Bonjour à tous, voici la suite :)

Caladhiel91 : Coucou toi ! Je sais que tu es impatiente de lire la première fois de nos tourtereaux mais visiblement le bon moment ne semble pas se profiler à l'horizon, il faudra encore être patiente ;) Merci pour tes encouragements concernant mes examens, j'ai hâte de passer à autre chose et d'avoir plus de temps pour écrire durant l'été !

Nagron : Hello toi ! Merci pour tes reviews en PV :P. Comme toujours tu es très perspicace et tu fais de bonnes déductions sur la suite des évènements ! Ça me fait plaisir même si j'espère pouvoir te surprendre un jour lol. Je suis ravie que l'idée du chat t'ait plu, je me suis bien amusée en l'écrivant ;)

Shaniice : Coucou ! Je n'avais pas pu répondre à tes reviews concernant les derniers chapitres. Alors, le tatouage de Magnus sera abordé dans le chapitre 26, je suis impatiente d'écrire cette partie d'ailleurs. On découvrira un peu plus l'histoire de Catarina mais plus tard. Concernant Tessa, ce chapitre sera intéressant, je ne vais pas spoiler, je te laisse découvrir :)

Merci à tous ceux qui me suivent et qui me lisent. J'ai constaté avec joie que ma Fic avait beaucoup de vues et c'est juste génial ! Je fais de mon mieux afin de continuer à vous proposer des chapitres de qualité.

Bonne lecture !

Chapitre 24

PDV Camille

La trajet jusqu'à la banlieue résidentielle de Magnus était interminable. J'avais mis le chauffage à fond mais je mourrais tout de même littéralement de froid. L'alcool avait fini par faire son petit effet, je me sentais dans les vapes et ma vue se brouillait de minutes en minutes. Dehors, il commençait à faire sombre. Un léger brouillard donnait à l'atmosphère. régnant un air mystique et inquiétant. J'essayais de réfléchir à un plan pour obliger Magnus à rompre avec Alec, je voulais qu'il lui fasse mal et qu'il lui brise le cœur mais comment ?

Mon téléphone se mit à sonner dans ma poche... je ne me rappelais même pas l'avoir pris.

J'essayai de l'extirper tant bien que mal mais je n'y arrivai pas. Après une énième tentative, je l'atteignis enfin mais trop tard. Quittant la route des yeux quelques instants, je vérifiai rapidement l'identité de la personne qui avait cherché à me joindre, il s'agissait de Tessa.

Mon téléphone se remit à sonner, je décrochai.

« Sa..lut...Tess » dis-je d'une voix trainante.

Je ne savais plus à quelle vitesse je roulais et d'ailleurs je m'en foutais. Je commençais à ne plus distinguer grand chose aux alentours; luttant pour garder les yeux ouverts.

« Hey Cam', je suis devant chez toi, je pensais qu'on devait se voir ».

Merde c'est vrai, pensais-je.

« J'ai...euh...oublié » dis-je en cherchant mes mots.

Je commençais à vraiment me sentir mal. Mes mains étaient gelées, j'avais des hauts le coeur, l'envie de gerber l'alcool ingurgiter se faisait plus oppressante.

« Cam', ça n'a pas l'air d'aller. Où es-tu ? » me demanda mon amie d'une voix inquiète.

« En...direction... de ...chez...Magnus...dois ...t' laisser » réussis-je à dire avant de raccrocher.

Ma vue était de plus en plus altérée. L'alcool plus le brouillard n'aidaient pas. Je m'apprêtais à déposer mon téléphone sur le siège passager quand je reçus une notification.

C'était un message de Tessa...évidemment, elle n'allait lâcher l'affaire aussi facilement.

Je soupirai puis essayai de déverrouiller l'écran de mon téléphone afin de lire le SMS, tout en jetant de temps à autre un coup d'œil sur la route sinueuse. Je réussis enfin et commençai à le lire quand soudain, une alarme retentit en moi. Levant les yeux sur la route, je vis que je m'apprêtais à prendre à vive allure un virage en épingle. Je balançai le téléphone et appuyai brusquement sur la pédale de frein afin de réduire ma vitesse mais trop tard, les pneus crissèrent, je perdis le contrôle, la voiture m'embarqua dans une danse folle, tournant sur elle-même, j'avais l'impression que mon cœur allait s'arracher de ma poitrine. Je finis par lâcher le volant en hurlant et fermai les yeux en attendant le choc final, celui dont je ne m'en sortirais peut-être pas.

PDV Tessa

Camille avait été extrêmement étrange au téléphone. J'avais un mauvais pressentiment. Je lui avais envoyé un SMS lui demandant de me rappeler aussitôt qu'elle serait arrivée chez Magnus mais ça faisait déjà une heure que j'attendais d'avoir de ses nouvelles et rien. Le plus inquiétant était que je tombais désormais directement sur sa messagerie quand j'essayais de la joindre. N'en pouvant plus d'attendre, je me décidai à faire ce que j'hésitais à faire depuis quelques minutes et composai le numéro de Magnus. Il décrocha à la troisième tonalité.

« Tessa ? » me répondit-il surpris.

