Coucou!
Voici (enfin!) le chapitre suivant.
Comme vous le savez, je ne suis pas très disponible en semaine pour écrire, de plus j'entame bientôt ma période d'examen donc en ce moment je suis dans les révisions mais je fais de mon mieux afin de pas trop vous faire languir. Quoiqu'il en soit, sachez que je préfère de loin prendre un peu plus de temps pour publier plutôt que de vous proposer des chapitres bâclés ;)
Merci à mes fidèles Nagron, Shaniice, Caladhiel91 et Sylvie Oversteyns pour vos commentaires et votre soutien continue! J'espère que ce chapitre vous plaira!
Merci également à tous ceux qui me suivent ;)
Bonne lecture à tous!
Chapitre 22
PDV Alec
En route vers le commissariat, je commençais légèrement à stresser. J'avais envie que tout ceci ne soit plus qu'un mauvais souvenir et ce rapidement.
« Tu peux encore changer d'avis tu sais...reporter à plus tard » me dit Mag's en se garant sur le parking.
Je pris une profonde inspiration.
« Non, je veux en finir, il en est temps » lui répondis-je avec détermination.
Il se pencha et m'embrassa tendrement.
« Très bien Mon Ange, c'est parti dans ce cas ».
On entra dans le commissariat de police. L'endroit n'avait rien de chaleureux, tout semblait froid et austère. On se dirigea vers la banque d'accueil , un mec aux cheveux grisonnants et aux lunettes carrées leva la tête vers nous.
« Bonsoir, que puis-je faire pour vous ? » nous demanda-t-il avec courtoisie.
Tout à coup, je me sentis comme paralysé. Je regardais le mec aux lunettes sans vraiment le voir ni l'entendre, j'avais l'impression que mon esprit avait quitté mon corps. Un bourdonnement sourd se mit à raisonner dans mes oreilles, au même moment mon cœur s'emballa. Magnus, debout à mes côtés, me prit la main puis m'attira lentement contre son flan. Doucement, il commença à me caresser les cheveux. Sentir son contact m'apaisa et me fit peu à peu sortir de ma torpeur, éloignant la crise qui était sur le point de me terrasser ici et maintenant.
« Je suis là Mon Ange... je suis là » me murmura-t-il pour me rassurer.
Le mec aux lunettes carrées nous observait toujours, il était en attente d'une réponse à sa question.
« Bonsoir » dit enfin Mag's « on souhaiterait s'entretenir avec l'inspecteur Garroway s'il vous plait ».
« Ce serait à quel sujet ? » nous demanda-t-il tout en continuant à nous fixer des yeux.
« Une agression... » répondis-je d'une petite voix.
J'essayais de contrôler ma respiration et de me étendre car j'avais la sensation que je pouvais m'évanouir à tout instant. Je m'en voulais tellement de me sentir aussi faible! Pourtant, j'avais réussi à surmonter tant de choses ces derniers temps. J'avais été courageux et fort alors pourquoi tous mes efforts s'anéantissaient-ils ainsi tout à coup ? Je n'avais pas eu d'angoisse depuis longtemps mais visiblement le fait de me retrouver ici me perturbait plus que je ne l'aurais pensé. C'était la première fois que je mettais les pieds dans un commissariat de police et honnêtement, je n'étais pas pressé d'y revenir.
Comment des gens pouvaient-ils bien travailler dans une ambiance pareille? me demandai-je en parcourant l'endroit des yeux.
« Alexander Lightwood ?! »
Un homme grand et baraqué à la peau ébène arriva à notre niveau. Je le reconnus immédiatement.
« Oh inspecteur...bon...bonsoir. Justement c'est...je veux dire, c'est vous qu'on souhaitait voir » réussis-je à dire en bafouillant piteusement.
Putain Alec reprends-toi ! me sermonnai-je intérieurement.
« Alec, j'espérais bien avoir de tes nouvelles. Tu m'as l'air en forme malgré les béquilles » me dit-il.
Ah bon ? Il ne devait pas avoir les idées très claires. J'étais convaincu que mon teint était livide, mes lèvres sèches...je ne devais vraiment pas ressembler à quelqu'un qui pétillait la joie de vivre et la santé.
« Merci...on va dire ça...je crois...» lui répondis-je sans grande conviction avant de poursuivre. « Je vous présente mon petit-ami, Magnus Bane » lui dis-je en désignant Mag's qui me tenait toujours dans ses bras.
« Oh enchanté! Bane comme le propriétaire du Pandémonium Asmodée Bane ? » questionna-t-il aussitôt.
