Bonjour,
Voici le chapitre 6 et Dean fait une découverte dont il se serait bien passé ! Comment va t-il gérer ça ?
Merci à Elissa pour la correction et tous les bons conseils qu'elle me donne. Merci à vous pour votre fidélité et vos messages.
Bonne lecture et à lundi
Sydney8201
PS: courage à ceux qui subissent la canicule comme moi !
Musique du chapitre :
We're all to blame de Sum 41
Chapitre 6 : Résistance
« Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance, il assure l'ordre. Par la résistance, il assure la liberté. »
Alain
Castiel était content de voir que Dean commençait doucement à se faire à sa nouvelle vie. Rien n'était parfait bien sûr. Il continuait à avoir peur parfois quand il tentait de faire quelque chose par lui-même. Il était toujours sur ses gardes et il lui était difficile de faire confiance aux autres esclaves. Il semblait bien s'entendre avec Charlie. Il discutait parfois avec elle quand ils étaient seuls, mais il ne disait pas grand-chose. Il ne se confiait que rarement sur son passé, mais il l'écoutait et intervenait. Il était drôle et intelligent. Castiel était un peu jaloux qu'il n'ait pas encore trouvé le courage de venir discuter avec lui. Il pouvait comprendre qu'il était plus facile de se sentir à l'aise avec Charlie. Elle était humaine comme lui et elle avait été esclave pendant des années avant d'arriver chez Castiel. Elle pouvait le comprendre. Cependant, l'ange aurait aimé être celui vers qui le jeune homme se tournait quand il avait envie de parler ou juste de passer un peu de temps.
Il arrivait à Dean de passer des heures sans bouger dans la maison, visiblement perdu quant à ce qu'il convenait de faire. Castiel se chargeait alors de lui suggérer une occupation. Il ne lui donnait jamais aucun ordre. Juste des conseils. Il voulait que Dean apprenne à dire « non ». Qu'il comprenne enfin qu'il avait parfaitement le droit d'avoir envie de quelque chose et de faire en sorte de l'obtenir. Il voulait lui apprendre à réfléchir par lui-même.
Le plus grand progrès du jeune homme était probablement le fait qu'il n'avait plus proposé à Castiel de l'utiliser. Il n'avait plus tenté de le convaincre de le violer ou de le punir quand il faisait tomber un verre ou brûlait un quelconque aliment. Il semblait avancer, mais seul le temps pouvait réellement l'aider. Heureusement pour eux, ils en avaient.
Castiel avait hâte de voir quelle personne le jeune homme deviendrait une fois libéré de ses angoisses et de ses peurs. Il en avait déjà une vague idée en le regardant interagir avec Charlie. Il était presque sûr que Dean serait extraordinaire une fois libéré de ses chaînes. Il pourrait même accomplir de grandes choses s'il le voulait. Il saurait être un atout pour la résistance. Pour les humains en général. Survivre à tout ce qu'on lui avait fait endurer faisait de lui un exemple à suivre, mais ils n'en étaient pas là. Dean avait d'abord besoin de guérir avant qu'ils envisagent quoi que ce soit d'autre.
Parce que, si le jeune homme avait effectivement fait des progrès remarquables, il restait encore des traces de ce que Lucifer lui avait fait subir. Les blessures dans son dos commençaient à guérir, mais elles laisseraient des cicatrices qui viendraient s'ajouter à celles que Dean avait déjà. Son dos était le témoignage de l'enfer qu'il avait traversé. Castiel détestait les regarder.
En plus des blessures physiques évidentes, il avait également des traumatismes psychologiques que l'ange ne devait surtout pas sous-estimer. Ils continuaient de partager le même lit et souvent, Dean se réveillait en hurlant. Parfois, Castiel ouvrait les yeux en plein milieu de la nuit pour le trouver s'agitant à côté de lui les mains serrées autour de sa gorge comme pour se tenter de se libérer de quelqu'un. Il avait hésité à le réveiller les premières fois, mais voir le jeune homme souffrir lui était insupportable. Il avait donc pris l'habitude de lui murmurer qu'il était en sécurité, qu'il n'avait plus rien à craindre et que Lucifer ne pourrait jamais plus lui faire de mal. Dean finissait alors par ouvrir les yeux. Il était évident qu'il faisait en sorte de ne pas pleurer. Cependant, son chagrin, sa peine et sa souffrance étaient visibles sur son visage. Castiel savait que le toucher dans ces moments-là n'était pas une bonne idée. Il ne voulait pas que Dean puisse penser qu'il voulait profiter de la situation. Il se contentait donc de lui sourire et de lui laisser tout le temps nécessaire pour se calmer. Il le regardait s'endormir à nouveau avant de tenter d'en faire de même.
Il aurait aimé pouvoir libérer Dean de ses cauchemars. Il aurait aimé savoir comment apaiser ses peurs et le débarrasser de ses souvenirs qui le hantaient. Il doutait qu'il existe une solution miracle. Le jeune homme avait besoin de temps pour faire la paix avec ce qu'il avait vécu. Il n'oublierait jamais. Il allait avoir besoin d'apprendre à vivre avec.
