(deux petits tours et puis s'en va)

Ginny était donc sortie, cherchant James Potter dans tous les couloirs, sans penser qu'il puisse être à l'extérieur. Elle croisa néanmoins quelqu'un. Son propre frère, Ronald Weasley. Ron était à Serpentard. En effet, le Choixpeau avait longuement hésité avant de bafouiller ce qui semblait être le nom de cette maison. Mais tout laisse à penser qu'il l'y avait mis un peu au hasard car Ron ne s'y sentait pas vraiment à sa place. Pour essayer toutefois de s'intégrer un peu, il tentait de devenir plus rusé, ambitieux et méchant. Sa famille avait été étonnée de voir ce changement s'opérer sur le plus jeune fils et avait décidé de le faire changer à nouveau. Cependant Ginevra en avait marre. Elle détestait le petit regard fourbe qu'avait son frère à présent et elle ne comptait plus sur lui pour quoi que ce soit. Bien qu'elle eût essayé de l'éviter, le fait qu'ils soient seuls dans le couloir avait tout simplement détruit tous ses espoirs. Ron et Ginny s'arrêtèrent donc l'un en face de l'autre et elle soupira.

— Salut Ronald.

— Tu vas bien, Ginevra ?

— Oui. Ronald, tu n'aurais pas vu James Potter par hasard ?

— Si, il est à la bibliothèque, Ginevra.

— J'en viens, Ronald, donc si tu essayais de m'envoyer y faire un tour pour perdre mon temps, c'est raté. Tu sais, de toute façon, je ne t'aurais pas cru, tu fais toujours ça.

— D'accord. Eh bien, il est dans le parc alors.

— Je suis pas idiote, Ronald, je sais aussi que tu viens de me dire le bon truc juste parce que tu penses que je ne vais pas te croire. Il faut encore que tu t'améliores pour être un vrai Serpentard.

Elle haussa les sourcils et continua sa route, laissant son frère en train de réfléchir et de se dire que sa sœur était décidément plus maline que lui. Il soupira, encore un coup raté et partit vers d'autres chemins.

Ginny marcha jusqu'au parc où elle trouva enfin James Potter et Severus Rogue, toujours assis tranquillement dans l'herbe en train d'écrire des choses dans leur carnet secret. Elle leur sourit et s'approcha d'eux.

— James, je te cherchais !

— Vraiment ? demanda James avec un petit sourire.

— Oui, vraiment ! J'ai déplacé l'entraînement de quidditch, il sera samedi.

— Parfait, merci Ginny !

Elle les regarda un instant en continuant à sourire. Severus haussa un sourcil.

— Tu as un problème de cheveux ?

Elle secoua la tête, sortant de ses pensées.

— Non. Non. Non pas du tout. Je ...

— Oui ?

— Non rien. On se voit au dîner !

Elle se retourna et retourna à l'intérieur, laissant les deux garçons perplexes.

Pendant ce temps, Ron était retourné dans la salle commune des Serpentard dans le but de les observer pour mieux leur ressembler. Il regarda autour de lui et s'installa dans un fauteuil, pas très loin de la cheminée.

Dans la salle commune, il y avait Neville Londubat qui, contrarié par sa retenue, se défoulait sur un coussin en imaginant la tête de Minerva McGonagall à la place.

Il y avait aussi Cho Chang, une jolie élève très jolie et qui riait toujours très fort quand une de ses amies faisait une blague. Là, elle riait encore aux éclats parce que Vincent Crabbe avait dit que les cheveux de Cédric Diggory auraient bien besoin d'un soin des deux compères, Potter et Rogue. C'était vraiment très drôle.

Vincent Crabbe et Gregory Goyle n'étaient pas les meilleures amies de Cho mais il n'y avait pas tant que ça d'autres filles à Serpentard qui faisaient des blagues amusantes. Cho avait toujours ce besoin irrépressible de rire, cela lui arrivait même en cours, ce qui était un peu embêtant, notamment en Botanique mais heureusement pour elle, parfois, elle réussissait à se retenir de rire. Il faut aussi préciser que Vincent et Gregory étaient deux filles vraiment hilarantes et surtout idiotes et chaque mot qu'elles prononçaient étaient ainsi une source intarissable de moquerie et Cho adorait ça.

Mais Ron ne trouva pas réellement d'inspiration en tous ceux qui étaient là. Il soupira, affligé par le spectacle plutôt déroutant de cette salle commune. Au fond, il ne voulait pas vraiment devenir comme eux, mais avait-il seulement le choix ? Ne devait-il pas absolument s'adapter à cette situation qu'il vivait déjà depuis maintes années ? La tête remplie de questions et d'interrogations et de doutes, il ressortit de la salle commune, croisant sur son passage une très jolie fille, elle aussi, qu'il trouva instantanément différente des autres pour la simple et bonne raison qu'elle n'était pas tout le temps en train de ricaner. Leurs yeux se rencontrèrent et Ron sentit son cœur s'accélérer.

