Bien le bonjour chers lecteurs. J'ai comme objectif de publier un chapitre par semaine. Mais il faudra que j'espace le temps de publication entre les chapitres quand je reprendrais les cours ^^". Pour le moment profitons de nos vacances et ne pensons pas ça ! Je sais que plusieurs éléments peuvent être contradictoire dans mon histoire, mais je peux vous assurer que tout ceci est pour une bonne raison.
Passez une très bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un commentaire, qu'il soit positif ou négatif.
Réponse Review :
Guest : Grazie per i vostri commenti! Sorpresa ;)
Son corps se reposait sur le lit de l'infirmerie, reprenant tout doucement de ses forces. Cela faisait trois bonnes heures qu'Elise était allongée. Et pendant tout ce temps, elle essayait vainement de comprendre comment elle avait pu en arriver là. Elle aurait pu se comparer à Alice qui tombe dans le pays des merveilles, mais là, elle venait de tomber dans l'histoire qu'elle avait lu toute son enfance.
Sa mère avait écrit cette saga et l'avait terminé depuis un mois environ. Elise avait toujours aimé les aventures du jeune Harry Potter et de ses amis. L'envie d'en savoir un peu plus sur les prochains tomes était trop forte, elle en allait même jusqu'à supplier sa mère de lui raconter la suite. Et un jour vint la fin, une belle fin, même si beaucoup des personnages qu'elle appréciait mourraient pour le monde des sorciers.
Elise avait bien-sûr essayé de trouver une raison de tout ceci. Peut-être bien que tout n'était qu'une farce fait par des fans de la saga. Puisqu'elle avait toujours suscité un succès fou. Ils devaient vouloir faire une surprise à sa mère en donnant vie à son univers. Seulement des détails ne lui plaisaient pas, comme celui de la course poursuite. Aller jusqu'à la blesser, cela avait pris des proportions inacceptables.
Au fond d'elle-même, elle préférait que ce soit cette hypothèse, plutôt que de s'inventer une histoire complètement folle. Elle adorait sincèrement ce monde remplit de magie et de merveilles. Elle en avait tellement rêvé enfant…Pourtant…Même si elle avait pu avoir la possibilité de rentrer dans ce monde, cela serait qu'une expérience fade à ses yeux. Que pouvait bien faire une Moldu dans le monde des sorciers ? La jalousie aurait pris le dessus sur son émerveillement, la peine prenant la place de la joie. Regarder c'est bien, faire c'est mieux.
L'infirmière avait pu observer discrètement Elise qui était perdue dans ses pensées. Pompom se disait à elle-même que la jeune fille ressemblait énormément à sa mère. Bizarrement elle ne ressentait pas énormément de magie émaner d'elle. Elle était presque inexistante. Si on lui avait dit qu'un jour elle soignerait la fille d'Amanda Tiberg, jamais elle n'y aurait cru.
En voyant son état, elle remarqua qu'elle avait des chances de pouvoir rendre visite au directeur. Pompom avait voulu lui administrer une potion contre la douleur. Mais Elise avait catégoriquement refusé de la prendre. Même après l'avoir soignée, Elise avait encore des doutes envers eux, Pompom comprenait tout à fait sa réaction. Au grand jamais elle ne ferait du mal à une enfant, malheureusement la peur de l'inconnu fait réagir différemment. Elle avait bien remarqué le trouble d'Elise quand elle lui avait dit le nom de l'école. C'était comme si elle ne savait pas où elle se trouvait.
Poudlard était une école unique, il était pourtant impossible de la confondre avec une autre. Malgré son identité, Pompom se demandait ce qu'elle pouvait bien faire ici après autant d'années d'absence. Elle aurait dû être inscrite à l'école depuis ses onze ans. Aucune personne du ministère de la magie ni même Dumbledore n'avait cherché la raison de son absence. Quel mystère pouvait bien se cacher derrière cette jeune fille ?
