Salut à tous ! Je m'améliore, vous avez vu ? Déjà le chapitre 9 ! Espérons que cette cadence se tienne, je m'en voudrais de vous refaire le coup de vous laisser un an sans nouvelles. En parlant de nouvelles, je remercie tous les nouveaux lecteurs qui viennent jeter un œil à cette fanfic, autant ceux qui laissent des reviews que ceux qui n'en laissent pas !

Un merci particulier à YunY, Darkacuario, CptJackHarkness, Hemere et Fana24Manga pour leurs derniers retours ! Ça me motive beaucoup à avancer.

Big up à Darkacuario qui lit ma fanfic en n'étant pas francophone de base ! *applause* And, actually, he gone crazy, our Shunny x)

Hemere, je garde ton idée de pouvoir de commande de zombies sous le coude xD Ça pourrait donner un truc intéressant xD

Bon, sans tarder, voilà la suite de la fanfic ! Bonne lecture et merci encore !


Chapitre 9
Et l'Avenir

Le ciel était couvert, au-dessus de sa tête, comme si Apollon avait souhaité se cacher de la vue de ce monde désolé. Le visage levé vers les nuages d'un gris pâle, Shun profitait de la brise, sous la surveillance des gardiens du Colisée, assis sur le plus haut point de la structure, qu'il avait escaladée sans se faire repérer. Arrivé là-haut, il s'était fait remarquer et un gardien l'avait visé en lui demandant de descendre.

"Oh, laissez-moi respirer ! Ici, j'embête personne !"

L'argument avait fait mouche, et le gardien, un jeune homme à peine majeur, l'avait laissé tranquille, le gardant quand même dans son champ de vision après avoir prévenu son supérieur de sa présence. Shun lui était reconnaissant de ne pas avoir insisté : un autre gardien lui aurait sans doute mis une balle dans la tête pour sa résistance. Il avait juste envie de solitude et, dans le Camp plein de survivants, il n'en trouvait nulle part.

La veille, après avoir tout avoué à Seiya, celui-ci était parti. Il n'avait pas su trouver les mots pour le rassurer, et avait préféré digérer l'histoire dans son coin et, sans doute, faire le deuil de leur ami disparu. Shun ne pouvait pas lui en vouloir : il l'avait laissé faire et s'était juré de ne plus l'approcher, pour ne pas l'embarrasser. De plus, il avait commencé ses soins et sa rééducation dès ce matin. Il devait probablement être avec Shiryu, en ce moment, qui devait lui expliquer comment fonctionnait le Camp, ou avec Saori, avec qui ils rattraperaient le temps perdu.

Quant à Belle, après le départ de Seiya, elle était juste restée là, sans savoir comment agir avec lui. Peut-être que le baiser l'avait effrayée et qu'elle souhaitait mettre de la distance. Ou alors sa version de l'histoire était-elle plus effrayante encore que celle de Shiryu. C'est ce que Shun pensait. Aussi il avait préféré dormir sans elle - ce qui signifiait ne pas dormir du tout - et la laisser tranquille ensuite. Il songeait même à repartir seul, pour sa sécurité, même si elle lui était indispensable. Son cœur se serra rien qu'à cette pensée.

"Hey ! Toi, là-haut !"

Shun fronça les sourcils et regarda en bas. C'était le gardien qui l'avait repéré quelques temps plus tôt... combien de temps, d'ailleurs ?

"C'est toi, Shun ?
- Ouais, c'est moi. Pourquoi ?
- Mademoiselle Kido te cherche."

Avec un air dubitatif, Shun se tourna pour amorcer sa descente, avec prudence pour ne pas se blesser, tout en se questionnant. Saori ? Que lui voulait-elle ? N'était-elle pas avec Seiya ? Si elle était avec lui, Andromède se promit d'écourter l'entrevue... Il n'avait pas envie de voir qui que ce soit, en fait.

"Elle t'attend à l'intérieur."

Shun soupira et se dirigea vers la trappe qu'empruntaient les gardiens pour descendre de leur poste. Il descendit l'échelle et longea le couloir pour quitter les quartiers des Corps Armé du camp, sous le regard surpris de certains gardiens en pause qui se demandaient visiblement ce qu'un civil faisait là, mais sans l'interpeller pour autant. Ils rejoignit la zone commune en quelques minutes et retrouva sans peine Saori qui l'attendait devant. Elle lui souriait avec douceur, et tenait dans ses mains une barre de céréales qu'elle lui tendit.

"Belle ne savait pas si tu avais mangé... alors elle m'a demandé de te donner ça.
- Oh... Euh, merci..."

