Tsutomu bougonna en éteignant son réveil, il était fatigué mais n'avait nullement le choix, il devait aller au travail . Dans un soupir il se leva et caressa le pelage de son chien endormi.

-Coucou ma belle, chantonna-t-il avant de sourire devant l'animale qui s'étirait en bayent. Ses matins commençaient tous comme celui-ci une fois le beau labrador réveillé Goshiki se diriger vers sa cafetière et faisait tomber le précieux liquide dans une grande tasse sur laquelle se trouvait une photo de sa chienne.

-Alors je travaille le matin aujourd'hui et le soir demain, constata-t-il après vérification de son planning.

Le fait que celui-ci change régulièrement le perturbé énormément mais il n'avait pas le choix, l'entreprise où il travaille avait déjà adapté un mi-temps il ne se voyait pas en plus leur demander un emploi du temps fixe. Pour ce fait, il avait ajouté à sa routine une vérification de son planning tous les matins et tous les soirs. Deux biscottes à la confiture de fraise et un verre de jus de pomme plus tard Tsutomu partie en direction de la salle de bain où il fit une toilette méticuleuse avant de s'habiller et de se coiffer.

-Il est l'heure de partir, dit-il a Kase avant de mettre le dossard et la laisse de cette dernière avant de mettre ses chaussures et son manteau. En partant maintenant il aurait 10 minutes d'avance comme tous les matins, cela le rassurait, il détestait être en retard.

Il arriva rapidement devant la petite boutique de sport ou il était hôte de caisse, c'était un métier qui lui était difficile mais qu'il aimait malgré tout car le sport était pour lui plus qu'une passion, c'était un intérêt spécifique, une obsession, il connaissait les règles de n'importe quel sport et aimait en faire.

Plus que la vaste amplitude horaire ce qui surprenait le plus les clients était la présence de Kase alors même que les chiens étaient interdits dans la boutique.

-C'est mon chien d'assistance répéta le jeune homme pour la énième fois, cela le fatiguait d'autant plus que cela était écrit sur le dossard de l'animal.

-Vous n'êtes pas aveugles pourtant, lui dit sèchement une vieille dame qui s'était vu refuser l'entrée la veille à cause de son chiwawa.

-Et pour cause je ne le suis pas, répondit le noireau en passant simplement.

-Vous êtes un menteur alors !

-Cela vous fera 62 et 99 centimes, annonça t-il sans faire fi des remarques désobligeantes de la vieille femme qui l'aurait surement tapé avec sa canne s'il n'y avait pas eu tant de caméra.

-Vous avez quoi alors hein ? Continua la femme sans faire mine de payer.

-Cela ne vous regarde pas, soupira le jeune homme faussement calme, cela lui arrivé trop souvent.

-Je vais porter plainte, continua l'octogénaire en fusillant le chien des yeux.

-62 et 99 centimes, répéta-t-il.

La vieille femme lui jeta l'argent et partit sans même attendre la monnaie.

Suite à cela le jeune homme courut jusqu'à la salle de repos, c'était difficile comme situation et bien trop fréquent. Il n'avait plus qu'une peur qui le ronge de l'intérieur: être renvoyé. Il prit une chaise et aussitôt assis sentie la tête de l'animal se poser sur ses cuisses, ce n'était pas une situation d'urgence en soi mais pour autant le canidé avait senti la détresse de son maître. Tsutomu voulait travailler, il voulait vraiment mais il ne pouvait se séparer de Kase et cela était le plus gros frein, peu d'entreprises acceptés les autistes mais avec un chien c'était encore bien plus difficile.

Après quelques minutes le jeune homme retourna à sa caisse, la caisse prioritaire.

La matinée se déroula sans autres problèmes. Une fois son travail achevé Goshiki rentra chez lui pour faire une sieste, le bruit de la caisse, les lumières, les bruits des clients, le savoir-vivre et être qui était imposé au travail cela l'épuiser.

Deux heures plus tard, le noiraud se réveilla de sa sieste et mangea un bout et nourrit Kase avant de se rendre chez Semi. Il y allait deux fois par semaine minimum, il se faisait du souci pour lui. Durant un temps Tsutomu avait questionné les sentiments qu'il ressentait envers son ami, il n'avait jamais été amoureux et se poser de ce fait beaucoup de questions, pour autant après avoir imaginé moult scénarios il lui sembla bien évident que ce qui resenter était plus proche de l'admiration que de l'amour, d'ailleurs il était maintenant persuadé de n'aimer que les femmes.

-Bonjours vous deux, les accueillit le jeune homme aux cheveux argentés.

-Coucou toi comment vas-tu ?

-Bien...enfin mieux et toi ?

-Je me suis encore pris la tête avec une cliente ce matin, la vieille m'a fait une scène parce que j'avais le droit de rentrer avec mon chien et pas elle, elle m'a même menacé de porter plainte.

-Que veux-tu, les gens soient si envieux qu'ils en deviennent idiots. Moi aussi j'ai déjà eu des remarques désobligeantes mais même si ce n'est pas normal cela fait partie du "jeu" si je puis dire.

-Je pense de plus en plus à démissionner, je n'en peux plus. Si Kase n'était pas là personne ne saurait que je suis handicapé, genre ok je ne sais pas faire mes lacets mais à part ça au travail rien ne me trahi je pense, je ne me libère et ne suis "vraiment handicapé" que chez moi ou chez toi, même chez Tendou je n'ose pas être complètement moi. Je me tue la santé pour que personne ne remarque rien, pour être le plus parfait et "normal" possible et il y a encore des gens pour me faire des reproches, je n'en peux plus c'est trop, soit je démissionne soit j'arrête d'amener Kase au risque de faire une crise et qu'elle ne soit pas là pour m'aider.

Son corps se balançait doucement et il jouait discrètement avec une petite poupée toute douce qui se trouvait dans sa poche. Même s'il était autiste asperger dit léger, il n'en était pas moins autiste et certaines choses le trahissaient par moments.

-Je comprends ce que tu ressens mais réfléchi bien d'accord, il serait dommage que tu te mettes en danger pour faire plaisir aux autres

Il resta à peu près deux heures chez Semi avant de rentrer chez lui, il était maintenant 15h30 et il décida d'aller au parc pour jouer avec Kase et pouvoir la lâcher, la jeune labrador avait elle aussi besoin de se dégourdir.

Après plus 1h de balade et de jeu les deux amis se dirigeraient vers le cabinet d'orthophonie, en effet Tsutomu souffrait de dyslexie et avait pour ce fait besoin d'aide. Après 1h de séance bien trop fatigante le jeune homme rentre chez lui, prit une douche puis mangea devant un match de volley. Il s'endormit 3 heures plus tard. Devant un match de foot.

Durant toute la nuit, la jeune Kase veilla sur le sommeil de son maître en se serrant contre lui sur le canapé déplié.