Le brouhaha de la Grande salle s'était amoindri avec le temps. Les élèves restaient tout de même curieux de la soudaine apparition de cette inconnue. Son entrée avait été spectaculaire, pas n'importe qui aurait pu ouvrir la porte de la Grande salle à mains nues ! Aucun des professeurs ne leur avaient expliqué le fin mot de l'histoire. Des rumeurs commençaient à se répandre entre les élèves. Certains disaient qu'elle était l'enfant caché d'un des professeurs, d'autres affirmaient qu'elle devait être une folle cachée dans le château à cause de son accoutrement. D'autres pensaient même qu'elle pourrait être une mangemort.
Tous avaient pu remarquer les yeux vert foncé de la jeune fille. Ils y découlaient une telle hargne que chacun en avait eu le souffle coupé. Ses longs cheveux châtain étaient tout désordonné et à moitié attaché par son élastique. Sa présence avait ressemblé à celle d'un animal sauvage. Quand les professeurs s'étaient levés, baguette en main, le doute n'avait plus été mis de côté, elle n'avait pas été conviée au château.
Après sa course poursuite dans les couloirs avec les professeurs, quelques élèves téméraires voulurent la retrouver, le besoin de savoir les dévorait de l'intérieur. Mais leurs recherches furent un véritable échec.
Cependant, un certain élève de deuxième année, un serdaigle, avait la réponse que tout le monde convoitait. En se rendant à l'infirmerie pour prendre son traitement quotidien, il aperçu un des nombreux lits de l'infirmerie occupé. Les rideaux autours du lit cachaient l'individu qui se reposait. Son désir de savoir l'emporta et il jeta un petit coup d'œil en poussant légèrement le tissu.
Son regard tombe immédiatement sur une Elise penseuse. L'adolescente ne remarqua pas une seule seconde la présence du jeune garçon. Le serdaigle aurait bien voulu la contempler un peu plus longtemps, mais l'infirmière allait le voir. Il prit son immonde potion et s'en alla.
Il ne tarda pas à révéler ce qu'il savait à toute la Grande-salle. Désormais, chacun savait où se trouvait Elise. Et personne n'osait s'y rendre, sans réellement le savoir, ils comprenaient qu'elle n'était pas n'importe qui. Plus précisément, leur magie le ressentait. Il y avait bien des choses qu'ils ne pouvaient imaginer sur la magie.
Dans un pouf sonore, deux personnes arrivèrent devant la maison d'Amanda Tiberg. Minerva avait l'air enjoué de revoir une de ses anciennes amies, mais le doute la tiraillait d'un autre côté. Filius de son côté…Eh bien il supportait !
« Je suis si heureuse à l'idée de la revoir, débuta Minerva, cela fait des décennies que je souhaite lui rendre visite.
_Ce n'est pas contre vous ma chère, mais, ne pensez-vous pas que votre amie ait pu rencontrer des…soucis ? Il y avait bien un mangemort à la poursuite de sa fille et qui semble désormais rôder autour de sa demeure, fit remarquer Filius.
_Voyons Filius ! Nous parlons d'Amanda Tiberg, elle n'est pas n'importe qui ! Ce n'est pas un de ces rats de mangemorts qui arrivera à lui faire une égratignure.
_Certes…Mais ne trouvez-vous pas étrange la réaction de sa fille ? On aurait dit une véritable moldu. Pensez-vous qu'elle puisse être une cracmol ?
_Bien-sûr que non mon bon ami, le château l'a reconnu en tant que sorcière. Difficilement, mais sûrement, protesta Minerva pour le convaincre.
_Vous avez sûrement raison... »
La maison était dans un bon état. Un champ de force l'entourait, il avait l'air d'être intact, aucun signe d'intrusion apparent. Filius essaya de passer, mais un coup d'électricité le bloqua à la limite du champ de force. Le petite professeur fit un bond un arrière, ses cheveux et poils de barbent se tenaient bien droit !
_Mais enfin, qu'est-ce qui vous a pris ? Vous n'êtes pas enregistré, pouffa Minerva en voyant son accoutrement.
_Enregistré ? De quoi parlez-vous ?
_Ce sort que nous pouvons voire est une création d'Amanda, ce champ protecteur est bien plus complexe que tout ceux que vous avez pu rencontrer dans votre vie. Pendant qu'elle était en train de le finaliser, elle nous demanda à Dumbledore et moi de lui donner un de nos cheveux. Il n'y a que ceux dont leur cheveu fut mis dans la composition de base qui peuvent rentrer. Pour faire entrer d'autres personnes, il faut impérativement qu'ils tiennent le bras d'une des quatre personnes autorisés.
