Salut, c'est Adonis !
Nous voilà au chapitre 11, encore un chapitre plein de révélations parce que Belle est encore loin de tout savoir sur son plus proche ami ! (J'vous tease, j'vous tease !)
Je vous avoue que là, j'ai... totalement craqué ! xD Je trouvais le chapitre 10 très long et bien, j'ai abusé sur celui-ci. 33 Ko pour le fichier texte. J'ai été pris d'une frénésie de la plume, j'ai pas su m'arrêter... vous comprendrez pourquoi à la fin. ^^"
Sur ce, je voulais encore vous remercier pour les quelques petits retours sur cette fanfiction qui sort beaucoup de l'ordinaire. Je suis toujours très heureux et excité de poster des chapitres et d'attendre vos réactions, même si elles sont très peu nombreuses ^^". Les commentaires m'encouragent beaucoup et m'aident à continuer.
J'espère tenir la cadence et vous laisse enfin lire le chapitre 11 !
Bonne lecture !
Chapitre 11
Mise à Nu
La tension était presque palpable dans le refuge. Ikki et Takawa avaient décidé de s'arrêter pour la nuit à deux villes de leur destination pour passer la nuit, et laisser Shun, Ikki et Belle s'expliquer tranquillement. Ils en avaient bien besoin. Mais, alors qu'ils partageaient un repas léger dans une des chambres, personne n'osait parler. Le phénix veillait sur les deux amis, qui ne se regardaient même pas, alors que Takawa cherchait ses mots pour engager la conversation.
"Sinon... Ça fait longtemps que t'es au Japon, Belle ?"
L'interpellée leva les yeux sur le jeune homme devant elle. Il était plutôt grand et maigre à faire peur. Ses cheveux étaient décolorés et coiffés d'un bandana et il arborait un piercing à l'arcade. Ses yeux noirs semblaient se moquer de tout alors que ses lèvres étaient étirés en un sourire rieur. Il portait un pantalon bariolé et un t-shirt noir, ainsi qu'un gilet pare-balles, comme Ikki. Il nettoyait son fusil mitrailleur avec le plus grand soin et, jusqu'à présent, il n'avait pas beaucoup parlé.
"Je suis arrivée un peu avant la catastrophe... répondit Belle. Les autorités ne m'ont pas laissée être rapatriée... J'ai l'impression que ça fait une éternité que je suis coincée ici.
- Tu viens d'où, au juste ?
- Eh bien... De Belgique, pourquoi ?
- Par curiosité."
Le silence retomba. Ikki regarda Takawa d'un œil suspect, alors que celui-ci frottait le canon de son arme machinalement, sans regarder ses gestes. Il haussa les épaules puis lança, l'air de rien.
"En fait, j'étais surpris que tu n'aies pas reconnu Ikki et Shun.
- Comment ça, reconnu ?"
Shun coula un regard un regard surpris vers le blond, ne comprenant pas de quoi il parlait, avant de chercher dans ses souvenirs si il n'avait pas déjà vu ce jeune homme quelque part... Il regarda ensuite son frère, qui ne cacha pas son sourire énigmatique, comme s'il voyait parfaitement de quoi parlait son second.
"Ikki a causé pas mal de désordre dans le coin quelques mois avant l'apocalypse.
- Du désordre ? De quoi tu parles ?
- Tu n'as pas entendu parler de la Galaxian War ? C'était organisé par la fondation Graad, à l'époque."
Les yeux de Shun s'éclairèrent soudain, comme s'il comprenait où il voulait en venir. Évidemment, le Tournoi était passé à la télévision, et ce partout dans le monde ! Belle avait du le voir, ou au moins en avoir entendu parler. Après tout, c'était un événement assez spectaculaire, pour les non-initiés.
"Mon père regardait. fit la jeune fille en haussant les épaules d'un air désinvolte. Mais j'ai jamais prêté attention plus que ça, je pensais que c'était du catch, avec des effets spéciaux en plus."
Les deux frères se regardèrent un petit instant, partagés entre l'envie de rire ou de s'indigner sur la comparaison terriblement réductrice. Le cadet n'eut le temps de réagir que le phénix se laissa aller sur la première solution.
"Du catch à effets spéciaux ? rit-il en regardant Shun. Je savais pas que t'avais une carrure de catcheur !
- Très drôle. grogna-t-il en raclant sa conserve pour récupérer le peu qu'il en restait avant de le porter à sa bouche. Ch'uis mort de rire."
