Après une longue absence, le huitième chapitre sort enfin ! Je remercie toutes les personnes qui prennent le temps de me lire, qu'elles soient anonymes ou actives sur la plate-forme !
Les Vocaloids/ Utauloids appartiennent à leurs auteurs respectifs. Seule l'histoire est de moi.
D'aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, Piko n'avait jamais été forcément dérangé. Ou « taré » comme le surnommaient la plupart des gars qui prenaient plaisir à le brutaliser à une certaine période. Piko, c'était un garçon comme les autres. Un garçon avec des rêves, des objectifs et avec un caractère bien à lui. Parfois, on faisait des bonnes rencontres. Parfois des mauvaises. Dire que sa rencontre avec Yukari faisait partie des mauvaises serait pour le moins paradoxal. La jeune fille avait réellement apporté quelque chose dans sa vie et avait contribué activement à son bonheur et à son bien-être. Néanmoins, quelque chose clochait. Ce n'était pas elle le problème. Le problème, c'était lui. Rien de plus. Voilà pourquoi leur relation ne pouvait qu'être malsaine et dérangeante. Yukari était l'incarnation même de la bonté, de la pureté et de la gentillesse. Leurs caractères étaient opposés et avaient la particularité de se mélanger de façon confuse. Ils s'aimaient tous les deux, mais pas de la même manière.
Piko était obsédé. Yukari était pure. Il en voulait plus. Elle ne comprenait pas. Quand ses grands yeux le fixaient de manière innocente, il craquait littéralement. Il l'avait brisée. En mille morceaux. Les morceaux avaient été recollés, mais il n'était pas celui qui l'avait fait.
Il était arrivé.
Il lui avait pris son coeur.
Il ne lui pardonnerait jamais.
- Yukari, à quel point, m'aimes-tu ?
Lui avait-il demandé, un grand sourire au visage. Elle s'était tournée vers lui, en lui rendant son sourire. Elle était sincère et ne voyait en aucun cas une raison valable de lui mentir.
- Je pourrais tout faire pour toi, Piko.
Le sourire que le jeune homme à la chevelure blanche avait s'était largement étiré.
Intéressant.
Au départ, ils avaient commencé par la méthode douce. Piko, prenant très à coeur son rôle de petit-ami modèle, ETavait fait en sorte de mettre en confiance la jeune fille. Il lui murmurait des mots doux, la rassurait et ne cessait de lui rappeler à quel point elle comptait à ses yeux. La vérité, sans doute. Mais il restait une pourriture, une pourriture qui n'avait pas hésité à utiliser les sentiments pour obtenir ce qu'il voulait. Bien que certainement réticente au début, sa petite-amie s'était finalement laissée tenter.
- Ne te cache pas ainsi, Yukari. Ton corps est magnifique.
-…
Elle l'avait fixé, l'air terrifié. Elle ressemblait à ces petites filles qui avouaient un terrible secret. Son corps, frêle, était caché par des bras peu coopératifs. Elle refusait de se dévoiler.
- N'aie pas honte de ton corps. Laisse-moi te photographier.
Mal à l'aise, elle avait résisté pendant un bon moment. Il savait manier les mots, et il avait surtout de la patience à revendre. Quand on lui parlait d'accomplir ses objectifs ou tout simplement d'avoir ce qu'il désirait dans les plus brefs délais, Piko se donnait à fond. Malsain.
Et maintenant, il regrettait tout. Il avait réussi à entendre parler de nouveau d'elle, mais de façon encore malsaine. Il l'avait blessée, une fois de plus. Dans le fond, il savait bien que c'était fichu. N'était-ce pas ridicule et complètement conscient de penser pouvoir récupérer son ex en placardant des photos d'elle nue sur un panneau d'affichage ?
Piko était pathétique et sacrément dérangé.
- Oh mais qui voilà ! Ne serais-tu pas la cadette de la famille Kasane ?
La rouquine se retint de soupirer. La cadette. Voilà à quel surnom elle était constamment réduite. Dans la famille, il n'y avait que son grand-frère, Ted, qui était connu de réputation pour être l'héritier de la société. Elle, elle n'était que la petite sœur se tenant à ses côtés tel un vulgaire toutou avec son maître.