_C'est un sort incroyablement sécuritaire, j'aimerais bien discuter avec elle pour savoir comment elle a pu réussir ce prodige, s'exclama Filius avec des étoiles dans les yeux.
_Je ne pense pas qu'elle vous lègue ses secrets aussi facilement. Amanda est une personne qui préfère garder ses découverts pour elle-même. Bien, prenez mon bras, nous rentrons. »
Sans attendre il lui prit son bras. Une ouverture se créa dans le champ de force, puis se referma derrière-eux comme s'il n'avait jamais existé. Au loin, derrière un arbre, une paire d'yeux les fixait intensément. Minerva toqua plusieurs fois à la porte. Aucune réponse. Avec surprise la porte d'entrée s'ouvrit toute seule, leur invitant d'entrer. Ils l'appelèrent en passant le pas de la porte, mais un silence fut leur seul réponse. Minerva prit les devants et s'avança dans le salon. Une feuille de papier était posée sur la table de la pièce, à l'arrivée de la sorcière, elle se souleva dans les airs pour venir léviter devant son visage. Le papier en question était recouvert d'une fine écriture.
« Bonjour à vous deux. J'espère que vous vous portez bien ! Je suis désolée, mais je ne pourrais pas vous accueillir comme il se doit. Je suis partie en voyage pour quelques temps. Je vous laisse la garde d'Elise, apprenez-lui tout ce qu'elle doit savoir sur notre monde, il en est grand temps. J'ai déjà préparé ses bagages, nous n'avez plus qu'à les prendre.
Bien à vous,
De votre très chère Amanda. »
« Du Amanda tout craché, pesta Minerva en attrapant furieusement la feuille. Quelle vipère ! Elle ne donne pas de nouvelles depuis des années et maintenant elle nous laisse son adolescente ! Quel toupet !
_Calmez-vous très chère. Il faut que nous gardions notre calme, déjà que la petite ne va pas être rassurée d'avoir été laissé aux mains d'inconnus…
_Il fallait bien qu'elle vienne un jour Filius ! Elle n'allait pas la faire vivre comme les Moldus toute sa vie !
_Bien entendu, mais vous avez bien vu le peu de confiance qu'elle nous porte. N'importe qui dans sa situation serait apeuré, expliqua calmement le professeur de sortilèges
_Le directeur va s'occuper de ça. Rentrons, nous n'avons plus rien à faire ici. »
Les bagages d'Elise dans une poche, ils s'en allèrent sans rien toucher. Ils transplanèrent tous deux jusqu'au château. La personne qui les épiait depuis le début de leur arrivée, fit un sourire de triomphe. C'est dans une fumée noir qu'il disparut à son tour.
Elise n'en pouvait déjà plus, l'attente était tout bonnement insoutenable. Son esprit était au bord d'une folie passagère. Rien ne pouvait être vrai, elle ne pouvait le croire. Plus elle y pensait, plus elle s'entêtait à le niait. En tout bonne personne rationnelle, elle se devait de trouver une explication réaliste. La seule chose qui aurait pu l'apaiser, était d'être dans les bras de sa mère.
C'est avec détermination qu'elle bascula ses jambes sur le côté du lit. Elle essaya plusieurs fois de faire des mouvements avec, en les pliants et dépliants. Les cinq heures d'attentes qu'elle venait de passer n'avaient pas totalement suffi pour leur rendre leur pleine énergie, mais ça pouvait faire l'affaire. Tout doucement, elle fit glisser son corps vers le sol. La pointe de ses pieds rencontra rapidement la froideur du marbre, quand elle commença à mettre du poids sur ses jambes, un petit cri aigüe sorti de sa bouche. Elle se mordit les lèvres, attendit une réaction de l'infirmière, mais elle ne vint pas la voir. C'était bien la première fois qu'Elise ressentait de telles courbatures. Si elle avait dû décrire son état actuelle, elle se serait comparée à une mémé de quatre-vingt-six ans. Il ne lui manquait plus que les vêtements et la perruque assorti pour être totalement dans son rôle.
