La petite sirène.

disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.

tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.

toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.

L'histoire se situe après la fin de la série.

Chapitre 6 : Attaque frontale .

Marie supervisa étroitement la rénovation de l'immeuble d'appartements. Celui ci fut réhabilité de fond en comble et muni du confort moderne. Une fois remis à neuf, elle ne le vendit pas comme son notaire le préconisait mais le mit en location elle même et elle sélectionna soigneusement les locataires. Elle missionna le petit homme replet pour qu'il lui trouve une occasion similaire. Elle préférait de loin avoir une rente mensuelle à peu près sûre qu'une fortune qui ne se renouvelle pas. Elle avait secrètement décidé d'investir 1/4 de sa fortune en affaires rapportant de l'argent mensuellement. La jeune femme fit ainsi les démarches pour engager un « gestionnaire de porte feuille » destiné à surveiller que les biens étaient loués et que les loyers tombaient sans qu'elle ait à le faire elle même. Elle choisit un jeune comptable tout frais émoulu de l'école pour lui donner l'occasion de commencer sa carrière.

Le riche dame, sa vraie fausse dame de compagnie et son garde du corps étaient souvent hors de la maison, à faire les boutiques, visiter des musées, faire les marchés et les brocantes. La vie était douce et s'écoulait tranquillement. Elle chinait énormément dans les objets de seconde main : des recueils de poésie pour John, des babioles et des vêtements pour les pauvres, des bibelots et décorations de caractère pour le manoir etc. La voiture tirée par le beau Diamant était souvent bien pleine d'achats. Elle acheta aussi quelque bâtiments à retaper qui suivirent le même chemin que le premier. Elle se trouva à la tête d'un mini empire de 60 logements, tous loués dans la semaine de leur mise sur le marché... le manque de logements décents était criant à Londres.

Un jour, elle discutait avec le jardinier des fleurs qu'elle souhaitait planter dans les parterres bordant l'allée tandis que John profitait de la quiétude et du chant des oiseaux non loin, quand soudain une détonation retentit. D'autres suivirent : des coups de feu que deux hommes encagoulés tiraient depuis la grille d'entrée. John fonça à toute vitesse pour emmener sa maîtresse en sécurité derrière le bâtiment de l'écurie. Une fois hors de vue, les coups de feu cessèrent et les auteurs s'enfuirent à toute jambes. La jeune femme était un peu déboussolée mais son protecteur l'avait amenée à temps en sécurité, elle n'était pas blessée.

L'attaque passée, tout le monde reprit ses esprits. C'est alors que la jeune femme remarqua la tâche cramoisie qui s'agrandissait sur la chemise de son garde du corps : il était touché. « Mon dieu vous êtes touché ! Allongez vous je vais appeler un docteur... » mais John répondit évasivement « ce n'est qu'un égratignure, rentrons je vais me soigner moi même ». Peu convaincue elle empoigna sa chemise et craqua les boutons en l'ouvrant violemment. Là, on voyait nettement l'hémorragie sortir d'un impact parfaitement rond. « tiens tiens, une égratignure ? » ironisa la jeune femme mais John, la créature immortelle de Frankenstein, ne ressentait qu'à peine la douleur de la blessure.

Il la dévisagea intensément, attendant l'inévitable interrogation face à cette situation peu orthodoxe puis viendrait la peur et enfin le dégoût quand elle comprendrait qu'il n'était plus « humain ». Mais cela ne vint pas « venez, rentrons pour soigner ça » dit elle d'un ton neutre. Ils retournèrent à l'intérieur ou la jeune femme l'emmena directement dans son bureau. « vous me semblez bien plus singulier que simplement un physique hors normes » avança t-elle. Il acquiesça timidement. Elle fouillait dans sa sacoche de biologiste à la recherche d'instruments pouvant convenir. Elle revint avec du désinfectant, une longue pince, une aiguille courbe et du fil chirurgical. « Asseyez vous... ça va faire mal » dit elle en désinfectant l'orifice d'entrée. « j'ai connu pire » souffla t-il doucement, craignant d'effaroucher la seule personne qui ne se soit pas détournée de lui avec dégoût. Elle introduisit la pince pour se saisir de la balle et la retira avant de la laisser tomber dans un récipient en métal. La balle étant entière il ne lui resta donc qu'à refermer la plaie de trois solides points de sutures. Cela fait, elle l'envoya se changer discrètement pendant qu'elle appelait la police pour leur signaler l'incident. Au moins ils étaient fixés, quelqu'un essayait bel et bien de se débarrasser de la jeune femme. Les policiers vinrent faire les constatations d'usage mais il y avait peu d'espoir de retrouver les coupables. John se sentait mal à l'aise maintenant que son secret était menacé. Néanmoins il ne constata aucune différence dans l'attitude de son employeuse tandis qu'elle annonça à tous que la balle n'avait fait que l'effleurer.