Belle jeta un œil à son ami, qui posait sa boîte de conserve avec un air un peu désabusé, trahissant son ironie. Elle eut un instant de réflexion en le regardant, étudiant son visage, puis coula un regard vers Ikki, qui continuait de taquiner son petit frère, arguant qu'avec son gabarit, il avait pas la tête de l'emploi. Elle les fixa tout deux un long moment... avant qu'un vieux souvenir ne remonte dans sa mémoire.
...
La cuisine était calme. Seuls les bruits du téléviseur, venant du salon, perturbait de peu le silence de la pièce, mais pas assez pour déconcentrer Belle de ses planches, sur lesquelles elle travaillait depuis deux semaines : un devoir qui traînait déjà beaucoup trop à son goût. Elle était en plein encrage quand elle entendit une voix l'appeler depuis le salon. C'était son père. Elle ne put s'empêcher de soupirer et posa son feutre pour le rejoindre. La télévision diffusait encore et toujours le Galaxian War, que son paternel appréciait tant, et qui tournait sur les télé mondiales depuis quelques jours, déjà. Elle soupira.
"Tu regardes encore ça ?
- Bah quoi, c'est cool. Et puis, les effets spéciaux sont bien faits ! En plus, regarde celle-là, elle a les cheveux comme toi."
Belle regarda mieux, écartant une mèche verte - sa folie capillaire du moment - derrière son oreille. Sur le ring, il y avait deux hommes - même si elle douta quelques minutes du genre du type en rose -, qui semblaient jouer à la bagarre. L'un, en armure mauve, présenté comme la "licorne", tentait par tous les moyen de taper sur l'autre, appelé "Andromède", qui esquivait chaque coups presque sans bouger, comme s'il se moquait éperdument de lui.
"... Mais qu'est-ce qu'elle attend, elle, pourquoi elle tape pas ? s'impatienta son père. Ça manque d'action, tout ça !
- C'est un homme, papa, répondit Belle d'un air évasif.
- Qu'est-ce que t'en sais ?
- Sa façon de parler.*"
Elle se détourna bien vite du combat sans intérêt pour retourner sur ses planches de BD, alors que son père s'égosillait vers la télé pour que l'Andromède se batte sérieusement. Elle se rassit à la table pour continuer à encrer ses dessins quelques minutes, tâchant de ne pas prêter attention aux sons de la télé, ni à son père qui sembla enfin satisfait quand la licorne se retrouva au tapis, empêtré dans des chaînes.
"Ah, voilà ce qu'on attendait !"
Elle leva les yeux au ciel. Non, vraiment, elle ne comprenait pas l'intérêt de son père pour ce spectacle. Il ne s'agissait pour elle que d'hommes déguisés en chevaliers colorés qui se battaient en suivant un scénario pré-établi pour satisfaire le public et attiser l'amour des fans. Les effets spéciaux, c'était juste un plus. Les japonais aimaient tellement se démarquer, avec ce qu'ils diffusaient à la télé. Elle connaissait bien la culture locale, car cela faisait quelques mois qu'elle en apprenait la langue et les différentes coutumes afin d'organiser un voyage qu'elle effectuerait à la fin de son année scolaire : un rêve qu'elle caressait depuis des années.
Perdu dans ses rêves de pays de Japon et de ses fantaisies, elle se surpris à jeter un coup d'œil vers le salon, surprise du silence soudain de son paternel. Elle vit alors que le scénario habituel du Galaxian War avait été corrompu, par un grand type en armure rouge et grise qui était arrivé sur le promontoire de l'armure d'or, la récompense au vainqueur du tournoi, apparemment. Il avait en main la chaîne de l'homme en rose et semblait lui en vouloir personnellement.
"Génial... pensa alors Belle. Du drama."
Cependant, elle n'arrivait pas à décrocher le regard de ces deux hommes qui se faisaient face. En écoutant ce qu'ils disaient, elle comprit qu'ils étaient frères et que l'aîné était pas très content de trouver le cadet là, en train de pleurer, car il sauta sur le ring pour l'attaquer d'un puissant coup de pied qui le mit au tapis et détruisit l'épaule de son armure rose. La Licorne s'interposa et prit lui-aussi un coup qui lui perfora l'épaule, avant qu'il ne tombe au sol sous les cris d'horreur du public... puis la diffusion s'interrompit soudainement, avec un message d'excuse.
"Wouaw... C'était quoi, ça ?
- Des... retrouvailles entre frères catastrophiques ?"
Belle sentit le regard curieux de son père sur elle, alors qu'elle dégageait encore ses cheveux bouclés de son visage. Était-ce dans le scénario du jour ? Ou bien cet homme, ce "Phénix", était-il vraiment un invité surprise ?
...