— Tu peux me laisser passer, poil de carotte ?

Ron passa machinalement une main dans les cheveux mais ne fit pas de pas sur le côté. Ce n'était pas tous les jours qu'il voyait quelqu'un qui l'intéressait vraiment à cet endroit. La fille finit donc par le pousser pour pouvoir passer. Ron, un peu hébété ne releva pas l'offense et continua sa route droit vers le mur qu'il se prit au passage.

Lavande Brown jeta un coup d'œil derrière son épaule et fit un petit sourire. Elle aimait bien ce Weasley, il était mignon, absolument risible et, même si elle ne l'avouerait jamais, elle trouvait un certain charme à sa couleur de cheveux flamboyante. Elle entra cependant sans se prendre de mur dans la salle commune et fonça directement sur Neville Londubat. Celui-ci leva la tête vers elle et se reçut une merveilleuse gifle. Elle exprima son mécontentement :

— Londubat ! Quand est-ce que tu arrêteras de croire que tu es le meilleur partout ? Tu dois faire plus attention ... Tu es encore en retenue à ce que j'ai entendu ! Je veux des explications.

— Mais c'est la faute à McGonagall !

— Je m'en fiche ! Tu vas encore enlever des points à la maison et on va encore perdre.

— Mais les Gryffondor en perdent aussi ...

— Je m'en fiche ! répéta-t-elle en prenant le coussin à l'effigie de Minerva McGonagall et en le frappant avec, elle ne faisait pas dans la dentelle aujourd'hui.

— Mais ...

— Va faire tes devoirs !

Neville, penaud, recula et alla faire ses devoirs docilement. En effet, Lavande était la préfète de Serpentard et elle tenait à ce que tout soit parfait dans sa maison. Elle ne supportait pas que les élèves fassent n'importe quoi sous prétexte qu'ils étaient méchants ou fourbes ou plus rusés que les autres. Elle soupira et monta dans son dortoir pour prendre ses affaires de métamorphose, histoire de faire aussi gagner des points à la noble maison Serpentard et elle alla à la bibliothèque où il se passait décidément beaucoup de choses intéressantes.

Dans la bibliothèque, donc, Drago et Peter étaient de retour avec un rouleau de parchemin sous le bras.

— Tu comptes t'y prendre comment, au juste, Drago ?

— J'ai un plan.

Peter hocha la tête en faisant la moue. Les plans de Malefoy étaient rarement d'une extrême subtilité. Alors, il s'écarta légèrement de son ami pour se désolidariser totalement de lui car Drago s'apprêtait à lancer son parchemin vers la table de Granger et Black. Mais Lavande Brown passa juste au mauvais moment et par une mystérieuse malchance, elle reçut le parchemin en pleine figure. Elle s'exclama, déjà de mauvaise humeur et surprise, ce qui n'arrangeait rien :

— Ah ! Qui a fait ça ?

Elle se tourna dans la direction de Drago, qui avait l'air confus. Elle ne fut pas la seule à se tourner vers lui, il sentit le regard étonné d'Hermione et celui définitivement moqueur de Sirius. Peter était déjà à trois mètres derrière et semblait s'intéresser à un livre sur les sortilèges en temps de pluie. Lavande avança lentement mais sûrement vers le blondinet, elle avait l'air folle de rage. Drago déglutit et recula de plus en plus rapidement en s'emmêlant dans ses excuses :

— Je suis désolé... Pardon... Il m'a échappé des mains... Je n'ai pas fait expr... Gloups.

Lavande venait de pointer sa baguette vers lui et rien ne semblait moins la déranger que de lancer un maléfice sur un Poufsouffle. Elle commença son incantation quand quelqu'un s'interposa.

— Brown, arrête d'attaquer des Poufsouffle. Ta maison risque de le payer cher.

— C'est toi qui payera cher, Granger !

Lavande rangea sa baguette et sortit de la bibliothèque, encore plus énervée qu'avant. Comme si les idioties de ceux de sa maison ne suffisaient pas, il fallait que tous les autres soient pareils.

Drago avait des paillettes dans les yeux, il regardait Hermione avec un grand sourire et presque de la bave au coin de la bouche. La Gryffondor lui fit un petit sourire et dit :

— C'est vraiment injuste, tu n'as même pas fait exprès, les Serpentard comme elle n'ont vraiment aucune pitié.

— ... Je ... Ou-oui. Merci beaucoup.

— Mais il faut absolument que tu apprennes à te défendre tout seul par contre parce que ...

Elle ne pu terminer sa phrase car le Poufsouffle blond venait d'approcher sa main de la sienne et était en train de la lui caresser. Elle l'ôta vivement, surprise et recula avec des yeux étonnés. Drago fronça les sourcils. Pourquoi avait-il encore tout gâché ? Hermione alla se rasseoir à côté de Sirius qui était mort de rire et se moquait ouvertement du petit Malefoy et de tous ses espoirs partis en fumée. Elle aussi semblait se retenir de rire. Drago baissa la tête et rejoignit Peter qui lui tapa l'épaule dans un geste amical.