La comparaison monta d'un cran quand elle réussit à se mettre sur ses jambes. Cette fois-ci c'était plus un pingouin bourré. Elle s'approcha du rideau qui entourait son lit, elle passa derrière sans faire le moindre bruit. Pompom était concentré sur son livre, il traitait sur la magie réparatrice de niveau cinq. Elle se fit la plus discrète possible et réussit à atteindre la porte entrouverte qu'avait laissé le deuxième année après son départ.
L'objectif de cette escapade ? S'enfuir du château et retrouver sa mère !
Cela allait être long, épuisant et très compliqué pour son corps blessé. Elle avait encore beaucoup de mal à utiliser son pied brûlé. Il était trop tard pour reculer, il fallait qu'elle s'en aille.
Pour s'aider à avancer, elle s'agrippait tant bien que mal aux murs. Ce n'était manifestement pas la meilleure aide du monde, mais c'était mieux que rien. Le tout premier problème qu'elle rencontra était : où est la sortie ? Elle n'avait pas pu regarder le chemin emprunté par Hagrid à cause de leur discussion fort amusante. Il faudrait vraiment qu'elle cesse de parler avec n'importe qui, sous prétexte qu'il a l'air gentil !
Elle décida de prendre le couloir de droite, espérant que ce soit l'un des nombreux chemins qui amènent vers l'extérieur de ce foutu château. Ils auraient au moins pu foutre des panneaux pour se repérer…Sa mère n'aurait pas pu écrire un livre de pacotille ? NON ! Il fallu qu'elle écrive un livre connu par tout le globe terrestre ! C'était même fou de penser qu'une simple histoire, un ensemble de mot composés par des lettres, puisse prendre autant d'ampleur. Et se retrouver dans une pareille situation pour si peu la rendait folle de rage. Peut-être qu'ils adoraient la saga, c'était une chose, mais de là, aller jusqu'à la poursuivre, la blesser, lui faire la plus grande peur de sa vie…L'idée de porter plainte lui traversait l'esprit.
Alors qu'elle continuait ardemment à avancer, une voix se fit entendre loin derrière elle. Naturellement, elle insulta sa lenteur et accessoirement le fait qu'elle ne puisse pas se rendre invisible. Elle lança un regard à la personne qui l'interpellait. Sur le moment elle n'en crut pas ses yeux. Puis elle reprit ses esprits. Un homme fantomatique, portant une perruque de l'ancien temps, des habits déchirés et une arme à la main, flottait dans les airs. Cette apparition s'approchait dangereusement d'elle. Au lieu de crier de peur, elle la fixa, la défiant du regard. Cela devait être encore une invention de ces fous, il n'était pas réel. Elle devina en le regardant qu'il devait être le Baron Sanglant. Il était exactement comme dans les écrits de sa mère, cela en était troublant. Quand il fut à sa hauteur, Elise pouvait contempler tous les détails de son visage, ses traits étaient si durs et sévères.
« Qui êtes-vous ? Vous n'êtes pas une élève, veuillez me suivre jusqu'au bureau du directeur, vociféra le Baron.
_J'avoue qu'ils sont vraiment fort. Comment ont-ils fait pour avoir un tel rendu ? Cela a l'air tellement vrai, chuchota Elise pour elle-même.
C'est sans gêne qu'elle passa sa main dans le corps du Baron Sanglant, il ouvrit en grands ses yeux d'outre-tombe.
_Comment osez-vous ?! Il recula pour que sa main s'enlève
_Même les réactions sont incroyables, franchement, j'en tire mon chapeau.
D'un geste ironique elle fit une courbette, un chapeau imaginaire dans la main. Elle se retourna après avoir terminé ses pitreries. Le fantôme n'en resta pas là, il voulait lui faire peur pour laver son honneur.
_Je vais aller prévenir le professeur Rogue de vos agissements ! Il vous fera regretter de ne pas m'avoir suivi, grogna le fantôme en la pointant de son doigt accusateur.
_J'ai l'impression qu'on m'a déjà sorti un truc comme ça aujourd'hui…Ah ! Mais oui ! C'est le comédien qui joue Rogue ! Il m'a dit quasiment la même chose après que je lui ai recadré ses bijoux de famille. Si tu es vraiment un « fantôme », va lui dire de ma part qu'il peut aller se faire foutre !