« Euh salut Mag's, je m'excuse de te déranger mais Camille serait-elle avec toi ? »

« Non...pourquoi le serait-elle ? » me demanda-t-il comme si j'étais folle de lui poser la question.

« Je l'ai eu au téléphone il y a une heure environ, elle m'a dit qu'elle était en route pour chez toi mais depuis je n'ai pas de nouvelle, elle était vraiment étrange. Magnus j'ai un très mauvais pressentiment, je tombe directement sur sa messagerie ».

Je l'entendis soupirer.

« Ça ne doit pas être bien grave, peut-être n'a-t-elle plus de batterie... » supposât-il.

Il avait l'air de s'en foutre royalement et son attitude m'agaçait un peu. Je savais que Camille et lui n'étaient pas en bon terme mais elle portait tout de même son enfant.

« Magnus, je sais que ta relation avec Camille est tendue mais c'est la mère de ton enfant, ça ne t'inquiète pas ? Tu ne t'inquiètes pas au moins pour lui ? Pour ton bébé ? »

Un silence qui en disait long accueillit mes remarques.

Merde... j'avais vraiment dépassé les limites là.

Je me repris.

« Je...je n'aurais pas dû te dire ça...c'était déplacé » essayai-je piteusement de m'excuser.

« Oui en effet Tessa. Je ne t'autorise pas à me juger ou à me faire des reproches, tu ne connais pas la moitié des choses qu'elle m'a fait subir ! »me réprimanda-t-il d'un ton cinglant.

« C'est vrai, je ne sais rien du tout car tout le monde me fait des cachoteries ! Camille la première puis Rafael, Ragnor et maintenant toi ! » dis-je exaspérée.

« Attends quoi ? Comment ça Ragnor ? » me questionna-t-il.

Et re-merde...décidément j'enchainais les gaffes ce soir.

Je m'apprêtais à lui répondre quand un bip m'alerta que j'avais un double appel. Je regardais rapidement de qui il s'agissait. Mon cœur s'accéléra quand je vis que celui qui essayait de me joindre était Valentin, le père de Camille.

« Magnus, je dois raccrocher. J'ai un double appel et c'est Valentin ».

« Entendu. Tu me tiens au courant mais uniquement si c'est important » m'avertit-il.

« D'accord d'accord, compris...salut » dis-je en raccrochant

Je répondis à Valentin dans la foulée.

« Bonsoir M. Milano »

« Tessa » me répondit-il paniqué. « Il faut que tu ailles immédiatement à l'hôpital Raziel, Camille a eu un accident de voiture, je suis en route mais j'étais au golf à l'autre bout de la ville, je vais mettre du temps à arriver et je ne veux pas qu'elle soit seule. Je..je ne savais pas qui appeler d'autre... j'ai bien penser à Magnus mais je ne savais pas si je pouvais. En même temps, il a le droit de savoir ce qu'il se passe non ? »

Mon cœur continuait de battre la chamade...je savais que j'avais eu raison de m'inquiéter.

« Je viens immédiatement et je préviens Magnus. Comment...comment va-t-elle ? Est-ce qu'elle va s'en sortir ? Et le bébé ? » demandai-je alors que je n'étais pas prête à entendre les réponses ?

« Je ne sais pas, ils n'ont rien voulu me dire au téléphone ces abrutis ! Oh Cielo ! Mais que se passe-t-il avec ma fille Tessa, pourquoi le sort s'acharne-t-il sur elle de la sorte ? » me dit-il la voix nouée par le chagrin.

Valentin était loin d'être le père idéal. Il était souvent absent et donnait donc beaucoup trop de liberté à sa fille mais une chose était certaine, il l'aimait et il souhaitait la voir heureuse.

« Je ne sais pas M. Milano mais ne vous en fait pas, je resterai à ses côtés ».

« Merci Tessa, on se voit à l'hôpital ».

Je raccrochai et envoyai rapidement un message à Magnus, pris mes clés et sautai dans ma voiture en direction l'hôpital.

Arrivée aux urgences, personne ne voulait rien me dire. J'avais bien essayé d'avoir des informations mais la première question qu'on m'avait posée avait été si j'étais un membre de la famille de Camille et moi comme une idiote, j'avais dit que non donc résultats, j'étais lamentablement assise dans la salle d'attente des urgences, totalement inutile. Magnus n'avait pas répondu à mon message, je ne savais pas s'il viendrait, je me sentais complètement seule et désespérée.

Soudain, n'en croyant pas mes yeux, je vis entrer dans la salle d'attente une personne que je ne m'attendais pas du tout à voir ici...Ragnor.

Je me précipitai dans ses bras.

« Bonsoir Princesse » me dit-il de sa voix suave et sexy.

J'étais si comblée de le voir, sa présence m'apaisa immédiatement.

« Rag' ! Tu n'imagines pas à quel point je suis heureuse de te voir mais...mais comment se fait-il que tu sois là ? » lui demandai-je encore sous l'effet de sa présence inattendue.

On s'installa sur les sièges.

« Mag's m'a appelé et il m'a expliqué pour Camille. Il m'a dit que tu aurais surement besoin de réconfort et de soutiens. J'avoue que son appel m'a surpris...visiblement il sait pour nous ».

Je le regardai stupéfaite et un peu gênée.

