Notes :

Bonjour,
Je m'excuse d'abord, pour le temps que j'ai mis à faire ce chapitre, comme certains le savent déjà, j'avais envisagé d'abandonner cette fanfic parce que je n'étais pas satisfaite par mon travail. J'ai décidé de la reprendre finalement, pour ceux qui voulaient la suite et pour m'exercer. Ce chapitre est un peu long, j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire et le résultat est sûrement assez confus et bizarre, mais comme dirait Spock " Je suis vulcain, nous épousons les détails. " Je prends vos remarques en compte, et je vous remercie pour tous vos commentaires, je vais tâcher dans les prochains chapitres d'être plus synthétique, de mettre plus de dialogues et d'améliorer la qualité générale. Je m'excuse pour la qualité de celui-ci, je l'ai terminé ce soir, comme certains attendaient la suite depuis assez longtemps j'ai décidé de le poster dans la foulée, je ne suis pas là demain et je ne voulais pas repousser sa sortie à dimanche, je ferais une édition pour les fautes quand je reviendrais de mon week-end, donc désolé s'il y a des erreurs, j'ai corrigé ce que j'ai pu relire mais je suis un peu trop fatiguée pour être efficace à cette heure là. J'ai aussi eu beaucoup de mal à écrire avec Léonard, donc je m'excuse si le personnage ne va pas, je vais essayé d'améliorer ça dans les chapitres suivants, Bones aura une place importante dans la suite de l'histoire.

N'hésitez pas à me dire s'il y a quelque chose que vous voulez voir dans la fic, je verrais si ça colle avec ce que j'ai déjà prévu et si je peux le mettre. N'hésitez pas aussi s'il y a des points que vous voudriez voir développé en dehors de la fic, je pourrais si besoin écrire des fictions annexes, liées à l'histoire principale. Comme je ne sais plus ce que je voulais dire d'autre, je vous laisse avec les avertissements et je vous souhaite une bonne lecture.

Avertissement : Il peut y avoir des déclencheurs dans la fic, il y a une crise de panique et des allusions à des agressions passées, les troubles post-traumatiques et le suicide sont mentionnés aussi. Faites attention.

Et Star Trek ne m'appartient pas.

Chapitre 3 : Ombres cachées

Tu n'es qu'un animal… Demi-race… Tu penses qu'il se soucie de toi … Tu ne vaux rien… Tu ne peux pas t'échapper… Spock…

Les pensées rampaient sous sa peau, le rendant malade. Son corps brûlait du sentiment de révulsion et du fantôme de la douleur, il avait l'impression de les sentir encore, les mains étrangères, dominatrices, le toucher indésirable d'un autre corps sur le sien. Il avait cru avoir une prise sur cela, il n'était pas logique qu'il sente encore la douleur, ce fut si longtemps et il n'était pas blessé en ce moment, il ne devrait pas avoir encore mal, il devrait être capable de la contrôler. Il devait se concentrer sur cela, même l'hallucination d'une douleur qu'il ne devrait plus ressentir, même la sensation de la brûlure dans son estomac et dans son œsophage, le martèlement de son cœur qui battait vite et fort et à un rythme irrégulier à son côté, la compression de ses poumons qui l'empêchait de respirer le volume d'air convenable à la fréquence optimale, étaient préférables à faire face aux tourments qui régnaient à l'intérieur de son esprit.

Il se focalisa sur ses sensations, séparant l'esprit et le physique il mit de côté les souvenirs et les émotions pour les observer ultérieurement, et ainsi pouvoir se concentrer et analyser rationnellement la douleur et les différentes anomalies dans son corps. Il commença par répertorier ses sensations et à les classer en catégories. La douleur était irrationnelle puisqu'il n'était pas blessé, il pouvait l'attribuer à un effet nerveux, causé par un traumatisme psychique, une réponse qui avait été déclenchée par les événements sur le pont et dans le couloir. La brûlure qui se concentrait dans ses mains, dans son esprit et dans ses organes génitaux était une réaction physique à la fois causée par l'excitation sexuelle suscitée par le contact érogène avec ses mains, et l'association à des expériences désagréables passées. Il relégua l'impératif de les examiner à nouveau pour comprendre sa réaction à un moment ultérieur, où son contrôle et son esprit seraient suffisamment forts pour se livrer à une introspection des souvenirs difficiles. Il pouvait assez sûrement attribuer la nausée à une réaction aux contacts indésirables dont il avait été victime. Les palpitations cardiaques, la suffocation, la sensation d'étourdissement et l'engourdissement de son corps indiquaient une crise de panique, dont il devrait observer les causes et le fonctionnement plus tard afin de prévenir ce genre d'incident à l'avenir, il mit cette information de côté. Il nota aussi que sa position actuelle n'était absolument pas confortable ni optimale et qu'il devrait corriger cet état quand il serait à nouveau dans le contrôle de son corps.

