(Harry ? Le nom me dit vaguement quelque chose ... Ah non, je confonds avec Thierry, rien à voir. C'est qui du coup ?)

Le Directeur entendait la rumeur grondante de la révolte des élèves. Les jeunes, ces anarchistes, il frissonna rien qu'en y pensant. C'était quelque chose qui lui arrivait peu mais il se demandait s'il n'avait pas fait une erreur en écoutant Dolores. Il aimait bien la Concierge, surtout parce qu'elle gonflait son ego mais ses conseils pouvaient ne pas être toujours avisés. Il soupira, il fallait qu'il trouve une idée rapidement. Il pensa tout d'abord à la fuite qu'il repoussa ensuite en se rendant compte que c'était dommage d'abandonner un poste si bien placé et qu'il avait eu tant de mal à acquérir.

Le charmant homme observa alors ses dossiers bien rangés sur son bureau, classés par nuance de violet. Le dossier mauve attira son attention et un sourire parfaitement satisfait s'afficha sur son visage dessiné avec une élégance et une finesse rare qui rendait folles toutes les personnes qui s'attardaient sur ses traits.

Hermione soufflait de rage, elle n'était pas satisfaite du tout et comme lui avait fait remarquer avec inquiétude Lily 1, elle était de couleur aubergine, comme le dossier sur les Professeurs et leurs salaires du bureau de Lockhart. Celui-ci avait refusé de sortir de son bureau, prétextant une affaire urgente à traiter et c'était le cas. Il avait néanmoins annoncé pour le repas du soir une grande nouvelle. Tous les élèves étaient alors réunis dans la Grande Salle en l'attendant impatiemment et avec des pancartes montrant leur mécontentement.

Bellatrix Lestrange, la professeur de Botanique, entra dans la salle avec un sourire particulièrement amusé par la situation, elle aimait voir les autres en difficulté et se ravissait de savoir que le gros Hagrid serait renvoyé et que Gilderoy allait en pâtir. Deux d'un coup ! Elle s'en frotta les mains en ricanant et alla s'installer à côté de Rusard qui la regarda avec un œil suspicieux.

Un calme relatif régnait dans la Grande Salle et fut rompu à l'instant où le Directeur passa la porte. Les revendications des élèves augmentèrent en décibel :

— Faites revenir Hagrid !

— Non à la discrimination à Poudlard.

— Mécréants, la direction à la poubelle !

— Du calme, s'il vous plaît, enjoignit le magnifique directeur à la horde de petites têtes enragées en agitant les bras pour donner plus d'ampleur au mouvement de sa cape.

— On en a gros, cria un Poufsouffle tout en brandissant sa cuisse de poulet.

— Silence !

La voix stridente de la professeur de Botanique tyrannique eut l'effet escompté et plus aucun son de sorti de quelque orifice que ce soit. Avec un certain contentement, elle apprécia son pouvoir dominateur. Gilderoy Lockhart la remercia d'un sourire qui n'eût aucun effet sur elle et se tourna vers l'assemblée en colère mais déjà plus calme.

— Ecoutez-moi, chers élèves que je respecte fortement. Je comprends votre douleur mais la décision a été prise par le conseil d'administration de Poudlard.

Il avait trouvé cette technique astucieuse et s'en servait sans aucune forme de remord. Il n'appréciait guère les membres du Conseil et il était plus simple de leur faire porter le chapeau. Cependant, il avait autre chose pour faire oublier aux élèves ce début de révolte fort malencontreux. En effet, Hermione s'était levée sur sa chaise, criant qu'il fallait se battre contre l'administration et leur faire manger leurs décisions peu adéquates, en des mots moins élogieux encore.

