Bonjour

Voici le chapitre 5 corrigé à nouveau par Elyssa en temps et en heure. Merci à elle.

Merci à vous pour tous vos commentaires positifs et vos encouragements. Je vous adore.

Bonne lecture et à lundi.

Sydney8201

Musique du chapitre :

How you remind me de Nickelback

Chapitre 5 : Panique

« Un homme, dans certaines circonstances, peut abandonner toute humanité lorsqu'il est en proie à la panique. »

Arthur Charles Clarke

Castiel avait fini par s'endormir après de longues minutes à écouter Dean respirer calmement. Le simple fait que le jeune homme soit capable de dormir paisiblement malgré la présence d'un ange dans le même lit que lui était la preuve de son immense fatigue. Ou du fait qu'il commençait doucement à faire confiance à Castiel, mais ce dernier refusait d'avoir trop d'espoir. Il ne voulait surtout pas être déçu s'il avait tort.

Quand il se réveilla enfin, le soleil était levé et ses rayons éclairaient une partie de la chambre. Castiel était sur le dos au bord du lit et fut soulagé de constater qu'il n'avait pas bougé de la nuit. Il aurait sans doute été difficile pour Dean si Castiel avait fini par se coller contre lui. Il l'aurait très certainement fait paniquer.

L'ange tourna la tête pour observer le jeune homme. Lui avait bougé et il lui faisait à présent face. Il était toujours suffisamment loin pour ne pas toucher Castiel, mais il s'était tout de même rapproché. Castiel n'avait rien de prévu pour aujourd'hui et pouvait profiter de ces quelques minutes de calme. Il choisit donc de ne pas bouger et d'observer Dean.

Il avait toujours été fasciné par les humains. Il ne s'était jamais lassé de les regarder évoluer durant les millénaires où il avait veillé sur eux, mais Dean exerçait une fascination sans précédent sur lui. Castiel avait du mal à détacher ses yeux du jeune esclave. Il était incapable de comprendre pourquoi et cela le déstabilisait sensiblement, mais il ne voulait pas se poser de questions pour le moment. Il préférait nettement profiter du calme qui régnait dans la pièce.

D'aussi prêt, il pouvait voir tous les détails du visage du jeune homme. Il ne souffrait réellement d'aucun défaut. Ses cils étaient étrangement longs. Son nez parfaitement droit et fin. Ses lèvres étaient presque féminines. Il avait des taches de rousseur sur le front et les joues. Ses cheveux avaient pris un drôle de pli pendant qu'il dormait. Ils pointaient tous du même côté et Castiel trouvait cela absolument adorable.

Il avait envie de le toucher. Juste du bout des doigts. Pour sentir la texture de sa peau. Pour savoir si elle était douce et chaude, mais il savait qu'il n'en avait pas le droit. Il l'avait dit au jeune homme : personne n'avait le droit de le toucher sans son accord et surtout pas Castiel lui-même. Il se retint donc même si ce n'était pas facile.

Dean semblait incroyablement paisible à cet instant précis. Comme si tous ses problèmes, ses peurs et ses blessures n'existaient plus. Il paraissait plus jeune encore qu'il ne l'était. Comparé à lui, il le serait toujours, quel que soit son âge. À vingt-deux ans, même en âge humain, il était un très jeune adulte. Par contre, pour Castiel qui existait depuis des milliers d'années, c'était plus vrai encore.

L'ange s'accorda de longues minutes pour admirer le visage parfait du jeune homme. Il était sans nul doute l'être humain le plus séduisant que Castiel ait vu de toute sa longue existence. Une nouvelle fois, il refusait de se demander pourquoi cette idée ne voulait pas quitter son esprit. C'était pourtant sans importance. Dean était sous sa protection. Il était là parce que Castiel voulait l'aider à guérir. Qu'il soit séduisant ou non n'aurait jamais rien changé à sa détermination, mais il y pensait pourtant constamment.

Il était sans doute temps pour lui de quitter son lit et de détacher ses yeux de Dean. Il avait suffisamment traîné. Il était d'ailleurs convaincu que le jeune homme paniquerait en se réveillant ainsi observé d'aussi près. Castiel ne voulait surtout pas lui faire peur.

L'ange s'arracha à contrecœur à sa contemplation et tenta de quitter son lit aussi discrètement que possible, mais Dean devait avoir pris l'habitude de dormir que d'un œil. Castiel avait à peine posé les pieds au sol que le jeune homme se réveillait.

- Je… vous partez? demanda-t-il alors.

Castiel lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Dean semblait terrorisé à nouveau.

- Je… je ne voulais pas te réveiller. J'allais juste descendre, répondit-il.

Dean secoua alors la tête en se redressant brusquement. Il tendit la main en direction de Castiel, mais ne le toucha pas. Il la laissa finalement retomber sur le matelas entre eux. Il respirait trop fort et trop vite. Castiel ne comprenait pas ce qui était en train de lui arriver.

- Je vous remercie de m'avoir laissé me reposer, mais je peux… je vais bien mieux maintenant. Je sais également que je vous ai fait faux bond hier. J'aimerais pouvoir me rattraper.

Castiel comprit alors ce dont le jeune homme avait aussi peur. Il secoua la tête en se levant du lit. Il fit ensuite face à Dean et lui sourit.

