Attention ce chapitre contient une scène d'agression sexuelle, elle est balisée et vous pouvez la sauter si vous ne voulez pas la lire
Chapitre 5
Jim s'adossa contre la porte, sa propre respiration lourde, il ferma les yeux, il était lâche, stupide et lâche. Il ne voulait pas abandonner Spock et il était putain de mort d'inquiétude, mais il ne pouvait pas supporter plus longtemps d'être la source de sa terreur. Il jouait tout le temps à provoquer les émotions de Spock, mais il s'agissait d'un jeu entre eux, il essayait souvent de l'exaspérer ou de l'amuser, parfois il avait même essayé de le mettre en colère, et en ce moment il filtrait avec lui. Mais, jamais il n'avait voulu lui faire peur et ce soir ça n'avait clairement pas été un jeu. Il avait craqué quand il avait vu le regard effrayé dirigé vers lui et qu'il avait entendu la voix suppliante, cachée derrière la colère, et il fallait que Spock soit vraiment terrifié pour qu'il en vienne à jouer la carte de la colère pour lui faire peur et le faire partir. L'adrénaline commençait à s'estomper et tout son corps tremblait, il voulait se glisser là et rester toute la nuit sur le sol devant les quartiers de Spock, mais il risquait d'effrayer son équipage, et que dire des rumeurs si on le voyait camper devant la porte de son second officier toute la nuit. Avec un soupir il rouvrit les yeux, il vérifia automatiquement que le couloir était vide, avant de marcher vers la porte de ses propres quartiers.
Dès que la porte s'était refermée derrière lui, il s'était affalé contre le mur, assit sur le sol, prenant sa tête dans ses mains, ses émotions le rattrapaient et il voulait crier de rage et pleurer. La nervosité qu'il avait ressenti dans les quartiers de Spock avait disparue, remplacée par la colère brûlante et le désespoir. Il se demandait s'il devrait demander à Bones de venir dans les quartiers de Spock, Bones, il devrait lui parler, il aurait besoin de lui pour aborder à nouveau Spock. Il se hissa sur ses pieds et alla jusqu'à son bureau, il était tard et son médecin en chef était sans doute retourné dans ses quartiers et était probablement endormi. Il n'était jamais bon de réveiller Bones quand il dormait, mais c'était une situation d'urgence. Il appuya sur le bouton de com et appela les quartiers de McCoy. Au bout d'une minute il entendit un grognement à travers la com :
" J'espère que tu as une bonne raison... " Grommela une voix rocailleuse. Oui, il avait une bonne raison, il venait de s'enfuir des quartiers de Spock alors que celui-ci était pris d'une inexplicable crise de panique. Spock avait besoin de Léonard. Et de lui, Spock avait besoin de ses amis, mais il s'était enfui devant le regard de peur et de panique de son meilleur ami.
" Bones, c'est Spock... " Dit-il un peu dramatiquement. Il l'avait laissé, comment avait-il pu le laisser ?
Bones devait avoir entendu l'angoisse dans sa voix parce qu'il était soudainement plus alerte. " Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que j'ai besoin de venir ? " Oui, pensa-t-il. Au moins pour Spock, peut-être aussi pour lui. Il se sentait encore hors de lui, pris dans la crise de panique de Spock, capté par ce regard de peur panique qu'il avait lu dans ses yeux.
Il prit une respiration profonde. Il ne voulait pas raconter ce qui était arrivé sur les lignes de communication, même s'ils n'étaient sans doute pas écouté, les conversations pouvaient être enregistrées, et il sentait que c'était trop privé pour qu'il en parle sur un canal, il avait toujours favorisé le face à face de toute façon. " Je ne sais pas, je dois te raconter ce qui s'est passé, est-ce que je peux passer ? En fait, c'est mieux si tu viens ici... " Se ravisa-t-il finalement, il ne voulait pas trop s'éloigner au cas où Spock aurait besoin de lui. Putain, Spock avait certainement besoin de lui en ce moment, mais il lui faisait putain de peur et il ne pouvait pas le supporter.
" Ouais, j'arrive... " Grommela la voix du docteur à travers la communication. Celle-ci se coupa, l'écran de l'ordinateur devenant noir. Jim prit sa tête entre ses mains, tirant les mèches folles de ses cheveux et attendit comme ça jusqu'à qu'il entende le son de la com de sa porte.
« Entre » Appela-t-il. Il entendit la porte s'ouvrir, des pas lourds sur le sol, puis la porte se refermer. Bones marcha jusqu'au bureau et s'affala sur le siège en face de Jim, celui-ci n'avait toujours pas bougé de sa position, la tête entre les mains.
