TADAAAAAAAM *apparition*

Fiou, me revoilà ! après un long mois d'absence, avec une bonne excuse, le nanowrimo que j'ai réussi haut la main avec une dramione de 50 300 mots ! je ne sais pas actuellement si je vais la poster car elle est très brouillon et il manque énormément de choses, mais en attendant je vais me reconcentrer sur "unsteady". J'espère que l'attente n'a pas été trop longue et que vous comptez continuer de suivre cette histoire :)

J'espère donc que ce chapitre va vous plaire !

Cissy,

PS: des fautes peuvent persister, excusez-moi.

PS2: encore des soucis de mise en page qui empêchent de séparer correctement les paragraphes.


Chapitre cinq

«Jugement »

Hermione était debout devant Drago Malfoy à moitié nu et cherchait comment réagir, surtout au vu du regard moqueur du blond qui attendait qu'elle ne commette l'irréparable. Il n'y avait pas beaucoup de solutions et c'était le problème. Elle pouvait rester planté là et signer son arrêt de mort, ou partir en courant au risque plus que probable de se ridiculiser à vie. Le champ des possibles était si petit que la gryffondor regretta qu'il n'y ait pas de fenêtre proche pour pouvoir se jeter dans le vide. Alors qu'elle cherchait un point à fixer qui n'était pas Malfoy, ce qui était compliqué, ses joues s'empourprèrent. Elle entendit un léger rire. Le sien.

-Tu sais que la curiosité est un vilain défaut Granger ? Enfin, quand on sait que toi et tes copains, vous avez toujours fichu votre nez là où il ne fallait pas. J'aurai dû me douter que laisser ma porte ouverte était un risque.

-Je... tu... heu... Bah fallait fermer ta porte !

-Fallait pas vouloir regarder Granger. Renchéri, le jeune homme, le sourire aux lèvres. Je peux aller me doucher maintenant ou tu veux me suivre histoire de voir si je ne fais pas de bêtises ?

La jeune femme rouge comme une pivoine n'arrivait pas à articuler le moindre mot tellement elle était déstabilisée par la situation. Elle voulait croire à la mauvaise blague, mais c'était bel et bien vrai. Quelle honte. Elle sentait son sang continuer de remonter jusque dans ses joues et cru que son visage allait exploser et cela faisait de plus en plus sourire son ennemi qui se délectait en silence de son propre comportement. Hermione faisait de son mieux pour soutenir son regard amusé. Jamais elle ne s'était retrouvée dans une telle situation et elle ne savait pas comment s'en sortir, alors qu'en principe la solution lui aurait sauté aux yeux. Drago de son côté décida d'accélérer les choses et devant le silence dont faisait preuve Hermione en pleine réflexion, il ouvrit la bouche pour tuer le silence et la tension.

- J'en conclus que c'est un oui.

Il s'écarta donc légèrement de l'entrée et fit signe à la jeune femme d'entrer, mais les rougeurs sur ses joues manquant de lui faire définitivement perdre la tête, Hermione se retourna et redescendit les escaliers en ne manquant pas de copieusement l'insulter. Drago resta sur le pas de la porte de sa chambre à l'écouter jurer et quand il entendit un crissement de chaise et le silence, il en conclut qu'elle avait dû aller lire pour se calmer et referma la porte. Il y avait bien entendu d'autres moyens de la faire partir, mais le plus humiliant lui avait semblé être le mieux pour démarrer cette nouvelle cohabitation. Il aimait voir ses joues se teinter de rouge sans qu'elle l'ait demandé. Voir son visage se couvrir de honte et de colère le faisait délicatement sourire, mais il devait éviter de se montrer trop heureux en sa présence pour ne pas éveiller de doutes et d'un côté ce n'était pas difficile tant il souffrait de sa présence et à la fois de son absence.

Drago s'adossa à la porte, respira et se dirigea vers la salle de bains.

Lorsque l'eau brûlante se mit à couler sur sa peau, il sursauta, il n'avait même pas vérifié la température de celle-ci tellement il se demandait comment faire pour lui faire retrouver la mémoire sans la tuer. Il ferma les yeux et se contenta simplement de sentir l'eau glisser dans ses cheveux, sur sa peau. Comment faire retrouver la mémoire à Hermione sans que le sortilège de sa tante n'agisse, ne l'affaiblisse de plus en plus pour finir par la tuer? C'était la question à un million de gallions. Il cessa de bouger, passa ses mains sur son visage ruisselant d'eau et souffla de désespoir. Il resta sans bouger sous l'eau brûlante durant un moment, avant de sortir.

