Hello ! Merci pour les reviews, elles me font toujours plaisirs, m'aident à avancer et à progresser. Désolée par avance si les prochains chapitres tardent un peu plus, j'ai beaucoup de choses à faire IRL. Bonne lecture!
Chapitre 7 : I think you're probably gonna want to let me in. Pov Lilwen.
L'idée de localiser les Mugiwara avec un vêtement s'était révélée être chose aisée, enfin, au premier abord… Nous n'avions pas eu de mal à subtiliser un des vêtements que Sanji avait laissé derrière lui. Le seul problème, maintenant que nous étions de nouveau à bord de notre navire, était que le sortilège de localisation ne servait qu'à indiquer le nord. C'était plutôt un sortilège servant de boussole à ses utilisateurs, ce qui en soi, ne nous aidait absolument pas à trouver la voie vers le territoire de Big Mom.
De ce fait, Doflamingo semblait fortement agacé, ce qui n'augurait rien de bon pour nous si nous ne trouvions pas une solution à notre problème. Sirius tentait de trouver une idée pour résoudre le problème, mais il avait avoué qu'il était fort en construction de diagramme pour créer des sortilèges, ce qui ne nous avait pas servi jusqu'à maintenant, car aucun de ses diagrammes ne parvenait à nous rapprocher du but désiré. Car pour l'instant, c'était la meilleure solution que nous avions trouvé : partir du « point me spell » et l'améliorer pour trouver quelqu'un de spécifique. Crocodile avait été fasciné par l'idée de nous voir créer un nouveau sortilège, avant d'être happé par un vent de déception en voyant nos échecs. Jusqu'à aujourd'hui. Deux jours de recherche, et j'avais enfin une idée qui pouvait fonctionner. Enfin je l'espérais, car j'avais aussi eu ce sentiment pour ma précédente illumination, et j'avais lamentablement échoué.
- Crocodile ? Appelai-je.
Le corsaire tourna la tête vers moi, ses mains tenant la barre avec aisance. Il semblait hésiter entre l'espoir et l'exaspération.
- Tu m'as bien dit que ton log pose était attiré par les énergies magnétiques des îles les plus proches ? Enfin, les trois aiguilles sont attirées par des îles différentes mais celle qui bouge le plus est la plus proche, non ? Demandai-je.
Le brun hocha la tête alors que Doflamingo poussait un profond soupir d'ennuie.
- Lilwen-chan? Tu es dans notre monde depuis des mois et tu te poses encore la question ? S'enquit le blond.
Je lui lançai un regard des plus noirs mais décidais de passer outre sa remarque. Si le champ magnétique attirait les aiguilles, comme les boussoles du monde moldu, dans ce cas, on pouvait utiliser le log pose pour localiser les Mugiwara. Il faudrait alors imbiber les aiguilles du résidu d'aura encore présente sur les vêtements, ainsi, l'aimant des aiguilles serait une extension de l'aura de ce Sanji et chercherait à rejoindre la partie totale de l'aura. Il y avait deux problèmes à résoudre. Premièrement, je doutais qu'enrouler le vêtement autour du bracelet du log pose soit suffisant car les aiguilles étaient protégées par les petits domes de verre, il allait donc falloir transposer l'aura du vêtement aux aiguilles. Et cette tâche s'avérait ardue car je n'avais jamais utilisé les auras de cette façon, même si je savais que c'était possible. Tom m'avait appris à utiliser l'aura des autres sorciers pour accroitre ma magie lorsque j'étais à bout de forces. Dans ces cas là, je devais visualiser les auras autour de moi et en prélever une petite partie pour l'ajouter à la mienne. Ca avait été difficile pour moi de maitriser cette capacité, et pourtant, elle impliquait ma propre aura, ici, je devrais manipuler une aura entre deux objets. Je ne savais pas si je réussirais, mais c'était notre meilleure solution.
Le deuxième problème qui se présentait à nous était que si je changeai le log pose de Crocodile, je n'avais aucun moyen de savoir si je pourrais le faire fonctionner normalement quand nous voudrions quitter le territoire de la Yonko. Aussi, naviguer sur ces mers nous deviendrait impossible. Il allait donc falloir que j'utilise le sortilège gemino pour reproduire le log pose à l'identique. Ne restait à savoir que si l'objet avait des propriétés magiques le faisant fonctionner ou s'il était purement scientifique, car reproduire des enchantements me serait impossible.
- Et vous n'avez utilisé que la science pour créer les log poses ? Pas de magie ?
Crocodile haussa un sourcil.
- Si tu veux savoir si aucun haki ou fruit du démon n'a été utilisé, non aucun. Mais je te déconseille de toucher au log pose si il y a la moindre chance pour que ta nouvelle idée soit un autre échec. Répondit-il.
Sirius souffla d'agacement.
- Arrête de nous prendre pour des imbéciles. Si ton log pose n'a pas été modifié par la magie, on va simplement en faire une copie et expérimenter sur la réplique. Grinça-t-il.
Je lui adressai un sourire reconnaissant. Le Gryffondor s'était avéré un bon compagnon pour la création de sortilèges, et m'avait vaguement parlé des anciens maléfices qu'il avait aidé à créer avec ses amis Maraudeurs. Même si Severus en était généralement le cobaye, on ne pouvait nier que les résultats étaient impressionnants et inventifs. De plus, même s'il détestait sa famille pour leur emploi de la magie noire, il n'avait pas été assez naïf pour ne pas l'étudier tout de même et savoir s'en servir. Cela nous avait donc ouvert plus de portes, même si ces portes avaient mené à d'autres échecs.
Je montais les marches qui me séparaient de Crocodile et tendis la main, lui signalant implicitement que je voulais le log pose. Il laissa échapper un grognement d'agacement mais détacha le bracelet et me le tendit. Je pris l'objet pour le déposer sur le sol à côté de lui. Sirius me rejoignit, baguette sortie et prêt à lancer un sortilège. J'hochai la tête dans sa direction et il lança le sortilège de « gemino ». Aussitôt, la copie parfaite du log pose apparue à la droite de l'original que je rendis à Crocodile. Je ramenais la copie avec moi sur le pont et la déposais à nouveau sur le sol pour m'asseoir face à elle.
- Que comptes-tu faire ? Demanda Sirius en s'asseyant en face de moi, son regard bleu se plongeant dans le mien.
Je n'y lisais plus l'animation qu'il éprouvait pour moi, juste de la curiosité et de l'intérêt. Je lui adressais un sourire, rassurée d'avoir un sorcier avec moi, quelqu'un d'autre qui comprenait ce que ça faisait d'être plongée dans un autre monde, loin de ceux qu'on aimaient.
- J'ai appris à lire les auras, donc je ressens encore celle de Sanji. C'est ténu, mais bien présent. Je pense que je peux extraire cette portion d'aura et faire en sorte que les aiguilles du log pose l'absorbent.
Le brun me regarda avec ahurissement.
- Tu sais lire les auras des gens ? Mais presque personne ne sait faire ça, il faut des années de pratique !
J'avais eu beaucoup de difficultés à lire les auras, mais l'envie d'éviter les doloris avait été un argument percutant pour me forcer à y mettre du mien et à parvenir à des résultats le plus vite possible. Je n'avais cependant pas eu conscience que ce talent était si compliqué à faire émerger. Etait-ce parce que j'étais une élémentaire d'air et que j'étais plus sensible à la magie autour de moi de par ce fait ? Ou était-ce simplement parce que Voldemort était un professeur bien trop sévère pour oser échouer?
