(Hey, my name is Tim, Tim Turner !)
Le matin scintillant arriva, surprenant un Lupin fatigué de sa nuit à gambader dans la forêt. Personne ne le remarqua rentrer au château en affaire de sport, qu'il avait un peu déchiré néanmoins mais il ne lui restait que ça. Il alla prendre une douche, puis son petit déjeuner. Encore une journée tout à fait normale à Poudlard.
Dans la Grande Salle cependant, il y avait une ambiance particulière. Les journaux étaient arrivés avec le courrier du matin et les gros titres étaient plutôt impressionnants : Le grand Mage Noir réitère ses attaques. Le plus grand bien ? Un mouvement dangereux que le ministère peine à réprimer. Comment déterminer si quelqu'un de sa famille a été embrigadé dans ce fléau ?
Remus se fit aborder par Tom Jedusor, une des seules personnes à qui il acceptait de parler.
— Rem' ! Tu as vu ça ? Je pensais que ça s'était calmé mais apparemment, il n'en est rien ! Le Ministère n'a pas été capable de les arrêter ... C'est très préoccupant, non ?
— Eh bien ... Oui. C'est étrange, j'ai le sentiment que ça risque d'empirer.
— Ne dis pas de telles choses, il faut penser positif ! Au moins, nous n'avons rien à craindre à Poudlard, pas temps que Lockhart est là pour nous protéger.
— Humhm.
Remus n'ajouta rien de plus, il se sentait mitigé quant à leur protection. Après tout, il n'était jamais rien arrivé de grave dans l'école depuis qu'ils y étaient, comment pouvaient-ils être sûrs de l'efficacité de leur directeur ? Tom se resservit en marmelade, un peu bouleversé.
A la table des Valeureux Lions, tout le monde s'agitait. Lily 1 était en train de lire à haute voix un article de la Gazette des Sorciers :
— Cette nuit, aux alentours de trois heures du matin, le Ministère a été pris d'assaut par le groupuscule du "Plus Grand Bien". Dirigé par Truc-Bidule, le Mage Noir que nous ne pouvons pas appeler par son nom puisque ça porte malheur, le cénacle a envahi le ministère, tirant sur des veilleurs et entrant par effraction dans le bureau du ministre où des documents secrets ont été dérobés. Arrivés un peu tard, les Aurors ont cependant réussi à en arrêter certains, récupérant au terme d'une longue bataille, les documents pour les mettre en lieu sûr. Nul doute qu'ils trouveront leur place dans un coffre-fort à Gringotts.
Tout le monde semblait absorbé par le récit, même Severus et James avaient arrêté d'écrire dans leur journal intimement chevelu. Lily 2 conclut :
— Voilà qui donne froid sans le dos. Si Truc-Bidule revient, ça sera ...
— Terrifiant, compléta l'autre Lily en frissonnant.
— Il ne faut pas l'appeler Truc-Bidule, dit Minerva en fronçant les sourcils. Ce serait avoir peur de lui et nous soumettre à son autorité.
— Minerva, commença Ginny en secouant la tête, s'il te plaît ...
— Mais enfin, est-ce que vous pensez vraiment que dire son nom est dangereux ? Nous sommes des Gryffondor ou pas ? Alors Lord A...
— Il était aussi à Gryffondor, ça ne l'a pas empêché de tuer toute sa famille, fit remarquer James en mangeant ostensiblement une bouchée de bacon.
Hermione lui jeta son pire regard et Minerva ne laissa personne répliquer, elle tapa du poing sur la table et s'écria :
— Enfin, dire Lord Abusdublême, ce n'est pas un ...
Un cri retentit à l'autre bout de la salle. Minerva blêmit et se retourna vivement, comme toute la tablée et même la Salle entière. Sur le pas de la porte d'entrée, il y avait Luna Lovegood, sa baguette à la main et les yeux trop grands ouverts, observant toute la Salle avec ce regard glaçant qui la singularisait tant. Hermione posa sa main sur celle de Minerva et lui glissa à l'oreille :
— Tu me demandais si j'avais des nouvelles ? La voilà. Enfin sortie de l'infirmerie ...
L'écossaise croisa le regard de son amie et hocha la tête avec compréhension. Elle suivit des yeux Luna Lovegood traverser la Grande Salle et se diriger vers la table où Tom Jedusor et Remus Lupin étaient installés. Tout le monde observa sa progression, commentant à voix basse son retour. Royalement, elle s'installa seule, tout au bout de la table.
Sirius se pencha vers ses amies et chuchota :
— Vous croyez qu'elle ... Qu'elle est différente maintenant ? Je veux dire, elle a dû être un peu atteinte, non ?