Il prit la barre et, n'ayant pas faim sur le moment, la rangea dans sa poche, avant de regarder la jeune femme devant lui plus en détails que la veille. Elle avait un peu grandi et, si il la dépassait de quinze bons centimètres la dernière fois qu'ils s'étaient vu, ayant eu une poussée de croissance fulgurante, elle l'avait rattrapé, sans pour autant faire sa taille. Il la dominait donc encore de quelques bons centimètres.

"Belle a si peur de moi qu'elle t'envoie me chercher juste pour me donner à manger ?"

Saori émit un petit rire en secouant la tête, un rire clair, naturel, le genre de rire qu'on a avec un ami... comme s'il ne s'était jamais rien passé...

"Non... Je voulais te parler et je pensais vous trouver à la cantine. Elle m'a dit que tu la fuyait alors elle m'a demandé de te nourrir à sa place."

Shun soupira et regarda ailleurs, avant de grommeler.

"C'est elle qui me fuit.
- Fais pas ton Ikki."

Shun grogna pour toute réponse. Ça lui prenait de plus en plus souvent et, quand il en avait conscience, ça lui faisait peur. Il avait le sentiment de se rapprocher de plus en plus des Morts, et de s'éloigner davantage des vivants chaque jour.

"Justement, c'est de lui que je voulais te parler... entre autre. dit-elle en le saisissant par le bras pour l'entraîner ailleurs. Et j'avais envie de passer du temps avec toi, ça fait trop longtemps que tu es sur les routes.
- Et Seiya ?
- Il est avec Shiryu chez le médecin."

Saori entraîna Shun à travers les couloirs, comme Belle l'avait fait la veille. À croire qu'elles avaient peur qu'il se perde dans tout ce dédale. En chemin, la jeune femme fut saluée par tous les réfugiés qu'ils croisaient, comme s'ils la connaissaient tous, mais ils adressèrent un regard méfiant à Shun, qui se demanda ce qu'il avait de si terrible.

"Shiryu a passé une annonce sur moi, ou quoi ?
- Si tu arrêtais de regarder tout le monde comme si ils allaient te décapiter, ils ne te regarderaient pas comme ça.
- Comme si... hein ?
- Tu ne t'en rends même pas compte... soupira-t-elle. Shun, les seuls murs qu'il y a entre toi et le monde, c'est toi qui les dresses. Tu repousses tout le monde par peur.
- Tu sais que je suis dangereux.
- Je trouves que tu te contrôles très bien."

Elle s'arrêta et le regarda, souriante et confiante. Elle regarda sa cicatrice à la joue, sur laquelle elle passa ses doigts, sans même se méfier une seconde, puis baissa les yeux sur son bandage. Par réflexe, Shun s'écarta et cacha son bras dans son dos.

"Qu'est-ce que tu fais ?
- J'ai confiance en toi... et tu devrais avoir confiance en toi... Je sais que tu ne me feras pas de mal."

Elle se détourna et continua son chemin, l'invitant à la suivre, ce qu'il fit après un instant d'hésitation. Il se demandait où elle l'emmenait, car il n'y avait pas beaucoup d'endroit où ils pourraient se retrouver seuls, selon son estimation. Ils continuèrent de marcher en silence, jusqu'à atteindre la salle de l'arène... mais ils se trouvaient dans la petite pièce qui, à l'époque des entraînement, servait de loge spéciale à Saori : ce balcon séparé de la salle de spectacle par une baie vitrée. Tous les meubles superflus avaient été débarrassés et remplacés et la pièce ressemblait désormais à une petite salle de réunion, donnant sur une large pièce débarrassée de son octogone, qui servait à l'éducation des plus jeunes survivants : il y avait quelques tableaux noirs sur roulettes, ainsi que des bancs et des chaises, sur lesquels étaient installés quelques enfants de tous âges. Un homme dans la quarantaine semblait leur dispenser un cours que Shun n'arriva pas à déterminer.

"Je me souviens de la première fois que je t'ai vu... commença Saori, le sortant de sa contemplation. Je veux dire... après ton entrainement. Tu n'avais rien à faire là... Tu n'avais pas ta place parmi tout ceux qui ne demandaient qu'à se battre... Tu voulais juste... retrouver ton frère..." Elle le regarda et sourit en voyant son air dubitatif, sourcil arqué et lèvres pincées, bras croisés sur le torse dans une pose défensive. "C'est ce que je pensais de toi à l'époque. Tu as beaucoup changé, depuis. Tu ressembles tellement à ton frère.
- Il parait... Tu voulais me parler de lui ?"