Par contre, les quelques sourires qu'il surprenait sur le visage du jeune homme quand il ne se sentait pas observer lui donnait espoir. Il doutait parfois de lui-même et de sa capacité à aider réellement Dean, mais, quand il le voyait se retenir de rire à une plaisanterie stupide de Charlie ou de Garth, il pouvait sentir qu'il avait fait quelque chose de bien. Il avait eu raison de faire venir le jeune homme chez lui. Il ne pouvait peut-être pas efface les horreurs passées, mais il pouvait lui donner un futur plus joyeux et une certaine forme de liberté. Ce ne serait jamais suffisant, bien sûr, mais c'était ce qu'il pouvait faire de mieux.
Bien sûr, il était conscient que ce qu'il avait donné à Dean ne pourrait jamais totalement le satisfaire. Il lui manquait quelque chose de crucial pour avoir une chance d'être pleinement heureux. Il lui manquait son petit frère. Sa seule famille et la personne la plus importante au monde pour lui. Castiel avait besoin de trouver le moyen de le faire venir lui aussi. Il ne pouvait pas les laisser séparer. Dean s'inquiétait bien trop pour son frère et l'ange était convaincu qu'il finirait par exiger de retourner chez Lucifer pour le retrouver. Ce qui était inacceptable et inenvisageable pour lui. Il ne pourrait jamais se le pardonner si cela se terminait ainsi.
Il allait donc devoir accomplir un second sauvetage et celui-ci s'annonçait compliqué. Il avait senti que Lucifer n'avait pas du tout l'intention de lui donner Sam en plus de Dean. Il était presque sûr que son frère refusait parce que cela rendait son ancien esclave triste. C'était la seule forme de torture qu'il pouvait encore exercer sur lui. C'était sans doute la plus cruelle.
Castiel ne pouvait pas exiger de lui qu'il lui donne Sam. Il ne pouvait pas non plus le lui prendre de force sans s'exposer à des représailles. Il devait agir intelligemment, mais il était malheureusement à court d'idées.
Quand c'était le cas, il savait heureusement toujours vers qui se tourner. Gabriel était sa planche de salut. Il aurait forcément une idée. Parfois ses plans pouvaient paraître complètement fous et dangereux, mais ils étaient le plus souvent bons. C'était lui qui avait trouvé le moyen d'arracher Dean à Lucifer. Il voulait croire qu'il saurait comment en faire de même pour lui prendre Sam.
Castiel rejoignit la pièce qui lui servait de bureau et s'installa sur le canapé dans un coin. Il joignit ensuite ses mains devant lui et adressa une prière à son frère. Ils avaient besoin d'être discrets. Personne ne devait surprendre une de leurs conversations. Castiel resta donc relativement vague quand il s'adressa à Gabriel. Il se contenta de lui envoyer le message qu'il souhaitait le voir. Ils auraient pu utiliser une technologie humaine pour communiquer. Lucifer n'aurait jamais pu surprendre leur conversation s'ils avaient utilisé un téléphone, mais Castiel n'avait jamais réellement su comment les utiliser. Prier était plus simple et bien plus rapide.
Il avait tout juste rouvert les yeux qu'il entendit le bruit d'ailes distinctif de l'arrivée de son grand frère. Il sourit aussitôt, soulagé de le savoir là. Il aimait beaucoup Gabriel. Il était l'un des seuls de sa famille dont il se sentait proche. Sans doute parce qu'ils avaient la même façon de voir les choses et qu'ils luttaient ensemble depuis des années contre l'ordre établi.
- Cassie, lança Gabriel en lui souriant.
C'était le surnom qu'il employait depuis toujours pour s'adresser à lui. Castiel l'avait détesté au début, mais il avait appris à l'apprécier avec le temps. C'était le symbole de l'affection que Gabriel avait pour lui. C'était un réflexe humain. Gabriel leur ressemblait beaucoup. Sans doute parce qu'il avait vécu à leurs côtés pendant des centaines d'années.
- Tu disais avoir besoin de me parler?
Castiel fit signe à son frère de s'asseoir à côté de lui. Comme à son habitude, son frère avait une sucette d'un rouge vif dans la bouche. Il avait acquis un amour presque malsain pour les sucreries en tout genre. Heureusement pour lui, il ne risquait pas d'attraper du diabète ou de grossir.
- Est-ce qu'on peut se parler ou est-ce que tu crois qu'on… commença-t-il avant de faire un geste de la main signalant qu'il avait peur qu'on les écoute.
Gabriel claqua des doigts avant de sourire de plus belle.
- Problème réglé. Personne ne peut plus nous entendre, mais tu sais que si quelqu'un tente de nous écouter, il se posera des questions sur notre silence… et il pourrait se faire des idées sur ce qu'on est en train de faire.
Castiel se fichait de ce qu'on pouvait penser de lui. Il n'attachait aucune importance à l'opinion de ses frères et sœurs. Il voulait juste pouvoir discuter avec Gabriel sans risquent d'être surpris. Surtout quand il avait des sujets sérieux et secrets à aborder.
- Laisse-les se faire des idées. On s'en fiche. Ce que j'ai à te dire est bien plus important que leur opinion sur nous.
Gabriel hocha la tête puis se tourna vers Castiel, l'air grave.
- Est-ce qu'il y a un problème avec Dean? Il… il va bien j'espère?
Castiel savait que son inquiétude était sincère et cela le soulageait d'un poids. Si Gabriel voulait réellement aider le jeune homme alors il serait déterminé à aider également Sam.
