus parcouru d'un léger frisson d'effroi et d'excitation en même temps.

Oui, bon je sais... je suis bizarre.

Je me demandais ce qu'il pouvait bien faire devant mes parents pour me contraindre à manger mais après réflexion, il valait mieux ne pas lui lancer le défi. Magnus avait l'esprit vif et compétitif, j'étais convaincu qu'il me ferait plié en moins de temps qu'il ne faudrait pour le dire. Il obtenait toujours ce qu'il voulait, surtout de moi.

Soupirant de mécontentement pour la forme, j'ouvris la bouche pour prendre la bouchée qu'il me tendait puis commençai à mastiquer.

Hmmm... c'était bon en fait...on dirait que j'avais faim finalement !

Il me lança un regard victorieux.

Crâneur, pensai-je en prenant la nouvelle bouchée qu'il me tendait.

Ma mère posa une assiette devant lui. Ils échangèrent un regard complice…là c'était sûr, elle lui avait parlé.

Après le petit-déjeuner Magnus rentra chez lui prendre une douche et essayer de rattraper quelques heures de sommeil. On avait convenu qu'il viendrait me récupérer pour mon rendez-vous de 14h à l'hôpital. J'avais dû insisté auprès de mes parents pour qu'ils me laissent y aller seul avec lui, après tout, on n'avait pas besoin de tous y être. Le Dr Aldertree allait simplement me retirer mon plâtre, il n'y en avait même pas pour trente minutes. J'étais très impatient de pouvoir retrouver l'usage de ma main droite après tout ce temps et de pouvoir enfin rejouer à la guitare !

PDV Magnus

De retour à la maison, j'avais prévu de m'endormir comme une masse après ma douche mais ça c'était avant que ma charmante petite sœur n'ait décidé de squatter ma chambre afin de me faire le résumé complet de son premier rendez-vous avec Jace. Vu les étincelles dans ses yeux, elle était plus qu'heureuse de la soirée qu'il lui avait réservé. Ils avaient dîné sur une péniche, étaient partis à une fête foraine puis s'étaient promenés main dans la main sous les étoiles. Romantisme et amusement le combo gagnant. Jace avait assuré.

Allongés tous les deux sur mon lit, sa tête rousse sur mon épaule, j'écoutai attentivement la fin de son récit. Elle était sur un petit nuage de bonheur.

« Je suis très heureux pour toi petite sœur » lui dis-je en l'embrassant sur le haut du crâne.

Elle soupira d'aise.

« Dis...c'est toujours comme ça Mag's ? Ce sentiment de plénitude, son cœur qui s'affole, les papillons dans le ventre... ».

Je souris tendrement en entendant sa question.

« Oui, quand on trouve la bonne personne ma puce » lui repondis-je en repensant à ce qu'Alec me faisait ressentir à chaque fois qu'on se retrouvait ou qu'on se parlait au téléphone « C'est l'amour, le vrai » lui expliquai-je en lui embrassant de nouveau ses doux cheveux.

« Je crois que je suis amoureuse de Jace mais...ne suis-je pas trop jeune pour déjà ressentir ce genre d'amour ? »

Je la reconnaissais bien là à toujours se poser des questions. Clary était la reine de la raison sauf que là, il allait falloir qu'elle déconnecte un peu son cerveau et laisse son cœur la guider.

« Il n'y a pas de code petite sœur. Je pense que l'amour te frappe et c'est tout. Il ne fait pas attention à l'âge. D'ailleurs, il ne fait attention à rien. Il ne fait pas attention à la couleur de la peau, il ne fait pas attention au sexe, il ne fait pas attention aux préférences religieuses ou aux différences culturelles. Il te saisit et te transporte dans son monde à lui, il te guide au-delà de tes espérances...il chamboule tout ».

Clary releva la tête puis m'embrassa sur la joue.

« C'est magnifique ce que tu viens de dire grand frère ».

Elle me lança ensuite un regard espiègle avant de continuer.

« Alec est une source d'inspiration infini on dirait ! » me taquina-t-elle.

« Tu n'imagines même pas... » lui répondis-je avec un sourire rêveur sur le visage.

« Bonjour mes amours ! »

Ma mère qui venait de rentrer de sa garde à l'hôpital arriva dans ma chambre, elle s'allongea directement entre nous puis nous serra dans ses bras.

Ça faisait du bien de se retrouver ainsi et de passer un moment en famille. Mon père lui, rattrapait quelques heures de sommeil. Je ne savais pas comment il faisait pour tenir ce rythme. Dans deux heures il avait rendez-vous avec des fournisseurs plus un groupe qui devait se produire au club ce soir...rien que d'y penser m'épuisait.

« Alors Sayang, ça a été au bar hier soir ? » s'intéressa ma mère.

