La petite sirène.

disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.

tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.

toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.

L'histoire se situe après la fin de la série.


Chapitre 3 : côté pile et côté face.

Mr Bumble prépara soigneusement sa tenue pour le repas du soir. Une fois prêt, il se dit qu'il jetterait bien un œil sur sa protégée histoire de voir si tout va bien. Il frappa alors doucement sur la porte mitoyenne en pensant ne pas avoir de réponse et la trouver endormie. Quelle ne fut pas sa surprise de l'entendre l'inviter à entrer et la trouver prête et toilettée pour aller souper. « Est ce bien raisonnable de vous déplacer ainsi si tôt, vous devez reprendre des forces et vous reposer... c le docteur qui l'a dit » « ce n'est pas en étant alitée que je reprendrais des forces, il faut faire travailler les muscles. Quand à me reposer... j'ai eu tout le temps pour ça dans cette cabine exiguë » « bien comme vous voudrez » dit il avec résignation. Elle donna congé à la petite bonne qui s'en fut retrouver sa place dans le couloir. Le notaire proposa son bras pour soutenir la jeune femme mais elle ne le prit pas, préférant se débrouiller seule.

Ils descendirent l'imposant escalier de marbre jusqu'au rez-de-chaussée ou se situait le restaurant. Ils furent accueillis par un majordome qui les conduisit à leur table. Le petit homme invita la jeune femme à prendre place face à la salle* mais elle déclina « je sais que tous ces gens parlent de moi mais je ne suis pas encore prête à affronter leurs regards plein de pitié. ». Il comprit sa position et s'installa donc face à la salle tandis qu'elle lui tournait le dos. Un serveur vint leur remettre les cartes et ils réfléchirent en silence à ce qu'ils allaient prendre. La jeune femme commanda une cassolette de scampis, pas de plat principal mais une crème au chocolat comme dessert. Son estomac s'était rétréci à cause de toutes ces privations et elle ne pouvait se permettre de grandes quantités de nourriture. Lui choisit de commencer par un mille feuille chèvre miel suivit d'une entrecôte saignante et un baba au rhum.

En attendant le service, Marie entreprit d'en savoir plus sur la personne qu'elle était « alors comment se fait-il que vous me cherchiez ? Sommes nous de la même famille ? » « non, non c'est votre père qui m'a mandé pour vous retrouver » « mon père ? A t-il été prévenu de mon retour ? » « hélas non, il est décédé il y a une semaine, de chagrin de vous avoir perdue... son dernier souhait était que je continue à chercher ce qui vous était arrivé et j'ai tenu parole ». « Ai je d'autres parents ? Des amis ? » « aucun parent non et des amis, ma foi, pas à ma connaissance... ». Seule au monde alors, elle se demanda si ce n'était pas une bonne chose car ainsi elle prendrait un nouveau départ sans décevoir personne. L'entrée arriva et le notaire se rendit compte qu'à la vitesse ou elle mangeait il aurait fini son repas bien avant qu'elle ait fini de picorer son assiette.

Entre deux bouchées, elle demanda « et je fais quoi comme travail ? » « travail ? » « oui mon métier... » « mais ma chère vous ne travaillez pas, vous êtes rentière ! La troisième plus grosse fortune de toute l'Angleterre. » « si je ne travaille pas à quoi est ce que j'occupais mes journées ? » « eh bien comme tous les jeunes gens dans votre situation j'imagine : shopping, soirées mondaines, événements à la mode etc ». ces réponses ne lui plaisaient pas beaucoup car elle estimait qu'une personne en mesure de travailler le devait et non mener une vie pleine de futilités. Elle continua son interrogatoire : « vis je ici à l'hôtel ? » « non voyons bien sûr que non, vous avez des propriétés un peu partout dont le célèbre manoir familial de rue des hortensias » « pourquoi sommes nous à l'hôtel alors ? » « je me suis rapproché du port pour pouvoir plus facilement obtenir des informations venues de la mer au sujet de Britanica. Nous sommes fixés à présent ». La jeune femme pensa aux familles des autres passagers qui avaient tous péris. Pourquoi avait-elle survécu et pas les autres ?

« je suppose qu'en tant que notaire, vous connaissez bien les tenants et aboutissants de ma situation financière. » « oui, j'accompagnais votre père dans toutes ses démarches depuis une bonne vingtaine d'années, je connais la moindre petite affaire où celui-ci a investi ». Une fois le repas terminé, ils allèrent s'asseoir un peu au club pour discuter tranquillement de ce passé si mystérieux qu'elle n'arrivait pas à se rappeler. Au fur et à mesure de la conversation, elle se rendit compte que ses goûts actuels étaient aux antipodes de ceux de l'ancienne Marie. Elle se demanda si cela évoluerait petit à petit en retrouvant ses souvenirs ou si elle perdrait définitivement tout un pan de sa vie.