« Je pense que c'est de ma faute. J'ai fait une gaffe quand on s'est eu un peu plus tôt au téléphone, tu ne m'en veux pas ? »

« Pas du tout, bien au contraire ! Je déteste cacher des choses à mes amis et Magnus est comme un frère pour moi. Le fait qu'il ait appelé est le signe qu'il approuve notre relation et je n'en doutais pas ».

Je me sentis encore plus honteuse. Magnus était vraiment quelqu'un de bien. Il avait appelé Rag' pour moi, pour qu'il me soutienne et ce en dépit des propos blessants que j'avais tenu à son encontre tout à l'heure.

« Tu as un ami formidable... » dis-je la voix nouée.

« Oui, il l'est. Alors comment va Camille ? » me demanda-t-il.

« Je ne sais pas...on ne veut rien me dire... » dis-je en soupirant.

« Malheureusement, la mère de Mag's n'est pas de garde ce soir. On aurait pu lui demander de se renseigner pour nous » dit Rag' pensif.

« Et donc...Mag's...il ne viendra pas ? » lui demandai-je d'une petite voix.

Rag' plongea son regard dans le mien.

Ses cheveux noirs de jais faisaient ressortir le vert de ses yeux rendant son regard hypnotisant. Il passa un bras autour de mes épaules et me rapprocha de lui. Je ne me fis pas prier et posai ma tête délicatement sur son épaule. Je me sentais vraiment bien avec lui.

« Je t'avoue que Mag's commence à perdre patience avec Camille, il en a marre. La seule chose qui le retient de couper définitivement les ponts avec elle, c'est le bébé. Il hésitait à venir quand on s'est parlé, il pense que c'est encore une de ces manœuvres pour le récupérer ».

« Ça on n'en sait rien. On ne peut pas la condamner sans savoir » dis-je d'un ton ferme.

Rag' soupira.

« Si, on sait Tess. Je te l'ai dit, Camille ne va pas bien, c'est d'un psy dont elle a besoin ! »

Je relevai la tête et observai Ragnor un instant. Il était convaincu de ce qu'il disait.

« Rag' tu n'as pas le droit de dire ça, Camille a vécu des choses difficiles dans sa vie et.. »

« Et quoi ? » s'énerva-t-il subitement « ça lui donne le droit de menacer mes amis ? Ça lui donne le droit d'avoir faillit tuer Alec et Mag's avec lui par la même occasion ? Ça lui donne le droit de détruire toute une famille ? De décider de qui mon frère peut ou ne peut pas être amoureux ? »

J'ouvris de grands yeux, mon cerveau s'était comme déconnecté, je n'arrivais pas à croire tout ce qu'il me disait.

« Tu...qu'est-ce que tu...non... » bredouillai-je.

Je me levai de mon siège et commençai à faire les cents pas. Au fond de moi je le savais. Je le savais que Camille n'était pas innocente dans l'agression d'Alec. Elle m'avait regardé dans les yeux et m'avait assuré qu'elle n'y était pour rien.

Rag ' se leva à son tour et me prit dans ses bras.

« Tess je suis désolée de te l'apprendre si brutalement mais il faut que tu ouvres les yeux, Camille et Rafael te manipulent, ce ne sont pas des gens biens...tu n'as rien à faire avec eux ».

Ça me faisait tellement mal d'entendre ça. Des larmes commencèrent à couler sur mes joues. Camille était comme une sœur pour moi, on se connaissait depuis des années. Ma famille l'avait accueillie comme si elle en avait toujours fait partie, j'étais persuadée qu'elle serait à mes côtés toute ma vie mais j'avais eu tort.

PDV Magnus

Assis sur mon lit, je soupirai pour la millième fois.

« Putain ! Qu'est-ce qu'elle me fait chier ! » hurlai-je de frustration en balançant un oreiller à travers la chambre.

Je n'avais pas envie d'aller à l'hôpital, je n'avais pas envie de la voir. À chaque fois qu'on se voyait ça se terminait mal et j'en avais assez sauf que j'étais inquiet pour le bébé. Je n'étais pas encore certain qu'il soit le mien mais ça ne changeait rien, à l'heure actuelle, je me sentais concerné par son sort et responsable de lui. Je ne savais même pas s'il allait bien ou si...non, je ne voulais pas y penser.

Totalement perturbé par le maelstrom d'émotions qui m'assaillait, je descendis à toute vitesse au rez-de-chaussée et frappai frénétiquement à la porte de la chambre de mes parents. Il était presque 21h. Je m'en voulais de les déranger alors qu'il pouvait enfin passer une soirée entière tous les deux... avec leurs emplois du temps, c'était si rare.

« Oui ? » répondit mon père de l'autre coté la porte.

J'entrai et m'installai directement entre eux sur le lit comme quand j'étais gamin. Ils me prirent automatiquement dans leur bras.

« Que se passe t'il fiston, un cauchemar? » plaisanta mon père.

S'il savait à quel point il avait vu juste.

Je pris une profonde respiration et vidai mon sac.