Il se concentra sur son souffle et se força à prendre plusieurs respirations contrôlées. Il nota après 1 minutes et 45 secondes qu'il pouvait à nouveau respirer et que ses poumons semblaient fonctionner de façon satisfaisantes. Maintenant qu'il était entrain de reprendre le contrôle de son corps, il se concentra sur ce dernier pour supprimer ses sensations indésirables, il réprima avec succès les symptômes de la crise d'angoisse en 3 minutes et 17 secondes, la douleur et le malaise avaient disparus, le laissant engourdi et fatigué. Prudemment il se leva, il fut frappé par la vague nauséeuse, il chancela un instant avant de rétablir son équilibre, doucement il se déplaça jusqu'à l'espace où il avait l'habitude de méditer, il alluma l'encens de méditation et s'installa sur ses genoux en face de la flamme, ses mouvements et ses gestes étaient méthodiques, son cerveau semblait fonctionner sur un mode automatique, il forma le Ta'al avec ses mains et joignit ses doigts devant lui, il glissa lentement dans un état méditatif.

Il commença par respirer rythmiquement, en suivant un motif régulier et lent qui avait pour but d'apaiser et de réguler son esprit et son corps. Consciencieusement il s'efforça de vider son esprit de toutes pensées parasites, de toutes émotions volatiles. Malgré ses efforts, il trouva qu'il avait beaucoup de difficulté à contrôler ses pensées et ses émotions. Il n'arrêtait pas de glisser dans ses souvenirs, la mémoire était comme une vague sombre qui le submergeait. Il ne pouvait pas le faire, à nouveau il sentit la peur panique, il lutta contre la ruée de l'angoisse et du désespoir, il se rigidifia, tenant fermement son contrôle sur lui-même, repoussant chaque émotion. Il récita les enseignements de Surak, des équations et des lois mathématiques, il remplit son esprit de la poésie et de la musique, mais après 1 heure et 47 minutes il en était toujours au même point, et dans le même état d'agitation. Il soupira et enfouit sa tête entre ses mains. Ses doigts agrippèrent ses cheveux et il tira doucement sur son cuir chevelu. Il sentit le frisson agiter son corps et il le réprima, mais il se sentait fatigué. Il se laissa tomber contre la paroi derrière lui, sa tête frappa le mur dans un bruit doux, il trouva la sensation très satisfaisante. Il devrait sans doute se déplacer jusqu'à son lit mais il n'avait pas envie de bouger, il ferma les yeux et se laissa dériver à travers la tempête, les rêves, les cauchemars, les souvenirs et le sommeil.

Kirk regardait la porte fixement, il n'avait pas bougé depuis que l'amiral avait quitté ses quartiers, c'était il y a plus de cinq minutes, Armack avait le même effet sur lui que la glace au piment, il gelait son cerveau et lui donnait de violentes douleurs à l'estomac. Il se sentait nauséeux et instable, son esprit fourmillait et il réfléchissait tellement qu'il allait avoir sûrement un putain de mal de tête, et merde qu'est-ce qui c'était passé exactement ? Armack était venu le voir, quelques minutes après la fin de son quart. Il avait d'abord présenté des excuses pour ce qu'il avait dit au déjeuner, Kirk avait appris que lui et Spock se connaissaient, et il allait devoir parler à Spock au sujet de cacher ce genre d'informations de lui, apparemment il avait eu Spock comme élève à l'académie, puis ils s'étaient recroisés quelques années plus tard, Spock avait servis brièvement sous ses ordres, Armack l'avait fait muter parce qu'il ne supportait pas la personnalité du vulcain, un sentiment qu'il avait trouvé être commun très souvent, et il avait supposé que Jim devait le partager, à cause de leur début difficile.