"Ne me dites pas que... Attendez... Je me souviens d'un homme en armure rose... Avec des chaînes, oui. Ça m'avait frappé parce que son frère... il avait débarqué subitement pour l'attaquer... C'était vous ?
- C'est à peu près ce qu'il s'est passé, affirma Andromède avec une grimace.
- C'étaient pas des effets spéciaux. sourit Ikki. Shun a vraiment des chaînes qui remuent toutes seules, et nous sommes effectivement assez fort pour exploser une armure en un coup de pied.
- Mais... C'est impossible, Shun devait avoir, quoi, treize ans, à l'époque !"
Shun passa une main dans ses cheveux avec une grimace gênée, puis regarda Takawa, qui continuait de nettoyer son arme, pourtant déjà brillante. Pouvait-il en parler devant ce gars en qui il n'avait pas encore tout à fait confiance ?
"T'inquiète, il est au courant. dit soudain Ikki. Il m'a reconnu, il était sur place quand j'ai mis le bazar au Tournoi et m'a demandé des explications.
- ... Bon..."
Le jeune homme soupira et se tourna vers Belle, tâchant de mettre ses idées dans l'ordre pour qu'elle puisse tout bien comprendre.
"Oui, j'avais treize ans. J'étais très jeune. Quand j'avais... sept ans, je crois, Ikki et moi, ainsi que d'autres enfants, comme Shiryu, Seiya et... et Hyoga... avons été envoyé dans des Camps d'entraînement aux quatre coins du monde pour devenir chevaliers, au service d'Athéna. Ça a duré 6 ans, environs, pendant lesquels on a appris à maîtriser notre cosmos et à se battre pour pouvoir revêtir une armure. Le Tournoi que tu as vu s'est déroulé juste à notre retour de ces Camps, après avoir reçu nos armures. Comme je te l'ai dit, elles sont toutes liées à une constellation. Je suis Andromède et Ikki est le Phénix... du moins nous l'étions...
- Comment ça, étions ? l'arrêta son frère. Tu renonces à Andromède ?
- Je doute qu'elle veuille encore de moi après ce que j'ai fait.
- ... Tu parles d'Hadès ou de Hyoga ?"
Shun baissa les yeux, avant de serrer les poings, sous le regard curieux de Belle et celui, indifférent, de Takawa.
"Pour ce qui est d'Hadès, Andromède a déjà prouvé qu'elle t'en tenait pas rigueur.
- Peut-être, mais... je ne peux pas m'empêcher de me dire que j'ai failli à ma tâche de chevalier, avec tout ce qu'il s'est passé. T'as vu dans quel état est le monde, maintenant ? On a merdé, Ikki !
- Si Andromède veut plus de toi, alors Phénix et les autres nous lâchent aussi."
Shun eut un pauvre sourire en réponse, avant de se rendre compte que son amie avait peut-être perdu le fil de la conversation.
"C'est quoi cette histoire d'Hadès ? demanda-t-elle. Finalement, tu ne m'as pas expliqué son rôle dans toute cette histoire.
- Oui, désolé... C'est lui qu'Athéna doit affronter tous les deux-cents ans. Il choisit un humain sur terre pour s'incarner dans son corps...
- Comme... une possession ?
- C'est ça, oui... L'humain choisi à cette génération a réussi à chasser son âme de son corps et on a aidé Athéna à tuer Hadès. C'est assez compliqué à imaginer pour quelqu'un qui vient seulement d'apprendre que les dieux grecs existent, mais...
- Mais Hadès un dieu!
- Oui, je sais, mais on l'a fait. Et quand il est mort, les Enfers on été détruit. C'est pour ça que c'est la merde. Shun baissa les yeux un instant. On aurait du tuer son corps d'emprunt pour l'affaiblir assez et..."
Une puissante claque l'interrompit, faisant légèrement partir sa tête sur le côté. Shun releva un regard surpris et indigné sur son frère qui, la main encore levée, le défiait de continuer d'un regard glacial. Même Takawa avait cessé d'astiquer son arme pour regarder les deux frères de ses yeux noirs, surpris, et Belle n'osait plus bouger.
"Je t'interdis de dire une chose pareille, c'est clair ?
- C'est la vérité, dit simplement Shun en se frottant la joue, qui se parait déjà de rouge.
- La ferme ! Je veux pas entendre ça ! Il était pas question que tu te sacrifies !"
Belle écarquilla les yeux, trop abasourdie pour dissimuler son choc. À moins qu'elle n'ait mal compris... Hadès... c'était Shun, qu'il avait choisi ? Mais alors cela expliquait pourquoi ces derniers jours il avait l'air déprimé, et pourquoi il culpabilisait pour ce qui était arrivé à la Terre.