_Faîtes l'intéressante, nous verrons qui rira le dernier… »
Dès qu'il termina sa phrase, il traversa le mur adjacent au leur. Elle repartit sans s'en inquiéter.
Severus donnait comme à son habitude un cours de potion au cinquième année de Gryffondor et Serpentard. Il s'amusait à torturer les pauvres Gryffondors en leur enlevant des points sans scrupule. Rabaisser Neville Londubat était son petit péché mignon. Au fond de lui, il savait que le jeune garçon avait du potentiel, il souhaitait le faire réagir, qu'il se rebelle. Il espérait de lui de grandes choses, mais il ne l'avouerait jamais.
La deuxième personne qu'il rabaissait le plus était bien le fabuleux, l'authentique, l'extraordinaire Harry Potter. Le survivant, l'élu, celui qui devait sauver le monde sorcier du seigneur des ténèbres. Il lui vouait une haine infini. Il en avait plus qu'assez de toutes les louanges que le monde lui attribuait. Le fait de voir son visage lui faisait remonter de douloureux souvenirs. Il n'y était pour rien, il n'avait rien fait contre Voldemort, tout ceci était grâce au sacrifice de Lyli. Sa tendre Lyli…Ce sale avorton était comme son père, un cas au QI d'une huître, ne sachant que jouer avec sa baguette. Il était déjà une cause perdue, alors autant épancher sa soif de vengeance sur lui.
Et la Miss-je-sais-tout…Que dire sur son cas ? Elle était une enfant avec une forte volonté, ça il pouvait lui accorder. Une fâcheuse tendance à penser que tout ce qui est dans les livres est vrai ! Tout ce qu'elle sait faire est d'apprendre sur le bout de ses dix doigts l'entièreté d'un livre. Il lui est déjà arrivé de retrouver dans ses copies un paragraphe entier à l'exacte identique du manuel de potion. La brûlante envie de lui coller un T émanait de lui, mais il s'abstenait pour ne pas recevoir les foudres de Minerva. La directrice des rouge et or serait offusquée de découvrir que sa petite protégée reçoive une note si catastrophique. Pourtant elle le mériterait humblement, cela pourrait certainement l'aider à se remettre en question.
Malgré les apparences, Severus s'efforçait de noter équitablement chaque élève. Il ne faisait pas de différence entre les maisons, enfin…Cela dépendait de son humeur si l'on voulait.
Le cours de cette après-midi était particulièrement ennuyant. Les élèves étaient en train de confectionner une potion de Babillage, il était déjà passé dans les rangs trois fois pour vérifier chaque désastre. Une quantité affligeante d'élèves ne possédaient aucun talent pour l'art délicat des potions, mais cela n'était pas au point de faire exploser leur chaudron.
Après avoir jeté quelques répliques venimeuses à quelques élèves, il se rassit derrière son bureau et posa ses bras sur son bureau. Un moment de fatigue l'étreint et il voulut fermer ses paupières juste une seconde.
C'est à ce moment précis qu'une voix parla à son oreille.
« Professeur, j'ai besoin de vous prévenir de quelque chose, prévint le Baron Sanglait à l'oreille de Severus.
Le professeur de potion se retint pour ne pas pousser un cri de surprise. Il était un espion aguerrit, mais ressentir la présence d'un fantôme était au-dessus de ses compétences.
_Baron ! Je suis en plein cours, revenez plus tard, cracha Severus en lui faisant le signe de partir.
_Mais c'est une urgence ! Une inconnue se promène dans le château. Elle a même osé passer sa main à travers moi ! Chouina désespérément le Baron.
L'intérêt de Severus s'éveilla soudainement. Un sourire sadique se dessina sur ses fines lèvres.
_Gardez ma classe le temps que je règle ça. Où se trouve-t-elle ?
_Quand je l'ai quitté elle se dirigeait vers l'escalier qui mène au deuxième étage en partant de l'infirmerie.
_Très bien. Il se tourna vers ses élèves. Si l'un de vous a la malencontreuse idée de bouger le moindre doigt, sa maison pourra dire adieu a la coupe des quatre maisons, dicta-il d'une voix doucereuse. Baron je vous les confis.