- Tu n'as rien fait de mal. Je te l'ai dit hier. Je ne t'ai pas fait venir ici pour abuser de toi. Tu ne me dois rien et tu as été absolument parfait hier soir. Tu n'as aucune raison d'être inquiet.

- Pourant, je n'ai rien fait, rappela Dean d'une toute petite voix.

- Exactement.

Dean ne semblait pas vraiment comprendre sa logique, mais il n'insista pas. Castiel lui indiqua alors la salle de bains du menton.

- Tu peux aller prendre une douche si tu le souhaites. Je nettoierais tes plaies quand tu auras fini. Sauf si tu préfères rester au lit un peu plus longtemps.

Dean fronça les sourcils en observant l'endroit où Castiel avait dormi et qui était vide à présent. Il ne semblait pas vraiment savoir quoi faire. L'ange lui laissa tout le temps nécessaire pour prendre une décision. Quand il fut évident qu'il n'y parviendrait pas seul, il reprit la parole.

- Il n'existe pas de mauvaises décisions, Dean. Je ne cherche pas à te piéger. Tu peux décider de rester au lit ou d'aller prendre une douche. Dans tous les cas, ça me convient, assura-t-il.

Dean leva à nouveau les yeux sur lui.

- Vous devriez peut-être… vous avez sûrement envie d'utiliser la salle de bains avant moi. Je… je peux attendre. Je peux rester ici et attendre que vous ayez fini. Ou je peux venir avec vous et vous assister.

Castiel savait parfaitement ce que le jeune homme entendait par « assister ». Il était évident que Lucifer avait dû le forcer à le suivre quand il prenait sa douche. Probablement pour que Dean se charge de le laver ou pour abuser de lui d'une manière ou d'une autre. Castiel n'avait certainement pas l'intention d'en faire de même.

- Je prendrais ma douche plus tard et je n'exigerais jamais de toi que tu m'assistes pendant que je me lave. Dean, ici, tu n'es plus un esclave. Tu peux aller et venir à ta guise. Tu peux utiliser chacune des pièces de cette maison sans avoir à demander la permission à qui que ce soit.

C'était probablement incompréhensible pour Dean après ce qu'il avait vécu et la manière dont il avait été conditionné pour croire tout l'inverse. Castiel allait avoir besoin de le lui dire et de le lui répéter à de très nombreuses reprises sans doute.

- Je… je vais aller prendre une douche alors, murmura le jeune homme.

Il ne semblait pas réellement sûr de lui et avait tourné cette simple phrase comme une question. Il semblait avoir tout de même besoin de la permission de Castiel pour faire quoi que ce soit. Bien que ce dernier lui a dit à l'instant qu'il n'avait pas à le faire. L'ange se rappela alors de ce que Charlie lui avait dit et hocha la tête.

- Prend tout le temps dont tu as besoin, répliqua-t-il.

Dean se leva alors du lit doucement. Castiel jeta un coup d'œil aux bandages dans son dos. Certaines plaies avaient sensiblement saigné durant la nuit. Il allait devoir les examiner pour s'assurer qu'elles ne risquaient pas de s'infecter. Il ne comprenait définitivement pas comment on pouvait prendre le moindre plaisir en faisant souffrir quelqu'un. Lucifer était un monstre.

- Retire tes bandages, mais ne tente pas de nettoyer ton dos seul. Je m'en occuperais quand tu auras terminé. Je vais devoir les désinfecter à nouveau.

- Oui, se contenta d'accepter Dean machinalement.

Castiel se retint de soupirer, triste de voir que le jeune homme répondait sans même hésiter une seule seconde. L'ange aurait probablement pu lui demander n'importe quoi à cet instant précis et Dean aurait accepté sans réfléchir. Lucifer avait fait en sorte qu'il comprenne qu'il n'avait de toute façon pas le choix.

Le jeune homme prit finalement la direction de la douche. Castiel le regarda disparaître à l'intérieur. Il ne fut pas surpris de voir que Dean ne fermait pas la porte. Il devait continuer de penser que l'ange souhaiterait le rejoindre. Il n'était de toute façon pas pudique; il n'avait jamais eu le luxe de le devenir. Castiel soupira finalement, triste et fatigué malgré les heures de sommeil accumulées cette nuit.

Il s'habilla rapidement en écoutant les bruits dans la salle de bains. Il résista à l'envie de vérifier si Dean allait bien. Il ne voulait surtout pas lui donner l'impression qu'il le croyait incapable de s'occuper de lui-même. Il ne doutait pas de la force du jeune homme. De son courage. Il avait survécu à l'enfer et il était suffisamment solide pour s'en sortir dans ce nouvel environnement. Par contre, Castiel avait été créé en partie pour veiller sur l'humanité. Parfois, il avait du mal à ne pas se comporter comme tel.

Quand il entendit l'eau couler enfin dans la douche, il se décida à quitter la chambre. Il descendit rapidement au rez-de-chaussée et ne fut pas surpris de trouver Charlie installer dans la cuisine, son café dans les mains. Castiel la salua avant de se servir une tasse à son tour.

- Alors? demanda la jeune femme presque aussitôt.

Castiel savait qu'elle devait être curieuse et probablement inquiète. Il s'assit avant de lui répondre.

