Salut, tout le monde ! c'est Adonis !

J'ai mis un mois à le sortir mais, le voilà, le chapitre 13 ! J'ai eu beaucoup, mais alors, beaucoup de mal à le rédiger. Je vous avoue que, ce dernier mois, j'ai pas été très inspiré et, avec le boulot, j'ai eu du mal à m'y mettre. Mais le voilà, avec un nouveau mystère et, et, et... un BONUS ! Et oui, un petit bonus de fin de chapitre pour me faire pardonner mon absence ! J'espère que l'attention vous plaira !

Je vous remercie, les rares qui m'ont laissé des commentaires d'encouragement et de félicitation pour mon travail. C'est vous qui me motivez à continuer ! Merci, merci, merci, je vous fais des bisous de zombie partout !

Je vous laisse maintenant lire ce chapitre et vous donne rendez-vous à la fin dans la rubrique commentaires.


Chapitre 13
Dans le noir

Un frisson remonta sa colonne, tel un serpent escaladant son dos, faisant glisser ses écailles fraîches sur sa peau nue. Il connaissait cette sensation pour l'avoir ressentie plusieurs fois au contact de Belle, quand elle le caressait ou l'embrassait. Chaque contact avec la jeune fille entraînait immanquablement cette réaction que d'autres auraient pu qualifier de désagréable, mais que lui savait apprécier depuis le temps... Mais Belle n'était pas là.

Shun regarda autours de lui dans le vain espoir de la trouver, mais il ne voyait que le noir, comme une brume épaisse dans la nuit sans clair de lune. Il l'appela mais le silence résonna dans les ténèbres. Il n'entendait rien, pas même son propre souffle. Il ne ressentait rien à par ce frisson glacial dans son dos. Il ne savait combien de temps il resterait dans cette sorte de dimension hors du temps... puis le frisson se fit plus fort, et une voix lui parvint. Il avait le sentiment de la connaître, profonde, grave, mais basse telle un murmure à son oreille.

"Toi seul peut me trouver."

Il voulu chercher la voix, mais ne trouva que le noir et le vide autours de lui. Il ne vit même pas sa main quand il voulu la tendre pour mieux chercher, pour saisir la source de cette voix grave où perçait un trémolo empressé. Il ne perçut que l'écho de ce murmure qui s'étendait dans l'espace glacial.

"Toi seul peut me trouver... Toi seul... Toi seul...
- Ça y est, il émerge..."

Le noir devint soudain blanc, trop clair pour sa rétine, insupportable. Il du fermer un instant les yeux pour échapper à la sensation de brûlure qui les envahit. Le frisson reprit quand il sentit des mains douces sur ses joues. Son souffle ralentit, alors qu'il ne se souvenait même pas s'être essoufflé.

"Ça a beau être flippant, je peux jamais m'empêcher de le regarder...
- T'es glauque, Ichi."

Shun ouvrit les yeux, les braquant sur la jeune fille qui le surplombait, et regardait sur sa droite d'un air courroucé. Il leva une main pour jouer avec ses cheveux bouclés, attirant son attention. Elle lui sourit, comme toujours, et l'aida à se redresser, assis. Plus loin, il entendait le bruit caractéristique de la tronçonneuse d'Ikki, qui ronronnait encore quand il faisait un dernier tour pour débusquer les survivants de la Horde de Morts qu'ils venaient de massacrer.

"Admets que c'est grave bizarre, ces transformations...
- Ferme-la..."

Il regarda autours de lui : Miraï et Urie nettoyaient les armes utilisées et comptaient les munitions, tout deux tireurs ; Makoto aidait Ikki dans son tour d'inspection, sa hache en main ; et Asami et Ichi, comme toujours, aidaient Belle à le maintenir quand il sortait de son "mode Berserk" (doux surnom attribué par Belle à ses périodes d'absences violentes).

"J'ai fait de mal à personne, questionna Shun ?
- T'as failli mettre un coup de batte à Ichi, il était sur ton chemin.
- Désolé...
- Mais à part ça, tout va bien."

Shun gratta sa nuque, avec une moue désolée. Cela faisait quelques temps que Belle et lui avaient rejoint ce petit groupe, deux ou trois semaines voire un peu plus, et ce n'était pas la première fois qu'il manquait de taper sur un de ses camarades. Il était totalement aveugle, dans ces moments-là, et ne distinguait pas amis et ennemis. Seule Belle, Miraï et Urie étaient à l'abri de sa fureur, car attaquant à distance du champ de bataille.

Il se releva, encore un peu pantelant, et jeta un œil à ses bras couverts de sang noir et collant avec une grimace. Il avait horreur de se réveiller dans cet état : ça signifiait qu'il s'était beaucoup trop lâché sur les Morts, et qu'il n'avait même pas cherché à retenir ses coups, comme ça lui arrivait parfois.