Sans un mot de plus, le jeune homme se leva et quitta la pièce, claquant la porte si fort que la poignée faillit lui rester dans la main. En quelques grandes enjambées, il se retrouva dans la chambre que Belle et lui s'étaient attribuée. Il balança sa batte à l'autre bout de la pièce dans un cri de colère, puis fit les cents pas autours du lit double pour se calmer, frottant sa joue douloureuse. Même sans cosmos, son frère avait une sacrée force, mais ça n'était pas nouveau.
Dans la pièce d'à côté, Ikki soupira longuement, frottant ses yeux. Il jura puis se leva à son tour, avant que Belle ne le rattrape par le poignet. Il la regarda un instant, partagé entre l'envie de la repousser sans délicatesse ou de l'inviter à le suivre pour l'aider à calmer Shun et qu'elle comprenne un peu mieux.
"Quand il est comme ça, il faut le laisser se calmer... seul. Il a tendance à taper sur tout ce qui bouge.
- Shun est le garçon le plus gentil et le moins violent que je connaisse.
- Eh bien le garçon le moins violent que tu connaisse à tué son ami à cause d'une simple blessure, a collé une baffe à Shiryu et a même failli lui sauter à la gorge pour l'étrangler. Je serais toi, je le laisserais se calmer."
Ikki se dégagea brutalement, mais n'essaya pas de partir, sachant, au fond de lui, qu'elle avait raison. Il fallait vraiment qu'il se rentre dans le crâne que son frère n'était plus le même depuis bien longtemps. Aussi il se réinstalla sur le lit dans un soupir.
Les secondes s'écoulèrent longuement dans un silence tendu, seulement perturbé par les pas lourds de Shun, dans la pièce d'à côté, qui ne cessait apparemment de tourner en rond. Belle tenta de remettre ses idées dans l'ordre : Ikki avait dit bien des choses dans la voiture. Il lui avait dit qu'elle avait rencontré les corps terrestres d'Hadès et d'Athéna... mais alors, Athéna...
"C'est Saori ? demanda Belle de but en blanc. Athéna, c'est Saori ?
- Comment t'as deviné ?
- C'est la seule femme de l'entourage proche de Shun que je connaisse.
- Logique..."
Takawa avait enfin cessé de nettoyer son fusil pour ranger les restes du repas qu'ils venaient de partager. Ils n'entendaient plus rien dans l'autre chambre, où résonnaient encore les pas incessants de Shun quelques secondes plus tôt, mais Belle ne pensa pas encore à le rejoindre. Elle avait trop de choses à réfléchir... Les Chevaliers, les Dieux, c'était encore trop confus dans sa tête. Elle aurait aimé pouvoir voir pour y croire réellement...
"Vous avez moyen de retrouver vos pouvoirs ?
- Pas que je sache...
- Et tu crois que la situation peut s'arranger ?
- Va savoir. Shun et les autres m'ont appris à croire aux miracles mais je t'avoue que là... J'ai pas grand espoir..."
Ikki bailla bruyamment, puis s'étira, avant de retirer la pièce de gilet pare-balles qu'il portait.
"Bon, Shun est calmé, je crois. On devrait dormir.
- Comment tu le sais ?
- Instinct fraternel. Va le rejoindre."
Belle le regarda se débarrasser de son haut sans aucune gêne, révélant muscles travaillés et cicatrices par dizaines. Bien différent de son jeune frère, lui avait une véritable carrure de combattant. Elle ne put empêcher son regard de voguer sur ses épaules larges et ses bras puissants, avant de finalement quitter la pièce avec un simple "Oyasuminasai". Ikki se retourna un instant sur elle pour la voir fermer la porte, avant de sourire malgré lui : il sentait qu'il pouvait faire confiance en ce petit bout de femme pour aider son frère à se pardonner, à défaut d'oublier.
Quand Belle poussa la porte, elle vit Shun allongé en travers du lit, bras écartés de part et d'autre de son corps, les yeux fixés sur le plafond, l'air sombre. Il avait retiré ses gants, ses bottes et son t-shirt, qui traînaient désormais par-terre, près du lit. Ses yeux verts voguèrent jusqu'à elle, puis il passa ses mains sur son visage.
"Je veux pas en parler. dit-il simplement. S'il te plait.
- Alors on n'en parlera pas... Pas ce soir..."
Elle ôta sa veste et s'assit près de lui, pour enlever ses bottes, genouillères et chaussettes, ainsi que son short, avant de le regarder. Il s'était redressé derrière elle et l'observait, sans la quitter des yeux, comme si il attendait quelque chose. Il se tenait proche d'elle, si proche qu'elle entendait son souffle encore tremblant de la crise passée.