« Oui Maman, plus ou moins. Il y avait Camille et Tessa...» annoncai-je en soupirant et en passant sous silence l'épisode Rafael.

« Quoi? Camille était là ?! » s'exclama Clary surprise.

« Mon cœur, rassure-moi, vous ne vous êtes pas disputé n'est-ce pas ? » s'enquit ma mère.

« Oh non, en fait je n'ai vu que Tessa. Camille a passé la soirée dans le carré VIP ».

« D'accord » me dit-elle en me couvrant des yeux. « En parlant de Camille, as-tu déjà réfléchi à comment tu allais pouvoir t'organiser pour la Fac si ta paternité se confirmait ? » me demanda-t-elle en me minant encore plus le morale.

Je soupirai longuement. La vérité était que j'évitais soigneusement d'y penser, comme si toute cette histoire allait disparaitre si je ne lui accordais pas d'importance, sauf qu'elle en avait.

« Je ne sais pas Maman...j'imagine que je peux oublier l'idée de prendre une chambre sur le campus comme c'était prévu si je dois avoir le bébé avec moi de temps en temps ».

« Tu pourrais te trouver un appartement aux abords de l'université... » suggéra Clary.

« Oui Chéri, ta sœur à raison » approuva ma mère avant de poursuivre « Ce serait plus pratique. Camille et toi allez devoir partager la garde. Il faudra prévoir une chambre de plus pour le bébé ».

Je fermai les yeux un instant. Tout ceci me faisait carrément flipper.

« Je...j'ai peur Maman. Je ne sais pas si je vais pourvoir faire ça, je ne sais pas si je vais y arriver. Tout ceci me semble si irréel ! » paniquai-je.

« Je sais Mon Cœur que cela t'effraie et c'est pour cette raison que je t'en parle. Il faut que tu réalises que la situation est bien réelle même si c'est difficile. Ne t'en fais pas, toute la famille te soutiendra. Dès que tu auras besoin de nous, on sera là ».

« Oui, moi par exemple, je serai heureuse de faire du babysitting ! » me dit Clary avec enthousiasme.

Je me sentais tellement privilégié et chanceux d'avoir une famille comme la mienne.

« Je vous aime de la lune jusqu'aux étoiles... » leur dis-je la voix remplie d'émotion.

« Nous aussi on t'aime de la lune jusqu'aux étoiles » me répondirent-elles de la même manière.

C'était notre phrase fétiche dans la famille.

« Même si les chances restent infimes; je garde l'espoir que les résultats de ma paternité seront négatifs, » leur avouai-je.

Ma mère m'embrassa sur le front.

« On sera bientôt fixé » me dit-elle. « En attendant, il faut se concentrer sur le passage du Bac et c'est aussi valable pour toi Ma Puce ».

Clary grimaça.

« L'épreuve de Travaux Personnel Encadrés ne m'inquiète pas en revanche, l'épreuve de Français...pffff quel ennui ! » se plaignît-elle.

« C'est parce que tu es nulle ! » lui dis-je pour la taquiner.

« Tu fais le malin mais je me souviens que tu stressais tellement pour ton oral de français que tu en faisais des nuits blanches ! » rétorqua-t-elle.

Clary était en Première et moi en Terminal de la série scientifique. Les langues n'étaient pas vraiment notre truc mais on s'en sortait tout de même bien la plupart du temps.

« Tout ira bien Ma Chérie, comme ce fut le cas pour ton frère » la rassura notre mère en lui caressant la joue « puis n'oublie pas que tu es une petite surdouée ! » ajouta-t-elle.

« Maman ! J'ai juste sauté une classe au primaire ça ne fait pas de moi une surdouée tu sais...»

« Dit-elle alors qu'elle a une moyenne générale de 18.5 ! » m'exclamai-je.

Elle me tira la langue comme quand elle avait 5 ans. Ma mère et moi éclatâmes de rire.

« Je vais me reposer un peu les enfants. Les urgences n'ont pas arrêtées à l'hôpital, je suis exténuée » nous informa-t-elle en se levant « tu devrais en faire autant Sayang, tu as eu une longue nuit ».

« Oui c'est vrai mais je n'ai plus sommeil. Je vais terminer mes devoirs puis passer prendre Alec, il enlève son plâtre à la main aujourd'hui ».

« Oh super nouvelle ! » s'exclama Clary « il doit être fou de joie ! »

« Oui, il est surtout impatient de rejouer » lui dis-je en regardant avec affection ma guitare et mon clavier, installés dans ma chambre.

Alec avait fait preuve de tellement de courage. La musique était essentielle dans nos vies. Je n'imaginais que trop bien à quel point en être privé aussi longtemps avait été une véritable torture pour lui.