"Une bonne douche me fera pas de mal...
- "Nous" fera pas de mal. corrigea Ikki en s'avançant vers lui, lui-même maculé de la tête aux pieds. Il y a des bains publics, pas loin d'ici, on va pouvoir squatter."

Un cri de joie collectif lui répondit, alors qu'ils se dirigeaient vers les véhicules, pressés de se rafraîchir.

...

"Bon, Shun, t'attends quoi ?"

Arborant encore la serviette à sa taille, Shun regardait les autres hommes installés tranquillement dans le bassin de pierres pour se détendre. Ils n'avaient eu aucun mal à se débarrasser de leurs vêtements et serviettes pour se jeter dans l'eau encore chaude du onsen naturel après leur toilette rapide. Shun, plus pudique, n'arrivait toujours pas à se résoudre à les rejoindre. Et puis, il y avait son bandage, qu'il craignait d'immerger au risque de souiller l'eau.

"Je préfère vous attendre ici.
- Fais pas ta prude, viens, l'eau est bonne ! lui cria Ichi. On va pas te juger !
- C'est assez drôle, venant de toi, grogna Shun."

Ikki lui lança un regard un peu inquiet. Il pensait que son petit frère se sentirait assez à l'aise avec eux pour partager un onsen mais, apparemment, il s'était encore planté. Il s'approcha de lui.

"Tu peux venir avec ta serviette, ça gênera pas les propriétaires, je crois.
- T'es sur que ça craint rien, avec ça ? fit-il en pointant son bras. Je veux pas que ça salisse l'eau.
- Bah, enlève-le.
- Euh... Comment dire... Le bandage est collé... avec la blessure. précisa maladroitement Shun en s'asseyant sur le bord, laissant tremper ses pieds dans l'eau. Si je l'arrache, je passe en mode Berserk... Je crois.
- ... 'faudra bien te l'enlever un jour, c'est pas bon de laisser la plaie couverte, tu aurais dû la soigner correctement.
- Ça cicatrisait pas et je l'ai... négligée... quand je me suis exilé. J'étais persuadé de mourir, je me disais que s'occuper de ça n'était pas si important. Ni de ma jambe, d'ailleurs."

Ikki baissa les yeux sur la blessure à la jambe de son frère : les trois griffes récoltées du rampant qui ont déclenché la première crise de Shun y étaient toujours visibles. La blessure s'était refermée, laissant trois traits rouges, irréguliers et encore un peu enflés sur son mollet gauche.

"T'es un aimant à Morts, toi, en fait.
- Merci beaucoup, ça fait toujours plaisir, sourit le plus jeune, pensant à une blague.
- Non, là, je suis sérieux. Tu le vois pas parce que t'es en mode Berserk, mais je te jure que les Morts ont vachement plus tendance à se jeter sur toi. Je sais pas si ça date de la morsure ou si c'était déjà comme ça avant mais ils ont l'air de te trouver vachement plus d'intérêt qu'à d'autres."

Le phénix remua doucement sa main dans l'eau, rassemblant ses idées, puis releva les yeux sur son petit frère.

"Tu ne t'es jamais demandé si... si Hadès t'avais affecté bien plus qu'on ne le croit ? Je veux dire... Tu as survécu à une morsure, tu attires les Morts... et quoi d'autre ?
- Quoi ? Tu vas me dire que je peux les contrôler, aussi ?"

Ikki soupira, levant les yeux au ciel face à son cynisme. Non, vraiment, il ne s'y faisait vraiment pas.

"Shun, tu devrais sérieusement penser à la possibilité qu'Hadès ait laissé quelque chose en toi et à ce que ça pourrait impliquer."

Sur ces mots, l'aîné s'éloigna, laissant là son frère et ses réflexions. Shun baissa les yeux sur le bandage à son bras, puis regarda son frère qui alla s'asseoir près d'Urie pour discuter avec lui - sans doute parlaient-ils de la suite du voyage, c'était leur sujet de discutions principal. Il leva ensuite les yeux vers le ciel, comme s'il pouvait y voir les Dieux. S'il le pouvait, alors il les questionnerait sur les théories d'Ikki. Il ferma les yeux et retourna cette idée dans tous les sens, dans un coin de sa tête : Hadès serait alors toujours sur Terre ?

...

Dans le onsen voisin, destiné aux femmes, Asami, Miraï et Belle se détendaient dans l'eau chaude. Les deux japonaises s'étaient vite débarrassées de leur serviette, alors que la belge n'avait pu se résoudre à enlever la sienne. Il n'y avait pas de bains publics, dans son pays, aussi se sentait-elle gênée de se délester de sa serviette devant d'autres femmes. Pas qu'elle ne soit gênée par son physique : au contraire, elle arborait ses courbes avec fierté. Elles la différenciaient de ces deux jeunes femmes avec elles, qui étaient toutes frêles en comparaison, car les nippones étaient en majorité ainsi. Non, si elle se cachait, c'était en grande partie à cause de sa culture. Elle s'était pourtant promis de se plier aux coutumes japonaises.