"Mais si tu veux qu'on parle d'autre chose, je suis toute ouïe, dit-elle pour l'aider à passer à autre chose."
Elle se tenait à genoux sur le lit, lui faisant face, les mains posées de part et d'autre se des jambes repliées sous elle, se penchant un peu sur lui, qui ne semblait pas vouloir bouger. Le regard du jeune homme glissait sur son visage, encadré d'une cascade bleue, et sa myriade de taches de rousseur qu'il aimait tant, puis descendit sur son cou fin, et ses épaules étroites. Il contourna sa poitrine pour couler sur sa taille, qu'il aimait tenir quand il la serrait contre lui, puis ses hanches larges, féminines, à la courbe si douce, et enfin ses cuisses charnues, qui le firent un peu rougir avant qu'il ne regarde à nouveau ses yeux couleur chocolat. Il se surprit à penser qu'il avait de la chance d'avoir une fille aussi parfaite à ses côtés. Non seulement elle était gentille, douce avec lui et compréhensive, malgré son petit caractère, mais en plus elle était magnifique et si différente des rares femmes qu'il avait côtoyée. Il avait sourit en apprenant la signification de son nom, dans sa langue. "Tu le portes bien." avait-il dit dans réfléchir, avant de devenir tout rouge.
"Belle... Pour le baiser de l'autre jour... Enfin... Je suis désolé si ça ne t'a pas plu... J'ai pas réfléchi. Je voulais te remercier de m'avoir soutenu et...
- Ça m'a plu."
Elle posa une main sur la sienne, son doigt retraçant distraitement les sillons qu'il s'était lui-même creusé dans la chair.
"Et j'aimerais que tu recommences... S'il te plait."
Shun la regarda un petit moment, surpris par sa demande, n'osant croire ce qu'elle venait de dire. Elle se pencha sur lui, les yeux fermés, attendant le contact tant espéré. Elle voulait lui faire oublier ses peines et sa culpabilité pour ce soir, et elle voulait elle aussi oublier ses questionnements dans des baisers doux et maladroits et une étreinte tendre. Mais elle crut sentir Shun hésiter et allait s'écarter, de peur de l'avoir mis mal à l'aise, avant de sentir une pression fraîche et douce sur sa joue. C'était léger, timide, et ça avait un goût frustrant pour Belle, qui en voulait plus. Plus que cette caresse volatile, elle voulait quelque chose de chaud, presque fiévreux. Elle en avait besoin. Sa main se referma sur celle de Shun alors qu'elle se décolla de ce baiser trop doux pour elle, avant de se rapprocher un peu de lui.
"Les japonais sont d'une timidité...
- Comment ça ? demanda Shun en rougissant. Je m'y prends mal ?
- Non... rit-elle, amusée. Tu es juste fidèle à ta culture."
Elle sourit et s'approcha à son tour pour lui montrer ce qu'elle désirait. Ses lèvres s'approchèrent lentement de celles de Shun, avant de les sceller délicatement d'un baiser chaste, une caresse aussi douce que celle qu'il lui avait offerte, mais plus chaude de l'endroit où elle se faisait, plus amoureuse, plus audacieuse. Le jeune homme l'accepta avec un frisson, fermant les yeux, peu habitué à ce genre de contact. Il s'abreuva de la sensation de bien-être qui l'envahit des pieds à la tête, puis il sentit la main de Belle se détacher de la sienne, et elle passa ses bras fins autours de son cou, se rapprochant encore un peu de lui. Ses mains à lui trouvèrent tout naturellement leur place sur les hanches douces de la jeune fille... puis le contact se rompit soudainement. Il ouvrit les yeux. Belle le regardait, les joues rouges, sans le lâcher, comme si elle craignait qu'il ne s'envole soudainement.
"Tu n'as jamais... fréquenté de fille, avant... ?
- Pas vraiment... Pas comme tu l'entends sûrement..."
Il restèrent là à se regarder, comme s'ils ignoraient comment agir, à présent. Leur soufflent se mêlaient tant ils étaient proches, et ils ne semblaient pas vouloir se défaire de cette proximité. C'est pourtant Belle qui se détacha à regret pour écarter les draps et inviter Shun à l'y rejoindre au chaud. Elle se glissa sous la couverture, vite rejointe par le jeune homme, qui les couvrit avant de se coucher à ses côtés, gardant ses mains près de lui. Alors c'est encore elle qui prit les devants et alla se blottir contre Shun avec un soupir de bien-être.