« Je suis heureuse de l'apprendre. Il devra probablement faire quelques séances de rééducation mais le pire sera bientôt derrière lui. Je vous dit à tout à l'heure, je tombe vraiment de fatigue » nous dit notre mère en étouffant un bâillement.

On lui souhaita de bien se reposer puis elle s'en alla, nous laissant de nouveau seuls Clary et moi.

« Rafael aussi était au Pandémonium hier soir... » lui annonçai-je une minute plus tard.

Elle ouvrit de grands yeux.

« QUOI ! Mais en compagnie de Camille ? Il t'a vu ? Oh Mon Dieu ! Est-ce qu'ils savent que tu les as démasqué tous les deux ? ».

Je regardai ma petite sœur avec un air amusé.

« Si cette annonce te met dans cet état, je n'imagine même pas ta réaction quand je te raconterai la suite ».

« Pourquoi ? Il y a pire ? » me demanda-elle un peu paniquée.

« Il y a du pire et du mieux... » dis-je d'un air mystérieux avant de lui raconter en détails la soirée de dingue qu'on avait eu Rag' et moi.

Trois heures plus tard mes devoirs étaient enfin terminés. Clary avait hallucinée en entendant mes révélations concernant notre altercation avec Rafael, la drogue, puis enfin le coup de maître de Rag' avec l'enregistrement. Bien sûr, elle s'inquiétait des menaces dont je faisais désormais l'objet. Rafael semblait décidé à m'anéantir et Camille nous avait clairement fait comprendre qu'elle souhaitait voir Alec mort.

Je soupirai de frustration. Si nos parents apprenaient ça, jamais ils ne nous pardonneraient de leur avoir caché quelque chose d'aussi grave, pensai-je un brin inquiet.

Je me décidai à me préparer pour l'hôpital, il était bientôt l'heure du rendez-vous d'Alec et j'étais loin d'être prêt. J'avais prévu de l'emmener chez Jem' également afin qu'il lui fasse les retouches sur son tatouage. Quant à moi, j'avais un projet en tête depuis quelque temps qui dépassait largement mes compétences en dessin. J'avais besoin d'en discuter avec lui afin qu'il me fasse des propositions de croquis.

Sortant de la douche, je me dirigeai vers mon dressing...pour la première fois, je n'avais aucune idée de quoi porter. On était en plein mois de mars, le printemps pointait progressivement le bout de son nez, les températures étaient toujours aussi fraîches à mon goût mais on avait de la chance aujourd'hui car le temps était magnifique, le soleil brillait haut dans le ciel et ça faisait du bien au moral.

J'optai pour un look denin, pantalon slim délavé, pull blanc Levis, veste en jean et Nike blanches. Je mis un bonnet de couleur blanc, plus dans l'optique de parfaire mon style que pour son utilité première. Je laissai retomber ma mèche rouge sur le côté et m'appliquai un peu de khôl sous les yeux. J' attrapai mes clés de voiture, mon portefeuille et mon portable puis me dirigeai au pas de course vers la chambre de Clary.

« Prête Biscuit ? » lui demandai-je en passant la porte.

« Oui, ça y est ! » me dit-elle en attrapant sa veste.

« Vous avez prévu quoi avec Jace ? »

« Un ciné, après on vous rejoint chez Rag' ».

« Entendu, allez en route ».

Dix minutes plus tard on se garait dans l'allée de la villa des Lightwood. À peine avions nous franchi le seuil du porche que nous fûmes accueillis par Jace. Clary lui sauta dans les bras, je levai les yeux au ciel.

« Bonjour Mon Cœur, bien dormi ?» lui demanda-t-il d'une voix mielleuse.

« Oui, j'ai beaucoup pensé à toi... » lui répondit-elle timidement.

Il l'embrassa sur la joue.

« Oh mais cooommmme vous êtes miiignnnonnns ! » m'exclamai-je de manière exagérée pour les narguer.

Jace me jeta un regard espiègle.

« Jaloux ? » me demanda-t-il taquin.

« Oh oui...ça se voit d'ailleurs...je suis A-NÉ-AN-TI ! » lui répondis-je sur un ton plus qu'ironique.

« Pffff t'es nul » pouffa-t-il en rigolant.

Un instant plus tard, Robert, Maryse et mon magnifique petit ami firent leur apparition sous le porche.

« Magnus, s'il te plait...prends bien soin de lui » me demanda une Maryse au bord des larmes.

Sa réaction me troubla légèrement.

« Maman tout va bien, il ne m'arrivera rien, je dois continuer à vivre tu sais » lui répondit Alec.

« Oui, je sais Mon Amour...c'est juste que c'est la première fois que tu sors sans nous depuis l'agression... ».