"J'espère que tu ne te sens pas gênée." fit soudain une voix sur sa gauche. Belle regarda Miraï avec un air un peu curieux. C'était une jeune femme un peu plus petite qu'elle, aux longs cheveux bruns raides et aux yeux noirs, les même que son grand frère. Elle était calme et très gentille, mais était une tireuse redoutable, bien plus adroite qu'Urie.

"Gênée par ?
- Le fait qu'on prenne un bain ensemble. J'ai cru comprendre que ça se faisait pas, chez toi.
- Ça ne se fait pas, non. On a des jacuzzis, mais on y va en maillot, quoi. Mais ça va, ça me gêne pas... C'est juste que j'ai un peu plus de mal à me mettre... Euh... nue.
- Shun t'a vue nue, nan ?
- Ryoko !"

Belle devint subitement rouge, alors qu'Asami ricanait. Elle avait un humour bien à elle et un caractère très fort. Elle n'avait aucune honte à dire ce qu'elle pensait - ou ce que les autres n'osaient même pas penser - et se moquait bien des conséquences. C'était une jeune fille un peu rebelle dont il ne fallait pas s'offusquer des brimades.

"Ça va, c'est pas un secret. Alors, il est comment, Shun ?
- E-eh bien...
- Nan parce qu'entre ce qu'Ikki, Ichi et Ban en disaient et ce que j'ai vu, je n'ai rien trouvé en commun. Alors ?
- En fait... C'est un garçon très gentil... et doux... Et... timide, aussi... dans le privé.
- Ryoko, laisse-la tranquille.
- Je suis curieuse ! Je le connais pas, moi.
- En même temps, t'as pas essayé de le connaître."

Asami se renfrogna, s'enfonçant dans l'eau jusqu'au nez, son regard fuyant Belle.

"Sérieusement, Ryoko, ça fait presque un mois qu'on fait route avec lui et tu ne lui a pratiquement jamais adressé directement la parole.
- Il me tape sur le système, j'y peux rien." grommela-t-elle en ressortant son menton de l'eau.

Miraï leva les yeux au ciel, et préféra abandonner le débat. Tous dans le groupe savaient pourquoi elle le fuyait, et mettre le sujet sur le tapis avait tendance à la braquer. Alors Takawa chercha un autre sujet de conversation pour détendre l'atmosphère.

"Sinon... Quelqu'un sait où on va ?
- À Utsunomiya. répondit Asami. Urie a parlé de parcs d'attractions à Ikki et, du coup, il a voulu en voir un en vrai.
- Il y en a un, dans le coin, demanda Belle ?
- Il y a Tochinoki Familyland. Je doute qu'on puisse mettre un coaster en marche, mais au moins ça fera un endroit sympa à explorer.
- Tant mieux ! s'exclama Miraï. Je ne suis pas vraiment... amatrice de ce genre de manège. Et mon frère m'aurait attachée dedans sans aucun état d'âme, si on pouvait en démarrer un !"

Belle se permit un petit rire amusée. Elle avait très vite pu constater que le blond avait une forte tendance à taquiner sa petite sœur de toutes les façons possibles. C'étaient de petites blagues sans gravité, car il semblait connaître les limites à ne pas franchir, mais il n'empêchait que Miraï s'enflammait quand même assez vite quand il s'agissait d'Urie.

...

Ils étaient restés presque une heure au onsen pour se détendre et discuter de la suite du voyage, avant de se décider à se rhabiller et quitter les sources chaudes pour reprendre la route. Heureusement pour Ikki et Shun, dont les vêtements étaient irrécupérables tant ils étaient sales, le groupe avait une réserve de quelques tenues de rechange à leur taille. Ajustant sa nouvelle veste, car le temps se rafraîchissait, le plus jeune s'avança vers la voiture de Belle, qui rangeait déjà les sacs.

"On va essayer de trouver une Horde, avant d'aller à Utsunomiya. lui lança Ikki. On va te retirer ce bandage et, tant qu'à te faire passer en mode Berserk, autant que ça serve à quelque chose.
- Ça te vient d'où, cette idée, demanda Belle ?
- Il pense que ça cicatrisera mieux à l'air libre. Mais on devrait pas éviter de croiser une Horde, justement ? J'ai... Pas envie de me retrouver couvert de vieux sang pourri juste en sortant du bain."

Ikki se permit un rire, refermant sa propre veste avant de s'approcher de son véhicule, dans lequel s'installait déjà Urie.

"Ok, ok, on cherchera un terrain vague, alors... Un endroit où on pourra s'abriter quand tu pétera les plombs."

Il s'installa à son tour dans la voiture, au volant, alors que son passager tirait une vieille carte toute usée de la boîte à gants pour lui indiquer le chemin. Shun soupira et grimpa aux côtés de Belle, la tête envahie de pensées pas très joyeuses, ce qui n'échappa aucunement à sa petite amie. Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu'il allait être angoissé pendant tout le trajet.