"Tu sais... murmura-t-elle, comme pour préserver le calme de l'instant. Tu ne devrais pas avoir peur.
- Je n'ai pas peur.
- Tu oses à peine me toucher."
Elle se redressa sur un coude et le regarda dans les yeux, écartant une mèche verte de son visage pâle, faisant glisser ses doigts sur la cicatrice sur sa joue. Elle effleura ensuite ses lèvres, tentée de l'embrasser à nouveau, avant de se raviser. Shun leva le bras pour caresser la joue pleine de tâches de rousseurs du bout des doigts, timidement.
"Tu as raison... avoua-t-il enfin. Oui, tu as raison, j'ai peur... J'ai peur de mal m'y prendre... J'ai peur de te faire du mal, de me blesser trop près de toi, et de péter un câble... J'ai peur de te perdre mais en même temps j'ai envie de t'éloigner pour ta sécurité.
- Tu ne m'as jamais fait de mal.
- Mais si ça arrivait ?
- Ça n'arrivera pas."
Shun prit sa main et la serra avec tendresse, le regard luisant de larmes contenues et d'amour. Il détaillait son visage, son sourire, ses yeux où brillait la confiance qu'elle avait en lui.
"J'ai perdu trop de gens que j'aime...
- N'aie pas peur... Je n'ai pas l'intention de partir..."
Elle se pencha sur lui pour l'embrasser à nouveau, glissant une mèche bleue derrière son oreille, puis elle caressa sa joue délicatement. Elle ne désirait que l'embrasser, l'étreindre, ne faire qu'un avec ce jeune homme qui, malgré 2 ans passés à ses côtés, avait encore tant de secrets et de mystères qui l'entourait. Elle revoyait encore ce garçon renfermé et solitaire qu'elle avait rencontré dans un petit cinéma. Il semblait haïr la terre entière, et elle avait eu beaucoup de mal à l'apprivoiser. Elle se souvenait de chaque jour passé avec lui, depuis, et ses sentiments s'étaient développés, elle s'était attachée, et elle n'avait plus voulu le quitter. Elle chérissait maintenant chaque instant, chaque caresse, chaque mot qu'il prononçait comme un trésor. Son souffle désordonné, ses lèvres douces et fraîches sur les siennes, ses mains possessives à sa taille et dans ses cheveux, chacun de ses gestes lui faisaient perdre peu à peu la tête. Quand elle rompit le baiser, elle se demanda en rougissant quand est-ce qu'elle avait passé une jambe par-dessus le corps de Shun pour se mettre à califourchon sur lui, assise sur son ventre.
Le jeune homme la regardait, avec un mélange de fascination et d'excitation. Ce qu'elle était belle, avec ses joues rougies, et son air innocent et gêné, toute son assurance habituelle envolée. Son corps obéissait seul à son désir qui s'éveillait et, même s'il n'avait encore jamais goûté à ce genre de plaisir, il n'avait aucun doute sur ce qu'elle voulait. Lui aussi le désirait. Ses mains reprirent leur place sur ses hanches et les caressèrent, amorçant une descente vers les cuisses, avant de remonter aussitôt jusqu'à la taille, relevant un peu son débardeur, faisant naître des frissons sur sa peau. Il voulait la découvrir progressivement.
"Qu'est-ce que tu fais, demanda soudain Belle ?
- Je prends mon temps. répondit Shun en se redressant. À moins... que tu n'aies pas envie.
- C'est pas ça... ! démentit énergiquement la jeune fille. C'est que... Ça craint rien ? Je veux dire, on n'a rien pour... 'fin, tu vois quoi... Je veux pas..."
Elle détourna les yeux, les joues rouges. Cherchant ses mots, elle fit comprendre à Shun en portant une main au bas de son ventre, mal à l'aise.
"... Je crois finalement qu'on n'est pas les seuls idiots à se risquer à se faire plaisir... tenta-t-il pour la rassurer après un temps de réflexion. Et, comme tu as dit, les naissances se sont interrompues après l'apocalypse... Si t'as peur d'être enceinte, je crois que ça craint rien...
- ... C'est vrai... Tu as raison..."
Shun se pencha et l'embrassa délicatement, pour la rassurer et la mettre en confiance. Il comprenait ses craintes, mais son frère avait raison : si la mort n'existait plus, la vie non-plus. Si personne ne mourrait, personne ne pouvait naître...