— C'est pas grave, mon pote, déjà elle t'a défendu.

— Oui mais elle a pas trop aimé que je lui caresse sa main ...

— Peut-être que tu aurais dû attendre un peu... En tout cas, c'est ... C'est déjà un bon ... début. Elle aurait pu ne rien faire du tout.

Drago renifla en hochant la tête. Et ils se mirent tous les deux en marche vers la sortie, parce qu'au fond les livres de métamorphose ne sont pas vraiment passionnant, et ceux sur les sortilèges en temps de pluie non plus. Mais Sirius ne put pas se retenir et éclata de rire bruyamment, Hermione ricanait derrière son livre. Drago jeta un regard dans leur direction et croisa les yeux moqueurs de Black, il rougit et continua son chemin pour rapidement atteindre la sortie. Il avait l'intention de marcher tout droit vers la tour d'astronomie et de sauter mais son ami Peter le rattrapa en trottinant.

— Drago ! Attends-moi, j'ai des petites jambes ... Oh, il faut pas le prendre comme ça !

— Mais tu as vu, ils se moquaient de moi. Je ne sais pas comment faire pour rattraper le coup. Je suis nul. Vraiment nul. Nul nul nul.

— Arrête un peu, on croirait entendre Diggory !

— Il faut peut-être que je lui demande conseil. Viens, il est dans le parc.

Et Drago changea de direction pour aller vers Diggory. Toujours avec Tom Jedusor, il était en train de faire des exercices pour avoir plus confiance en lui. De loin, on pouvait se poser de nombreuses questions. Pourquoi Cédric était en train d'essayer de tenir sur une seule jambe en chantant, pas très bien, une chanson des Bizarr'sisters ? Pourquoi récitait-il par moment des citations de sages chinois ? Pourquoi faisait-il des sortes de câlins aux arbres ? La prochaine étape serait-elle de plonger dans le lac pour aller faire un câlin au calmar géant ? Ce sont des questions que tout le monde qui passait par là se posait mais Drago se demandait plutôt comment cela allait-il, à lui, petit blond qu'il était, l'aider à conquérir l'amour de sa vie. Il s'arrêta devant Tom qui lui fit un petit sourire. Derrière, Peter courait, il avait des petites jambes et s'était fait distancer par le Malefoy, qui l'avait un peu oublié. Il arriva quelques secondes plus tard, tout essoufflé, auprès de Tom Jedusor.

— Les garçons. Drago, Peter, tout va bien ?

— Non ! Tom, j'ai besoin de ton aide, hurla presque Drago, au désespoir.

Cédric, surpris d'entendre des cris, en tomba. Il était en équilibre et était encore fragile. Voilà qui n'allait pas vraiment l'aider à reprendre confiance en lui.

— Calme-toi, Drago. Explique-moi la situation. Calmement. C'est très important d'être calme. N'est-ce pas Ced ? fit Tom Jedusor avec un sourire rassurant.

— J'ai un gros problème ! Je me sens nul nul nul et j'ai besoin de ... De ... Tu sais, de ... Me sentir un peu mieux.

— Je connais bien ça, articula Diggory, c'est difficile mais Tom est excellent ! Vraiment super, il m'aide beaucoup. Oh ! Tom ! Tu ne pourrais pas nous faire un petit atelier de confiance en soi avec Drago et Peter.

— Mais moi ... Moi, ça va. Je ... Je suis bien, bafouilla ce dernier.

Tom hocha la tête avec gravité, il plissa les yeux et ajouta :

— Bien, les garçons. Je vois bien que vous vous sentez un peu rejetés. Mais surtout, il ne faut pas que vous vous laissiez faire. Soyez forts. Je serai là pour vous aider mais il faudra surtout que vous arriviez à vous débrouiller tout seul ! Vous m'avez bien compris ?

— Mais... Tom, je ne suis pas ...

— Peter Pettigrow, tu l'es, crois moi, et il faut que ça cesse !

Tom Jedusor était bien décidé à aider tout le monde. C'était sa mission, faire le bien, il avait toujours préféré être gentil que méchant. D'ailleurs, il ne comprenait pas comment certains comme Londubat pouvaient être si malveillants avec les autres élèves. Surtout avec les Pousfouffle, les pauvres étaient les plus vulnérables. Il se dit qu'il faudrait qu'il demande s'il pouvait créer un club. Dans ce cas, il faudrait aussi trouver un nom. Il avait déjà quelques idées qui lui trottaient dans la tête. Les Mange-la-mort, ceux qui vaincront la mort et seront plus fort que les méchants. Pensif, Tom commença à donner des conseils à la petite bande de Poufsouffle.

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Bon, ça va, vous tenez le coup ?
Les problèmes de temps peuvent donner la nausée et faire tourner la tête. (Comme un
time-turner, haha, sauf que c'est un tête-turner ... wow arrêtez moi !)