Lockhart, sûr de lui et de sa solution miracle se félicita d'avance de son ingéniosité d'avoir tant attendu pour annoncer la merveilleuse nouvelle à ses élèves. Il tapa dans ses mains pour avoir leur attention et déclara fièrement :

— Mes chers amis, je suis ravi de vous annoncer en ce jour que Poudlard a la joie d'organiser cette année l'exceptionnel Tournoi des Trois Sorciers ! Nous recevrons donc la visite de nos camarades de Beauxbâtons et de Durmstrang. Je vous gardais avec impatience la surprise que nous avons préparé avec le Ministère de la magie et les autres écoles, depuis des mois déjà. Ce grand événement marquera vos vies à jamais. Croyez-moi, vous serez impressionnés par la grandeur des épreuves et le nombre d'activités qui vous seront proposées !

Les élèves se rassirent, un peu sonnés par la nouvelle. Le fameux Tournoi des Trois Sorciers, ici à Poudlard, cette année ? C'était tout bonnement incroyable. Quelques murmures s'échangèrent et soudain, des éclats de joie. Les pancartes de manifestation volèrent dans les airs, dérangeant quelque peu les fantômes qui observaient la scène avec curiosité. A la table des Poufsouffle, Cédric, complètement chamboulé tira sur la manche de Peter qui ne comprenait pas trop :

— Tu te rends compte, le tournoi des Trois Sorciers, ici ? Oh, il y aura plein de filles de Beauxbâtons ... Tu sais ce qu'on dit sur les Françaises ?

— Ce que je pense, intervint Drago en empêchant Peter de répondre, c'est plutôt que je vais participer et gagner pour qu'Hermione me regarde enfin et qu'elle m'aime à ma juste valeur.

Peter esquissa un petit sourire embarrassé. Encore un nouveau plan qui allait échouer lamentablement. Il pensait sérieusement à changer d'ami pour essayer de s'en sortir quitte à laisser le Malefoy sombrer dans des océans profonds du désespoir. Avait-il une chance s'il continuait ainsi ? Peter avait beau ne pas être excellent en calcul, il pouvait voir que la probabilité pour qu'Hermione tombe amoureuse de Drago était proche de 3. C'est-à-dire, nous savons que c'est impossible, mais pour lui, ça voulait dire que c'était peu, excusez-le, il n'a pas pris Arithmancie en option.

A l'autre bout de la Grande Salle, Ginny était en train de réaliser que ça prendrait certainement du temps sur les entraînements de Quidditch. Elle pensa un instant à interdire quiconque dans son équipe de tenter de participer, puis elle jeta un coup d'œil à James, Minerva et les autres. Ils avaient tous l'air très excités. Surtout que la récompense annoncée était très élevée. Elle soupira légèrement et son regard croisa celui d'Hermione. Elle aussi avait l'air contrariée. Les deux filles se sourirent sans joie, comme s'il y avait un problème indicible.

Une fois que tout le monde avait rempli sa panse correctement et était reparti vers d'autres cieux, Ginny attrapa le bras d'Hermione pour la tirer vers un couloir plus silencieux et discuter tranquillement avec elle. Elle lui fit un sourire bienveillant et lui demanda :

— J'ai l'impression que quelque chose ne va pas. Est-ce que tu veux en parler ?

Dans la tête d'Hermione, des feux d'artifices l'empêchaient de se concentrer correctement. Elle hésita entre dire que rien n'allait depuis que ses sentiments envers elle, la merveilleuse Ginny, s'étaient accentués, que cette histoire avec Luna commençait à l'embarrasser sérieusement ou que Hagrid n'était toujours pas réintégré à l'école et qu'elle avait remarqué que Lockhart n'avait fait que faire des diversions depuis le début. Finalement, elle soupira et dit :

— Non, ça va à peu près. Je suis juste inquiète pour Hagrid. J'espère qu'on arrivera à le retrouver, Sirius n'est toujours pas rentré. Il va bientôt faire nuit et la Forêt Interdite est dangereuse.

— Ne t'inquiète pas, je suis sûre qu'ils reviendront vite. Et on n'oubliera pas la DEGUEU, quitte à aller faire un blocus devant le conseil d'administration.

