Je suis sacrément en retard, mais le voici enfin ! Le douzième chapitre ! J'ai pris un certain plaisir à l'écrire, honnêtement c'était plutôt agréable de reprendre en main cette fanfiction. Elle me tient à coeur et je ne veux vraiment pas l'abandonner. De ce fait, j'espère que vous y prendrez tout autant de plaisir que moi durant votre lecture.
Disclaimer : seule l'histoire m'appartient, les Vocaloids et Utaus cités appartiennent à leurs auteurs respectifs.
Sur ce, bonne lecture ! Haha.
L'air impassible, la rousse entraîna les deux adolescents dans un café à proximité. A ce rythme-là, autant prendre le temps d'en discuter calmement, sans avoir à se presser ou à louper certains détails. Confortablement installés, une serveuse ne tarda pas à pointer le bout de son nez, leur demandant gentiment ce qu'ils souhaitaient commander. Après avoir passé leurs quelques commandes, le ton de Teto se fit à nouveau plus grave. Apparemment, il semblerait que la demoiselle soit fermement décidée à se lancer dans ces explications qu'il redoutait tant. Il n'en avait aucune envie. Aucune. Laisser Teto s'exprimer sur le sujet, c'était prendre le risque de dégoûter Yukari, de lui faire inspirer du mépris…
Malheureusement, il ne la connaissait que trop bien. Quand elle avait une idée en tête, elle n'était clairement pas du genre à renoncer aussi facilement. Une véritable tête de mule cette fille, c'était franchement désespérant.
- Alors Takayashi ? On joue les muets ?
Commenta sarcastiquement la petite rousse, tout en croisant les bras. Yukari, quant à elle, l'observait attentivement, silencieuse.
- Yukari...Il faut que tu saches…
Merde. Il s'en voulait presque de se retrouver complètement déstabilisé par ces deux filles. L'une provoquait en lui des sensations qu'il n'avait jamais connues auparavant, concernant l'autre, c'était tout autre...Et pas dans le bon sens du terme. Sèche, arrogante, Teto lui menait la vie dure. Non seulement, il considérait cette fille comme sa pire ennemie, mais il avait également fallu que la jeune fille en question entretienne une certaine liaison avec lui, ce qui, évidemment, n'arrangeait pas les choses mais les empirait bel et bien.
Se raclant la gorge et inspirant un bon coup, il finit néanmoins par reprendre la parole. Il le fallait. Il n'avait pas le choix de toute façon.
- Teto est ma sœur. Plus précisément, il s'agit de ma demi-sœur. Nous avons le même père.
A l'évocation du mot « père », les yeux étincelants de la rouquine s'assombrirent, détail qui n'échappa pas à Fukase, qui s'en voulait intérieurement d'être responsable de tous les sentiments néfastes que sa sœur renfermait en elle. Involontairement, il avait été celui qui l'avait privée de ce bonheur qu'elle méritait. Celui d'avoir un père à ses côtés. Pourtant, une partie de lui-même ne cessait de lui faire entendre que ce n'était pas de sa faute, qu'il n'aurait jamais pu prévoir que son géniteur s'avérait être un lâche, un homme qui fuit délibérément ses responsabilités pour se réfugier dans le confort et la tromperie. Peut-être était-ce donc pour cette raison qu'il n'avait jamais pu le regarder droit dans les yeux. Le comprendre s'avérait impossible. Comment le pourrait-il ? La honte et le dégoût. Des sentiments à la fois violents et regrettables, et pourtant, il ne pouvait s'empêcher de les exprimer avec tant d'intensité. Une telle rage qui coupait parfois son propre souffle. Était-ce normal de détester autant son propre père ? Celui qui avait contribué à sa mise au monde ? A sa naissance ? Se poser de telles questions révélait de la torture mentale, c'était juste insupportable.
Mais Yukari ? Comment se sentait-elle à présent ? Elle n'avait pas lâché un seul mot depuis. D'un calme olympien et presque déconcertant, elle s'était contentée d'écouter attentivement les explications de Teto, qui étaient pourtant, avouons-le, bien brouillonnes en grande partie. Enfin, peu importante. La vérité avait enfin éclaté.
De cet air suffisant qui la caractérisait si bien, la rouquine continuait à la dévisager longuement. C'était à la limite si elle essayait de retracer et percer à jour toutes les pensées que Yukari pouvait contenir.