Robert serra sa femme dans ses bras.

« Je comprends votre inquiétude mais faites-moi confiance, je veillerai sur lui » leur promis-je avec sincérité.

« On le sait Magnus. On a confiance en toi » me dit Robert sur un air presque solennel.

« Merci de votre confiance à tous les deux » leur remerciai-je avant de poursuivre « Bien, on va devoir se mettre en route autrement on sera en retard. À plus tard Biscuit » dis-je à ma petite soeur.

« Bye grand frère ! » me répondit-elle en déposant un bisou sur ma joue.

Robert et Jace m'aidèrent à installer Alec dans la voiture. On mit la chaise roulante dans le coffre. Alec espérait de tout cœur pouvoir ressortir de l'hôpital avec des béquilles, j'avoue que je l'espérais aussi.

Je refermai sa portière et fis le tour afin de m'installer derrière le volant. Une main sur le contact, je m'arrêtai en lui lançant un petit regard soucieux.

« Mon Ange, es-tu sûr que ça va ? Es-tu bien installé ? Je suis désolé, la Camaro n'est pas extrêmement spacieuse j'espère que ta jambe ne... ».

Il éclata de rire tout à coup. Je m'arrêtai de parler et le regardai avec perplexité. Je ne comprenais pas ce qu'il y avait de si drôle.

« Qu'est ce qui t'amuse au juste ? lui demandai-je un tantinet vexé.

« Toi Bébé. Écoute, je vais bien et je ne suis pas en sucre alors je t'en prie démarre la voiture » me dit-il en me caressant doucement la joue.

J'embrassai sa main au passage.

« Je m'excuse Mon Amour, tu as raison. Je voulais juste m'assurer de ta sécurité et de ton confort »

« Je vais parfaitement bien. C'est toujours le cas quand je t'ai à mes côtés ».

Je me penchai sur ses lèvres puis l'embrassai tendrement.

« Je t'aime Mon Ange » lui soufflai-je après une minute.

« Je t'aime aussi » me répondit-il en repartant sur mes lèvres pour un bref baiser.

Je démarrai la voiture puis pris la direction du centre-ville. L'hôpital Raziel m'était devenu un lieu familier désormais. Je m'y sentais presque comme chez moi et savais où se situait chaque service. Tous les confrères et consœurs de ma mère me reconnaissaient aussi maintenant. J'avais postulé en Fac de Médecine même si je ne savais pas encore dans quoi je me spécialiserai. Au début, ce choix avait été fait plus dans l'optique de faire plaisir à ma mère. Je me disais qu'au pire, à la fin de mes études, je pourrais ouvrir un petit cabinet médical en médecine générale, quelque chose loin de la folie et du rythme qu'imposent les hôpitaux puis ça me laisserait du temps pour ma musique aussi. Aujourd'hui, je commençais à voir les choses sous un angle nouveau, travailler dans un hôpital ne me semblait plus si horrible, j'étais même excité par l'idée.

On arriva au bureau du Dr Aldertree.

« Alec, Magnus ! Ravi de vous revoir les enfants » nous salua-t-il chaleureusement « alors prêt à retirer ce plâtre ? »

« Plus que prêt ! » répondit Alec qui avait un sourire jusqu'aux oreilles.

Son bonheur faisait plaisir à voir et était communicatif, j'étais aussi impatient que lui.

« Très bien, on ne va pas te faire languir plus longtemps dans ce cas. Suivez-moi, tout est prêt ».

Une fois arrivés dans la salle de plâtres, j'aidai Alec à sortir de sa chaise et à s'installer sur la table d'examen. Son sourire diminua un peu quand il vit le docteur enfiler ses gants et attraper un appareil avec un cercle en métal ciselé au bout. Je lui fis un sourire réconfortant tout en prenant sa main gauche dans la mienne.

« Tout ira bien Mon Ange, tu n'as pas à t'inquiéter. Ma mère m'a assuré que c'était une procédure rapide et indolore ».

Evidemment, j'avais posé à ma mère une tonne de questions sur le processus. J'étais comme ça, il me fallait toujours toutes les informations nécessaires avant d'entreprendre une action ou avant d'affronter une situation nouvelle. Je détestais ne pas savoir dans quoi je mettais les pieds.

« Pourquoi ne suis-je pas surpris que tu te sois informé » me dit-il avec un petit sourire en coin. Je lui fis un clin d'œil.

Le Dr Aldertree avait arrêté de préparer ses outils, il nous observait Alec et moi avec une lueur étrange dans le regard. Il venait surement de comprendre que nous étions plus que de simples amis, en même temps, je l'avais bien mis sur la voix en appelant Alec par un des nombreux petits noms d'amour que je lui donnais au quotidien. Il se racla la gorge.