J'haussais les épaules pour essayer de diffuser la conversation.
- J'ai été bien entraînée.
Il ne dit rien pendant un instant avant de sourire avec amusement.
- Quelle est la couleur de mon aura? Demanda-t-il. Et celle de Doflamingo ? Et celle de Crocodile ?
Je lui adressais un mince sourire avant de fermer les yeux et de me concentrer sur mon aura d'un bleu doux, entrelacé d'argent. J'effaçais toute autre pensée et ouvris à nouveau les yeux. J'observais Sirius dont l'aura était écarlate avec des craquelures noires. Je regrettais de ne pas avoir étudié la signification des auras, mais j'avais eu tellement de choses à apprendre, que j'avais décidé de remettre ces recherches à plus tard. Je n'avais donc aucun moyen de déchiffrer ce qu'elles voulaient dire avec précision. Celle de Doflamingo était violette et noire, les deux couleurs se battant pour prendre le dessus sur l'autre. Il en allait de même pour Crocodile, qui avait deux couleurs majoritaires : le brun et le noir, mais des stries bleues apparaissaient par moments. Je décrivis le phénomène à Sirius qui sembla très fier d'avoir au moins une des couleurs de sa maison dans son aura.
- On peut passer au moment où tu fais ta magie et où on peut enfin se mettre en route ? Je vois peu d'intérêt à savoir que mon aura est violette et noire. Cingla Doflamingo.
Je levai les yeux au ciel avant d'hocher la tête dans sa direction. Je comprenais son impatience, après tout, un ancien membre de son équipage ou au moins un allié, se trouvait sur le territoire de Big Mom et nous y allions pour le récupérer. J'expliquai brièvement à Sirius que je mettrai surement beaucoup de temps à faire le transfert d'aura et qu'il me faudrait du calme pour me concentrer. Le brun me laissa avec un hochement de tête.
Je pris une profonde inspiration avant de porter mon attention sur la chemise que nous avions récupérée. Une faible lueur jaune pulsait sur le tissu, semblant lui donner vie. Le résidu d'aura de Vinsmoke Sanji. Je laissais ma magie aller à son contact, le bleu caressant le jaune avec douceur. Je sentis l'aura réagir contre la mienne, sans pour autant pouvoir décrire la sensation que cela m'apportait. Je devais continuer de penser à ce que je voulais. Imaginer le transfert dans ses moindres détails. Comment les entrelacs de fils blancs allaient relâcher les résidus d'aura, le jaune suintant le long des fils de cotons. Le bleu guidant l'or et le dirigeant vers moi. Je sentais le besoin et l'envie qu'avait ma magie d'absorber cette énergie, mais je ne pouvais me le permettre. Je devais simplement la guider, pas la capturer. Je sentis une résistance lorsque l'aura de Sanji entra en contact avec le cristal protégeant les aiguilles aimantées du log pose. L'aura voulait être libre, non pas enfermée. Elle semblait vouloir s'entremêler à la mienne, mais je forçais, définissant à nouveau mon désir de voir le jaune se fondre dans les aiguilles. Une perle de sueur roula sur ma tempe devant l'effort de volonté dont je devais faire preuve, avant que soudainement, l'aura jaune cesse de résister et n'entre dans la bulle de cristal. A ce moment, mon aura n'eut plus à la guider, l'autre savait quoi faire pour rejoindre l'essence même dont elle provenait. Avec fascination, je vis le jaune englober l'aiguille centrale et se fondre dans le métal, le faisant scintiller d'un reflet doré. J'avais réussi ! Je me détachais du monde des auras et ouvris les yeux.
Un soupir de soulagement franchit la barrière de mes lèvres en voyant la flèche changer soudainement de direction. Mais ce soulagement ne fut que de courte durée car déjà la fatigue m'écrasait. J'avais oublié combien tenter de nouvelles expériences pouvait se montrer épuisant pour ma magie. Combien de temps étais-je restée en tailleur devant le log pose ? Les muscles de mes jambes étaient endoloris et je me levai avec difficultés. Cependant, quand Doflamingo me regarda dans l'attente d'une réponse, je ne pus que lui sourire.
- Ca a fonctionné ! M'exclamai-je.
Un sourire léger orna ses lèvres avant que Sirius ne m'engouffre dans une accolade, avant de me relâcher aussitôt, visiblement gêné de son effusion, mais trop soulagé pour s'arrêter de sourire.
- Beau travail Lil' ! On va enfin pouvoir suivre un cap et Doflamingo sera de bonne humeur ! S'écria-t-il.
- Il n'a pas tort. L'horreur rose pourra peut-être enfin se rendre utile et penser à une stratégie pour récupérer son allié, maintenant que nous sommes sûrs de notre direction. Emit Crocodile.
Je remarquais qu'il avait laissé la barre et se tenait devant moi, attendant que je lui donne le log pose. Je lui tendis l'objet et il fit aussitôt demi-tour pour alla changer notre cap.
- Même si nous pouvons aller à Totto Land, nous ne pouvons pas déterminer notre plan tant que nous ne sommes pas sur place. Nous savons juste qu'une Tea Party est organisée et que Sanji « la jambe noire » va se marier avec une fille de Big Mom. Comme nous l'avons décidé deux jours plus tôt, Lilwen-Chan ou le cabot voleront une invitation avec leurs pouvoirs et la transformerons. A partir de là, il faudra changer notre apparence et se faufiler dans la fête pour en découvrir plus sur les forces ennemies et sur l'endroit où se trouve Caesar. Répondit Doflamingo, mains dans les poches.
Je fus surprise par son ton sérieux. Il avait toujours eu l'air de se moquer de tout, tant et si bien qu'hormis de par ses accès de colère, j'en venais parfois à oublier qu'il avait manipulé tout un royaume pour en prendre le commandement.
- Et si on est repérés ? Demanda Sirius.
- On peut se battre. Mais si c'est nous quatre contre la flotte de Big Mom, je doute qu'on s'en sorte vivants. J'ai confiance en mes capacités, et croco-man peut se débrouiller, mais nous serons submergés par le nombre. La meilleure solution sera que toi et Lilwen nous « magiquiez » loin d'ici et de fuir.
Je souris à son nouveau terme pour transplaner. Cependant, les forces de Big Mom devaient être formidables pour que Doflamingo décide que la fuite soit une solution envisageable plutôt que de tuer ses adversaires. Un frisson me parcouru. Je ne m'étais jamais réellement battue dans ce monde. Ou plutôt, jamais contre des adversaires qui voulaient me tuer. J'avais sauvé Crocodile de Akainu, l'homme magma, mais je n'étais même pas sûre qu'il m'ait aperçue vu que j'avais transplané à côté de l'homme contrôlant le sable et avait à nouveau disparu en l'emmenant avec moi. En sauvant Doflamingo, je n'avais pas eu à me battre. Non, les seuls combats auxquels j'avais participé étaient contre la Marine sur l'île d'Horssole. Ils avaient été faciles à battre, la seule chose qui nous avait donné du fil à retordre était leur nombre. De plus, ils n'avaient aucune envie de nous tuer, ils étaient simplement manipulés. Je m'étais entrainée contre Doflamingo et Crocodile, mais aucun ne cherchait à me tuer, pour l'instant. Ces pirates de Big Mom, étaient-ils comparables à Voldemort ? Peu probable. Tom ne savait pas se battre sans utiliser la magie, ce qui était son point faible. Par contre, ses sortilèges étaient tellement variés qu'on ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il allait faire. De plus, il contrôlait l'eau, qui était la bête noire des mangeurs de fruits du démon. En cela, il avait un clair avantage. Si seulement il était là... Si seulement j'étais dans mon monde, avec ma famille…
- Quelles sont les forces de Big Mom ? Je sais que c'est une Yonko, et qu'elle est une géante, mais je n'en sais pas plus. Son second est Katakuri je crois ? Mais que savent faire ses pirates ? S'enquit Sirius, son entrainement d'auror faisant surface.