"Alooors... Il paraît qu'on va à un parc d'attractions ?"

Shun la regarda avec un air suspicieux, cherchant à connaître ses intentions. Quand elle commençait par un "Alooors..." c'est qu'elle avait une idée derrière la tête.

"Oui. C'est ce qu'Ichi m'a dit.
- J'ai hâte de voir ça ! Il paraît que les parcs d'attractions abandonnés sont les endroits les plus impressionnants à visiter.
- Si tu le dis. J'en ai même jamais vu un en activité.
- C'est ce que j'ai cru comprendre. C'est une idée de ton frère, il paraît, il en a jamais vu non-plus donc j'ai supposé que...
- Ah... Bon, bah, je sais au moins un truc qu'Ikki ne faisait pas quand il disparaissait."

Belle eut un léger rire et Shun se détendit, comprenant qu'en parlant de banalités, Belle ne cherchait qu'à lui faire penser à autre chose.

"Tu es déjà allée dans un parc d'attractions, toi ?
- Oui, plusieurs fois. Je suis allée à Walibi, en Belgique un peu avant de venir au Japon.
- ... Wa... Libi ?
- C'est un tout petit parc de mon pays. Si un jour la situation s'arrange pour de bon, j'espère pouvoir t'emmener chez moi !
- Tout dépendra des Dieux, Belle. Si ils arrivent à nous ramener Hadès, ça devrait s'arranger... Je l'espère... Ça demandera du temps..."

Belle le regarda brièvement. Elle avait encore un peu de mal à comprendre ces histoires de Dieux et de leur implication dans l'Apocalypse, même si Shun avait maintes et maintes fois essayé de lui expliquer. Elle était juste... trop cartésienne.

"Comment on saura que ça s'est arrangé ?
- ... J'en sais rien, en fait... J'imagine que les Morts tomberont, même ceux en sursis... que des femmes tomberont enceinte un peu partout... Le cosmos brillera à nouveau. Mais ce ne sont que mes hypothèses. Après, je suppose qu'il nous faudra du temps pour se reconstruire..."

Belle jeta un coup d'œil au bras de Shun, quand il parla de la chute des Morts. Elle se demanda ce qu'il adviendrait de lui, quand l'Apocalypse aurait pris fin. Il n'était pas mort, elle le savait : elle sentait son cœur battre tout doucement quand il la serrait contre lui, ou plus fort quand leur étreinte devenait brûlante. Mais elle ne pouvait s'empêcher de craindre pour lui. Et s'il ne survivait pas à la morsure ? Après tout, comme elle le pensait sans jamais le dire tout haut, Shun était à moitié Mort.

"À quoi penses-tu ? demanda-t-il justement en changeant la cassette de la voiture. T'as le visage fermé, tu psychotes."

Belle crispa ses mains sur le volant. Elle ne voulait pas l'angoisser, ni l'énerver en mentionnant ses soupçons.

"T'es pas la seule à analyser le comportement des gens.
- Excuse-moi... Je me demandais juste... Si... Que comptes-tu faire quand tout ira mieux ?
- C'est-à-dire ?
- Quand... Enfin, quand les Morts tomberont, quand t'auras récupéré tes pouvoirs, tout ça... Tu feras quoi ?"

Shun s'enfonça dans son siège, grattant sa cicatrice à la joue. Son regard se baissa sur ses genoux alors qu'il semblait réfléchir à la réponse.

"... C'est une très bonne question... Avant l'Apocalypse, je vivais un peu en fonction d'Athéna... Je me battais, je me soignais, je me battais, je retournais à l'hôpital... C'était un peu notre routine à nous, chevaliers de bronze... C'est vrai que... je n'y ai jamais vraiment réfléchi... Je n'ai jamais émis la possibilité qu'un jour je n'aies plus à me battre et risquer ma peau...
- Désolée, je pensais pas que c'était un sujet délicat...
- T'excuse pas, c'était une question pertinente. C'est juste que... je sais pas... Et toi ?"

Belle perdit le peu de sourire qu'elle arborait. Son pays natal lui manquait... son frère, ses parents lui manquaient. Elle avait essayé de ne pas penser à eux, pour ne pas s'imaginer le pire, mais voir Shun et son propre frère récupérer peu à peu une complicité perdue lui rappelait douloureusement qu'elle n'avait pu ne serait-ce que parler au sien depuis trop longtemps.

"Je rentrerai au pays pour voir si ma famille va bien... Ils me manquent... Je ne sais même pas si ils sont... enfin... Voilà, quoi... J'essaie de ne pas trop y penser... Mais quand tout ira mieux, je prendrai le premier transport vers la Belgique pour voir comment ils vont.
- Je vois... Désolé, j'aurai peut-être pas du demander...
- Ce n'est rien... C'est moi qui ait commencé."