« Euh, désolé...je ne savais pas que vous deux... »

Il ne termina pas sa phrase mais son regard passait sans arrêt d'Alec à moi. Il semblait de plus en plus mal à l'aise et je me demandais ce qui lui prenait. Il ne m'avait pas donné l'impression d'être homophobe ou une connerie du genre. C'était un mec sympa qui faisait bien son job puis c'était un collègue de ma mère. Il y avait sûrement autre chose derrière son comportement étrange. Alec qui avait également remarqué son attitude, me lança un regard perplexe.

« Ça vous dérange ? » le questionna-t-il d'un ton brusque et soudain.

Je connaissais mon petit-ami sur le bout des doigts. Il n'allait pas tarder à passer en mode défense. Alec haïssait tous ces préjugés. Déjà gamin, il défendait la mixité, le mélange des cultures et le non-conformisme. Il disait qu'avoir l'esprit ouvert, être tolérant et libre étaient ce qui enrichissait une personne, pour un enfant de treize ans avoir déjà cette sagesse et cet état d'esprit était forcément prémonitoire de l'être merveilleux qu'il était aujourd'hui et de l'homme exceptionnel qu'il était en train de devenir. Tous les jours je remerciais les anges de m'avoir permis d'ouvrir les yeux sur mes sentiments pour lui. Il était mon univers, ma vie, mon amour, j'avais une chance incroyable.

« Non ! Bien sûr que non ! » s'exclama le Dr Aldertree en me ramenant sur terre.

« Ouais ben je ne vous crois pas ! Vous êtes mal à l'aise depuis que vous avez compris pour nous, mais laissez-moi vous dire une chose... »

« Ok Mon Amour !» intervins-je « On se détend d'accord ? » lui dis-je en l'embrassant sur le front.

Il valait mieux l'arrêter maintenant. Alec n'aimait pas les conflits mais quand il fallait défendre ses valeurs ou ses opinions, il pouvait sortir avec une facilité déconcertante un nombre incalculable de phrases insultantes et blessantes à son interlocuteur et ce, en moins de temps qu'il ne fallait pour les dire. Après tout, il ne suivait pas un cursus littéraire et n'était pas le parolier du groupe pour rien. Son vocabulaire était des plus impressionnant et ce dans tous les sens du terme mais là, son plâtre était toujours en place, ce n'était ni le moment et ni le lieu pour se disputer ou insulter le Dr Aldertree, de plus qu'il m'était vraiment sympathique.

« Alec, je te jure que tu fais fausse route » se défendit le Docteur en soupirant « En réalité je vous envie. Vous vous assumez pleinement tous les deux, vos familles vous soutiennent, vous êtes bien dans votre corps, dans votre peau et dans votre tête... »

Il marqua une pause avant de poursuivre.

« Ça fait huit ans que mes parents ne me parlent plus. Ils m'ont rejeté quand j'ai fait mon coming-out... ».

Nouvelle pause de sa part.

« Ce rejet m'a brisé et encore aujourd'hui j'ai du mal à aller de l'avant, à m'épanouir dans une relation de couple. C'est pour cette raison que je préfère rester seul malgré mon envie de trouver l'amour...je n'y crois plus ».

Alec et moi en restâmes sans voix.

« Je ne vais pas rentrer plus dans les détails » reprit-il « mais je voulais juste vous expliquer que le malaise ressenti était dû à mon histoire à moi, à mon passé douloureux et non à vous ».

On prit une minute à se remettre des révélations du Dr Aldertree. Je n'en revenais toujours pas qu'il nous ait confié une chose aussi personnelle. Ça devait vraiment le peser.

« Je...je m'excuse » dit un Alec tout penaud « Je n'ose pas imaginer la souffrance que vous avez dû traverser et qui vous habite encore. Quel âge aviez-vous quand vous avez fait votre coming-out ? » lui demanda-t-il curieux.

« J'avais vingt-et-un ans quand je l'ai dit à mes parents mais mes amis proches le savaient depuis quelques années déjà... » répondit-il toujours perdu dans ses souvenirs douloureux.

Alec avait raison. La souffrance l'habitait encore et ça se voyait. Son histoire m'attristait et me révoltait en même temps. Comment des parents pouvaient-ils rejeter ainsi leur propre fils ? Ça me dépassait.

« Vous avez été suffisamment courageux pour vous assumer tel que vous êtes. Je peux vous promettre que ce n'est pas une chose aisée contrairement à ce que l'on peut penser. Alec et moi avons la chance d'avoir des parents formidables, c'est vrai, mais vous n'avez rien à nous envier je vous assure, tout le mérite vous revient. Vous pouvez être fier de vous, fier d'avoir eu le courage de ne pas renier qui vous êtes malgré tout » lui dis-je avec un sourire rassurant.

