(lisez toujours les notices avant d'utiliser les objets magiques que vous ne maîtrisez pas ...)
Alors que Minerva repartait vers d'autres cieux, quelqu'un d'autre passa devant la bibliothèque, il ne s'y arrêta cependant pas, puisqu'il avait pour objectif d'aller droit dans le parc. La nuit tombait. La lune était pleine. Remus Lupin ne devait plus traîner, il devait rejoindre sa cachette pour se transformer. Tous les mois, à cette période, il avait un petit problème de fourrure.
Personne ne le savait bien sûr, sinon ils auraient cru que Remus n'était pas simplement un élève de Serdaigle qui passait son temps à aller faire des footings dans la forêt. Le fait que Remus Lupin soit un loup-garou n'était un problème pour personne en dehors de lui, puisque personne n'était au courant. Il essayait donc d'être discret et avait pris avec lui des affaires de sport, dans l'éventualité où quelqu'un lui demanderait ce qu'il allait faire à cette heure dans la forêt interdite. Comme ça il pourrait répondre : " J'adore faire des tractions sur les branches et faire du saut de haie par dessus les souches d'arbre." Vu son corps, c'était on ne peut plus crédible.
Remus Lupin était le beau mec de Poudlard. Beaucoup plus que Neville, qui était d'ailleurs suspecté d'utiliser du philtre d'amour pour attirer ses groupies, ou que James Potter qui avaient pourtant des cheveux de rêves ou encore que Tom. Parce que même si Jedusor avait un certain charme, il restait un garçon gentil. Non, Remus était beaucoup plus mystérieux, ténébreux et musclé que tous les autres garçons. Sirius même ne pouvait pas rivaliser. Mais il avait le défaut de ne parler à personne et de se complaire dans l'argent et la supériorité. Quand Remus passait dans les couloirs, tout de suite, les Poufsouffle avaient d'autant plus de mal à se mettre en valeur. Les pauvres.
Mais Remus était également la cible de beaucoup de rumeurs. Et certains étaient prêts à tout pour qu'il n'ait pas une nouvelle fois le titre de BG de Poudlard (aussi appelé le titre de la Brillante Glorification ou plus méchamment du Baveux Gnome, utilisé par les jaloux exclusivement).
Ainsi, ce jour-là, l'ayant aperçu avec son matériel de musculation, Ronald Weasley se dit que c'était une occasion en or pour gagner le respect des Serpentard. Il se glissa contre le mur en espérant être discret et suivit le loup-garou jusqu'au Hall où il resta caché derrière le coin d'un mur, observant en cachette le jeune homme passer la porte.
Le rouquin entendit un bruit derrière lui, quelqu'un avait toussé, il se retourna et ouvrit la bouche sous le choc. Il venait de se faire griller par Londubat. Londubat ! Le meilleur Serpentard ayant jamais existé, son modèle. Ou plutôt celui qui l'inspirait quand il ne parvenait pas à être comme tous les autres. Neville le regardait avec étonnement.
— Qu'est-ce que tu fous encore, Weasley ? T'en n'as pas marre de te ridiculiser à longueur de journée ?
— Chut ! l'intima Ron en mettant un doigt sur sa bouche et de l'autre, il montra la silhouette de Remus qui s'éloignait. Regarde, Lupin est encore plus mystérieux que d'habitude, il mijote quelque chose, c'est sûr !
Neville considéra la chose avec attention, ôta le doigt de ce Poil-de-carotte de ses lèvres avec une petite moue et hocha la tête. Il dit d'une voix basse :
— Bon, d'accord. C'est possible. Je l'ai toujours trouvé trop étrange celui-là de toute façon. Suis-moi, on va essayer de découvrir cette anguille sous la roche. Et surtout, ne prend pas d'initiative, tu es nul en initiative.
Ron acquiesça si vivement qu'il se fit mal à la nuque et fut obligé de se masser discrètement pendant qu'il trottinait derrière Londubat. Il n'en revenait pas. Après tout ce temps, il allait enfin faire un truc cool avec celui qu'il considérait comme la crème des Serpentard. Les deux élèves se mirent en route avec fourberie vers le Parc où Remus avançait dans la pénombre. A chaque fois qu'ils avaient l'impression que le Serdaigle allait se retourner, ils se plaquaient tous les deux derrière un arbre, tels deux maîtres de la discrétion. Ils s'approchaient dangereusement de l'orée de la Forêt Interdite et Ron frissonna. Et s'il y avait des énormes araignées dans cette sombre forêt ? Il eut un mouvement de recul alors qu'ils étaient en train de se glisser au plus près du danger et il trébucha lamentablement sur une racine, hurlant de peur.
