Chaque parcelle de son corps était bloquée, comme électrisée. Elle avait les yeux fermés mais son esprit était éveillé depuis bien longtemps. Tout son corps ne lui répondait plus. Allait-elle rester ainsi pour l'éternité ? Paraître endormie à jamais, n'ayant plus que son ouïe comme faculté. Elle pouvait entendre les voix de Pomfresh et de Rogue en train de discuter de son cas. L'inquiétude se faisait ressentir à travers les paroles de l'infirmière, ce qui était l'exacte opposé de Rogue qui se présentait toujours d'une singularité affligeante. Elle entendit Rogue parler d'une lumière dorée, d'une sorte de rêve, elle ne comprenait pas trop de quoi il parlait.
De toutes ses forces elle essaya de les appeler. Comment faire pour leur faire comprendre sa détresse ? Elle souhaitait plus que tout qu'on l'aide. Quand une sorcière a besoin d'aide, sa magie se fait toujours entendre.
Alors que Pomfresh se dirigeait vers son bureau, elle sentit une grande quantité de magie émaner d'Elise. Elle se rapprocha pour l'examiner. En touchant son poignet, elle put entendre distinctement dans son esprit : « AIDEZ-MOI ! »
Sans attendre une seule minute de plus, Pompom se jeta sur son armoire, recherchant ardemment quelque chose.
« Qu'est-ce que vous fabriquez ? Demanda subitement Severus
_Cette enfant est consciente ! Que nous sommes bêtes, ce n'est pas son esprit qu'il fallait réveiller, mais son corps ! La surcharge de magie a complètement mis à zéro ses forces physiques.
D'une main elle attrapa un tout petit flacon vert, entourait d'une très vieille étiquette. Elle la déboucha, tout en ouvrant la bouche d'Elise. Avec beaucoup d'attention, elle versa quelques goûtes d'un liquide non-identifié sur sa langue. Il ne fallut pas longtemps pour qu'Elise se relève, l'envie de vomir à son paroxysme. L'infirmière avait anticipé en faisant apparaître devant la jeune fille un sceau. Elle y vida à l'intérieur ses tripes. Des larmes étaient apparues au coin de ses yeux, dû au vomissement. Rapidement, elles se changèrent en larmes de soulagement.
_Je…Je ne pouvais pas bouger. Je pouvais penser…mais je ne contrôlais plus rien. C'était horrible. Pomfresh la prit ses bras.
_C'est terminé maintenant. Vous allez mieux désormais. Vous avez une trop grande quantité de magie pour votre corps. Il vous faut impérativement une baguette pour vous aider à la canaliser. Plus vous vous entraînerez, plus votre corps supportera vos pouvoirs, expliqua calmement Pomfresh.
_En êtes-vous sûre ? Elise n'en avait pas l'air convaincue.
_Je peux vous l'assurer. Comme nous avons réussi à vous réveiller, logiquement votre fièvre va diminuer dans les heures qui suivent. Il faut que vous mangiez quelque chose, voici un plateau repas qu'Hooki a apporté pour vous requinquer !
_On dirait bien que nous avons une princesse au château, critiqua perfidement Severus qui était toujours dans la pièce en tant qu'observateur.
Le regard que lui lança Pompom lui suffit pour qu'il cesse de lancer des piques. Tandis qu'Elise ne lui fit pas le plaisir de le regarder. Le yeux d'Elise s'attardèrent quelques secondes de trop sur le plateau repas. Elle n'avait pas mangé depuis plus de vingt-quatre heures, sa faim commençait à se faire ressentir.
_Ne vous retenez pas, je vois bien que vous avez faim. C'est un bon signe que vous ayez de l'appétit, fit remarquer l'infirmière.
_D'accord, eh bien, bon appétit, se dit Elise à elle-même. »
Elle manga des tartines recouvertes de beurre et de confiture. Elle but un grand bol de chocolat chaud et un jus d'orange bien frais. Mais ça ne s'arrêta pas là, elle manga des œufs au plat, des saucisses, des céréales et quelques fruits. Elise ne se faisait pas prier pour engloutir l'entièreté du plateau, son estomac en avait bien besoin. Pendant qu'elle dévorait tout ce qui était possible, Severus avait pris en aparté Pomfreh pour continuer leur discussion avant son réveil. Le professeur des potions n'avait pas l'air de bonne humeur. Enfin, ceci était qu'une habitude, un Severus Rogue pas en colère n'était pas un vrai Severus Rogue.