Ginny fit un sourire tellement sincère qu'Hermione en fut ébranlée. Elle aimait la rousse parce qu'elle n'avait peur de rien, savait parfaitement la rassurer et arrivait à remonter le moral des troupes avec une poigne extraordinaire. La brune aux dents avancées hocha la tête en remerciement et, reniflant légèrement, lui demanda :

— Et toi, tout va bien ?

— Cette histoire de Tournoi des Trois Sorciers m'embête un peu ... J'ai peur que l'équipe soit déconcentrée. C'est tellement important pour moi cette année que ... Je mise beaucoup là dessus, gagner la coupe m'ouvrirait beaucoup de portes pour la suite de mon parcours. Je veux impressionner les équipes professionnelles. Si je pouvais intégrer les Harpies de Holyhead, ce serait génial mais il faut que je sois performante.

— Le vert t'irait à merveille. Je t'imagine déjà aux côtés de Gwenog Jones et je suis sûre qu'elle même serait fière de t'avoir dans son équipe.

Les joues de Ginny s'empourprèrent, elle était toujours touchée quand Hermione lui faisait des compliments mais ce qui l'impressionna le plus était qu'elle s'était renseignée sur son équipe préférée. Connaissant son amie depuis longtemps, elle savait que le Quidditch était loin d'être son point fort. Avec un sourire amusé, elle lui fit la remarque :

— Tu as potassé ?

— C'est-à-dire que tu en parles très souvent, s'expliqua Hermione un peu gênée en haussant les épaules. Alors au bout d'un moment, je retiens.

— Je n'en parle pas si souvent que ça ...

Hermione regarda la Weasley avec une petite moue amusée. Elle ne pouvait pas compter sur les doigts de la main le nombre de fois où Ginny parlait de Quidditch dans la journée. Loin de la déranger, Hermione écoutait et apprenait. C'était exactement comme pour un cours d'Histoire de la Magie. Elle fronça les sourcils en y repensant, que Sirius ne soit pas revenu la tracassait beaucoup. Elle leva les yeux vers la fenêtre, espérant apercevoir dans le parc des silhouettes qui revenaient. Mais elle remarqua autre chose, la lune qui éclairait à présent la forêt au loin était ronde, très ronde, complètement pleine. Elle frissonna et échangea un regard avec Ginny qui regardait elle aussi, pensive, l'extérieur.

— Il n'y a pas de loup-garou à Poudlard, n'est-ce pas ? s'interrogea Hermione à voix haute.

Ginny eut soudainement l'impression d'entendre un hurlement qui lui glaça le sang. En temps normal, elle aurait pris Hermione par les épaules pour la rassurer et lui expliquer qu'elle n'en avait jamais vu et que c'était un phénomène très rare. Mais là, elle comprenait les inquiétudes de la brune. Elle allait répondre qu'elle ne savait pas mais elle fut interrompue par un James Potter qui surgit derrière elle. Les deux filles sursautèrent, elles avaient commencé à angoisser bien trop profondément pour ne pas s'imaginer des choses. Hermione émit un petit cri avant de prendre instinctivement un livre dans son sac pour frapper le garçon qui était arrivé inopinément.

Ginny, voyant qu'il n'y avait aucun danger, l'arrêta d'un geste, elle ne voulait pas que son attrapeur soit abîmé. Elle demanda, la voix encore un peu étranglée d'émotion :

— Qu'est-ce qu'il y a, Potter ?

— J'ai fait de la potion pour les cheveux de Lily 1 et Lily 2 et il m'en reste un peu, expliqua-t-il avec un grand sourire amusé par son effet. J'ai pensé à vous

Il jeta un regard un peu insistant sur les cheveux d'Hermione qui perdit toute once de sourire en comprenant qu'il l'accusait d'avoir des cheveux peu soyeux. Elle allait répliquer quelque chose de peu aimable mais Ginny parla avant :

— C'est gentil de ta part. Tu n'aurais pas croisé Sirius ou Hagrid, ils ne sont pas revenus depuis qu'ils étaient partis dans la forêt ...

— Oh, vraiment ? s'exclama James en se donnant l'air choqué. Vous pensez qu'ils auraient pu se faire attaquer par un loup-garou par exemple ? Ce serait une si grande perte.

