Yo bitches
Est-ce que ça faisait pas longtemps ptdr ?
M'enfin, bon, c'est là et je compte toujours continuer d'écrire ça donc. Yay. J'avoue que ma micro obsession momentanée avec certains aspects de la saison 3 est redescendue et que genre... je me suis vraiment éloignée de Stranger Things et de son fandom MAIS BON j'aime vraiment écrire ça donc on verra bien comment ça se déroule.
Hmmmm, comme d'hab, si y a des choses pas claires, demandez dans les commentaires, ou si vous voulez simplement être sympas, dites-moi ce que vous avez aimé.
BISOUS
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Chapitre 4_Dans son esprit
Billy cracha une grosse gorgée d'eau salée juste avant qu'une nouvelle vague ne vienne le jeter contre le sable. Il peinait à se relever et bien à cause des vagues qui ne cessaient de le recouvrir comme si elles voulaient l'entraîner avec elles au fin fond de l'océan. Il sentait ses bras trembler sous son poids et ses genoux s'enfoncer dans le sable, et malgré tout, il se battait pour se redresser.
Il voulait voir la plage.
C'est impossible que ce soit cette plage…
Mais ça l'était. La plage. Sa plage.
La plage où il allait, petit, faire du surf pendant que sa mère veillait sur lui, de loin, les pieds dans le sable et ses longs cheveux blonds dans le vent. Des fois, ils faisaient des châteaux de sable, jusqu'au jour où Billy s'en lassa, estimant être trop grand pour jouer à ça. Il ne s'était jamais fatigué cependant des histoires que lui racontait sa mère alors qu'ils regardaient le soleil se coucher, pelotonnés sur un drap qu'elle ramenait exprès. Son père les engueulait toujours quand ils revenaient aussi tard. Enfin, Billy se faisait engueuler et sa mère prenait une raclée si son père était particulièrement de mauvaise humeur.
C'était aussi la plage du souvenir qu'El lui avait montré.
« Maman ? il appela, une fois relevé, les pieds dans le sable et le vent faisant battre sa combinaison contre ses cuisses. T'es là ? El ? »
C'était peut-être elle qui avait fait ça… El avait réussi à trouver son souvenir, réussi à le trouver lui, encore une fois… Peut-être qu'elle pouvait le sauver ! Peut-être…
Mais personne ne lui répondit. Ni sa mère, ni El n'étaient là. Il n'y avait que la mer, le vent et le ciel gris au-dessus de sa tête. Un temps à la fois neutre et agité ; Billy avait l'impression qu'un orage venait mais qu'il n'arriverait jamais. Il n'y avait aucun signe de nuages plus sombres à l'horizon et aucune variation dans l'air qui soufflait le long de ses membres et lui donnait la chair de poule.
« Putain…, il murmura, plus époustouflé qu'agacé, pour une fois, de ce à quoi il assistait alors qu'il n'avait aucun contrôle là-dessus. »
Il restait néanmoins sur ses gardes et était perdu face à la tournure des événements. Plus il passait de temps dans ce laboratoire, plus il passait de temps avec Brenner, et plus tout lui paraissait flou, incompréhensible et effrayant.
Comment était-il arrivé ici si El n'était pas là ? Qu'est-ce qu'il foutait ici ? Est-ce que l'eau dans laquelle on l'avait plongé au laboratoire était spéciale ? Est-ce que Brenner savait qu'il était là ? Est-ce que l'expérience était censée donner cela ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Il commença à marcher le long de la plage, buvant des yeux les dunes et la roche d'un côté et les vagues de l'autre. Il connaissait cet endroit par cœur et pourtant, il s'y sentait comme un étranger. Il voulait y rester jusqu'à ce qu'il se sente de nouveau comme ce petit garçon de 8 ans qui était sûr de lui et heureux, et libre. Ce petit garçon qui avait encore sa mère près de lui, qui se sentait encore fort et capable de la défendre contre son père et qui ne pensait pas qu'un jour, elle ne serait plus là et qu'il devrait être fort pour lui-même.
À chaque pas, il se sentait mieux, inspirant à grandes goulées l'air marin qui l'apaisait et lui rendait un calme qu'il n'avait pas connu depuis des années. Il se sentait bien.
