Pendant de longues minutes, le combat fit rage.
Ladybug était en proie à un sentiment étrange. La présence de Chat Noir à ses côtés la rendait euphorique. Elle se délectait de la moindre de leurs interactions, que ce soit ses paroles malicieuses en réponse à l'une de ses remarques, sa main autour de sa taille pour l'écarter du danger ou tout simplement ces regards complices qu'il lui rendait chaque fois qu'il tournait les yeux vers elle.
Chaque fois, elle s'émerveillait de le retrouver enfin à ses côtés. Après tant de temps à n'avoir été que la moitié d'elle-même, elle se sentait merveilleusement, miraculeusement complète.
Mais à l'adrénaline se mêlait aussi la peur. Elle coulait dans ses veines, puissante et tenace, empoisonnant son cœur et gangrénant son cerveau. Jamais Ladybug n'avait été aussi terrifiée à l'idée qu'il puisse arriver quoi que ce soit à Chat Noir. Elle ne supporterait pas de le perdre à nouveau. C'était une certitude.
Ladybug secoua vivement la tête. Ce genre de pensée n'avait pas sa place sur le champ de bataille. Elle devait rester concentrée. Efficace.
Et efficaces, Chat Noir et elle l'étaient. C'était comme si leur interminable séparation n'avait jamais eu lieu. Ils continuaient de se comprendre d'un mot, d'un geste. Il suffisait que Chat Noir lance un « Ma Lady ! » d'avertissement pour que Ladybug esquive aussitôt une attaque vicieuse de leur adversaire. Ladybug n'avait qu'à faire un signe de la tête à Chat Noir pour que ce dernier la suive avec une confiance aveugle.
La super-vilaine n'avait pas d'autre choix que leur opposer une résistance acharnée. Elle sautait, tirait, bondissait encore, restant toujours en mouvement pour contrer les attaques des deux héros.
Soudain, alors que le combat battait son plein, deux adolescentes surgirent d'une rue située à à peine quelques mètres de la vilaine.
« Allez-vous-en ! », leur hurla Chat Noir dans un cri horrifié.
Mais trop tard.
La super-vilaine se retourna en un éclair et, d'un geste vif, visa les deux jeunes filles. Touchée de plein fouet, la première fut aussitôt aspirée dans la vitre du magasin devant laquelle elle se trouvait. La seconde, en revanche, eut le réflexe de sauter sur le côté. Elle se mit à courir à toutes jambes dans l'espoir d'échapper à l'attaque.
Visiblement décidée à ne pas laisser échapper sa proie, la vilaine se lança à sa poursuite. Elle arma sa baguette et tira. Un rayon de lumière violette traversa l'avenue et frappa l'adolescente au beau milieu d'un carrefour désert.
Rien ne se passa.
La jeune fille poursuivit sa fuite. Ce n'est que lorsque la vilaine la toucha une seconde fois, alors qu'elle passait devant un kiosque publicitaire, qu'elle se retrouva piégée dans la façade de verre.
Ladybug et Chat Noir se figèrent un instant, perplexes.
« Pourquoi est-ce que l'attaque de la vilaine n'a pas marché la première fois ? », demanda le jeune homme, formulant à voix haute la question que tous deux se posaient.
Sourcils froncés, Ladybug tenta de se remémorer au mieux les dernières secondes. La course de l'adolescente. Le rayon de lumière qui l'avait frappée une première fois, en vain, au milieu de la route. Puis la seconde attaque, couronnée de succès cette fois, devant le kiosque publicitaire.
Soudain, ce fut l'illumination dans son esprit.
Lorsque l'adolescente avait été touchée par le premier rayon de lumière, elle se trouvait debout au milieu d'un carrefour désert. Loin de toute vitre, miroir, ou quoi que ce soit ayant pu refléter sa silhouette.
« J'ai compris ! », s'exclama-t-elle triomphalement. « La super-vilaine ne te piège pas dans la surface réfléchissante la plus proche, mais dans la surface réfléchissante dans laquelle tu as un reflet au moment où elle te touche. S'il n'y a pas de reflet, son attaque ne fonctionne pas ! »
Chat Noir lui jeta un regard admiratif.
« C'est sûrement ça ! Bien vu, ma Lady ! »
« Il faut qu'on s'éloigne des magasins », reprit Ladybug en désignant du menton les innombrables devantures qui étalaient autour d'eux.
