(trois tours devraient suffire ? Un, deux, trois, quatre ...)
Pendant que les trois Mange-la-mort partaient en mission vers la bibliothèque, leur maître penseur, Tom Jedusor, se dirigeait vers les Serres où Minerva et Neville étaient toujours enfermés et se débattaient, avec beaucoup de style cependant, contre des plantes carnivores. Tom était à peine arrivé devant la porte qu'il vit avec stupeur, la porte s'ouvrir et laisser passer une Minerva McGonagall folle de rage qui pointait sa baguette en direction de ladite porte en hurlant :
— Londubat ! Comment as-tu pu oser ? Me trahir d'une telle manière, ça ne m'étonne même pas de toi tellement tu es un crétin sans cervelle ! Tu ferais mieux d'avoir une bonne assurance parce que je ne suis pas sûre d'être aussi clémente la prochaine fois !
Jedusor, en bon Préfet-en-chef, étouffa un cri de surprise avant de très professionnellement essayer d'aller calmer la situation. Tout problème a une solution, il suffit de trouver la lumière et de s'en servir pour faire le bien. Mais un Neville Londubat sortit lui aussi de la Serre avec un sourire mauvais et l'air d'avoir passé trois jours dans la jungle si on comptait le nombre de feuilles qu'il avait dans ses cheveux devenus hirsutes.
— Tu n'avais qu'à pas m'attaquer dans la Grande Salle tout à l'heure, tu m'as cherché, McGonagall, me voilà !
Tom vit le Serpentard lever sa baguette en direction de son amie, il ne pouvait pas laisser les choses se passer d'une telle manière. Avant même que les deux ne le remarquent, il s'interposa, lançant un sort de bouclier entre les deux ennemis. Il cria, essayant de les raisonner :
— Du calme, vous deux ! La violence ne mène à rien, baissez vos baguettes immédiatement !
— Dégage, sale ami des Poufsouffle, tu ne vaux pas mieux qu'eux à toujours essayer de faire ton intéressant !
— Comment peux-tu dire ça ? Tu devrais avoir honte ! s'écria Minerva en se rapprochant de Tom qui lui lança un regard calme.
— Non, Minerva, laisse-le. Tu sais très bien qu'il est simplement jaloux car il ne parvient pas à avoir de bons amis comme moi. Vous devriez discuter paisiblement tous les deux, je ne crois pas que votre retenue est finie. Peut-être, Londubat, que tu mérites une autre retenue pour comprendre à quel point tu te trompes de chemin... J'ai l'impression que tu t'enfonces de plus en plus dans les méandres sombres de la magie noire.
— Arrête tes discours à la noix, Jedusor ! Je ne discuterais pas avec elle, elle est insupportable !
— Alors attends-toi à recevoir une convocation pour une retenue, tu ne me laisses pas le choix, Neville.
— Bien, j'en ai rien à faire de toute façon !
Et Neville s'en alla en un élégant mouvement de cape. Minerva soupira, véritablement énervée. Tom se tourna vers elle avec un regard inquiet, il lui tapota l'épaule et lui demanda gentiment :
— Que s'est-il passé ?
— On était en retenue parce que le Professeur Lestrange m'avait surprise en train d'essayer de lui faire comprendre qu'il ne devait pas embêter Diggory et ... Il a ... Enfin, on s'était dit qu'on survivrait mieux en s'entraidait pour une fois et ...
—Quelle excellente initiative !
— Mais il n'a pas respecté l'accord et m'a envoyé un géranium dentu dans la figure. Heureusement, j'ai pu réagir suffisamment rapidement pour ne pas être blessée mais j'étais si énervée qu'il ose, de cette manière, me poignarder dans le dos ...
— Merci Merlin, tu n'as rien. Votre retenue est terminée au moins ?
Minerva hocha la tête en remettant bien sa cravate. Au moins, il avait attendu la fin de leur travail pour agir. Ils avaient dû se débattre pour rempoter des Agonysia et des Bittercrescent, deux espèces très dangereuses. L'écossaise en gardait la marque d'une morsure au doigt mais Tom ne le remarqua pas, sinon, il lui aurait dit d'aller directement à l'infirmerie alors que Minerva avait juste besoin de manger un petit peu avant d'aller finir tous ses devoirs. Ils marchèrent en direction du château tous les deux, discutant du grand projet de groupe de soutien aux Poufsouffle. Minerva était très enthousiaste à cette idée, elle lui dit qu'elle essaierait de participer mais qu'elle était déjà occupée par beaucoup de choses. Elle lui parla de son projet à elle, de réussir à devenir un animagus avant la fin de l'année. Il lui dit qu'il la soutiendrait autant qu'il pourrait. Arrivés dans le Hall, ils se regardèrent en souriant et Minerva dit :
— En tout cas, merci beaucoup Tom pour m'avoir défendue. Tu es un excellent Préfet-en-Chef !