- Big Mom peut contrôler l'espérance de vie de quelqu'un et animer des objets de ce que j'ai pu entendre. Nous informa Crocodile d'un ton morne. Quant à Katakuri, aucun de ses adversaires n'est revenu vivant.
Je déglutis difficilement, la peur s'insinuant dans mon coeur en entendant cela. Etaient-ils tous aussi puissants que ça dans son équipage ?
- Ce qui est le plus difficile avec cet équipage est que la plupart des généraux ou gouverneurs des îles de son archipel sont ses enfants. Ils ont été élevés ensemble, s'ils joignent leurs forces dans un combat, il sera dur de les contrer. Et au delà de Katakuri, j'ai entendu dire que Perospero est aussi un adversaire redoutable. Ils ont aussi rallié ce pitoyable Gang Bege de la « pire génération », ou comme je préfère l'appeler, « la génération d'arrivistes qui se croient invincibles ».De ce que je sais de ses pouvoirs, son corps est littéralement une forteresse. Expliqua Doflamingo. Je me ferai une joie de la briser et montrer à quel point elle est fragile, si l'occasion se présente. Fufufu.
La génération terrible étaient composés de nouveaux pirates qui avaient vite gravit les échelons et battu de nombreux pirates puissants. Mugiwara No Luffy en faisait partie, et visiblement, ce Bege aussi. Il y avait Law également, qui avait été partiellement élevé par Doflamingo et s'était retourné contre lui. De ce que j'avais compris, il avait aussi réussi à retourner le frère de Doflamingo contre lui. De ce qu'avait révélé le corsaire. Je comprenais donc sa haine envers la pire génération, bien que je ne la cautionnais pas. Nous n'avions pas besoin de les tuer pour arriver au sommet, ni de les faire souffrir inutilement.
Je n'eus pas le temps de réfléchir plus longtemps sur le sujet car un cri d'oiseau m'alerta. Je levais la tête, à temps pour qu'une mouette lâche un journal sur le pont et trois papiers. J'haussais un sourcil et regardais l'oiseau se poser sur un des rebords du navire et nous regarder avec attention. Je fis apparaitre un bol et le remplis d'eau pour le donner à l'oiseau, et ajoutais quelques morceaux de pain sec qu'il nous restait. Ce système était similaire à celui de mon monde où les chouettes distribuaient le courrier aux sorciers, notai-je.
Doflamingo, qui avait saisit les trois papiers et le journal éclata d'un rire tonitruant avant de se tourner vers moi et Sirius, un grand sourire sur les lèvres.
- Félicitations, vous êtes officiellement célèbres ! S'exclama-t-il, la joie évidente dans sa voix.
Je jetais un coup d'oeil à ce qu'il me montrait et fus choquée de voir une photo de moi alors que je m'apprêtais à attaquer un homme de la Marine. Il n'y avait pas de nom, ce qui ne m'étonna pas vu que je n'étais connue nul part et que je ne venais même pas de ce monde. Cependant, j'étais recherchée pour un montant de 25 000 000 berries. Je remarquais avec surprise que je devais être capturée vivante et non morte. Ce qui signifiait que la Marine avait besoin de moi pour des informations ou pour mes compétences. C'était assez inquiétant.
A côté de mon affiche, il y avait celle de Sirius. Son nom était écrit en lettres noires sur le parchemin, ce qui était assez logique vu qu'il avait vécu ici plus d'un an. Il était également à retrouver vivant et nos primes étaient identiques.
L'ancien prisonnier haussa les épaules, peu touché par l'avis de recherche. Crocodile avait lâché la barre et s'était approché pour regarder les affiches. Avant de se tourner vers nous deux avec un sourire suffisant.
- C'est assez faible comme première prime… Je m'attendais à mieux. Cingla-t-il.
Je le regardais, estomaquée, alors que Doflamingo passait un bras autour de mes épaules. Je sentis la chaleur de son corps, pressé contre le mien, et l'odeur de mandarine mêlée au sel de la mer qui s'échappait de son manteau de plumes roses.
- Fufufu ! Ne t'inquiète pas Lilwen-chan, on va bientôt remédier à cela et ta prime va dépasser la première augmentation de prime de ces idiots de la nouvelle génération ! Après tout, on ne peut pas laisser notre capitaine avec une prime si minable… Minauda-t-il.
Je n'eus même pas la force de le repousser et levais simplement la tête pour le dévisager avec consternation. Pourquoi voulait-il que ma prime augmente ? Si Sirius et moi étions aussi recherchés, en plus des deux corsaires présents, les risques de combats augmenteraient car il faudrait nous dissimuler à chaque fois que nous toucherions terre.
- En quoi c'est une bonne chose que je sois recherchée ?
Le blond me regarda avec surprise avant de ricaner pleinement, son corps secoué par les spasmes de son rire. Je me dégageais de son emprise et m'éloignais de lui, les bras croisés. Au lieu de me répondre, il me tendit simplement sa propre affiche. On voyait clairement son visage sur la photo, si ce n'était son regard, toujours caché par ses lunettes de soleil. Je ne pus prononcer un mot quand je vis que sa prime était passée d'environ 300 000 000 berries à 600 000 000 berries. Et le pire dans tout ça était la fierté avec laquelle il brandissait son avis de recherche. Il alla même jusqu'à se tourner vers Crocodile avec un air de triomphe.
- Même avec ta nouvelle prime de 500 000 000 berries après Marine Ford, je te bats Croco-man.
Le brun roula des yeux mais ne put s'empêcher de répondre par un sourire hautain.
- Ne t'en fais pas, ma prochaine prime dépassera de loin la tienne.
- J'en doute…
Sirius poussa un profond soupir et je me tournais vers lui, espérant un soutien de sa part, mais dans son regard, je ne vis qu'une lueur d'amusement qui n'augurait rien de bon.
- Les prix par tête sont élevés, certes, mais si on compare la monnaie de ce monde à celle du notre, je pense que celle de Doflamingo s'élèverait à 60 000 gallions. Et 50 000 pour Crocodile. Comme la mienne était de 10 000 gallions, si j'ajoutait les deux primes, je serais à 125 000 000 berries. Je bats donc Lilwen de 100 000 000 berries. Pas mal, n'est-ce pas?
- Toi ? tu étais un criminel dans ton monde? Avec tes idées fixes de bien et de mal, j'ai comme l'impression que tu mens. Répliqua Crocodile.
- Bien sûr que si ! J'ai une prime sur ma tête !
Je me pinçais l'arrête du nez et les regardais avec consternation.
- Sirius, tu as été innocenté, donc techniquement, tu n'as plus de prime sur ta tête. Vous trois, arrêtez de vous chamailler pour une prime ! Le moins on nous recherche, le moins on se méfiera de nous. Ce sera donc plus facile d'atteindre le One Piece ! Et toi ! Comment tu as pu doubler ta prime ? Tu pouvais pas rester tranquille ? Ajoutai-je en fusillant Doflamingo du regard.
Son sourire s'agrandit et il me tapota le dessus de la tête avec condescendance.