Mag's et moi échangeâmes un regard surpris.
« Vous connaissez mon père ? » demanda-t-il en haussant un sourcil inquisiteur comme il le faisait souvent quand une chose l'intriguait.
« Oui, plus ou moins. Nous nous sommes rencontrés quelques fois lorsqu'il faisait l'acquisition du club. L'ancien propriétaire ayant été expulsé des lieux pour trafic de stupéfiant, nous avions quelques précautions à prendre... » expliqua-t-il de manière évasive.
Super, pensai-je sarcastiquement. On pouvait d'ores et déjà faire une croix sur le fait de balancer le petit trafic de drogue de Rafael au club. De toute évidence, on ne pourrait pas en parler sans qu'il y ait de lourdes conséquences pour le père de Mag's.
« Je vois... » se contenta de répondre mon petit-ami.
Par respect pour moi et pour la mission que nous étions venus accomplir il n'insista pas mais je savais qu'il ne manquerait pas d'en discuter avec son père plus tard. Je ne savais pas que l'ancien propriétaire était un trafiquant et par conséquent Mag's non plus autrement il m'en aurait parlé puis, quelles précautions la police avait-t-elle bien pu prendre vis-à-vis d'Asmodée ? Tout ceci était étrange.
« Très bien, on va s'installer à mon bureau pour discuter » dit-il en s'adressant à moi.
« Je vais t'attendre ici » m'informa Mag's en m'embrassant sur le front.
J'hésitai une minute. Je n'étais pas certain d'y arriver sans lui à mes côtés.
« J'aimerais qu'il soit présent, j'ai besoin de lui » dis-je à l'inspecteur Garroway sur un ton qui laissait clairement comprendre que je ne lui en laissais pas le choix.
Bravo Alec, tu reprends du poil de la bête! me félicitai-je fièrement.
Ce dernier nous observa un instant.
« Je n'y vois pas d'inconvénient, suivez-moi » nous dit-il enfin.
Il nous guida jusqu'à son bureau. L'endroit était tout aussi peu accueillant que le reste du commissariat. Pas de plantes vertes, pas de tableaux...cet endroit donnait vraiment envie de partir en courant. Il y avait deux bureaux en métal qui se faisaient face à face, sur chacun d'eux était posé une lampe et un ordinateur portable qui hurlait : pose ton cul, bosse et tais-toi! Une armoire, également en métal, ornait le fond de la pièce avec une imprimante. Visiblement il partageait l'endroit avec un collègue.
« Je partage l'espace avec ma coéquipière Ollie Wilson » expliqua-t-il en faisant écho à mes pensées.
On s'installa. Il retira un bloc note et un stylo d'un des tiroirs.
« Bien » commença-t-il « j'imagine que si tu as fait le chemin jusqu'ici c'est parce que tu as réfléchi à ma proposition ».
Je bougeai nerveusement sur ma chaise. Mag's me fit un regard d'encouragement.
« Euh...oui. Je voudrais lancer la procédure puis nous avons des informations à vous donner mais il y aurait certaines conditions... » lui annonçai-je prudemment.
L'inspecteur me regarda intrigué.
« Très bien, tu as toute mon attention ».
« D'accord...donc s'il s'avère que les informations que nous nous apprêtons à vous donner sont concluantes, je voudrais que vous attendiez notre feu vert avant d'interpeler ou d'interroger qui que ce soit. Pouvez-vous faire ça ? »
Il fronça les sourcils.
« Vous m'intriguez de plus en plus tous les deux! J'accepte à la condition qu'il n'y ait aucun risque de mort immédiat » dit-il sans nous quitter des yeux afin de s'assurer que le message était bien passé.
Bon ce n'était pas vraiment la réponse que j'espérais mais visiblement nous n'étions pas vraiment en mesure de négocier.
Mag's me regarda avec un petit sourire en coin puis haussa les épaules en mode : tant pis mais bien tenté.
J'avais été ambitieux de penser pouvoir imposer quoi que ce soit à un flic.
« Bien...on pense avoir découvert l'identité de ceux qui ont commandité mon agression, il s'agirait de Camille Milano et de Rafael Santiago » révélai-je d'un trait.
Je vis l'inspecteur m'observer étrangement, il semblait à la fois surpris et inquiet de mes révélations. Il se frotta l'arrête du nez en soupirant.
« Je vois. Ce sont de graves accusations Alec... as-tu des preuves ? » me demanda-t-il en haussant un sourcil interrogateur.