Ce soir là, tout le monde alla se coucher tôt pour se remettre des émotions de la journée et il ne resta que la jeune femme et son étrange employé débout dans le salon. « Puis je me retirer ? » demanda t-il timidement. « non, restez.. s'il vous plaît... nous devons parler » répondit-elle au grand dam de la créature. « bien » se résigna t-il en se rassoyant. « Nous avons eu beaucoup d'émotions aujourd'hui, nous savons maintenant que j'ai bel et bien des ennemis... » commença t-elle, donnant espoir qu'elle passerait sous silence la suite étrange de l'aventure ; « et cette mésaventure m'a permis de constater que vous êtes très... particulier, si je puis dire. Pouvez vous m'expliquer ? ». John resta silencieux, triturant nerveusement la couverture du livre qu'il lisait actuellement. « quoi que vous me direz, cela ne changera pas l'opinion que j'ai de vous : vous m'avez aidée quand j'en avais besoin et m'avez sauvé la vie aujourd'hui... tout ce que vous méritez c'est de la reconnaissance ! » ajouta t-elle, sentant le malaise de celui qu'elle considérait plus comme un ami que comme un employé. Il respira à fond, prit son courage à deux mains et lui expliqua tout : sa résurrection, son cheminement personnel, les épreuves de cette après vie et son immortalité. Ils discutèrent jusque tard dans la nuit mais à aucun moment la jeune femme ne montra de signe de peur ou de dégoût. Une fois tous les faits exposés elle lui souhaita simplement bonne nuit en ajoutant « ce sera notre petit secret, tout le monde ne comprendrait pas à quel point vous êtes une merveilleuse personne... » dit-elle en s'éloignant dans le couloir. « Personne » nota t-il pas « chose » ou « créature » mais « personne »... cela lui réchauffa le cœur : il avait trouvé quelqu'un qui l'acceptait tel qu'il était.

Le lendemain, elle se leva un peu plus tard que d'habitude, justifiant ce fait en disant qu'elle et John avaient discuté des mesures de sécurité à prendre maintenant que l'ennemi s'était déclaré. Personne de se posa de question plus avant. En prenant son petit déjeuner elle lu dans le journal, en gros titre : « Fusillade au manoir Fontenelle, la petite sirène menacée par deux individus armés... » ; « La petite sirène », décidément ce sobriquet la poursuivrait toute sa vie. Elle continua néanmoins à vivre la vie qui lui plaisait, secrètement rassurée d'être protégée par un immortel. Les nouvelles toilettes s'accumulaient, rendant les gardes robes trop étriquées pour le nombre de vêtements qu'elle possédait à présent. Meredith se vit offrir toutes les colorées qu'elle trouvait particulièrement jolies mais il y en avait réellement trop pour qu'elle les prennent toutes. Marie songea qu'elle pourrait les revendre mais elle eu beau chercher, il n'y avait aucun magasin pour les prendre en dépôt ou les racheter : la seconde main dans les vêtements de luxe n'existait pas (ouvertement je veux dire). Elle pensa que c'était néanmoins une bonne idée car les personnes avec des revenus plus modestes pourraient ainsi s'offrir de plus belles toilettes que si elles devaient les acheter neuves. Qu'à cela ne tienne, si ça n'existait pas elle le créerait elle même.

Elle acheta un immeuble dans une rue commerçante bien fréquentée mais pas la plus chic. Elle aménagea le rez de chaussée en boutique avec de grandes vitrines pour attirer l'attention surmontées de deux petits appartements rénovés. Quand elle eu fini d'aménager l'intérieur de son magasin et d'y installer son surplus de toilettes, elle sortit admirer son travail. Elle était là, sur le trottoir en face de sa boutique à se demander comment elle allait la nommer quand un homme et sa fille passèrent à coté d'elle : « elle y a de belles robes dans cette boutique» dit la jeune fille entraînant son père. « allons elles doivent être hors de prix, regardes cette dame c'est Melle Fontenelle, tu sais la petite sirène... ». Marie leva les yeux au ciel avant d'interpeller l'homme : « ce sont des robes que je ne porte plus, elles sont à un prix raisonnable et en parfait état. Regardez les robes en vitrine, le prix est indiqués sur une pancarte au pied de chacune ». L'homme et sa fille se dirigèrent vers les vitrines tandis que la femme pâle rentrait dans le bâtiment avec son « ombre » à sa suite. Visiblement, les prix leurs convenaient car ils entrèrent pour acheter trois robes pour la jeune fille. La jeune femme eu une petite révélation et décida d'appeler la boutique « la petite sirène ».

La jeune femme mit une affichette sur la devanture pour engager deux vendeuses pour faire tourner son magasin. Elle eu de nombreuses candidatures car c'était rare une offre d'emploi aussi alléchante : salaires plus un appartement au dessus de son lieu de travail. et fit publier une annonce dans le journal enjoignant les gens à mettre leurs vêtements délaissés en dépôt au magasin. Cela fut très vite un grand succès autant au niveau ventes qu'au niveau des dépôts. Les gens changèrent un peu leurs habitudes pour le mieux... la formule utilisée dans le journal ; à savoir « vendez vos vieilles toilettes pour vous en offrir de nouvelles... » y était sans doute pour quelque chose.

Pour ceux qui lisent sans être inscrit, vous pouvez m'envoyer un petit mail à marie_yaoifan arobase hotmail point fr (faut feinter car le site n'accepte pas les mails) et je vous enverrais un petit mot quand il y aura du nouveau ;)