Il était sûr qu'il y avait plus que ça, putain, et il ne pouvait pas demander à Spock parce que depuis qu'ils avaient reçu l'ordre de mission le vulcain avait décidé d'aller en mode robot et ne voulait pas lui parler, et pas seulement à lui, Spock ne parlait plus à personne en dehors des discussions liées au travail. Il semblait s'être renfermé sur lui-même, il avait l'impression de revenir à l'époque où ils s'étaient rencontrés, sauf que Spock n'était ni froid, ni prétentieux, ni hypocrite, comme il avait alors paru à Jim. En fait, Spock avait semblé tendu et anxieux ces derniers jours, il se rappelait le regard effrayé de Spock sur le pont, il comptait sur les doigts d'une main les moments où il avait surpris une émotion forte de Spock, mais c'était la première fois qu'il avait vu ce genre de crainte dans les yeux du vulcain habituellement sans peur. Il était certain que son comportement étrange était lié à Armack.

Si ce qu'Armack avait dit était vrai, qu'à l'époque personne n'aimait Spock, peut-être que ça avait réveillé de mauvais souvenirs chez le vulcain. Bien que traiter la peur du rejet en se coupant de tous ses amis étaient une méthode qu'il trouvait assez inefficace, mais là encore il pouvait voir une certaine logique dedans, Spock avait l'habitude de traiter les émotions en les mettant à distance et en se renfermant. Mais il ne pensait vraiment pas que c'était tout, sauf qu'il était à peu près sûr que quelque soit ce qui perturbait Spock, le vulcain ne lui en parlerait jamais. Il ne faisait pas dans le dialogue émotionnel, il ne se confiait pas, il parlait rarement de sa vie privée, et certainement pas de ses problèmes d'intimidation et de ses sentiments d'exclusion à l'Académie. Putain même Kirk l'avait intimidé, l'avait fait chier, insulté et méprisé.

Mais il avait aussi rajouté une quarantaine de plats vulcans dans les réplicateurs, il avait partagé ses repas avec le vulcain solitaire, alors qu'ils n'étaient pas encore amis. Il l'avait invité plusieurs soirs à les rejoindre dans la salle de jeux, et quand il était venu timidement une fois avec un instrument de musique, visiblement mal à l'aise à l'idée de jouer devant un public, il l'avait doucement poussé, et Spock avait aimé faire ça, depuis il jouait souvent le soir dans la salle de détente, au grand plaisir du reste de l'équipage. Certaines nuits où il ne pouvait pas dormir il avait trouvé le vulcain sur le pont d'observation, ou Spock l'avait trouvé là-bas, ils ne parlaient pas, ils regardaient filer les étoiles par la fenêtre, offrant un réconfort mutuel dans la nuit sombre et silencieuse. Il s'était demandé à chaque fois si c'était la perte de vulcain et de sa mère qui le tenait éveillé, il se demandait si quand il contemplait les étoiles il cherchait en fait sa planète ? Mais il n'avait jamais demandé à Spock. Il se demandait à quel point il avait été solitaire avant ? Il devrait interroger Nyota à ce sujet, mais à la réflexion son agent des communications ne parlerait sûrement pas de la vie privée de Spock avec lui.

Il avait accepté poliment les excuses d'Armack, comme le matin il avait posé des questions curieuses, certaines en rapport avec Spock, mais Kirk s'était gardé de faire tout autre commentaire au sujet de son second. Puis Armack l'avait menacé très subtilement, il avait commencé par lui offrir un verre, il avait amené une bouteille, offerte par son ingénieur en chef, de sa réserve personnelle, putain il allait devoir parler à Scott à ce sujet. Armarck lui avait parlé de son après-midi passé dans l'ingénierie, il avait sourit en disant que c'était la partie préférée de sa visite. Il avait longuement discuté avec Scotty, qui lui avait fait visiter la salle des machines, il allait devoir savoir ce que Scott lui avait raconté exactement. Apparemment Armack avait fait une forte impression sur l'ingénieur, il lui avait parlé de son travail et des améliorations et des modifications qu'il avait faite sur l'Entreprise, elles avaient toutes étaient autorisées par le Capitaine, Jim avait confiance en Scott et avait jugé que ses propositions, bien que très avant-gardistes, et par là il voulait dire à la limite de l'illégal, seraient utiles, et ça avait été utile, mais disons que tout le monde pouvait ne pas être d'accord avec lui là-dessus.

