Voici enfin la suite ! J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre et j'espère qu'il vous plaira ! Il est plus long que d'habitude et j'essayerai davantage d'écrire un peu plus de 2000 mots, enfin si j'en ai le courage !
blaguee : si le début semble normal c'est parce que je voulais prendre bien le temps d'installer le contexte, les choses vont dorénavant commencer à devenir sérieuses !
Saiken-chan : eh non, la fameuse fille aux cheveux blancs n'est pas Haku, tu verras bien de qui il s'agit ! Dans tous les cas, j'espère que ce chapitre te plaira ! J'ai fait référence à deux personnages, que tu reconnaîtras sûrement !
La boule au ventre, Yukari était tout de même retournée au lycée le lendemain. Parfois, elle-même se surprenait. N'importe qui dans la même situation qu'elle n'aurait même pas osé remettre les pieds dans cet endroit. Mais Yukari n'avait pas le choix. Si elle le faisait, c'était en majeure partie pour sa mère. Cette dernière travaillait dur et très tard de temps à autre, tout simplement parce qu'elle voulait le meilleur pour sa fille. C'était donc pour cette raison que l'adolescente ne s'était jamais permise de se plaindre ou de parler des brimades qu'elle subissait chaque année au lycée. En vérité, elle n'avait qu'une seule et véritable envie. Celle d'en finir.
Les autres me considèrent comme un fardeau, alors pourquoi rester ? Ici, je souffre et je ne veux plus souffrir. Plus jamais.
En traversant l'entrée du bâtiment, Yukari comprit très vite qu'elle aurait mieux fait de rester chez elle. Elle fut accueillie par des rires, des murmures et quelques regards affreusement méchants lancés dans sa direction. Que se passait-il ? Ses mains commençaient déjà à trembler et une furieuse envie de vomir parcourait son corps entier. Mais la curiosité dominait et la jeune fille n'était pas décidée à tourner les talons sans avoir vu la cause de leur engouement.
Et puis, son coeur cessa de battre pendant quelques secondes. Si elle avait jugé jusqu'à présent que les années précédentes s'étaient avérées pénibles et horribles, on était loin de ce qu'elle avait juste sous les yeux.
Comment ont-ils pu ? Qu'est-ce que je leur ai fait pour mériter tout ça ?
Les photos qu'elle avait reçues la veille étaient affichées en grandes dimensions, à la portée de tous, juste sur le tableau d'affichage. Des larmes lui montèrent aux yeux, mais cette fois-ci ce n'étaient pas des larmes de tristesse, mais bien des larmes de colère. Autour d'elle, les rires fusaient accompagnés par des insultes toutes aussi charmantes que leurs auteurs.
« T'es vraiment une petite traînée, Yuzuki ! »
« Nan mais regardez la, elle fait tellement pitié !»
« Elle est plutôt bien foutue ! Hé Yuzuki, tu suces pour combien ? »
Un terrible mélange de tristesse et de colère s'était emparé d'elle. Sans crier gare, elle se dirigea à toute vitesse vers le tableau, arrachant les clichés avec toute la rage qu'elle contenait. Les autres continuaient à rire, visiblement amusés de la voir dans un tel état.
«….Vous trouvez ça drôle ? VOUS TROUVEZ CA DRÔLE DE L'HUMILIER COMME CA ? »
Fukase avait crié, encore une fois. Il venait d'arriver et était tombé nez à nez sur une Yukari en train d'arracher ces horreurs le plus rapidement possible. Ces bâtards, ils avaient osé. Lorsqu'il croisa le regard de ladite jeune fille, il eut l'impression d'avoir été poignardé au coeur. L'expression qui s'affichait sur son visage était à vous en fendre le coeur. Ses traits étaient mêlés à la tristesse, à la douleur mais surtout à la colère. Il voulut alors la retenir et courut le plus vite possible vers elle, l'agrippant par les épaules.
« ...Yukari ! Ne t'en vas pas !
Elle pleurait, mais il voyait bien qu'elle faisait de son mieux pour le dissimuler.
