Laety : Wow, wow, wow, calm down ! Athéna et compagnie, on les retrouvera bientôt, t'inquiète. :) Mh, cette réplique de Manigoldo* est intéressante, je l'avais oubliée - où l'ai-je tout simplement pas entendue ? Je ne sais pas ce qui arrive aux chevaliers, après leur mort. Enfin, si, mais, le spoil, c'est le mal. u_u Et pour ton deuxième commentaire : on saura bientôt ce qui a séparé Shiryu et Shun. Quant aux dieux, je crois qu'ils ont mal digéré qu'une bande de mortels aient réussi à tuer l'un des leurs, même si c'est le mal aimé de la famille. Et, oui, il y aura un peu de romance - mais rien qu'un peu, parce que je suis rarement férue d'histoires à l'eau de rose.

Hemere : On dirait que la dispute entre Shun et Shiryu choque plus que Seiya ! xD Ah, voilà une remarque pertinente : ils sembleraient qu'ils aient effectivement perdu une partie de leur pouvoir. Quant à la crise... essaie de deviner, parce que tu le sauras pas dans ce chapitre. ;)


Chapitre 4
Le Refuge

Seiya se mit à trembler. Aussitôt qu'il eut vu l'expression de Shun, il se dit qu'il avait sans doute fait une énorme bêtise. À présent, son air enragé et sa démarche décidée le confirmait. Il se surpris à soudainement craindre pour sa vie. Pas que cela soit la première fois, mais ça le choqua. Il ne pensait pas avoir un jour si peur de son ami. Ça n'avait rien à voir avec la fois où il s'était fait posséder par Hades, où il avait davantage eu un sentiment de choc et de surprise que de peur. Là, il se sentait réellement en danger. Il eut presque envie de se cacher de la fureur d'Andromède dans le coffre... Cette même fureur qui avait décimé une horde de Morts.

Belle attrapa le bras de Shun, tentant de lui arracher sa batte, paniquée. Elle n'avait pas tout de suite compris que Seiya avait ôté le bandage qui cachait sa vue, mais elle avait senti la panique grimper en flèche dans son coeur quand elle s'en était rendu compte. "Qu'a-t-il vu, exactement ?" s'était-elle demandé brièvement, le temps d'un souffle, à peine. Elle avait vite écarté cette pensée de son esprit pour se concentrer uniquement sur Shun, qui se calmait à peine d'une crise, qui était armé et très en colère. Il fallait s'occuper de son cas en priorité !

"Shun, arrête, calme-toi !
- J'avais dit qu'il ne devait rien voir !
- C'est vrai, mais c'est pas la peine de t'attaquer à lui !
- Mais je vais pas l'attaquer, cria-t-il !
- Excuse-moi, mais comme t'es là, t'as l'air de vouloir frapper sur tout ce qui bouge, répondit-elle plus fort !"

Il la regarda droit dans les yeux. Ses pupilles ne reflétaient aucune émotion, elles ne le pouvaient plus depuis bien longtemps, mais son visage... Il était en colère, certes, mais une certaine détresse transparaissait. Il avait peur : peur de son regard, peur de son jugement, peur qu'il le haïsse déjà... peur de le perdre avant le moment prévu. Elle le regarda longuement avant de prendre délicatement son arme. Il la laissa faire, puis soupira avant de se détourner d'elle, les poings serrés. Il fit quelques pas, s'éloignant du van.

"Shun, appela Belle, incertaine ?"

Pour toute réponse, il mit un puissant coup de botte renforcée dans la tête d'un Mort qui traînait au sol, la faisant éclater dans une gerbe de sang noir et faisant voler le peu qu'il en restait à quelques mètres de lui, jusque dans le bus. Un peu de sang et de reste de vieille cervelle pourrie éclaboussa la carrosserie. S'il avait eu sa batte, se dit Belle, il se serait sans doute défoulé sur la carcasse d'ambulance qui trainait sur l'autre bande... voire même sur leur van. Dans ces moments-là, il avait tendance à perdre tout self-control.