« Camille a eu un accident de voiture, je n'en sais pas plus. Je ne sais pas si elle est en vie! Si le bébé est en vie! Ça fait une heure que je tourne en rond dans ma chambre car je ne sais pas si je dois la rejoindre à l'hôpital, en fait si, je sais...et la vérité est que je n'ai PAS envie d'y aller! J'en ai tellement marre de tout ça! De tous ces drames! Je n'en peux plus...je veux une vie normale! Pourquoi n'ai-je pas droit à une putain de vie normale ?! »

Complètement à bout, je craquai dans les bras de mes parents et me mis à pleurer à chaud de larmes. Je me permis enfin de baisser les armes et de n'être qu'un gamin de dix-huit qui doit malgré lui affronter des problèmes d'adultes. Mes parents ne firent aucun commentaire, ils se contentèrent d'être présents pour moi, de me serrer plus fort et de me caresser les cheveux jusqu'à ce que mes larmes se tarissent. Après quelques minutes, je ne me sentais pas de meilleure humeur mais au moins, j'en avais moins gros sur le cœur.

« Tu veux un verre d'eau fiston ? » me demanda mon père.

J'hochai la tête. Il prit la bouteille et le verre qu'il gardait sur sa table de nuit puis me servis.

« Merci Papa » lui dis-je en avalant une gorgée.

« Sayang » me dit ma mère « si tu ne veux pas aller à l'hôpital, ne t'y oblige pas. Je peux appeler et essayer d'avoir des nouvelles de Camille si tu préfères ».

« Tu peux faire ça ? » m'enquis-je plein d'espoir.

« Je vais essayer de suite ».

Elle se leva et alla dans le salon passer son coup de fil, elle revient quelques minutes plus tard.

« Alors ? » lui demandai-je en même temps que mon père.

Elle nous fit un petit sourire triste.

« Je n'ai pas pu apprendre grand chose. J'espérais pouvoir discuter avec Victor mais il est en pleine opération »

Je pris une minute à faire le lien. Victor...ah oui le Dr Aldertree.

« Une des infirmières de garde m'a tout de même dit que Camille avait un taux d'alcoolémie élevé et qu'elle avait fait un arrêt cardio respiratoire dans l'ambulance, ils ont pu la réanimer ».

J'en restai tétanisé. Elle avait bu de l'alcool alors qu'elle était enceinte de presque deux mois et demi...elle avait pris le volant. Selon Tessa elle se dirigeait chez moi mais pourquoi ? Si ça se trouve c'était un mensonge. Je sentais la colère monter en moi, elle avait une nouvelle fois mis sa vie en danger et celle du bébé.

« Tu sais où a eu lieu l'accident ? » demandai-je à ma mère.

« Non Mon Cœur mais si tu veux, je peux rappeler l'hôpital ».

Je me levai d'un bond.

« Non Maman, ce n'est pas grave, je vais y aller. J'ai besoin de savoir comment va le bébé et...je... je sais que tu ne travailles pas ce soir mais... ».

Elle me prit dans ses bras.

« Je me change et on y va » me dit-elle.

« Merci Maman. Papa, je suis désolé de gâcher votre soirée... »

« Tu ne gâches rien du tout mon fils, notre priorité c'est toi et ta sœur. Votre bien-être et votre bonheur passent avant tout le reste et vous le savez. Ta mère et moi aurons d'autres occasions de nous programmer une soirée en tête-à-tête ne t'en fais pas » me rassurât-il.

« Merci » dis-je d'une petite voix.

« On se retrouve à la voiture » me dit ma mère.

Je remontai dans ma chambre en quatrième vitesse, passai une veste plus chaude et pris mon téléphone. Je vis que j'avais reçu deux messages entre temps, un de Rag' et un d'Alec.

Je lus le premier.

De Rag' : Salut mon pote, nous n'avons rien encore pu apprendre sur l'état de Camille. Son père n'est toujours pas arrivé et j'ai lâché une bombe sur Tessa. Elle sait tout sur les manigances de sa meilleure amie et de Rafael. Je m'en veux un peu car ce n'était pas le bon moment de lui annoncer tout ça... maintenant elle se retrouve complètement perdue et je ne sais pas quoi faire.

Je soupirai. Encore un problème.

De Mag's : Tu n'as pas besoin de dire quoique ce soit pour le moment, il faut lui laisser le temps d'accepter la réalité. Soit juste là pour elle, soit l'épaule sur laquelle est peut pleurer, l'ami à qui elle peut se confier, le reste suivra. On se voit tout à l'heure, j'arrive avec ma mère.

Il me répondit immédiatement.

De Rag' : Je suis soulagé de l'apprendre...je n'étais pas sûr que tu viennes. Merci pour les conseils, je vais les suivre. À tout' frangin.

J'ouvris le SMS d'Alec.

D'Alec : Je m'ennuie déjà de toi, de la chaleur de tes bras, de la douceur de tes baisers. Bonne nuit Bébé. Love u to the moon and back.

Je souris en lisant la fin de son message. Je composai son numéro et me décidai à l'appeler plutôt que de lui répondre par SMS, j'avais besoin de l'entendre. Il répondit immédiatement.

- Salut Bébé, me dit-il de sa douce voix.

- Bonsoir Mon Amour... j'ai adoré ton SMS, en particulier la fin, lui dis-je en essayant de mettre un peu d'enthousiasme dans ma voix.