- Ce n'était pas parfait… loin de là, mais je pense que ça s'est passé aussi bien que possible dans ces circonstances. Il… quand je l'ai rejoint dans la chambre, il s'attendait à ce que je… à ce que je l'utilise comme Lucifer le faisait. Il m'attendait sur le lit entièrement nu et… j'ai dû le convaincre que ce n'était pas ce que je voulais. J'ai toutefois réussi à soigner ses blessures et il a dormi sans se réveiller durant toute la nuit.

- Il dort toujours?

Castiel secoua la tête avant de boire une gorgée de café. En tant qu'ange, il n'avait pas vraiment besoin de se nourrir et de s'hydrater, mais il aimait le café et tout particulièrement la nourriture humaine.

- Non, il est sous la douche. Il a essayé de me convaincre de coucher avec lui ce matin… il m'a supplié et le simple fait que je refuse l'a pratiquement fait paniquer. Il s'est calmé et je crois qu'il commence… il commence à comprendre que je ne le violerais pas.

Charlie hocha la tête, visiblement soulagée de l'entendre. Cela pouvait paraître être un bien maigre progrès, mais ils savaient tous les deux qu'ils ne pouvaient pas s'attendre à mieux dans ces circonstances. Le simple fait que Castiel ait réussi à calmer Dean était déjà un miracle en soi.

- Tu as fait ce qu'il fallait Cas et je sais que ça n'a pas dû être facile pour toi. Je suis vraiment fière de toi, assura la jeune femme après quelques secondes.

Castiel n'était pas totalement sûr qu'il n'aurait pas pu faire mieux, mais il acceptait le compliment de Charlie. Il avait eu tort de tout rater et de commettre des erreurs irréparables. Il devait reconnaître qu'il était lui aussi un peu fier de sa réussite.

- J'ai tellement envie de l'aider, Charlie. Il est… je ne crois pas avoir déjà rencontré quelqu'un d'aussi fort que lui. Il n'a pas la moindre idée du courage dont il a fait preuve jusqu'aujourd'hui. Il pense que c'est normal. Qu'il n'avait pas le choix, mais il a résisté à sa façon. Il a refusé de laisser Lucifer le détruire… consciemment ou non. Il est incroyable.

Il fut surpris de voir que Charlie souriait à nouveau. C'était presque comme si elle avait compris quelque chose qui l'amusait sans que Castiel dise quoi que ce soit de spécifique. Il choisit donc de l'ignorer. Il n'avait pas vraiment envie de s'interroger sur ce point pour le moment.

- Il me fascine et je ne saurais même pas dire pourquoi. Il est… je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme lui. Il est non seulement admirable, mais il est aussi… je ressens le besoin de l'aider… de le réconforter… de lui montrer combien il est extraordinaire. Je… j'ai la sensation d'être déjà extrêmement attaché à lui et je ne le connais que depuis hier. C'est… déstabilisant, confia-t-il alors.

Le sourire de Charlie s'élargit un peu plus encore et, cette fois, Castiel ne put se retenir de lui poser la question.

- Quoi? Qu'est-ce qui te met dans cet état?

La jeune femme haussa les épaules avant de poser sa tasse vide sur la table.

- Je suis juste contente de voir que tu as autant envie de l'aider. Je suis également soulagée que cela se soit plus ou moins bien passé entre vous hier soir. Tu es quelqu'un de bien, Cas. L'un des meilleurs sans contestation possible.

Castiel ne savait jamais comment accepter un compliment. Il se contenta donc de sourire. Charlie avait toujours les mots justes pour l'aider. Il continuait de penser qu'elle ne lui disait pas tout. Qu'il y avait autre chose qui la poussait à sourire de la sorte, mais il choisit de ne pas poser la question. Il n'était de toute façon pas sûr qu'il apprécierait la réponse. Il ne voulait pas se compliquer encore plus la vie. Le simple fait d'avoir Dean à gérer était déjà suffisamment difficile.

- Je l'aurais aidé même si je ne l'avais pas trouvé aussi… fascinant et incroyablement séduisant, assura-t-il.

Il avait dit cela sans réellement réfléchir. Il n'avait toutefois pas honte de ses propos. Pas honte de ce qu'il ressentait pour le jeune homme. Il savait que Charlie ne se moquerait pas de lui et qu'elle n'utiliserait certainement pas ce qu'il venait de dire contre lui.

- Je le sais, Cas… je n'en ai pas le moindre doute, répliqua-t-elle alors.

Castiel fut soulagé de l'entendre. Parfois, il lui arrivait de douter de lui-même. De penser qu'il n'en faisait peut-être pas assez. Qu'il aurait dû agir différemment, mais, à chaque fois, Charlie lui assurait que c'était suffisant. Qu'il aurait été dangereux d'en faire plus et qu'elle avait totalement confiance en lui. Castiel avait besoin d'entendre ce genre de choses pour garder le courage de continuer.

Il allait la remercier à nouveau, mais un bruit sourd à l'étage le coupa dans son élan. Il se tendit aussitôt, prêt à intervenir si nécessaire. Il était sur le point de reprendre sa conversation avec Charlie quand un cri résonna. Dean. Ça ne pouvait être que lui. Castiel reconnaissait sa voix.