Un silence gêné s'installa dans la voiture. Le jeune homme triturait ses mains, cherchant les mots pour la réconforter. Il se doutait que la séparation avec sa famille devait être douloureuse. Lui-même avait eut dû mal à se séparer de son frère pendant six ans. Une petite idée lui vint alors.

"Tu sais... Quand ça ira mieux... Saori a un jet privé. Elle pourra te faire rapatrier assez vite."

Belle le regarda un instant, avec un sourire reconnaissant.

"Tu viendrais avec moi ?
- Si la situation le permet, ce serait avec plaisir."

Ils s'échangèrent un regard, et Shun posa sa main sur celle de sa petite amie, entrelaçant leurs doigts, heureux de lui avoir rendu le sourire aussi facilement. Lorsque leur peau se touchèrent, un frisson familier remonta dans le dos du jeune homme, qui fronça les sourcils en repensant à la dernière fois qu'il l'avait ressenti... son rêve étrange, survenu avant qu'il ne reprenne conscience.

"Belle... J'ai fait un rêve bizarre, tout à l'heure...
- Tout à l'heure... ?
- Bah... En mode Berserk... J'ai rêvé juste avant de reprendre conscience.
- Ça t'arrive souvent ?
- Non, jamais, justement. C'est pour ça que ça m'a paru surréaliste.
- Tu veux m'en parler ?"

Shun chercha ses mots. Comment décrire clairement ce qu'il avait ressenti ? Pour être honnête, il ne se souvenait pas complètement de ce rêve un peu fou.

"Je croyais que tu étais là... C'était comme si j'avais ressenti ta présence... Mais il faisait noir. Je ne voyais même pas mes mains. J'arrivais pas à bouger, ni à crier, je n'entendais rien autour de moi, comme dans l'espace, mais il n'y avait même pas d'étoiles. C'était comme si ma conscience se limitait à ma tête et que je flottais dans du goudron. Ça doit te paraître bizarre...
- Ça me rappelle un peu la sensation d'un très mauvais mélange d'alcool et de substances douteuses.
- ... Je te demande pardon ?
- Longue histoire. Continue."

Le jeune homme la regarda un court instant, un sourcils arqué, en essayant de comprendre à quoi elle faisait référence et en se demandant quels vices cachés pouvaient bien avoir cette fille... Mais il secoua la tête et reprit comme si de rien n'était.

"Enfin bref, je baignais dans ce vide et ce silence quand j'ai entendu une voix... C'était un homme, je suis sur. Il chuchotait un truc en grec. Je suis sur que je la connais, cette voix, mais impossible de remettre un nom dessus !
- Hyoga ?
- Non... Non, Hyoga avait une voix plus rauque. Et un accent russe abominable quand il parlait grec.
- Et cette voix, elle disait quoi ?
- Que... j'étais le seul à pouvoir le trouver. Un truc comme ça.
- Trouver qui ?
- Je ne sais pas... Le détenteur de cette voix, justement. Un homme me parlait et me disait que j'étais le seul à pouvoir le trouver. Il avait l'air très pressé, comme si il était important que je le trouve.
- ... Tu fais des rêves vraiment bizarres."

Shun fit une moue devant son constat, mais il devait bien admettre qu'elle avait plutôt raison, même si ce genre de rêves étranges ne dataient pas de la veille. Depuis qu'il était tout petit, il avait toujours fait des rêves étonnants. Cela concernait très souvent les défunts, le cosmos... ou alors des souvenirs d'enfance qui lui revenaient et se mélangeaient au présent, quand il avait grandi. Son maître lui avait souvent dit qu'ils avaient toujours un sens, et il ne douterait jamais des mots d'Albior, qu'il avait en haute estime... Mais ce rêve en particulier... que voulait-il dire ?

"Te tortures pas trop. Si ça se trouve, c'est rien.
- J'espère sincèrement que c'est rien."

Le laissant là dans ses réflexions, elle se concentra à nouveau sur la route, suivant le cortège de voitures sur les routes sinueuses.

...

En quelques minutes, ils se retrouvèrent aux abords d'un terrain vague. C'était grand et vide : seules quelques herbes sèches en petites mottes étaient disséminées çà et là, et quelques vieux vélos gagnés par la rouille traînaient plus loin. Les véhicules s'arrêtèrent en arc de cercle sur le bord du terrain et Ikki sortit le premier. Il avait la mine sombre, l'air bien moins assuré que quand ils avaient démarré des onsens. Il s'approcha du centre de la place, le visage fermé, contrarié, alors que tous descendaient des véhicules.

"Bon... On va essayer de faire ça en toute sécurité pour tout le monde. commença-t-il. Toutes les armes devront être hors de portée de Shun, bien rangées dans les véhicules ; Belle, prépare une pharmacie, pour désinfecter la plaie ; Ichi et Ryoko, préparez-vous à l'immobiliser. On fait comme d'habitude."