Le sommeil rattrapa rapidement la jeune femme et elle prit congé pour aller se coucher. La femme de chambre était toujours à son poste quand elle regagna ses quartiers et elle lui demanda de l'aider à se dévêtir. Enfin en tenue de nuit, elle se glissa dans le grand lit confortable pour passer la première bonne nuit dont elle se souviendrait.

Elle s'éveilla en pleine nuit, la gorge sèche. Elle alluma la lampe de chevet et s'aperçu que quelqu'un avait intentionnellement déposé une carafe d'eau et un verre à portée de main. C'était probable la petite bonne qui avait cette gentille attention. Marie se dit qu'elle devrait trouver une manière de la remercier. Elle but deux verres d'eau avant de se rendormir. Elle s'éveilla définitivement au petit matin, bien trop tôt pour que le petit déjeuner soit servi. Elle entreprit d'examiner de plus près ses effets personnels, les livres étaient d'insipide romans d'amour mais elle eu la surprise de trouver un journal intime rangé dans la coiffeuse. Il était fermé à clef et elle ignorait ou trouver la clef mais elle se dit qu'elle avait le droit de le démanteler pour pouvoir le lire. Elle arracha la serrure de la couverture à l'aide d'un petit coupe papier. La lecture du journal fut une vraie pénitence : bourré de faute d'orthographe, le fond était tout aussi indigeste que la forme. Les textes couchés sur le délicat papier de riz trahissaient une personne insensible, futile et imbue d'elle même. Elle espérait ne jamais redevenir comme ça. Elle passa les quelques heures de la matinée à lire le journal et à tenter d'y découvrir des indices sur son passé... en vain.

Marie alla à la salle de bain de bain se rafraîchir avant de se choisir une tenue du matin. Elle pencha finalement pour une robe légère en tissus bleu ciel. Elle trouva des bijoux assortis et se coiffa en un chignon strict. Elle frappa doucement à la porte mitoyenne mais ne reçu aucune réponse. Elle sortit dans le couloir ou un garçon d'étage montait la garde prêt à rendre service aux clients fortunés de l'hôtel. Elle lui demanda s'il savait vers quelle heure Mr Bumble se levait d'habitude et celui ci répondit pas avant 10 heures. Elle décida donc d'aller déjeuner seule. Une fois au restaurant, elle prit sur le buffet une belle miche de pain frais et de la confiture accompagnés d'une tasse de chocolat chaud. Sur l'exemple d'un autre client, elle demanda le journal du jour pour s'informer sur cette société dont elle ignorait tout. À la une « la riche rentière Marie Fontenelle retrouvée vivante une semaine après avoir perdu le contact avec le Britanica. Les marins n'en reviennent pas et la surnomment la petite sirène ... » « eh bien les nouvelles vont vite » pensa t-elle. Elle continua de parcourir le journal imperturbablement. Quand elle l'eut fini, elle le rendit au serveur et remonta dans sa chambre.

Effectivement, vers 10 heures, quelques coups discrets retentirent contre la porte et elle autorisa l'entrée du notaire tout frais levé qui s'étonna de la voir déjà prête et pomponnée. Il eut aussi un petit rictus d'incompréhension en voyant le journal violé. « étais je réellement comme ça ? » demanda t-elle désignant le journal. « on peut dire ça oui mais comprenez bien vous faites partie de la haute noblesse, il est normal d'avoir un caractère léger et le sens de la fête ». Marie n'était absolument pas d'accord, il lui semblait que cette ancienne version d'elle même tenait plus de l'enfant gâtée que d'une adulte responsable. Elle se fit la promesse de ne plus jamais être comme ça.

Tous deux redescendirent au restaurant ou Bumble déjeuna copieusement et la jeune femme grignota une petite douceur pour se remplumer un peu. Ils remontèrent dans la suite royale ou ils s'entretinrent longuement des sources de revenus : à la fois banque et empire immobilier, il sembla à la jeune femme que cette fortune c'était bâtie sur la misère des gens. Elle en apprit plus sur sa famille : sa mère morte en lui donnant naissance et son père qui l'adulait. Ce dernier eu le cœur brisé d'apprendre la perte du Britanica et fit plusieurs attaques cardiaques avant de s'éteindre.

Vers 13 heures, ils allèrent dîner puis la jeune femme alla se changer en prévision de sa sortie de l'après midi. Le notaire était absolument contre, arguant que le docteur avait préconisé le repos mais la jeune femme tenait impérativement à se procurer quelques livres pour meubler ses longs moments d'attente. Bumble dut céder face à l'implacable volonté de sa cliente. Ils prirent le fiacre jusqu'au centre ville où ils choisirent une belle librairie bien fournie. Le vendeur prit à coeur de lui montrer toutes les nouveautés pour dames... mais cela l'ennuya profondément. À la place elle fit son marché parmi des ouvrages de biologie, médecine et chimie. Le notaire commença seulement à se rendre compte à quel point elle avait changé : ses deux personnalités si différentes formaient les deux faces d'une même pièce.

* les bonnes manières exigent que la dame ne doivent pas endurer la monotonie du papier peint mais pouvoir se distraire en regardant dans la salle.


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