Chacune de ces vitrines était comme autant de pièges. Hors de question de rester dans une position aussi désavantageuse.
« Les toits ? », suggéra son coéquipier avec un bref coup d'œil en direction des hauteurs.
« Excellente idée », approuva-t-elle aussitôt.
Les deux héros se mirent en action sans perdre un instant. Ils se jetèrent dans la bataille avec un unique but en tête : déplacer le combat vers le sommet des immeubles, là où les vitres et miroirs présenteraient une menace quasi inexistante pour eux.
Quelques habiles manœuvres plus tard, leur objectif était atteint. Leur adversaire les affrontait désormais sur les toits, où elle n'avait pas eu d'autre choix que de les suivre.
« C'est fini, tes pouvoirs ne te serviront plus à rien ! », lui lança Ladybug. « Rends-toi ! »
En réponse, son ennemie fonça vers Chat Noir et lui assena un violent coup de baguette. Le jeune héros ne dû son salut qu'à un réflexe fulgurant, parant l'attaque avec son bâton à la dernière seconde. La super-vilaine laissa échapper un hurlement de rage et se tourna vers Ladybug.
« Oh, vous vous croyez malins ? », leur cracha-t-elle avec colère. « Vous allez voir ! »
D'un geste vif, elle bondit vers Ladybug.
Vite, si vite que Ladybug eut à peine le temps d'amorcer un mouvement de recul.
Arrivée à un mètre d'elle, la vilaine tendit sa main libre dans sa direction, paume en avant. Les pupilles de Ladybug se dilatèrent d'horreur alors qu'une terrible réalisation la glaçait jusqu'aux os. Son ennemie était revêtue d'un costume constitué d'une infinité d'éclats scintillants, comme si elle avait été soigneusement sculptée dans le plus brillant des blocs de métal. Son corps était entier recouvert d'une infinité de surfaces polies. Miroitantes.
Le visage horrifié de Ladybug se reflétait dans la paume de sa main.
Un sourire cruel se dessina sur les lèvres de la vilaine alors qu'elle levait sa baguette, prête à tirer.
Le cri de Chat Noir s'éleva dans les airs.
« Cataclysme ! »
Le sol se déroba aussitôt sous les pieds de la super-vilaine. Le toit sur lequel Ladybug et elle se trouvaient s'effondra, transformé en un nuage de poussière. Ladybug eut tout juste le temps de lancer son yo-yo vers une cheminée voisine pour éviter d'être entraîné dans la chute.
Elle serra les dents quand le câble se tendit, tirant sur ses muscles déjà durement sollicités par la bataille. Main crispée autour de son arme, elle décrivit une gracieuse courbe dans les airs avant d'atterrir souplement au milieu de la rue.
Chat Noir toucha le sol à ses côtés à peine une seconde plus tard, accompagné du grondement sourd de l'immeuble qui achevait de s'écrouler sur lui-même.
« Radical mais efficace », commenta Ladybug avec un faible sourire. « Merci, chaton. »
Chat Noir se redressa, une expression mi-satisfaite, mi-contrite sur le visage. Il se passa la main derrière la nuque, ouvrit la bouche pour lui répondre…
…quand soudain, un trait de lumière violette le frappa en pleine poitrine.
Horrifiée, Ladybug le vit se faire aspirer dans la vitre d'une boutique voisine. Il y resta un instant immobile, frappé de stupeur, avant qu'une terrible expression épouvantée ne se dessine sur ses traits. Son regard croisa celui de Ladybug, et la jeune fille put lire dans ses yeux la même terreur que celle qui se voyait certainement dans les siens.
Tout reposait désormais sur elle. Et elle seule.
Alors que Ladybug puisait dans toutes ses ressources pour ne pas céder à la panique, un mouvement en périphérie de son champ de vision attira soudain son attention.
La vilaine était là, à quelques mètres d'elle à peine.
Elle s'avançait d'un pas lent et mesuré, telle un glorieux cauchemar. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire cruel et, avant que Ladybug ait le temps d'esquisser le moindre geste, elle leva sa baguette et l'écrasa contre la vitrine où était emprisonné Chat Noir.
La vitre explosa en un million d'éclats de verre.
« Chat ! », hurla Ladybug dans un cri de désespoir.
« Oups », laissa échapper la vilaine avec un gloussement moqueur.