— Oui, on me l'a déjà dit, répondit-il en souriant avec modestie. Mais j'ai une partenaire toute aussi excellente, ajouta-t-il en la désignant.
— Oh, tu sais ... Je ne sais pas si je mérite ce rôle. J'ai un peu de mal à rester calme quand je suis confrontée à des personnes comme Londubat. Heureusement que tu es là quand même !
— Ne dis pas n'importe quoi, Londubat m'énerve aussi beaucoup. C'était très courageux de ta part de l'affronter aussi directement. Je pense qu'il y est plus sensible qu'à mes discours ...
— Tes discours sont très efficaces et ils ont le mérite de ne pas te mettre dans des situations difficiles comme moi.
— Tu t'en sors toujours très bien, crois-moi.
Et derrière eux, brisant ce doux instant plein de compliments qui serait décrit par un doux rose pâle si l'on devait associer une couleur à une scène, arriva en courant Peter Pettigrow, les cheveux humides de transpiration collés sur son front pourtant déjà un peu dégarni. Il était essoufflé et il lui fallut bien deux minutes avant de réussir à s'exprimer :
— Drago est en train de faire la pire erreur de sa vie ! S'il vous plaît, aidez-moi à l'arrêter !
Alarmés, les deux préfets-en chef échangèrent un regard et hochèrent la tête pour confirmer qu'ils allaient intervenir. Peter soupira de soulagement et tous les trois se mirent en route vers la bibliothèque où il se passait encore des choses incroyables alors que pourtant, le lieu est censé être calme et paisible. Il faut dire que le bibliothécaire était pour le moins papillonnant et peu regardant sur les bavardages. Lui-même était quelqu'un d'assez particulier et seule sa fille parvenait à vraiment le comprendre quand il partait un peu trop loin.
A la Bibliothèque, Drago Malefoy avait embarqué Cédric Diggory dans son grand plan pour conquérir Hermione Granger, celle qui toujours ravivait la flamme de son cœur. Il lui expliqua avec force détail ce qu'il avait prévu. Attentif, Diggory hochait la tête, toujours en essayant d'être tout à fait positif. Tom serait fier de lui, pensa-t-il.
— Alors, tu vois, elle est à cette table, il faut que discrètement, on s'approche d'elle, par exemple, en faisant semblant de chercher un livre sur les potions à effet long dans l'étagère à côté d'elle.
—Tu t'intéresses à ce genre de potion ?
— Absolument pas, je m'intéresse uniquement à cette déesse vivante. Alors à ce moment là, on fait comme si Peeves nous attaquait et on se met à faire comme si j'étais vraiment blessé et toi, tu fais comme si tu t'inquiétais. Elle va réagir et elle va venir à mon secours. Alors là, je ferais comme si je tombais dans les pommes et tu crieras qu'il faut me faire du bouche-à-bouche mais tu en es incapable car tu ... Tu ... On va dire que tu paniques tellement que tu fais une crise d'angoisse et tu te mets à sangloter, comme si tu perdais tes moyens. Tu vois ce que je veux dire ?
— Oui, je crois que je vois à peu près, je connais plutôt bien les ...
— Et alors, le coupa Drago totalement emporté dans son élan, elle va être obligée de me faire du bouche-à-bouche et je l'embrasserai enfin ! Elle comprendra que je suis l'amour de sa vie et qu'elle ne peut que m'épouser, c'est son destin.
— D'accord.
Pour dire vrai, Cédric n'avait pas tout compris, il avait un peu l'impression que Drago allait à sa perte, ce qui était certainement le cas. Après que Peter soit parti en courant, il s'était inquiété pour son ami aux cheveux blonds et brillants tels des gallions dans un coffre-fort à Gringotts. Mais Drago avait tellement d'espoir dans les yeux qu'il ne pouvait pas le décevoir. Le Malefoy le prit par la manche et le traîna jusqu'à l'étagère sur les livres de potions à long effet.