Elise réalisa soudainement les paroles de sa mère. Si la saga était vraie, alors, cet homme, était le véritable Severus Rogue…Elle se revit lui envoyer en pleine figure qu'il n'avait pas les épaules pour jouer ce rôle. Quelle ironie !
Pompom revient vers elle quand Severus s'en alla dans un tournoiement de cape. L'infirmière n'avait pas l'air de cautionner le comportement de son collègue.
_Je voudrais m'excuser en son nom, commença Pomfresh, il peut paraître têtu, froid, sarcastique et j'en passe…Mais au fond, le professeur Rogue peut avoir un cœur.
Elise jugea un instant l'infirmière, quelque peu désarçonnée par cette déclaration. Elle savait pertinemment que Rogue agissait ainsi pour que sa couverture soit parfaite. Même si elle connaissait la vérité, il ne fallait pas qu'elle se trahisse.
_Vous n'avez pas besoin de vous excuser madame. Il y a bien du monde désagréable dans le monde, répondit Elise sans grande motivation.
_Si vous ne voulez pas de problèmes, ne vous confrontez pas à lui, lui conseilla Ponfresh.
Le regard d'Elise réagit à cette phrase et un petit sourire se dessina sur ses lèvres.
_J'ai bien l'impression qu'entre nous deux, il est celui qui vient se confronter à moi, Madame. Passons. Vous pensez que je pourrais sortir bientôt ?
Pompom ne releva pas sa réponse et répondit directement à sa question.
_Je dirais que dans moins d'une heure vous pourrez vous mettre debout, mais sans trop faire d'effort. Pendant votre inconscience j'ai pu guérir l'intégralité de votre blessure au pied, vous pourrez le poser sans crainte au sol. Il serait préférable de ne pas utiliser votre magie pendant quelques heures. Me suis-je bien fait comprendre Miss ? Pompom appuya bien sur les mots de la dernière phrase, Elise savait qu'elle s'en prendrait plein dans la poire si elle lui désobéissait.
_Je ferais attention, je vous le promets.
_Puis-je vous faire une confidence Miss ?
_Ne vous gênez pas avec moi, lâcha Elise avec un petit sourire.
_Vous ressemblez énormément à votre mère. Vous avez exactement le même sourire.
Elise ne s'attendait pas à entendre parler de sa mère. Son sourire devint plus faux, mais il resta en place. Malgré sa peine, parler d'elle ne pouvait que lui être bénéfique. Elle souhaitait connaître cette mère venant du monde des sorciers.
_Ah bon ? J'en suis ravie. Connaissiez-vous bien ma mère ?
_Je ne la connais pas aussi bien que le directeur, mais j'ai déjà eu l'occasion de la côtoyer. Elle est une sorcière avec des dons incroyables, toutes les jeunes sorcières souhaitaient devenir comme elle.
_Elle était si connue que ça ?
_Bien-sûr ! Votre mère possède une sacrée réputation. Il n'y a que les incultes pour ne pas connaître le nom Tiberg.
_Alors on pourrait me considérer moi aussi d'inculte, fit sarcastiquement Elise en jouant à plier ses ongles.
_Ce…Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, balbutia Ponfresh totalement embarrassé.
_Je vous taquine. Pouvez-vous m'en dire un peu plus ? »
Elles discutèrent toutes les deux au sujet de sa mère. Elise avait l'impression de découvrir une nouvelle personne, était-ce réellement sa mère ? Tout se bouleversait, pour mieux s'entrechoquer.
La chauve-souris des cachots n'était vraiment pas de bonne humeur. Chaque élève qui le croisait ressentait sa colère, il valait mieux s'écarter et s'écraser pour ne pas perdre de points bêtement. Malheureusement pour certains, le professeur Rogue n'avait de répit pour personne. Dès qu'il pouvait, il enlevait plus d'une vingtaine de points par tête, en utilisant des motifs vicieux.