- Ma chère Lilwen-chan, je n'ai rien fait depuis que tu m'as recruté. Enfin, je me suis échappé d'une flotte de la Marine, sans qu'ils aient eu l'impression que quelqu'un m'ait aidé… Et j'aurais été d'accord avec toi quelques mois plus tôt, faire profil bas, se cacher, c'est une bonne idée si on veut garder son pouvoir. Mais maintenant ? Je n'ai plus personne à protéger, je n'ai que ma vie à mettre en jeu, et je trouverai ce One Piece avec ou sans votre aide, puis je ferai en sorte que Marie Joie brûle. Je n'ai plus rien à perdre, alors je prends cette nouvelle prime avec fierté, et j'espère qu'elle augmentera très vite. Fufufu.
Je ne voyais pas son regard, mais à l'expression de son visage, je savais qu'il brulait sûrement de détermination et de haine. Que s'était-il passé à Marie Joie pour que Doflamingo veuille réduire cette ville en cendres?
- Calme tes ardeurs. Nous devons d'abord entrer dans le territoire de Big Mom, et je doute que sans les poneglyphes ont puisse trouver le One Piece. Intervint Crocodile de sa voix grave.
Les poneglyphes étaient des stèles recouvertes de gravures dans une langue très peu connue. Ils étaient censés raconter l'histoire du monde et étaient activement recherchés par le gouvernement. C'était ce que j'avais pu récolter lors de mes discussions avec l'homme qui maitrisait le sable.
Une veine palpita sur le front de Doflamingo et je fis un pas en arrière par précaution. Si il y avait un signe avant-coureur de la colère du blond, c'était bien celui-la.
- Et que va-t-on faire une fois qu'on sera devant une stèle illisible ? Grinça-t-il.
Crocodile afficha de nouveau son sourire supérieur et tapota l'épaule du blond.
- Mon cher ami… C'est pour cela que nous allons nous allier aux Mugiwaras et attendre que Nico Robin traduise les poneglyphes. Ensuite, lorsqu'elle les aura traduits, il suffira à Lilwen de lire dans son esprit et nous saurons ce qui a été dit. Ou nous pourrons toujours lui subtiliser sa traduction.
Je pensais que l'idée de s'allier à l'équipage de ce fameux Luffy mettrait Doflamingo hors de lui. Or, il afficha un sourire amusé et sembla se calmer.
- C'est un plan raisonnable. Du moment que tu me laisses tous les tuer quand ils ne nous seront plus d'aucune utilité. Déclara-t-il.
Je vis Sirius me lancer un regard d'horreur en se rendant compte de ce que les deux hommes planifiaient. Je soutins son regard et lui fis un signe négatif de la tête. Je ne les laisserai pas tuer cet équipage à moins qu'ils ne nous attaquent. Je devais juste planifier mes prochaines actions et faire très attention au comportement des deux hommes si nous réussissions à nous allier à cet équipage. Je savais que si Crocodile disait vrai, nous aurions besoin d'eux, donc l'alliance semblait inévitable. Cependant, comme pendant mes années en tant que mangemort, j'allais devoir étudier chaque parti et essayer de trouver une solution pour que tout le monde reste en vie.
Une vague d'angoisse me submergea à cette réalisation. Je sentis mes voies respiratoires se contracter, ma respiration devenant sifflante. Mais qu'importait ? Je devais à nouveau oeuvrer dans l'ombre, mentir, tricher et trouver un moyen de garder tout le monde en vie. Mais combien d'énergie cela me prendrait ? Combien de sacrifices ? Ici, j'étais seule et je n'avais même pas la motivation de le faire pour ma famille et mes amis. Non, je le faisais parce que je trouvais ça juste et que je ne voulais pas voir des innocents mourir. Et que, contre toute attente, je ne voulais pas non plus que Crocodile ou Doflamingo meurent. Ils étaient insupportables, dangereux, et enfoncés dans la violence, pourtant, je sentais au fond de moi que j'avais bien fait de les choisir comme alliés. Je devais me battre pour ça, pour ce que je trouvais juste. C'était ce qui m'avait fait tenir jusqu'à ce que ma famille ne me retrouve dans le monde moldu et ne m'accueille dans le monde des sorciers. Ce que j'avais fait à nouveau quand j'avais trouvé des personnes qui valaient que je me batte pour elles. Mais combien de moqueries, de coups et de pertes avais-je subi dans le monde moldu, quand j'étais transportée de famille d'adoption en famille d'adoption car je faisais des choses anormales parce que je ne contrôlais pas ma magie ? Combien de doloris, de pleurs, de déchirures et d'effroi avais-je supporté quand Voldemort était revenu au pouvoir ? Je ne regrettais pas d'avoir pris la place de mon frère, j'avais pu le sauver, j'avais pu apprendre à maitriser un peu plus mes pouvoirs d'élémentaire, j'avais eu des informations sur Tom et j'avais pu lui rendre la plupart des morceaux de son âme… Mais à quoi est-ce que cela avait servi si j'étais coincée dans ce nouveau monde ? A quoi ces sacrifices avaient-ils servis si jamais je ne pouvais profiter des résultats de mes efforts ?
Je sentis une main se refermer sur mon poignet avec douceur. Je ne m'étais pas rendue compte que je tremblais. Je ne m'étais pas rendue compte que j'avais fermé les yeux, jusqu'à ce que je les ouvre pour voir le regard inquiet de Sirius plongé dans le mien.
- Lilwen ? Murmura-t-il.
Peut-être qu'il avait parlé à vrai dire… Mes oreilles sifflaient. Un claquement, brusque. Et la douleur qui fusa dans ma joue. Je clignais des yeux pour chasser les larmes qui avaient jaillis sous la douleur alors qu'une main puissante se refermait sur ma mâchoire. Sirius cria, mais il était retenu par Crocodile et je devais désormais faire face à Doflamingo dont le visage était à quelques centimètres du mien. Ironique comme je remarquais que sa prise était presque plus douce que celle de Voldemort le jour où j'avais pris la place de Draco et qu'il avait planté ses ongles dans ma peau.
- Ressaisis-toi. Les faibles ne vivent pas longtemps dans ce monde. Soit tu assumes tes pouvoirs et dépasses tes limites sans cesse, soit tu peux abandonner ton stupide rêve de revoir ta famille un jour. Je ne pensais pas que tu étais si faible. Ce n'est pas l'impression que tu m'avais donné quand tu m'avais demandé de vous rejoindre. Peut-être devrais-je partir. Dis-moi, est-ce que je perds mon temps avec toi, Lilwen-chan ?
Sa voix grave m'encra dans le présent, loin du rire froid et tranchant de Voldemort. Non. Il ne perdait pas son temps avec moi car je retrouverai ma famille quoiqu'il m'en coûte, ou je mourrais en essayant. J'étais encore faible comparé à lui et Crocodile. Comparé à tous ceux qui naviguaient sur ces océans, mais seule moi décidais de mon avenir et de ce dont j'étais capable ou non. J'étais libre, et je comptais le rester. Je deviendrai plus forte si c'était ce dont j'avais besoin pour survivre dans ce monde. Je mettrai en pratique tout ce que Tom m'avait enseigné, tout ce que j'avais appris de mon ancêtre vampire et de mon parrain. Ce que j'avais appris à Poudlard et auprès de mon père et de Severus.
Je posais ma main sur le dos de la sienne avec douceur et fermeté. Malgré la douleur que sa prise faisait fuser dans mes muscles. Il avait la peau douce, je notais avant de l'agripper au col avec ma main libre.