_Oui professeur. »
Severus quitta sa salle de classe d'un pas pressé. Il n'avait pas eu à chercher longtemps avant de deviner qui était « l'inconnue » du Baron. La petite peste avait l'intention de s'enfuir après l'hospitalité du directeur. Ce vieux fou ne savait pas se contrôler quand il était question de prendre des décisions radicales. Voilà où ses choix menaient ! Le professeur pestait de la négligence de son supérieur. Rien ne valait mieux que la bonne vieille méthode : La force.
Tout d'abord, il fallait qu'il la retrouve avant qu'elle croise une élève ou pire, un autre professeur. Pour la rattraper, Severus utilisa des passages secrets que seuls les professeurs utilisent. Il déboucha en bas des escaliers en question, il entendit rapidement la respiration essoufflée d'Elise à cause de l'effort. Il ne put empêcher un petite sourire de victoire, il allait coincer cette impertinente à son propre jeu. Il attendit qu'elle arrive à son niveau, adossé contre le mur, il n'eut que de la surprise sur le visage d'Elise en voyant le fameux professeur en train de poireauter en bas de l'escalier.
« Eh bien quel heureux hasard que nous avons là, chantonna mielleusement Severus, ne devriez-vous pas être au lit Miss Tiberg ?
La jeune fille perdit rapidement son sentiment de surprise pour n'être plus que colère.
_Arrêtez immédiatement votre comédie à la noix ! Vous n'avez pas le droit de me retenir ici. Je vais retrouver ma mère. Peut-être que vous êtes à fond sur la saga Harry Potter, mais là ça va trop loin ! Allez dire à votre foutu « Dumbledore », que je m'en vais avec ou sans son consentement !
Elise avait presque craché ses mots sur Severus. Il aurait été presque bluffé de sa réaction, s'il n'avait pas déjà eu affaire à elle dans la matinée. Elle passa à côté de lui, l'air hautaine. Le professeur des potions ne se contrôla pas une seule seconde de plus. Il lui attrapa ses poignets et les plaqua contre le mur, faisant en sorte qu'elle ne puisse pas s'enfuir. Ses yeux noirs étaient si sombres, si attirants. Elise avait le don de lui faire ressentir un certain dégoût, mais aussi une rage, on n'avait jamais osé s'adresser à lui comme elle avait pu le faire. Le fait qu'elle ne ressente pas de peur en sa présence l'insupportait. Il voulait la voir ramper face à lui, qu'elle ne puisse jamais plus le regarder dans les yeux sans trembler.
_Il est incroyable de voir à quel point vous vous enfoncez dans l'insubordination. Vous n'avez pas l'air de comprendre votre place, je saurais vous l'apprendre, de grés ou de force, souffla Severus en dévisageant l'adolescente qu'il maintenait contre le mur.
Son regard décela immédiatement le sourire au coin qu'Elise essayait de réprimer. Comme ses mains étaient éprises, elle avança son visage du sien, avec la ferme intention de lui faire comprendre sa pensée.
_Vous vous pensez être un merveilleux acteur n'est-ce pas ? Mais sachez que vous êtes encore loin de la vérité. Ce personnage que vous essayez tant bien que mal de jouer, ne sera jamais à votre portée. Le rôle de Severus Rogue est injouable, fit remarquer Elise tout en le fixant
Le trouble s'insuffla en Severus, ces paroles avaient eu le don de le gêner.
_Je ne comprends rien à vos inepties.
_Oh que si, vous savez que vous n'en êtes pas capable. Vous n'avez pas les épaules pour assumer cette mascarade.
Le sang de Severus ne fit qu'un tour en comprenant un non-dit sans le vouloir. Sa prise se raffermit sur ses poignets et se fit plus dure.
_De quoi parlez-vous, demanda-t-il en faisant grincer ses dents.
Elise se mordit l'intérieur de sa joue pour ne pas pousser un petit gémissement de douleur. Il n'y allait pas d'une main morte sur la pression. Elle n'avait pas donné son dernier mot.
_Je pense que nous en avons terminé. Maintenant vous savez ce qui arrive quand on me cherche.
Elle voulut donner un coup de genou dans ses parties, mais il bloqua son coup d'une main.