Il se dirigeait vers le bureau du directeur. Severus avait bien l'intention de le convaincre de virer Elise de l'école. Cette fille ne lui présageait rien de bon, il fallait qu'il s'en débarrasse. Un mot de passe plus tard et une paire d'escaliers, il se trouva devant la porte du bureau. Il toqua et rentra sans attendre d'autorisation. Dumbledore était en train d'écrire une missive au Ministère de la magie pour leur prévenir qu'il y aurait une nouvelle étudiante dans leur école.
« Albus, il faut que nous parlions, ordonna Severus en s'assaillant sur une chaise.
_Et de quoi devons-nous discuter mon cher Severus ?
_Tiberg. La garder avec nous est une très mauvaise idée.
_Pourquoi donc ? Demanda Dumbledore, soudainement intéressé par les paroles de son employé.
_Cette fille garde un secret, j'en suis persuadé. J'ai la vive conviction qu'il serait plus prudent, pour nous et pour l'école, de nous éloigner de cette jeune fille.
_Auriez-vous peur d'une simple adolescente Severus ? Ricana quelque peu Dumbledore.
_Bien-sûr que non, grogna Severus exaspéré par son comportement, vous faîtes l'ignorant, mais je sais que vous en savez plus que tout le monde. Qu'est-ce que cette fille a de plus que les autres ?
_J'ai programmé une réunion avant le diner pour pouvoir tous vous en parler. Vous n'avez pas besoin de vous inquiéter ainsi.
_Si j'ai de quoi ! S'énerva Severus en tapant du poing sur le bureau. Vous n'avez pas l'air de comprendre qu'elle est une bombe à retardement. Elle a bien trop de magie en elle.
_Elise restera avec nous tout le temps qu'il lui faudra pour maîtrises pleinement ses pouvoirs.
_Vous êtes un pauvre fou, cracha Severus.
_Vous pouvez penser ce que vous voulez de moi. Je suis persuadé que Miss Tiberg est faîte pour de grandes choses.
_Autant parler à un sourd, il entendra toujours plus que vous.
_Il suffit Severus, nous en reparlerons plus tard. Veuillez retourner à votre poste, il me semble que vous donnez bientôt cours.
_Ne venez pas vous plaindre quand vous aurez des ennuis Albus, souffla Severus en se levant »
Il quitta le bureau d'autant plus énervé qu'il était à l'origine. Cela allait sûrement retomber sur les élèves.
Quand Elise était de nouveau seule avec soi-même, la tête bien reposée sur l'oreiller, elle se perdit dans ses pensées. Il fallait qu'elle s'impose des limites, qu'elle compromette son savoir sur ce monde. Il serait étrange qu'une fille qui découvre que maintenant la magie, puisse reconnaître un sort. Elle devait se mettre dans un mode de totale découverte. Apprendre la magie, était son plus grand rêve d'enfance. Elise n'était pas une élève très studieuse chez les moldus. Mais là, elle était totalement motivée pour maîtriser chaque matière. Elle ressentait une certaine trépignement pour ses futurs cours, elle voulait tant découvrir, apprendre, expérimenter. Sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, une pensée négative s'insinua en elle. Et si elle n'y arrivait pas ? Qu'est-ce qui pourrait bien arriver au monde des sorciers ?
« Je peux voir que vous allez beaucoup mieux Miss Charpman, fit remarque le professeur Dumbledore en se triturant sa barbe.
Elise sursauta et failli tomber à la renverse du lit. Elle posa sa main vers son cœur pour calmer ses battements effrénés. Le grand Dumbledore venait de lui faire une belle frayeur en s'approchant d'elle tel qu'un ninja.
_Pitié ! La prochaine fois, prévenez-moi de votre présence !
_Veuillez me pardonner, je pensais que vous m'aviez entendu rentrer.
_Je ne peux pas toujours être concentrée sur ce qui m'entoure, je suis une souffrante, railla Elise.
_Une souffrante qui reçut les meilleurs soins que Poudlard peut fournir.
_C'est bien pour ça que je suis encore vivante. Bon, nous pouvons quand même faire cette sortie aujourd'hui ?