Neville, dont la première intuition avait été de frapper son camarade, se retint en se disant que peut-être ce manque de précaution avait pu attirer l'attention du beau gosse et qu'il valait peut-être mieux relever le roux et partir en courant. Ou mieux, laisser tomber le roux, qui est idiot de toute façon, et fuir seul. Il connaissait la forte musculature de Remus, connaissait la sienne et n'était pas un idiot, lui. Mais comme il refusait d'être lâche à ce point, il sortit sa baguette, attrapa le Weasley et le plaça devant lui, comme un bouclier, au cas où.
En effet, Remus Lupin les avait entendu, il ne se sentait déjà pas très bien parce que la lune montrait le bout de son museau et il fut d'autant plus fatigué par l'imbécillité de ses congénères. Il se retourna lentement et haussa un sourcil circonspect, magistralement, et Ron sentit sa tête lui tourner. Il venait d'apercevoir une araignée qui grimpait sur le tronc d'un arbre et n'était plus sûr de rien. Il voulait juste retrouver les bras de sa maman, la bonne ambiance de sa maison quand il était petit et surtout ne plus jamais être confronté à de telles bestioles.
— Vous deux, vous faites quoi ici ? demanda Lupin d'une voix profonde et en glissant sans bruit vers eux.
— Je ... On ... C'est-à-dire que ..., bafouilla Ron qui cachait légèrement Neville qui continua l'explication.
— Et toi tu fais quoi là ? Tu es en train de bafouer le règlement, ce n'est pas correct.
— Vous devriez partir. Cette forêt est dangereuse et visiblement, vous n'êtes pas de taille, déclara Remus en montrant légèrement ses propres muscles qu'il donnait l'air d'estimer de taille.
— Qu'est-ce que tu manigances, Lupin ? ajouta Neville en pointant toujours sa baguette vers lui. Tu as bien l'air de ...
— D'aller faire mon sport du soir. Allez-vous en, me voir en action vous éblouirait tellement que vous en deviendrez aveugle.
La vérité sur Remus Lupin était qu'il n'était pas arrogant de nature, il n'aimait pas du tout être confronté aux autres car il était très mal à l'aise avec sa condition de loup-garou. Ce n'était qu'une image qu'il se donnait, un air sûr de lui qui lui avait évité un certain nombre de problèmes déjà. Mais il avait surtout peur pour les deux Serpentard. Ils ne devaient pas traîner ici alors que c'était la pleine lune, c'était trop dangereux et il s'en voudrait trop de blesser quelqu'un ou de mordre un innocent et briser sa vie à jamais. Il en souffrait trop pour le faire subir à d'autres. Alors il fallait qu'il trouve absolument de quoi faire s'en aller Ron et Neville. Ce dernier était vexé et il n'avait pas l'intention de lâcher le morceau, au grand dam de Ron qui flippait un peu, beaucoup.
— Euh ... Neville, on ferait peut-être mieux de le laisser faire ce qu'il veut, ça ne nous regarde pas ..., essaya le rouquin avant de se faire rembarrer par son camarade.
— La ferme ! Toi, t'es qu'un incapable mais moi, je ne supporte pas que cet individu se prenne pour quelqu'un d'extraordinaire. T'es qui pour me dire ça, Lupin ? siffla Neville, énervé.
— Je suis un loup-garou.
— Pardon ? s'étouffa Ron derrière en reculant de quelques dizaines de pas et trébuchant à nouveau sur une racine.
Remus Lupin venait de dire qu'il était un loup-garou. Neville n'en revenait pas. Ce Serdaigle pédant avait tellement pris la grosse tête qu'il s'inventait une vie ! Londubat ricana, au plus grand plaisir intérieur de Remus qui stressait beaucoup, comme vous pouvez l'imaginer.
— Toi ? Un loup-garou ? Allez, arrête de dire n'importe quoi ! Tu sais quoi ? Si tu es si exceptionnel que tu le dis, est-ce que tu pourrais résister à un concours de pompes ?
— Un concours de pompes ? s'exclama Ron en se redressant. Ici ? C'est une blague ? Mais il y a des ... des ... des araignées partout sur le sol, continua-t-il en bondissant sur ses pieds et partant en courant pour sortir de cette maudite forêt.
— Tu ferais mieux de le suivre, Londubat. L'échec serait trop cuisant et je n'ai pas de temps à perdre pour t'humilier.
— Toi, tu ne perds rien pour attendre !