- Jamais tu ne perdras ton temps avec moi. Emis-je d'un ton assuré que je ne me connaissais pas.
Il sourit avec amusement et relâcha mon visage avant de se tourner vers Sirius qui le dévisageait avec rage.
- Ne la touche pas comme ça. Aboya-t-il, malgré Crocodile qui le retenait.
D'ailleurs ce dernier le relâcha brusquement et le rouge et or se planta devant Doflamingo qui le dominait de par sa taille.
- Oui, Sirius-kun? Ronronna-t-il.
- Ce n'est pas ton objet. Gronda-t-il, sa magie semblant virevolter autour de lui.
J'étais ahurie par la tournure que prenaient les événements. Sirius Black me protégeait ? A quel moment avait-il changé sa façon de penser au point de me défendre ? Ou était-ce parce qu'il méprisait les deux autres encore plus?
Doflamingo pencha légèrement la tête de côté et sourit.
- Je le sais. Je m'assurais juste de préparer un ouragan.
- Si vous avez fini de vous amuser, peut-être pourrions-nous continuer notre route sans accroche. Il serait dommage de perdre l'un d'entre vous avant d'arriver sur le territoire de Big Mom. Ironisa Crocodile avant de tourner les talons pour rejoindre la barre, son manteau de fourrure tourbillonnant derrière lui.
Sirius le regarda, bouche bée, avant de se tourner vers moi et de me prendre par le bras. Il m'entraina dans les cales, dans la pièce qui nous servait de chambre et lança un sortilège pour empêcher toute autre personne d'entendre notre conversation.
- Dis-moi que tu ne cautionnes pas ça ! S'écria-t-il, son regard fouillant le mien dans l'espoir de trouver le sentiment qu'il cherchait.
Je soupirai longuement et m'asseyais sur mon hamac, laissant mes jambes pendre dans le vide. Je relevais la tête et le regardais.
- Non… Je vais les empêcher de tuer des innocents mais…
- Les empêcher de tuer des innocents ? Eux deux ? A moins que nous ne gagnions en pouvoirs très rapidement, nous avons peu de chance de les empêcher de faire quoique ce soit s'ils décident de se battre. Riposta le brun.
J'en avais bien conscience, cependant c'était la seule option que nous avions, je gardais donc le silence.
- Pourquoi tu les as choisi ? S'enquit-il d'une voix plus douce, alors qu'il s'asseyait à côté de moi.
Pourquoi je les avais choisi? J'imaginais que c'était parce que le destin aimait me faire croiser des meurtriers. Ou peut-être que le complexe de héros d'Harry avait déteint sur moi et qu'au fond, je rêvais juste de les sauver d'eux-même? Mais je savais que cela ne servait à rien pour certaines personnes. Je ne savais même pas s'ils voulaient changer…
- Quand je suis arrivée dans ce monde, par un coup du hasard, la première personne que j'ai vue était Crocodile. Il se battait contre un homme qui contrôle le magma et était en train de perdre. Je l'ai sauvé, je n'ai pas vraiment réfléchi à pourquoi j'ai fait ce choix. Mais maintenant il me doit la vie, c'est pour cela que nous sommes sur ce navire.
Il secoua la tête et un petit sourire apparut sur ses lèvres.
- Et ce sont les Gryffondors qui se jettent dans la gueule du loup? Minauda-t-il.
Je lui donnais un coup d'épaule et il pouffa, avant de reprendre son sérieux.
- Pourquoi Doflamingo alors ? Crocodile est un manipulateur, mais il est moins instable que l'autre cinglé. Pourquoi tu l'as choisi?
Il était vrai que ce n'était peut-être pas le choix le plus brillant. Peut-être aurais-je dû choisir quelqu'un d'autre, ou tout simplement suivre Crocodile au lieu de proposer de former un équipage pour trouver le One Piece.
- Crocodile m'a parlé des autres Schichibukais quand il m'a expliqué la politique de ce monde. Quand il m'a parlé de leurs pouvoirs, celui de Doflamingo m'a beaucoup attiré. Principalement parce que si on manipule les gens, on peut éviter de devoir les tuer. Je sais que c'est une attitude que tu qualifierais de « très Serpentard », mais si quelqu'un s'approche avec l'intention de nous blesser ou de s'opposer à nous, n'est-il pas plus simple de le manipuler pour qu'il abandonne son projet ? Aucun sang ne serait versé…
Il appuya sa tête contre la mienne, toujours à mes côtés.
- Je ne sais pas comment Voldemort a pu te recruter dans ses rangs avec une telle façon de voir les choses. Je suis sûr que tant de bienveillance lui donnerait envie de vomir.
J'éclatais de rire à l'idée. Voldemort avait eu beaucoup de mal à supporter ma « douceur pathétique » qui lui avait causé de longues heures de migraines quand il avait décidé de m'apprendre à lancer le doloris.
- Lilwen ?
- Oui ?
- Tu as conscience que Doflamingo n'avait aucun droit de te frapper et de te traiter comme il l'a fait? Demanda l'ancien prisonnier d'une voix douce.
J'haussais les épaules. Je savais que son geste était déplacé, mais j'étais habituée à ce genre d'attitude. Habituée à être menacée, ou traitée comme une moins que rien. Mais je ne pouvais que penser qu'au fond, c'était sa façon de me redonner l'envie de me battre. Les gestes de douceur du corsaire étaient toujours accompagnés de sarcasme ou de flirt, ce qui trahissait son inexpérience de ce côté. Peut-être qu'il n'avait jamais connu que la violence et que c'était son moyen d'expression ? Qu'en savais-je? Je savais cependant que j'avais besoin de lui pour atteindre le One Piece. J'en étais persuadée. Je devais simplement ne plus laisser s'exprimer mes faiblesses. Enfin… Simplement… Ce serait difficile, mais je n'avais pas le choix si je voulais revoir ma famille.
- Je sais. Mais je te promets que je sais ce que je fais.
Je plongeai mon regard dans le sien, cherchant à lui communiquer mon assurance. Il soupira et me serra brièvement la main.
- Je commence à voir pourquoi Harry t'apprécie. Tu as beau être une Malfoy, tu ferais n'importe quoi pour sauver ceux que tu as décidé de placer sous ta protection. C'est honorable. Tu peux compter sur moi pour t'aider à supporter les deux pirates. Et pour leur jouer quelques tours… Ajouta-t-il avec un sourire taquin.
Je souris en réponse. Peut-être que tout se passerait bien si Sirius était de mon côté…
Une dizaine de jours plus tard, et aucun d'entre nous n'avait étripé l'autre. On pouvait même se féliciter que Crocodile et Doflamingo n'en soient pas venus aux mains en dehors des entrainements intensifs qu'ils nous faisaient subir à Sirius et moi pour « remonter notre niveau déplorable ». Nous avions aussi réussi à ne pas mourir de faim, et je devais m'en féliciter car j'étais la seule à cuisiner ici, avec l'aide de Sirius.
- Nous approchons de Totto Land. Annonça Crocodile, depuis le gouvernail.
Je m'étirais et affichais un léger sourire. Nous allions enfin toucher terre. Je savais que tout pouvait déraper à la moindre erreur de notre part, mais l'idée de pouvoir voir autre chose que le navire et la mer à perte de vue me remplissait d'excitation. Il allait juste falloir que nous lancions la première partie de notre plan pour pouvoir nous infiltrer sur l'île.
- Une idée de quand on sera sur le territoire de Big Mom? Demanda Sirius.