Toute l'équipe s'activa alors : seul, Shun se rendit au milieu du terrain et s'installa par-terre, attendant que tous soient prêts ; Belle prenait la pharmacie dans le coffre de sa voiture ; Ichi et et Ryoko se tenaient à l'écart, prêts à le saisir en cas d'attaque, car ils étaient les plus rapides - et Shun pensa brièvement qu'il était bien content de ne pas sentir le choc quand ces deux-là le plaquaient violemment au sol ; son frère et les autres se tenaient à l'abri autours de la zone, prêts à intervenir en cas de pépin.

Ikki leva le poing, pouce levé, et les autres suivirent presque aussitôt, avec une expression concentrée. C'était leur signal, celui qu'ils utilisaient pour dire à Shun qu'il pouvait attaquer. Alors il prit une grande inspiration, leva sa manche droite et saisit son bandage, qu'il défit lentement, le déroulant tranquillement jusqu'à ce qu'il sente une résistance, sa peau tiraillait quand il insista. Il se mordit alors la lèvre, partagé, incertain de vouloir se déclencher une crise dans de telles circonstances. D'habitude, il n'hésitait pas : sa vie, celle de Belle et de ses amis était en danger, il y avait des Morts à éradiquer. Mais là, si ses amis n'arrivaient pas à le contenir ? Et si il leur faisait du mal ? Et si...

"N'aie pas peur, Shun. entendit-il quelques mètres plus loin, en direction des voitures. Tout ira bien, n'hésite pas."

Il leva les yeux, et regarda Belle lui adresser un sourire. Elle l'encourageait, par sa simple présence et son regard débordant de sentiments. Il se prit à penser à Seiya, qui se relevait sans cesse dès qu'on évoquait Saori, et sourit à son tour, se disant que, aussi niais que ça puisse paraître, l'amour avait un pouvoir étonnant sur la motivation et le courage des hommes.

Il regarda à nouveau son bandage et, inspirant un grand coup, arracha la bande de tissus d'un coup sec, avant de la dérouler, et arracher encore sèchement. Sa vue se brouillait quand la douleur vive irradiait dans tout son bras. Il regardait le sang couler sur sa peau, le rouge sombre dégoulinait sur sa pâleur, et il ne vit que ça : ce rouge luisant sous le soleil terne de ce monde sans vie, déclinant vers l'horizon avant que sa sœur, la lune, ne le remplace. Sa blessure n'était plus si profonde que dans son souvenir, mais les bords étaient noirs, avant de se dégrader en une teinte bleutée. Son esprit encore lucide devinait les tissus nécrosés par l'infection... et cela le surpris. En temps normal, il aurait déjà sombré dans l'inconscience. Il serait sûrement debout, à chercher un Mort à éradiquer... ou autre chose.

Ikki n'en croyait pas ses yeux. Devant lui, assis au milieu du terrain vague, son frère regardait sa blessure sans réagir depuis plusieurs minutes. Il l'avait regardé avec horreur s'arracher la peau sans émettre le moindre de son : pas un cri, pas un grondement, pas même une petite plainte. Il avait vu ses yeux devenir ternes, son teint blanchir de façon effrayante, et des veines bleues apparaître sous sa peau fine, surtout autours de ses yeux. Tout s'était passé comme d'habitude... mais il n'avait plus bougé, ensuite. Son regard restait fixe sur la morsure, et le sang qui en coulait. Il ne saignait pas plus que la normale, pas moins non-plus, et Ikki pouvait clairement voir l'état préoccupant de la plaie. Cependant il n'osait approcher. Telle une bombe à retardement, il craignait que Shun ne s'éveille d'un coup et attaque sans prévenir... Mais il n'en fit rien. Et lui attendait avec les autres, éparpillés dans les voitures, retenant Belle qui, visiblement, n'attendait qu'un mot pour voler au secours du garçon qu'elle aimait.

"Ça devient long, là... murmura Urie. Pourquoi il s'énerve pas ?
- Bonne question. gronda Ikki. Je ne sais pas si on devrait approcher."

Belle ne tenait plus en place. Elle regardait les deux hommes à l'avant de son véhicule débattre sur la marche à suivre : approcher ou rester à l'abri ? Tél était leur dilemme. Mais elle était persuadée qu'il n'y avait pas de danger : dans son mode Berserk, Shun n'avait jamais été aussi calme. Était-elle donc seule à voir qu'ils ne craignaient rien ? Elle soupira et sortit de la voiture qu'elle occupait, avant de s'approcher en trottinant du garçon, sa trousse de secours en main.

"Mais, Belle, qu'est-ce que tu fous ? s'écria Ikki en tentant de l'attraper, ouvrant sa portière. Reviens !"