- Il va… aussi bien que possible. J'ai l'impression qu'il commence à croire qu'il est en sécurité ici. Ce n'est pas parfait et il est évident qu'il a encore peur de moi parfois, mais… les choses avancent.
Gabriel hocha la tête, visiblement soulagé.
- Les premiers jours n'ont pas dû être faciles pour lui … et pour toi.
- Il s'est… le premier soir, je lui ai demandé d'aller se préparer… j'entendais par là qu'il devait aller se préparer pour dormir, mais il n'a pas… il a cru que je lui demandais de se préparer pour… pour moi. J'ai dû le calmer et le repousser. Ensuite, il… il a paniqué… il a paniqué le lendemain aussi quand je l'ai laissé seul. Ce n'est pas simple. Parfois, je n'ai pas la moindre idée de ce que je dois faire, mais il semble … il va mieux. Il guérit. Il va avoir besoin de temps.
Parler de tout ça l'aidait à se sentir un peu mieux. Il savait que Gabriel pouvait le comprendre. Il savait également qu'il pouvait compter sur lui pour lui donner des conseils. Il ne le jugeait pas. Il ne le critiquerait jamais. Il tenait à merveille le rôle de grand frère avec lui.
- Et son dos… tu n'as pas idée des blessures que Lucifer lui a infligées. Il… il est couvert de cicatrices et il est arrivé ici avec des plaies ouvertes qui saignaient toujours, mais il ne nous a rien dit. Si je ne les avais pas vus, il n'aurait jamais demandé à ce qu'on le soigne. Il se fiche pas mal de sa propre souffrance. Il fait aussi des cauchemars souvent. Je déteste… je déteste le voir dans cet état, mais je suis content de voir qu'il progresse. Même si j'aimerais que cela puisse aller plus vite.
Gabriel semblait en colère brusquement. Sans doute était-ce dû à ce que Castiel lui avait dit concernant les blessures sur le dos de Dean. Il avait ressenti la même chose en lesvoyant pour la première fois, mais ils devaient mettre leur rage de côté pour s'intéresser à ce qui comptait vraiment.
- Il a besoin de son frère, Gabriel. Il ne pourra jamais se sentir réellement chez lui tant que Sam sera avec Lucifer. Je sais que… ce ne sera probablement pas simple de le récupérer, mais on doit faire quelque chose. Si on échoue, je suis convaincu que Dean retournera de lui-même auprès de Lucifer. Il préférera encore être violé et battu tous les jours que d'être séparé de son frère.
Gabriel secoua la tête aussitôt. Il refusait l'idée comme Castiel le faisait.
- J'ai gardé un œil sur lui depuis le départ de Dean. Je n'ai aucune confiance en Lucifer et j'avais peur qu'il ne tienne pas sa promesse.
- Et? demanda Castiel qui n'était pas surpris de l'apprendre.
Il connaissait suffisamment Gabriel pour savoir combien il haïssait Lucifer. Il n'avait aucune confiance en lui et il l'avait toujours plus ou moins surveillé depuis que les humains avaient été asservis. Il n'avait jamais réellement pu aider ceux que son frère détenait jusqu'à Dean, mais c'était uniquement parce qu'il l'avait surveillé durant toutes ces années qu'il avait pu récupérer le jeune homme. Castiel savait qu'il le lui devait.
- Il ne l'a pas touché. Bizarrement, on dirait qu'il a l'intention de tenir sa promesse. Par contre, je ne peux pas te garantir que cela durera. Il finira peut-être pas se lasser de son nouvel esclave. On ne peut pas… on ne peut pas le laisser faire ça. Sam… il a besoin d'être avec Dean. Il a autant besoin de son grand frère que Dean a besoin de son petit frère.
Castiel hocha la tête. Ils étaient du même avis sur ce point. Bien sûr, l'un comme l'autre, détestaient l'idée de ne pouvoir sauver que Sam. Ils auraient aimé pouvoir venir en aide à tous les autres esclaves que Lucifer détenait. Ce n'était toutefois pas possible sans tuer leur frère. Ce qu'ils n'étaient pas prêts à faire. C'était la limite qu'ils s'étaient imposée depuis le début.
- On doit trouver le moyen de convaincre Lucifer de nous donner Sam. J'espère que tu as quelques idées déjà parce que, en ce qui me concerne, je n'en ai aucune et je déteste me sentir aussi … impuissant.
- Rassure-toi, Cassie, j'y réfléchis depuis qu'on a arraché Dean à Lucifer. J'ai déjà un début de plan dans la tête, mais ça ne sera pas simple et ça risque de prendre du temps. De ton côté, tu vas devoir convaincre Dean d'être patient.
Castiel voulait croire qu'il en serait capable. Que le jeune homme avait suffisamment confiance en lui pour lui laisser le temps nécessaire. Il aurait sans doute besoin de l'aide de Charlie, mais il ne comptait de toute façon pas échouer. Il refusait de voir Dean partir.
- On va sauver Sam, assura-t-il alors parce qu'il avait besoin de se l'entendre dire.
Gabriel hocha la tête avant de lui tapoter la cuisse gentiment.
- Bien sûr qu'on va le sauver… lui et les autres…
- Comment ça, les autres?