Le ciel s'éclaircit alors, les nuages gris laissant filtrer les rayons du soleil, le vent baissa et la température devint plus douce, moins cinglante. Billy sourit. Il s'arrêta face à l'océan. Remplit ses poumons d'air.
Et hurla.
Sa mère l'encourageait toujours à faire cela quand il avait passé une mauvaise journée ou quand il avait trop d'énergie. Ç'avait été une des expériences les plus cathartiques de sa vie. Quand il vivait avec son père, après que sa mère est partie, il avait toujours l'impression qu'il était sur le point d'exploser et qu'il ne pouvait jamais relâcher la tension. Il arrivait parfois à échapper à la vigilance aiguë de son père et, alors, il allait à la plage et essayait de crier tout seul face à la mer. Il finissait toujours par sangloter car sa mère n'était pas là, à ses côtés, pour le féliciter ou le réconforter.
Petit à petit, il n'avait plus jamais hurlé comme ça et il avait essayé, vraiment essayé, de ne plus jamais pleurer non plus. Mais la souffrance devait bien sortir d'une façon ou d'une autre… Heureusement, d'une certaine façon, il avait toujours été doué pour transformer celle-ci en colère, en violence et en amertume contre le monde entier. Et c'était bien le plus facile pour lui car les larmes avaient toujours rendu son père fou de rage alors que l'insolence était quelque chose qu'il punissait avec plus d'indolence.
Billy cessa de hurler, haletant, les yeux lui piquant un peu et la gorge rauque. Le calme retomba sur la plage, les vagues impassiblement partant et revenant lécher le sable sec. Il se fit la réflexion tardive mais soudainement très évidente que, peut-être, il ne se trouvait nulle part. Ou plutôt, qu'il n'avait pas bougé du bocal dans le laboratoire de Brenner et qu'il était simplement… dans sa tête, quelque part, dans un recoin très bien caché de son esprit et qui était peut-être le seul endroit qui n'avait pas été gangrené.
C'est à ce moment qu'il entendit « Billy ? », comme à travers un voile de bruit blanc.
Il releva brusquement la tête, sans savoir réellement d'où le bruit avait pu venir.
On aurait dit…
« El ? il appela, de nouveau plein d'espoir. El ? »
Plusieurs choses se passèrent alors presque simultanément.
Il eut la brusque impression d'être tiré vers le haut et il eut à peine le temps d'y penser mais il crut voir la mer et la terre se mêler sous ses pieds et non, non, pas tout de suite, non, attendez…
Il entendit « Il s'est passé quelque chose, c'est certain… Seize, tu m'entends ? ».
Il vit la lumière parfaite et glaciale du labo et quelques têtes penchées sur lui.
Il sentit l'haleine de Brenner qui avait, pour la première fois depuis qu'il l'avait rencontré, le sourire satisfait de quelqu'un de véritablement triomphant.
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Brenner avait exigé qu'on le ramène à sa cellule après l'avoir lavé, séché et remis dans une nouvelle tenue : une sorte de robe d'hôpital qui, si elle n'était pas aussi puante que le pyjama gris, restait inconfortable et humiliante. Pas que Billy soit à ça près.
Maintenant, il se retrouvait sur son lit en tailleur avec un drap (un drap ! ça faisait longtemps qu'il n'en avait pas eu) sur les jambes et Brenner qui lui tendait un verre d'eau, toujours aussi souriant.
« Et si nous parlions de ce qui s'est passé, Seize ? il commença enfin, ne pouvant se retenir plus longtemps de l'interroger. »
Billy ne commenta pas, prenant le verre avec hésitation et regardant Brenner de sous ses cils. Il n'allait certainement pas boire sa foutue eau mais il pouvait très certainement attendre que Brenner révèle ce qu'il savait exactement.
Malheureusement pour lui, Brenner dut s'apercevoir de sa décision muette et il haussa un sourcil, pour l'instant plus curieux et surpris qu'irrité. Pour l'instant.
« Évidemment, le traitement que tu recevras dans les prochains jours va grandement dépendre de ce que tu comptes faire dans les minutes suivantes, il dit, gardant son ton presque désinvolte, habituel, avant de s'adoucir : Voyons, Seize, je t'avais promis que ça ne ferait pas mal et regarde ce qu'il s'est passé ! Tu n'as pas souffert. Pourquoi est-ce que tu ne voudrais pas continuer cela ?
