WHATS UP
Bon bah ptdr j'ai enfin trouvé une ligne à peu près à suivre pour cette histoire donc voilà le chapitre 2 :D
J'espère que ça vous plaira, hésitez pas à commenter, bonne lecture, BISOUS !
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Chapitre 2_016
Billy était de retour sur la table en métal de film d'horreur. Il n'aurait jamais imaginé que sa cellule lui manquerait mais, maintenant qu'il n'y était plus, l'incertitude de ce qui pouvait lui arriver à l'extérieur de celle-ci le terrifiait.
Le docteur, visiblement aussi américain que lui, le terrifiait.
Qu'est-ce qu'un américain fout à travailler avec les communistes ? Billy essayait du mieux qu'il pouvait de se concentrer sur cette interrogation car c'était la seule qui ne lui promettait pas, normalement, de souffrance immédiate.
Il avait tenté de respirer par le nez pour cacher sa panique mais le manque d'air le faisait maintenant haleter, sa nuque se tournant dans tous les sens alors qu'il s'évertuait à suivre les mouvements du docteur autour de lui. Il avait eu peur un instant de vomir le peu de bouillie qu'il avait avalée mais son corps était désormais tant contracté qu'il ne risquait rien. Tant qu'on ne le touchait pas.
« S'il vous plaît, je ne peux pas vous aider, laissez-moi partir… Je ne dirai rien, je le promets, pressa une nouvelle fois Billy, le cou tordu alors qu'il regardait le docteur à l'envers : Je sais que vous me comprenez ! »
Son dernier cri rauque n'eut pas plus de succès que les précédents : le docteur persistait à consulter le dossier qu'il tenait dans sa main. Rien ne marchait sur lui ; ni les supplications, ni la colère, ni le désespoir, ni la fausse camaraderie américaine… Oui, Billy s'était même aventuré à jouer ce petit numéro même s'il se doutait qu'un américain qui trafiquait avec les soviétiques risquait d'être peu réceptif.
Il n'osait pas le quitter des yeux. Le fait qu'il soit finalement sous l'attention du docteur confirmait qu'il avait bien un intérêt pour les soviétiques (et les américains ? Peut-être qu'il avait un intérêt pour quelque chose de bien plus large qu'une nation ou une autre), et ce n'était pas une pensée rassurante. L'inverse – qu'il ne leur soit d'aucune utilité – n'était pas rassurant non plus, cela dit.
Il avait remarqué que la pièce – de la clinique ? du laboratoire ? – était bien plus moderne et réchauffée que la prison, même si elle conservait une fraîcheur qui le faisait frissonner. Le docteur, lui, avait l'air à son aise, comme s'il avait passé sa vie dans ce genre d'endroits. Ce qui était sans doute la vérité, malgré l'élégant costume gris qu'il portait : il n'avait même plus l'air d'un docteur, il avait l'air du foutu directeur des lieux.
Il fit d'ailleurs à ce moment-là claquer le dossier qu'il tenait dans sa main pour le fermer et le posa sur une des tables en métal qui jouxtaient les murs de la pièce. Billy, couvert de sueurs froides, le fixa avec appréhension alors qu'il s'approchait enfin de lui.
Il voulait que le temps s'arrête, que le docteur ne l'atteigne jamais.
« Alors, celui-ci débuta, enfonçant les mains dans les poches avant de son pantalon droit. Une présentation est de mise, j'imagine ? Je suis le docteur Brenner et je vais m'occuper de ton cas.
- Mon cas ? dit Billy, la voix hésitante et ses sourcils se fronçant.
- Oh oui, figure-toi que tu es un cas très intéressant pour nous, affirma Brenner, le regardant maintenant avec une insistance désagréable. Un garçon possédé par le Monstre de l'Ombre, qui s'en sort et, soyons bénis, qui n'est pas encore trop vieux. Vraiment un cas fascinant. »
Billy ne savait pas quoi répondre à cela ; il avait la gorge nouée d'inquiétude et trop d'interrogations pour toutes les formuler. Il demanda finalement, les mots étranglés par sa crainte mais libérés par sa résignation :
« Qu'est-ce que vous allez faire ?
- Oh, ça, tu le sauras bien assez tôt, répondit nonchalamment Brenner avant d'ajouter : On va d'abord s'occuper de t'identifier.
- M'identifier ? »
Un homme en veste blanche et avec une épaisse mallette noire entra alors et Brenner s'éloigna, lui laissant la place près de Billy. L'homme avait l'air composé, presque ennuyé, et s'empressa de tirer à lui un tabouret en métal et une plateforme roulante sur laquelle il posa sa mallette.