Ensuite Armack avait parlé des sentiments de certains membres de l'Amirauté à son sujet, il savait qu'il y avait encore pas mal de personnes qui ne l'aimaient pas là-bas, qui pensaient encore qu'il ne méritait pas son grade, il savait que l'Amirauté le surveillait avec attention et qu'ils s'attendaient toujours à qu'il se plante royalement. L'Amiral avait été complaisant et il avait même semblé compatissant, se plaçant de son côté et cherchant à manipuler Jim pour le faire se confier à lui, il avait eu une mauvaise impression, et il était sûr qu'il n'avait pas imaginé la menace sous-entendue dans toute la conversation. Il ne pouvait pas se défaire du sentiment que quelque chose lui échappait et il ne savait pas quoi, il avait l'impression que ça avait un rapport avec Spock et il ne comprenait pas comment ces deux éléments étaient liés.

Il avait besoin de parler à quelqu'un. Il voulait aller à Spock, mais il savait mieux que d'essayer de faire parler Spock de quelque chose dont il ne voulait visiblement pas parler, il ne voulait pas finir étouffé dans un mur. Non, il devait parler à quelqu'un d'autre, qui pourrait l'aider avec tout ce bordel, et en qui il pouvait avoir confiance. Il expira et se déplaça à l'intercom sur son bureau. S'il ne pouvait pas aller à Spock, il ne voyait qu'une seule autre personne. Il se sentait nerveux et agité. Il ne savait pas quoi faire et pas quoi penser. Bones saurait. « Capitaine Kirk à McCoy ? » Appela-t-il. Le médecin répondit quelques secondes plus tard. « Ici McCoy, qu'est-ce qu'il y a Jim ? » Grogna la voix bourrue, Jim sourit à l'écran. « J'ai besoin que tu viennes ici quand tu auras un moment. » McCoy grommela quelque chose mais Jim n'écoutait pas vraiment, puis il répondit qu'il serait là dans moins d'une demi-heure, le temps qu'il termine ce qu'il faisait dans l'aile médicale, il coupa la communication. McCoy devrait avoir terminé son quart de service depuis plusieurs heures, mais le médecin vivait pratiquement dans son infirmerie et travaillait souvent bien au-delà du temps de travail réglementaire.

Il serait bien hypocrite de sa part de dire quelque chose à ce sujet. Kirk était le roi du surmenage, il ne respectait pas les règlements, il faisait des choses dangereuses et prenaient des risques inconsidérés plus souvent que lui-même ne le voudrait. Il aimait ça, la plus part du temps, il aimait sentir l'adrénaline qui découlait du danger et de la prise de risque, il avait aimé à l'époque envoyer la voiture en bas de la falaise, il n'avait pas vraiment aimé mourir dans le réacteur cependant. Il ne croyait pas aux scénarios sans victoire, il s'était toujours accroché, cramponné à la vie, il s'était battu pour survivre depuis qu'il était né. Il pouvait pousser son corps hors de ses limites, il pouvait encaisser les blessures, il était extrêmement résistant et endurant, il était capable de tenir sur de longues durées, à des rythmes importants et avec très peu de ressources, bien que la privation de nourriture lui était très désagréable. Survivre à la famine et à un génocide vous apprenez à la dur les notions de dépassement de soi et à repousser ses limites.

Mais il était Capitaine et il était de son devoir et sa responsabilité de veiller à son équipage, son meilleur ami médecin en chef grognon et son premier officier têtu vulcan compris. Il avait essayé de parler au docteur au sujet du temps qu'il dépensait à travailler dans l'aile médicale en dehors de ses quarts, Bones n'avait pas bien réagi, il avait du opérer un repli stratégique hors de l'infirmerie quand il avait commencé à lui jeter des seringues hypodermiques comme des putains de fléchettes. Quant à Spock, il arrivait fréquemment au début de leur mission qu'il enchaîne jusqu'à quatre quarts, parfois cinq, dans une même période de 24 heures, il répartissait son travail entre le pont et les laboratoires, prenant très peu de repos. Kirk ne s'en était pas rendu compte tout de suite, mais quand il l'avait découvert au cours du premier mois, il avait du mettre un frein. Spock prétendait, quand il l'avait interrogé, qu'il pouvait travailler le triple du temps réglementaire de travail parce que sa physiologie fonctionnait différemment et qu'il n'avait pas besoin d'autant de repos ni de distraction que les humains. Kirk avait fait des recherches sur la biologie vulcaine et il avait demandé son avis médical à Bones, ce qu'avait dit Spock c'était avéré juste, mais là encore, Spock était à moitié humain, non ? Ça devait compter.