Magnus prit la parole.
« Camille est mon ex » expliqua-t-il. « Elle a utilisé mon téléphone pour attirer Alec à l'extérieur du bar cette nuit-là ».
Voulant l'aider à étayer ses propos, je lui tendis mon téléphone avec le fameux SMS. Il me remercia du regard avant de poursuivre.
« Regardez l'heure de réception et la date, c'était quelques minutes avant l'agression. Camille et moi étions seuls chez elle à ce moment-là et je peux vous assurer que ce n'est pas moi qui ai envoyé le sms à Alexander donc il est assez facile de deviner qui l'a fait à ma place. Concernant Rafael, commme vous le savez c'est lui qui a sauvé Alec et nous avons appris quelques jours plus tard qu'il est un ami d'enfance de Camille et que leurs pères... »
« ...sont des associés de longues dates, oui je sais » intervient l'inspecteur Garroway.
Mag's et moi échangeâmes un nouveau regard de surprise. L'inspecteur soupira. Cette fois, c'était à lui de nous faire des révélations.
« Les Milano et les Santiago sont des familles très puissantes qui font parties de la mafia Italienne depuis des décennies. Ils sont pratiquement intouchables aussi bien en France qu'en Italie. Dieu seul sait à quel point j'aimerais les voir finir derrière les barreaux mais tous les chefs d'accusations à leur encontre finissent toujours par être abandonnés comme par magie et ce en dépit de la solidité des dossiers et des preuves trouvés. On a tout essayé; trafic de drogues, usages de faux, trafic et possession d'armes, détournement de fonds, fraudes fiscales. Ça fait des années qu'on essaie de les faire tomber sans succès ».
Il se pencha vers nous.
« Je pense qu'ils ont corrompu certains membres de la brigade et de la cour du procureur » dit-il en chuchotant.
On en resta bouche bée. Ceci expliquait la raison pour laquelle Rafael avait dit qu'on ne pourrait rien contre lui ou Camille...l'affaire s'annonçait vraiment ardue.
« Peut-être auriez-vous plus de chance en visant leurs enfants » suggérai-je.
L'inspecteur eut un petit rire amer.
« Honnêtement, ça ne changera rien. On a peu de chance d'aboutir à quoique ce soit, c'est perdu d'avance » dit-il.
Je sentis la colère monter en moi face à son attitude défaitiste.
« Alors quoi ? Mon agression restera impunie c'est ça ? Vous m'avez presque harcelé pour que je porte plainte et maintenant vous me dites que vous ne pouvez rien faire ! Vous vous fichez de moi ? » m'agaçai-je.
« Hey doucement Mon Ange, calme-toi » me dit Mag's en posant une main apaisante sur la mienne.
« Ils ont forcément une faille, ce sont des êtres humains comme nous, je refuse de croire qu'ils soient au-dessus des lois à ce point. Ecoutez inspecteur, Rafael m'a clairement menacé vendredi soir au Pandémonium, nous avons un enregistrement pris par un de nos amis pour le prouver, il n'y a rien que la police puisse faire avec ça ? » insista mon petit-ami.
« Eh bien, il faudrait dans un premier temps me remettre cet enregistrement afin que je puisse l'analyser et voir s'il est exploitable. Après on pourrait essayer de les mettre sous surveillance dans le cadre de l'enquête, ça nous permettrait de recueillir plus d'informations et de preuves mais je ne sais pas si le juge d'instruction nous donnera son accord. Il faudrait des indices graves ou concordants donc je pense que notre seule chance de les mettre en examen serait éventuellement un témoin présent lors de l'agression qui aurait pu filmer la scène et l'arrivée sur les lieux de Rafael »
Il marqua une pause.
« Je l'ai interrogé ce soir-là vous savez et honnêtement quand il m'a décliné son identité, je n'ai pas poussé plus que ça les questions, ni chercher à savoir pourquoi il était dans cette ruelle à une heure si tardive. On est tous sur la sélecte quand on s'attaque à cette famille, je me devais de rester prudent ».
Ouais ou lâche, pensai-je avec mépris.
L'inspecteur continua.
« Alexander, es-tu sûr qu'il n'y avait personne d'autre ce soir-là dans la ruelle ? Tu n'as rien entendu ou aperçu ? » osa-t-il me demander.
« Au risque de vous surprendre, je n'étais pas vraiment en état d'analyser les lieux et appelé moi Alec, pas Alexander » lui répondis-je d'un ton brusque et limite impoli.