Il sentit les mains de Belle se poser dans son dos et sa poitrine s'écraser contre son torse, alors il sut qu'elle n'avait plus peur et il reprit son exploration, relevant encore son débardeur pour caresser sa taille. Ses mains glissèrent ensuite dans son dos, pour la serrer davantage contre lui, et ses lèvres glissèrent de celles de Belle jusqu'à sa joue, puis son cou, qu'il embrassa avec tendresse et avidité. Il sentait son pouls battre si vite sous cette peau fine que ça avait quelque chose d'excitant. Il sentait une douce chaleur envahir son corps, jusqu'à se concentrer dans le bas de son ventre... et un peu plus bas, où il commençait à se sentir à l'étroit, jusqu'à lui faire mal. Sans plus réfléchir, il se décolla d'elle et releva encore le débardeur de la jeune fille, qu'elle l'aida à enlever sans hésitation. Mais il retint une plainte de frustration quand elle l'empêcha de retirer sa brassière en tapant sur ses mains.
"Je croyais que tu voulais prendre ton temps. sourit-elle. Tu as changé d'avis ?"
Il lui tira la langue pour toute réponse, et elle se permit de rire, avant de le repousser sur le lit et d'écarter le peu de couverture qui les couvrait encore. Elle redescendit sur ses cuisses et avisa la ceinture de Shun qu'elle défit habilement, avant d'ouvrir son pantalon déformé par le désir du jeune homme. Elle ôta bien vite le vêtement étouffant, arrachant un soupir à Shun, qui se sentit enfin libre. Elle lui permit de se redresser et l'embrassa avec passion, avant de murmurer malicieusement.
"On se sent mieux, comme ça, non ?
- T'as pas idée..."
Elle rit et lui prit une main, avant de redéposer ses lèvres sur les siennes. Ce faisant, elle déposa la main prise sur sa poitrine, délicatement, et lui imprima un mouvement, l'invitant à explorer cette partie-là de son corps... mais elle le sentit hésiter. Elle se décolla, sans lâcher sa main, et vit avec amusement qu'une jolie teinte carmin colorait ses joues. Elle sourit, attendrie, puis prit son autre main pour la poser à côté de la première. Elle émit un soupir à son tour, fermant les yeux, leur imprimant un mouvement particulièrement doux et plaisant.
"N'aie pas peur... Ça me fait pas mal.
- C'est pas ça...
- C'est quoi, alors ?
- ..."
Devant l'absence de réponse, elle rouvrit les yeux, et vit qu'il regardait ses mains d'un air un peu gêné, et elle perçut son souffle désordonné. Elle lâcha ses mains, qu'il ne retira pas de sa poitrine, et remua ses hanches pour s'approcher davantage... Puis elle la sentit, la bosse sur laquelle elle s'était installée dans même y faire attention, et elle entendit le grondement de plaisir s'échapper de la gorge de Shun. Elle comprit.
"Ça te gêne ?
- Non... Enfin... répondit-il, hésitant. Ça fait du bien... Enfin..."
Elle sourit et lui retira ses main, avant de les poser sur ses hanches. Elle prit appui sur ses épaules larges et l'embrassa, tendrement d'abord, avant d'entamer un mouvement de hanches, dans un soupir de plaisir. Elle sentait ses lèvres intimes se frotter délicatement au membre de Shun, gonflé de désir. Elle le sentit resserrer ses mains sur ses hanches et l'accompagner dans le geste. Mais elle voulait plus, bien plus. D'un geste habile, elle passa ses mains dans son dos et dégrafa sa brassière, qu'elle ôta sans quitter les lèvres de Shun, pour la jeter en bas du lit. Elle apprécia le contact de sa peau nue contre le torse de son amant, qui remonta une main pour caresser un de ses seins, avec une infinie douceur, malgré le désir ardent qui faisait trembler ses mains. Elle rompit le baiser.
"Embrasse-les... murmura-t-elle. Fais ce qui te passe par la tête..."
Le visage de Shun se para des plus belles teintes de rouge, alors qu'il baissa les yeux sur la poitrine nue. Il hésita un instant, puis se pencha sur les deux orbes doux et déposa ses lèvres dessus, les embrassant délicatement, les caressant à pleines mains, appréciant la douceur de la peau fine de Belle, qui ne cessait de bouger sur lui, lui soutirant soupirs et grondement de délice, alors qu'elle même ne pouvait retenir de faibles gémissements. Elle caressait et emmêlait ses cheveux verts, son visage enfoui dedans, rêvant d'enfin se débarrasser de ces sous-vêtements qui les gênaient pour ne faire enfin qu'un avec lui dans une danse qui n'appartiendrait qu'à eux.
"Shun... J'en veux plus... s'entendit-elle murmurer. S'il te plait..."