Il avait découvert que Spock avait réduit son temps de travail par la suite à cause de menaces de McCoy de l'enfermer dans l'aide médicale pendant deux semaines s'il continuait à travailler sans se reposer. Kirk étant Kirk, il avait interrogé McCoy un soir à ce sujet. Bones avait été réticent d'abord, puis il avait avoué avoir été soucieux et s'être inquiété pour le vulcain, il n'avait pas développé et avait très vite orienté la conversation ailleurs. Il avait été surpris d'entendre McCoy dire qu'il s'était inquiété pour Spock, alors qu'ils avaient été à la gorge l'un de l'autre depuis le début. Bones aurait pu lui dire qu'il faisait son travail, qu'il aimait pouvoir torturer Spock avec des seringues hypodermiques et le menacer de le mettre au repos forcé à l'infirmerie, ou même que ce n'était pas ses affaires, ce qu'il lui avait dit la première fois qu'il avait soulevé le sujet. Il lui avait révélé finalement que Spock souffrait d'un trouble de stress post-traumatique des suites de la destruction de sa planète, beaucoup de vulcains avaient développés des troubles traumatiques, quand Kirk avait demandé quel genre de trouble, il lui avait raconté que plusieurs vulcains s'étaient suicidés à cause de la douleur mentale causée par la ruptures des liaisons télépathiques. McCoy avait dit que Spock était suivi à distance par un guérisseur vulcain, mais Bones ne trouvait pas les séances par holo-vidéo suffisantes, il ne croyait pas que le guérisseur vulcain prenait en compte les spécificité de Spock et plus particulièrement sa moitié humaine.

Il avait essayé de convaincre Spock de suivre une thérapie avec un médecin à bord, le vulcain têtu avait évidemment refusé en disant que ce n'était pas nécessaire comme il était déjà suivi par un guérisseur vulcain. Bones avait argumenté que comme il était à demi humain il était logique de penser qu'il devrait aussi se soigner avec les méthodes humaines. Spock, à travers les mystères de son cerveau bizarre, avait pensé que le médecin se moquait de lui et l'insultait, il avait été en colère, enfin à la façon de Spock, Bones avait confié à Kirk qu'il l'avait trouvé terrifiant. Après cette incident, Spock avait évité l'infirmerie et McCoy pendant des semaines, jusqu'à qu'il soit blessé au cours d'une mission. Bones avait fait des efforts pour apaiser les tensions et gagner sa confiance comme patient, en signe de paix il avait travaillé pour adapter les médicaments qu'ils utilisaient à l'infirmerie à la physiologie hybride de Spock, les anciens médicaments lui provoquant des symptômes secondaires désagréables. Pour McCoy le comportement de Spock était sa façon de gérer, ou de ne pas le gérer dans ce cas présent, le traumatisme, il se surmenait pour ne pas sentir la douleur, il prenait deux quarts à la suite sur le pont puis travaillait ensuite l'équivalent d'un troisième quart dans les laboratoires juste pour ne pas se sentir seul.