Ses yeux se mirent légèrement à briller, il était ému.

« Merci Magnus...tu es vraiment le fils de Sarah, elle aussi trouve toujours les bons mots » me complimenta-t-il.

« Oh... je vous remercie...c'est plutôt Alexander qui excelle avec les mots en général » lui avouai-je tout en caressant amoureusement la joue de mon amant. Il m'offrit un regard plein de tendresse en retour.

« Eh bien Alec, je pense qu'il est plus que temps de t'enlever ce plâtre, qu'en dis-tu ? » proposa le Dr Aldertree en reprenant peu à peu contenance après ce moment intense.

« J'ai bien cru que vous alliez me le laisser comme punition pour mon manque de tact de tout à l'heure ! » s'exclama Alec, un sourire espiègle aux lèvres.

« Je te remercie pour l'idée ! » rigola le Dr Aldertree « il te reste encore celui de la jambe » fit-il d'un air menaçant.

Le sourire d'Alec s'effaça sur le coup. Le Docteur éclata de rire de nouveau.

« Je plaisante voyons ! Je reste professionnel en toutes circonstances puis je ne t'en veux pas. On va commencer. Es-tu prêt ? » lui demanda-t-il en mettant en route son appareil à la pointe circulaire. Ce dernier se mit à vibrer et la lame commença à tourner rapidement sur elle-même, il était évident que c'était très tranchant.

« Prêt » répondit Alec avec détermination.

À ces mots le Dr Aldertree se mit au travail. Il commença à découper le plâtre, ses gestes étaient rapides et assurés, ça se voyait qu'il avait une totale maitrise ce qu'il faisait.

« Voilà, terminé! » annonça-t-il fièrement quelques minutes plus tard.

Alec regarda sa main comme s'il la découvrait pour la première fois, elle était toute blanchâtre et plissée.

« C'est horrible ! » s'exclama-t-il dépité.

« C'est normal que ta peau soit ainsi. Il faudra bien l' hydrater avec de la crème ou de l'huile afin que les cellules mortes disparaissent mais ne t'en fait tout rentrera très vite dans l'ordre » lui assura-t-il.

Alec continuait d'observer sa main avec horreur, visiblement il n'était pas convaincu.

« Hey ça va aller Mon Amour, ne t'en fait pas. Le plus important est que tu n'aies plus de fracture puis je ferai de longs massages hydratant à ta main tous les soirs pour t'aider à récupérer plus rapidement » lui promis-je avec un large sourire subjectif.

« Uniquement à ma main ? » me demanda-t-il avec un sourire en coin.

J'éclatai de rire devant son impertinence. Le Dr Aldertree recommençait à être mal à l'aise. Ce n'était pas très malin de notre part de flirter ainsi devant lui, bien que rien de tout ceci n'avait été calculé. Alec et moi étions ainsi l'un avec l'autre, toujours spontanés et quelque peu désinhibés.

« Bien » intervient le Dr Aldertree « On va programmer tes séances de rééducation. Je vais t'en prescrire uniquement cinq, les os se sont complètement ressoudés, je pense que ce sera suffisant » dit-il en consultant à nouveau la radiographie de la main d'Alec qu'il lui avait fait passer quelques jours plus tôt. « Bouge doucement tes doigts puis ferme le poing s'il te plait » lui demanda-t-il.

Alec s'exécuta.

« Ok. Ça va ? Pas de douleur ? » lui demanda-t-il de nouveau.

« Non, ça va, je sens juste une petite raideur » répondit Alec en continuant à faire l'exercice.

« Ça partira avec la rééducation mais en attendant tu vas garder la chaise roulante. On va éviter de trop solliciter ta main en te donnant des béquilles ».

Alec me regarda avec des yeux suppliants, on avait espéré qu'il en serait autrement. Je me décidai à plaider en faveur de la cause de mon petit-ami.

« Dr Aldertree... Alec doit reprendre le lycée la semaine prochaine, ce serait plus pratique qu'il ait les béquilles pour se rendre en cours. Puis moralement, ça le remotiverait car il se sent vraiment privé de sa liberté dans ce fauteuil. Je vous promets qu'on fera attention et qu'il limitera les déplacements inutiles ».

« Oui absolument ! » enchérit mon petit-ami « Je serai prudent. Je n'ai aucune envie de me retrouver privé de ma main droite à nouveau, vous pouvez me croire. Je vous en prie, je n'en peux plus d'être dans cette chaise roulante, je me sens comme en cage... ».

Le Dr Aldertree nous observa un instant, secoua la tête puis leva les mains en l'air en signe de reddition.

« Ok les jeunes ! Va pour les béquilles ! » fit-il d'un air théâtral.

