La petite sirène.
disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe après la fin de la série.
Chapitre 2 : rencontre avec soi même.
Le fiacre s'arrêta juste devant l'imposant bâtiment qu'était l'hôtel Royal l'un des plus luxueux si pas LE plus luxueux hôtel de Londres. Jambier paya sans broncher pour une fois, alléché par la promesse d'une belle récompense qui viendrait regarnir sa bourse. Il entra dans le somptueux hall aux lustres de cristal et à l'épais tapis rouge sang. Les domestiques en uniformes allaient et venaient, prêts à satisfaire le moindre désir des riches clients en toilettes coûteuses. Autant dire que le modeste pêcheur qu'il était faisait tâche dans le paysage. Il fut presque aussitôt interpellé par le majordome à l'accueil : « puis je vous aider monsieur ? » dit celui ci poliment mais avec un air hautain. « je cherche Mr le notaire Bumble pour une affaire de la plus haute importance ». « Mr Bumble réside dans la suite royale au premier étage, je le fais prévenir de votre venue. ». le majordome envoya un gamin en uniforme porter le nouvelle tandis qu'il faisait escorter ce curieux personnage par un garçon d'étage bien bâti (au cas ou il poserait des problèmes).
Les deux hommes montèrent le grand escalier de marbre avant de s'aventurer dans le long couloir menant aux chambres jusqu'à arriver devant l'imposante double porte de la suite royale. Le garçon d'étage frappa pour s'annoncer et ouvrit la porte quand il reçu une réponse, il laissa entrer son hôte mais lui resta dehors, juste derrière la porte. Le capitaine se trouva dans le plus luxueux endroit qu'il ai jamais vu : le marbre blanc côtoyait le cristal le plus pur, le bois exotique et les étoffes fines. Il s'en frottait d'autant plus les mains car il pourrait demander une récompense conséquente. Il vit alors ce qu'il reconnut d'emblée comme un notaire : un petit homme replet avec un monocle et maniéré à souhait. « Mr Bumble je présume ? » « oui c'est cela, mais vous avez un avantage sur moi : vous connaissez mon nom alors que j'ignore tout de vous ». « Je m'appelle jean Jambier et je suis le capitaine du bateau « la coquille de noix ». j'ai des renseignements à propos de la jeune femme que vous cherchez ». Le petit homme posa brusquement sa tasse, son intérêt éveillé « asseyez vous donc et racontez ». Le capitaine lui dit avoir trouvé un champs de débris suggérant que le Britanica avait coulé . Il déballa la bouée qu'il avait emmenée avec lui, enroulée dans un bout de voile déchiré. Le notaire l'observa puis dit « vous pouvez vous être procuré cette bouée n'importe quand, ça ne constitue pas un élément probant ». Le pêcheur se dit qu'il avait bien fait de garder une carte dans sa manche « et si je vous dit que nous avons repêché une rescapée correspondant à votre description ». Le petit grassouillet se mis sur ses pieds d'un bond étonnement agile pour sa corpulence « où est-elle ? Va t-elle bien ? ». « Oh là, tout doux : elle est en sécurité et va très bien... si on prenait un instant pour discuter de la récompense... ». Les deux hommes discutèrent pendant dix bonnes minutes avant de s'entendre sur une somme plus que généreuse avant de descendre prendre un fiacre en direction du port.
La « coquille de noix » gîtait doucement sur son amarre tandis que l'équipage attendait le retour de son capitaine. Enfin ils le virent arriver avec un gros bonhomme, endimanché selon leurs critères rustres. Jambier conduit son hôte de marque jusqu'à la porte de sa cabine et l'ouvrit. « Eh ma jolie, quelqu'un pour toi ». la jeune femme, assise sur la couchette et démêlant ses longs cheveux avec les doigts tourna la tête dans leur direction. Le notaire ne put contenir sa joie « Mademoiselle Marie, vous êtes vivante, c'est inespéré » dit il en se précipitant pour lui prendre la main mais elle recula avec un air farouche. « Mademoiselle ? » demanda le notaire perplexe. « elle se souvient de rien la cocote, elle doit même pas vous reconnaître » avança le capitaine. « Amnésique ? Est ce vrai ? » interrogea le gros bonhomme elle fit oui de la tête. « Bon eh bien nous ferons avec, le principal est que nous vous ayons retrouvée ». « Maintenant que vous l'avez votre « élément probant » je peux avoir ma récompense ? » « euh oui » dit le notaire en retirant un chéquier de la poche interne de son gilet et le libellant pour qu'il puisse encaisser la somme convenue.