Il attrapa sa serviette, en entoura sa taille et retourna dans sa chambre. C'était une pièce assez grande et lumineuse, du fait de l'immense fenêtre en partie couverte par un épais rideau de velours crème, doublé d'un rideau noir qui voletait avec le léger courant d'air provoqué par la fenêtre entrouverte. Les murs couverts d'une tapisserie bleue foncée brodée de feuilles en or étaient assortis avec les meubles en bois épais et foncés qui peuplaient l'espace. Un lit immense à baldaquin couvert d'une tenture bleue, une armoire ne demandant qu'à être remplit de vêtements qui se trouvaient toujours dans sa valise, une cheminée dans laquelle il n'y avait, pour l'heure pas de bûches. Devant la cheminée, il y avait deux fauteuils et une petite table.

Il fouilla un instant dans sa valise pour en sortir une chemise blanche et un pantalon. Il s'habilla et coiffa ses cheveux en catogan. Il trouvait cette coiffure franchement ridicule, mais il continuait pourtant de se peigner de la sorte. Il fixa son reflet dans le miroir posé sur la commode et replonge dans ses souvenirs.

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~ Flash Back ~

Ils étaient là comme deux voleurs, en haut de la tour d'astronomie un soir glacial de Janvier. Il la tenait contre lui, enfermée dans sa cape et après une longue conversation sur le fait que Potter était au courant de leur relation, Drago sentit un immense sentiment de colère l'envahir à la simple idée que Weasley soit au courant et ne se mette dans leurs pattes.

-Si jamais il...

-Il ne sera pas au courant, je te le jure. Hermione vint s'accrocher à son col de chemise pour l'obliger à la regarder.

-Et Potter ne pourrait pas te faire un peu confiance ?!

-Tout comme Pansy t'as fais confiance ? Je te rappelle qu'elle a aussi faillit être au courant.

-J'ai réglé le problème et tu le sais.

-Je le sais, mais tu sais que je ne pourrais jamais faire ça à Harry et il fera tout pour que Ron ne sache pas.

-Je peux le faire pour toi si tu veux.

-Non, tu ne feras rien comme ça. De toute manière, ils finiront par être au courant, sauf si... tu ne vois pas ça comme quelque chose de sérieux.

Elle se détacha doucement de son emprise, le regard baissé, les lèvres pincées.

-Non, je n'ai jamais dit ça. Mais tu sais bien, que ça peut être dangereux. Si ça remonte à ma famille, c'est terminé. Pour le moment, il ne faut rien dire, je trouverai le moyen de le dire à ma famille sans que mon père ait envie de me tuer, mais pas maintenant. Cet été, j'aurai deux mois pour faire passer la pilule. Si on leur dit maintenant, mon père serait capable de tout faire pour me retirer de l'école et m'envoyer aussi loin que possible.

-Je sais... c'est juste...

Il encadra le visage triste de la jeune femme de ses mains pour pouvoir la regarder dans les yeux. Elle avait ce regard pour lequel il se serait jeté du haut de la tour si elle le lui avait demandé. Elle avait ce regard d'or qui avait un pouvoir hypnotique sur lui et cela, il était prêt à tout pour le préserver. Il posa son front contre le siens et ils restèrent là, un moment, sans bouger, sans rien dire. Elle laissa lentement ses mains retomber le long de son corps, puis elle les posa avec affection sur les poignets de Drago dont elle caressa la peau du bout des doigts.

-On devrait y aller. Murmura Drago.

-Oui. On devrait.

Elle lui adressa un fin et délicat sourire, dont elle seule avait le secret et passa une main affectueuse dans les cheveux du jeune homme. Ceux-ci commençaient à prendre de la longueur et ça ne lui plaisait pas vraiment.

-Il faut que je pense à me les couper. Dit-il en passant à son tour une main dans sa chevelure.

-Tu ne devrais pas.

-Pardon ? Il baissa les yeux vers Hermione. Pourtant...

-Je trouve que ça te va bien.

-Ça fait négligé. Fit remarquer le serpentard en tripotant une mèche.

-Sauf si tu coiffes comme il faut. En catogan par exemple. Suggéra Hermione.

-Je sais pas... je me suis habitué à avoir les cheveux courts.