- J'en suis ravi surtout que je pense chaque mot...

Il marqua une pause.

- Qu'est ce qui ne va pas Bébé ? Ta voix est... étrange, me dit-il après une minute.

Evidemment, il était clair que je n'allais pas pourvoir le lui cacher. Je soupirai longuement en me passant une main dans mes cheveux qui étaient de plus en plus longs.

Il faudrait que j'aille chez le coiffeur...pensai-je hors de propos.

- En effet, ce n'est pas la joie. Ma mère m'attend, on va à l'hôpital...Camille a eut un accident de voiture, lui dis-je en lui épargnant les détails.

- Ah...je vois. Et comment va-t-elle ? Et...et le bébé ?

Je savais que ça lui coutait de me poser ces questions.

- Je ne sais pas, on a pas pu avoir de réelles informations sur leur état de santé pour le moment.

- Tu veux que je vienne ? Ça ne me dérange pas, je sais qu'il s'agit de Camille mais je veux être là pour toi.

- Mon Amour, je te remercie de me le proposer mais je préfère te savoir loin de Camille et de ses histoires. Ma mère sera là puis Tessa et Rag' sont déjà sur place. Tu peux être rassuré et te reposer, de plus demain tu reprends les cours.

- Bébé, tant que toi tu seras mêlé à ses histoires, je le serai tout autant. Toi et moi ne faisons qu'un et je n'ai pas l'intention de fuir ou de t'abandonner, me dit-il d'un ton sans appel.

Sa dévotion me toucha. J'avais le plus aimant des petits-amis mais sa sécurité restait primordiale.

- Je sais Mon Ange, je t'assure mais la seule chose de positive dans ma vie en ce moment c'est toi. Tu es ma lumière, mon oasis, tu es celui qui me rend heureux. Tant que je peux te protéger et te préserver des aspects négatifs de ma vie je le ferai et Camille est clairement un de ces aspects. J'ai échoué une première fois, il est hors de question que ça ne se reproduise. J'ai besoin de te savoir en sécurité, tu comprends ?

Je l'entendis soupirer lourdement à travers le téléphone.

- D'accord, je vais rester tranquille mais promets-moi de m'appeler ou de m'écrire quand tu quitteras l'hôpital.

- Je te le promets Mon Ange.

- Euh Bébé? Je le réalise maintenant, qu'est ce Rag' fait à l'hôpital lui aussi ?

- Oh, longue histoire mais pour faire court disons qu'entre Tessa et lui il y a eu de l'évolution...

- Ah, je vois...je ne savais pas qu'il lui plaisait .

- Moi non plus. Je l'ai appris la nuit où mon père nous a réquisitionné pour travailler au bar. Visiblement l'intérêt est réciproque alors tant mieux pour eux. Il faut aussi que tu saches que Rag' lui a tout dit pour Camille et Rafael et même si on avait fini par s'en douter, sa réaction a confirmé qu'elle n'était vraiment pas informée de toute cette histoire .

- D'accord, donc dois-je en conclure qu'on a rajouté un membre supplémentaire au groupe ?

- Euh non, pas du tout. Pour le moment, les autres ne le savent pas. C'est à Rag' de leur dire, on verra bien comment ils prennent la nouvelle. Mon Amour, je dois raccrocher ...

- Oui bien sûr je comprends, ne fait pas attendre plus ta mère. Tu n'oublies pas de m'écrire hein ?

- Je n'oublierai pas. Je te souhaite une bonne nuit Mon Ange, je t'aime de tout mon être, fais de beaux rêves .

- Je t'aime aussi Mon Amour, de tout mon cœur. J'espère que ta nuit ne sera pas trop longue. Je penserai à toi, je t'embrasse .

Je raccrochai la mort dans l'âme. J'aurais mille fois préféré passer la nuit avec Alexander comme hier soir plutôt qu'aux urgences à cause d'une énième connerie de Camille. Je mis mon téléphone dans ma poche et partis rejoindre ma mère.

On arriva aux urgences plutôt rapidement, la circulation avait été moins dense que d'habitude compte tenue de l'heure tardive. En arrivant dans la salle d'attente, on vit Valentin en pleine discussion avec le Dr Herondale. Il n'y avait pas de traces de Ragnor et de Tessa.

« Sarah ? » s'exclama le Dr Aldertree qui sortait d'une salle de consultation « tu n'es pas sensée être de repos ?

Il réalisa ma présence et me salua.

« Mon fils avait besoin de moi. Camille a été conduite ici suite à un accident de la route » lui expliqua ma mère.

« Ah, je n'étais pas au courant, j'ai enchainé les opérations ce soir. Vous avez des nouvelles ? »

« Non, on arrive tout juste » lui répondis-je.

Le Dr Herondale et Valentin, arrivèrent à notre niveau.

« Bonsoir Sarah, bonsoir Magnus » nous salua ce dernier.

Le Dr Herondale pris ma mère et Victor à part pour discuter et me laissèrent seul avec lui. Depuis que j'avais appris dans quoi il trempait, j'avoue que je méfiais encore plus de lui.

« Alors, des nouvelles ? » lui demandai-je néanmoins.