Il releva la tête et la regarda dans les yeux. Ses joues étaient rouges de désir, et son souffle entrecoupés de plaintes de plaisir, alors qu'elle continuait de bouger sur lui. Il lâcha sa poitrine et ils se décollèrent pour ôter ce qu'il leur restait de tissus gênant, avant de se regarder... simplement s'observer, le souffle court, le corps brûlant d'un désir qui ne demandait qu'à s'exprimer. Chacun détailla le corps nu de l'autre, avant de s'enlacer dans une étreinte passionnée et un baiser fou, qui leur coupa le souffle. Belle se tint sur Shun, reprenant ses mouvements contre son membre fièrement dressé alors qu'elle-même se préparait à l'union de leurs corps qui voulaient se fondre l'un dans l'autre. Chaque geste était un appel, chaque soupir une supplique, ils se cherchaient et se caressaient comme s'il avaient attendu des siècles pour se trouver.
Après quelques mouvements, Belle se redressa sur ses genoux et s'empala dans un gémissement de délice étouffé, sentant une chaleur ardente s'emparer de son bas ventre. Elle se décolla de son amant pour enfouir son visage dans son cou et l'embrasser, le mordiller, faisant courir ses mains dans son dos et dans ses cheveux qu'elle emmêla encore, alors qu'elle sentait les mains de Shun sur sa propre peau, la parcourant avidement, comme s'il voulait la connaître par-coeur. Il respirait fort, alors qu'il prit ses hanches pour la faire bouger sur lui, fou de désir et avide de ce plaisir qui s'emparait de lui à chaque mouvement de bassin. La main de Belle se resserra sur ses cheveux sans qu'il n'y fit attention, pendant qu'elle étouffait ses plaintes et ses gémissements aigus contre son cou en le sentant aller et venir dans son corps brûlant. La chaleur se répandit depuis son ventre dans tout son corps, lui faisant perdre la tête, et elle avait la sensation que la fièvre du plaisir s'était emparé de Shun aussi. Elle murmura son nom avec délice alors qu'il plongeait et replongeait en elle inlassablement.
Elle s'écarta soudain de son cou et l'embrassa passionnément, avant de le repousser contre le matelas pour prendre les devant. Elle prit appui sur ses épaules et bougea son bassin, se déhanchant avec souplesse, en montant et redescendant sur lui. Les yeux fermés, elle sentit les mains fraîches et fébriles la parcourir, caressant ses cuisses charnues, puis remontant sur son ventre, sur ses seins, sur ses épaules. Elle arrêta l'une d'elle sur sa poitrine, l'invitant à y rester et à continuer ses caresses particulièrement agréables. Fasciné, Shun ne pouvait qu'observer le corps de Belle bouger sur lui. Il regardait son visage déformé par le plaisir, ses joues rouges, ses seins qui rebondissaient en rythme, son ventre contracté de plaisir, et même ses lèvres qui se refermaient avec délice sur son membre. Il souhaita que ce moment ne finisse jamais, mais il sentit Belle changer de rythme, pour bouger un peu plus brutalement et un peu plus vite, et les nouvelles sensations qui l'envahirent à cet instant lui coupèrent le souffle. La voix de Belle s'élevait dans la petite chambre, rejointe par la sienne, alors que leur danse devint plus endiablée encore. Puis il se crispa, et se répandit dans son corps en soupirant de plaisir, serrant sans même s'en rendre compte la taille et la poitrine de Belle dans ses mains. Un peu plus tard, celle-ci serra son épaule et son poignet avec force, ralentissant ses mouvements, avant de finalement s'arrêter, le souffle court. Son corps se resserrait sur celui de Shun, comme pour le garder encore en elle. Elle ouvrit les yeux et le regarda étendu sous elle avec un sourire, avant de se redresser, puis se se laisser tomber sur le matelas près de lui. Le silence régna quelques temps dans la chambre, les laissant reprendre leur souffle.
"Tu vois... ? haleta Belle, le regardant tendrement. Tu m'as pas fait mal..."
Shun la regarda, puis eu un sourire, qui se mua en petit rire timide, tant il était encore dans le brouillard abrutissant qui suivait la jouissance, comme une drogue délicieuse qui étouffait la conscience et les problèmes le temps d'une nuit. Il sentit à peine sa belle se blottir contre lui et les couvrir avec la couverture, avant de l'embrasser sur la joue en lui souhaitant bonne nuit.
Elle ne s'imaginait même pas à quel point cette nuit serait la bienvenue pour lui.
* En japonais, les hommes et les femmes ne s'expriment pas de la même manière. Pour dire "je suis", par exemple, hommes disent "bokou wa" et les femmes "(w)atashi wa"