« Jim ? » Appela son ami avec préoccupation. Le jeune homme renifla et Léonard se rendit compte qu'il pleurait.
« Mon dieu, qu'est-ce qui c'est passé ? » L'interrogea-t-il. Il imaginait déjà le pire, Jim dévoilant ses sentiments à Spock et celui-ci le renvoyant avec colère, blessant profondément son ami, ou bien quelque chose de grave était arrivé à Spock, mais dans ce cas il lui aurait dit d'aller le voir directement… Bon sang mais que se passait-il ici ?
« Je ne sais pas… » Balbutia un Jim perdu. Toute la dernière heure était confuse dans son esprit, il n'était même plus sûr que ce à quoi il avait assisté était bien arrivé tellement tout cela lui semblait improbable. Qu'est-ce qui dans ce qu'il avait dit ou fait avait bien pu autant faire peur à Spock ?
« Raconte moi tout depuis le début. » Incita le docteur. Il remarqua la bouteille de brandy toujours posée sur la table du bureau et en servit deux verres, un pour lui et un pour Jim, ce dernier descendit le sien d'une traite, Leonard l'observait avec un œil inquiet. Jim essuya ses yeux rougis, pris une inspiration profonde et commença à lui raconter la soirée depuis le début. Il était venu dans les quartiers de Spock pour vérifier après lui et avait entendu un cri venant de la chambre, craignant la présence d'un ennemi il avait forcé l'entrée avec son code de déverrouillage, mais il n'avait trouvé personne dans la chambre, sinon un Spock échevelé et tremblant, il l'avait interrogé sur la source du cri et celui-ci lui avait dit qu'il avait souffert d'une perturbation mineure au cours de sa méditation, et putain ça voulait dire quoi exactement ? Spock était en pilotage automatique, il l'avait fait asseoir à son bureau et lui avait proposé de manger, il avait été réticent au début mais il avait fini par réussir à le convaincre de manger un peu. Ils étaient entrain de manger calmement quand Jim avait commencé à aborder le sujet de l'amiral et là Spock était tombé de sa chaise et avait reculé de lui comme s'il l'avait brûlé et lorsqu'il s'était rapproché il s'était mis en colère, mais derrière la colère il avait perçu la peur panique chez le vulcain, une peur qu'il n'avait jamais eu l'occasion de voir chez lui. Ça l'avait terrifié. Le vulcain dans une colère simulée lui avait demandé de quitter ses quartiers et Jim, qui ne voulait plus être la source de la peur du vulcain, avait pour la première fois de sa vie lâchement obéis, en quittant les lieux. A la fin de son récit le docteur était déjà debout, un tricordeur à la main, et bon sang d'où sortait-il toujours ces satanées choses ?
« Je vais voir Spock et tâcher de tirer tout ça au clair, toi essaye de te reposer, d'accord ? » Intima-t-il à son Capitaine, Jim ne bougea pas d'un iota et à son avis il allait rester là un moment à faire tourner dans sa tête les éléments de la soirée à la recherche de ce qu'il avait dit ou fait qui avait pu tant effrayer Spock.
« Quoiqu'il se passe Jim, je ne pense vraiment pas que ce soit ta faute, si tu veux mon avis c'est cet Amiral le problème… » Grommela Bones, il frotta l'épaule tremblante de son ami qui n'avait toujours pas bougé, il hésitait, il voulait rester pour Jim, mais il devait aller voir Spock, Jim avait raison, son comportement était anormal, il devait vérifier que tout allait bien. Il le laissa et sortit de la chambre. Il marcha les quelques mètres qui le séparaient des quartiers de Spock et frappa à la porte. Il ne reçut aucune réponse dans un premier temps, il essaya la com une première fois, rien, une seconde fois, enfin la porte s'ouvrit, faisant apparaître l'officier en second. Bones prit un coup d'œil de Spock, sa tenue était débraillée, ses cheveux en désordre et il avait l'air inhabituellement pâle, comme le lui avait précédemment expliqué Jim le vulcain ne semblait effectivement pas lui-même.
« Docteur McCoy ? » Demanda-t-il sur un ton laconique. Il n'était pas surpris de le voir, après son explosion avec Jim, il était cohérent de croire que ce dernier avait du prévenir le médecin de la situation, et que celui-ci aurait voulu vérifier sur lui. Heureusement, entre temps, il avait réussi à reprendre le contrôle de lui-même, au moins mentalement.