« Attendez, qu'est-ce que vous allez faire ? s'exclama Billy, ses yeux cherchant ceux de l'homme en veste blanche, puis ceux de Brenner.
- Reste calme, ça vaudra mieux, lui fournit comme dernier conseil Brenner avant de sortir de la pièce. »
Billy se tordit sur la table, tirant sur les attaches et tentant de s'éloigner du seul autre homme qui restait dans la pièce. Celui-ci sortait du matériel de sa mallette, des petites bouteilles remplies de liquide, une alimentation, une machine, une sorte de pistolet…
… des aiguilles.
« Non, attendez ! cria Billy quand il comprit ce qu'ils allaient faire (mais ce n'était pas possible, ils ne pouvaient pas réellement faire ça ? Si ?). Je m'appelle Billy, il n'y a pas besoin de faire ça ! S'il vous plaît ! »
Comme toutes les fois précédentes, ses suppliques furent vaines. Il commençait à être fatigué d'implorer tout le temps, surtout quand ça n'avait jamais aucun succès. Il n'y avait jamais été habitué (à part avec Neil, quand j'étais petit, dans une autre vie), et maintenant qu'il ne faisait que cela, il était aussi désabusé que horrifié par le résultat. Les personnes ici, les scientifiques, les gardes, les docteurs, soviétiques ou américains, n'y étaient jamais sensibles : on aurait dit que c'était devenu un bruit de fond pour eux.
Et même s'ils ne peuvent pas me comprendre, les autres prisonniers qu'ils emmènent vers leur mort les supplient toujours en russe…
Comment se sont-ils à ce point habitués à entendre des gens prier pour leur vie qu'ils en rient ?
Le tatoueur grommela quelques mots en russe dans sa barbe qui avaient l'air d'être adressés à Billy (mais cette putain de langue, il ne pouvait pas la comprendre) avant de mettre sa machine en route.
« S'il vous plaît, murmura encore Billy, parce que, même si supplier ne menait jamais à rien, le désespoir le poussait toujours à persister, encore et encore et encore. Par pitié, y a pas besoin… vous savez qu'y a pas besoin de faire ça, putain ! Espèce de connard ! »
L'homme tira sur la manche de son uniforme gris sale, la coinçant haut sur son biceps, sans faire attention à ce que pouvait bien débiter Billy.
Celui-ci était consumé par une terreur, une révolte toute nouvelle, qui n'avait jamais été aussi intense, même durant toutes les autres fois où il avait voulu fuir sa propre peau. Quand il entendait sa mère et son père dans l'autre pièce, et les hurlements, les bruits de choses qu'on jette et qui atterrissent contre les murs, les pleurs. Quand son père le battait, l'humiliait. Quand il réalisait, toujours trop tard, qu'il n'avait pas fait le bon choix, qu'il avait commis un mauvais acte, et que d'une façon ou d'une autre, ça allait lui retomber dessus.
Être coincé sur cette table froide avec un homme prêt à lui donner une nouvelle identité, à le réduire à rien du tout qu'un signe sur sa peau, était sans doute le prix qu'il payait pour avoir si mal vécu.
Il n'arrivait pas à voir cela comme une renaissance. Il tenait trop au souvenir de sa mère sur la plage, d'une main sur sa joue et de quelques mots faits pour rassurer pour ne plus vouloir être Billy Hargrove, immense trou du cul, semeur de mal désinvolte, et meurtrier à ses heures possédées. Ou, du moins, il voulait avoir une chance de changer ce que pouvait être Billy Hargrove.
Mais la nouvelle sangle en cuir et en métal que le tatoueur venait de fixer à la table autour de son avant-bras, près de son coude, afin de maintenir plus correctement son bras immobile et contre la table semblait lui enlever tout espoir d'un jour pouvoir faire une bonne chose en tant que Billy Hargrove.
L'homme prit le pistolet et son aiguille et commença à l'approcher de son bras.
Billy hurla.
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Il imaginait que s'évanouir avait été le choix inconscient le plus bénéfique qu'il ait pu faire durant l'encrage de son tatouage. Malgré cela, il était furieux : furieux d'avoir été trahi par son propre corps (il aurait préféré qu'on l'assomme), furieux que la douleur ne soit pas plus intense, furieux qu'il ne puisse même pas voir ce qui était inscrit sur sa peau. Son foutu nouveau nom de bétail. Il y avait un bandage soigneusement enroulé autour de son poignet et un bracelet de fer pour le maintenir là – pour empêcher Billy de l'enlever sans doute, de le gratter et d'infecter la plaie.