Mais Ladybug ne l'entendait plus. Avec cette vitre, c'est son cœur qui avait éclaté en morceaux. Le sentiment d'horreur qu'elle ressentait était si abject qu'elle en avait la nausée.
Non.
Non non non non.
Elle refusait de perdre Chat Noir.
Pas encore.
Mue par un puissant instinct, Ladybug se mit à courir à toutes jambes. Elle ne servirait à rien à Chat Noir si elle restait ici et qu'elle se faisait toucher à son tour. Tout ce qu'elle pouvait faire pour lui, c'était se battre.
Et gagner.
« Lucky Charm ! », hurla-t-elle d'une voix étranglée, lançant son yo-yo vers le ciel.
Une nuée de coccinelles virevolta au-dessus d'elle, symbole d'espoir en ces instants de pure terreur. Elles tourbillonnèrent un instant puis disparurent dans un éclair lumineux, laissant retomber entre les mains de Ladybug un curieux outil en forme de T dont l'extrémité était ornée d'un crochet.
La jeune fille s'arrêta un instant, perplexe.
Quel était cet objet, et à quoi pourrait-il bien lui servir ?
Terriblement consciente de l'urgence de la situation, elle parcourut les environs du regard. Le temps était un luxe qu'elle n'avait pas. Chaque seconde sans Chat Noir était une seconde de plus à risquer de se faire dévorer vivante par l'angoisse terrible qu'elle éprouvait pour lui.
Elle fallait qu'elle trouve une solution tant qu'elle arrivait encore à réfléchir.
Elle fallait qu'elle le retrouve, lui.
Et vite.
Les yeux de Ladybug yeux se posèrent tour à tour sur la devanture d'une supérette, une rangée de voiture sagement garées, un feu rouge, des cônes de chantier signalant des travaux sur un trottoir, quelques outils abandonnés sur place, un seau, une pioche, un parcmètre un peu plus loin, une plaque d'égout…
…et soudain, ce fut comme si un éclair illuminait son esprit.
Une plaque d'égout.
C'était ça. L'étrange outil dont l'avait gratifiée son pouvoir n'était nul autre qu'un instrument de levage pour déplacer une plaque d'égout.
Alors que la vilaine accourait vers elle, Ladybug s'élança de nouveau. Tout était clair à présent. Les différents éléments de son plan s'assemblaient un à un dans sa tête, aussi vite et naturellement que les pièces d'un puzzle qu'elle connaîtrait par cœur. Elle se précipita vers les outils entassés sur le trottoir, s'empara du seau, puis poursuivit sa course vers la plaque d'égout. Elle s'agenouilla devant cette dernière et, utilisant sa clef de levage combinée à sa force surhumaine, la souleva en un éclair.
Son seau toujours en main, Ladybug plongea sans hésiter dans l'ouverture.
Une odeur nauséabonde l'accueillit aussitôt, lui soulevant le cœur. Une grimace dégoutée tordit ses traits alors qu'elle atterrissait sur la passerelle bordant le canal qui drainait les eaux usées. Ce n'était pas la première fois qu'elle avait à passer par les égouts, et l'expérience ne lui avait définitivement pas manquée.
Mais ce n'était pas le moment de se plaindre. Ramener Chat Noir passait avant tout.
Cette conviction fermement ancrée en elle, Ladybug parcourut quelques mètres et s'accroupit au bord du canal. C'est avec un nouveau haut-le-cœur qu'elle plongea son seau dans le liquide trouble qui coulait devant elle, enfonçant son bras presque jusqu'à l'épaule.
De l'eau ne suffirait pas pour son plan. Ce qu'il lui fallait, c'était de la boue, vaseuse et opaque, qu'elle ne pouvait espérer trouver qu'en profondeur.
Son objectif et son seau remplis, Ladybug se redressa et tourna son regard vers l'extrémité du tunnel pour guetter l'apparition de son ennemie.
Elle n'eut guère longtemps à attendre. À peine quelques secondes plus tard, la super-vilaine passait à son tour par le trou menant à la surface.
« Après les toits, les égouts ? », fit remarquer la vilaine en fronçant le nez d'un air écœuré. « Ce n'est pas ça qui m'empêchera de m'emparer de ton miraculous. Au cas où tu aies oublié, je n'ai pas besoin de vitrines autour de moi pour m'occuper de ton cas », ajouta-t-elle en agitant ses doigts miroitants dans les airs, illustration explicite de la menace qu'elle représentait toujours pour son ennemie.