Elle est forte pour tous les supporter, jamais je n'en aurai été capable, moi.
-...Ne te fais pas de soucis pour moi, je ne veux pas être un fardeau à tes yeux ! »
Il n'eut pas le temps de placer le moindre mot, qu'elle s'était déjà enfuie à toute vitesse hors de sa vue.
Bon sang, Yukari….j'aimerais tellement te voir sourire à nouveau.
En s'étant assurée qu'il ne l'avait pas suivie, Yukari s'était enfermée dans la première cabine à sa disposition. Voir Fukase s'inquiéter pour elle l'insupportait. Elle ne voulait pas qu'il se fasse du souci pour elle, elle ne voulait surtout pas que tout lui retombe dessus. Elle ferma alors la porte à clé, s'assit sur la cuvette et replia ses jambes au niveau de son visage. Son coeur continuait à battre toujours aussi vite, tandis que les larmes n'étaient pas décidées à s'arrêter de couler.
Merde, j'ai pas envie de pleurer, j'ai pas envie de pleurer pour eux !
« C'est vraiment dommage que tu sois venue un peu plus tard, Meiji. Si tu avais vu la tête que cette demeurée de Yuzuki tirait, tu aurais été ravie !»
Un groupe de filles venaient d'entrer. Elles étaient précisément quatre et riaient aux éclats, comme si la première leur avait raconté une bonne blague. Yukari se figea. Cette voix, elle la connaissait ! Oh que oui, qu'elle la connaissait ! C'était celle d'Aria Yamaguchi, celle qui s'était fritée avec Fukase lors de leur premier jour de cours.
Elles étaient donc 4 et étaient accessoirement les filles les plus populaires du lycée. Leur bande se composait tout d'abord d'Aria, considérée par elle-même et par les autres étudiants comme la leader du groupe. Elle était mince, belle et possédait une longue chevelure blanche à en faire jalouser certaines. Dans la bande, c'était celle qui dictait tout et celle qui avait le malheur de mettre sa parole en doute se verrait infliger du pire châtiment. Aria ou plus connue par son surnom, Ia, était impitoyable. Sa cruauté et sa méchanceté étaient sans égal. Vient ensuite au tour de Meiji Gahata et de Luka Megurine, plus communément appelées les jumelles en raison de leur forte ressemblance.
Grandes et élancées, des yeux souvent maquillés de noir, des formes avantageuses et des silhouettes charmantes, il était souvent fréquent de les confondre toutes les deux. Tout le temps fourrées ensemble lorsqu'elles étaient séparées des deux autres membres, Luka et Meiji partageaient tout. Des fringues jusqu'aux mecs. Beaucoup d'étudiants masculins les considéraient comme les plus jolies du groupe mais évitaient de faire entendre trop fort leur opinion, de risque de s'attirer les foudres d'Ia.
Pour terminer, nous avons Teto Kasane, ou très souvent appelée «la poupée ».Teto avait de bonnes joues rondes et un air adorable au visage. Elle était à croquer et les gens craquaient généralement à cause de son expression du visage malicieuse, comme une enfant ayant menti à sa mère. Mais Teto était tout aussi cruelle que sa leader, elle avait ce don de casser du sucre dans le dos des autres, sans éprouver la moindre culpabilité. C'était souvent elle qui était à l'origine des rumeurs les plus destructrices au sujet de certaines filles, et c'était bien pour cela qu'elle et Ia étaient très complices.
« Dans tous les cas, celui qui a réussi à tomber sur ces photos et à les afficher au lycée est un génie, il faudrait que je le remercie un jour, poursuivit Ia, tout en se remettant une couche de gloss rose sur les lèvres.
- Quand même, on parle de Yuzuki Yukari là ! Je pensais qu'elle était du genre coincée, mais elle avait l'air très à l'aise sur les photos, fit remarquer ensuite Teto en gloussant légèrement.
-Comme quoi, les saintes nitouches peuvent être des cochonnes »,
dirent en même temps Luka et Gahata avant de ne se mettre encore une fois à rire avec Teto et IA.