« Oui, elle est en salle de réveil et va s'en sortir. Les médecins disent qu'elle a eu beaucoup de chance encore une fois, elle a reçu un coup à la tête et a trois côtes cassées. Elle était en hypothermie quand les secours sont arrivés, c'est ce qui a causé son arrêt cardiaque ».

« Et le bébé ? »

Le Dr Herondale arriva au moment où je lui posais la question.

« Je vais répondre à ta question Magnus mais pas ici, suis-moi, il faut qu'on discute ».

Je tournai la tête vers ma mère, elle avait une petite mine inquiète.

« Je t'attends ici Sayang » me dit-elle en m'embrassant sur le front.

Je sentais que ce qui allait suivre n'allait pas me plaire.

« D'accord » lui dis-je avant de suivre la doctoresse dans une pièce qui semblait être son bureau.

« Je t'en prie, tu peux t'assoir » m'invitât-elle.

Je m'exécutai.

Je trouvais la situation étrange et commençais légèrement à paniquer. Si tout allait bien pour le bébé elle ne m'aurait pas fait venir ici pour en discuter... enfin je crois.

« Pouvons-nous aller droit au but ? » lui demandai-je nerveusement.

« Bien entendu. Magnus je vais être honnête avec toi, le bébé s'en sort pour cette fois mais je ne suis pas sûre qu'il puisse survivre à une troisième attaque. On a eu du mal à entendre les battements de son cœur, il est fragilisé et je m'inquiète pour son développement. L'overdose de Camille, maintenant l'alcool et l'accident, tout ceci ne peut plus durer si vous voulez que cette grossesse arrive à terme. Comprends-tu ce que cela signifie ? »

Je soupirai.

« Oui, que Camille pourrait perdre le bébé » dis-je mécaniquement.

J'étais conscient de la gravité de ce que m'apprenait le Dr Herondale mais étrangement je ne ressentais pas grand-chose pour le moment.

« C'est exact. J'en ai discuté avec son père, il a prévu de l'emmener voir un psychologue et il m'a assuré qu'il réduira ses déplacements afin de pouvoir s'occuper plus d'elle, mais pour les fois où il devra s'absenter, il faudrait que ce soit toi qui prenne le relais en quelque sorte ».

Quoi ? J'avais du mal entendre...

« Pardon ? Il en est hors de question ! Je vous rappelle que je n'ai que dix-huit ans et que je passe le Bac dans 3 mois! J'ai autre chose à faire que de jouer les nounous pour Camille ! » répliquai-je agacé.

Le Docteur me regarda tristement.

« Magnus, Camille a besoin d'être entouré pour le bien du bébé...c'est toi le père... »

« Oui enfin, ça, on en sait encore rien ! » rétorquai-je de mauvaise foi.

« Magnus... » recommençât-elle.

« Inutile d'insister » la coupai-je avant de reprendre plus calmement « Valentin pourrait embaucher quelqu'un pour surveiller Camille pendant ses absences. Une dame de compagnie ou un coach de bien-être peu importe je m'en fous, mais ce ne sera pas moi. Est-ce suffisamment clair ? »

Elle soupira.

« Ta mère m'avais prévenu que tu refuserais ».

Sans blague, pensai-je...

« Vous auriez dû l'écouter » lui répondis-je en la regardant droit dans les yeux.

« Magnus, ce qui m'importe c'est l'intérêt du bébé. C'est mon rôle. Son bien-être et son bon développement ne dépendent que de Camille et de son hygiène de vie. Il n'y a pas d'autres solutions, alors tôt ou tard, il faudra que tu mettes de côté l'amertume et la rancœur que tu éprouves envers elle pour la survie du foetus ».

Je me levai en soupirant et fis un pas vers la sortie avant de m'arrêter.

« Je ferai ce qu'il faut pour le bien du bébé mais ce que je ressens pour Camille est incurable et irréversible, ne nourrissez aucun faux espoirs là-dessus » lui dis-je en quittant la pièce.

Je retournai dans la salle d'attente. Valentin brillait par son absence mais je fus ravi de voir que Ragnor était de retour accompagné de Tessa. Ils étaient en pleine discussion avec ma mère.

« Hey mon pote ! » me salua Rag' en me serrant rapidement dans ses bras.

Il me fit une petite tape amicale.

« Ça va ? »

Je soupirai de nouveau. J'avais l'impression de faire ça toutes les deux minutes en ce moment.

« Ouais, j'ai juste hâte de rentrer ».

Je fis la bise à Tessa, elle avait l'air exténuée et ses yeux étaient légèrement rougies et gonflés...elle avait dû pleurer.

« Mag's...je...je te dois des excuses. Je n'ai pas arrêté de défendre Camille et... »

« Ne t'en fais pas avec ça Tessa, on en discutera après » la coupai-je.

Ma mère n'était pas au courant de toute l'histoire concernant Camille et Rafael et je n'avais pas prévu qu'elle le soit ce soir.

Je fis à Tessa un regard appuyé afin qu'elle comprenne, je l'espérai, le sous entendu.

« D'accord... » se contenta-t-elle de me répondre.

Je m'adressai à ma mère.