Une fois le billet échangé, le petit homme dit « allons y, quittons cet endroit glauque » et il s'engagea dans le couloir pour sortir. La jeune femme le suivit d'un pas digne mais ne put s'empêcher de plisser les yeux lorsqu'elle émergea au grand jour, la lumière lui faisant mal aux yeux avec tout ce temps passé en bas. Le notaire et sa protégée descendirent la planche de débarquement et s'engagèrent à travers les quais pour rejoindre les fiacres. Mais au bout de quelques pas sur la terre ferme, un brusque accès de faiblesse fit se dérober le sol sous le pieds de la jeune femme. Heureusement, un employé qui déchargeait les caisses de poissons des bateaux passait tout à côté et la rattrapa avant qu'elle ne se cogne au sol. Il la tint dans ses bras comme si elle ne pesait rien. Le notaire se retourna affolé « Mademoiselle, MADEMOISELLE ? » dit en lui tapotant la main mais elle était inconsciente. Le petit homme ne savait pas ce qu'il devait craindre le plus : sa protégée inconsciente ou cet homme à l'allure effrayante avec son teint pâle, ses jeux jaunes et les cicatrices qui lui mangeaient tout un côté du visage. Puisqu'il semblait vouloir aider, il décida de s'occuper de sa cliente d'abord. « venez » dit il à l'homme en l'entraînant vers le fiacre qui attendait.
Arrivés devant le grand hôtel, le mystérieux homme porta la jeune femme jusqu'à la suite royale ou il l'installa dans le grand lit. Le notaire affolé ne savait pas quoi faire « il lui faut un médecin non ? Oui il lui faut un docteur mais je ne connais personne par ici...que dois je faire ? » se lamenta le petit bonhomme. L'homme étrange lui dit alors « je connais un docteur pas très loin d'ici... » « ah bon, il est bon ? » « plutôt, oui, disons qu'il arriverait à réveiller un mort » dit il avec une pointe d'ironie qui échappa totalement au petit homme. « où pratique t-il ? » « dans le quartier de WhiteComb, rue des ciseaux dorés » « bien, bien je vais aller le faire mander...pouvez vous rester quelques instants avec elle ? » l'homme acquiesça et une fois seul avec la jeune femme, il la regarda de plus près, elle avait vraiment l'air mal en point : son teint était aussi pâle que le sien et elle était maigre à faire peur. Le notaire descendit les marches en toute hâte vers l'accueil ou il demanda qu'on aille chercher un certain Victor Frankenstein puis remonta aussi vite que ses courtes pattes le lui permettaient . De retour dans la chambre il fut pris d'un horrible doute et entreprit de vérifier si le cœur de la jeune femme battait toujours. « ah il bat toujours c'est une bonne nouvelle n'est ce pas Monsieur... ? » dit il en se retournant mais l'homme s'était discrètement éclipsé sans un mot. « quel homme étrange » pensa Mr Bumble « enfin ce n'est pas un mal qu'il soit parti car il me donnait la chair de poule ».
Le jeune coursier dépêché par le majordome eu tôt fait de ramener la personne qu'on lui avait demandé. Il guida donc le médecin jusqu'à la suite royale avant de frapper à la porte. Lui aussi s'effaça dès que le docteur fut entré. « Dr Frankenstein je présume ?» le jeune homme acquiesça. Il s'approcha et commença rapidement son examen en écoutant le cœur au stéthoscope puis en palpant les membres et l'abdomen tout en demandant « que s'est il passé ? » . « eh bien, elle tombée évanouie sur les quais, il faut la comprendre elle vient de passer des jours difficiles à dériver en mer après le naufrage de son bateau. Sans nourriture et sans eau... ». le médecin constata en effet la maigreur alarmante ainsi que la forte déshydratation. « bon au moins la bonne nouvelle c'est que ce malaise est sans doute dû à ces deux facteurs, il suffira donc de la réalimenter et de la réhydrater. Je vais la perfuser pour améliorer son hydratation et elle devrait se sentir beaucoup mieux après ça. Vous tenez à la robe ou je peux arracher la manche pour atteindre la veine ? » « oh faites, faites... cette horreur, on la brûlera sûrement une fois tout ça terminé. ». Le médecin fit craquer la couture et retira la manche avant de relier la veine à une bouteille d'eau légèrement salée. Pendant que la perfusion faisait son œuvre, le jeune médecin regarda autour de lui et remarqua alors la débauche de luxe de l'établissement « par pure curiosité, pourquoi m'avoir choisi moi pour venir soigner cette jeune personne ? » « oh l'homme qui nous a aidé vous a recommandé » répondit distraitement le notaire « ah et quels est le nom de cet homme ? » « je ne sais pas, tout c'est passé très vite et il n'a pas donné son nom... mais vous devriez le remettre facilement car il a un physique hors norme » et le notaire lui fit la description de ce bienfaiteur au fur et à mesure qu'il décrivait cet homme, le médecin pâlissait d'avantage. « et où est-il ce monsieur en ce moment ? » demanda t-il d'une voix rauque. « je ne sais pas, dès que mademoiselle à été installée et qu'on vous à fait appelé il a disparu sans un mot » le jeune homme se détendit un peu.