Il lâcha sa tasse de café sans se soucier de savoir si elle allait se casser ou non puis sauta de sa chaise et courut à l'étage, Charlie sur ses talons. Il n'aurait jamais dû laisser le jeune homme seul à l'étage. Il aurait dû attendre qu'il ait terminé de prendre sa douche pour descendre. Il avait été incroyablement stupide.

Il imaginait déjà tous les pires scénarios quand il franchit enfin la porte de sa chambre. Il fut rassuré de constater que, bien que visiblement blessé et souffrant, Dean était toujours en vie contrairement à ce qu'il avait imaginé.

Le jeune homme avait de toute évidence chuté en sortant de la salle de bains. Il était entièrement nu et affalé sur le côté en position fœtale. Castiel s'approcha de lui doucement pour ne pas l'effrayer.

- Dean? l'appela-t-il.

Le jeune homme l'avait visiblement entendu, mais cela ne semblait pas l'avoir calmé. Bien au contraire. Il était plus recroquevillé encore, comme s'il s'attendait à recevoir des coups. Comme s'il voulait protéger les parties les plus vulnérables de son anatomie. Castiel sentit les larmes lui monter aux yeux. Il n'avait toutefois pas le droit de craquer. Pas quand Dean avait très clairement besoin d'être rassuré. Castiel s'agenouilla devant lui et posa délicatement une main sur son bras.

- Dean, c'est moi Castiel. Tu es en sécurité, mais tu t'es fait mal et j'ai besoin que tu me dises ce qui est arrivé pour que je puisse t'aider. Tu penses en être capable?

Le jeune homme laissa échapper un sanglot avant de hocher doucement la tête. Il se détendit sensiblement, mais il était évident qu'il était toujours paniqué. Castiel n'était pas sûr de comprendre pourquoi. Ce n'était toutefois pas le plus important. La première chose à faire était de s'assurer que le jeune homme ne s'était pas blessé sérieusement. Le reste pouvait attendre.

- Dean, est-ce que tu penses pouvoir te relever? Ne me dis pas oui juste pour me faire plaisir. Je veux savoir si tu en es réellement capable, d'accord?

Dean ne répondit pas immédiatement. Il posa ses deux mains sur le sol et tenta doucement de se redresser avant de grimacer et de se rallonger sur le sol. Il ne se recroquevilla pas à nouveau. Il ne cherchait même pas à se couvrir. Il semblait se ficher totalement d'être nu devant Castiel et Charlie.

- Pas sans aide et pas… pas debout. Je suis désolé. Je ne voulais pas… pas vous interrompre… pas être un poids pour vous. Je suis...

Castiel ne pouvait pas le laisser continuer à s'excuser ainsi quand il n'avait strictement rien fait de mal. Il l'attrapa par la taille sans lui laisser le temps de finir de parler et en faisant son maximum pour ignorer la sensation de sa peau nue sous ses doigts et l'aida à s'asseoir. Dean grimaça à nouveau, mais se laissa faire. Castiel jeta alors un coup d'œil dans son dos. Il avait rouvert certaines de ses plaies. Il allait également avoir un bleu entre les omoplates. Tout ceci était heureusement superficiel.

- Comment es-tu tombé ? demanda-t-il alors.

Dean baissa les yeux. Il avait visiblement honte. Ce qui était ridicule, mais logique quand on savait ce qu'il avait vécu jusque là.

- Quand je suis sorti de la salle de bains, vous n'étiez plus là et je… je ne savais pas ce que vous vouliez que je fasse. J'étais seul et… vous ne m'aviez pas préparé de vêtements… je n'étais même pas sûr que j'avais le droit de m'habiller. J'avais peur que vous soyez parti pour de bon. J'étais… perdu et… j'ai glissé. Mon dos a heurté le cadre de la porte. C'est idiot je sais et je suis désolé.

Castiel avait eu tort de partir sans le lui dire. Il aurait dû lui expliquer qu'il descendait juste préparer le petit déjeuner. Qu'il allait revenir. Que Dean était parfaitement en droit de s'habiller et de descendre le rejoindre si c'était trop long. Il avait agi comme avec ses autres esclaves. Il les savait capables de prendre leurs propres décisions. Par contre, Dean était différent et Castiel était le seul responsable de ce qui venait d'arriver.

- Tu n'as aucune raison d'être désolé. Tu n'as rien fait de mal. C'est moi qui ai commis une erreur et je m'en excuse. Je n'aurais pas dû partir comme ça sans rien te dire. Je suis désolé.

Dean semblait surpris de l'entendre s'excuser. Lucifer ne l'avait sans nul doute jamais fait avant. Cependant, le jeune homme allait entendre Castiel le faire souvent dorénavant, car l'ange commettait souvent des erreurs et il les assumait toujours.

- Je vais soigner ton dos et ensuite, tu pourras t'habiller. On prendra le petit déjeuner ensemble quand tes plaies seront bandées à nouveau, d'accord? Charlie, tu veux bien nous laisser seuls quelques minutes?