Elle regarda vers Seiya, qui ne savait plus où se mettre. Dans un soupir, elle alla fouiller l'ambulance à la recherches de matériel encore utile. Elle trouva un semblant de pharmacie encore plein, qu'elle décida de garder, puis fit demi-tour. Elle s'approcha de Shun et effleura son bras en une caresse, pour le rassurer et l'aider à se calmer. "Je suis là." lui disait-elle par ce simple geste plein de douceur. Sans plus un regard pour lui, et sans qu'il ne la regarde, elle retourna au van et grimpa dedans, se posant près du jeune homme sur la banquette arrière. Il triturait ses mains, le regard fixe. Il tremblait encore un peu et se mordillait la lèvre dans un geste nerveux.

"Seiya... commença la jeune fille. N'aie pas peur de lui, d'accord ..?
- Qu'est-ce qui lui arrive, demanda-t-il alors d'une voix blanche ?
- ... Écoute... Il ne voudrait pas que je t'en parle... Il veut te protéger.
- Me protéger, me protéger, vous n'arrêtez pas de me dire ça ! Mais vous voulez me protéger de quoi ?!"

Belle resta silencieuse un moment. Elle regarda Shun, par le pare-brise, qui venait de s'appuyer sur le capot, regardant droit devant. Il semblait attendre... sans doute l'autorisation pour retourner dans le véhicule pour continuer la route. Elle regarda ses cheveux verts, encore salis de sang de Mort, se balancer dans le vent frais du soir.

"Il est arrivé quelque chose à Shun... quelque chose de très grave. Il ne m'en a jamais parlé, je l'ai appris de la bouche d'un autre. Il en souffre encore beaucoup, aujourd'hui.
- Et toi ? Tu ne peux pas m'expliquer ce qu'il se passe ? Tu peux pas me dire quelque chose ?
- Pas maintenant. Il s'en rendrait compte et ne me le pardonnerait jamais. Il ne s'isolerait que davantage. Or, il a besoin de moi. S'il se retrouve seul, j'ai peur de ce qu'il est capable de faire.
- Quand pourrais-je savoir ?
- Au camp, tu sauras, c'est promis. Shiryu répondra à toutes tes questions."

Belle le regarda un instant dans les yeux, pour lui montrer qu'elle était sincère. Qu'elle voulait l'aider, mais qu'elle ne pouvait pas en faire plus pour lui. Elle lui fit promettre d'arrêter d'embêter Shun avec des questions trop personnelles, avant de reprendre sa place au volant en se glissant avec souplesse entre les deux sièges avant. Elle pressa un coup sur le klaxon - provoquant un prodigieux sursaut du jeune homme encore dehors - et lui fit signe de rentrer dans le véhicule : le ciel s'assombrissait et il était temps de rejoindre le refuge.

Après de longues minutes de route dans une ambiance tendue, le trio atteignit un bâtiment à l'apparence négligée, à l'allure d'un vieux motel miteux où on n'a pas envie de passer la nuit. La porte d'entrée, cependant, était barricadée... comme toutes les entrées possible du rez-de-chaussée. Seiya se demanda alors comment on entrait dans cette bâtisse. Étaient-ils vraiment au refuge ?
Shun sortit du van et se posta devant le bâtiment. Il saisit, au sol, une longue tige de fer avec, tout au bout, un gros crochet. Il saisit, avec l'outil, au niveau d'une fenêtre du deuxième étage, une sorte de barre en acier, qu'il tira. Elle était reliée à plusieurs autres barres par des câbles de fer, formant une échelle qui retomba au niveau du sol, lui donnant un accès à la fenêtre. Le jeune homme reposa son crochet et grimpa avec l'aisance de l'habitué, entrant dans le refuge.

"Wow... fit Seiya, impressionné. Qui a fabriqué ce truc ?
- J'en ai pas la moindre idée, mais c'est ingénieux. Ce système a été pensé pour pas que les Morts entrent. Ils sont pas assez malins pour utiliser le crochet.
- Et les blessés ? fit Seiya en tapant sa jambe. Ils entrent comment ?
- T'inquiète, il y a un monte-charge."