« Maman, Camille est réveillée ? Je ne vois plus Valentin... »

« Oui, ça y est Mon Cœur, à l'instant. Je ne sais pas si tu veux aller la voir ou... ».

Elle ne termina pas sa phrase.

« On a eu les informations dont on avait besoin, on peut rentrer » lui répondis-je sans l'ombre d'une hésitation.

Je n'avais aucune espèce d'envie de me retrouver dans la même pièce que Camille.

« On va y aller nous aussi » me dit Tessa.

Ah tiens, elle non plus ne voulait pas la voir...les révélations de Rag' avaient atteint leur but. Camille ne méritait pas d'avoir d'amis de toutes les façons.

On s'apprêtait à se mettre en route quand Valentin nous interpella.

« Mais vous partez ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.

Ma mère prit la parole.

« Oui Valentin, nous sommes soulagés que Camille soit sortie d'affaire et que le bébé aille bien mais il est tard, les enfants ont cours demain, il est temps de rentrer »

Il soupira.

« Elle veut te parler Magnus » m'annonça Valentin.

Merde. Je tentai d'esquiver.

« Dites-lui que je passerai la voir demain...là je dois rentrer, je suis exténué ».

« Magnus, juste une minute s'il te plait. Elle a beaucoup insisté ».

Ma mère, Tessa et Rag' me regardaient attentivement.

Je soupirai de frustration en me passant les deux mains dans les cheveux.

Jusqu'au bout putain, elle me faisait chier jusqu'au bout!

« Entendu, juste une minute » dis-je contraint et forcé.

Je me dirigeai d'un pas agacé vers la chambre que m'avait indiqué Valentin. Je n'étais même pas encore face à elle que je sentais déjà la colère m'envahir. Je ne pris pas la peine de frapper et entrai. Je m'avançai jusqu'à son lit et enchainai directement.

« Tu voulais me voir ? » lui demandai-je sans détour.

Pas de bonsoir, pas de comment tu te sens, j'avais juste hâte d'expédier cette conversation. Elle parut surprise.

« Eh bien » dit-elle « ça annonce la couleur... ».

Je l'observais un instant sans répondre. Elle avait des bandages autour de la tête, son teint était pâle. Elle était branchée à un appareil respiratoire. La vue de tout ceci me fit penser à Alec et à l'enfer qu'on avait dû traverser à cause d'elle.

Je serai les poings.

« Qu'est ce que tu me veux Camille ? Peut-être me soumettre une autre de tes idées brillantes afin d'achever le bébé que tu portes ! » l'accablai-je d'un ton cinglant.

Elle ouvrit de grands yeux choqués.

« C'était un accident ! Ce n'était pas volontaire ! J'ai perdu le contrôle du véhicule et... »

« Epargne-moi tes excuses Camille ! » dis-je en haussant le ton. « La dernière fois qu'on s'est parlé, tu m'avais dit que tu ferais attention et maintenant j'apprends quoi ? Que tu avais un taux d'alcoolémie élevé ! Et comme si ça ne suffisait pas, il a fallu que tu prennes le volant ! Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?! Je ne t'ai pas obligé à garder le bébé, c'était un choix commun ! Fallait le dire si tu n'étais pas d'accord ! Tu es en train de mettre sa vie en danger ! Il pourrait déjà souffrir d'une mal formation cardiaque à cause de tes conneries !» hurlai-je.

J'étais fou de rage, être dans la même pièce qu'elle m'irritait au plus haut point. Je n'avais qu'une envie; m'en fuir.

Elle m'observa un instant sans rien dire, une lueur étrange traversa dans son regard.

« Ça te va bien de me faire des reproches alors que si j'étais dans cet état et dans cette voiture c'était uniquement par ta faute » me dit-elle froidement.

J'en restais abasourdi.

« T'es sérieuse là ? »

« Oui ! C'est de ta faute ! » hurla-t-elle « Je sais que tu te tapes cette petite pute d'Alec » lâcha-t-elle avec amertume.

Mon sang ne fit qu'un tour.

« Je t'interdis de parler de lui ! Tu ne sais rien de ce qu'il se passe entre Alec et moi ! On s'aime tu entends ? Je savais que tu finirais par l'apprendre, que Rafael finirait par te le dire... »

« Comment ça Rafael ? » me coupa-t-elle tout à coup.

Je la regardai en fronçant les sourcils.

« Ce n'est pas lui qui te l'a dit ? »

Elle me dévisagea une minute, ses yeux brillaient d'une intensité rare.

« Ce n'est pas le sujet...tu m'as trahi; tu disais que tu m'aimais et que tu ne ressentais pas ce genre de sentiment pour lui » me dit-elle plus calmement.

Elle souffrait, je pouvais le voir dans son regard mais ça ne me touchait pas...ce regard-là ne me touchait plus. C'était comme si j'étais immunisé contre tout ce qui pouvait lui arriver désormais, je m'en foutais complètement.

« C'était la vérité. Je n'avais pas conscience des sentiments que j'éprouvais pour lui à l'époque et quand je t'ai dit que je t'aimais je le pensais. Aujourd'hui il ne reste plus rien de cet amour Camille, tu parles de trahison alors que c'est toi qui a donné le premier coup en t'en prenant à Alec ».