Il exagéra ses derniers mots en posant ses mains sur ses joues et en ouvrant grand la bouche. Hermione ne résista plus et lui donner un coup de livre sur la tête. Ginny ne dit mot mais consentit. Potter couina et s'écria :

— Attention, Granger, tu abîmes mes cheveux ! Je blaguais, ajouta-t-il en dévisageant Hermione comme si elle était un danger public, j'ai croisé Black tout à l'heure, il rattrapait son repas manqué dans les cuisines. Je n'ai pas vu Hagrid en revanche mais nul doute qu'il arrivera à s'en sortir seul, vu comment il est bâti.

Il commença à imiter la carrure de Rubeus en marchant maladroitement en faisant de grands pas. Hermione secoua la tête, désespérée alors que Ginny esquissait un sourire las. Elles le regardèrent partir de cette manière. Il fit néanmoins une pause devant une armure bien brillante pour s'en servir comme miroir et remettre correctement sa chevelure en place.

James Potter arrêta de marcher bizarrement quand il croisa une jeune élève de Serdaigle à la réputation sulfureuse. C'était une blonde, les cheveux étonnamment rigides, comme bouclés dans du ciment jaune. Elle portait des lunettes en écailles de dragon et un rouge à lèvres rose pétant en toute condition. Il ne voulait surtout pas qu'elle le remarque en train d'agir de manière anormale, il y avait déjà eu trop d'articles sur lui et Severus dans le journal de Poudlard.

Le Postlard était un journal hebdomadaire qui était dirigé par cette demoiselle sournoise qui prétendait être la plus grande journaliste en devenir de tout le Royaume-Uni. Elle était postée à un endroit stratégique pour tenter d'intercepter des réactions d'élèves, professeurs, fantômes, animaux. Peu importait qui, il fallait que ce soit pertinent ou inspirant. En voyant le jeune James Potter arriver en faisant semblant de ne pas l'avoir vu et en remettant encore une fois ses cheveux en place, elle afficha un sourire mesquin.

— Potter, dit-elle d'une voix qui donna des sueurs froides au jeune homme. Tu te balades sans ton camarade préféré ? Est-ce que c'est un signe pour annoncer une rupture ? Je suis vraiment navrée pour vous, tu dois te sentir si triste, vous qui étiez si proches. Je vois dans tes yeux cette douleur informulable ...

— Rita, dit James d'une voix forte, si je t'offre un échantillon de cette merveilleuse potion pour cheveux cassants, est-ce que tu me laisses tranquille ?

Elle considéra l'offre et le petit pot tendu vers elle, à bout de bras parce que le Gryffondor avait apparemment une envie pressante d'être ailleurs. Elle plissa les yeux et reprit, sans faire plus grand cas de son truc pour les cheveux :

— Tu essayes donc de noyer ton chagrin en continuant seul votre projet de trafic clandestin de potion pour cheveux ? Là, tu essayes de me corrompre et tu penses vraiment que je vais me taire ? Parle-moi plus de ta relation avec tes cheveux, tu mets des produits dessus parce que tu complexes. Est-ce que tu ne penses pas que tu projettes tes craintes d'être détesté sur ton cuir chevelu ?

James souffrait, c'était visible à un kilomètre mais il n'y avait pas grand monde pour l'aider. Il aurait bien fuit en courant à toute allure là où Rita Skeeter ne pourrait jamais le retrouver mais il avait peur qu'elle raconte une nouvelle fois n'importe quoi. Il était si désespéré qu'un miracle se produit.