- Dans moins d'une heure environ, on sera à portée de ses limaces des mers. Ce qui veut dire que nous serons repérés.
Il ne fallait donc pas perdre de temps pour voler l'invitation de quelqu'un. Subtiliser une invitation grâce à un accio fut assez facile, d'autant plus quand nous eûmes la chance de voir un navire non loin d'ici. Doflamingo et Crocodile avaient reconnu un équipage assez influent, mais peu puissant et avez décidé de les tuer avant d'arriver à destination. Pour une fois que les deux corsaires s'étaient entendus, ça avait été pour une idée sanglante qui ne plaisait ni à Sirius, ni à moi. J'avais donc enfin vu l'utilité qu'avait mon titre de capitaine quand j'avais réussi à les convaincre de simplement les neutraliser et de nous laisser effacer leurs souvenirs d'avoir été invités. Les deux hommes avaient semblé agacés de passer à côté d'un massacre, mais Crocodile s'était montré plus raisonnable et avait été fasciné par le sortilège d'amnésie que Sirius et moi avions utilisé. Doflamingo avait eu plus d'intérêt quand j'avais utilisé l'imperius sur le capitaine. Sirius avait été assez réticent au début, principalement parce qu'il s'agissait d'un sortilège impardonnable, mais il en reconnaissait tout à fait l'utilité. Il n'avait pas tardé à céder sur le sujet, surtout quand il avait vu les doigts de Doflamingo s'agiter. Il était certain que si je n'utilisais pas l'imperius sur le capitaine, Doflamingo utiliserait ses fils pour le contrôler. Et entre nous deux, Sirius me faisait plus confiance pour le laisser en vie et en bonne santé.
Sirius avait pensé à dupliquer le drapeau et les voiles de leur navire pour remplacer les nôtres, afin de ne pas éveiller les soupçons lorsque nous arriverions en terrain ennemi. Je m'étais, pour ma part, occupée à modifier l'apparence de Corcodile grâce à quelques glamours pour qu'il ressemble au capitaine. Je l'avais choisi car ils avaient tous les deux à peu près la même taille et carrure, donc les modifications à apporter étaient moindres. Si je changeais trop son apparence, le sortilège serait plus fragile, ou risquait de ne pas fonctionner. Après tout, j'avais étudié en vue d'une maitrise en métamorphose, mais je n'étais pas une métamorphomage, il m'était impossible d'imiter parfaitement l'apparence de quelqu'un. Et je n'avais pas de quoi créer du polynectar, et même avec tous les ingrédients, faire la potion aurait pris trop de temps.
Après cela, nous n'eûmes plus qu'à voguer dans la direction que le log pose indiquait, et nous préparer à rejoindre une fête où nous risquions fort d'être tués. Rien qui ne vale de s'inquiéter… Ma vie dépendait juste des talents d'acteurs de Crocodile et Doflamingo, dont j'avais aussi modifié l'apparence, et de la capacité qu'avait Sirius à se retenir d'agir comme un Gryffondor. Je craignais cette fête et je regrettais amèrement d'avoir accepté d'y aller pour sauver ce Caesar. Surtout que s'il était un allié de Doflamingo, cela voulait dire qu'il était probablement un psychopathe. Cependant, au-delà de la difficulté de la mission que nous nous étions attribués, je ne m'étais pas attendue à être aussi surprise par ce que recelait le territoire de Big Mom.
- C'est normal que la mer devienne orange ? S'écria Sirius qui se tenait à la proue du navire.
Je tournais la tête vers la direction qu'il indiquait et remarquais avec surprise qu'en effet, l'eau bleu devenait orange devant nous. Je n'avais jamais vu un tel phénomène, même si j'avais eu peu de chance de voir la mer avant d'arriver dans ce monde. Je fus étonnée de sentir une autre odeur que celle du sel, une odeur infiniment plus douce et sucrée.
- Il faut s'attendre à tout sur le territoire de Big Mom. Mais Pekoms, un des alliés de Big Mom qui travaille pour la pègre m'a déjà dit que le royaume était organisé en îles liées à la nourriture. Donc je suppose qu'elle a fait la même chose pour la mer. Admit Doflamingo.
Créer des îles en fonction de la nourriture ? Quel genre de personne faisait ça ? Et surtout, comment pouvait-elle changer le paysage à ce point ? Un colorant orange pour faire penser à du jus peut-être ? Cependant, au-delà des goûts étranges de Big Mom, je notais que Doflamingo avait mentionné la pègre. En avait-il fait partie ? Et si c'était le cas, à quel point avait-il été impliqué dans cette organisation ? Si on croisait ce Pekoms, serait-il capable de reconnaitre l'ancien roi de Dressrosa malgré les changements apportés à son apparence ?
- Donc, je suppose que c'est normal de voir une île avec des bâtiments fait en fromage? S'enquit Sirius, la voix teintée de surprise.
Il avait baissée la longue vue qu'il utilisait jusqu'alors et me la tendit pour que je puisse regarder également. Et en effet, en l'utilisant, je me rendis compte avec beaucoup d'étonnement que l'île qu'il m'avait désignée était effectivement construite avec des tomes de fromages. Il y avait même une tour qui était faite dans ce qui ressemblait à du chèvre, et un grand bâtiment avait été creusé dans du gruyère, dont les trous servaient de fenêtres. Je clignais des yeux. Quel genre de monde utilisait la nourriture pour créer une île entière ? On se serait crus dans Hansel et Gretel. Cependant, cela nous donnait un avantage. Les bâtiments étant faits en nourriture, ils seraient plus facile à détruire que s'il s'agissait de pierres. Si nous devions nous battre, nous pourrions utiliser ça à notre avantage. Mais si Big Mom se sentait assez en sécurité pour créer des îles aussi fragiles au niveau de leur structure, cela laissait transparaître la confiance qu'elle avait en sa force et celle de son équipage.
- Je savais qu'elle était obsédée par la nourriture, mais je n'avais pas conscience que c'était à ce point. Soupira Crocodile.
- Au moins on ne mourra pas de faim en allant récupérer Caesar. Ironisa Doflamingo.
Le reste de notre voyage jusqu'à l'île principale se déroula dans le calme. Nous partagions notre temps entre : moments d'observation du territoire et mise en place de notre plan de sauvetage. Nous avions donc remarqué plusieurs choses : les mers ici étaient effectivement modifiées, et non pas seulement leur couleur, mais également leur composition. Aussi, nous avions traversé une mer de sirop, puis une mer de gelée. Ca aurait pu être bon signe, mais malheureusement, les caractéristiques basiques de la mer restaient d'actualité. Crocodile et Doflamingo étaient donc dans l'incapacité de nager dans ces mers puisque le sel marin toujours présent, les affaiblissait. Donc il allait falloir veiller à ce que ces deux là restent toujours sur la terre ferme ou sur le navire.
Nous avions également remarqué deux autres îles : une faite de biscuits, et une faite avec toutes sortes de fruits secs et de noix. Les îles étaient toutes assez rapprochées pour que seul deux heures de navigation environ les séparent, mais assez éloignées pour qu'elles ne soient pas visibles à la longue vue si on se trouvait sur l'une d'elle. Or, ces distances étaient infimes comparées à celles qui séparaient les autres îles de ce monde. On pouvait donc en déduire deux choses : premièrement, nous étions sur un archipel; deuxièmement, il y avait au moins une vingtaine d'îles autour de l'île principale si tout avait été aménagé par l'homme comme je le soupçonnais. Or, a supposer que nous devions prendre la fuite et que Big Mom avait été logique, chaque île avait sa propre garnisons et ses propres navires. On serait donc rapidement encerclés avec les limaces des mers qui fonctionnaient comme des radars sous-marins et trahissaient notre position. Dans ce cas là, il faudrait donc nous battre contre plusieurs navires, ce qui risquait d'être très compliqué, même avec les deux corsaires en ma compagnie. Cela renforçait donc l'idée que nous devions nous montrer très discrets.