J'étais vraiment frustré et énervé par toute cette situation. On espérait trouver de l'aide près de la police mais quelle déception! Rag' avait raison, on aurait mieux fait de régler tout ça nous même.
Il me dévisagea, interloqué par mon attitude je présume.
« Et pour le SMS ? » demanda Mag's en me jetant un regard moralisateur.
« C'est la parole de Camille contre la tienne ...» dit l'inspecteur en continuant à me regarder.
« Je vois. Écoutez, il faut trouver quelque chose. Je refuse qu'elle s'en prenne de nouveau à Alec, elle a failli le tuer et tout ça à cause de sa jalousie maladive ».
« Avait-elle des raisons de l'être ? demanda-t-il sans gêne à mon pet-ami.
Mon sang ne fit un tour. Non mais il se foutait de nous ?! Qu'est-ce que cette putain de question venait-elle faire dans tout ça !
« Qu'insinuez-vous exactement ? » lui demandai-je froidement.
« Je cherche juste à comprendre ses motivations. Alec, ne le prend pas mal, je dois poser ce genre de question ».
Je soupirai et dévisageai l'inspecteur Garroway à mon tour. Je regrettais de plus en plus d'être venu. Magnus commença à me caresser doucement le dos de la main de son pouce. Je savais qu'il essayait de me calmer. Je fermai les yeux un instant afin de savourer ses caresses sur ma peau et de me détendre.
« Camille a toujours été plus ou moins jalouse de ma relation avec Alexander, notre amitié la dérangeait mais je ne l'ai compris que bien plus tard quand ses crises et ses reproches devinrent plus fréquents. Un jour elle m'a posé un ultimatum et m'a demandé de choisir entre Alec et elle » commença à expliquer Magnus.
On s'échangea un regard de connivence puis il poursuivit.
« J'avais du mal à réaliser ce qu'elle me demandait, choisir m'était impossible. Alec était mon meilleur ami, depuis notre rencontre il y a six ans, on ne s'était pas quittés. Il est vrai qu'on passait énormément de temps tous les deux. On a notre groupe de musique puis nous sommes voisins donc pour moi c'était normal. Camille elle...et bien je l'ai vraiment aimé, Alec et moi avions même décidé de mettre de la distance entre nous afin que je puisse calmer les choses avec elle mais le soir de l'agression, tout a basculé... »
Il marqua une pause puis ses yeux se perdirent dans les miens.
« Avoir failli le perdre m'a fait réaliser à quel point je tenais à lui et à quel point je ne pouvais pas vivre sans lui. J'ai réalisé que les sentiments que j'éprouvais pour lui étaient plus que de l'amitié et que j'étais totalement amoureux ».
Il se concentra de nouveau sur l'inspecteur afin de poursuivre.
« Quelques jours après, Alec m'a avoué qu'il partageait les mêmes sentiments que moi et ce depuis trois ans. Cette révélation m'a totalement bouleversé et a bouleversé nos vies à jamais. Entre temps, j'avais découvert que la responsable de l'agression d'Alec était Camille. Cette découverte m'a dévasté. Peu de temps après, je me suis rendue chez elle avec l'idée de rompre et là, je l'ai retrouvée en train de faire une overdose ».
L'inspecteur écoutait Magnus attentivement en prenant des notes.
« Elle a fait ça pour te retenir ? » lui demanda-t-il.
« Eh bien, c'est ce que l'on pense. J'ai tout de même fini par rompre quand elle fut hors de danger et je lui ai dit que j'avais tout découvert sur l'agression d'Alec. Elle n'a pas nié et m'a dit qu'elle avait fait tout ça pour nous, qu'Alec était une menace. À ce moment-là, je ne savais pas encore pour Rafael ».
L'inspecteur continua de noircir son calepin quelques minutes puis marqua une pause.
« De toute évidence c'est un crime passionnel mais il y a une chose qui m'échappe. Si vous aviez décidé de prendre de la distance pourquoi s'en est-elle tout de même prise à Alec ?
On se regarda un instant avec Mag's...c'était une bonne question.
« Je n'en sais rien, de plus que ce soir-là, j'avais décidé de passer la nuit chez elle. Je pensais que tout allait bien entre nous, j'étais loin d'imaginer ce qu'elle préparait » fit Mag's en soupirant.
« Réfléchissez bien tous les deux, il ne s'est rien passé de particulier ce jour-là ? » insista l'inspecteur.
Je creusai dans ma mémoire.
« Nous donnions un concert caritatif à l'agence All Angels, tout s'est bien passé, Mag's et moi avons improvisé un duo pour clôturer le show, rien de spéciale » dis-je.