Son comportement s'était un peu amélioré après ça et il s'était progressivement ouvert au fil des mois. Cependant, à l'approche de l'anniversaire de la mort de Vulcan, Spock revenait à son ancien comportement, il était froid et distant, il s'enfermait dans le travail ou se verrouillait dans ses quartiers. La dernière année avait été un peu différente, l'anniversaire était tombé quelques mois après la mort de Kirk, tandis qu'ils étaient encore sur Terre, quand Spock ne travaillait pas à l'Académie ou n'était pas entrain de superviser les réparations de l'Entreprise, il passait la majeure partie de son temps avec Jim. Alors il avait remarqué quand Spock avait commencé à écourté ses visites, puis a cessé de venir. Si Spock ne venait pas à lui, alors il irait à Spock, il avait été retrouver le Vulcain là où il se terrait, ils n'avaient pas beaucoup parlé et Kirk ne l'avait pas poussé à participer à des activités humaines dans lesquelles Spock ne trouverait aucun réconfort, ils avaient fait ce que Spock voulait faire, il était resté avec lui, il l'avait accompagné dans sa douleur. Spock l'avait remercié de lui avoir tenu compagnie et de l'avoir soutenu pendant ce moment, Kirk avait dit qu'il serait encore là, au prochain anniversaire, à chaque fois que Spock avait besoin, aussi longtemps que possible. En développant leur amitié il avait appris à connaître Spock, il avait compris que son attitude froide et sévère était un masque pour mettre les autres à distance, une façon de se protéger, ses émotions étaient une faiblesse et quelque chose dont on pouvait se servir contre lui, il se demandait combien de fois dans sa jeunesse il avait été attaqué à cause de sa moitié humaine ?

Quand quelque chose n'allait pas Spock se verrouillait et se plongeait dans le travail, comme en ce moment, pensa Kirk. Il devrait demander à McCoy s'il avait vu autre chose d'anormal chez Spock récemment, mais encore comment vouliez-vous observer quelque chose chez quelqu'un alors qu'il fuyait toute compagnie et toute conversation et restait terré dans ses quartiers tout le temps en dehors de ses horaires de travail ? Il fut tiré de ses pensées par le bruit distinctif de l'ouverture de la porte de ses quartiers, il leva brusquement la tête, Léonard se précipita dans la pièce, un froncement de sourcil et une expression préoccupée sur son visage, il s'arrêta en voyant le regard sauvage dans les yeux de Jim, son froncement de sourcil s'approfondit.

« Hey Bones, tu pourrais frapper, non ?... » Demanda-t-il nerveusement, il était tendu depuis la visite d'Armack. Il fallait qu'il se calme. Il prit une inspiration profonde.

« J'ai frappé, tu ne répondais pas... » Observa-t-il. Oh. Il regarda l'expression renfrognée de Bones et vit la préoccupation dans son regard.

« Désolé. » S'excusa-t-il. « J'étais perdu dans mes pensées. » Bones haussa un sourcil, Jim le connaissait assez pour comprendre ce qu'il pensait, il grimaça et se renfrogna « Quoi ? » Demanda-t-il hargneux. Bones se déplaça jusqu'au bureau et tira un tricordeur médical pour scanner Jim.

« Ça va Bones… » S'empressa de dire Kirk, il plaqua un grand sourire rassurant sur son visage.

Bones ne dit rien jusqu'à qu'il ait terminé de scanner Jim. Il regarda le tricordeur. « Il n'y a rien d'anormal, tes niveaux sont justes un peu bas, ils montrent des signes de fatigue, tu ne t'es pas senti malade ou étrange ? Tu n'as rien mangé d'inhabituel ?… »

« Je suis juste un peu fatigué. » Rassura-t-il en coupant la diatribe de questions. Bones soupira et s'installa sur l'autre fauteuil, en face de Kirk, son regard l'examinait soigneusement, il nota à un moment les deux verres sur la table, il haussa un sourcil mais ne posa pas de question, Kirk avait très bien pu boire avec Scotty.

« Alors, tu vas me raconté ce qui te préoccupe gamin ? Est-ce que c'est pourquoi tu m'as fait venir ? » Demanda-t-il enfin en regardant Jim se déplacer anxieusement sur son fauteuil.

« Non, en fait oui… » Commença-t-il. Il parla rapidement. « C'est à propos de Spock, je suis inquiet. Armack est venu me voir tout à l'heure, et il s'est passé quelque chose de bizarre cet après-midi sur le pont... »

« Attends, ralentis. » Coupa McCoy. « Je ne comprends rien, c'est à propos de Spock, et Armack ? » Il ne voyait pas le lien au début entre ces deux là, puis il repensa à ce qui s'était passé au repas dans le mess, son expression s'assombrit, James avait mentionné qu'il s'était passé quelque chose sur le pont… « Ok, raconte moi tout depuis le début. »