- C'est bien moi ! C'est un plaisir de vous rencontrer, madame Takayashi.
Elle lui offrit son plus beau sourire. Vous savez, ce genre de sourire que la majorité des adolescents ont tendance à faire lorsqu'ils ont une intention bien ancrée dans la tête. Bien évidemment, Teto ne comptait pas mettre le grappin sur Fukase ou quoi que ce soit. C'était plus important et plus profond que ça.
- Tu ne peux savoir à quel point ça me soulage de voir que Fukase a un peu de visite. Ces monstres ont mis mon bébé dans un état horrible…
Elle avait envie de lui glisser quelques mots, de lui dire que c'était elle qui l'avait appelée et qui avait trouvé Fukase dans un état déplorable. Mais sans trop savoir pourquoi, la demoiselle préféra garder le silence à ce propos. La plus âgée la laissa donc pénétrer dans la chambre de son fils unique et avec un dernier sourire, cette dernière s'en alla. La chambre était immense, bien trop grande pour une seule personne y logeant. Mais les riches avaient un amour inconsidéré et obsessionnel pour la grandeur, et ils se fichaient bien de l'aspect pratique des choses. Elle eut un léger pincement au coeur. Indirectement, elle était responsable du malheur du jeune homme. Responsable pour avoir soutenu IA dans ses atrocités, responsable pour l'avoir observée faire sans réagir, responsable pour avoir ri avec elle, alors qu'elles prenaient toutes les quatre plaisir à humilier Yukari.
Fukase dormait profondément. Paisiblement même. Endormi, il avait l'air d'être un enfant. Un enfant plongé dans ses songes, à tel point qu'il serait cruel de le tirer de ces douces merveilles. S'approchant un peu plus de lui, un détail marquant sauta aux yeux de la rouquine.
Diable, qu'il était vraiment beau de près.
Teto avait honte, honte de ne pas s'en être rendue compte plus tôt. Pas qu'il était forcément son genre, mais il avait un charme bien à lui.
Pas étonnant qu'IA ait voulu mettre le grappin dessus. Elle aurait voulu lui parler, lui dire à quel point elle était désolée. Des atrocités, elle en avait commises, en long et en large. Avec le temps, ces dernières commençaient à peser et la jeune fille n'avait d'autre choix que de les traîner péniblement derrière elle. Les regrets ne suffisaient pas. Les actes, n'étaient-ils pas plus significatifs et représentatifs de la culpabilité que chacun d'entre nous pouvait ressentir ?
Après être restée un moment auprès de lui, Teto décida de s'en aller. Elle était restée suffisamment longtemps pour se remettre en question. Fukase souffrait, mais Yukari était dans une situation bien plus dangereuse. Elle était harcelée et source de toutes les moqueries venant de la part des autres lycéens…
Yukari avait l'impression que son propre corps n'était plus le sien. Comme un fantôme prenant la possession d'un corps d'un autre. Avait-elle été droguée ? Elle ne le savait pas encore. Et pour ça, il fallait qu'elle ouvre les yeux.
Elle n'aurait probablement dû jamais le faire. A peine ses prunelles mauves progressivement ouvertes, la lycéenne eut droit à une terrible vision. Ses jambes, ainsi que le reste de son corps étaient attachés à une vulgaire chaise, probablement usée avec le temps. Sans plus tarder, un élan de panique s'empara d'elle. Cette endroit, elle ne le connaissait pas. Que s'était-il passé ?! Le pire dans tout ça c'est qu'elle n'avait aucun souvenir d'avoir suivi quelqu'un ou quoi que ce soit.
- Ah mon amour ! Enfin réveillée ! Depuis le temps que j'attendais !
Si elle le pouvait, Yukari se serait figée et aurait hurlé de toutes ses forces. Gros inconvénients, elle était ni dans la capacité de bouger ni d'user de ses cordes vocales, étant donné qu'elle avait été attachée et baîllonnée avec une certaine délicatesse. Pour ne pas dire cruauté.
Piko.
Comment avait-il pu retrouver sa trace après tout ce temps ? Elle avait déménagé et avait coupé définitivement les ponts avec lui, après les violentes disputes qu'ils avaient eu tous les deux par le passé. Alors comment avait-il fait ?