Et elles quittèrent ainsi la salle, tout en riant. Yukari, elle, était toujours aussi figée. Elles étaient horribles. Comment osaient-elles ?
Pourquoi me retenir ? J'ai besoin de me soulager…
Tout en se persuadant que ce n'était pas aussi grave, la mauve sortit un cutter de son sac, le contemplant pendant un long instant. Cela faisait un moment qu'elle avait pris cette très mauvaise habitude. Habitude qui non seulement mettait sa vie et son corps en danger mais qui la poussait à continuer, encore et encore. S'infliger cette douleur était devenu une véritable addiction.
Comme une scientifique devant une expérience à risque, Yukari commença tout d'abord par caresser lentement la lame de ses doigts, avant de ne se mettre à effectuer plusieurs traits au niveau de son avant-bras. La lame bien enfoncée dans sa peau, l'étudiante retint de pousser un cri de douleur. Il ne fallait que personne ne l'entende. Surtout pas. Vous imaginez un peu le scandale ? Elle ne voulait surtout pas inquiéter sa mère, apprendre que sa fille se faisait autant de mal aurait pour risque de la rendre malade de tristesse. Et ça, il en était hors de question.
Après avoir terminé, l'adolescente banda ses blessures, afin de n'éveiller aucun soupçon. Les cours avaient déjà commencé et elle n'avait aucune envie de s'y rendre.
Plutôt mourir. Je les déteste.
Elle entreprit alors de rester enfermée là, ne voulant être vue par personne.
Fukase était inquiet. Pire, il culpabilisait. Yukari ne s'était nullement montrée en cours et l'inquiétude qu'il ressentait ne faisait que s'accentuer. Si seulement il avait pu faire quelque chose pour la retenir...Bordel, Yukari souffrait tellement et ça le prenait par les tripes. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, lui dire que lui serait toujours là pour elle. C'était décidé, il allait retrouver les bâtards qui avaient osé l'humilier ainsi et leur payer le prix. Il se fichait bien que ça lui retombe dessus, Yukari ne méritait pas de souffrir autant. C'était une adorable jeune fille et elle était gentille comme tout, alors pourquoi s'acharner autant sur elle ?
Lorsque la cloche annonçant la pause de midi retentit, Fukase se rua hors de la classe mais fut interpellé très vite par Ia, qui avait attendu un moment que la classe se vide pour être seule avec lui. Au moment où il entendit son agaçante voix lui ordonner de rester, il grinça des dents et se tourna vers lui, la toisant froidement. En le voyant la considérer de cette manière, Ia ne put s'empêcher de dissimuler un petit rire moqueur, ce qui énerva encore plus l'adolescent.
« Qu'est-ce que tu veux, Yamaguchi ?
-C'était adorable comme tout ta petite crise de ce matin !
-Ferme là, t'es absolument pas drôle, trancha t-il, acide.
- Oh voyons, pas de ça avec moi ! Qui me dit que ce n'est pas toi qui t'es amusé à la photographier ? Vu comment tu la regardes, c'est sûr que tu craques pour elle ! Répondit-elle, moqueuse.
Fukase vit alors rouge. Mais pour qui cette pétasse de seconde zone se prenait ?
- T'es malade ou quoi ?! Je ne suis pas comme vous, moi ! »
La blandinette ricana encore une fois, mais dorénavant Fukase ne se contrôlait plus. Il l'attrapa alors par le col, établissant un contact rapproché entre leurs visages, ses yeux rouges foudroyant les yeux bleus remplis de malice de sa camarade de classe. Ia en profita donc pour poser délicatement ses lèvres sur celle du jeune homme. Sa réaction ne se fit pas attendre. Il la repoussa alors violemment, comme s'il venait d'attraper une maladie incurable. On était pas loin du cas, étant donné qu'il venait de se faire voler son premier baiser par une horrible peste.