« Désolé pour la visite tardive Monsieur Spock, puis-je entrer ? » Spock sembla hésiter un moment, il craignait les questions que pourrait lui poser le docteur, et préférait se dérober autant que possible à ses investigations, il avait suffisamment était fragilisé en une seule soirée, il ne désirait plus qu'une chose c'était de pouvoir dormir, il n'avait pas dormi en jours et ce soir il n'en pouvait plus.
« J'étais sur le point d'aller dormir. » Répondit-il sans bouger de la porte. Il ne voulait vraiment pas avoir à faire face aux questions du docteur.
« Écoutez Spock, nous avons besoin d'avoir une conversation et je ne pense pas que vous vouliez qu'elle ait lieu en plein milieu du couloir et à l'oreille de tous, donc soit vous me laissez entrer et on en parle maintenant, soit je veux vous voir dans mon infirmerie à la première heure demain matin. » Bones n'aurait peut-être pas du laisser de porte de sortie à Spock, mais il sentait le vulcain anormalement fragile et il ne voulait pas le pousser trop, quoiqu'il se passe ça semblait grave et il ressentait pour une fois le besoin de le ménager, là où habituellement il aurait poussé sans vergogne.
« Je me sens bien mieux docteur, vous n'avez pas à vous inquiétez, mais j'accepte si cela peut vous rassurer de passer à votre infirmerie demain matin, pour l'instant je ressens surtout le besoin de me reposer. » Indiqua-t-il. Bones grommela quelque chose mais ne dit rien, Spock referma la porte et le docteur congédié regagna ses quartiers pour une nuit de sommeil troublée.
Spock passa une nuit épouvantable, naviguant de cauchemars en cauchemars, le fantôme de l'amiral flottant au-dessus de ses rêves comme une terrible épée de damoclés. Jim avait tout aussi mal dormi, si ce n'est quasiment pas dormi, il avait passé la nuit à arpenter ses quartiers, ressassant sa conversation avec Spock, cherchant à comprendre ce qui c'était mal passé, ce qu'il avait mal dit… Peut-être McCoy avait-il raison, ce n'était peut-être tout simplement pas sa faute… Il ne rejoignit son lit que très tard dans la nuit, à seulement trois petites heures de son premier quart. Quant au bon docteur, il avait eu un sommeil agité, mais avait fini par s'endormir aux alentours des trois heures du matin. Dès son réveil et après avoir pris son café il se rendit à l'infirmerie, attendant de pied ferme la visite de l'officier en second, mais comme il s'en doutait celui-ci ne pointa même pas le bout de son nez.
Spock passa sa matinée dans les laboratoires, ne voulant pas affronter Jim pour l'instant sur le pont, il avait trouvé plus adéquat de se replier pour un temps dans son repaire, là où il se sentait en sécurité. Du moins, il pensait qu'il l'était. A midi il eut la désagréable surprise de voir l'amiral Armack arriver dans son laboratoire, alors que celui-ci était vide, les autres scientifiques ayant tous été prendre leur pause déjeuner, eh bien, sauf lui.
« Spock, quel plaisir de vous trouver ici… » Annonça l'amiral. Spock s'était tendu sur sa chaise et n'avait rien répondu sinon un laconique « Amiral ». L'homme attrapa son siège et le retourna pour qu'ils soient face à face. Spock inspira par le nez et serra fermement les accoudoirs du siège.
« Je suis actuellement occupé par une recherche importante Amiral, si votre visite pouvait attendre… » Commença-t-il, essayant de se dérober à la présence de l'amiral qui le surplombait. Sa dérobade fut reçu par une claque violente contre sa joue, faisant reculer son siège qui frappa durement la table.
« Tu n'as pas à me dire d'attendre, sale demi-race… Est-ce que tu comprends ? » L'amiral avait saisit avec force son menton entre l'une de ses mains, Spock aurait pu se dégager, mais il était comme paralysé, ses membres ne répondaient plus et il commençait à hyperventiler.
« Je t'ai demandé si tu comprenais, demi-race ? » Insista l'amiral lorsqu'il ne répondit pas. Spock força ses membres à hocher de la tête.
- début de l'agression -
« Bien… Alors où en étions-nous resté hier… » L'homme saisit ses mains et commença à lui tordre les doigts. Le vert avait envahi le visage de Spock, est-ce qu'il comptait vraiment l'agresser ici en plein milieu de son laboratoire, en pleine journée ? Il l'avait après tout agressé au milieu d'un couloir la veille, il ne semblait pas s'inquiéter outre mesure des possibles répercussions s'ils étaient découvert. Armack appuya lourdement son corps contre le sien, frottant son aine contre lui. Spock aurait pu le repousser, sa force était supérieure à la sienne, mais il ne pouvait pas bouger, c'était comme s'il n'était plus dans son corps, il était comme spectateur de ce qu'il se passait. A son horreur Armack baissa son pantalon et attrapa Spock par les cheveux et poussa sa tête vers son aine.