Ce n'était pas stupide car il l'aurait fait. Il voulait le faire. Il voulait s'arracher la peau, l'écorcher jusqu'au sang, jusqu'à ce que le nouveau signe sur sa peau n'y soit plus.
« Putain ! il rugit, frappant un des murs parfaitement lisses de son poing (sans y laisser une trace), sa vision brouillée de larmes qui brûlaient plus qu'elles ne mouillaient son visage. Putain de merde ! »
On l'avait ramené dans une nouvelle cellule, semblable à la pièce où il avait été tatoué, avec ses grands carrés de néons au plafond et son absence absolue de saleté. Il la haïssait déjà.
Il avait l'impression de ne pas avoir eu autant d'énergie depuis une éternité : malheureusement, ça n'accentuait que davantage sa terreur et sa colère. Il avait du mal à respirer et, enserrant son bras tatoué de sa main droite, il s'écroula contre le mur qu'il venait de frapper. Il haletait, pleurant et s'épuisant à prononcer quelques insultes qui sonnaient comme des sifflements entre ses dents. Les soviétiques et Brenner pouvaient bien venir le punir pour avoir frappé le mur ou pour leur avoir manqué de respect, il s'en fichait. Quoi qu'il fasse, ils viendraient inéluctablement alors il pouvait bien se permettre de ne plus être aussi docile que dans sa cellule de pierre. L'adrénaline lui faisait oublier la douleur qui traversait toujours ses cicatrices et ç'aurait été délicieux s'il n'avait pas juste avant cela été tatoué contre son gré.
Il finit par se calmer, ses bras et ses jambes repliés contre lui, son poignet tatoué ramassé contre sa poitrine où se trouvait, sous son haut miteux, sa grande cicatrice en étoile. Comme une médaille de courage ou de vaillance ou de quoi que ce soit qu'il n'ait pas mérité. Une médaille de survie, peut-être ? C'était bien la seule chose qu'il pouvait reconnaître avoir fait jusque-là – et encore, il avait été aidé.
Il était vraiment un gars chanceux, n'est-ce pas ?
Il était épuisé soudainement et voulait juste dormir et ne plus jamais se réveiller.
Le verrou de sa porte claqua, la porte s'ouvrit et Brenner et deux gardes en uniforme entrèrent. Billy poussa un grognement et cogna sa tête contre le mur derrière lui. Il commençait à sérieusement regretter tous ces mois passés dans sa cellule sans aucune visite de Brenner et sans aucun autre divertissement que son repas servi chaque midi.
Brenner vint se placer en retrait, mains toujours dans les poches de son pantalon, imperturbable, détendu, sûr de lui. Maintenant que Billy pouvait sentir qu'il avait son entière attention – et pour combien de temps ? jusqu'à ce qu'ils aient fait quoi de moi ? –, il avait l'impression qu'elle recouvrait tout son corps, irritait sa peau et la glaçait comme quand le monstre (le Monstre de l'Ombre ?) le possédait. Cet homme mettait tous ses sens en alerte.
Brenner sourit et dit quelque chose qui le ramena sur terre immédiatement :
« Tu ne peux pas encore le voir mais tu répondras au nom de Seize désormais. Шестнадцать, en russe.
- Je m'appelle Billy, il répliqua, hargneux mais le ton bas, méfiant de la réaction de Brenner à cela.
- Pas ici et plus maintenant, celui-ci dit tranquillement comme s'il avait déjà eu affaire à cela, comme s'il n'imaginait même pas que Billy se révolte vraiment, comme s'il était certain qu'il finirait par ne plus rien dire.
- Pourquoi maintenant ? marmonna Billy, changeant de sujet et tentant d'ignorer les deux gardes qui venaient de se positionner de chaque côté de là où il était prostré et qui attendaient un signe de Brenner. Pourquoi après des mois et des mois ?
- On a eu un petit contretemps, et il fallait attendre que tu guérisses au mieux, lista Brenner, faisant un petit mouvement du menton vers les gardes : et, évidemment, il fallait que je sois là. J'ai dû m'absenter malheureusement. Un autre cas a retenu mon attention. »
Billy laissa les gardes le prendre sous les aisselles et le soulever, s'agitant juste assez pour donner l'impression qu'il résistait mais pas trop pour ne pas qu'ils se décident à réellement le malmener.