Gabriel prit une grande inspiration avant d'expirer lentement par le nez. Castiel garda les yeux rivés sur lui, surpris et curieux. Il était toujours partant pour aider les humains. Cependant, il était méfiant et préférait espacer ses interventions autant que possible pour ne pas éveiller les soupçons de ses frères et sœurs. Gabriel était bien plus impatient et impulsif que lui. Il avait des dizaines de plans en continu de sa tête et il avait toujours envie d'agir. Castiel devait souvent calmer ses ardeurs. Ce qui n'était jamais simple.
- Bobby m'a contacté. Ils ont besoin de nous.
Bobby Singer était l'un des chefs de la résistance humaine. Il était l'un des rares humains encore libres dans le secteur. Sa femme Ellen et lui dirigeaient un petit groupe d'humains déterminés à renverser l'ordre établi. Ils agissaient le plus souvent seuls, mais ils faisaient plus ou moins confiance à Gabriel. Ils faisaient appel à lu quand ils ne pouvaient pas faire autrement. Castiel avait beaucoup d'admiration pour eux. Par contre, il savait que les humains de son groupe ne l'aimaient pas beaucoup. Il ne le leur reprochait pas.
- Il a eu vent d'une rafle qui devrait avoir lieu sous peu. Cette fois… ce sont des enfants, Cassie. Des bébés et des gamins de deux ou trois ans. On sait toi et moi ce que nos frères et sœurs en feront s'ils mettent la main sur eux. Je ne les laisserais pas faire.
Castiel refusait également de rester sans rien faire. Il était tout à fait partant pour aider Bobby. Il se fichait des risques que cela impliquait. Il ne laisserait jamais des enfants subir ce que Dean avait subi. Pas s'il pouvait faire quoi que ce soit pour les aider.
- Je lui ai dit de me contacter quand il en saurait plus. Je lui ai aussi dit que tu viendrais avec moi. J'espère ne pas m'être trop avancé.
- Tu sais que je viendrais. Tu n'as même pas à me poser la question.
- Ils sont tellement… tellement plus courageux que nous tous réunis, Cassie. Je les admire et je… parfois je me dis que j'aurais aimé être comme eux… être un humain, moi aussi. Je déteste faire partie de la même race que tous ceux qui pensent que faire souffrir une personne juste pour le plaisir est parfaitement normal.
Castiel soupira. Il pensait la même chose que son frère sur ce point. Lui aussi avait énormément d'admiration pour les humains. Pour tous. Ceux qui résistaient comme ceux qui subissaient des horreurs tous les jours, mais survivaient malgré tout. Il les aimait et voulait les aider. Il voulait leur ressembler. C'était pour ça qu'il avait choisi de résister.
- On les empêchera de mettre la main sur eux. Je peux te le promettre, assura-t-il alors parce qu'il pouvait sentir que Gabriel avait besoin d'être réconforté.
C'était comme ça que cela fonctionnait entre eux. Ils étaient toujours là l'un pour l'autre. Ils se soutenaient. Sans Gabriel, Castiel aurait déjà perdu la tête. Sans lui, son grand frère aurait sans doute fait quelque chose de stupide depuis longtemps et y aurait très certainement laissé la vie.
Gabriel semblait aller mieux et Castiel allait lui demander de lui dire avec précision ce que Bobby lui avait dit au sujet de la rafle quand la porte de son bureau s'ouvrit brusquement.
Il avait été tellement absorbé par sa conversation avec son frère qu'il n'avait pas songé une seconde que la porte était ouverte et que n'importe qui pourrait les surprendre. Il ne s'en était jamais soucié jusque là puisque toutes les personnes qui vivaient sous son toit étaient au courant de ce qu'il faisait. Il ne le leur cachait pas. Cela les aidait à avoir confiance en lui. La majorité de ses esclaves faisaient même partie de la résistance et passaient par conséquent peu de temps chez Castiel. Cependant, il n'en avait pas discuté avec Dean. Il savait qu'il était trop tôt pour le mettre dans la confidence. Il savait que cela le ferait paniquer.
Il pria donc pour que la personne qui était entrée ne soit pas le jeune homme. Il n'eut toutefois pas cette chance.
- Vous faites partie de la résistance ! s'écria le jeune homme.
Castiel se tourna dans sa direction et put lire la surprise, la colère et la peur sur son visage.
- Dean, souffla-t-il alors parce qu'il ne savait pas quoi dire d'autre.
- Non répondez moi ! Dites-moi que je me trompe et que vous n'êtes pas stupide à ce point là! Dites-moi que vous ne m'avez pas menti depuis le début!
Castiel ne put s'empêcher pendant une très courte seconde d'être content que le jeune homme ose lui crier ainsi dessus. Qu'il soit venu le trouver dans son bureau sans avoir besoin de lui demander son autorisation. Par contre, il se reprit rapidement, car il était évident que ce que Dean avait entendu risquait de tout gâcher entre eux.
- Je ne t'ai pas menti. J'ai juste estimé qu'il était trop tôt pour t'en parler. Je voulais te laisser le temps de familiariser avec ta nouvelle vie avant de… commença-t-il alors.
- Avant de quoi? Avant de me dire que je vis sous le même toit qu'un résistant? Que je vis avec quelqu'un qui pourrait me faire tuer… ou faire tuer mon frère juste pour se donner bonne conscience. Non, je suis désolé, mais je… je ne peux pas l'accepter! Le coupa Dean brutalement.