« Super merci beaucoup Docteur ! » s'exclama Alec.

Il rigola.

« Tu peux m'appeler Victor tu sais, toi aussi Magnus » nous dit-il en tendant à Alec une paire de béquille.

« Très bien, ce sera donc Victor !» lui répondis-je tout sourire.

« Parfait. Je pense que tout est ok, vous pouvez y aller. Alec, surtout si tu ressens la moindre petite douleur, tu dois me prévenir et ce sera de nouveau la chaise roulante, je compte sur toi pour être honnête, entendu ? »

« Reçu cinq sur cinq Victor » dit-il avec un grand sourire.

Sur ce, je quittai l'hôpital en compagnie d'un Alec qui boitillait joyeusement à mes côtés avec ses béquilles.

« Ça va Mon Ange ? Tu n'as pas mal ? » m'inquiétai-je tout de même.

« Non, tout va bien. Je suis si heureux de pouvoir me déplacer à peu près normalement de nouveau ! C'est fou, c'est vraiment quand on est privé de quelque chose qu'on se rend compte de toute son importance. Jusqu'à maintenant, je ne réalisais pas la chance que j'avais de pouvoir marcher ou écrire, pour moi c'était normal... acquis ».

« Je te comprends Mon Amour, ça nous permet de remettre les choses en perspective et de réaliser la chance que l'on a » lui dis-je en lui ouvrant la portière de la voiture et en l'aidant à s'assoir. Je m'installai à mon tour.

« On va chez Rag' alors ? Je me demande ce que vous avez à nous raconter... » me dit-il en me jaugeant du regard.

J'avais trouvé étrange qu'il ne m'ait pas questionné ce matin quand je lui avais appris que Rag' et moi avions des choses à leur dire concernant notre soirée au club de mon père. De tout évidence, il était trop préoccupé par son rendez-vous à l'hôpital pour m'en poser mais maintenant qu'il n'avait plus son plâtre à la main, il pouvait s'en inquiéter.

« J'aimerais t'emmener autre part avant d'aller retrouver les autres. Concernant les fameuses révélations, je te raconterai en chemin. J'ai tout dit à Clary ce matin et je suis sûr qu'elle a déjà tout raconté à ton frère puis on parie que Rag' a déjà tout raconté à Cat également alors je trouve ça un peu ridicule de te faire attendre plus longtemps ».

« J'approuve » dit-il en me souriant. « Ah mais en parlant de pari...tu me dois un concert ! Jace et Clary sortent ensemble et nous sommes encore au lycée ! J'ai gagné ! » s'exclama-t-il un sourire heureux sur le visage.

Je soupirai longuement.

Il était vrai que l'on avait parié sur le temps qu'ils mettraient à sortir ensemble. Alec avait parié avant la fin du lycée et moi pas avant la première année de Fac de Jace, après tout, ça faisait un moment qu'ils se tournaient autour sans franchir le pas, j'étais sûr de gagner. Ce que j'ai pu être stupide ! Je n'aurais pas dû donner à Jace ma bénédiction l'autre soir à la fête d'Alec mais sur le coup je ne pensais pas au pari, je pensais juste au bonheur de mon ami et de ma petite sœur.

Je m'approchai des lèvres de Mon Amour et y déposai un léger et doux baiser.

« Entendu, tu as gagné. Je te donnerai tout ce que tu désires » lui dis-je.

Alec plongea de nouveau sur mes lèvres et partit à la conquête de ma langue pour un baiser sensuel et langoureux qui se répercuta directement dans mon entre jambes. Je sentis mon sexe entrer douloureusement en érection dans mon boxer Calvin Klein. Doucement, il fit glisser ses doigts le long de ma cuisse, me procurant sur son passage une trainée de frissons. Il remonta lentement vers mon sexe et commença à le caresser avec timidité. Mon cœur s'emballa. Je n'arrivais pas y croire, j'avais fantasmé tellement de fois du jour où je pourrais enfin sentir ses mains sur moi. Même si une barrière vestimentaire nous séparait, les sensations qu'il me procurait étaient déjà incroyables, il me faisait totalement perdre la tête. Il fit courir ses lèvres le long de ma mâchoire, puis de mon cou qu'il parsema de baiser, je sentis sa langue me lécher la peau puis soudain une succion intense m'arracha un grognement de plaisir.

INCROYABLE pensai-je...il m'a fait un suçon !

Alec devenait de plus en plus audacieux. Ses gestes sur mon sexe étaient plus appuyés, ses lèvres dévoraient à nouveau les miennes, son autre main derrière ma nuque m'incitait à l'embrasser plus profondément, plus fort, presque sauvagement, nos dents s'entrechoquèrent dans le processus. Le désir était en train de prendre le dessus sur notre raison, c'était trop, il fallait que je reprenne le contrôle, il fallait que je m'arrête avant qu'il n'y ait plus de retour en arrière possible sur ce parking. Je rompis notre baiser.