Elle l'ignora et vint se mettre à genoux devant Shun, qui n'avait même pas levé les yeux sur elle. Elle posa sa trousse à ses côtés et l'ouvrit pour mettre des gants et prendre du coton, qu'elle imbiba de désinfectant. Elle saisit délicatement le bras blessé, et le garçon réagit enfin, s'éloignant d'un bond, arrachant un cri de surprise à Miraï, qui se cacha les yeux de peur de le voir s'attaquer à Belle. Laissant tomber le coton, celle-ci se releva prestement, les mains tendues pour le repousser en cas d'assaut.

"Shun, calme-toi... !
- Belle, fais demi-tour !"

Ignorant encore l'ordre d'Ikki, elle étudia Shun plus attentivement : il avait les yeux vides, le teint livide, des cernes affreuses... mais c'était bien lui, elle en était certaine. Il ne la discernait pas complètement, elle le savait : il lui avait expliqué qu'il était littéralement aveugle quand il commençait à sortir de crise, et que sa vue était encore très floue, par moments. Il avait juste eu peur en la sentant le toucher.

"Shun, c'est moi... essaya-t-elle alors en français. Je vais te soigner. N'aie pas peur."

Sa vue s'éclaircit peu à peu. Les formes indistinctes prirent des contours plus précis alors qu'il tâchait de se concentrer sur cette masse bleue qu'il reconnaîtrait entre mille, celle qui dansait au gré de la brise ou qui volait en tout sens quand ils roulaient la fenêtre ouverte en écoutant du Visual Kei. Debout devant lui, Belle portait des gants en latex blancs, dont l'un était taché de sang, probablement le sien. À ses pieds, la trousse de secours était toujours ouverte et, autours d'eux, leurs camarades étaient toujours sur le qui-vive.

"Je vais bien..." dit-il pour les rassurer. "Je vais bien, ne vous en faites pas." ajouta-t-il ensuite plus fort.

Tous respirèrent à nouveau quand il parla clairement, sans grogner. Ils sortirent peu à peu de leur torpeur et de leur voiture pour s'approcher, alors qu'il se faisait asseoir au sol pour se faire soigner. Belle reprit un coton qu'elle imbiba de désinfectant pour nettoyer la morsure.

"On peut savoir ce qui s'est passé ? commença Ryoko, que la tension énervait facilement. T'es resté sans bouger pendant au moins 15 minutes !
- J'en sait trop rien...
- Comment t'as fait pour rester calme, enchaîna Ichi ?
- Aucune idée, je...
- Belle, t'es dingue ?! coupa Miraï, dont les mains tremblaient encore tant elle avait eu peur. On savait pas du tout comment il allait réagir !
- Je le sentais bien, pour ma part, répondit l'intéressée d'un air détendu."

Ikki eut beaucoup de mal à apaiser les cœurs et à écarter ceux qui s'étaient agglutinés autours du jeune couple. Ils avaient tous besoin de se reposer un peu : la journée avait été longue, et le soleil déclinait vers l'horizon. Il était temps de monter le camp.

"Nous allons camper ici, cette nuit. Préparez les voitures. Ichi, tu t'occupes du repas avec Miraï. Belle et Shun, vous êtes dispensés, vous êtes bien assez occupés."

Shun regarda le groupe se disperser autours d'eux, laissant Belle s'occuper patiemment de son bras. Ikki restait auprès d'eux, s'installant aux côtés de son petit frère pour voir la blessure. Il grimaça.

"La vache, tu t'es pas raté.
- Va dire ça au Mort qui m'a mordu."

La plaie avait cessé de saigner, et Ikki aurait presque pu compter les dents qui avaient percé la peau si il ne manquait pas des bouts de chair. Quelques fibres du bandage restaient dans la plaie et Belle prit une petite pince pour les enlever délicatement.

"C'est dingue... Tu es resté totalement impassible, pendant que t'arrachais le truc. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Je te le dis, je ne sais pas. Je regardais la blessure et j'ai comme... J'en sais rien... J'avais mal mais je... Je ne me suis pas... senti partir, comme d'habitude... J'ai juste regardé ma blessure et je me suis dit que c'était salement infecté.
- Ça, pour être infecté... On va devoir nettoyer la plaie régulièrement. informa Belle. Pour cette nuit, on va la laisser à l'air libre, en espérant que ça ne saigne pas plus.
- Ça risque rien, si tu touches le sang contaminé ?
- Nan, j'ai déjà été en contact avec son sang quand je soignais des petites plaies, ça craint rien."

Ikki haussa les épaules puis s'éloigna, pour aider à l'installation du camp dans les voitures, rabattant les sièges, et déroulant les duvets pour y passer la nuit, alors qu'à côté, Ichi et Miraï se battaient avec les réchauds à gaz pour les allumer et pouvoir commencer à cuisiner. Belle rangea sa trousse avec un petit soupir, avant de le regarder.

"Essaie de ne pas salir ta blessure."