« Où vous étiez ? Aux États-Unis ? interrogea Billy avant d'hésiter un instant, presque frappé par un doute, et de demander : À Hawkins ? Vous connaissez Hawkins ?
- C'est là qu'on t'a récupéré donc, oui, je connais Hawkins, répondit évasivement Brenner.
- Vous y êtes allé ? C'est un vrai trou. Le putain de trou du cul du monde. »
Billy se laissait peser contre les gardes maintenant : s'ils voulaient le déplacer, ils n'avaient qu'à le traîner. Il ne manquerait plus qu'il ait de la bonne volonté à montrer.
Brenner marchait un peu en avant et ç'avait l'air d'être la chose la plus naturelle du monde pour lui. Ça rappela à Billy tous les moments où il avait été à la tête de groupes de garçons, tous plus bêtes les uns que les autres et qui le suivaient partout, soit par admiration soit par crainte. Ils l'auraient suivi jusqu'au bout du monde ou l'auraient fui à jamais. C'était toujours ce qu'il cherchait à inspirer aux autres : des frissons, peu importe leur nature.
Soit parce qu'il était bien plus vieux que lui ou parce que ça lui venait plus aisément que ça n'était venu à Billy, Brenner rendait grotesque l'illusion de pouvoir que Billy avait pu avoir à la tête de ces groupes de garçons. Brenner possédait ce pouvoir ; il ne jouait pas simplement avec parce qu'il s'ennuyait comme Billy l'avait fait durant toute sa vie.
« Tu dois te demander ce qu'un scientifique américain peut faire avec des soviétiques, remarqua Brenner, correctement. Eh bien, vois-tu, Seize (oh, Billy détestait ça), autant nos opinions politiques peuvent grandement différer, autant il est facile de constater que nos deux nations sont aussi ambitieuses et déterminées l'une que l'autre. Ce sont des qualités que j'aime penser posséder également… et des oppositions entre nations ne vont pas m'empêcher d'atteindre mes propres buts. Ce sur quoi je travaille est plus important que ça : l'avenir du monde en dépend même. Mais l'avenir du monde se trouve en ce moment ici, en URSS et pas en Amérique.
- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda Billy, testant vaguement la résistance des gardes sur ses bras. Qu'est-ce que vous faites des autres prisonniers ?
- Si je te le disais, tu ne me croirais pas, dit Brenner, presque amusé, comme s'il riait de quelque chose que personne ne pouvait comprendre. Ou peut-être que si ? Après tout, tu as été dans l'autre monde. La dimension obscure... Tu sais ce qui peut en sortir. »
Billy resta un instant interdit à ces mots, oubliant les gardes qui le traînaient et regardant Brenner sans le voir. Il n'insinuait quand même pas… Il n'avait pas... ?
« Vous avez ramené le monstre ici ? Vous l'avez laissé entrer ? Billy cria, paniqué maintenant.
- Voyons, ne nous prends pas pour des idiots, coupa Brenner, l'air agacé pour la première fois depuis que Billy l'avait rencontré. Je ne sais même pas s'il serait possible que le Monstre de l'Ombre passe dans un portail pour aller dans notre monde… Non, nous avons juste un de ses… sbires, pour ainsi dire. Un monstre.
- Et vous… et vous… »
Billy n'arrivait plus à s'exprimer : il avait le souffle coupé. Il se doutait que le cauchemar n'était pas fini quand il s'était réveillé dans une cellule avec des cicatrices fraîches, le crâne rasé et des aboiements dans une autre langue derrière la porte, mais il ne pensait pas que cette partie du cauchemar était encore là. Il pensait qu'elle n'était plus que dans ses rêves, dans sa tête… Il espérait qu'elle le soit, du moins.
« Vous êtes taré, il finit par éructer, essayant maintenant avec plus d'acharnement de se débattre de l'emprise des gardes. Vous laissez vivre une de ces… choses, vous êtes taré ! »
Brenner s'arrêta. Billy eut à peine le temps de le voir faire un geste de la main qu'un des gardes lui donnait un violent coup dans l'arrière du crâne avec la crosse de son arme. Pour la deuxième fois en très peu de temps et sans doute pas la dernière, il s'évanouit.
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Quand il se réveilla, il se rendit compte immédiatement que quelque chose n'allait pas. Mais ça n'avait pas vraiment d'importance.