Elle se sentait piégée. Voilà tout. Piko était bien plus dangereux que tous ses tortionnaires réunis. Eux, ils se contentaient de l'humilier et de l'insulter de tous les noms dès qu'ils en avaient l'occasion. L'adolescente n'avait pas besoin de réfléchir plus loin ou de se concerter pour analyser Piko. Il était complètement atteint. Pourri par la jalousie, rongé par une attitude malsaine qui le poussait progressivement à déchiqueter les gens qu'il considérait comme ses proches. C'était horrible.
-…
Incapable d'exprimer le moindre mot, Yukari ne pouvait que communiquer qu'avec le peu de mouvements qu'il lui restait. Une larme roula sur sa joue, suivie par plusieurs. Elle ne sanglotait même pas, elle se contentait de le regarder faiblement. C'était la pire chose qui puisse lui arriver. Piko était cet homme. Cet homme qui l'avait harcelée, celui qui avait pris un malin plaisir à la forcer à faire des choses impensables, celui qui était bien déterminé à lui arracher de force sa virginité. Les autres se comportaient en pourriture, mais pour le moment ils n'avaient pas encore eu l'occasion d'aller aussi loin qu'il ne l'avait fait. Dans un sens, il pouvait se sentir vraiment fier d'être le seul à avoir accompli cet exploit pour l'instant.
- Ne sois pas aussi nerveuse voyons, nous nous connaissons, n'est-ce pas ? Pourquoi te ferai-je du mal ? Disons juste que tu m'as déçu. Horriblement déçu même. Moi qui te pensais sage et fidèle, me voilà confronté à une bien triste réalité !
Dénuées de sens. Ces paroles sortaient rapidement de sa bouche mais n'avaient aucun sens. Encore une fois, Piko semblait perdu, au point de déballer des choses complètement insensées. Yukari ne voyait absolument pas où son ex voulait en venir. De toute façon, ce n'était pas comme si elle avait vraiment son mot à dire. La seule chose qu'elle était autorisée à faire était d'écouter péniblement toutes les insanités qui pouvaient lui passer à l'esprit.
- Ce garçon. Qu'est-ce que tu lui trouves à ce putain de gars ?! Les roux rebelles c'est ton trip, hein ? T'aimes ça ?!
Le bruit fracassant d'une chaise rencontrant brutalement la porte ramena bien rapidement Yukari à l'ordre.
Fukase.
Piko savait pour Fukase. Piko était jaloux. Maladivement jaloux. Elle aurait tant voulu se jeter sur lui, le rouer de coups, lui hurler à la figure qu'elle n'était plus son jouet, qu'elle aussi avait le droit de respirer une bonne fois pour toutes.
- Oh bah tiens, qu'est-ce que tu fais ici Teto ?
Essoufflée, la concernée se demandait encore où elle avait eu l'audace de trouver autant de courage pour courir aussi vite. En général, la rouquine détestait particulièrement à se salir les mains, et le sentiment était bien plus renforcé lorsqu'il ne s'agissait pas d'elle-même, mais de quelqu'un d'autre. Avait-elle le choix ? Oui et non. Elle avait le choix de nier les faits, de jouer à l'innocente avec les profs et de continuer sa vie, comme si de rien n'était. En contre-partie, elle se risquait à se voir tout retomber en pleine figure. Elle allait agir, peu importe les risques qu'elle encourait. IA était imposante, IA était cruelle, mais il fallait que tout cela cesse.
Un sourire mêlé à de la curiosité et à de l'ironie se traça alors sur les lèvres pulpeuses de la plus grande, accompagnée de sa fidèle bande. Entre autre, composée de Matsuda et de ses 3 clebs. La bonne humeur semblait régner et Teto était bien consciente qu'elle était la tache sur le tableau que formaient les adolescents.
- J'aimerais te parler. En privé si possible, fit-elle, insistant bien sur le mot « privé » pour faire comprendre à Matsuda qu'il n'avait pas à s'en mêler ou à essayer de retenir IA.
Dieu seul savait à quel point ce gars pouvait être lourd.
Sans trouver l'intérêt d'ajouter le moindre commentaire, son « amie » quitta les garçons histoire de s'éloigner avec la rousse.
- Il faut y mettre un terme. Que tu le veuilles ou non.