A cet instant, un plateau soutenu par des câbles plus épais descendit au niveau du sol. Il était tout juste assez large pour accueillir un fauteuil tel que celui de Seiya. Celui-ci se demanda un instant si c'était bien safe, comme dispositif.
Belle sortit du van et récupéra le fauteuil à l'arrière. Elle fit ensuite sortir le jeune homme, qu'elle installa dedans avec difficulté. Malgré son petit gabarit, elle semblait avoir la force de le soutenir, au grand étonnement de Seiya. Cependant, elle avait peur de lui faire mal et de mal l'installer sur son fauteuil, qu'elle poussa jusque sur le plateau quand elle eu fini, avant d'actionner les freins.

"C'est bon, Shun, tu peux le faire monter !"

Seiya observa le plateau s'élever, montant lentement jusqu'au deuxième étage, par longs à-coups, encore assez doux pour qu'il ne chute pas en bas du plateau. Belle prit son sac dans le van, qu'elle verrouilla avant de monter à l'échelle à son tour, pour entrer par la fenêtre. En moins de trois minutes, Seiya était dans le refuge avec ses deux compagnons, les regardant remonter l'échelle et attacher le système d'ascension du monte-charge.

"Et voilà ! fit la jeune fille. Je vais voir ce qu'il reste dans les réserves.
- Le dernière fois qu'on est venu, il restait des légumes dans le potager du balcon arrière... mais j'suis pas sur qu'ils soient encore super frais."

Belle s'arrêta et le regarda, un sourcil arqué, comme s'il avait balancé la plus grosse énormité qu'elle ait entendue. Elle le regarda bêtement quelques secondes, alors que Shun lui rendait son regard, avec l'air de dire "J'ai dit quoi, encore ?".

"... Bah quoi ?
- Shun, on est passé par ici i peine trois jours.
- ... Trois jours, t'es sure, demanda-t-il après un moment de réflexion ?"

Elle soupira, levant les yeux au ciel, et changea de pièce. Le jeune homme passa une main dans ses cheveux, semblant réfléchir, avant de se mettre à compter sur ses doigts, l'air perdu. Seiya l'observa un instant, avant de saisir ses roues et de les tourner pour regarder autour de lui et se balader en peu. Toutes les pièces se ressemblaient : un plancher qui craque, une tapisserie murale qui se décolle, un ameublement spartiate, ... Il vit deux chambres composées qu'un lit deux personnes et d'un bureau ; une salle de bain sans eau - très pratique - ; deux pièces ressemblant à des débarras, un tas d'objets plus ou moins utiles s'y entassant ; et une sorte d'atelier. Il avait aussi vu un escalier menant à l'étage du dessous. Évidemment, il ne pouvait y descendre avec le fauteuil, mais il avait pu voir, du haut des marches, un second escalier descendant encore plus bas, au rez-de-chaussée, solidement condamné : sans doute dans le cas où les morts parviendraient à détruire les barricades de la porte d'entrée ou des fenêtres.

"Ça paie pas de mine, mais c'est assez bien foutu pour passer la nuit en sécurité. fit une voix sur sa gauche. Y'a de quoi manger, purifier de l'eau et stocker des trucs pour plus tard. On peut même fabriquer de nouvelles armes."

Seiya regarda Shun s'avancer vers lui. Il avait ôté ses gants et déposé sa batte quelque part. Cependant, dans sa main, il tenait une nouvelle arme : un arc semblant fait d'acier, avec une lunette pour aider à la visée et des petites poulies aux extrémités de la corde, sans doute pour faciliter l'utilisation. Il avait un peu de vécu, car le revêtement était usé par endroit, mais il semblait puissant. Il devait avoir une portée assez conséquente. Dans son autre main, le jeune homme tenait un carquois avec une vingtaine de flèches en acier.

"Pourquoi tu te balades avec ça ?
- Il est toujours bon d'être armé, dans ce monde.
- Et ta batte ?
- Qui t'a dit que c'était pour moi ?"

Shun laissa presque tomber l'arc et son carquois sur les genoux de Seiya, avant de s'éloigner, lui précisant qu'il devrait s'exercer à bander l'arc pour travailler ses bras. Après tout, un coma aussi long, ça vous ramolli les muscles.


(*) Dans les commentaires, Laety m'a rappelé une réplique de Manigoldo du cancer dans The Lost Canvas : "Seuls les faibles perdent leurs esprits en mourant"