« Tes lèvres ont bon goût, Fukase. C'est dommage de perdre ton temps avec elle. »
Le ton était mielleux et particulièrement ironique. Il voulut lui crier dessus, la menacer, mais c'était trop tard, elle s'était déjà éclipsée. Cette fille avait décidément du cran pour se permettre ainsi de l'embrasser. Fukase déglutit, plus que dégoûté. Ses lèvres avaient eu un contact avec les siennes, c'était infect, vraiment infect. Pourtant Ia n'avait pas mauvaise haleine et ses lèvres étaient incroyablement douces. Ce qui lui posait problème était définitivement le fait qu'elle ait pu avoir un contact aussi rapproché avec lui.
Yukari, putain, reviens ! Si tu savais à quel point je me fais du souci pour toi… !
Tous les élèves de terminale étaient rassemblés dans une seule et même pièce, qui se trouvait être l'énorme auditorium du lycée. Confortablement assis, les jeunes attendaient l'arrivée du directeur, se demandant bien pourquoi il avait décidé de tous les rassembler aujourd'hui. Fukase n'arrivait pas à se tenir tranquille. Toujours pas de trace de Yukari.
« Bonjour à tous et toutes, je vous remercie d'avoir pris la peine de vous présenter aujourd'hui. »
La voix du directeur de l'établissement se voulait forte et réconfortante à la voix, si bien qu'aucun murmure ne fut prononcé et que l'on pouvait presque entendre une mouche voler. Il lança un regard circulaire à la salle, un instant, il crut la voir. Il voulut alors se lever mais se ravisa bien vite, jugeant cela irrespectueux vis-à-vis de leur supérieur commun.
« J'ai l'honneur d'avoir fait venir, Sakine Meiko, la mère d'une jeune fille du nom de Miku, qui avait votre âge à l'époque.
La dénommée Meiko fit alors son entrée en salle. Ses cheveux étaient courts et bruns, coupés soigneusement. Sa tenue l'était autant, cette dernière ayant opté pour un tailleur noir et un pantalon assorti, tandis qu'elle avait décidé de prendre un peu d'hauteur grâce à de légers talons. Elle leur adressa alors à tous un sourire sincère, mais Fukase pouvait décerner une certaine once de tristesse dans ses yeux bruns.
-Je vous remercie, monsieur. Je voudrais donc vous parler de ma fille, Miku. Miku était une fille adorable, toujours prête à aider les autres et c'était une élève très impliquée dans son rôle d'étudiante.
Tous les regards des étudiants étaient désormais rivés sur Meiko. Cette Miku, il ne la connaissait pas, mais Dieu que sa description lui rappelait Yukari. Elles avaient exactement le même caractère et ça en était presque troublant.
-Ma fille était homosexuelle. Lorsque certaines personnes l'ont appris, ces dernières ne se sont pas gênées pas pour lui faire subir les pires atrocités. Si je suis venue ici, c'est pour vous faire passer un message que je juge important. Miku s'est suicidée et m'a caché qu'elle souffrait autant. Peu importe les menaces que vous recevez, ne vous cachez jamais. Parlez-en, c'est vraiment important ! Les adolescents de nos jours sont tellement cruels et dissimulent leur véritable personnalité... »
Désormais, l'adulte était en larmes et rien qu'en voyant cette vision, son coeur eut pour effet de se serrer. C'était émouvant. Le directeur finit par prendre la parole juste avant que Meiko ne rajoute quelques mots, ensuite applaudie par tous les élèves. Ils faisaient semblant de se sentir concernés, ces sales hypocrites. Rien que les voir se comporter ainsi donnait envie au jeune homme de tous les buter. Comment pouvait-on vivre tout en étant aussi faux ?
Lorsque la rencontre prit fin et qu'une bonne partie des élèves s'étaient regroupés afin de discuter plus intimement avec Meiko, Fukase croisa le regard de Yukari qui s'enfuit ensuite en pleurant. Il ne laissa pas sa chance passer et réussit à l'attraper un peu plus loin.
« Parle-moi, bordel de merde, Yukari ! »
Elle leva enfin les yeux vers lui, pleins de larmes. Il craqua et il la prit dans ses bras.