Castiel ne savait pas quoi répondre à ça. Il ne voyait pas quoi dire pour calmer ou rassurer le jeune homme. Il allait toutefois devoir trouver. Parce que s'ils en restaient là, ce serait catastrophique. Pour lui, pour Dean et pour tous les humains que Gabriel et lui voulaient aider. Il devait trouver les bons mots pour rassurer le jeune homme, et il devait les trouver maintenant.
Dean commençait doucement à prendre ses marques dans sa nouvelle maison. Il avait encore du mal à la voir comme autre chose qu'une autre prison… dorée celle-ci contrairement à celle de Lucifer, mais une prison tout de même. Il se forçait donc à employer d'autres termes à chaque fois qu'il y pensait. Pour tenter de se convaincre qu'il avait réellement trouvé un foyer.
Il n'avait pas encore totalement confiance en Castiel. Il doutait de pouvoir y parvenir rapidement. Il restait un ange et, même s'il ne se comportait pas comme tel, son maître. Officiellement, Dean lui appartenait et il pouvait faire ce que bon lui semblait de lui. Personne ne trouverait à y redire.
Castiel était réellement quelqu'un d'étrange. Il ne ressemblait pas à Lucifer. Il ne ressemblait pas non à tous les anges que l'ancien maître de Dean avait fait venir chez lui au cours des années. Tous l'avaient regardé avec dédain avant de l'utiliser sous le regard amusé de Lucifer. Dean les avait laissé faire. Tout comme il aurait laissé Castiel faire ce dont il avait envie, mais l'ange avait refusé. Il lui avait assuré qu'il ne le voyait pas comme un esclave, mais comme un homme libre. Comme quelqu'un qui avait le droit de prendre des décisions. Le droit d'avoir des désirs et des envies. Le droit de dire non.
Le problème était que Dean ne savait pas comment être un humain libre. Il ne l'avait jamais été. Ou, du moins, il ne s'en souvenait pas. On lui avait toujours donné des ordres et il avait appris à les suivre sans rechigner. Il savait comment être un esclave parfait. Lucifer s'était chargé de le former sur ce point. Castiel lui demandait d'oublier tout ce qu'il avait appris et d'être un autre. Dean n'avait pas la moindre idée de la manière dont il devait procéder pour y parvenir.
Il se laissait donc porter par les événements. Il suivait Charlie et l'écoutait lui répéter qu'il n'avait pas à avoir peur. Il observait les autres esclaves pour être sûr qu'elle disait vrai. Et peu à peu, il commençait doucement à prendre espoir. Il ne lui manquait plus que Sam pour que tout soit presque parfait. Il espérait le revoir très bientôt.
Castiel lui avait promis qu'ils feraient en sorte de le récupérer et comme pour tout le reste, Dean avait envie de le croire. Il avait hâte de pouvoir montrer à son frère l'endroit où il vivait maintenant. Hâte de le voir sourire et se détendre. Dean avait besoin de redevenir un grand frère. C'était la seule chose – à part être un esclave – qu'il maîtrisait complètement. Il était presque sûr qu'il avait besoin de retrouver ça pour pouvoir évoluer et apprendre à être enfin un homme libre.
Il lui arrivait d'en rêver la nuit. Il pouvait voir son frère évoluant dans ce nouvel environnement avec une facilité que Dean lui envierait certainement. Il l'imaginait allant et venant à sa guise sans se soucier d'en avoir reçu l'autorisation. Sam serait probablement comme un poisson dans l'eau ici. Dean pourrait apprendre de lui.
Quand il ne rêvait pas de Sam, le jeune esclave faisait le plus souvent d'atroces cauchemars. Il revivait les pires moments de sa vie aux côtés de Lucifer. Il revoyait chaque punition, chaque viol et chaque moment de terreur où il était convaincu que son maître allait le tuer. Mourir ne lui faisait pas peur, mais laisser Sam seul le terrorisait. C'était pour lui qu'il s'était battu pour survivre.
La première fois qu'il s'était réveillé en hurlant, il avait eu peur que Castiel lui reproche de l'avoir réveillé également. Il avait été convaincu qu'il serait puni pour avoir interrompu le sommeil de son maître, mais ce dernier s'était contenté de lui dire que tout irait bien. Qu'il était en sécurité et qu'il ne laisserait personne lui faire du mal à nouveau. Les fois suivantes, Dean avait été soulagé de savoir Castiel dans le même lit que lui après ses cauchemars. Sa présence l'apaisait et l'aidait à se réveiller pour de bon.
C'était une autre des choses qui le perturbait avec Castiel. Dean commençait à se sentir bien en sa présence. Il ne le comprenait pas. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui pouvait le pousser à se montrer aussi gentil, mais il appréciait d'être dans la même pièce que lui. Il aimait le regarder parfois vaquer à ses occupations sans se soucier de ce que ses esclaves faisaient de leur côté. Cela n'avait rien à voir avec le fait qu'il le trouvait séduisant. C'était autre chose. Dean n'aurait pas su le définir. Il se sentait bien avec Castiel. Il se sentait à l'aise et il commençait à avoir envie de passer du temps avec lui. Même s'il ne s'agissait que de quelques minutes en silence dans la cuisine.