La jeune femme était restée silencieuse jusque là sans doute pour ne pas faire peur à Dean. Elle ne les avait toutefois pas quittés des yeux, visiblement inquiète pour le jeune homme. Ce dernier ne semblait même pas avoir remarqué sa présence. Il était bien trop paniqué pour ça. Après quelques secondes sans bouger, Charlie hocha la tête puis quitta la pièce sans dire un seul mot. Castel se promit de la remercier plus tard, mais, pour le moment, son seul objectif était d'aider Dean. De le rassurer pour qu'il ne panique plus et de soigner les blessures qu'il s'était rouvertes. Le reste devrait attendre encore un peu.


Quand Dean s'était réveillé, il avait été surpris de constater qu'il avait dormi toute la nuit sans faire le moindre cauchemar et sans être perturbé par la présence de Castiel dans le même lit que lui. Il s'était senti étrangement en sécurité aussi proche de son nouveau maître. Il aurait tout donné pour que ce sentiment perdure même après son réveil. Bien sûr, il n'eut pas cette chance.

Il ouvrit les yeux au moment où il sentit Castiel bouger dans le lit à côté de lui. Pendant une très courte – mais tout de même trop longue – seconde, Dean crut que son maître avait enfin décidé de l'utiliser. Qu'il avait changé d'avis durant la nuit et refusait de tenir sa promesse faite la veille. Le jeune esclave n'aurait pas été surpris. Il aurait même trouvé cela plus normal que l'attitude que Castiel avait eue. Il se tourna sur le côté prêt à tout accepter et fut surpris de voir que son nouveau maître semblait prêt à quitter le lit et probablement la chambre ensuite. Il allait partir en laissant Dean là. Sans lui donner la moindre instruction. Sans lui donner un seul ordre. Le jeune esclave n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait faire. Il tenta donc de le retenir en lui proposant de faire ce pour quoi il était le plus doué, mais, une nouvelle fois, Castiel refusa. Il ne le fit pas méchamment. Ce n'était pas un rejet cruel. Juste la même excuse que la veille : Dean n'était pas un esclave ici. Il était un homme et personne ne devait le toucher sans sa permission. Ce n'était pas logique et ce n'était définitivement pas normal. Dean ne savait pas quoi en penser.

Castiel finit par l'encourager à aller prendre une douche. Le jeune esclave devait reconnaître que cela sonnait comme une bonne idée. Il avait envie de sentir l'eau chaude sur ses muscles tendus. Il avait envie de se débarrasser de l'odeur de sueur qui devait probablement coller à sa peau depuis la veille. Il n'avait toutefois pas oublié qu'il n'était pas le maître ici, mais l'esclave. Il suggéra donc à Castiel d'utiliser la douche avant lui et de le laisser s'occuper de lui. Castiel refusa, à nouveau. Dean commençait à s'habituer à l'entendre dire non. Il accepta son choix et fila finalement sous la douche.

Une fois sous l'eau chaude, il ne put s'empêcher de s'interroger sur tout ce qui s'était passé depuis son arrivée chez Castiel. Il continuait à se demander si son nouveau maître ne jouait pas un jeu pour le faire souffrir. S'il ne tentait pas d'instaurer une certaine forme de confiance chez Dean avant de la détruire de façon spectaculaire. Il devait rester sur ses gardes. Cependant, il devait également donner à Castiel ce dont il avait envie. Même si c'était l'illusion qu'il croyait à tout ce qu'il lui disait. Il devait être parfait afin de le convaincre de récupérer Sam ensuite. Il allait donc entrer dans son jeu. Il savait qu'il en était capable.

Il ne traîna pas longtemps sous la douche même s'il en avait envie. Il ne voulait pas utiliser toute l'eau chaude ou être absent pendant une trop longue période de temps. Il savait que Castiel devait l'attendre dans la chambre. Dean n'avait pas le droit de le faire patienter. Il coupa donc l'eau et attrapa une serviette sous le lavabo. Il la noua autour de sa taille puis jeta un coup d'œil à son reflet dans la glace. Ce n'était pas parfait, mais il avait l'impression que Castiel le trouvait séduisant. Le voir nu hier l'avait visiblement perturbé. Dean espérait que cela suffirait. Il prit une grande inspiration avant de quitter la salle de bains, prêt à faire face à son nouveau maître à nouveau.

Le problème était qu'il n'était pas là. Dean se figea dans l'encadrement de la porte et regarda frénétiquement autour de lui. Castiel était parti. Sans lui dire où il allait et sans le prévenir. Sans lui dire où le retrouver ou s'il avait même le droit de s'habiller. Il n'avait rien de préparé pour lui et Dean ne pouvait décemment pas lui emprunter des vêtements sans le lui demander au préalable.

Le jeune esclave sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Castiel avait-il perdu patience parce qu'il était trop long? Avait-il fini par se désintéresser de lui pour de bon? Dean priait pour que cela ne soit pas le cas. Si Castiel se lassait, il n'accepterait jamais de récupérer Sam chez Lucifer et Dean serait séparé de lui pour de bon. Le jeune esclave ne comprenait pas ce qu'il avait pu faire de mal jusque là. Il ne comprenait pas pourquoi Castiel n'était pas là.

Il sentit la panique le gagner doucement et ses jambes flageoler sous son poids. Il avait déjà fait plusieurs crises d'angoisse par le passé et il savait parfaitement à quoi s'attendre. Il devait s'asseoir. Juste quelques secondes pour retrouver son calme. Il supplierait ensuite Castiel de revenir et ferait en sorte de le satisfaire de quelque manière que ce soit.

