La petite sirène.
disclaimer: je ne possède pas l'univers de Penny Dreadful.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe après la fin de la série.
Chapite 4 : chercher l'ange noir.
Plusieurs jours passèrent dans une morne routine ou, consignée dans ses quartiers pour se reposer, elle n'avait d'autre distraction que de lire les livres achetés le deuxième jour. Elle contraignait aussi le notaire Bumble à de longues explications sur les affaires de la famille. Toute sa fortune était basée sur des transactions financières et cela ne plaisait pas du tout à la jeune femme. Seule héritière de tout le pactole, elle décida de changer peu à peu l'orientation des activités effectuées sous le nom de Fontenelle pour les rendre plus humaines.
Elle passa aussi de nombreuses heures en compagnie de la petite bonne qui se nommait Meredith Brown. Celle ci travaillait d'arrache-pied 14h par jour pour rembourser des dettes médicales contractées lors de la fin de vie de sa vieille mère. Habituée à côtoyer les plus grands de ce monde la domestique connaissait les dernières tendances ainsi que les indémodables.
Environ 10 jours plus tard, elle n'y tenait plus à rester inactive à se gaver comme une oie pour reprendre du poil de la bête. Elle se proclama en meilleure forme et exigea d'aller se promener un peu. Elle avait d'ailleurs bien envie de faire quelques boutiques pour trouver des toilettes plus à son goût. Elle arriva à convaincre le petit homme de l'accompagner en virée shopping l'après midi du lendemain. La jeune femme avait aussi en tête d'emmener Meredith avec elle pour encadrer ses achats et éviter les « fashion faux pas ». elle appela la petite bonne par la sonnette et elles se rendirent toutes les deux chez le directeur : « je souhaite vous emprunter votre employée ici présente pour demain ; bien sûr je prends à ma charge le paiement de son salaire du jour et je peux vous dédommager pour le dérangement encouru ». Le directeur ne fut pas le moins du monde contraire et ne demanda pas de dédommagement, trop heureux d'accueillir un client de cette envergure dans son établissement.
Le lendemain, les filles passèrent la matinée à se préparer pour la sortie shopping. Marie demanda à la jeune bonne de porter une de ses tenues afin de passer non pas pour une domestique mais pour une dame de compagnie bien née. Elle craignait qu'il soit mal vu qu'elle se fasse conseiller par une roturière même en situation d'amnésie. Meredith refusa d'abord farouchement avant de se laisser convaincre face aux arguments de sa maîtresse d'un jour. Le robe de la jeune rentière était d'un bordeaux très sombre tandis qu'une toilette vieux rose allait à merveille à la domestique. Elle prêta aussi des bijoux luxueux, du maquillage et du parfum pour parfaire l'illusion. Elle testa le déguisement de son amie dans l'hôtel lui même en l'invitant à dîner au restaurant où personne ne sembla la reconnaître. L'illusion était donc parfaite. Le notaire lui était contre le fait de suivre les conseils d'une bonne et plus encore de la travestir en dame noble.
Directement après le repas de midi, les trois compères prirent un fiacre pour le centre ville dans le quartier des boutiques chics. Les deux jeunes femmes entrèrent dans un certains nombre d'entre elles pour ressortir les bras chargés de nouvelles affaires... toutes avec le noir en couleur de base. La mort récente de son « père » donnait toute légitimité à la jeune héritière pour acheter des vêtements de deuil. Vers 16 heures, l'heure du thé, ils s'interrompirent pour déguster le breuvage national dans un salon réputé. Marie s'offrit en plus une pâtisserie pour augmenter son apport calorique et regrossir un peu. Ils passèrent encore deux bonnes heures à faire les boutiques avant de prendre le chemin du retour avec un fiacre bondé.