Nous avions également décidé que Crocodile serait notre chef temporaire, tant que nous serions à la Tea Party, Doflamingo serait son second vu qu'il avait une apparence similaire au second de l'équipage dont nous avions volé l'identité. Sirius et moi gardions notre apparence car nous n'avions pas une prime assez élevé pour attirer l'attention, et nous nous faisions passer pour des membres de l'équipage venus escorter leurs supérieurs à l'événement. Nous allions essayer de parler le moins possible avec les autres invités et rester entre nous pour éviter qu'une de nos paroles ne nous démasque. Il faudrait garder profile bas et approcher Caesar à la moindre occasion et partir avec lui le plus discrètement possible. Quitte à utiliser le charme pour le rendre invisible. Nous devions nous méfier principalement des généraux de Big Mom, car les autres invités étaient là pour des intérêts politiques ou tout simplement parce que refuser une invitation de Big Mom signifiait la mort.
L'île principale était immense, rien que le port était occupés par de nombreux navires, dont une bonne partie de navires en forme de tartes. Je supposais que ceux-ci étaient des navires de la flotte de Big Mom. Les bords de l'île, au lieux d'être faits de sable, étaient constitués de crème fouettée. Heureusement, nous avions une rue pavée en biscuits très résistants pour éviter de nous salir les bottes. De chaque côté, des collines en forme de tartes se tenaient, colorées et donnant un aspect joyeux à l'île qui n'allait pas de paire avec l'idée que cette île était dirigée par une dangereuse Yonko. Au bout du chemin se trouvait une ville, dominée par un chateau qui ressemblait à si méprendre à un immense gâteau.
Je remarquais que je n'étais pas la seule de notre groupe à regarder tout autour de moi avec un mélange d'émerveillement et de suspicion. Je trouvais le paysage tout simplement incroyable et avais du mal à comprendre comment tout cela avait pu voir le jour, mais en même temps, je ne pouvais empêcher l'appréhension de monter en moi à mesure que nous nous rapprochions de l'endroit où se tiendrait le mariage. Le fait que le nombre de soldats augmentait à mesure que nous avancions ne m'aidait pas à me rassurer. Je notais que les soldats ressemblaient à des pions, ce qui me faisait un peu penser au roman Alice au Pays des Merveilles. J'avais toujours pensé que le monde de la magie se rapprochait beaucoup des contes de fées qu'on m'avait lu dans les différentes familles chez lesquelles j'avais vécues pour quelques mois ou années, mais maintenant que je me trouvais dans ce monde, je trouvais que celui-ci s'en rapprochait plus. Les pouvoirs des utilisateurs du démon était tout simplement incroyables et toujours plus étonnants les uns que les autres. Et voir des îles où des rois et reines régnaient encore, où l'ère de la piraterie battait son plein… Cela se rapprochait plus des contes de fée que mon monde politisé et démocratique, où les traditions sorcières se perdaient de plus en plus.
Je marquais un temps d'arrêt quand nous arrivâmes au pied du chateau. La tea party était sensée se produire tout au sommet, et devant nous, un gigantesque escalier fait d'un bonbon bleu presque transparent se tenait. Cependant, ce qui nous fit nous arrêter, au delà du fait que c'était nécessaire pour pouvoir passer, c'était l'homme qui se trouvait au pied de l'escalier. Il dégageait une aura de danger mêlée à celle de la folie, ce qui faisait bouillonner ma magie à l'intérieur de mes veines. Je n'avais aucun doute sur le fait que cet homme était imprévisible, et son aspect physique le rendait plus effrayant que Doflamingo. En effet, il était grand et fin, presque squelettique. Il avait revêtu un grand manteau jaune poussin et un chapeau haut de forme rayé jaune et rouge. Il tenait son sucre d'orge géant qui lui servait de bâton et donc d'arme d'une main souple qui indiquait qu'il se sentait parfaitement à l'aise et était sûr de lui. Mais ce qui me glaçait réellement chez lui était son visage : sa longue langue qui dépassait de sa bouche, son long nez et sa peau pâle presque grisâtre.
Crocodile inclina la tête devant lui, et nous l'imitâmes tous les trois, essayant de ne pas manquer de respect à ce qui était sûrement un des généraux de Big Mom.
- Ah, je vois que les pirates de Westwind ont pu se joindre à nous. Fit l'homme d'une voix qui me fit frissonner.
- En effet, nous vous remercions de l'invitation. Ce n'est pas tous les jours qu'une fille de Big Mom se marie. Répondit Crocodile avec aisance.
- Merci Draegan. Comme il s'agit de ta première tea party, laisse-moi t'expliquer les règles.
Nous hochâmes de nouveau la tête pour montrer que nous étions à l'écoute.
- Vous ne devez porter aucune arme sur vous.
Cette règle était simple puisqu'aucun de nous n'avait besoin d'arme. Sirius avait sa baguette, mais elle n'était qu'un simple bout de bois dans les mains de quelqu'un ne maitrisant pas la magie. Elle ne serait donc pas confisquée. Crocodile avait une main à la place de son crochet depuis que je la le lui avais métamorphosée. Et Doflamingo, il n'avait aucune arme.
- Vous devrez également apporter votre cadeau à Mama dans les plus brefs délais.
Là encore, nous avions dû improviser lors de notre arrivée et avions décidé de céder le sac sans fond que je gardais avec moi. L'objet était assez pratique et intriguant pour les gens de ce monde pour que l'impératrice soit satisfaite. Du moins nous l'espérions, et moi encore plus particulièrement maintenant que j'avais sorti le peu de possessions que j'avais du sac.
- Soyez certain que ce sera fait. Répondit Doflamingo avec un sourire avenant sur ses nouveaux traits.
- Et n'oubliez pas que vous êtes sur notre territoire. Toute insulte ou combat sera vue comme une déclaration de guerre.
Il affichait un sourire amusé qui n'augurait rien de bon. Mais nous lui fîmes signe que nous avions compris. De toute façon, notre but n'était pas de nous faire remarquer; donc quand il nous fit signe de monter les escaliers, nous ne perdîmes pas un instant. Je fus agréablement surprise de découvrir que les marches montaient toutes seules, comme dans les escalators du monde moldu, ce qui nous évitait un bon millier de marches à gravir pour arriver à l'endroit de la fête.
Je me demandais ce qui nous attendait au bout de cet escalier. Allions-nous trouver Caesar ? Nous étions arrivés juste à temps pour la Tea Party, mais serait-il seulement présent à celle-ci ? Si ce n'était pas le cas, nous devrions nous infiltrer sur cette île et cette option me semblait bien périlleuse.
J'entendis quelqu'un hurler et accélérais malgré moi pour comprendre ce qu'il se passait, mes compagnons emboitant mon mouvement. Quand j'arrivais en haut des marches, je vis qu'un homme s'agitait devant un autre. Ce dernier était habillé tel un parrain de la mafia italienne, et était entouré par deux hommes avec des pistolets, et un homme avec une arme à feu qui semblait bien plus puissante. Ils étaient sur la défensive mais pas encore hostiles. Derrière eux, je vis avec un mélange de fascination et d'horreur qu'il y avait un visage incrusté dans la porte d'entrée. Un visage qui bougeait. Etait-ce la porte ? Est-ce que cette porte avait un visage ?