« Et avec raison ! » cria-t-elle de nouveau « J'avais raison de me méfier de lui ! Ça fait des années qu'il attendait son moment pour agir et il a réussi ! Il a réussi à te voler ! Il t'a volé à moi ! Il t'a volé ! ».

Je n'en croyais pas mes oreilles, elle était complètement folle.

« Camille, je ne suis pas un putain d'objet ! Je ne suis pas TA chose ! J'ai des sentiments et je fais mes propres choix alors arrête de diaboliser Alexander, il n'y est pour rien ! »

Elle ricana amèrement.

« Toujours à le défendre...comme c'est pathétique... »

« Camille... » l'avertis-je.

« Quoi Magnus ? Tu crois que tu peux avoir tout ce que tu veux ? Etre avec lui ? Jouer au bon samaritain et t'assurer que le bébé s'en sorte ? Tu espères quoi ? Fonder une belle et heureuse famille avec Alec et NOTRE ENFANT et m'éjecter de ta vie ? JAMAIS ! Tu entends ! Jamais tu auras droit au bonheur ! Je veux que tu souffres tu m'entends ! Je veux que tu souffres et qu'Alec souffres ! Que vous souffrez tous ! ».

Camille devenait complètement hystérique. Le moniteur de fréquence cardiaque s'affola. Je pris une profonde inspiration afin de calmer mes nerfs qui étaient sur le point d'exploser.

« Camille, calme-toi. Tout ce stress n'est pas bon pour le bébé... » la conseillai-je plus doucement.

Elle commença à inspirer puis à expirer lentement.

« Evidemment, c'est tout ce qui t'importe... » me dit-elle en me fixant du regard.

« Camille je te l'ai dit. Entre nous il n'y a rien et il n'y aura plus jamais rien. On pourrait essayer de calmer le jeu pour le bien du bébé mais c'est tout ».

Elle continuait à me fixer avec insistance, son regard devenait inquiétant.

« Dans ce cas, autant mourir... ».

Mon sang se glaça.

« Qu'est-ce tu racontes...ne dis pas des choses pareilles » lui dis-je inquiet.

Je la croyais capable de tout.

« Tu ferais mieux d'y réfléchir... le marché est simple Magnus. J'exige que tu rompes avec Alec ou je te jure que l'enfant que je porte ne vivra pas suffisamment longtemps pour que tu aies le bonheur de l'entendre t'appeler papa ».

Sa phrase me glaça le sang. On en était encore là, elle m'imposait de faire un choix mais cette fois, ce n'était pas simplement entre elle et Alexander, non cette fois la vie de ce petit être innocent pesait macabrement dans la balance.

Je fus pris de vertige.

« Et n'essaie pas de me dire que tu ne sais pas si ce bébé est le tiens car je sais qu'au fond tu le sais. Tu insistes pour faire ce test de paternité mais au fond tu en connais déjà le résultat, tu sais que c'est toi le père » me dit-elle ses yeux meurtriers toujours plantés sur moi.

« Tu es horrible Camille, comment peux-tu te regarder en face? Comment peux-tu supporter d'être toi ?! Tu menaces la vie de ton propre enfant! Quelle mère ferait une chose pareille ? » lui répondis-je horrifié.

« TU m'y obliges ! » cria-t-elle « C'est uniquement de TA faute ! Et si cet enfant meurt ce sera également de TA faute ! Son destin est entre tes mains, c'est Alec ou lui! » me dit-elle d'un ton menaçant. « Et ne pense même pas à me mentir ou à faire semblant de rompre avec lui car je le saurais. Je te jure que je le saurais et que je me vengerai ».

Je repensais à tout ce que nous avait dit l'inspecteur Garroway, la mafia, les flics corrompus. Je ne devais pas en douter, Camille avait les ressources nécessaires pour obtenir tout ce qu'elle voulait et faire de ma vie un véritable enfer...c'était déjà le cas.

Je me sentais de nouveau pris au piège, je suffoquai, il fallait que je sorte d'ici et vite. Sans prendre la peine de lui répondre, j'amorçai un pas vers la sortie.

Sa voix menaçant, m'arrêta.

« Magnus! Tu as 24 heures... » m'avertît-elle.

Je quittai la chambre, nauséeux, mes jambes tremblaient et mon cœur battait la chamade. Mes nerfs allaient lâcher comme un bâton de dynamite prêt à exploser. Je voyais rouge.

Camille avait encore frappé. Elle s'en était déjà pris à Alec et savait qu'on serait tous vigilants désormais. Qu'elle aurait probablement plus de difficultés à s'en prendre à lui de nouveau alors elle avait trouvé un autre moyen de m'atteindre...un moyen hautement plus efficace. Elle avait compris que le seul moyen de pression qui lui restait était de s'en prendre directement au bébé. C'était comme s'il était en otage...il était pris au piège à l'intérieure d'elle et cette pensée me révulsait. Ressentait-il tout ça ? Etait-il effrayé ? Je n'avais aucune idée de comment j'allais pouvoir m'en sortir sans perdre une partie de moi-même dans le processus...cette fois il était évident que j'allais sombrer et que j'aurais personne pour me sauver.

Fin du chapitre.