De retour dans la chambre, les deux femmes se changèrent pour mettre des tenues de soirée pour le souper. Marie se sentit vraiment mieux dans une de ses nouvelles robes tandis que Meredith se voyait à nouveau déguisée avec une superbe robe de soirée bleue roi. Le repas se passa dans la bonne humeur, cela faisait beaucoup de bien à la jeune femme de côtoyer un peu quelqu'un de son sexe et de son âge. Pour la petite bonne, cette journée eu tout d'un compte de fée : jamais elle n'avait pu porter d'aussi belles toilettes, des bijoux aussi précieux et de parfum aussi enivrant. Après le copieux repas, le notaire resta un peu au club pour discuter avec quelques connaissances tandis que les femmes regagnèrent la suite. Vint le moment de réintégrer son habit de bonne pour Meredith, à regrets mais reconnaissante d'avoir eu cette opportunité, elle réintégra ses fonctions d'humble domestique.
Meredith passa la soirée avec sa maîtresse d'un jour, discutant gaiement de choses et d'autres. Soudain, la jeune héritière devint anormalement sérieuse ; ce qui inquiéta la domestique : avait-elle fait ou dit quelque chose de mal ? « Je sais que vous travaillez pour rembourser des dettes mais vous travaillez vraiment beaucoup. Est ce bien raisonnable ? » « je n'ai pas le choix, si je ne rembourse pas le docteur et l'apothicaire, je serais enfermée en prison pour dette » dit la bonne doucement, un peu honteuse de sa situation. « Si ce n'est pas indiscret, combien devez vous ? » « 100 livres à l'apothicaire et 50 au médecin » avoua à grand peine la pauvre femme. « Et, toujours si ça ne vous dérange pas... combien arrivez vous à apurer par mois ? » « oh je gagne 10 livres par semaine et j'en rembourse 15 par mois en ce moment mais peut être que si je travaille assez dur je pourrais passer à un plus haut poste et gagner plus ». « vous n'aurez pas remboursé votre dette avant des années et entre temps vous allez vous ruiner la santé... » la jeune bonne se mit à pleurer doucement. « Écoutez, vous avez besoin d'une meilleure situation et moi j'ai besoin d'une auxiliaire pour diriger mes pas en société... que diriez vous d'entrer à mon service ? Je vous engage au même tarif que l'hôtel mais j'apure dès maintenant vos dettes . De plus vous serez logée, blanchie et nourrie ». La jeune femme cessa de sangloter pour afficher un air incrédule. Se méprenant sur la signification de son expression, la rentière ajouta « bien sûr ce sera contraignant de jouer les dames de compagnie mais j'ai vraiment besoin d'aide ...» « mais je ne peux pas accepter, c'est... c'est beaucoup trop beau pour être vrai ». Là, enfin Marie compris le fond de sa pensée : « n'ayez crainte, si vous désirez quitter mon service je ne vous réclamerais pas de me rembourser ; vous restez libre de partir quand ça vous arrangera ». Meredith, essuya ses larmes du plat de la main avant de chuchoter un « j'accepte » presque inaudible tellement sa gorge était serrée d'émotion. Il fut convenu qu'elles se rendraient ensemble chez le directeur le lendemain matin pour expliquer la situation.
Le lendemain matin, aux aurores, les deux femmes se rendirent chez le directeur pour lui annoncer la démission de la bonne. Le directeur parut contrarié et Marie demanda à Meredith de bien vouloir les laisser seuls. « Bien sûr je comprend que cela vous gêne un peu de devoir vous séparer d'une de vos employée si abruptement... puis je vous proposer un dédommagement disons ... 200 livres ? » ; L'homme fut interloqué de cette proposition mis l'accepta en se frottant les mains : c'était de l'argent facilement gagné car il pouvait remplacer cette pauvre fille en un claquement de doigts sans que cela ne lui coûte un penny de plus. « marché conclu » tonna t-il avec enthousiasme en lui serrant vigoureusement la main. Elle sortit un chéquier de son sac et le libella de la somme convenue au nom du directeur de ce grand hôtel. Elle ressortit du bureau le sourire aux lèvres et sa dame de compagnie comprit que la situation était arrangée. Son cœur était gonflé d'allégresse à la pensée de cette vie meilleure qui s'offrait à elle.