Sirius Black avait dîné dans les cuisines et il en avait profité pour s'enfiler une bouteille d'hydromel. C'est un peu joyeux qu'il arriva dans le couloir où se trouvait pris au piège Potter, celui qu'il ne pouvait pas voir même en peinture. Peut-être était-ce l'alcool qui le faisait faire des folies ou le regard de James particulièrement épouvanté qui le fit marcher tant bien que mal dans sa direction. James l'avait aperçu du coin de l'œil et trouvait l'idée mauvaise mais il n'avait plus le choix. Il laissa Sirius venir vers lui. Rita, trop occupée à prendre des notes sur ses nouvelles idées de rumeur à lancer sur Potter et Rogue, ne vit pas Black arriver et elle sursauta en l'entendant s'exclamer :

— Skeeter ! Tu savais que Neville Londubat et Cormacmac Laggen sont en train d'inonder les toilettes du deuxième étage pour faire accuser Peeves ? C'est un scoop, il faut que tu y ailles.

La blonde Serdaigle plissa les yeux et remonta ses lunettes avec intérêt. Elle était en plein dilemme, lâcher Potter et aller voir ce qu'il se passait au deuxième étage ou continuer avec cette victime-là. Finalement, la curiosité eut raison d'elle, elle s'en alla, laissant enfin Potter tranquille. Il fit un sourire à l'intention de Sirius qui fronçait les sourcils :

— Je t'ai aidé, commenta-t-il comme s'il n'en revenait pas. J'ai pris un peu d'hydromel avant aussi, ça explique certainement tout mais l'elfe qui m'en a donné était trop gentil pour que je puisse refuser.

— Tu es trop poli, Black.

— Bon, je monte me coucher. Je t'aime pas et j'ai pas envie de traîner avec toi. Et puis c'était une longue journée.

— Tu veux que je t'aide à monter ? Parce que tu vacilles un peu.

Sirius s'accrocha à la rampe d'escalier et hocha la tête, obligé de se rendre à l'évidence. James lui prit le bras et le traîna sans prendre énormément de précautions. Il essaya de le soutenir comme il pouvait et de faire la conversation pour éviter le silence embarrassant de deux personnes qui ne s'apprécient pas mais doivent cohabiter :

— Tu as réussi à trouver Hagrid ?

— Grigrid est au chaud dans la forêt, il veut pas rentrer. Je le comprends, éructa Sirius, ça craint ici.

— Et sinon tu as entendu la nouvelle ? Poudlard accueille cette année le Tournoi des Trois Sorciers !

— Je croyais qu'ils étaient quatre, fit Black en fronçant les sourcils.

— Je pense que ça va être exceptionnel, j'ai hâte d'avoir plus de détails.

Sirius avait l'air de ne pas réagir plus que ça. Un peu énervé, James le considéra de plus près, ses cheveux étaient plus longs que la moyenne. Ils étaient un peu bouclés et en temps normal bien entretenus. Mais le passage par la forêt et les cuisines les avaient rendus gras et poussiéreux. Il soupira en marmonnant :

— Arrivé là-haut, tu fais un shampoing, sinon tu es exclu du dortoir.

Sirius n'écouta pas, il était trop occupé à essayer marcher droit. Ils passèrent, en les remarquant à peine, à côté de Minerva et Tom qui, assis sur les marches de l'escalier devant la Salle Commune des Gryffondor, discutaient avec gravité.

— Merci d'être venue me chercher tout à l'heure, je m'en serais voulu de ne pas avoir été avec vous. Même si ça n'a pas servi à grand chose finalement, Lockhart reste hermétique à toutes nos revendications. J'ai l'impression qu'il nous nourrit d'information pour qu'on oublie tout ce qui ne va pas.

— J'ai aussi ce sentiment désagréable. Il ne parle jamais de ce qu'il se passe avec Lord A... Truc-Bidule, se corrigea-t-elle en se souvenant des dernières fois. Pourtant, il devrait nous rassurer, nous dire que nous sommes protégés à l'intérieur de Poudlard. Ce ne sont pas mes parents qui s'inquiéteraient mais rien que ceux de Drago Malefoy ont déjà laissé entendre qu'ils allaient le retirer de l'école si ça continuait.

— Je ne pense pas que Lockhart soit suffisant pour faire peur à Lord Abusdublême - et je ne pense pas non plus que nous devrions avoir peur de son nom.