- Ça explique bien des choses, alors…
Enfin. Elle avait enfin cessé de remuer sa petite cuillère dans ce pauvre café au lait qui n'attendait qu'à être bu. A l'inverse, elle, Teto ne s'était absolument pas gênée pour se jeter sur son fraisier, aussi affamée qu'un chat après une séance de chasse. Les mauvaises manières n'étaient décidément pas prêtes à changer quand cela la concernait.
- Écoute Yukari, je te jure que si la situation avait été plus clémente je ne te l'aurai jamais caché, mais s'il te plaît, promets-moi une chose. Une seule chose.
- Quoi donc, Fukase ?
Le jeune homme prit alors une grande inspiration, son regard de flammes plongé dans les yeux couleur lavande de l'adolescente. Comment ne pas craquer ? Elle avait l'air si déçue, si brisée, mais elle s'efforçait tant de le cacher, il le voyait bien. Si il en avait eu l'occasion, il n'aurait eu aucune gêne à la prendre dans ses bras et à la serrer le plus fort possible, quitte à l'étouffer. Mais la présence désagréable de sa sœur compliquait les choses, à son plus grand désespoir.
- N'en parle à personne, d'accord ? Les conséquences pourraient être désastreuses, aussi bien pour moi que pour Teto, alors s'il te plaît promets-moi de ne rien dire.
La jeune fille éclata alors de rire sous l'air ahuri de Teto.
- Voyons, tu vas douter de moi maintenant ? Ne t'en fais pas pour moi, je serai la plus silencieuse possible !
Elle n'avait pas cessé d'y penser. Pas une seule seconde. Pas la moindre. Alors, c'était donc ça ce lourd secret ? La cause directe de toute cette tourmente ? Ou du moins, cela avait une légère influence. Teto. Cette fille. Sournoise, distante, moqueuse, cruelle...Celle qui avait pris plaisir à la torturer, à la mettre plus bas que terre, à lui rappeler sans cesse que dans cette école elle n'était rien, que personne ne viendrait la sauver. Comment pouvait-elle avoir un lien avec Fukase ? Fukase. Oh Fukase. Ce garçon si tendre, bien que teigneux et arrogant par moment, cela n'y changeait rien. Yukari l'aimait comme il était. Naturel, franc et surtout extrêmement honnête, l'adolescent aux cheveux de flammes était une bonne personne. Sous ses airs froids et agressifs se cachait un véritable coeur d'or. Une personne qu'elle avait appris à connaître, à aimer malgré ces circonstances. Si mauvaises, si nocives…
Mais elle avait fini par comprendre. Elle ne pouvait s'appuyer éternellement sur lui. Non, elle ne pouvait pas. Fukase l'avait aidée à se relever, certes, c'était une évidence. Néanmoins, son esprit lui hurlait d'arrêter de lui donner cette image de jeune fille fragile et déboussolée. Cela avait trop longtemps duré. Les insultes, les chuchotements des couloirs, les rumeurs, les menaces. Toute cette merde n'avait cessé de la détruire, de consommer sa propre identité. Dans le fond qui était-elle réellement ? Cette fille fragile ou désespérée ou celle qui se battait sans cesse pour lutter contre toute cette négativité ? Elle avait besoin d'une seule chose.
Se relever par elle-même.
Lentement, ses pas la guidèrent vers le grand miroir. Ses longs cheveux lavande étaient détachés, ce qui était particulièrement rare à voir. Son regard, lui, brillait d'une certaine manière. A quoi était-ce dû ? A du soulagement ? A une soudaine prise de conscience ? Tout était encore confus. Elle était pourtant sûre d'une chose. Il fallait absolument qu'elle se reprenne en main, et cela n'incluait pas seulement son apparence qu'elle songeait déjà à améliorer. Il y avait également les actes, les paroles, mais surtout cet affreux manque de confiance auquel elle devait remédier de toute urgence.
- Allo, Galaco ? Je ne te dérange pas j'espère ? Au fait j'aurai un petit service à te demander !
Un petit sourire se traça alors sur ses fines lèvres. Un nouveau départ.
- Bon sang, Yuka ! Ce que t'es magnifique, regarde toi !