Puis elle l'embrassa, avant d'aller ranger la pharmacie dans la voiture, suivie des yeux par son petit-ami, resté assis à même le sol. Il ne pouvait détacher son regard d'elle en repensant à son étrange absence... quinze minutes, avait dit Ryoko... mais pour lui ça n'en avait pas duré plus de cinq... et cette voix... cet homme grec lui avait à nouveau parlé...

"Ne tarde pas..." avait-il dit. "Toi seul peut me trouver..."


Bonus
Gastronomie

"Wok de légumes en conserve et riz !" annonça fièrement Ichi.

Le camp venait d'être monté dans le terrain vague qu'Ikki avait sélectionné pour passer la nuit. Chaque voiture s'alignaient sagement les unes à côté des autres, portières ouvertes. Les sièges étaient rabattus et les duvets étaient déployés, attendant simplement que leurs propriétaires viennent s'y blottir. Le calme régnait dans les alentours alors que le soleil avait vite décliné. Il commençait à faire sombre et frais, et quelques couvertures avaient été sorties pour profiter du repas au chaud, autours d'un feu au bois, allumé quand les réchauds n'avaient plus été utiles au repas pour économiser le gaz.

Chacun appréciait le repas modeste dans sa gamelle en aluminium, avec des baguettes de bois pour les uns et une cuillère pour les autres. Jusqu'à ce qu'une plainte s'élève du petit groupe.

"La viande me manque. geignit Makoto en regardant sa gamelle d'un air de chiot battu. J'aurais bien envie d'un bon poulet.
- Bah, trouve-toi un poulailler et va le chasser, ton poulet. se moqua aussitôt Urie. T'es pas le seul à être en manque alors je t'en prie.
- Moi, je préférerais une bonne pièce de bœuf, maugréa Ryoko.
- Et moi, c'est le couscous de ma mère qui me manque."

Tous les regards se tournèrent vers Belle, dont les yeux voguèrent sur chaque visage surpris. Elle ne comprit pas tout de suite le problème, avant de se dire qu'au Japon, la gastronomie du Moyen-Orient était peut-être un peu trop exotique pour qu'ils connaissent.

"C'est quoi, le... kuskus ? demanda Miraï, qui peinait à répéter avec son accent. C'est un plat de Belgique ?
- Oh, non, non. rigola Belle. C'est pas belge du tout. En fait, mes grands-parents sont nés au Maroc et ça vient de chez eux."

Makoto se pencha sur Ikki pour lui demander c'était où, le Maroc, et le phénix lui répondit évasivement qu'il savait pas mais que ça devait être tout au nord de l'Afrique.

"Ma mère a appris la recette de ma grand-mère, qui elle-même la tient de sa mère. Mon arrière grand-mère disait toujours qu'une bonne mère de famille se devait de pouvoir cuisiner un bon couscous pour ses enfants.
- Et il y a quoi dans le couscous ?" tenta de répéter Shun qui, même s'il avait subi son entraînement au large de l'Afrique, n'avait pas un meilleur accent que Miraï.

Belle émit un rire et fit la très longue liste des ingrédients de son plat de famille, tentant d'expliquer comment sa mère le préparait, relatant de vieux souvenirs qui lui mirent presque la larme à l'œil. Mais voir les sourires conquis et envieux de ses amis lui firent vite oublier sa nostalgie.

"Dis donc, Shun, t'as vécu six ans pas loin de là et tu ne connaissais pas ?
- Ça va te surprendre, Ikki, mais j'étais pas là pour la gastronomie locale. J'ai mangé du poisson, du riz et des algues pendant ces six ans, je te jure qu'après, il fallait pas me parler de sushis pendant des mois."

Une hilarité générale accueillit sa déclaration, s'élevant dans la nuit comme les braises de leur feu de camp, avant que le repas ne continue dans le calme, les bruits de cuillères et de baguettes sur le fer résonnant avec les insectes alentours qui chantaient.

Puis un bruit se fit entendre.

Tous cessèrent de bouger, l'oreille tendue, alertes, regardant l'environnement autours d'eux pour débusquer la source du bruit. Soudain, il reprit, juste derrière Miraï, qui se tourna lentement en reconnaissant le cri. Dans son dos, un chat noir venait d'apparaître, profitant de l'obscurité, pour se faufiler près du groupe. Il avait de grands yeux noircis par l'obscurité et arborait un collier à clochette rouge. Il émit un miaulement faible, et vint se coller à la jeune fille, qui n'avait trop l'air de savoir comment réagir. Il n'avait pas une tête de chat errant, mais qui sait où il avait traîné.

"Euh... J'en fais quoi ?" demanda-t-elle à Ikki, qui haussa les épaules pour toute réponse, prenant une cuillerée de riz.

Tous avaient les yeux rivés sur le jeune chat quémandant des caresses, qui passa d'un membre du groupe à un autre en espérant obtenir de l'attention.

"... Le chat, ça a le goût de poulet, non ?
- Makoto !"