« Oh, ne t'inquiètes pas pour ça », rétorqua Ladybug sans hésiter. « Je n'ai absolument pas oublié. »
La jeune héroïne passa à l'action dès l'instant où elle finit sa phrase. Elle bondit en avant et, d'un geste vif, jeta le contenu de son seau sur adversaire. Un cri d'horreur s'échappa des lèvres de la super-vilaine alors que la boue malodorante se déversait sur elle.
En temps normal, Ladybug aurait peut-être éprouvé un semblant de compassion pour son ennemie, voire même une pointe de culpabilité à recourir à une méthode aussi répugnante. Là, la vie de son coéquipier était en jeu, et elle ne ressentait rien d'autre qu'un sentiment de satisfaction morbide à voir les si dangereuses plaques miroitantes du costume de la vilaine désormais recouvertes de boue.
Plus de reflets, plus de problèmes.
La victoire n'était donc désormais plus qu'un jeu d'enfant, et le retour de Chat Noir une question de secondes.
Les doigts tremblants, Ladybug s'empara de la baguette de son ennemie et la brisa en deux sur son genou. L'akuma qui s'en échappa n'eut le temps de parcourir que quelques dizaines de centimètres avant de se faire capturer par un habile lancer de yo-yo.
D'habitude, ce geste emplissait d'habitude Ladybug d'un profond sentiment de contentement. C'était normalement l'instant qui signait sa victoire incontestable sur son adversaire du jour, le moment où elle commençait enfin à savourer la satisfaction du devoir accompli.
Là, l'angoisse qui la rongeait était telle qu'elle ne ressentait rien d'autre qu'une terrible sensation de manque. Rien n'irait bien pour elle tant que Chat Noir ne se tiendrait pas de nouveau à ses côtés.
Sans perdre un instant de plus, la jeune héroïne s'empara de sa clef de levage et la lança au-dessus de sa tête.
« Miraculous Ladybug ! », s'écria-t-elle d'une voix tendue.
Une nuée de coccinelles apparut dans une explosion lumineuse et s'échappa des égouts pour se déverser dans les rues de Paris. Ladybug ne perdit pas de temps et s'élança à leur suite. Elle passa devant la victime du Papillon sans un regard pour elle, trop inquiète pour réussir à ne lui accorder ne serait-ce qu'une seconde d'attention.
Son esprit était focalisé sur un objectif, et un seul.
Retrouver Chat Noir.
Ladybug se hissa hors des égouts et se redressa d'un geste vif. Elle tourna la tête à droite, à gauche, cherchant désespérément du regard la silhouette familière de son coéquipier. Son cœur battait si fort qu'il semblait vouloir s'arracher de son torse. Il tambourinait, lourd et entêtant, tel un marteau qu'on écraserait contre ses côtes.
Elle en avait le vertige.
Il fallait qu'elle retrouve Chat Noir.
Mais autour d'elle, rien.
Pas de héros en costume de félin. Pas d'oreilles de chat perchées sur une tête blonde, pas d'yeux verts brillant d'un éclat surnaturel.
La boule au ventre, Ladybug envoya son yo-yo autour d'une cheminée et s'élança dans les airs. Elle atterrit sur un toit d'ardoise et promena son regard autour d'elle. En contrebas, des passants exprimaient leur joie de voir l'attaque enfin finie. Les deux adolescentes prises pour cible par la vilaine un peu plus tôt s'étreignaient près d'un banc, le soulagement visible sur leurs traits. Rose et Juleka marchaient vers leur école d'un pas tranquille, précédées par Nino, Alya et Alix.
La situation semblait être parfaitement revenue à la normale.
Même l'immeuble que Chat Noir avait détruit quelques instants plus tôt se dressait dans toute sa splendeur, preuve éclatante que son pouvoir avait fonctionné correctement.
Et pourtant, toujours pas de traces de son coéquipier.
La boule d'angoisse logée dans le ventre de Ladybug s'était déplacée vers son cou, lui comprimant désagréablement la gorge. Elle commençait à avoir du mal à respirer.
Une crise de panique menaçait de s'abattre sur elle, violente et impitoyable.