« Et toi Magnus ? Tu ne te souviens de rien ? » demanda-t-il.
« Eh bien non désolé. J'ai aidé les gars à charger le matos puis je suis partie récupérer Camille pour le concert. Une fois sur les lieux on a fait l'installation, les balances, on était tous surexcité et impatient de monter sur scène, je me rappelle qu'il faisait une chaleur atroce à l'intérieur et que... »
Mag's s'arrêta soudainement de parler, pivota la tête vers moi et se mit à fixer mon avant-bras gauche. Je le regardai en fronçant les sourcils avant de comprendre.
« Ah… » m'exclamai-je.
L'inspecteur nous observa à son tour sans comprendre.
« Euh, si vous voulez bien arrêter de vous parler en code et échanger avec la personne que je suis, ça m'arrangerait » nous dit-il d'un ton caustique.
Mag's et moi échangeâmes tout de même un nouveau regard.
« Avant le concert, Camille nous a fait une petite crise. Le matin nous étions partis nous faire tatouer avec Alexander et je ne lui en avais pas parlé. Quand elle a découvert mon tatouage et a compris que nous y étions allés ensemble, elle a voulu voir le sien. Je me souviens qu'elle a été vraiment lourde avec ça » expliqua Mag's.
« D'accord mais pourquoi ne pas le lui avoir simplement montré ? » s'enquit l'inspecteur.
Mag's et moi échangeâmes de nouveau un regard puis relevant les manches de nos pulls, on laissa apparaître nos tatouages parfaitement identiques depuis mes retouches du début d'après-midi.
L'inspecteur éclata de rire.
« Franchement vous deux, vous êtes incroyables ! Et vous avez fait ça avant de réaliser vos sentiments l'un pour l'autre ?! Sans vouloir vous faire des reproches, de ce que je peux entendre et voir de votre histoire, vous vous comportiez déjà comme un couple avant l'agression! » nous dit-il.
Mag's soupira lourdement.
« Écoutez, le tatouage était pour celer notre amitié, lui rendre hommage en un sens. Il n'y avait aucune autre signification à cela » nous défendit-il avant de continuer « le fait qu'on ait toujours été très proche peut paraître perturbant et ambiguë d'un point de vue extérieur, j'en suis conscient mais nous étions vraiment que des amis à cette époque là, il n'y a jamais eut d'actes intimes entre nous, on ne s'embrassait pas, pas de caresses, pas de... »
« Ok ok, j'ai saisi Magnus! » dit l'inspecteur en rigolant « Bien Alec, on peut requalifier ton agression de crime passionnel. Voici les faits, Camille a agi par jalousie, tu lui faisais de l'ombre, elle a voulu t'éliminer. Rafael est son ami, je suppose qu'il a voulu l'aider. Maintenant la question est de savoir pourquoi ils ont monté tout ce scénario où il te sauve la vie ».
« C'est là qu'une autre théorie fait son apparition car à mon avis, Camille ne voulait pas vraiment éliminer Alec au sens propre du terme. On pense que l'idée était que Rafael séduise Alec afin de l'éloigner de moi. Il lui a envoyé des SMS explicites en ce sens mais...je les ai supprimé » dit Mag's penaud.
« Hmm pas très malin » lui fit remarquer l'inspecteur.
« Il est assez jaloux et impulsif » dis-je sous le ton de la plaisanterie même si ce n'était pas un mensonge.
Mon petit-ami me jeta un regard courroucé.
« Généralement, l'amour et la jalousie ne vont pas sans l'autre. Ce qu'il faut c'est apprendre à la contrôler afin de ne pas se laisser aveugler et finir par commettre des actes répréhensibles comme Camille. Bien, nous allons nous arrêter là pour ce soir, il est tard et je dois libérer la nounou de ma fille » nous dit l'inspecteur.
« Vous avez une fille ?! » nous s'exclamâmes Mag's et moi en chœur.
L'inspecteur nous regarda en souriant.
« Oui, j'ai une fille de deux ans, elle s'appelle Maïa. Je ne sais pas trop comment prendre vos airs ahuris. Je n'ai pas une tête à être père selon vous ? »
Mag's semblait tout à coup mal à l'aise. On n'avait pas discuté de la grossesse de Camille et je savais que c'était ce qui lui traversait l'esprit à ce moment. Il pivota la tête vers moi, je lui fis un léger hochement de tête pour qu'il puisse se lancer.