_Bien-sûr, je comptais vous proposer de vous emmener si votre état vous le permet.
_Madame Pomfresh a dit que je pouvais me lever mais de faire attention à ne pas utiliser mes pouvoirs.
_Nous ferons en sorte de ne pas trop forcer. Nous devrions éviter de désobéir à Pompom.
_Pour une fois que je suis totalement d'accord avec vous, avoua Elise, une image d'une Pomfresh crachant du feu dans sa tête.
_Pensez-vous pouvoir supporter le voyage ?
_Il n'y a que celui qui vivra, verra, chantonna Elise.
_Je n'aimerais pas devoir informer votre mère de votre décès prématuré. Voici vos affaires, vous pouvez vous changer et me rejoindre à l'extérieur dès que vous serai prête.
_D'accord. »
Elle se tourna vers ses bagages, en ouvrit une au pif, pour en sortir une combinaison kaki. Elle choisit des petites mocassins noirs pour accompagner sa tenue. Pour ne pas paraître trop moldu, le directeur lui avait passé une de ses vieilles capes. Par chance, la cape en question n'était d'une couleur extravagante, au contraire, d'un simple brun foncé.
Après avoir bien réécouté les instruction de l'infirmière, elle put sortir rejoindre le directeur. Dumbledore lui offrit comme la veille son bras.
En un clignement de yeux, ils se retrouvaient dans une rue totalement banale. C'est en relevant le regard qu'elle put lire sur une devanture « Chaudron Baveur ». Personne n'avait pris la peine de remarquer un étrange vieil homme et une adolescente rentrer dans un magasin totalement délabré.
Le bar du Chaudron Baveur était bondé de sorciers recherchant le goût du bon alcool sorcier. Tom, le barman, s'afférait à répondre aux commandes. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps avant de remarquer la présence d'Albus Dumbledore. Tout le monde s'écartait sur son passage par respect. Dumbledore alla jusqu'au bar, avec Elise sur ses talons, la jeune fille se faisait observer à la dérobée par tous les autres sorciers. Accompagner Dumbledore signifiait pour eux qu'elle n'était pas n'importe qui. Une protégée ? Une petite cousine ? Ou mieux, une maîtresse ?
« Bien le bonjour Monsieur Dumbledore ! Voulez-vous boire un verre ? Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?
_Bonjour Tom, aujourd'hui je ne suis pas venu prendre un verre. J'accompagne une de mes élèves à acheter ses affaires scolaires, fit Dumbledore en mettant chaleureusement sa main sur l'épaule d'Elise.
_Je suis enchanté de faire votre connaissance jeune demoiselle. Bienvenue au Chaudron Baveur ! Je ne vous ai jamais vu dans les parages, vous venez d'une contré lointaine ? Plaisanta Tom en lui tendant sa main.
_De même Tom, peut-être que oui, peut-être que non, répondit Elise d'un clin d'œil
_Elle a le sens de l'humour cette petite, prenez bien soin d'elle Monsieur.
_Ceci était déjà dans mon attention. Venez miss Charpman, c'est par ici que nous allons, indiqua le directeur à Elise. »
Ils saluèrent une dernière fois Tom et prirent un chemin qui dépassait le bar. Cela menait à une petite pièce aux murs de briques, quelques tonneaux étaient tranquillement postés dans un coin. Dumbledore sortit sa baguette et toucha de son bout cinq briques dans un ordre bien précis. Le mur qu'avait touché le directeur commença à trembler, les briques se dégagèrent petit à petit et finirent par créer un passage. Les yeux d'Elise s'illuminèrent comme ceux d'un enfant. Elle savait bien ce qui allait se passer. Et le voir en vrai était tout bonnement incroyable.
Le Chemin de Traverse avait ses rues complètement envahies. Du plus petit au plus grand, chacun faisait ses achats dans la joie et la bonne humeur. Des magasins remplis d'objets magiques complètement inimaginables, des animaux de compagnie étaient dispersés dans différentes cages. Quelques enfants courraient avec des jouets animés, créant des étincelles.
Dumbledore sortit de sa poche la liste de fourniture pour Elise et la lui donna.