Une vingtaine de minutes plus tard, la jeune femme émergea de son inconscience et fut étonnée de se trouver dans cette chambre inconnue. Le docteur vient près d'elle immédiatement pour relever ses constantes « alors comment vous sentez vous ? » demanda t-il. «pas très bien, vous vous en doutez » « avez vous mal quelque part ? » « non à part à on amour propre ». Le médecin ne put réprimer un petit sourire amusé par ce petit sarcasme. Il laissa quelques instants pour aller chercher le notaire qui s'était installé dans l'appartement de service de la suite royale. En effet cette suite avait pour particularité de communiquer directement avec un appartement plus modeste destiné à héberger une camériste* ou une dame de compagnie. Ce dernier se précipita au chevet de sa cliente quand il appris qu'elle était réveillée « cela va t-il mieux ma chère ? » s'enquit-il. « oui ça va mieux » répondit-elle. Le docteur retire la perf et donna ses recommandations « il faut qu'elle mange , qu'elle boive beaucoup et qu'elle se repose il ne devrait plus y avoir de problèmes ». Le petit homme acquiesça et régla la somme demandée avant que le médecin ne disparaisse au détour du couloir.
La jeune femme bu deux grands verres d'eau et un petit bol de soupe avant de sombrer dans un sommeil réparateur. Elle ne dormit néanmoins que quelques heures et la pendule sonnant l'heure du thé la réveilla. Elle était seule dans l'immense chambre. Elle décida d'explorer un peu et se leva péniblement. En faisant le tour, elle compris l'immense fortune qui devait être la sienne : les gardes robes étaient remplies de magnifiques toilettes, tout un meuble contenait une multitude de bijoux variés et une foule de produits de maquillage et de beauté se pressaient sur le bord de la coiffeuse. Elle voyait tout cela et comprenait que ça devait lui appartenir pourtant elle ne ressentait rien à cet égard pas même un vague sentiment de familiarité. En ouvrant une porte, elle découvrit la salle de bain et eu immédiatement envie de se plonger dans l'eau chaude, de retirer tout le sel et les algues séchées qui encroûtaient sa peau, rigidifiaient sa tenue et la grattaient terriblement. Elle mit couler l'eau et entreprit de se trouver quelque chose d'autre à se mettre. Mais devant la multitude de modèles et de formes, elle ne sut pas quoi choisir et se contenta de sous vêtements propres et d'une robe de chambre... elle demanderait à ce qu'on l'aide à choisir.
Le bain fut long, la jeune femme profitait pleinement de la douce chaleur de l'eau. Elle se lava de fond en combles et du changer l'eau en cours de route tellement elle était sale mais enfin elle se sentit propre comme un sous neuf. Sa maigreur l'inquiétait sérieusement et elle se jura de se faire de nouvelles rondeurs. Enfilant sa robe de chambre, elle ouvrit la porte sur le couloir et jeta un coup d'œil. Là, assise sur un tabouret dans une petite alcôve, une femme de chambre attendait qu'on ait besoin de ses services. Elle se leva en vitesse quand elle vit la jeune femme. « que puis je pour vous ? » « j'ai besoin d'aide pour m'habiller s'il vous plaît » « bien sûr » et les deux femmes rentrèrent dans la suite. La bonne avait entendu le notaire parler de l'amnésie totale de la jeune femme aussi crut-elle bon de lui dire : « quand vous souhaitez les services du personnel de l'hôtel, vous pouvez faire sonner la clochette » dit-elle en tirant un cordon de passementerie qui actionnait une clochette dans le couloir au dessus de la porte la jeune femme en pris bonne note.
La domestique et la jeune femme devisèrent longtemps avant de trouver une toilette qui convenait pour la soirée. Les robes somptueuses aux couleurs variée ne l'inspiraient pas tellement... elle savait instinctivement qu'elle aurait préféré du noir. Mais faute de grives on mange du merle et elle se choisit une robe en velours vert émeraude. La domestique lui expliqua la différence entre des robes du matin, de l'après midi ou de soirée. Elle coiffa la longue chevelure en un beau chignon relevé avant de l'aider à choisir des bijoux assortis car, aux yeux de Marie, tous les bijoux étaient trop gros à son goût. Vint le moment de se maquiller et de se parfumer... ce que la jeune femme refusa elle ne s'était pas nettoyé la peau pour l'empoisser avec du fond de teint et elle ne s'était pas décrassée pour sentir encore fort . Elle fut intraitable sur le maquillage mais céda pour le parfum. Tous les petits flacons vaporisateurs contenait des eaux de toilette coûteuses mais la jeune femme n'en aima aucun. Elle finit par se rabattre sur une fragrance de roses, musc et chèvrefeuille.
C'était une étrange sensation de découvrir les goûts d'une personne à travers ses affaires. D'autant plus étrange que c'était soi-même et qu'on appréciait plus du tout les mêmes choses. La jeune femme ne savait que penser, elle souhaitait pouvoir se souvenir afin d'être à nouveau à l'aise à sa place mais elle ne souhaitait pas non plus perdre sa personnalité présente. Elle écarta cette préoccupation, elle n'avait de toutes façons aucun contrôle sur ce qui allait se passer... elle était juste reconnaissante pour le statut enviable que la vie lui avait donné.
*Camériste : femme de chambre, habilleuse.
chaud devant pour le chapître 2, les choses se précisent après un chapitre 1 plein de mystère. Pour ceux qui lisent sans être inscrit, vous pouvez m'envoyer un petit mail à marie_yaoifan arobase hotmail point fr (faut feinter car le site n'accepte pas les mails) et je vous enverrais un petit mot quand il y aura du nouveau ;)