C'était sans doute ce qui l'avait poussé à le chercher dans toute la maison un matin où les autres esclaves ne semblaient pas enclins à le distraire en lui parlant de tout et de rien. Dean avait erré dans le salon et la cuisine sans réellement savoir ce qu'il avait envie de faire. Il avait alors réalisé que passer un peu de temps avec Castiel était sans nul doute la seule chose qui l'enthousiasmait pour le moment. Il s'était donc mis en tête de le trouver.
Il n'en avait pas reçu l'ordre ni l'autorisation. Il prenait le risque de le déranger, mais il était presque convaincu que l'ange n'y verrait pas le moindre inconvénient. Il semblait lui aussi aimer passer du temps avec Dean. Le jeune esclave voulait croire qu'il saurait apprécier son initiative. Il voulait croire que Castiel serait même enchanté de voir qu'il avait pris une décision par lui-même et sans demander à tout le monde s'il en avait le droit.
Castiel n'était pas dans sa chambre ni dans aucune des pièces de la maison où Dean l'avait cherché. Il ne restait plus qu'un seul endroit où vérifier : son bureau. Le jeune esclave n'y était jamais entré. Il supposa que Castiel s'y enfermait pour être seul, mais il avait envie de tenter sa chance quand même. Il avait envie de faire cet effort pour avoir enfin l'impression d'avancer pour de bon.
Il s'immobilisa quand il fut devant la porte et tendit l'oreille. Il voulait tout de même vérifier que Castiel était seul. Il ne voulait pas le déranger si toutefois il recevait quelqu'un. Il entendit alors la voix de l'ange puis, après quelques secondes, celle de son grand frère Gabriel. Dean ne savait pas vraiment quoi penser de lui. Il semblait gentil. Il n'avait jamais été méchant avec le jeune esclave. Il n'avait pas non plus levé la main sur lui. Il restait toutefois un archange et, par conséquent, quelqu'un dont Dean devait absolument se méfier.
Le jeune esclave allait tourner les talons, résigné à attendre que Gabriel soit parti avant d'aller voir Castiel quand il entendit quelque chose qui le força à rester. Il savait qu'écouter aux portes n'était probablement pas quelque chose que son maître apprécierait de le voir faire. C'était cependant plus fort que lui, car, s'il avait bien compris ce que les deux anges se disaient, ils faisaient parti ou du moins collaboraient avec la résistance. C'était une catastrophe pour Dean.
Il admirait les humains qui continuaient à se battre. Il les trouvait courageux. Il aimait à penser qu'il en aurait fait de même s'il avait été libre lui aussi. Il pouvait comprendre qu'il veuille renverser l'ordre établi et reprendre le contrôle, mais il refusait catégoriquement de les aider tant qu'il était un esclave. Il savait parfaitement que cela finirait par lui retomber dessus. Ou pire encore. Retomber sur Sam. Dean refusait de faire courir le moindre risque à son frère. Il avait accepté son sort depuis des années maintenant. Il ne se battrait pas. Il ne se révolterait pas. Il resterait à l'écart de toute forme de résistance.
Par contre, voilà qu'il vivait à présent sous le même toit qu'un ange qui collaborait avec eux. Si Lucifer l'apprenait, il imaginerait aussitôt que Dean était impliqué. Il le lui ferait payer en faisant du mal à Sam et Dean ne pourrait rien faire pour l'en empêcher. Tout serait alors de la faute de Castiel. Il aurait dû lui dire ce qu'il faisait. Il parlait de laisser le choix au jeune esclave de faire ce que bon lui semblait, mais, en lui cachant cette information, il l'avait privé de la possibilité de choisir de rester ou non. Dean était furieux. Il poussa la porte sans réellement s'en rendre compte et sans se soucier une seule seconde de déranger. Il ne pouvait pas laisser Castiel faire. Pas tant que Dean vivait sous le même toit et courrait tous ces risques.
Il commença à crier sans réellement savoir ce qu'il disait. Son cœur battait dans ses temps et il avait envie d'abattre son poing dans la figure de Castiel. Il avait envie de fuir aussi loin que possible. De retourner auprès de Lucifer et de le supplier de le reprendre. Il pouvait sentir que ses mots blessaient Castiel. Il s'en fichait.
Une fois qu'il eut dit tout ce qu'il avait à dire, il fit un pas en arrière, prêt à prendre la fuite. Castiel se leva aussitôt du canapé et le jeune esclave s'immobilisa sans y penser, prêt à recevoir une punition si nécessaire, mais tout de même déterminé à faire en sorte de s'échapper ensuite.
- Dean, calme-toi. On va en parler, d'accord? Je peux te garantir qu'il ne t'arrivera rien. Lucifer ne sait rien de mon engagement ou de celui de Gabriel.
Dean aurait aimé pouvoir croire tout ça. Il aurait que cela soit aussi simple, mais il avait vécu suffisamment longtemps avec Lucifer pour savoir que son ancien maître finissait toujours par savoir. Certains avaient pensé pouvoir garder des secrets. Ils l'avaient tous payé de leur vie. Dean refusait de finir comme eux.
- Il sait toujours tout. Il… il a des yeux et des oreilles partout et c'est un archange. Il est plus fort que vous. Il finira par tout découvrir et je… je ne veux pas être là quand cela arrivera. Je suis désolé, mais je dois penser à mon frère avant tout. Parce que j'ai besoin de le protéger, je vais devoir tout raconter à Lucifer.