Elle l'invita à s'asseoir sur une des nombreuses chaises et sortit un papier plié en huit de sa poche, le dépliant sur la table pendant que Shun prenait place. Il regarda ce qui lui semblait être un plan dessiné à la va-vite, avec des noms de villes écrits dans une écriture grossière et maladroite... avec des fautes.

"Il m'a confié ça et m'a dit de te le donner.
- Tu l'as vu ?
- Oui, je l'ai vu. Il était avec un groupe qui semblait s'y méprendre aux Skulls...
- ... Ikki traîne avec les Skulls ?
- C'est pas ce que j'ai dit. soupira Saori. Il te cherche partout depuis des mois. Il m'a dit qu'il avait eu un mauvais pressentiment à ton sujet, comme si il t'était arrivé quelque chose. Je lui ai dit que tu étais censé ramener Seiya et il m'a laissé son itinéraire pour que tu puisses le rejoindre.
- Il pouvait pas m'attendre ici ?
- Sa bande ne pouvait pas rester, les civils se méfiaient trop d'eux. Et ils ne voulaient pas partir sans lui. C'est un peu leur... chef ?"

Shun soupira. Les rôles s'inversaient, maintenant : c'était maintenant Ikki qui le cherchait partout et lui qui devait lui courir après. Ça le ferait presque rire... presque. Ceci dit, il traînait toujours avec des types pas nets. Les Skulls étaient ses nouveaux chevaliers noirs ?

"Son instinct le trompe jamais... C'est dingue.
- Les liens de sang sont plus fort qu'un cosmos disparu.
- À ce propos... Comment t'as fait ?
- Comment j'ai fait quoi ?
- Fais pas l'idiote avec moi, tu sais très bien de quoi je parle."

Ils se regardèrent dans les yeux. Un regard vert sombre, dur, se confrontait aux yeux pers et doux, qui tentait de baisser la tension entre eux. Pendant des jours, Shun s'était questionné. Une nuit, en rêve, il avait vu Seiya se réveiller, et entendu la voix de Saori... non... d'Athéna... lui murmurant qu'il devait aller le chercher et le ramener au Colisée. Il n'avait jamais eu l'ombre d'une théorie sur ce qui avait bien pu se passer, et il était sur que Saori savait.

"Comment tu as su qu'il allait se réveiller ? demanda Shun en se levant. Comment tu as fait pour me prévenir ?
- ... Je ne sais pas.
- Tu avais dit que tu n'avais plus entendu Athéna depuis le retour des Enfers !
- Et c'était la vérité !"

Le regard de Saori se durcit à son tour. Elle qui avait toute confiance en Shun, elle ne supportait pas que lui, en échange, doute d'elle. Ceci dit, elle pouvait comprendre sa colère. Lui qui avait compté toute sa vie sur son cosmos se l'était vu arracher, et il l'avait très mal vécu, plus que les autres. Alors s'imaginer que Saori puisse encore user du sien devait lui être douloureux.

"C'était la vérité... jusqu'à la semaine dernière. Athéna m'a annoncé le retour de Seiya et t'a envoyé le chercher. Je n'y suis pour rien... Nos cosmos ne sont toujours pas reparu, ni pour moi, ni pour les autres...
- Elle t'a reparlé, depuis, la coupa Shun ?
- ... Oui. Elle m'a expliqué... que les dieux faisaient tout pour rétablir la situation... Qu'ils usaient de leur pouvoir pour recréer un corps à Hades et réparer les Enfers... La vie ne peut exister sans la mort...
- ... Je vois...
- D'après elle, on devrait récupérer nos cosmos quand la mort aura repris sa place dans le cycle.
- Et ça prendra combien de temps ?
- Elle ne me l'a pas dit... Des mois... des années, peut-être... va savoir...
- On sera tous Morts d'ici là..."

Shun soupira et fit les cents pas, se rapprochant de la baie vitrée pour regarder les enfants, qui faisaient une petite pause pour jouer à chat dans les gradins. Les enfants ne naissant plus depuis l'apocalypse, ces petits-là étaient leur dernier espoir... Mais si une catastrophe arrivait... s'ils mourraient... ou si le chantier qu'étaient les Enfers prenait trop de temps, ils mourraient tous de vieillesse avant que la situation ne s'arrange et l'humanité serait perdue...

Son cœur rata un battement... l'humanité annihilée, perdue... c'était ce qu'avait voulu Hadès, non ? Les lèvres de Shun s'étirèrent en un sourire sarcastique, qui se changea en rire. Un rire incontrôlable qui le fit trembler de la tête aux pieds, alors que ses yeux s'embuèrent.