Hermione soupira, elle avait même commencé à attaquer ses ongles avec ses grandes dents. Elle n'était pas à l'aise du tout et Sirius ne l'aidait absolument pas, même s'il pensait le contraire. Minerva déclara à voix basse :
— Vous croyez que c'est de ma faute ? J'ai dit le nom de Truc-Bidule et elle est apparue ...
— Non, Minerva, bien sûr que non, la rassura Ginny d'une voix calme. L'infirmière a dû penser qu'elle était en capacité de sortir aujourd'hui. Après tout, ça fait déjà plusieurs semaines qu'elle ...
La rousse Ginny hésitait sur le mot à dire, elle croisa le regard angoissé d'Hermione et choisit de laisser sa phrase en suspend. Après tout, ils savaient tous de quoi il s'agissait. Sirius jeta un dernier regard à la blonde Serdaigle et revint à son jus de citrouille avec une petite grimace.
Luna Lovegood, assise à l'écart, avait commencé à parler toute seule, tartinant du pudding sur ses œufs brouillés. C'était son repas préféré. Elle se demandait s'il aurait toujours le même goût, maintenant. Tom Jedusor fut la première personne à aller la voir, sa gentillesse avait dépassé largement son envie de ne pas intervenir dans ses problèmes. Il s'assit à côté d'elle en lui adressant un sourire doux. Il lui dit avec sa voix charmante mais pas charmeuse :
— Je ne savais pas que tu sortais aujourd'hui. C'est bien, je suis content de te revoir parmi nous.
Elle lui jeta un regard noir ou en tout cas, elle essaya, ses yeux semblèrent se brouiller. Elle les essuya rapidement avec sa serviette et continua à manger ses œufs sans lui répondre.
— Luna, si jamais tu as le moindre problème, tu sais très bien que nous sommes tous là, surtout moi et Minerva, en temps que Préfets-en-chef et amis, pour t'épauler dans ce moment difficile.
— Tom, dit-elle la bouche pleine de pudding ce qui fit qu'il ne put que deviner qu'elle disait son nom. J'ai pas envie de parler maintenant, d'accord ? (en réalité, il entendit : Ch'ai pajen fi de paler main'enant a'or mais il hocha la tête, toujours compréhensif.)
— D'accord Luna. Mais il est important que tu ne restes pas seule, d'accord ?
Elle haussa les épaules et se concentra sur son pudding aux œufs (ou ses œufs au pudding ? ). Tom ne put que lui sourire gentiment et repartir pour la laisser tranquille. Il alla directement dans la direction de Minerva qui le regarda arriver avec des yeux curieux.
— Alors ? demanda-t-elle avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit.
— Elle ne veut pas en parler. Je pense que je vais l'intégrer aux Mange-la-mort, pour qu'on travaille là-dessus. Elle a besoin d'extérioriser et je pense qu'il est important qu'elle voie que d'autres ont aussi de réelles difficultés.
— En parlant de difficulté, commença Hermione en changeant de sujet, est-ce que tu veux joindre notre mouvement, la dégueu ?
— La quoi ? s'étonna le jeune brun.
— La DEGUEU enfin ! La Défense Éclairée des Géants Ulcérés, Estimables et dans l'Urgence, expliqua-t-elle en soupirant comme s'il aurait pu deviner lui-même.
— Ah.
Tom hocha la tête, réellement intéressé et Hermione se lança dans une grande explication du pourquoi du comment de l'importance de défendre les Géants et les Demi-Géants. Elle finit un peu essoufflée :
— Enfin bon, j'ai fait des badges cette nuit, regarde !
Elle lui tendit fièrement un petit badge où s'affichait DEGUEU, sur un fond vert avec des petites montagnes et ce qui ressemblait à un trait blanc. Hermione précisa avec joie :
— C'est pour faire un clin d'œil à la Guerre des Montagnes et des Avalanches ! Regarde, si tu le tournes, la neige tombe et ça créé une avalanche. Comme ça, Sirius aura un moyen mnémotechnique pour retenir le nom, dit-elle en adressant un clin d'œil à son ami qui souriait poliment.
— C'est vraiment génial, s'enthousiasma Jedusor en le prenant mais il haussa néanmoins un sourcil étonné en voyant que la neige n'était qu'une traînée blanche qui ne ressemblait pas véritablement à une avalanche.
— Regarde, on le porte tous ! Mets-le, tu feras partie du club.
— Merci ...
Il observa, amusé, Minerva qui se forçait à sourire en faisant miroiter le merveilleux badge. Sirius quant à lui, l'avait bien dissimulé dans le col où ses cheveux longs tombaient dessus. Seule Ginny avait eu l'air d'aller parfaitement bien avec l'idée de porter un badge DEGUEU. Surtout pour ne pas vexer Hermione, il l'accrocha à côté de son badge de Préfet-en-Chef.