Il détestait l'idée de dénoncer Castiel. Il savait parfaitement ce qui l'attendait si Lucifer apprenait qu'il aidait les humains. Il était triste en pensant que son maître serait probablement tué aussitôt. Il ne voulait pas le faire. Il estimait juste ne pas avoir d'autre choix.
- Gabriel est un archange aussi. Il est parfaitement capable de faire en sorte que Lucifer ne nous entende pas. Nous avons pris toutes les précautions nécessaires et nous continuerons à le faire. Tu es en sécurité, Dean. Tu n'es pas obligé de me croire, mais je peux te jurer que c'est vrai et… je suis désolé, moi aussi, mais je ne peux pas te laisser nous dénoncer. Il nous tuerait. Il reprendrait toutes les personnes qui vivent ici et il les ferait souffrir. Je sais que ce n'est pas ce dont tu as envie.
Dean hocha la tête malgré lui. Bien sûr, il n'avait pas envie de dénoncer qui que ce soit. Il n'avait pas envie de voir les autres esclaves souffrir par sa faute. Il ne voulait pas voir Castiel ou Gabriel se faire tuer. Par contre, le choix était vite fait entre la sécurité de Sam et celle de n'importe qui d'autre. Il choisirait toujours son frère. Le reste n'avait aucune importance à ses yeux. Il savait toutefois que Castiel était tout à fait en mesure de l'empêcher de le faire. Il pouvait l'emprisonner quelque part jusqu'à ce que l'idée lui passe. Ou le battre jusqu'à le forcer à renoncer. Il pouvait tenter de faire du chantage en mettant la sécurité de Sam dans la balance, mais quelque chose lui disait que Castiel ne le ferait pas.
- Je suis désolé, Castiel. Je le suis vraiment. Je… je sais que vous… vous n'êtes pas… vous pensez bien faire, mais je ne peux pas… courir ce risque. Je ne peux pas mettre la vie de mon frère en péril juste pour que vous puissiez continuer à faire quelque chose qui de toute façon est parfaitement inutile. Vous ne pouvez pas gagner. Les humains ne peuvent pas gagner. La seule chose à laquelle on peut croire c'est à la survie et, pour ça, on doit se montrer intelligent. On doit se plier aux ordres et ne surtout pas résister. C'est ce que j'ai toujours fait et c'est uniquement pour ça que je suis en vie… pour ça que mon frère l'est aussi. Je ne vais pas revenir sur un principe qui m'a maintenu en vie durant dix-huit ans juste pour vous.
Il aurait dû quitter la pièce et prendre la fuite sans perdre une seconde de plus à chercher à se justifier, mais c'était plus fort que lui. Une petite partie de lui avait envie que Castiel comprenne. Ou peut-être qu'il parvienne à le convaincre qu'il devait les laisser faire. Qu'il devait croire en eux. Il n'était plus tout à fait sûr.
- Dean, ce que nous faisons n'est pas vain. Ce n'est peut-être pas suffisant, mais c'est… je ne peux pas fermer les yeux sur ce qui se passe dans le monde. Je ne peux pas laisser mes semblables faire plus de victimes. Je refuse de baisser les bras. J'aurais sans doute dû t'en parler dès le début, mais j'avais peur… peur que tu réagisses ainsi et peur que tu retournes auprès de Lucifer en l'apprenant. Je refuse de te laisser faire.
- Je croyais que j'étais libre de prendre mes propres décisions ici. Je pensais que vous ne m'obligeriez pas à faire quoi que ce soit contre mon gré, rappela Dean.
Castiel hocha la tête. Pendant une très courte seconde, il sembla satisfait de voir que Dean avait mémorisé sa promesse. Il se reprit toutefois rapidement et fit un pas en direction du jeune esclave.
- Non je ne t'empêcherais jamais de faire ce que tu as envie de faire si je suis convaincu que ta décision n'est pas uniquement motivée par ta peur. Ce qui est le cas maintenant. C'est pour ça que je ne peux pas l'accepter.
- Je… j'ai toutes les raisons d'avoir peur. Vous pourriez… à cause de vous, Sam pourrait se faire tuer!
- Sauf que ni Gabriel ni moi ne laisserons Lucifer le toucher. Nous le protégerons… quel que soit le prix que cela nous coûte. Il est notre priorité, mais cela ne veut pas dire non plus que nous pouvons fermer les yeux sur toutes les autres victimes que nos semblables pourraient faire. J'ai besoin que tu le comprennes, Dean.
Le jeune esclave avait vraiment envie de le comprendre et de le croire, mais il continuait à être terrifié. Il ne savait pas quoi faire. Il savait que Castiel et Gabriel faisaient ce qui était juste. Il était même plutôt admiratif de leur courage. S'opposer ainsi à leur propre famille ne devait pas être facile.