Je n'eus pas le temps de me poser plus de questions. Un mouvement d'air. L'homme qui hurlait s'écroula sur le sol. Je levais les yeux sur une figure assise au sommet du mur derrière lequel se trouvait la réception. Il y avait un homme là-bas, il semblait grand et avait des cheveux bordeaux. Je notais le tatouage rose sur son bras et l'épaisse écharpe en fourrure qui cachait sa bouche. Pendant que je l'observais du coin de l'oeil, la porte hurla d'une voix stridente et féminine qui me surprit et me força à fixer mon attention ailleurs.
- Qui a tiré ? Un invité ? S'écria l'homme tout droit sorti d'un film sur la mafia italienne.
Il se tourna vers nous, et ses hommes pointèrent leurs armes à feu sur nous. Je sentis Sirius se tendre à mes côtés. Moi, je craignais surtout la réaction des deux pirates qui nous accompagnaient. Pourtant, Crocodile leva simplement les mains en signe d'apaisement. Un tintement nous fit collectivement tourner la tête dans la direction de l'homme assis sur le mur. Quand il le vit, l'attitude du mafieux changea du tout au tout. La colère avait laissé la place à la surprise et à la crainte.
- Vous… Katakuri… Pourquoi avoir fait ça!
L'homme ne lui lança qu'un bref regard avant de porter son attention au loin. Pourtant, il répondit d'une voix grave et posée :
- Il allait dire : « et que crois-tu que Big Mom ait fait après ça? Elle m'a envoyée la tête de mon père hospitalisé ! Je suis venu prendre ma revanche. Ouvrez la porte ! » Bang. Bang. Deux de tes hommes seraient morts. Tu aurais préféré que je l'épargne, Bege?
Etait-ce donc ça, le fameux Haki de l'observation? Est-ce que cet homme, ce Katakuri, était capable de le maitriser et de voir précisément plusieurs secondes du futur proche? Vu la scène à laquelle nous venions d'assister, il était possible que ses pouvoirs soient vrais. Mais depuis Trelawney, je me méfiais des gens disant savoir lire l'avenir.
- Ca change de la vieille folle de la tour d'Astronomie. Murmura Sirius en se penchant vers moi.
Je dus retenir un sourire malgré la situation dans laquelle nous nous trouvions. Il était clair que Katakuri était plus impressionnant que la professeure de divinitation qui avait plusieurs fois prédit la mort d'Harry sans que cela n'arrive. Ses prophéties semblaient toutes plus fausses les unes que les autres de toute façon.
- Tu pourras dire à Mama que c'était de ma faute. Et maintenant, voici ce que tu vas répondre : je vois. Bien compris. Annonça-t-il avec calme.
- Je vois. Bien compris. Répondit le dénommé Bege.
Cette situation était surréelle. Quel poids pouvait-on donner à cette prédiction quand l'homme qui nous surplombait faisait clairement peur à celui qui s'occupait de la sécurité ? Bege avait très bien pu répondre par peur et donc répéter simplement ce qui lui avait été suggéré. Je décidais donc de prendre son Haki de l'observation avec un grain de sel. Après tout, rien ne nous disait que cela se serait passé comme il l'avait dit pour l'homme, vu qu'il l'avait tué avant que tout n'arrive. Il serait cependant stupide de le sous-estimer.
Bege se tourna vers nous et nous observa d'un oeil critique.
- Aucune arme n'est autorisée.
Comme si nous avions besoin d'armes. Doflamingo et Crocodile étaient des armes à eux seuls, et un bout de bois ne pouvait pas être considéré comme une arme. Aussi, nous les laissâmes nous fouiller. Je sentis la forte odeur du tabac quand le pirate mafieux passa rapidement ses mains le long de mon corps pour tenter de trouver une arme dissimulée. Je me contentais de plonger mon regard dans ses yeux sombres et de ne montrer aucune once de peur ou d'inconfort.
Il finit par hocher la tête et on nous laissa passer. La porte s'ouvrit pour nous et je me retrouvais soudainement face à un mélange de couleurs et de formes à faire tourner la tête. L'odeur du sucre m'envahit les narines, en même temps que le rose des murs et du sol me sautait au yeux. Je pensais brièvement à Ombrage en voyant de telles couleurs, le dégoût prenant naissance au fond de mon estomac. Je haïssais cette femme.
Un rire féminin et pourtant tonitruant me fit tourner la tête vers une pirate, et je me demandais soudain comment j'avais pu ne pas la voir. Elle était immense, sûrement de la taille d'un géant. Elle portait une atroce robe rose à poids, qui suivait avec ses longs cheveux de la même couleur. Son chapeau était un bicorne sépia avec une tête de mort et deux sabres dessinés dessus, et en plus, des plumes blanches. Elle portait une longue cape jaune et blanche qui jurait avec le reste de son accoutrement. Mais ce qui me choqua le plus fut son visage. Un visage aux traits grossiers, et qui ne m'attirait aucune sympathie. Et un regard emplis d'une sauvagerie qui me fit frissonner. Cette femme. C'était sûrement elle Big Mom. Une pirate capable de décimer des équipages, capable de régner sur les mers, et de manipuler les âmes grâce à son fruit du démon. Ce même fruit qui était sûrement la raison pour laquelle la porte avait un visage, et pour laquelle des objets autour de moi bougeaient et avaient leur volonté propre. Ce pouvoir ne lui coûtait pas d'énergie, sinon elle ne pourrait pas maintenir autant d'objets « en vie ». Devais-je en déduire qu'elle plaçait simplement l'âme d'un humain à l'intérieur de ses objets et qu'ils se retrouvaient asservis ? Je m'en doutais déjà avant, mais désormais, j'en avais la certitude : cette femme ne devait pas me toucher ou toucher un de mes alliés.
Je me forçais à regarder autour de moi pour évaluer la situation. Il y avait beaucoup d'invités, de toutes formes et apparences. Je pouvais même voire un albatros de la taille d'un homme, vêtu d'un smoking et qui savait visiblement parler. Il y avait diverses tables rondes disposées en demi-cercle devant un immense gâteau qui devait bien faire plusieurs mètres. A son sommet, il y avait un autel, était-ce celui réservé aux mariés? Et comment allaient-ils y accéder ? Il n'y avait aucun escalier, donc l'un d'eux, au moins, pouvait voler. Je baissais le regard et remarquai un groupe d'hommes avec une seule femme parmi eux. Ils étaient tous vêtus d'une couleur différente, et leurs tenues modernes, voire futuristes, les démarquaient de la foule. Je me demandais vaguement qui ils étaient, avant de détourner mon attention.
Les généraux de Big Mom étaient placés stratégiquement, de sorte que les sorties soient surveillées par au moins deux d'entre eux, et que les tables autour de Big Mom soient toutes occupées par l'un d'eux. Il en allait de même pour la table du groupe futuriste que j'avais remarqué. Ils devaient sûrement être importants pour être ainsi protégés. Toujours était-il que nous allions devoir trouver une table sans un des généraux pour pouvoir parler plus librement. Et si nous avions de la chance, peut-être que Crocodile ou Doflamingo sauraient déterminer quel général était le moins dangereux pour qu'on s'assoient près de lui, au cas où nous devions fuir.
- Que la Tea Party commence ! Mama mama ! S'écria Big Mom.
Et ainsi, l'enfer commença.