Soudain, les escaliers se mirent à trembler et changèrent de place, emmenant les deux Préfets-en-chef, bringuebalants vers une destination inconnue. Minerva s'agrippa à la rampe, un peu inquiète mais, quand elle échangea un regard avec son ami, elle se mit à sourire. Il était en équilibre et tentait tant bien que mal de rester debout. Elle attrapa sa main pour le soutenir en riant. Il souffla, soulagé en sentant l'escalier s'accrocher à un autre couloir mais la dernière secousse l'ébranla et il se retrouva définitivement à terre, entraînant l'écossaise dans sa chute. Elle se retrouva étalée sur lui, en plein milieu des marches. Ils restèrent un petit moment dans cette position, pris d'un sacré fou-rire.

— Jedusor ... Tu aurais mieux fait de te taire. Je commence à croire à cette foutue malédiction.

— Comment ça ? Tu n'aimes pas cette position ? fit-il particulièrement amusé en l'aidant à se relever.

— Tu adores peut-être te rouler par terre, ça n'engage que toi. Mais tu n'es vraiment pas obligé de me faire tomber avec toi.

Il lui fit un petit sourire d'excuse alors qu'elle éclatait de rire en époussetant sa veste. Il l'observa attentivement pendant qu'elle remettait tout bien en place. Il la trouva jolie avec ses fines lunettes qui lui tombaient un peu sur le nez quand elle secouait la tête et ses cheveux bruns qui avaient tendance à s'échapper de son chignon normalement si bien fait. Il n'avait jamais eu l'occasion de vraiment passer du temps seul avec elle. Elle surprit son regard et esquissa un sourire :

—Pourquoi tu fais cette tête ? demanda-t-elle en plissant les yeux.

— Quelle tête ?

Pourtant, il avait l'impression que le rouge lui montait aux joues. Un première année aurait pu réagir avec plus de maturité. Il haussa les épaules et tenta de ne pas bafouiller pour rester dans son rôle de garçon sérieux et imperturbable :

— Je pensais à ce tournoi. Tu ne voudrais pas participer ?

Elle eut un hoquet de surprise et émit un petit rire, comme si ce qu'il disait était complètement idiot. Elle secoua la tête avec aplomb et il insista :

— Sérieusement, Minerva, tu es l'élève la plus douée en métamorphose, tu as des qualités indéniables en duel et sortilèges de toute sorte.

— S'il y a quelqu'un qui a l'allure et les qualités d'un champion, c'est toi, Jedusor. N'essaye pas de te dérober, c'est vrai. Tout le monde le sait.

Il fit un petit sourire. Le compliment de Minerva, dit avec tellement d'évidence qu'elle en levait les yeux au ciel, le touchait beaucoup. Elle remarqua son sourire embarrassé et hocha la tête pour en rajouter une couche. Il soupira.

Des rires se firent entendre dans le couloir à côté et des personnes commençaient à monter leurs escaliers. Il se rendit compte qu'ils n'étaient pas seuls au monde. Elle se mordit la lèvre, comme si elle se retenait de faire quelque chose. Finalement, il lui prit la main pour qu'ils montent les dernières marches et ne gênent pas le passage. Elle leva des yeux étincelants vers lui. Il ne savait pas quoi faire, s'il devait écouter son cœur ou son esprit. Elle enleva sa main de la sienne en un geste doux, il eut l'impression qu'un frisson le parcourait de toute part. Elle lui dit d'une voix chuchotante :

— Je dois retourner à la salle commune.

Il hocha la tête et regarda autour d'eux. Les escaliers les avaient ramenés tout à fait à l'autre bout du château, il esquissa un sourire en s'exclama :

— Je vais te raccompagner !

Il savait que le chemin serait plutôt long et son sourire ne le lâchait pas.

— Tu as l'air un peu idiot à sourire comme ça, par contre, fit remarquer l'écossaise en haussant un sourcil. Sans vouloir être offensante.

Il fronça les sourcils et essaya tant bien que mal d'enlever ce sourire ridicule. Il eut tant de mal qu'ils eurent un nouveau fou rire.

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