Puis, la petite bande alla se préparer pour aller en cours de Potion. Le professeur Rusard les attendait de pied ferme avec un petit regard suspicieux. Il tenait dans ses bras un chat empaillé qu'il caressait frénétiquement, sous les yeux un peu embarrassés de ses élèves qui se mettaient en rang.
— Celui qui ne s'essuie pas les pieds en entrant aura une retenue. Vous pensez vraiment que c'est le travail de la concierge de laver vos immondes traces de pied dans tout le château ? Monsieur Weasley, dit-il de sa voix fort chevrotante en lançant un regard inquiétant à Ron qui avait l'air de paniquer un peu, vous avez de la terre sur vos chaussures !
Rusard posa son chat empaillé par terre avec précaution et s'approcha du rouquin, le visage déformé par la colère et un peu aussi par la vieillesse. Il pointa du doigt les chaussures de Ron qui déglutit.
— Qu'avez-vous fait hier soir ? Pourquoi suez-vous ainsi ? Vous avez fait un tour dans la forêt, Monsieur Weasley ? Hein ?
Il s'était presque collé à Ron pour lui faire peur. En effet, Ron était pour le moins angoissé. Et Neville laissa échapper un petit rire moqueur, ce Weasley était une vraie mauviette. Mais Rusard tourna la tête avec une lenteur dramatique et préoccupante et baissa les yeux sur les chaussures de Londubat. Celui-ci déglutit aussi, serait-il moins fier que d'habitude ? Minerva et la classe de Gryffondor qui étaient à côté les regardèrent avec méfiance. Est-ce que les méchants Serpentard étaient à nouveau passés outre le règlement ? Rusard cracha presque :
— Vous êtes tous des sales petits crétins qui n'arrivent pas à rester propres ! Des petits cochons, je vous dis ! Weasley, Londubat, vous serez de corvée de nettoyage toute la soirée avec Mademoiselle Ombrage. Vous ne méritez que ça. Notre charmante Concierge saura vous montrer le droit chemin. Entrez en classe, rapidement !
— Mais Monsieur ..., tenta Ron en vain.
— Et enlevez vos chaussures répugnantes !
Neville grimaça, il savait par expérience que les pieds de Ron ne sentaient pas la rose. Minerva afficha un sourire satisfait en observant son ennemi défaire ses lacets. Le Londubat croisa son regard et lui adressa un geste peu aimable auquel elle répondit en se moquant ouvertement de lui. Il avait mal à sa dignité.
Tout le monde était entré en classe pour ce double cours de Potion que les Gryffondor avaient en commun avec les Serpentard. Le professeur Rusard ferma la porte, laissant à l'extérieur les sordides chaussures et s'installa devant le tableau. Il commença à se plaindre que la craie faisait des traces blanches partout et que c'était vraiment scandaleux avant de démarrer réellement son cours.
Le Professeur Argus Rusard était un cracmol, tout le monde le savait. C'est-à-dire qu'il ne pouvait pas utiliser la magie mais étant donné ses qualités en préparation de toutes sortes de choses empoisonnées, Monsieur le Directeur Lockhart avait décidé de l'embaucher comme Maître des Potions. Après tout, ce n'était qu'une question de recette à suivre. Les élèves restaient cependant plutôt sceptiques sur sa capacité à faire de grandes choses mais celui qui osait se plaindre était envoyé aux cachots - et des bien pires que ceux où étaient donnés les cours de potion - ainsi, personne, pas même Hermione, n'essayait de protester.
— Bon, les sales gosses, vous allez m'ouvrir cette page 34 de votre manuel et vous préparez cette maudite potion pour faire pousser les cheveux. Plus vite que ça !
Est-il utile de noter que James et Severus s'échangèrent un regard tellement heureux que Lily 1 à côté d'eux en fut très gênée ? Ils murmurèrent en ricanant :
— Si seulement Rusard pouvait savoir qu'on préparait cette potion déjà en couche-culotte..., fit James.
— On pourrait la faire les yeux fermés, ajouta Severus.
— On n'a qu'à la faire les yeux fermés, tiens ! s'écria Potter tout en chuchotant.
— Vous n'avez qu'à la fermer tout court, murmura Lily 1 en grimaçant.
— Tu as dit quelque chose, Lily ? s'étonna Severus en la regardant curieusement.
Lily 1 chercha de l'aide parmi ces amis mais elle se sentait un peu seule. Elle s'était retrouvée à la table des deux tarés des cheveux et elle était à peu près sûre que ce n'était pas une bonne idée de chercher de l'aide chez Vincent Crabbe qui était l'autre fille de la table mais est-ce qu'elle comptait vraiment pour une personne à part entière ? Lily 1 Evans échangea un regard désespéré avec Lily 2 qui, elle, cette traître, était à la table de Sirius et Hermione. La première Lily se retourna alors vers ses camarades un peu étranges et fit un sourire innocent :
— Je me demandais si vous aviez fait la potion que je vous avais demandés ?