L'inspecteur continuait de nous observer.
« Vous faites souvent ça ? » nous questionna-t-il tout à coup.
Mag's et moi le regardâmes un peu perdu par son manque de précision.
« Quoi donc ? » lui demandai-je.
« Ça là... vous parler sans échanger un mot, juste avec un regard. Je dois avouer que c'est assez impressionnant mais je me sens complètement mis sur le carreau ».
« Oh, excusez-nous » s'empourpra Mag's « C'est l'habitude. Je peux comprendre que ça puisse paraître, comment dire, un peu impoli quand on est en société mais ça vient naturellement, on ne le fait pas sciemment ».
« Oui je veux bien vous croire, il y a une grande complicité entre vous, ça se voit ».
Mag's soupira.
« Il y a une chose que vous devez savoir. Camille est enceinte et l'enfant est probablement de moi » lacha-t-il comme si les mots lui brulaient la langue.
L'inspecteur déposa son stylo et son calepin sur la table et poussa un très très long soupire.
« Voilà qui rend la situation encore plus... »
Il chercha ses mots.
« compliqué » dit-il en grimaçant comme si ce mot ne convenait pas vraiment. Ce qui était le cas, compliqué était un bel euphémisme.
« Un manque de vigilance et une naïveté qui me hantera jusqu'à la fin de ma vie... » dit Mag's le regard dans vague.
Aux yeux du monde, il paressait tout le temps si fort, si sûr de lui presque inébranlable mais la réalité était autre, il était tétanisé et effrayé. Mag's n'était pas prêt à être père mais si une personne pouvait réussir dans cette mission improbable c'était bien lui. Au fond je savais qu'il saura être un père formidable.
« Pour des gamins de votre âge, je trouve que vous vivez des situations atrocement difficiles que vous ne devriez même pas avoir à expérimenter mais la vie est ainsi faite...il faut continuer à se battre...je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour réparer cette injustice ».
Un sourire illumina mon visage.
« Vous allez vraiment nous aider ? » lui demandai-je pour être certain de ne pas avoir rêvé.
« Oui, ce ne sera pas facile et d'ailleurs, je ne vous promets pas qu'on réussira mais nous allons essayer. Je vais mettre ma partenaire dans la confidence, il y a très peu de personne en qui j'ai confiance, il va falloir se méfier et partir du fait que tout le monde ici est corrompu par les MILANO SANTIAGO. De votre côté, je vous demanderais de faire profil bas, n'attisez pas le feu et éviter d'entrer en contact avec Camille et Rafael. J'attends la transmission de l'enregistrement rapidement, entendu ? ».
« Entendu, merci » répondîmes nous en nous levant.
L'entrevu avait duré une bonne heure. Je me sentais épuisé après toutes les émotions de cette journée. Mag's avait proposé que l'on prenne de quoi diner dans un restaurant végétarien qu'il voulait essayer. Nous ne l'étions ni l'un ni l'autre mais nous étions en revanche ouverts à toute sort de cuisine. Découvrir de nouvelles saveurs culinaires étaient toujours une expérience enrichissante .
« Hmm, Mon Amour ? » me dit-il en prenant la direction de notre banlieue résidentielle.
« Oui Bébé... » lui répondis-je distraitement en regardant le paysage défiler à travers la vitre.
Il était 18h30, le soleil avait déjà bien entamé sa descente, on ne distinguait pratiquement plus rien dehors.
« Penses-tu que tes parents t'autoriseraient à passer la nuit à la maison ? Ma mère est de garde et mon père au club, on pourrait se faire une soirée ciné avec Biscuit si tu n'es pas trop fatigué ».
J'étais complètement crevé mais l'idée de terminer la nuit au chaud et lové dans ses bras valait bien deux ou trois heures de visionnage de films avant.
« Ça ne devrait pas leur poser de problème même si j'admets volontiers que depuis l'agression ils sont devenus collants et surprotecteurs. En tout cas, moi, je suis partant ! » lui dis-je avec un grand sourire.
Une idée me vint à l'esprit.
« Hmm Bébé...à mon avis il faudra prévoir une personne de plus à notre soirée si tu vois ce que je veux dire ».
Il pouffa de rire.
« Oui, on invitera Jace. Clary et lui ne se quittent plus ! Et dire qu'il nous reprochait d'être tout le temps collé l'un à l'autre. Je me ferai un plaisir de le lui faire remarquer tout à l'heure ».
Je souris.
« Tu aimes trop avoir le dernier mot » lui dis-je d'un ton narquois.