« Tu vas me faire plaisir, et tu vas le faire bien, sale demi-race, sinon ton cher petit capitaine perdra tout ce à quoi il tient… » Spock obéit, ouvrant la bouche et laissa entrer l'amiral à l'intérieur de lui.
« Bien, gentille demi-race, baisse ton pantalon… » Demanda l'amiral, des larmes coulaient sur le visage de Spock, les mains tremblantes il attrapa son pantalon et son caleçon et les abaissa, Armack attrapa son pénis flasque et le serra assez fort pour lui faire mal. Spock gémit de douleur.
- fin -
A midi le Docteur McCoy était toujours dans son infirmerie, il avait attendu toute la matinée la visite de Spock mais celui-ci n'était pas venu. La matinée avait été plutôt calme et pour une fois l'infirmerie était vide, il laissa donc la garde de l'infirmerie à son infirmière et alla à la recherche de Spock. Une recherche sur l'ordinateur lui apprit que celui-ci se trouvait dans le laboratoire numéro 5. Il traversa le vaisseau jusqu'à l'étage des laboratoires, il trouva la porte du labo verrouillé, c'était plutôt inhabituel, normalement, sauf expérience dangereuse, les laboratoires étaient toujours ouverts quand quelqu'un était à l'intérieur. Il demanda à l'ordinateur de vérifier qui s'y trouvait, il lui répondit que Spock et l'amiral Armack étaient à l'intérieur. McCoy se tendit, il avait un mauvais pressentiment. Il tapa le code de déverrouillage pour les urgences médicales et la porte s'ouvrit. Il fut accueillit par le spectacle le plus étrange. Il avait le dos d'Armack à lui et il pouvait à peine apercevoir Spock derrière, assis, sa tête était baissée et le bassin de l'amiral était poussé en avant dans des mouvements de va et vient, et les deux pantalons, de Spock et de l'amiral, étaient baissés aux chevilles.
« Putain de bordel de merde ! » Grogna-t-il. Il comprenait maintenant, tout devenait beaucoup, beaucoup plus clair. Mais avant de mettre à jour toutes les révélations de son esprit il devait intervenir et faire cesser ceci. Il frappa le bouton d'alerte et appela la sécurité, il se rua ensuite sur Armack qu'il dégagea rudement de Spock, il le frappa au visage assez fort pour l'envoyer valser dans une des consoles du laboratoire. Il se tourna ensuite vers le vulcain, celui-ci ne bougeait pas de sa position replié sur lui-même, son corps entier tremblait, état de choc, dissociation, diagnostiqua-t-il, ce n'était pas la première fois que ça arrivait soupçonnait-il.
« Spock. » Appela-t-il en s'agenouillant devant lui. « Tout va bien Spock, je vais juste remonter ton pantalon. » Prévint-il, il ne voulait pas le brusquer ou lui faire peur, mais il ne voulait pas pour la sécurité de voir leur commandant supérieur dans un tel état. Il attrapa le pantalon de spock et le remonta jusqu'à sa taille. Pendant ce temps Armack semblait s'être remis du coup qu'il avait prit et se ruait maintenant sur le docteur McCoy. Mais la sécurité entra avant qu'il n'ait eu le temps de faire quoique ce soit et prenant dans la scène étrange s'interposa entre les deux. Léonard se tourna vers les agents en tenues rouges.
« Veuillez escortez l'amiral au Brick, il a agressé l'officier commandant Spock. » Ordonna-t-il.
« Vous ne pouvez pas m'arrêter. » Clama l'amiral. « Vous n'avez pas le droit, je suis votre supérieur. »
« Je vous ai vu agresser le Commandant Spock, et il y a des caméras dans ces labos qui ont tout filmé. Veuillez emmener cet homme au Brick. » Ordonna-t-il aux officiers, ceux-ci regardaient de l'un à l'autre sans comprendre ce qu'il se passait.
« Je veux voir le capitaine immédiatement ! » Ordonna l'amiral alors qu'il était entraîné par la sécurité. Bones sourit sombrement.
« Oh oui, vous le verrez, croyez-moi, dès qu'il sera mis au courant de tout ceci, vous entendrez parler de lui… » Ce n'était pas son petit coup de poing qu'il allait recevoir quand Jim allait apprendre ce qu'il s'était passé.