Et Neville se mit à plat ventre après avoir remonté ses manches pour commencer à faire des pompes en plein milieu de la Forêt Interdite. Remus Lupin jeta un coup d'œil à la Lune qui montait de plus en plus dans le ciel. Il dit d'une voix un peu plus tremblante qu'il ne l'aurait voulu :
— Si je gagne, tu promets que tu dégages ?
Neville acquiesça avec le visage déformé par l'envie de gagner et la douleur qu'il commençait déjà à ressentir. La douleur de la défaite. Qui arriva très rapidement ensuite. Londubat était allongé par terre, essoufflé alors que Lupin continuait encore à faire des pompes de manière totalement classe. Finalement, ce fut à peine si Neville ne finit pas par ramper pour revenir au château, en finissant par faire des roulades, tellement il était exténué de sa journée. Rouge de honte, Neville se promit de ne jamais rien dire à personne et retourna dans la salle commune pour martyriser un coussin à l'effigie de Remus Lupin.
Et soudain, la lune atteignit son paroxysme. Le loup-garou sentit ses poils lui pousser et il hurla de douleur. Ron, qui avait traîné un peu autour du lac pour se détendre, entendit le cri du loup et sursauta.
— En plus des araignées, il y a vraiment des loups-garous !
Et il se sauva à toute jambe, juste à temps pour ne pas voir le loup-garou courir à travers les bois.
En rentrant en courant dans le château, Ron, pour la deuxième fois de la journée, se prit un mur. Il en tomba par terre pour la troisième fois de la journée et se trouva ridicule, pour la énième fois. Passant juste derrière, Lavande Brown laissa traîner ses yeux sur lui. Quand il se releva, avec un peu de difficulté, il la vit s'éloigner quelque peu et il l'observa de loin. Soudain, elle fit demi-tour et il faillit en sursauter, un tel revirement de situation dans sa vie, ce n'était pas habituel.
— Hé, toi, le rouquin. T'aurais pas vu Londubat ? Il paraît qu'il est encore en retenue !
— Neville ? Je ... J'étais avec lui il y a juste deux minutes dans la forêt ...
Lavande haussa un sourcil menaçant. Si Londubat était en plus sorti dans la Forêt Interdite à cette heure-là, elle se fâcherait pour de vrai. Ron secoua la tête et finit par dire, remarquant la gaffe qu'il avait failli faire :
— Je ne sais pas où il est parti. Il a dû rentrer dans la Salle Commune.
— J'espère pour lui, ou il ne survivra plus très longtemps !
Lavande recula de quelques pas, ne lâchant pas le regard de Ron, elle allait partir pour retrouver cet imbécile de Neville qui faisait constamment perdre des points à la maison, mais elle dit finalement :
— Tu viens ou pas ?
Ron n'en croyait pas ses yeux, ni ses oreilles. Ses sens le trompaient forcément. Cette vraie Serpentard, la préfète de Serpentard, venait de lui proposer de venir avec elle. Pour rentrer dans la Salle commune, certes, ce n'était pas très loin mais tout de même ! Son cœur rebondit dans sa poitrine et il la rejoignit en trottinant. Elle soupira mais afficha un léger sourire, ce qui était rare pour elle. Alors qu'ils descendaient les marches côte à côte pour aller dans les cachots, elle lui demanda, totalement inopinément :
— Tu t'appelles comment déjà ? Roonil ?
— Rontoutcourt, répondit Ron en rougissant.
— C'est vrai, on est dans la même classe depuis un bon moment, ça te dérange si je t'appelle Rou plutôt ? C'est par rapport à ta couleur de cheveux, ça me simplifierait la tâche.
Ron hocha vivement la tête. Il buvait ses paroles. Si elle voulait l'appeler Rou, elle pouvait, après tout, Ron, ça ne collait pas tellement à sa personnalité. Ils arrivèrent devant la Salle commune et elle lui dit au revoir d'une voix plutôt froide mais un peu moins que d'habitude. Elle partit ensuite à la rencontre de Neville qui était allongé, presque décédé sur un canapé, en se frappant la tête avec un coussin à l'effigie de Remus Lupin. Ron s'installa dans son coin en secouant la tête. Quelle journée extraordinaire ...
Il avait surpris Lupin en train d'aller dans la forêt, l'avait suivi avec Neville (qui donc l'avait remarqué), il avait combattu des araignées et presque un loup-garou, il avait rencontré Lavande qui avait parlé avec lui sans le prendre pour un débile. C'était beaucoup trop, il n'avait pas l'habitude. Il ferma les yeux, avec un sourire satisfait sur le visage. Il sentait qu'il allait bientôt être tout à fait intégré. Il se laissa bercer par les rires incessants de Cho Chang et ses amis et la douce voix de Lavande qui s'énervait contre Neville.