« C'est vrai, mais là, ton frère ne l'aura pas volé » fit-il avec un sourire radieux.
Je pouffai de rire et décidai de ne pas me mêler plus que ça de leurs petites querelles amicales.
« Je vais envoyer un message à mes parents pour leur dire que je passe la nuit chez toi » le prévins-je.
« Tu devrais appeler Mon Ange » me conseilla-t-il.
Rolala un appel, un message, quelle différence ?!
Je soupirai bruyamment...cette éducation, je vous jure. Il n'y avait pas à dire, mon merveilleux, sexy et charismatique petit-ami était le gendre idéal de tous les parents. Je me décidai à l'écouter et composai le numéro de la maison.
PDV Ragnor
La soirée en compagnie de Tessa se déroulait extrêmement bien, ça en était presque inquiétant. Elle était drôle, intelligente et super canon dans son pantalon blanc skinny et ses bottines à talons. J'espérais bien pouvoir lui voler un baiser en la raccompagnant tout à l'heure...oui déjà... mais bon, ce n'était pas comme si je ne la connaissais pas depuis un an déjà. Le restaurant où nous étions - La Havane - était chaleureux et romantique. Le personnel était aimable, les plats étaient aussi bien un régal pour nos yeux que pour nos papilles. C'est Mag's qui m'en avait parlé il y a quelque temps, j'avais trouvé que ce serait approprié pour un premier rendez-vous et j'étais ravi de ne pas m'être trompé.
« Je passe une merveilleuse soirée en ta compagnie » me dit Tessa les yeux pétillants de joie.
« Moi également. Ça me fait plaisir de te découvrir autrement, tu es spontanée et drôle. Tu m'as aussi l'air d'être quelqu'un de bien et de très douce » lui dis-je avec un petit clin d'œil.
« On dirait que tu en doutais ? » rétorqua-t-elle surprise.
J'ai eu envie de poser mes lèvres sur le petit pli qui s'était formé entre ses sourcils. Perdu dans mes fantasmes, je finis par réaliser qu'elle m'observait et qu'elle était en attente d'une réponse.
« Euh, pardon. Pour être honnête oui j'avais quelques réserves. Tu es la meilleure amie de Camille et excuse-moi mais elle n'est pas très sympathique, de plus, elle est complètement folle ! Alors je n'ai pas pu m'empêcher de penser que tu étais peut-être un peu du même genre ».
« Camille n'est pas folle » rétorqua-t-elle d'un air blasé comme si elle en avait assez de répéter cette même phrase au monde entier « je sais que les choses ne se sont pas très bien terminées entre elle et Mag's et qu'elle peut être obsessionnelle. Elle a une façon d'aimer qui n'est pas très conventionnelle mais je peux t'assurer que son amour pour ton ami était sincère ».
Elle avait vraiment l'air de croire en chaque mot. Je soupirai de frustration...si elle savait.
« Écoute Tessa, c'est ta meilleure amie et je comprends que tu veuilles prendre sa défense mais je peux te promettre que Camille ne va pas bien, ça ne tourne pas rond là-haut.
Elle m'observa quelques minutes sans dire un mot.
« J'ai l'impression que tu en sais plus que moi et qu'il y a une chose que tu ne me dis pas » finit-elle par répondre.
Je me sentis soudainement mal à l'aise, je détestais les secrets et le mensonge.
« Pour être honnête tu as raison, mais je ne peux rien te dire pour le moment. La décision de te révéler certaines choses ne me revient pas, je dois consulter le groupe... »
« Génial ! » s'exclama-t-elle légèrement vexée « c'est absolument génial de commencer une relation sur cette base si solide qu'est le mensonge ! »
Mon cœur eut un raté. Je savais que mes propos l'avaient un peu agacé mais je ne pus m'empêcher de sourire en l'entendant prononcer le mot « relation », elle aussi avait des attentes concernant ce premier rendez-vous ce qui signifiait qu'on était sur la même longueur d'onde et j'en étais ravi.
« Ça te fait rire ? » fit-elle plutôt sèchement.
Sa remarque me ramena sur terre. Elle a du caractère la petite Tessa qui l'aurait cru! Elle me plaisait de plus en plus.
« Écoute Tess', je te jure que j'ai envie de tout te dire mais accorde-moi une journée, le temps que j'en discute avec les autres. Ils ne savent même pas que nous avions rendez-vous ce soir, enfin mis à part Cat' » lui dis-je en lui prenant la main.