Il tenta de faire un pas en avant, mais son pied glissa aussitôt. Il était trop faible pour s'empêcher de tomber. Il eut toutefois la présence d'esprit de basculer son poids en arrière pour ne pas se fracasser la tête sur le sol. Il sentit son dos heurter l'encadrement de la porte et il ne put s'empêcher de crier quand certaines des plaies se rouvrirent aussitôt. Il finit par tomber à genoux sur le sol. Il se roula ensuite en boule, persuadé qu'il allait être puni pour avoir été aussi faible. Lucifer n'aurait jamais accepté de le trouver dans cet état. Il pouvait déjà entendre Castiel monter à l'étage. Il allait le lui faire payer. Dean se mit en position fœtale pour protéger les parties les plus fragiles de son corps et attendit patiemment. Il entendit la porte s'ouvrir puis des bruits de pas. Il ferma les yeux et se força à respirer calmement.

À sa grande surprise, Castiel ne le frappa pas. Il ne se mit pas à crier non plus. Il se contenta de prononcer son nom avec inquiétude. Dean choisit de ne pas bouger. Il ne savait pas quoi faire d'autre. Castiel l'aida finalement à se rasseoir et lui demander des explications. Le jeune esclave aurait voulu lui dire que tout allait bien, mais il ne put s'empêcher de lui expliquer pourquoi il était tombé. Pourquoi il avait paniqué en trouvant la chambre vide. Il s'excusa également, bien sûr. Il ne voulait surtout pas mettre Castiel en colère.

Ce dernier ne semblait toutefois pas lui en vouloir. Il semblait bien plus concerné par l'état dans lequel le jeune homme se trouvait. Ce qui n'avait aucun sens, mais Dean ne cherchait plus à comprendre Castiel. Il était préférable de suivre le mouvement et d'accepter toutes ces bizarreries.

Il accepta donc que son nouveau maître l'installe sur le lit et il accepta qu'il s'excuse pour l'avoir laissé seul. Il ne protesta pas non plus quand il lui proposa de nettoyer et de bander ses blessures. Il ne voulait surtout pas le contrarier.

Il pouvait sentir que Castiel avait encore des questions à lui poser sur ce qui avait pu le faire autant paniquer à sa sortie de la douche, mais il ne disait rien. Un peu comme s'il avait peur de prononcer un mot de trop et de l'angoisser à nouveau. Dean hésita, mais finit par se résigner à lui en dire plus. Peut-être parviendrait-il à le satisfaire ainsi. S'il ne voulait pas l'utiliser pour le sexe, Dean pouvait l'accepter et se rendre utile et intéressant d'une autre manière. Il lui suffisait juste de trouver laquelle.

- Lucifer attendait de moi que je sache toujours comment le satisfaire. Il voulait que je sois en mesure de faire ce dont il avait besoin sans avoir à me l'ordonner au préalable. Cela m'a pris du temps pour apprendre, mais j'avais fini par devenir doué pour anticiper ses besoins. Avec vous, je… je ne sais pas… je suis perdu pour la première fois depuis longtemps et c'est difficile pour moi de prendre la moindre initiative. Je veux être parfait pour vous. Je veux être ce que vous attendez de moi, mais il va falloir que vous m'aidiez à vous comprendre pour que je puisse y parvenir.

Castiel observait toujours son dos. Il l'avait à peine touché pour le moment. Il ne semblait pas vraiment pressé de traiter ses blessures. Sans doute était il trop occupé à réfléchir. Dean supposait qu'il était également surpris de l'entendre parler autant. Il lui fallait sans doute quelques secondes pour s'y faire.

- Je sais que tu es perdu Dean et je peux te promettre que je vais t'aider, mais… j'aimerais aussi comprendre pourquoi tu es aussi déterminé à me satisfaire. Je te l'ai dit. Tu ne me dois rien. Est-ce que tu… quand je suis arrivé, tu… tu étais dans une position qui me laisse à penser que tu avais peur que je te frappe. Est-ce que tu as toujours peur que je te punisse maintenant?

Dean secoua aussitôt la tête. Il n'avait pas la moindre idée de ce que Castiel avait en tête. Il ne savait pas s'il prévoyait de lui faire payer son erreur ou non, mais il s'en contrefichait totalement. Il pouvait parfaitement accepter n'importe quelle punition. Il pouvait supporter la douleur et les coups. Il voulait juste que Castiel soit suffisamment content pour récupérer Sam. C'était son seul objectif.

- Non, je n'ai pas peur d'être puni, assura-t-il. Si vous en avez envie, alors vous le ferez et je ne pourrais pas vous en empêcher. Je connais ma place. Je sais ce que je suis. Je sais également ce que je peux supporter. Avoir peur de quelque chose qu'on ne peut pas maîtriser est stupide.

- Tu es résigné, souffla alors Castiel d'une voix étrangement triste.

- Je le suis, oui. Je vous donnerais ce que vous souhaitez. Que ce soit de vous attendre ici pendant des heures, de recevoir des coups ou de ne plus jamais vous approcher. Tout ce que je veux, c'est être parfait. C'est vous faire plaisir.