Soudain, avec un jeu digne d'un acteur qui aurait fait une bonne semaine de théâtre dans une troupe amateur de bas étage, il s'effondra, criant d'agonie :
— Ah ! Non, Peeves, ne fais pas ça, je ... Ah, je faillis, je ... Je tombe ! (Il tomba avec un mouvement de cape impressionnant.) Je ... Je n'arrive plus à respirer, je ... Au secours !
Cédric le regarda faire et se tortiller par terre avec une grimace, représentant sa panique. Puis le Poufsouffle toujours debout ne sachant pas vraiment comment faire pour l'aider, jeta un coup d'œil à Hermione qui avait relevé la tête de son livre sur les techniques de quidditch pour les billes en quidditch. Mais elle n'avait pas réagi comme prévu alors Drago continuait à grogner qu'il souffrait beaucoup tout en tapant la cheville de Cédric sous la table pour qu'il joue son rôle. Alors Diggory s'écria, d'un ton peu crédible mais déjà, il fit un effort considérable :
— Ah, Drago est blessé ! Que faire ? Je ... Je ... Je ... Je n'ai pas de permis de soin aux premiers secours ! A l'aide !
Drago soupira et continua à se plaindre. Sa bien-aimée plissa les yeux, se demandant pourquoi ils faisaient ça tous les deux, ça l'empêchait de se concentrer sur son apprentissage purement théorique du Quidditch, qui était tout à fait le début de son plan de conquête de Sa Ginny, sa muse aux cheveux de feu. Elle se remit à penser à elle et ignora Drago, qui allait bientôt commencer à pleurer pour de vrai.
Soudain, Tom Jedusor, Minerva McGonagall et Peter Pettigrow firent irruption dans le champ de vision de Drago qui fronça les sourcils en voyant son ami, qui n'en serait bientôt plus un s'il continuait, revenir avec les deux Préfets-en-chef qui n'étaient pas censés intervenir dans son plan. Son plan qui coulait de plus en plus profondément dans les abîmes du ridicule. Le blondinet était indéniablement déçu, il continua à geindre par terre, oubliant qu'il n'avait pas vraiment mal mais souffrant tout de même de ne pas avoir réussi à capter l'attention de sa belle. Hermione lança un regard interrogateur à Minerva qui semblait inquiète, puis elle en jeta un à Tom qui s'était accroupi près du Poufsouffle agonisant. La brune posa son livre sur les techniques de Quidditch et commenta :
— Il s'est blessé, certainement mordu par un livre ou alors il s'est coupé le doigt avec une page. Peu importe, il fait un peu trop de bruit, nous sommes dans une bibliothèque, s'il pouvait crier ailleurs ce serait ...
— Chut ! l'enjoignit Peter en se glissant vers elle avec un regard paniqué. Ne dis rien de méchant où il va partir dans une véritable crise, bien pire que celle-là. Pire que tout, ajouta-t-il avec de la peur dans la voix. Tu comprends ?
Hermione plissa les yeux. Elle avait compris que Drago essayait d'attirer son attention et qu'elle n'était pas intéressée et qu'il ne voyait pas qu'elle n'était pas intéressée. Elle haussa les épaules, reprenant son livre. Après tout, elle n'avait pas que ça à faire.
Tom, pendant ce temps relevait Drago qui était d'une couleur étonnamment vive, qui contrastait avec sa pâleur habituelle. Le Serdaigle essaya de raisonner le Poufsouffle, à l'aide de sa sagesse et de sa positive attitude :
— Voyons Drago, il ne faut pas se mettre dans un tel état. Respire, nous allons sortir d'ici pour ne pas déranger ceux qui travaillent et tu vas tout m'expliquer. Tu iras bien, crois moi.
Drago hocha la tête en reniflant. Il se sentait pathétiquement nul, humilié même. Il tourna le dos à Hermione, qui de toute façon avait repris sa lecture qui était plus importante à ses yeux, pour qu'elle ne le voie pas dans un état si pitoyable, alors qu'en vérité, elle l'avait tout de même vu se rouler par terre en espérant un bouche-à-bouche. Autrement dit, il avait déjà atteint un point de non retour. Tom sortit de la bibliothèque en soutenant Drago par le bras alors que Cédric avait pris l'autre. Peter, lui, restait un peu à l'écart parce qu'il était très intéressé par les livres de potions à long effet. Minerva s'assit à la table d'Hermione et osant la déranger dans sa lecture, lui dit :
— Tu sais, Hermione, je crois que tu plais beaucoup à ce jeune Malefoy.