Le souffle court, Ladybug ouvrit son yo-yo et cliqua sur l'interface qui lui permettait de communiquer avec Chat Noir. Elle appuya sur la touche d'appel de ses doigts tremblants et attendit. Encore. Et encore. Les bips s'égrainaient avec une régularité impitoyable, sans que la voix tant attendue de Chat Noir ne vienne les interrompre.
Les yeux brillants de larmes, Ladybug raccrocha et rappela de nouveau Chat Noir. Peut-être y avait-il un problème de réseau. Peut-être s'était-elle trompée de touche.
Une part d'elle-même tentait de lui dire que sa réaction était probablement excessive, mais rien à faire. Elle était incapable de se raisonner. L'horreur des terribles mois qu'elle avait dû traverser sans Chat Noir étaient encore aussi vive qu'une plaie ouverte, la terreur de le perdre à nouveau restait chevillée à son corps.
Pourquoi ne répondait-il pas ?
Alors que ces maudits bips continuaient de résonner à ses oreilles, se mêlant aux battements de son cœur pour composer la plus oppressantes des musiques, Ladybug se figea soudain.
Une pensée terrifiante venait de lui glacer le sang.
Et si l'attaque du Papillon avait commencé avant qu'elle n'utilise son pouvoir pour ramener Chat Noir ? Et si, ensuite, son Lucky Charm avait effacé son œuvre et renvoyé son coéquipier dans son propre monde ?
Ladybug porta sa main à sa bouche pour retenir un haut-le-cœur. Elle avait envie de vomir.
Comme une automate, elle pressa une nouvelle fois le bouton d'appel, encore, encore, priant pour que Chat Noir décroche enfin.
Mais en vain.
Ses tentatives de joindre son coéquipier ne rencontraient rien d'autre qu'une terrifiante indifférence.
Histoire de couronner le tout, aux bips du téléphone se superposait désormais celui, insistant, de ses boucles d'oreille. Elle allait devoir s'arrêter bientôt. Elle s'entêta malgré tout, tentant encore de joindre Chat Noir, une fois, deux fois, avant de se rendre à l'évidence.
Chat Noir ne répondait pas.
Un lourd sanglot secoua les épaules de Ladybug alors qu'elle refermait son yo-yo.
C'était un cauchemar.
Un horrible, terrible, épouvantable cauchemar, dont elle avait cru pouvoir s'échapper un instant mais qui la rattrapait désormais avec une cruauté inhumaine.
La détresse de Ladybug était telle qu'elle n'arrivait même plus à réfléchir correctement. La panique paralysait ses pensées, étouffait son bon sens. Comme dans un état second, la jeune héroïne lança son arme autour d'une cheminée voisine et bondit dans le vide. Son corps fonctionnait en autopilote, mû uniquement par l'instinct, la guidant machinalement vers un lieu désert pour qu'elle puisse se détransformer en toute sécurité.
Des larmes coulaient librement sur les joues de Ladybug lorsqu'elle atterrit au fond d'une ruelle située à deux pas de son école. Une vague d'énergie magique déferla sur elle à peine une seconde plus tard, signalant la fin de sa transformation.
Marinette ouvrit mécaniquement son sac afin de permettre à une Tikki épuisée de s'y réfugier. Elle passa ses mains sur son visage d'un geste tout aussi machinal, étalant ses larmes plus qu'autre chose, et, se dirigea d'un pas mal assuré vers la sortie de la rue.
Elle avait l'impression qu'une nappe de brouillard s'était abattue sur son cerveau.
Elle s'était tellement focalisée sur le fait de retrouver Chat Noir à l'issue de la bataille que maintenant qu'elle n'arrivait pas à le contacter, elle ne savait plus quoi faire. Qu'est-ce qui n'avait pas marché ? Qu'allait-elle devenir, sans celui qui était la meilleure moitié d'elle-même ?
C'était comme si son esprit avait court-circuité sous l'afflux d'une décharge trop importante de peur et de stress, le laissant incapable de marcher correctement.
Elle n'arrivait plus à fonctionner.
Pas après pas, Marinette atteint l'extrémité de la ruelle. Elle bifurqua sur sa droite, empruntant machinalement le chemin qui menait à la fois à son école et à son domicile. Elle avait à peine avancé de deux mètres qu'une voix retentit soudain derrière elle.
« Marinette ? »
Note : Ah, ces fameuses fins de chapitre... ^^