« Ceci est votre liste de fourniture, dans l'année les professeurs vous demanderons d'acheter d'autres livres pour que vous puissiez rattraper plus facilement votre retard. Hagrid vous emmènera la prochaine fois. Qu'avez-vous en premier à acheter ?
_J'ai tout d'abord l'uniforme et trois robes de travail noires d'un modèle normal. Ensuite j'ai des gants de protections en cuir de dragon ou de matière semblable et une cape d'hiver.
_Et qu'avez-vous en manuels ?
_Le livre des sorts et enchantements de niveau 1 de Miranda Fauconnette. Histoire de la magie de Bathilda Tourdesac, Manuel de métamorphose à l'usage des débutants de Emeric G…Pourquoi est-ce que je dois tout vous dicter alors que vous devez connaître par cœur cette liste, se plaignit Elise.
_Je suis un vieux monsieur, il faut raviver ma mémoire, fit Dumbledore en remettant bien ses lunettes.
_Je n'en crois pas un seul mot.
_Touché. Je vous propose de vous déposer à la boutique de vêtement pour que vous puissiez acheter le tout à votre taille, pendant que moi je vais acheter vos livres.
_Très bien…Attendez une minute. Comment je vais faire pour payer tout ça ? Je n'ai pas le moindre argent sur moi.
_Qui a dit que vous n'aviez pas d'argent ? Le directeur venait de sortir une énorme bourse de sa poche.
_C'est hors de question que vous payez mes affaires, dit Elise hors d'elle.
_L'école possède un budget fait pour les élèves dans votre cas.
_J'espère bien, je ne veux pas recevoir de traitement de faveur, termina Elise en prenant une quantité d'argent de la bourse et rentrer dans le magasin de vêtement.
Dumbledore avait omis de lui préciser qu'il avait rajouter une quantité d'argent dans la bourse pour qu'Elise ne manque de rien. Il jouait parfaitement le rôle de l'oncle aimant, le rejet d'Elise amusait beaucoup le directeur. Il partit acheter les livres, souriant.
Elise venait de rentrer dans le magasin, la boutique était gérée par deux femmes. Katherine Gloufu et Leslie Gloufu, la mère et la fille qui adoraient toutes les deux la mode. Ce fut la fille, Leslie, qui prit les mesures d'Elise et qui prépara tout ce qu'il lui fallait. Pendant qu'elle confectionnait les vêtements, Elise observait les habits de sorciers. Leurs robes étaient comme sa mère avait l'habitude de les décrire dans ses livres. Elle touchait du bout de ses doigts les différents tissus. Leur douceur était indéniablement d'une très bonne qualité.
Quelques sorcières faisaient aussi leur achat ici. Sans qu'elle ne le veuille, Elise entendit une conversation en particulier.
« Il faut que je te raconte quelque chose, commença une jeune femme habillée d'une cape rouge.
_Quoi, tu as encore donné rendez-vous à Dorian ? Répondit son amie en train de regarder les longues jupes.
_Non. J'ai reçu hier une lettre de ma cousine, tu sais, celle qui est encore en pleins dans ses études à Poudlard.
_Oui et qu'est-ce que cette morveuse avait à te raconter ?
_Apparemment, il y aurait une nouvelle arrivante à l'école. Personne ne connait son identité, fit la fille à la coupe rouge en examinant un haut.
_Elle a quoi de si intéressant pour qu'elle t'en envoie une lettre ?
_Cette fille serait rentrée par effraction dans le château et aurait ouvert de force une des portes de la Grande-Salle à mains nues, pour ensuite s'enfuir en face de professeurs.
_ À mains nues ? C'est quoi cette histoire ? Tu es sûre qu'elle ne te raconte pas des bobards ?
_Elle est très ennuyante mais elle n'est pas une menteuse. Je me demande bien qui peut être cette étrange fille. »
Elise ne voulait plus les écouter. Sa présence aurait été remarqué si elle restait une minute de plus à côté d'elles. Son arrivée au château avait vraiment marqué les esprits. Leslie avait terminé sa commande, elle passa à la caisse. Quand elle lui dit le montant à payer, Elise se rappela qu'elle ne savait pas différencier les pièces, une sueur froide se propagea sur son cou.