- Vous ne savez même pas ce qu'il s'est passé, comment vous pouvez dire que j'ai pas eu mal ? répliqua Billy avant de claquer brusquement ses mâchoires dans un réflexe habituel (tu parles trop, Billy, putain). »
Les yeux de Brenner se plissèrent et son sourire se figea. Quand il ouvrit de nouveau la bouche, sa voix avait perdu tout le calme et toute la fausse amabilité qu'elle transpirait il y a quelques secondes :
« Écoute-moi bien. Je sais que tu as parlé à une fille, d'où tu étais, quand tu as été immergé. Maintenant, je veux que tu me dises tout ce que tu sais d'elle. Je veux que tu me dises comment tu as fait pour lui parler. Je veux que tu me dises tout ce qui s'est passé ! »
Une fille ? Comment il pourrait savoir que...
Billy eut soudain un horrible soupçon qui devint rapidement une horrible réalisation qui lui glaça le sang et enflamma ses tempes.
Brenner connaissait El.
Brenner qui faisait des expériences sur des gens, sur des adolescents… des enfants.
El qui n'était pas une fille normale.
Et Brenner voulait la retrouver, ou du moins, savoir des choses sur elle.
Peut-être que toutes ces expériences ont un but finalement… mais pourquoi moi ? J'ai pas de pouvoirs, moi.
Billy ne pouvait pas y croire et en même temps, ça paraissait si évident… ça expliquait tout. Comment est-ce qu'il n'avait pas pu y penser plus tôt ?
« Vous connaissez El, il affirma, sa gorge étranglée par l'émotion, les pensées se bousculant dans sa tête.
- El... Onze, peu importe comment tu veux l'appeler, confirma Brenner avec impatience. Maintenant, parle ! »
Onze.
Onze et Seize.
« Vous… vous avez fait ça à une petite fille ?! Billy cria soudainement, son poing se serrant contre son foutu drap. Vous l'avez droguée et… et…
- C'est moi qui pose les questions ! tonna Brenner. Tu ne sais rien du tout ! »
Et, en effet, Billy ne savait rien du tout. Mais il n'était plus si sûr de vouloir en savoir davantage qu'il ne devinait. Parce que Brenner lui faisait déjà assez peur comme ça.
« Onze est comme une fille pour moi, reprit Brenner, la voix moins haute mais une tension encore présente dans ses membres. Je ne lui aurais jamais fait de mal… Elle est bien plus forte que tu ne le seras jamais. Maintenant, tu dois tout me dire de ce qu'il s'est passé dans le bain. »
Le bain…
Billy avait encore du mal à reprendre son calme après la terrible vérité qui était que El avait bel et bien eu le passé difficile qu'il pensait qu'elle avait eu : il ne pensait simplement pas en savoir plus un jour. Certainement pas de cette façon, certainement pas ici.
« J'étais sur une plage, il finit par admettre, à contrecœur, sans regarder l'expression avide de Brenner. Je crois que c'était dans ma tête ?… Il n'y avait personne, j'ai marché. Je n'ai pas vu El, je l'ai juste… euh, juste entendue. Elle a dit mon nom. Juste avant que vous me rameniez.
- Oui, on l'a entendue aussi, dans les haut-parleurs, confirma Brenner, songeur. Mais on ne t'a pas entendu, toi.
- J'ai pas de pouvoirs, si c'est ce que vous essayez de faire, grommela Billy, essayant de ne pas penser à l'absurdité de sa situation. Je suis pas comme El.
- C'est ce que tu penses ? demanda Brenner, recentrant son attention sur lui.
- Euh… oui ? C'est El, le cas rare. Moi, je suis comme tout le monde. C'est juste que j'ai été possédé par… par un monstre.
- Eh bien, tu as raison pour tout. Excepté pour le fait que tu n'as pas d'aptitudes. Onze est un cas rare, c'est certain, elle était forte… et elle doit l'être encore plus encore aujourd'hui. Mais elle reste comme tout le monde. Tout le monde peut développer des « pouvoirs », comme tu les nommes, il suffit simplement d'avoir des capacités cognitives suffisantes. Chacun est plus ou moins doté, plus ou moins fort, évidemment. Certains sont si peu dotés qu'ils ne pourront jamais développer quoi que ce soit. Tout se passe là-dedans, il conclut, tapotant son doigt contre sa tempe.
- Comment vous pouvez être sûr que je suis doté alors ?