Après avoir pris le petit déjeuner ensemble, les deux femmes passèrent la matinée dans les chiffons, Marie désirant faire de la place dans ses gardes robes pour ses nouveaux et futurs achats. Elle donna nombre de ses toilettes colorées qui ne lui plaisaient pas à sa toute nouvelle dame de compagnie. Bumble n'était pas du tout d'accord avec cet arrangement mais il comprit que la « nouvelle Marie » avait un caractère beaucoup plus affirmé que « l'ancienne » et qu'il ne réussirait pas à la faire plier. Il décida donc d'accepter ses excentricités.
Après le repas de midi, la petite bonne et sa maîtresse se rendirent en fiacre dans l'ancien quartier de Meredith. Elle lui montra la maison qu'elle habitait alors et qu'elle dû quitter faute de moyens. Elle conduisit son amie chez une apothicaire au coin de la rue qui ne la reconnut pas tout de suite. La rentière posa alors sur le comptoir un chèque de 100 livres pour apurer la dette de la jeune femme avant de se retirer sous le regard incrédule du commerçant. Elle procéda de même chez le médecin et s'en fut fini avec l'endettement de la jeune dame de compagnie. Cette dernière entraîna sa maîtresse dans une rue un peu à part ou un petit restaurant servait selon elle les meilleures tourtes à la viande d'Angleterre et elles mangèrent la spécialité de la maison accompagnée d'un bon brandy.
L'après midi avançant, elles retournèrent à l'hôtel ou elle continuèrent à papoter quand, soudain, Marie demanda « avez vous vu cet homme qui m'a aidée quand j'étais évanouie ?» « oh oui madame et je ne suis pas prête de l'oublier » « comment ça ? » « il avait un physique très... particulier... dans d'autres circonstances j'en aurais eu peur ! ». La rentière demanda une description physique détaillée mais ne sembla pas s'émouvoir du tableau dépeint pas son employée. « et donc, il est partit sans donner son nom ni demander de récompense ? » « oui mademoiselle c'est ça ». « un homme tellement reconnaissable devrait pouvoir être retrouvé n'est ce pas ? » « oh oui sûrement, Mr Bumble a dit qu'il travaillait sur les quais donc on pourrait l'y retrouver » « connaissez vous quelqu'un qui pourait effectuer cette recherche pour moi ? ». La bonne réfléchit un instant « je peux demander au garçon qui livre les poissons au restaurant, il saura sans doutes vous aider car les quais sont son domaine » « bien alors arrangez vous avec lui je vous donne tout pouvoir pour convenir d'un arrangement financier pour cette mission, je veux pouvoir rencontrer cet homme mystérieux ici même quel qu'en soit le prix ».
La jeune dame de compagnie mit son plan à exécution dès le lendemain matin en interpellent ledit homme après avoir livré sa cargaison de poisson frais. Elle lui expliqua les désirs de sa maîtresse et le jeune homme dit très bien voir de qui il s'agissait et qu'il trouverait un moyen de satisfaire aux désirs de la jeune femme pour la modique somme de 10 livres (5 maintenant et 5 à la livraison). Il dit qu'il rencontrerait sa maîtresse le lendemain à 13h pour lui présenter cet homme. Le lendemain, c'est pourtant seul qu'il se rendit au rendez vous : « madame, il ne travaille plus aux quais, il a été renvoyé pour avoir quitté son poste le jour où il vous a raccompagnée ici... il se dit que ce serait un vagabond qui dormirait à la salle des indigents de WhiteComb. ». « bien, alors allez donc le chercher là bas pour me le présenter si vous voulez le reste de votre argent » dit la jeune femme d'un ton froid. « Bien madame, si je sais le ramener, nous serons là demain à la même heure sinon j'aurais échoué et je ne mériterais pas le deuxième paiement » ; la jeune femme acquiesça.