Castiel retira ses mains de son dos et pendant une seconde, Dean crut qu'il allait partir à nouveau. Le jeune esclave dut se forcer à rester calme. Il prit ensuite le temps de réfléchir à ce qu'il avait dit pour trouver ce qu'il avait fait de travers. Par contre, Castiel ne partit pas. Il se contenta de bouger jusqu'à être assis à côté de lui.

- Pourquoi as-tu aussi peur de ne pas être parfait? demanda-t-il ensuite.

Dean ne comprenait pas pourquoi il lui posait la question. Être ce que son maître attendait de vous était le devoir de tout bon esclave. Cependant, il commençait à comprendre que Castiel n'était pas comme les autres anges. Il avait peut-être besoin qu'on le lui explique.

- J'ai été formé pour n'avoir que cet objectif en tête et… je me dis que si… si je suis suffisamment satisfaisant pour vous, vous accepterez peut-être de faire venir Sam ici… mon petit frère. J'aimerais qu'il vienne vivre avec moi. Je… je me fiche de ce qui peut m'arriver. Je me fiche de souffrir. Je me fiche d'être enfermé pendant des jours entiers dans une pièce sans eau, sans électricité et sans nourriture. Je me fiche de tout ce qui peut m'arriver du moment que Sam est… du moment qu'il est là.

Voilà. C'était dit. Dean n'avait pas voulu évoquer son réel plan tout de suite, mais il pouvait sentir que Castiel avait besoin de l'entendre. L'honnêteté était visiblement quelque chose d'important pour lui. Dean pouvait se montrer sincère si c'était ce que son nouveau maître attendait.

- Dean, je… tu dois comprendre que le sort de Sam ne dépend pas de ce que tu pourrais ou non faire ici. Je n'ai pas besoin que tu sois parfait comme tu dis pour avoir envie de l'aider et tu ne devrais pas te ficher de ton propre sort. Tu ne devrais pas avoir à tout accepter ainsi. Tu ne seras jamais… jamais frappé et torturé chez moi. Je ne laisserais personne te faire du mal et tu as le droit de commettre des erreurs. Tu as le droit de me crier dessus ou de me faire des reproches. Tu as le droit de faire ce que bon te semble sans te soucier de savoir si cela me plaît ou non. Même si j'étais furieux contre toi pour une raison ou pour une autre, je serais tout de même déterminé à sauver ton frère du mien.

Dean aimait ce qu'il entendait. Il aimait l'idée que Castiel ait réellement envie de récupérer Sam, mais il ne comprenait pas comment son nouveau maître pouvait le vouloir autant. Sam était juste un esclave parmi tant d'autres. Il n'était ni plus utile ni plus intéressant qu'un autre pour les anges. Castiel n'aurait pas dû avoir autant envie de l'aider. Cela n'avait aucun sens.

- Pourquoi? demanda-t-il alors malgré lui.

Il savait qu'il était idiot de poser une telle question. Il aurait dû se contenter d'accepter les propos de Castiel. Il n'aurait pas dû l'interroger sur ses intentions. Il ne voulait surtout pas le faire changer d'avis. Cependant, son nouveau maître était étrange et Dean ressentait le besoin de le comprendre. Il allait vivre sous le même toit que lui. Il avait besoin de savoir à quoi s'attendre.

- Pourquoi quoi? demanda alors Castiel.

- Pourquoi… pourquoi êtes-vous aussi gentil? Ça n'a pas de sens pour moi. Jamais personne avant vous ne s'était soucié de moi ou de mon frère. Pas même les autres esclaves chez Lucifer. Pourquoi avez-vous autant envie de nous aider?

Castiel ne répondit pas immédiatement. Dean croisa alors les doigts pour ne pas avoir dit quelque chose qu'il n'aurait pas du dire. Il garda les yeux rivés au sol et se contenta d'attendre malgré l'angoisse sourde qui montait en lui. Il fut soulagé quand Castiel reprit finalement la parole.

- Je pourrais essayer de te l'expliquer, mais cela nous prendrait beaucoup de temps et je ne suis pas sûr que tu accepterais de me croire. Alors je vais me contenter de te dire que je le fais parce que c'est juste et que c'est ce pour quoi mon Père m'a créé. Je suis chargé de veiller sur les humains… pas de leur faire du mal. Je veux m'en tenir à cette mission tant que je le pourrais. C'est pour ça que je n'abuserais pas de toi et que je ne te punirais jamais. C'est pour ça que je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider également ton frère. C'est enfin pour ça que tu n'as strictement rien à craindre de moi.

Dean se souvenait avoir entendu sa mère lui dire que les anges avaient été créés pour protéger les humains. Le jeune esclave l'avait cru parce qu'il était trop jeune pour savoir qu'il s'agissait là d'une légende. Il avait voulu croire que Lucifer saurait être comme ces anges dont sa mère lui avait parlé. Il avait vite compris que ce n'était pas le cas. Puis il avait grandi et il avait fini par comprendre qu'il s'agissait de quelque chose qu'on disait aux enfants pour les aider à s'endormir. Castiel était le premier à lui tenir les mêmes propos depuis dix-huit ans et il avait envie de le croire. Il avait terriblement envie de le croire.

- Je… d'accord, souffla-t-il finalement.