« Mon... Amour... » lui dis-je en le regardant de mes yeux voilés par le désir et la luxure « On devrait vraiment...vraiment se calmer. Nous sommes sur un parking... » lui dis-je misérablement en essayant de reprendre mon souffle.

Alec me regardait, essoufflé lui aussi, les joues rouges et les lèvres gonflées par l'ardeur de nos baisers. J'avais envie de l'allonger à l'arrière de la Camaro et de faire de lui miens sans attendre une minute de plus sauf que ce serait sa première fois. Peut-être plus tard quand on aura commencé nos jeux intimes. Oui, un jour je lui ferai l'amour à l'arrière de ma voiture et lui ferai hurler de plaisir jusqu'à l'épuisement...

« Je te veux Bébé » me supplia-t-il en me regardant droit dans les yeux. « Je veux te regarder prendre du plaisir que je serai le seul à te procurer, j'ai envie de te faire jouir, de te sentir durcir dans ma bouche et entre mes doigts comme tu le fais si merveilleusement avec moi. Je veux te gouter et sentir ta jouissance sur ma langue, je n'en peux plus d'attendre c'est trop dur, je veux te sentir en moi, j'ai besoin qu'on ne fasse plus qu'un ».

J'avais arrêté de respirer. Alec venait de me faire la déclaration la plus érotique que j'avais entendu de toute ma vie et il ne le réalisait même pas. Il ne cherchait pas à m'allumer, il était juste sincère et honnête sur ce qu'il ressentait, sur ses envies. Son innocence agissait sur moi comme un aphrodisiaque et entendre ces mots sortir entre ses magnifiques lèvres m'excitaient totalement.

« Mon Amour, tu n'imagines même pas toutes les pensées et les images qui envahissent mon esprit à cet instant. Je brûle de désir pour toi, tu es ma définition même du plaisir, ma boite de pandore, mon désir charnel... mais Mon Ange, il faut qu'on soit encore un peu patient, que tu récupères totalement et que tu sois en pleine possession de tes capacités physiques. En attendant, je te promets qu'on saura se donner du plaisir autrement, je pense te l'avoir déjà prouvé » lui dis-je avec un sourire coquin.

Il dessina distraitement le contour de mes lèvres du bout des doigts et afficha un sourire rêveur.

« Oui Mon Amour, tu me l'as prouvé et il me tarde de te rendre la pareille » me dit-il en déposant un chaste baiser sur mes lèvres. « Je t'aime » ajouta-t-il en plongeant ses yeux brulant de désir dans mon regard de braise toujours en surchauffe.

« Je t'aime aussi Amour de ma vie » lui répondis-je en pensant chaque mot.

Il m'adressa un large sourire satisfait.

« J'aime t'entendre m'appeler ainsi » me confessa-t-il le regard plein de tendresse.

« Tant mieux, car c'est la vérité. Tu es l'amour de ma vie Alexander » lui dis-je mes yeux vert-ambré plongés dans le bleu océan des siens.

On s'embrassa une dernière fois tendrement puis on se mit en route pour Jem's Tatoo Ink, flottant tous les deux sur notre petit nuage d'amour et de bonheur.

PDV Rafael

J'hallucinais totalement... je n'en revenais pas d'avoir eu autant de chance ! Première filature et c'était le jackpot ! Ces deux petits cons avaient été bien imprudents. Je les avais suivi pendant tout le trajet jusqu'à l'hôpital et avais attendu patiemment qu'ils ne reviennent à leur voiture. Je pensais que j'allais devoir continuer à les suivre avant de pouvoir les filmer ou de prendre des photos d'eux dans une situation compromettante mais non !

Ils avaient le feu au cul ma parole ! Bon... j'étais moi-même un peu mal placé pour dire ça mais quand même, ils étaient incapables de ne pas se sauter dessus ! Se peloter comme ça aux vus de tous sur un parking bien que quasi désert, n'était clairement pas malin. J'avais prévenu Magnus que je prouverai à Camille que sa relation avec Alec était réelle et maintenant c'était possible ! J'avais les photos et même une vidéo de leur roulage de pelle chaud comme la braise. Camille n'allait pas pouvoir continuer à nier la vérité plus longtemps, elle serait obligée d'ouvrir les yeux et j'espère que sa première réaction sera de vouloir en finir avec cette petite merde de Magnus une bonne fois pour toute et que la deuxième sera de venir chercher du réconfort au creux de mes reins.

Fin du Chapitre 20 !

Bientôt la suite !