« Vous n'avez pas assez c'est ça ?
_Je…
_Combien vous doit-elle ? Fit Dumbledore en se penchant au-dessus de l'épaule d'Elise.
_VOUS ! J'avais dit quoi ce matin ? S'offusqua Elise au bord de la crise cardiaque.
_Euh…Elle nous doit 7 gallions et 40 mornilles, répondit Leslie en dévisageant le grand Dumbledore.
_Regardez Elise, le gallion est la plus grosse pièce. Et les mornilles sont argentées, dit-il en piochant dans la main d'Elise la somme exacte. Voici pour vous Miss, nous y allons ?
Tous les clients regardaient Elise, elle se sentait embarrassée de cette situation et prit ses paquets sans dire le moindre mot. Dumbledore affichait son sourire et fit un léger mouvement de la tête pour les saluer.
En sortant dans la rue, Elise l'arrêta.
_Ne refaite plus jamais ça, le prévint-elle d'un mauvais œil.
_Sans moi, vous seriez encore devant la caisse, ne rejetez pas mon aide.
_Je vous ai demandé qu'une chose, de m'apprendre la magie, pas d'être ma nounou !
_Mettez votre mauvais caractère de côté pendant quelques minutes et écoutez-moi. Apprendre la magie sans connaître son monde ne sert à rien. Il faut que vous sachiez comment notre monde fonctionne, si vous ne savez pas différencier de la monnaie, comment pourrez-vous différencier un ingrédient pour une potion ou reconnaître la véritable qualité d'un objet ? Je sais bien que cette situation vous déplaît et je le conçois. Seulement il faut que vous me fassiez confiance, je ne suis pas votre ennemi, prononça Dumbledore d'une voix calme et assurée.
Elise évaluait le pour et le contre. Le vieux sorcier n'avait pas vraiment tort. Elle connaissait beaucoup de chose sur leur univers, il n'y avait pas à douter là-dessus. Mais sa non-connaissance du train de vie des sorciers pouvait lui compliquer son apprentissage. Elle se devait de devenir une véritable sorcière.
_Veuillez excuser mon impolitesse, lâcha Elise la tête basse.
_Ne vous inquiétez pas. Venez, je pense que la suite va vraiment vous intéresser, suggéra Dumbledore en la menant à un magasin en particulier. »
La devanture n'étonna pas Elise, il était normal qu'ils finissent par cet endroit. Ils passèrent la porte, faisant tinter la cloche. Dumbledore appela le propriétaire, celui-ci sortit d'entre les armoires contenant des milliers de boites à baguettes magiques.
« Professeur Dumbledore ! C'est un plaisir de vous voir. Qu'est-ce qui vous emmène dans mon humble boutique ?
_Bonjour Garrick, nous sommes venus ici pour Miss Charpman pour sa toute première baguette.
_Enchanté Miss Charpman, je suis Garrick Ollivander, créateur de baguette, se présenta Ollivander en faisait une légère courbette.
_Elise Charpman, répondit Elise, se permettant de lui faire un petit sourire.
_Alors vous venez pour votre première baguette, c'est étonnant, vous m'avez l'air assez grande pour une jeune fille de onze ans !
_Miss Charpman n'a jamais utilisé sa magie. Ceci explique qu'elle ne vienne que maintenant vous voir, expliqua Dumbledore.
_Je vois, nous ferons en sorte de lui trouver la baguette qu'il lui faut ! Puis-je prendre vos mesures Miss ?
Elise lui tendit son poignet, il put rapidement prendre ses mesures. En quelques instants Ollivander avait déjà ramené une boite et l'ouvrit pour lui faire essayer cette baguette. Elle était d'un brun clair. Elle la prit dans ses mains et fixa la baguette.
_Bois de frêne, écaille de dragon d'eau, merveilleuse pour la métamorphose. Je vous en prie, essayez.
L'adolescente souleva son bras et voulu faire un simple geste. Au lieu de faire exploser quelque chose dans la boutique comme ce qui était arrivé à Harry, ce fut la baguette qui se détruit. Son bois c'était fendu en deux dans sa main. Les yeux d'Ollivander s'exorbitèrent face au résultat.