Le lendemain même heure ; les deux femmes étaient fébriles quand on frappa à la porte. Le jeune homme était accompagné d'un homme étrange correspondant à la description faite par la bonne. « voilà, comme convenu je vous amène l'homme que vous désiriez rencontrer », Marie lui donna en mains propres les livres manquantes de son paiement puis le jeune homme s''éclipsa, laissant les deux femmes seules avec l'homme. « asseyez vous je vous en prie, dit elle en désignant un superbe fauteuil Louis XV devant lequel fumaient une théière et des biscuits. L'homme pris place sans un mot, ignorant ce que lui voulait la femme pâle. « quel est votre nom mon brave ? » commença t-elle. « John... John Clare mademoiselle » « un bien joli nom comme le célèbre poète » dit elle, provoquant un léger malaise chez son hôte qui se rendait compte d'avoir choisit un faux nom parfaitement inapproprié. « vous m 'avez rendu un fier service sans rien demander en retour, pire j'ai appris que votre bonté vous avait coûté votre emploi... puis je vous dédommager pour cela » « non ce n'est pas nécessaire... je n'ai pas fait ça pour une récompense... je pense juste que le monde serait meilleur si on faisait le bien de manière désintéressée... » il s'interrompit un peu honteux de se dévoiler de la sorte face à une inconnue « pour mon emploi, ne vous en faites pas ce n'est pas la première fois que je devrais en chercher un autre ». la jeune femme réfléchit un instant puis proposa : « que diriez vous de travailler pour moi ? Mon notaire m' a fait part de votre grande force physique et j'aurais besoin d'un garde du corps : vous seriez mon ombre et mon bras armé. Je vous propose 10 livres par semaine, logé, nourri et blanchi. Qu'en dites vous ? » « je ne sais pas mademoiselle, avez vous vraiment besoin d'un garde du corps ?» s'enquit-il, perplexe. « Réfléchissez avec moi je vous prie » dit-elle « je suis la troisième personne la plus riche de ce pays ça c'est OK » « oui » « je prends une seule fois le bateau dans ma vie, un navire qui n'a jamais eu le moindre incident pendant les années ou il a servi avant ça et pourtant il disparaît sans aucune explication et coule sans aucun survivant... cela ne vous parait t-il pas bizarre ? ». John acquiesça, comprenant la logique de son raisonnement : il était fort probable qu'elle ait des ennemis rien qu'à cause de sa position sociale et il devait avouer qu'un travail fixe lui plairait beaucoup. « Alors que décidez vous ? Vous avez peut-être besoin d'un peu de temps pour réfléchir... » « non, c'est bon, ma décision est prise : j'accepte. Quand pourrais je commencer ? » « dès demain si ça va pour vous » « oui, je dois juste passer au refuge pour récupérer quelques affaires personnelles ». La jeune femme sorti une bourse d'un repli de sa robe et la lança à l'homme en noir : « première semaine d'avance pour vous payer le fiacre et ce que vous jugerez bon d'acquérir pour commencer votre service. Revenez avant la nuit et mon amie ici présente vous montrera votre chambre » dit-elle en désignant Meredith qui avait gardé le silence depuis le début de l'entretien, intimidée. Il donna son accord et s'en alla prestement sans toucher au thé et aux gâteaux.
À peine eut-il fermé la porte que la jeune bonne souffla bruyamment « il est vraiment... impressionnant » « vous trouvez, moi je trouve qu'il à l'air gentil ». Les deux femmes descendirent à l'accueil pour réserver une chambre de domestique. Il fut fait comme prévu et la créature de Frankenstein se sentit étrangement à sa place pour la première fois, tout semblait s'arranger pour lui. Bumble appris rapidement pour cet arrangement et, étonnement, se rangea à l'avis de la jeune femme. Lui aussi soupçonnait un acte de malveillance et quelle malveillance si cette personne était capable de sacrifier tous les passagers d'un paquebot pour arriver à ses fins de quoi serait il capable ensuite...
Chapitre 4, un peu plus long mais j'espère qu'il vous plait.
Pour ceux qui lisent sans être inscrit, vous pouvez m'envoyer un petit mail à marie_yaoifan arobase hotmail point fr (faut feinter car le site n'accepte pas les mails) et je vous enverrais un petit mot quand il y aura du nouveau ;)