— Vraiment ? s'étonna Hermione avec ironie. Je n'avais jamais remarqué.
— C'est dommage pour lui qu'il ne soit pas ton genre.
Hermione leva la tête de son livre pour de bon. Après avoir jeté un coup d'œil audit livre qui pouvait être révélateur, elle fit un sourire gêné et bredouilla :
— Je ne sais pas... Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
— Eh bien, tu préfères les bruns un peu mystérieux, n'est-ce pas ? Comme Sirius, non ?
Minerva avait l'impression de toucher juste parce qu'Hermione rougissait à vue d'œil. Elle secoua et hocha la tête simultanément. C'était révélateur de son hésitation, devait-elle laisser les gens penser cela ou leur montrer que ce n'était tout simplement pas le type "homme tout court" qui l'intéressait mais plutôt rousse merveilleusement flamboyante ? Cherchant en vain ses mots, elle abandonna, ce qui permit à la préfète-en-chef d'ajouter :
— Ne t'inquiète pas, je ne dirais rien à personne. En tout cas, c'est un très bon joueur de Quidditch, acheva-t-elle en faisant un clin d'œil et en pointant le livre du doigt.
Hermione allait protester quand le bibliothécaire débarqua à leur table. C'était un homme blond avec des cheveux très longs qui n'étaient pas souvent peignés. On disait de lui qu'il était fou et qu'il croyait en des choses qui n'existaient pas. Il se disait aussi que cela venait de sa frustration de n'avoir jamais été accepté comme Rédacteur à la Gazette des Sorciers et d'avoir fait couler son propre magazine, lancé en édition libre et ayant eu un succès très marginal, uniquement chez les membres de sa famille. Ainsi, il avait décidé de devenir bibliothécaire pour conseiller aux jeunes élèves de Poudlard des lectures réellement intéressantes. Il avait ajouté un rayon Nargoles et Joncheruines ainsi qu'un rayon pour les bienfaits des bijoux pour les sorciers (où on retrouve notamment le célèbre livre : Fabriquez vos propres colliers en bouchon de bierraubeurre tout en en buvant !).
Xenophilius Lovegood, ce cher bibliothécaire s'était donc approché furtivement des deux jeunes filles et leur dit d'une voix lente et tremblante, qui faisait un peu peur aux première année mais certainement pas aux habitués de la bibliothèque comme elles :
— Vous devriez faire attention toutes les deux, j'ai l'impression que vous êtes infestées de Joncheruines. Est-ce qu'il vous arrive de dormir en pensant à manger du chocolat ? Si c'est le cas, ça ne doit plus se reproduire, ça les attire...
Sa voix résonna. Les deux élèves de Gryffondor hochèrent la tête en échangeant un regard amusé. Le bibliothécaire s'éloigna en se retournant parfois, comme si quelque chose le suivait. Il finit par rejoindre son bureau en sautillant joyeusement et en sifflotant la mélodie d'une chanson des Bizarr's sisters. Minerva le regarda s'en aller avec un sourire rieur et se retourna vers Hermione qui avait tenté de reprendre discrètement la lecture de son livre. L'écossaise demanda avec intérêt :
— D'ailleurs, ça me fait penser ? Tu as vu Luna récemment ?
Hermione fronça les sourcils. Non, elle n'avait pas revu Luna depuis les événements de la rentrée. Elle déglutit, elle n'aimait pas beaucoup en parler. Finalement, elle haussa les épaules et Minerva hocha la tête, compréhensive. Tapotant la main de son amie, elle la laissa continuer son livre et alla retrouver Tom Jedusor et les autres à l'extérieur. Malheureusement, ils étaient déjà repartis vers d'autres cieux. Elle soupira, repensant à la manière dont il l'avait sauvée de Neville Londubat, un sourire passa sur son visage et ses joues en devinrent légèrement pourprées. Ah, quel bon ami, ce Tom Jedusor, vraiment quelqu'un de bien.
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Ne vous attendez jamais à rien,
restez sur vos gardes,
ne rêvez pas trop que vous manger du chocolat,
ce n'est bon que lorsque les détraqueurs vous attaquent.