_C'est la première fois dans ma carrière que je vois ça, souffla Ollivander. Une baguette qui n'a su contenir la magie d'un sorcier. Votre puissance l'a complètement détruite…Qui êtes-vous donc réellement ? De la peur s'insinuait presque dans ses yeux clairs, cette réaction blessa Elise.
_Excusez-moi, je ne voulais pas la casser…
Elle lui rendit les bouts de bois et se tourna vers Dumbledore.
_Suis-je vraiment faite pour une baguette ? Je viens d'en détruire une, je ne voudrais pas toutes les détruire. Peut-être qu'enfin de compte, je ne peux pas en avoir, fit remarquer Elise à l'attention de Dumbledore.
_Tout sorcier a une baguette qui est faite pour lui Miss Charpman, rassura Dumbledore en posant une main réconfortante sur l'épaule de la jeune fille. Garrick, n'auriez pas en votre possession des baguettes qui n'ont jamais trouvé leur sorcier, ou même quelques-unes de votre père ?
Ollivander réfléchit un peu, se remettant de ce qu'il venait de voir.
_Il y en a bien une, la dernière création de mon père. Mais elle n'est pas complète. Il n'a pas eu le temps de la finir complètement avant de mourir.
_Pouvez-vous nous la montrer s'il-vous-plais.
Le vendeur hésita grandement en observant Elise. Il partit quand même chercher ladite baguette. De la moisissure était en train de ronger l'ancienne boîte. La surprise d'Elise ne fut pas retenue quand elle vit la baguette.
_Elle est blanche. Comme cela se fait-il ?
_Mon père adorait peindre quelques baguettes, celle-ci fut la toute dernière. Je n'ai jamais su pourquoi il l'a peinte de cette couleur. Je sais qu'il y tenait énormément.
_Pourquoi dites-vous qu'elle n'est pas complète ? Demanda Elise en la contemplant
_Elle ne possède aucun cœur. Ce bois appartenait au saule pleureur qui se trouvait près de notre maison. Quand l'arbre mourut, mon père coupa une de ses branches et en fabriqua une baguette où il ne mit rien à l'intérieur.
_Quel était le but de votre père en la laissant ainsi ? Fit curieusement Dumbledore.
_Je n'en sais pas plus que vous. Quand j'étais à son chevet il me demanda en dernière faveur de la refermer et de ne pas la compléter. Je pouvais le comprendre, c'était son travail.
_Puis-je ? La voix d'Elise était hésitante. »
Ollivander respira un bon coup puis la lui présenta. Elise savait que ça ne servait à rien d'insister, qu'elle n'était pas faite pour ça. Pourtant quelque chose au fond d'elle était attirée par cette baguette, qui était en vérité, qu'un simple bout de bois banal. Enfin dans sa main, une énergie inconnue parcouru tout son corps. Elle sentait que ça venait, elle ne pouvait pas l'arrêter.
Une explosion de magie sortie de la baguette. La puissance accumulée détruit les murs du magasin, par réflexe, Dumbledore avait instauré un bouclier qui les protégea. La lumière de l'explosion les aveugla.
Elise tenait toujours fermement la baguette dans sa main, sa magie se répandait dans chacune de ses veines. Pour la première fois de sa vie, elle se sentait entière. Un léger sourire illumina son visage, elle ne ressentait que du bonheur.
Dans un endroit oublié de tous, un être dormait. Un frisson parcouru sa carcasse, lui faisant ouvrir ses yeux. Ses prunelles dorés perçaient l'univers. Un atroce rire sortit de sa gorge enrouée.
« Je le sens…Cette si puissante magie…Elle vient de s'éveiller…Où peux-tu être mon petit monstre ? Je te cherche depuis si longtemps…Ne t'inquiète pas, nous allons enfin être réuni.
L'être se releva sur ses jambes et alla jusqu'à une ouverture lui montrant le ciel étoilé. Il leva sa main, la dirigeant vers la lune.
_Quand nous serons liés…Tout ce que tu connais…Disparaîtra dans les ténèbres.