Il ne se souvenait même pas de ce qui avait pu se passer avant qu'il ne s'évanouisse. Il parlait à son père, non ? Ou alors, il était encore en train de prendre une correction… Il ne savait plus.
Le docteur…
Oh ! Le docteur ! C'était au docteur que Billy parlait. Brenner ! Il était justement là, derrière une vitre, face à lui, avec une bonne dizaine d'autres docteurs qui, eux, portaient une veste blanche et avaient l'air captivé, soucieux. Grave.
Et Billy… Billy était assis. Il avait du mal à sentir son corps, et les couleurs étaient si vives… Et comment ses jambes pouvaient être aussi loin ?
Ils m'ont drogué.
La réalisation fit faire un bond terrifiant à son cœur qui battait déjà fort dans sa poitrine. Il releva la tête – elle était très lourde – et constata que c'était la seule partie de son corps qu'il pouvait bouger. Il était harnaché à une chaise et ce détail n'allait pas manquer de le faire paniquer dans très peu de temps, si le fait qu'il soit drogué sans son consentement ne le faisait pas d'abord.
« Qu'est-ce que vous faites, putain…, il dit dans un souffle, sa tête retombant contre son torse qui était nu (pourquoi est-ce qu'il était nu ? Est-ce qu'il était complètement nu ? Non, non, il avait encore un pantalon... du moins, il croyait). Pourquoi vous faites ça ? »
Les docteurs échangèrent quelques mots mais il ne pouvait pas les entendre. N'aurait pas pu les comprendre, de toute façon. Brenner se pencha en avant et demanda quelque chose à un des hommes qui étaient assis. Celui-ci appuya sur un bouton et la voix de Brenner résonna bientôt dans la pièce où était Billy qui se recroquevilla en l'entendant. Elle venait de partout et était si, si bruyante...
« De retour parmi nous, Seize ? C'est très bien. On va te poser quelques questions maintenant.
- Je m'en fous, il grogna, se tordant sur la chaise dans une tentative inutile de libérer ses poignets. Laissez-moi, laissez-moi…
- Seize, je vais avoir besoin que tu te concentres et que tu regardes autour de toi. Qu'est-ce que tu vois ? »
Billy ferma les yeux : tout allait trop vite et tout était trop brillant et ils avaient beau l'avoir drogué, il n'allait quand même pas céder, il n'allait quand même pas devenir leur petit cobaye bien sage…
Une décharge le traversa.
Il cria, ouvrant ses yeux d'un coup et oubliant de respirer un instant.
« Chaque fois que tu désobéiras, tu recevras une décharge, expliqua machinalement Brenner alors que Billy remarquait enfin les fils et les attaches accrochés à son corps et qui filaient jusque dans le mur où se trouvait la vitre de l'autre pièce. N'hésite pas à collaborer, ça t'évitera des souffrances inutiles. »
Billy avait envie de pleurer et il ne savait pas vraiment si les drogues en étaient la cause mais il était proprement terrifié.
« On recommence. Qu'est-ce que tu vois autour de toi, Seize ? »
Billy regarda pour la première fois réellement autour de lui, la pièce et les murs, et…
Et lui-même.
Oh non, pas encore…
Encore cette version de lui-même (comme dans le monde parallèle, le monde du monstre géant) dans un coin de pièce, avec la même apparence que lui mais avec l'air quand même plus fort, plus résistant. Moins humain. Et Billy n'avait jamais eu le potentiel pour remporter un prix d'humanité.
« Qu'est-ce que tu vois, Seize ? »
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Petites notes par rapport à ce chapitre :
- Non je n'ai jamais pris de LSD (c'est la drogue dont il s'agit) donc aucune idée de ce que ça fait d'en prendre. J'ai juste écrit en fonction des recherches que j'ai faites et de ce que j'ai pu en tirer. Sorry pour les gens qui en ont déjà pris et qui trouvent pas ça réaliste :')
- Mais bon, en même temps, pareil pour les expériences humaines, j'ai 0 expérience dedans donc. Voilà.
- Brenner n'est pas au courant pour le grand portail dans la saison 2 qui aurait permis au Mindflayer de passer dans notre monde. Dont ask me why and how.
- La version de lui-même que Billy voit à la fin du chapitre fait référence à celle qu'il voit dans le monde à l'envers au début du deuxième épisode de la saison 3.
Hésitez pas à poser des questions si vous êtes confus.e par rapport à quelque chose !
Voilààààà. J'espère que ça vous a plu, à la prochaine :D