Jim hocha la tête mais ne dit rien, lentement il se leva, il prit le verre du côté de McCoy et alla le poser ailleurs, il ramena un nouveau verre et une bouteille de brandy, il versa un verre à McCoy et un autre pour lui. Il s'assit et prit son verre dans sa main. Regardant fixement le liquide ambré, il prit une lente inspiration, il se força à lever les yeux et rencontra le regarde de Léonard. Il commença à parler, il lui raconta ce qui s'était passé sur le pont, puis il lui redit tout ce que Armack lui avait dit quand il était venu dans ses quartiers, à propos de Spock, il lui parla de la bouteille et de la conversation sur Scotty et sur les gens de l'Amirauté qui conspiraient contre eux. Bones avait l'air préoccupé et en colère quand il avait terminé, il claqua son verre, qu'il avait fini, sur le bureau.

« Pour qui il se prend ? » Grogna-t-il.

Jim leva un sourcil. « Pour un Amiral haut gradé ? » Dit-il en buvant son verre. « Je pense qu'il y a quelque chose de mal, mais Spock ne veut pas me parler, je ne sais pas quoi faire, aide-moi ! » Plaida-t-il.

« T'aider avec Spock n'est pas dans mon domaine de compétences, tu es le seul à comprendre quelque chose au... » Il se coupa avant de dire le mot, l'utilisation malencontreuse d'un des surnoms péjoratifs par lesquels il avait l'habitude d'appeler Spock lui semblait assez mal venue en ce moment, et à en déduire par l'expression sombre de Jim, il avait bien vu. Il se racla la gorge et déglutit. « Spock et moi on a déjà du mal à se parler civilement… »

« Je croyais que vous étiez en de meilleur terme à présent ? » Le coupa Jim, l'animosité de Bones envers Spock l'énervait.

« On s'entend mieux, mais il ne m'écoutera pas. » Répondit-il rapidement en levant les mains au-dessus du bureau pour le calmer. Il pensa à quelque chose et fronça les sourcils.

« Quoi ? » Demanda Jim, nerveux.

« Tu avais raison, à propos de Spock. » Il soupira, il n'était pas sensé divulguer ce genre d'informations, mais Spock ne l'écouterai probablement pas s'il allait lui en parler, mais peut-être Jim pourrait l'aider ? Il expliqua : « Tu sais que je peux consulter les informations des cartes personnelles d'accès aux réplicateurs de tous les membres de l'équipage, je peux savoir tout ce qu'ils commandent à manger. Tu m'as dis qu'il avait agis bizarrement depuis qu'il savait qu'Armack allait venir à bord, je l'ai ignoré. Mais, après notre discussion hier soir je suis allé vérifier les informations de la carte de Spock. Spock a à peine mangé cette semaine… »

Kirk était visiblement en colère maintenant, il serrait les accoudoirs du fauteuil, il respira et déplia une de ses mains qu'il leva à son visage, il se pinça l'arête du nez, quand McCoy comptait-il l'avertir que Spock ne mangeait plus ? À ce rythme il devrait plutôt songer à organiser une réunion du personnelle. Il relativisa, McCoy avait la connaissance de cette information seulement depuis hier soir, et il ne lui en avait sans doute pas parlé parce que c'étaient des informations privées, protégées par le secret de sa fonction. Donc McCoy venait de briser pour lui le secret médical, une seconde fois, parce qu'il inquiet pour Spock ? Il fit un geste vague de la main avant de se lever.

« Je dois aller parler à Spock. » Dit-il en faisant son chemin jusqu'à la porte.

Bones se leva pour l'arrêter. « Ok, calme toi d'abord, il est tard, il est probablement entrain de dormir ou de faire son vaudou vulcan… »

« Il médite, et les vulcains ne sont pas les seuls individus qui pratiquent la méditation. » Corrigea Jim.

« Ok, mais tu sais que tu ne peux pas pousser Spock à parler... » Le prévint-il, Jim grogna.

« Je sais, je ne vais pas dire de la merde et Spock ne va pas me faire de mal, même si je l'énerve, on est ami… » Il voulait être avec Spock, il avait besoin de s'assurer qu'il allait bien. Il contourna McCoy pour sortir.

« Très bien, mais fait attention, et essaye de le faire manger un peu. » Termina McCoy en sortant rapidement derrière lui. Kirk se dirigea vers les quartiers de Spock.