— Tu es un idiot ! Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Minerva ? Pourquoi tu t'es senti obligé de faire n'importe quoi si ça se passait bien ? Non, tu n'as aucune excuse ! Tu iras à la retenue que t'as mise Jedusor parce qu'il a le droit de le faire et si tu essayes une fois de plus de faire ton rebelle, je te jure que je te détruis. Tu te retrouveras sans rien. Rien. Tu ne seras plus rien.
Neville n'avait pas la force de discuter, il hocha la tête et monta se coucher. Vidé de ses forces. Lavande le regarda avec contentement. Voilà qui était fait, un jour, il sera totalement obéissant. Elle se tourna vers les autres et leur hurla de se mettre au travail, ils avaient assez perdus de points comme ça. Énervée, comme toujours, elle monta elle aussi se coucher.
— Faudrait vraiment qu'elle se détende un peu ..., commenta Cormacmac Laggen assis dans un fauteuil en attrapant des mouches qui traînaient là.
— Oh, Cormacmac, tu es incroyablement drôle ! s'exclama Cho en éclatant de rire.
— Je sais, dit-il modestement. Est-ce que tu savais que j'étais le meilleur attrapeur depuis un siècle ?
— Tu as fait des merveilles aux essais, dommage qu'on ne t'ai pas eu l'année précédente ... L'équipe de Quidditch de Gryffondor a de bons joueurs, déclara la rieuse Serpentard, j'espère que tu seras capable de leur tenir tête !
Cormacmac Laggen et ses cheveux drus secouèrent la tête avec confiance, personne ne pourrait lui résister, surtout pas la Weasley et son équipe incompétente. Cho éclata d'un rire clair. Elle aussi faisait partie de l'équipe, en quelque sorte, elle était poursuiveuse. Elle n'était pas mauvaise mais à chaque fois que Crabbe et Goyle loupaient un cognard de près, elle se marrait. Ses deux amies étaient batteuses, leur carrure leur permettaient d'être efficaces mais il avait fallu leur expliquer un certain nombre de fois dans quelles balles elles devaient taper, la tâche avait été compliquée par les rires sempiternels et très pénibles de Cho.
En vérité, leur équipe ne valait pas grand chose contre celle de Gryffondor. Ginny était tellement passionnée qu'elle ne supporterait pas la défaite. Dans la Salle Commune rouge et or, elle était en train de préparer la prochaine séance d'entraînement, écoutant d'une seule oreille ses amis qui révisaient l'Histoire de la Magie.
Sirius était debout et expliquait ce qu'il avait compris du fonctionnement de la hiérarchie des Géants des Montagnes à Hermione, aux Lily et à Minerva qui étaient très attentives.
— Alors le Gurg est le chef de la colonie des Géants. Il dirige parce qu'il est le plus fort et le plus puissant. Si le Gurg perd un combat, il est décapité et est remplacé par celui qui l'a tué. Ceci explique la disparition progressive de l'espèce puisqu'ils ont tendance à s'entre-tuer. Au XIXe siècle, les Géants commencent une réelle guerre, bien plus terrible que leurs habituelles querelles et cela entraîne la presque extinction de l'espèce.
— Il faudrait que tu sois plus précis, le reprit Hermione avec beaucoup de sérieux. La date exacte du début de la guerre des Géants est 1821. Cette guerre est aussi appelée la Guerre des Montagnes et des Avalanches pour les dégâts que ça a produit dans les montagnes, notamment dans les Carpates et dans les Alpes, il y a eu de nombreuses avalanches provoquées par cette Guerre, ce qui a beaucoup inquiété les moldus. Heureusement, le monde des sorciers a finalement réussi à tout calmer et à éloigner les moldus de ce danger. Seulement, l'espèce n'est pas totalement disparue, il reste quelques colonies dans le Nord-Est de l'Europe. Néanmoins, il n'y en a quasiment plus en Grande-Bretagne.
— Ce n'est pas étonnant, ajouta Sirius, ils sont de nature très violente. Ils ont tellement effrayés tout le monde par leur manque d'amitié pour les hommes et leurs manies dangereuses que personne n'a envie d'en voir près de chez soi ...
En entendant ses mots, Lily 1 balança un coussin sur Sirius qui ne comprit pas tout de suite son erreur. Hermione aussi le regardait de travers, avec beaucoup de reproche dans les yeux. Même Ginny avait relevé la tête de ses stratégies et fronçait les sourcils.
— Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit de mal ? Ce n'est pas vrai ?
— T'es vraiment un idiot des fois ! s'écria Lily 2 en laissant son regard glisser vers un garçon plutôt imposant qui était assis non loin d'eux, qui leur tournait le dos mais nul doute qu'il avait entendu. Tous les géants ne sont pas des monstres sanguinaires !
Sirius comprit son erreur et serra les dents avec inquiétude. En effet, il venait d'insulter Hagrid sans le vouloir. Il avait oublié à quel point le demi-géant pouvait être susceptible. Il le regarda se lever lentement en cherchant à toute vitesse les mots pour se rattraper. La masse corporelle de Rubeus Hagrid le surpassait de tous les côtés et Sirius essaya un sourire d'excuse en le voyant se retourner avec une lenteur angoissante :
— Non, vous avez raison, certains ont juste plus de mal avec la communication que d'autres ... Mais ... Euh ... Il est connu qu'ils sont plutôt instables et ...
Sous les regards angoissés de ses amies et celui calme mais dur d'Hagrid, Sirius se reprit, agitant ses mains en cherchant une solution :
— Non, ils ne sont pas instables, ils sont ... Les sorciers ont toujours eu peur des géants et ... Les filles, vous êtes des nées-moldues, vous avez de la chance de n'avoir pas grandi dans les affreux clichés sur les géants alors que moi, je suis imprégné de ça, ce n'est pas de ma faute si ma famille est carrément ... Vraiment trop ... Elle est insupportable et vous savez bien que ... Je ne suis pas comme eux !
— Sirius Black, dit Hagrid d'une voix grave.
— Ou-oui ? répondit-il, la peur au ventre en levant des yeux piteux vers le demi-géant, autant dire vers le plafond.
— Tu n'as pas besoin de t'expliquer. Les Géants sont des idiots sanguinaires. Ils sont en effet dangereux et la race court à sa perte dans de telles conditions.
Rubeus Hagrid avait l'air triste et il ne semblait pas en colère comme l'avait cru le Black. Il sortit même un mouchoir de la taille d'un drap pour se moucher dedans et essuyer ses larmes. Sa situation n'était pas facile, tout le monde était au courant de sa condition de demi-géant et ils savaient que ce n'était pas simple à vivre mais parfois, ils oubliaient. Il ne pouvait pas leur en vouloir.
Hermione se leva et s'approcha de lui avec un sourire profondément bienveillant :
— Rubeus, je suis désolée, j'imagine que ça doit être très difficile de perdre sa famille dans de telles conditions. La cause des Géants est quelque chose qui n'est pas assez mise en valeur.
Il lui fit un sourire en lui tapotant l'épaule pour la remercier, ce qui eut plutôt comme effet de lui faire mal mais elle grimaça à peine, se tournant pour s'adresser à toute la Salle Commune qui était étonnamment calme et attentive. Elle déclara, d'une voix déterminée :
— Les Géants sont trop souvent considérés comme des monstres alors qu'ils ne le sont pas ! Regardez Rubeus, nous savons qu'il est un demi-géant, c'est très courageux de sa part de l'assumer et nous devons le soutenir dans sa démarche ! Lui, il n'a rien à voir avec ceux qui se battent pour le plaisir et une once de pouvoir. Voyez comme il est attentif, il ne ferait jamais de mal à une mouche. Il faut cesser les préjugés, Sirius en est la victime, ce n'est pas de sa faute, c'est de la faute de vos parents et des sorciers qui ont peur ! Ne faisons pas d'amalgame ! Créons une association, un mouvement, quelque chose pour leur venir en aide ! Nous pourrions l'appeler la Défense Éclairée des Géants Ulcérés, Estimables et dans l'Urgence, la DEGUEU !
Tout le monde était silencieux, scotché sur place par le discours de Granger qui avait levé le poing et était devenue légèrement rouge. Seul James Potter, à l'autre bout de la Salle Commune, osa glisser à son cher ami Severus :
— Ouais, faudrait aussi l'aider à coiffer ses cheveux, Hagrid ... T'as vu comme ils sont broussailleux ?
Ce qui lui valu un coussin dans la figure par une Hermione particulièrement en colère.
.
oh wow, vous êtes toujours là ?
N'hésitez pas à manifester votre enthousiasme que je devine grand pour ce qui concerne le sort des Géants.
C'est une cause bien trop peu défendue à travers le monde.
Laissez donc tomber les elfes.