- Je ne vais pas négliger un sujet que le Monstre de l'Ombre a daigné assez intéressant pour décider de s'en servir, répondit aussitôt Brenner. Tu es le seul cas survivant, il me semble… le seul à avoir été maintenu à son état d'humain. Tous les autres ont été anéantis. De ce que j'ai entendu dire, du moins. »
Billy sentit un frisson lui remonter le dos jusque dans la nuque. Il pensait aux derniers instants où il se battait contre le monstre, au moment où il a su qu'il allait mourir. Il pensait à toutes les autres présences auxquelles il était connecté juste avant qu'elles ne disparaissent au moment où elles se fondaient dans le monstre gluant qui avait transformé l'été en cauchemar.
Le problème était que toutes les présences n'avaient pas disparu et jusqu'à la fin, jusqu'à ce que El le réveille, il y avait toujours eu ce petit tiraillement, comme un petit point qui gratte sur la peau, que le Monstre détestait mais qu'il avait ignoré car ce n'était pas sa cible principale.
Billy n'avait jamais su qui était l'autre personne possédée ; il n'était même pas véritablement sûr qu'elle ait été possédée… Il ne l'avait jamais vue. Il ne pouvait pas pleinement sentir sa présence, ne s'y sentait pas lié quand lui-même avait été possédé. Il pouvait juste dire qu'elle était là et que le Monstre le savait.
Et ce n'était pas El.
El était l'ennemie absolue du Monstre mais elle ne faisait pas partie de lui, même pas un petit peu. Elle n'était pas un petit point mais une énorme douleur dans l'esprit collectif du Monstre, qui alimentait sa soif de conquête et sa haine. Une haine nouvelle, fraîche, pour un être qui ne connaît pas l'opposition.
« Je vais t'expliquer certaines choses, maintenant, reprit Brenner quand il constata que Billy ne comptait pas commenter ce qu'il avait dit. Ça pourrait faire avancer notre travail plus vite. Peut-être qu'en en sachant plus, tu développeras tes aptitudes plus rapidement…
- Si j'en ai.
- C'est dans ton esprit que tu as réussi à aller, pour ainsi dire, poursuivit Brenner, l'ignorant mais lui lançant néanmoins un regard agacé, méprisant. Le bain permet une isolation sensorielle complète : tu ne peux plus voir, tu ne peux plus entendre, tu ne peux plus sentir. Ça pousse tes capacités cognitives à leur maximum. On comptait là-dessus pour qu'il y ait enfin une progression…
- Ça n'a pas vraiment fonctionné… si ? hésita Billy, ne voyant pas où ses pouvoirs avaient pu apparaître. C'est El qui…
- C'est ton esprit, Seize, grinça Brenner. C'est toi qui l'as appelée. Forcément. Elle n'aurait pas pu te sentir…
- Pourquoi pas ? répliqua (trop vite) Billy, hargneux soudainement devant l'ignorance et la condescendances manifestes de Brenner qui estimait pourtant El « comme sa fille » et la savait douée : Elle m'a paru suffisamment forte quand elle m'a envoyé avec son esprit à travers un putain de mur ! Ou quand elle est entrée dans mon esprit alors que j'étais possédé par un monstre d'un autre univers ! »
La baffe partit sans qu'il l'ait vue, même après toutes ces années à avoir reçu le même traitement de son père. Peut-être que c'était le fait que ce ne soit pas son père qui le gifle cette fois qui avait fait qu'il n'y pensait même pas ?… Mais il savait quel genre d'homme était Brenner. Il aurait dû s'en douter. Il ne pensait simplement pas qu'il le frapperait lui-même. Après tout, il avait des soldats pour faire ce genre de besogne.
La gifle faisait toujours plus de mal à l'intérieur qu'à l'extérieur. L'énorme vague de honte, qu'il connaissait trop bien, s'infiltrait partout dans sa tête et le brûlait comme de la lave. Il hoqueta, choqué et ayant l'impression de ne plus pouvoir respirer. L'eau qui avait débordé du verre toujours serré dans son poing glissa le long de ses phalanges et contre son poignet tatoué.