_Prévisible, persifla Severus.
_Et ça ?
Elise donna un de coup de boule sur le nez du professeur. Il lâcha immédiatement sa prise en tenant son nez ensanglanté. La jeune fille en profita pour s'écarter de lui et s'en aller le plus vite possible que son corps le pouvait. Il ne fallut pas beaucoup de temps à Severus pour la rattraper et la pointer de sa baguette, prêt à lui faire regretter au prix fort.
Du bruit se fit entendre dans la cage d'escalier, des élèves arrivaient bientôt là où ils trouvaient. Elise voulut passer la porte, cependant Severus la devança en la forçant à rentrer dans le passage secret. Le passage se referma derrière eux, ne laissant plus qu'Elise, seule avec Severus, avec aucun moyen de s'enfuir.
Il n'y avait presque pas de lumière dans cet endroit, la présence de Severus était en train de la faire suffoquer. Il lui lança un sort de saucissonnage pour l'empêcher de le frapper de nouveau. Elise poussa un cri en voyant des cordes entourer son corps. Ces entraves éliminaient toutes ses chances de fuite.
_Vous allez me suivre jusqu'au bureau du directeur, ordonna Severus en la faisant avancer.
_Non, non, non, laissez-moi partir.
_Avancez ! Ou je vous enlèverai plus que vos mouvements, menaça-t-il en agitant sa baguette près du visage d'Elise.
_NON, hurla Elise en essayant de s'éloigner le plus possible de lui. Il lui fallait de la lumière, son souffle s'effaçait.
_Que vous arrive-t-il ? Il suspendu sa question puis, d'un sourire sadique, il continua sa question. Auriez-vous peur du noir ?
_JE VEUX SORTIR ! LIBEREZ-MOI ! JE VEUX…JE…
La voix d'Elise se mourut dans sa gorge, elle tomba au sol, son corps parsemait de convulsions inquiétantes. Severus alla immédiatement l'aider, complètement dépassé par ce revirement de situation. Soudainement Elise hurla une dernière fois, puis se volatilisa par un transplanage.
Elle n'était plus là, ne restant plus qu'un Severus choqué par sa disparition. Il avait pourtant été sûre qu'elle ne possédait presque pas de pouvoirs magiques. Et pourtant elle venait de transplaner devant ses yeux, alors qu'elle était dans l'enceinte de l'école. Où pouvait-elle bien être ?
Elle pouvait entendre le vent souffler contre les branches des arbres. Il lui chatouillait tout son corps endoloris. Elle réussit à ouvrir ses yeux que les rayons du soleil éblouirent. Elise n'avait aucune idée de comment elle avait pu se retrouver à l'extérieur de cet étrange château. Son corps la faisait souffrir plus que tout à l'heure. Une étrange envie de vomir l'avait pris quand elle avait repris conscience.
Elle se retrouvait juste en face de grilles du terrain. Son attention se dirigea vers la forêt. Elle allait s'y rendre quand une main sur son épaule la stoppa dans son élan.
Le professeur Dumbledore se trouvait à ses côtés, le regard bienveillant. Elise sursauta, surprise par sa soudaine présence.
« Putain vous ne pouvez pas abandonner votre connerie ? Je veux revoir ma mère ! Laissez-nous tranquille !
_Miss Tiberg, qu'est-ce qui vous empêche d'y croire ?
_Quoi ? Elise ne s'attendait pas à cette question.
_Vous n'avez pas l'air prête d'accepter notre existence, continua Dumbledore, ne cessant de sourire malicieusement.
_Parce que rien de tout ça n'est vrai, cracha de colère Elise.
_Alors comment avez-vous fait pour quitter le château ?
_Je…Je ne sais pas.
_Vous le savez bien, vous le saviez depuis le début, dès votre arrivée au sein du château, fit Dumbledore.
_C'est n'importe quoi…
_Miss, écoutez-moi. Vous ne pourrez plus vous cacher, renier ce que vous allez entendre ne servira à rien.
_Non, vous êtes tous des fous, c'est que des…
Dumbledore s'était rapproché d'elle et plaça ses mains sur ses épaules pour la faire taire. Son regard bienveillant venait de devenir très sérieux.
_Vous êtes une sorcière Elise. »