- Dean… si tu me demandes de te ramener chez Lucifer parce que tu ne te sens pas bien ici et parce que tu veux vivre auprès de lui, je… je l'accepterais. J'en serais dévasté et probablement que je ne pourrais jamais me le pardonner, mais je ne te retiendrais jamais ici par la force et contre ton gré. Ce que je veux savoir avant c'est… si tu as réellement envie de retourner vivre avec lui… si ce qu'il te faisait subir tous les jours te manque ou si… si tu as envie de rester ici malgré tout. Je n'arrêterais pas d'aider la résistance. Je ne changerais pas. Par contre, si tu peux l'accepter, alors je te promets que je ne laisserais pas mes activités te causer le moindre problème. Tu n'auras jamais à y participer et cela ne changera rien aux promesses que je t'ai faites et que je compte tenir.
Dean ne voulait pas retourner vivre avec Lucifer. Il aurait aimé ne plus jamais avoir à le voir. Il le détestait de toutes ses forces. Il préférait ce que Castiel avait à lui offrir même s'il ne le comprenait pas et était le plus souvent perdu quant à la façon de se comporter avec lui. Il ne voulait plus être frappé, torturé et violé.
- Dean? l'appela alors Castiel qui semblait inquiet.
Le jeune esclave s'arracha à ses pensées. Il fut surpris de voir que l'ange était à présent très proche de lui. Sans doute suffisamment pour le toucher s'il le souhaitait. Dean n'avait pas peur de sa proximité. À cet instant précis, il avait seulement peur de ce que la situation pourrait l'amener à faire. Il ne devait toutefois pas prendre de décision hâtive. Il devait prendre le temps de réfléchir avant de faire son choix.
- Je suis… je ne sais pas quoi vous dire. Je suis terrifié et je… protéger Sam est la seule chose qui m'importe vraiment. Je me fiche d'avoir à retourner vivre avec Lucifer pour y parvenir. Je suis prêt à tout accepter de lui du moment que mon petit frère est en sécurité.
- Sauf qu'il ne le sera jamais vraiment tant qu'il vit sous le même toit que Lucifer, intervint Gabriel qui était resté silencieux jusque là.
Dean le savait. Il avait tout fait pour l'ignorer tant qu'il était chez Lucifer. Il refusait d'imaginer le pire, mais il savait que son maître pourrait un jour se lasser de lui et s'en prendre à son frère. Ou le tuer dans un accès de colère et passer ensuite ses nerfs sur Sam. Gabriel avait raison. Ils ne pourraient jamais être en sécurité avec lui. Ils avaient besoin de Castiel.
- Sans doute, mais, tant que je suis avec lui, j'ai la sensation de pouvoir faire quelque chose. J'ai… j'ai l'impression d'avoir le contrôle de la situation.
- C'est illusoire, insista Gabriel.
- Gabriel, stop, le coupa Castiel d'une voix forte. C'est à Dean de prendre cette décision. Pas à nous. Le libre arbitre… tu te souviens?
Gabriel hocha alors la tête. Dean fut surpris de voir l'ange prendre son partie et le défendre face à Gabriel. Il fut toutefois plus surpris encore de constater que l'archange ne protestait pas.
- Je crois que ce dont j'ai besoin avant tout, c'est d'un peu de temps pour réfléchir à tout ça. Je ne peux pas prendre de décision dans cet état.
- Tu as tout le temps que tu juges nécessaire, Dean. Nous ne ferons rien sans te le demander au préalable.
Il était étonnant de voir combien les rôles étaient inversés. C'était un ange, un être pourtant tout puissant, qui attendait d'avoir la permission d'un humain – un esclave – pour faire quoi que ce soit. Dean aimait cette idée. Il aimait la sensation d'avoir le contrôle des choses. Il hocha donc la tête.
- Je ne serais pas long. Je sais qu'on n'a pas vraiment beaucoup de temps devant nous, assura-t-il.
Castiel acquiesça, mais ne dit rien de plus. Gabriel ne semblait pas avoir quoi que ce soit à ajouter non plus. Dean soupira longuement.
- Si c'est possible, j'aimerais assez… si je pouvais être seul pendant… juste quelques heures. Bien sûr, si vous avez besoin de moi pour quoi que ce soit, je serais disponible. Je pourrais…
- Dean, personne ne te dérangera et personne ne viendra te demander quoi que ce soit. Si tu as besoin d'être seul alors nous l'accepterons.
- Merci, Castiel.
L'ange sourit, visiblement content de le voir l'appeler par son prénom. Dean se sentait toujours bizarre en le faisant, mais il commençait doucement à s'y habituer. Il adressa un petit signe de la tête à son maître puis un en direction de Gabriel. Il tourna ensuite les talons et quitta le bureau. Il n'avait pas la moindre idée de la décision qu'il allait prendre. Il continuait d'avoir peur d'être impliqué dans les plans de Castiel, mais il n'était plus en colère contre lui. Il savait son engagement sincère. Il le savait réellement concerné par la sécurité des humains. Cela changeait tout pour Dean. Il allait devoir le prendre en considération avant de se décider. Il allait également avoir besoin de peser le pour et le contre et d'envisager toutes les conséquences éventuelles de chacune des décisions possibles. Cela allait lui demander du temps et probablement beaucoup d'énergie, mais c'était important. Il partit s'enfermer dans la bibliothèque et se laissa tomber sur un fauteuil dans un coin. Il aimait cet endroit. Il était calme et personne ne venait jamais le déranger quand il s'y trouvait. Il considérait cet endroit comme son refuge. Son havre de paix. C'était exactement ce dont il avait besoin à cet instant précis. De calme et de patience. Il avait une tâche importante à accomplir.