« Ah, je déteste vraiment cela, soupira Brenner, comme avec un véritable regret et se levant déjà du lit. Tu dois apprendre à te contrôler, Seize, sinon tu ne pourras jamais évoluer. »
Comme si j'avais envie d'évoluer, comme si j'avais envie d'avoir des foutus pouvoirs pour que tu t'en serves pour faire je-ne-sais-quoi !… Pour torturer des enfants, pour créer des monstres…
Billy baissa la tête, tentant de respirer par le nez et de se calmer – mais ça n'avait jamais marché pour lui. Il ne savait pas quoi faire, et il sentait le regard de Brenner sur lui peser et peser et peser…
« Seize ? appela Brenner, et il y avait quelque chose de nouveau dans sa voix (comme de l'admiration… ou de la crainte). »
Billy releva les yeux et il croisa les yeux de Brenner – et la gifle se rejoua dans sa tête…
Il y eut un flash rouge.
Et le verre qu'il tenait à la main explosa.
Et Brenner fut propulsé en arrière.
Et les néons se brisèrent et il fit absolument noir dans la pièce.
La douleur que Billy sentit brusquement sur ses doigts, ses joues et son torse interrompit ses pensées et lui arracha un râle peiné. Merde, le verre ! Le rappel que celui-ci avait littéralement explosé dans sa main suffit à réanimer sa panique cependant.
« Brenner ? il bégaya, en repoussant le drap de ses genoux et en le jetant de l'autre côté du lit, des morceaux de verre qui se trouvaient dessus dégringolant au sol. »
L'idée de s'enfuir lui traversa l'esprit, aussi folle et rapide que l'ensemble des derniers événements qui venaient de se produire dans la pièce.
Est-ce que c'est un pouvoir ? Est-ce que j'ai un pouvoir ? Je n'ai pas serré le verre tant que ça… Et Brenner et les lumières… C'était moi ?
Brenner grogna à l'autre bout de la pièce, visiblement souffrant d'avoir été jeté contre un mur. Billy se leva à son tour, sentant des bouts de verre s'enfoncer dans la plante de ses pieds. Il grimaça, essaya d'avancer, clignant des yeux pour s'habituer à l'obscurité et entendant le verre crisser à chacun de ses mouvements. Il n'eut pas le temps de faire quelques pas que les gardes, alertés sans doute par le bruit d'explosion et de verre brisé, entrèrent dans la pièce, leurs silhouettes se détachant dans le rectangle de lumière qui éclairait la pièce dont Billy et Brenner n'avaient plus, ni l'un ni l'autre, la moindre perception.
Merde, merde, merde…
Billy était tétanisé ; l'adrénaline le faisait trembler de tous ses membres. Il pouvait essayer d'utiliser ses pouvoirs mais il ne savait pas comment. Et les gardes avaient des armes…
Pendant une seconde, il se rendit compte de l'absurdité de ses pensées et de la situation. Des pouvoirs ? Vraiment ? Comme si la base armée soviétique avec le directeur américain maléfique, comme si les monstres, des vrais monstres immenses avec des crocs et des tentacules, ne suffisaient pas ! Évidemment, il fallait que les pouvoirs magiques existent… Au moins, ceux-là pouvaient lui servir et n'étaient pas directement contre lui.
À part quand Brenner me révélera ce qu'il compte en faire.
Plus tard, il penserait, amer : si ces pouvoirs existaient vraiment et qu'il en avait, alors pourquoi il n'avait pas pu les utiliser quand c'était son propre père qui le giflait et bien plus encore ? Ça lui aurait probablement sauvé la vie. Ça lui aurait probablement évité bien des problèmes. Peut-être que ça lui en aurait attiré d'autres.
Les gardes restèrent un instant interloqués devant la scène que donnaient Brenner avachi contre un mur et tentant de se redresser et Billy, debout au centre de la pièce et couvert de sang. Ils finirent par pointer leurs fusils sur Billy qui leva les mains en réponse, alors que l'un des gardes accourut vers Brenner. Il lui demanda quelque chose en russe, un accent inquiet dans la voix, et l'aida à se remettre sur ses pieds. Brenner répondit dans la même langue, le ton empressé et faisant quelques signes aux gardes qui avaient toujours Billy dans leur viseur.
Non...
Deux gardes restèrent campés sur leurs positions tandis que le troisième se dirigea droit sur Billy et, sans aucune hésitation, dégaina une seringue accrochée à sa ceinture et la lui planta dans le bras. Billy eut à peine le temps de la voir et il s'en voulut immédiatement. Il pouvait presque entendre la voix moqueuse de son double :
Qu'est-ce qu'on t'avait dit ? Tu es trop faible et maintenant, tu les laisses te tuer.