Elle ne fit aucun mouvement de recul. Bon point pour toi mon pote, pensai-je en explosant de joie intérieurement.
Elle soupira.
« C'est d'accord. Tu es un ami fidèle Rag' et c'est une des choses qui me plait chez toi ».
La fidélité était donc un principe qui lui tenait à cœur et c'était tout à son honneur mais continuera-t-elle à être fidèle à Camille si on lui racontait toute l'histoire ou nous trahira-t-elle ? Etrangement, j'étais prêt à prendre le risque puis elle avait dit - l'une des choses qui me plait chez toi - ça signifiait qu'il y en avait d'autres ! Yes !
« En amitié ou en amour, la fidélité est une chose sacrée » lui répondis-je en plongeant mon regard dans le sien.
Elle parut troublée quelques secondes puis me regarda tristement.
« Tu as raison, c'est sacré...je ne sais pas si je devrais te dire ça mais je trouve que Camille ne m'est pas très fidèle en ce moment, elle passe son temps avec Rafael, tu sais le mec qui nous accompagnait au Pandémonium l'autre soir »
Oh oui, je sais TRÈS BIEN qui il est, pensai-je.
« Je m'en souviens » me contentai-je néanmoins de répondre.
« Eh bien, ils passent beaucoup de temps ensemble puis ils font tout le temps des messes basses. Ils pensent probablement que je ne m'en rends pas compte mais c'est faux, je sens qu'ils trafiquent quelque chose. Je ne pense pas que Rafael ait une bonne influence sur elle ou elle sur lui, je n'en sais rien...leur relation est étrange mais je me sens délaissée par Camille, elle m'appelle quand elle s'ennuie ou quand elle se sent trop seule, j'ai l'impression de perdre ma meilleure amie ».
Je devais avouer que je la comprenais. Camille était certes une grosse tarée mais Tessa la considérait comme sa meilleure amie et à sa place je ressentirais le même sentiment d'abandon.
« Souvent nos intuitions sont fiables tu sais, il faut se faire confiance et apprendre à écouter son instinct, peut-être qu'il est temps que votre amitié prenne une autre tournure, je ne sais pas... peut-être qu'un peu de distance vous ferait du bien ».
« Tu dis ça parce que tu la détestes Rag' ».
« Je dis ça pour toi, pour ton bien-être, pour que tu ne souffres pas » argumentai-je en lui caressant doucement la joue.
Discrètement, je fis passer une mèche folle qui s'échappait de sa queue de cheval derrière son oreille, je la vis rougir.
« Bien, assez parler de Camille et si on se reconcentrait plutôt sur nous » lui proposai-je avec un petit sourire que j'espérais charmeur.
J'avais du charisme et sans prétention j'étais plutôt beau gosse mais je manquais tout de même cruellement de confiance en moi. En ce qui concernait l'assurance et le charme, les rois étaient plutôt Mag's et Jace, c'étaient eux les tombeurs du groupe.
« Nous » répéta-t-elle avec un petit sourire « j'aime bien l'idée ».
Je repris sa main dans la mienne.
« Je suis ravi de l'entendre car moi aussi, cette idée me plaît et ce bien plus que tu ne le crois » lui dis-je sa main toujours chaudement dans la mienne.
J'y déposai un baiser.
«Es-tu prête à commander le dessert ? »
« Oui ! J'adore les desserts, c'est un de mes péchés mignons! » me dit-elle toute excitée.
« Très bien commandons alors » lui répondis-je en lui faisant un clin d'œil.
J'étais heureux de la tournure que prenait la soirée. Tessa me plaisait et je me sentais vraiment bien en sa compagnie. Bientôt je pourrais être totalement honnête avec elle et tout lui raconter à propos de Camille et Rafael, elle méritait de connaître la vérité et surtout elle méritait d'avoir d'autres amis que ces deux tarés. Je ne comprenais pas ce qu'elle faisait avec eux, ils étaient complètement opposés. Soudainement, je fus pris d'un besoin intense de la protéger et de la préserver des menaces extérieures, c'était troublant mais en même temps énergisant. En ce moment, elle me regardait tendrement de ses magnifiques yeux noisette, je la trouvais irrésistible...elle me faisait totalement fondre. Une guimauve, j'étais entrain de devenir une putain de guimauve ! Mais ça en valait la peine...elle en valait la peine. C'était décidé, à partir de maintenant je ferai tout pour la protéger et voir ses yeux briller avec la même intensité qu'en cet instant. Sans le savoir, elle était déjà en train de me voler mon cœur.
Fin du Chapitre 22 !