"Shun... ?
- Il nous a bien eu... Merde...
- Qui ça ? Qui nous a bien eu ?
- Hadès ! Il doit bien se marrer, où qu'il soit ! s'emporta alors le jeune homme. Il voulait tous nous tuer avec l'Ultime Éclipse et voilà qu'on s'entre-tue !"

Saori se figea en réalisant ce qu'il voulait dire. Elle aurait aimé le contredire. Elle aurait même aimé le secouer jusqu'à ce qu'il arrête de rire... mais il disait vrai, d'un côté, malgré sa raison déclinant au fur et à mesure du temps. Aussi, elle se tut et attendit qu'il se calme de lui-même.

"À quoi ça a servi qu'on fonce en Enfer... ? continua Shun en essuyant ses larmes. Il a perdu la bataille contre Athéna, mais il a quand même gagné la guerre contre l'humanité... Nous sommes des imbéciles..."

Il se dirigea vers la table, s'y appuya et jeta un œil au plan d'Ikki, sans vraiment le voir, les yeux encore humides.

"Je ne crois pas que ce sont les Morts qui nous tuerons tous... Ce sont les gens parano prêts à éradiquer au moindre petit soupçon, à la moindre morsure."

Il se tourna vers Saori, cherchant un assentiment dans ses yeux, qu'il ne trouva pas. Elle fuyait son regard, comme si elle refusait de voir la vérité en face.

"... Tu lui as dit ? demanda-t-il soudainement. Tu as parlé de la morsure à Ikki ?
- ... Shiryu lui a dit.
- Bien sur... quelle question idiote."

Il se retourna vers le plan et le regarda un instant, lisant une à une les villes de l'itinéraire de son frère. Où était-il, à présent ? Quand était-il passé au Camp ? Était-il trop loin pour qu'il le rattrape ? Peut importe, il devait le rejoindre ! Peut-être qu'à ses côté il serait plus en sécurité que dans le Colisée, où le moindre gardien pouvait lui faire sauter la tête s'il haussait trop le ton à son goût. Il plia habilement le plan, avant de le ranger dans sa poche et de se diriger vers la porte.

"Où vas-tu ?
- Faire ce que Belle et moi avions prévu : on s'en va, et très vite. Surtout que, maintenant, on a une destination.
- Mais, attends, vous n'allez quand même pas courir à la poursuite d'Ikki à pieds ! Vous n'avez plus de véhicule, vous le rattraperez jamais comme ça !
- Et, quoi, tu as une solution ?"

Saori le regarda un instant, bras croisés sur sa poitrine. Elle avait bien une solution... mais elle n'avait pas envie que Shun s'en aille... Pas tout de suite. Elle voulait qu'il reste, et que Shiryu et lui se réconcilient... Sauf que le dragon n'avait pas l'air prêt de pardonner et, elle le savait, Belle ne laisserait jamais Andromède trop s'en approcher. Elle soupira.

"Il y a... un garage. On a réquisitionné pas mal de véhicules qui devraient vous être utiles."

...

"Trop cool, votre flotte !"

Tout sourire, Belle laissa tomber son sac par-terre et se mit à courir à travers le garage, surexcitée, se dirigeant tout naturellement vers les plus gros véhicules, alors que Shun leva les yeux au ciel, pas impressionné pour un yen.

"Doucement, Belle, je te rappelle qu'on est pas censés être là...
- Oh, ça va, ils vont pas nous entendre... !
- Elle a beaucoup d'énergie."

Le jeune homme se tourna vers Saori, qui souriait en voyant la jeune fille courir dans tous les sens pour inspecter les plus grosses voitures. Juste après leur discutions, ils avaient rejoint Belle dans sa chambre pour lui expliquer où ils iraient, et comment, puis s'étaient précipité au garage après avoir rassemblé leurs affaires pour choisir leur moyen de transport.

"Shun, celle-là, elle est trop cool !
- On choisit pas une voiture parce qu'elle est "trop cool", on la choisit pour pas que le moteur implose au bout de 10 bornes.
- Rabat-joie !
- On a besoin d'un bon réservoir d'essence et de place. Ce serait bien qu'on dorme dedans, la nuit, au cas où..."

Saori suivit leur débat pendant de longues minutes, pendant lesquelles ils tournaient autours des différent véhicules, surtout les plus gros et les plus coriaces : ceux qui les abriteraient face à une horde, et qui pourraient être assez rapides pour rattraper la bande d'Ikki. Alors qu'elle les observait, elle ne put empêcher de discrètes larmes de rouler sur ses joues, car elle entendait, là, dans le calme du garage, une petite voix insidieuse qui lui répétait que, si elle les laissait partir, elle ne le reverrait jamais...