« Non ! il gémit alors qu'il se sentait déjà partir et que le soldat le soutint jusqu'à le glisser sur le sol toujours couvert de bouts de verre.
- Великолепный, dit Brenner, le fixant, fasciné. Magnifique. »
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Quand il se réveilla, il se trouvait dans la pièce où on l'avait tatoué et il était de nouveau harnaché à la table qu'il connaissait désormais par cœur. La lumière l'aveuglait et il avait l'impression d'être retourné à des semaines plus tôt, quand Brenner l'avait retiré de sa cellule tout ça pour en faire un cobaye, un pantin à son service.
Comme Neil, comme le Monstre… tous les mêmes…
Billy avait les paupières et le corps lourds et il pouvait sentir que les blessures faites par les morceaux de verre avaient été soignées : ses pieds, ses bras et son torse étaient entourés de bandages et il sentait des pansements sur son visage.
Au moins, ils n'avaient, apparemment, pas l'intention de le tuer maintenant… Billy se demanda vaguement s'il aurait préféré cela ; il était si las.
« De retour parmi nous, Seize. C'est bien. »
Billy ferma les yeux et tourna la tête. Est-ce qu'il ne pouvait pas être tranquille pendant deux minutes ? Juste deux minutes. Il maudit toutes les caméras de surveillance du bâtiment dans sa tête et se jura de les exploser avec son esprit dès qu'il aurait compris comment faire fonctionner ses fameux pouvoirs.
Oh. C'est vrai. Mes pouvoirs.
Il rouvrit les yeux et les leva vers le visage joyeux (vraiment joyeux) de Brenner. Il avait lui aussi des pansements sur le visage et avait sans doute eu autant de chance que Billy en ne recevant aucun morceau de verre dans les yeux.
« Est-ce que je…, Billy débuta, ses mots trébuchant les uns sur les autres. Est-ce que j'ai…
- Bon, je vois que tu as l'air de te souvenir à peu près de ce qu'il s'est passé, coupa Brenner, l'air encore plus satisfait qu'avant. Laisse-moi te montrer exactement ce que tu as fait, Seize. »
Un garde derrière Brenner poussa un meuble sur roulettes sur lequel reposait un poste de télévision où s'affichait, en noir et blanc, une pièce vue de haut, sans doute filmée par une des caméras de surveillance que Billy détruirait un jour (si celle-ci ne l'avait pas déjà été… Il ne savait pas ce que son pouvoir avait pu faire, exactement). Billy se reconnut, en tailleur et prenant le verre que lui tendait Brenner. Il ressentit un certain malaise à se voir si petit, si peu reconnaissable, mais cela empira quand il repensa qu'un jour, l'attention des filles et des garçons était une des seules choses qui comptait pour lui. Qu'est-ce qu'ils auraient dit en le voyant ainsi ?
La scène se déroula telle qu'il s'en souvenait, la gifle le frappant de nouveau, faisant gonfler en plus de la peur, de la honte et de la colère, une forme d'appréhension et d'agitation à l'idée de ce qui venait après.
Il n'était pas prêt pour ce qu'il vit. Il n'aurait jamais été prêt.
Sur l'écran, un halo gris foncé (le flash rouge...) sortit de lui et envahit toute la pièce avant que le noir fut.
« Alors, n'est-ce pas magistral ? demanda Brenner dans le silence qui suivit. Nous allons faire de grandes choses, Seize, je peux te l'assurer. »
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Voélé.
Est-ce que c'était kiffant ? Parce que perso j'ai écrit super rapidement la première partie de ce chapitre et j'ai adoooré l'écrire mais j'ai eu plus de mal pour la fin (comme d'hab cela dit) !
Aussi, pour l'autre personne qui était possédée par le Mindflayer, jor y a pas vraiment d'énigmes, hein... C'est simplement que Billy ne pouvait pas savoir vraiment qui c'était mais bon, du coup, au cas où vous ne l'auriez pas compris, c'est Will, qui est encore rattaché au Mindflayer (j'avoue que je savais pas du tout si ct assez obvious, ce que je racontais, ou le contraire). Voilà. Aucune idée de si ça va avoir une importance ptdr
Bonne soirée, byyyyye !