Enthousiaste, la jeune fille aux cheveux colorés ne tenait carrément plus en place. Yukari quant à elle souriait grandement, touchée par l'enthousiasme de son amie. Lorsque la question relooking s'était imposée dans son esprit, le visage de Galaco lui était directement venu à l'esprit. Après tout, comment l'oublier ? A la fois énergique et extrêmement sociable, Galaco c'était un peu cette amie qu'on avait tous envie d'avoir. Son énergie et sa bonne humeur était contagieux, il n'y avait aucun moyen d'être triste ou en colère lorsqu'elle était à vos côtés ! C'était un véritable rayon de soleil et c'était bien pour cette raison que leur bande ne pouvaient s'empêcher de l'adorer.
- Tu es sûre ? Le fard à paupières n'est pas trop foncé pour ma peau ? Lui demanda t-elle alors, tout en s'inspectant le visage.
- Mais biiiiieeeeen sûr ! Arrête de te poser des questions ! Aie confiance en toi et tu verras ! Ça passera tout seul !
Dans tous les cas, Galaco avait fait de l'excellent travail. Pas seulement en tant que conseillère mais également en tant que prof. Il fallait l'avouer sans ses précieux conseils et son grand savoir, Yukari n'aurait jamais pu faire la différence entre le pinceau à fond de teint et celui pour le fard à paupières. Enfin, c'était une exagération, mais une parfaite illustration pour démontrer le peu de connaissances de la jeune fille sur le sujet.
Sur une nouvelle lancée, Yukari avait eu également l'occasion d'avoir tous ces regards projetés sur elle. Plus le temps passait, plus la lycéenne s'embellissait et rayonnait. Fini les mines déconfites et découragées, le teint terne et blafard, les cheveux attachés sévèrement en deux couettes. Elle se sentait revivre à nouveau, une véritable bouffée d'air nouvelle qui ne cessait de la conforter. Elle se sentait si bien, si revigorée…Difficile à concevoir, n'est-ce pas ? En particulier pour tous ceux qui avaient pris cette habitude dégueulasse de la maltraiter et de la rabaisser constamment. Elle rayonnait de par sa bonne humeur et cet optimisme naissant.
- Alors ? Tu t'amuses Yuzuki ? Ça te plaît d'être le centre d'attention ?
Cette voix. Cette horrible voix, à la fois cruelle et mielleuse. Ce ton âcre, ses paroles teintées de jalousie et de mépris ne pouvaient qu'appartenir qu'à Aria. Aria, la reine du lycée, celle qui captait l'attention de tous, même de ses professeurs. Celle qui pouvait vous pétrifier rien qu'en vous regardant, ses yeux de glace vous transperçant immédiatement et sans pitié. Celle qui vous jugeait sans la moindre gêne, celle qui pensait pouvoir être la seule à prétendre savoir si vous êtes utile ou non.
Elle était là, juste devant elle.
Yukari se tourna alors lentement vers son ennemie, mettant fin aux dernières retouches de son maquillage.
Son coeur battait si fort, c'était insoutenable. Mais elle ne voulait absolument pas faiblir devant cette fille, cette fille qui avait fait de sa vie un enfer, qui en avait brisé les moindres morceaux. Dans le fond, qui était-elle pour lui faire peur ainsi, pour la terroriser avec un de ces grands plaisirs ?
- Les gens changent, Aria. Tu devrais en faire de même.
Ca y est. Les mots tant attendus étaient sortis de ses lèvres. Ils n'avaient pourtant pas la prétention d'être forcément blessants, mais c'était ça. Elle le lui avait dit. Ce qu'elle pensait réellement.
- Espèce de… !
La plus grande serra alors fortement le poing, outrée qu'une mauviette éternelle comme Yukari puisse lui parler de la sorte. Personne n'avait à lui manquer de respect, personne !
Complètement enragée, elle saisit alors la trousse à maquillage de la jeune fille, la jetant alors avec violence sur le carrelage, en brisant au passage de nombreux morceaux. Interdite, Yukari demeura longuement silencieuse…
Aria. Cette fille pourrie jusqu'à la moelle. Cette fille qui ne méritait aucune forme d'amour ou d'amitié. Cette fille qui représentait la jalousie et la haine à l'état pur.
Alors elle s'approcha à nouveau d'elle, un air de défi au visage.
Et puis, elle la gifla.
Comme elle n'avait jamais giflé personne.