— Ah, oui, elle est en train de reposer dans notre dortoir, expliqua fièrement James, tu pourras l'avoir ce soir normalement.
— Merci beaucoup.
Lily se força à rester polie, après tout, ils lui rendaient service même s'ils étaient plutôt pénibles. Elle les observa se jeter sur les ingrédients, brandissant les queues de rats comme des trophées et riant à chaque fois qu'ils trouvaient une erreur dans le manuel de potion. En effet, il ne fallait pas vraiment découper les racines de marguerites mais au contraire, les scinder en deux avant de les segmenter en demies-rondelles de deux millimètres.
A l'autre bout de la salle, Lavande Brown s'était retrouvée à côté de Ronald Weasley. Elle n'avait pu s'empêcher de lui faire un petit sourire avant de réaliser qu'elle aurait l'air niaise. Il ne l'avait pas remarqué, heureusement pour elle, trop occupé à s'inquiéter de ses émanations podales. Durant tout le cours, Lavande tenta des discrètes approches, effleurant la main de Ron alors qu'il touillait la potion ou qu'il écrasait ses orties. A chaque fois, au contact de la peau du roux, elle avait l'impression que des étincelles embrasaient chaque partie de son corps, lui grillant peut-être petit à petit le cerveau. Ron, quant à lui, s'employait à essayer de faire une potion correcte pour ne pas se faire disputer ensuite par cette même préfète à cheval sur les points ou par le professeur cinglé. Il avait l'intention de rester en vie jusqu'au bout de sa scolarité. Déjà qu'avec sa nouvelle retenue, il était inquiet, il ne voulait pas en rajouter. Ombrage n'était pas tendre avec les élèves en retenue, il allait devoir récurer des assiettes roses toute la soirée. Il sursauta presque lorsqu'il entendit Lavande lui chuchoter à l'oreille :
— Dis-moi, Rou, est-ce que tu es inquiet à propos de Truc-Bidule ?
Il ne s'y attendait vraiment pas. Il renversa toutes ses orties à côté du chaudron en couinant. Quelle mouche avait donc piqué Lavande ? Tout d'abord, elle lui adressait la parole, ce qui était inhabituel mais en plus, elle parlait de Truc-Bidule. C'était un sujet délicat, on ne l'abordait pas de cette manière, en chuchotant comme ça. Il fronça les sourcils, essayant de déterminer dans quel camp pouvait se situer sa jeune camarade qui battait des cils.
— Je ... Je ne m'en préoccupe pas vraiment, bafouilla-t-il souhaitant plus éviter la question qu'autre chose.
— Je me doutais que tu étais bien plus fort que tu n'en donnais l'impression, souffla Lavande à son oreille le faisant rougir à vue d'œil.
Soudain, la préfète de Serpentard se rendit compte qu'elle ne se contrôlait plus vraiment, elle secoua la tête. Ce n'était pas ses habitudes de ressentir de telles choses mais elle se sentait attirée par le Weasley. Elle soupira un bon coup et reprit son air dur habituel pour dire :
— Par contre, tu feras attention la prochaine fois avec les orties. Si on a une mauvaise note, ce sera de ta faute
Ron la regarda, totalement perdu. Il avait dû rêver. Elle n'avait pas pu se montrer si douce pendant quelques secondes. C'était de la faute de son imagination, elle était trop développée, sa maman le lui disait déjà quand il était haut comme trois pommes. Il ramassa les orties, gardant un œil sur Lavande qui avait commencé à couper sèchement les queues de rat, comme si elle était vraiment irritée par quelque chose. Ron ne voyait pas ce qu'il avait bien pu faire pour qu'elle soit dans cet état. Il haussa les épaules, jamais il ne comprendrait les filles.
A la fin de ce cours, rempli d'émotions diverses et variées, tout le monde avait plus ou moins fait une potion correcte que, de toute manière, le professeur de potion aurait eu du mal à faire lui même malgré sa relative simplicité. Rusard lança un regard assassin à tous ses élèves qu'il détestait profondément alors qu'ils sortaient. Il reprit son chat empaillé et se mit à le caresser pour se détendre. Il aurait pu en avoir un vrai mais il avait horreur de devoir ramasser tous les poils partout et ça donnerait du travail en plus à Dolores, il ne pouvait pas. Ses pensées s'envolèrent vers la concierge rondouillarde et il ferma les yeux, satisfait.
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Bonjour, on dirait que je ne sais pas où je vais. Je vous laisse deviner si c'est le cas. Bisous