Castiel n'ajouta rien de plus. Il reprit position derrière lui et recommença à nettoyer ses blessures. Il le fit rapidement pour lui éviter d'avoir plus mal que nécessaire. Dean utilisa ce temps pour repenser à tout ce que son nouveau maître lui avait dit. Il avait peut-être eu tort de croire que Castiel jouait à un jeu avec lui. Peut-être était-il sincère, en fin de compte.

- J'étais descendu préparer le petit déjeuner, avoua finalement l'ange après de longues minutes de silence.

Dean n'avait pas imaginé une seconde qu'il s'agissait là de la raison de son absence. Sans doute parce qu'il était convaincu que préparer quoi que ce soit à manger était le devoir d'un esclave et certainement pas celui d'un ange. Il avait imaginé les pires scénarios sans même envisager cette possibilité. Par contre, cela avait du sens après ce que Castiel lui avait dit et renforçait l'idée qui commençait à germer dans son esprit que son nouveau maître ne lui avait peut-être pas menti en lui assurant qu'il était en sécurité chez lui. C'était une idée à la fois merveilleuse et effrayante.

- Je suis désolé d'avoir paniqué, répliqua-t-il.

- Ne le sois pas. J'aurais dû te l'expliquer. J'aurais dû te prévenir. Je ne referais pas deux fois la même erreur.

- Vous n'avez pas à me prévenir à chaque fois que vous voulez faire quelque chose. Je… vous êtes libres d'aller et venir. Vous êtes chez vous.

- Tu es chez toi aussi, Dean.

Le jeune esclave hocha la tête parce qu'il avait envie de le croire et parce qu'il ne savait pas comment réagir autrement. Castiel termina de nettoyer ses blessures en silence puis descendit du lit pour lui tendre des vêtements. Dean réalisa alors qu'il était nu. Il n'y avait pas pensé une seule seconde. Il y était habitué après tout.

Il se vêtit rapidement avant de suivre Castiel à l'extérieur de la chambre et jusqu'au rez-de-chaussée. Ils entrèrent dans la cuisine l'un derrière l'autre. Charlie était assise à la table et leur sourit en les voyant. Dean repensa alors à ce qui s'était passé dans la chambre. Il avait le vague souvenir d'avoir entendu Castiel demander à la jeune femme de les laisser seuls. Il n'avait pas eu conscience de sa présence jusque là, mais il savait qu'elle avait probablement dû être inquiète pour lui. Il n'aimait pas l'idée de lui avoir causé le moindre souci.

- Je suis désolé, Charlie, lança-t-il alors à son intention.

La jeune femme haussa les épaules avant de tirer une chaise pour qu'il s'asseye à côté d'elle. Dean jeta un coup d'œil à Castiel, mais comme il ne semblait pas se soucier de ce qu'il faisait, il prit place sur la chaise.

- Ne t'excuse pas. Il nous arrive à tous d'avoir des moments comme ça. Je suis juste contente que tu ailles bien. C'est tout ce qui compte, non?

Dean hésita à lui dire que la seule chose qui comptait vraiment était que Sam aille bien, mais il ne devait pas oublier que Castiel avait promis de l'aider et que cela serait bientôt le cas. Il sourit donc et, pendant une seconde, il ne fut pas sûr d'y être parvenu. Il ne souriait presque jamais. Seulement avec Sam. Jamais avec des inconnus. C'était une grande première pour lui, mais ce n'était pas la seule. Il était assis à table et celui qui devait lui donner des ordres était occupé à lui préparer du café et quelque chose à manger. Il n'en était pas à une surprise près.

- Tu vas bien n'est-ce pas? demanda alors Charlie.

Dean prit une seconde pour réfléchir avant de répondre.

- Je vais mieux… je vais… je pense que je finirais par aller bien.

Il ne mentait pas. Pour la première fois de sa vie sans doute, il avait réellement l'impression que les choses iraient bien pour lui. Il était sans doute dangereux d'espérer ainsi. De baisser sa garde, mais Dean était fatigué de se battre en permanence. Fatigué de devoir toujours garder un œil ouvert. Il avait envie de croire ce que Castiel lui avait dit. Il avait envie de croire que son frère serait bientôt là. Qu'ils pourraient être en sécurité dans cette maison. Il finirait peut-être par être déçu et par souffrir ensuite, mais, pour le moment, il se sentait bien.

- Parfait alors, conclut Charlie en souriant toujours.

Castiel posa alors une tasse de café sous le nez de Dean puis une assiette avec des œufs et des toasts. Le jeune esclave n'avait que très rarement le droit de manger quelque chose le matin et il n'était pas sûr que son estomac saurait l'accepter. Il avait toutefois envie d'essayer, car Castiel semblait vouloir le faire tenter sa chance et il voulait lui faire plaisir. Il le remercia donc rapidement puis commença à manger. Castiel finit par prendre place à côté de lui avec sa propre tasse de café. Ils petit-déjeunèrent ainsi en silence et c'était agréable. Dean était sûr qu'il pourrait réussir à s'habituer à cette tranquillité. Il aimait l'idée d'être l'égal de son maître. Il aimait également l'idée de ne pas être terrifié en permanence pour une fois. Castiel ne lui avait pas donné la moindre raison de douter de lui jusque là. Dean allait lui accorder sa confiance pour un temps. Il espérait juste ne pas se tromper.