-Le changement a du bon, tu devrais le savoir maintenant. Elle sourit.

Elle n'avait pas tort, mais il avait toujours eu les cheveux courts et les cheveux longs ne plairaient peut-être pas à son père. Il savait qu'Hermione avait un faible pour les cheveux mi-long, elle le lui avait souvent dit, elle le lui disait plusieurs fois par jour. Il savait ce qu'elle voulait, mais il ne se sentait pas de laisser sa chevelure frôler ses épaules, c'était encore trop tôt pour lui, un trop gros changement.

Une fois de retour dans sa salle commune, après l'avoir laissé, après l'avoir embrassé pour l'énième fois, Drago partit se coucher en se demandant si elle finirait par arrêter de lui demander de se laisser pousser les cheveux. Sujet vraiment délicat. Pourtant, le lendemain, dans la salle de bain des garçons, il vérifia que personne ne soit dans les environ et fouilla dans ses poches jusqu'à trouver un bout de ficelle qu'il noua pour en faire une boucle. Il respira et passa ses mains dans ses cheveux pour les décoiffer de sorte à voir leur vrai longueur, car il les plaquait toujours en arrière. Ses cheveux tombaient au niveau de sa nuque. Il tourna la tête vers la gauche, puis vers la droite, l'air maussade et tentant de comprendre ce qui pouvait autant plaire à Hermione, mais il ne voyait pas. Alors, il tira ses cheveux, laissa quelques mèches retomber et les attacha en une demi-queue de cheval. Il se fixa un moment. Il était vrai que s'attacher un peu les cheveux tout en laissant des mèches libres donnaient quelque chose qu'il ne pouvait nommer. Il semblait moins carré, moins Malfoyen, tiré à quatre épingles. Puis Théodore entra et fixa Drago, l'air surpris, il dévisagea son ami.

-Ca te va bien.

-Ah bon ? Demanda Drago en se tournant vers Théodore.

-Ca fait plus sauvage ! Non, franchement ça fait moins sérieux, c'est cool. Puis il fila.

Un peu plus tard quand il entra dans la salle d'histoire de la magie, il passa devant elle pour monter un peu plus haut dans l'amphithéâtre, il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qu'elle arborait un mince sourire.

~ Flash Back Fin ~

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Il termina d'attacher ses cheveux, libéra quelques mèches pour éviter de faire trop sérieux et fixa un instant son reflet. C'est quand Pattenrond se mit à se faire les griffes sur sa porte, que Drago comprit qu'il était temps de descendre rejoindre la petite Granger qu'il devait garder, au cas ou elle se casserait un doigt de tournant une des page de l'un de ses précieux bouquin. Avant de descendre il prit soin de mettre un coup de pied à l'énorme chat roux qui feula et couru à l'autre bout du couloir pour bouder sous un meuble.

-Abruti de chat. Chuchota le serpentard en descendant.

Hermione était en effet assise dans le canapé, mais pas de livre à moins d'un mètre d'elle. Hermione ne bougeait pas et fixait la fenêtre en face d'elle. Elle semblait plongée dans une intense réflexion de laquelle Drago ne savait pas s'il devait ou non la sortir. Elle ne remarqua même pas sa présence et tripotait une mèche de cheveux qu'elle mordillait, ce qui était chez elle signe de stress ou d'angoisse. Drago préféra ne pas intervenir. Il l'avait assez traumatisé et s'éclipsa dans la cuisine pour trouver de quoi manger, car oui, Drago Malfoy cuisinait. Il avait dû apprendre à cuisiner un peu pour sa mère après la guerre, car les elfes de maison étaient introuvables. Il avait fini par comprendre que sa vie si facile était derrière lui et qu'il allait devoir se débrouiller seul. Malheureusement les placards n'étaient pas très remplit, mais à force de recherches il trouva de quoi faire quelque chose de correct.

Pendant ce temps, dans le salon, Hermione tentait comme elle pouvait de se débarrasser de la vision du corps de Malfoy, mais elle n'y arrivait pas. Pourtant, ces dernières années, elle avait vu Ron et Harry torses nus et cela ne l'avait jamais mis dans cet état. Un état de gêne qui la rendait folle de honte, de rage et de quelque chose qui semblait si positif qu'elle en devenait encore plus dingue. En tout cas une chose était sûre, ces hormones travaillaient plus que nécessaire et elle n'avait qu'une envie. Mourir. Elle se maudissait d'être montée voir, elle s'en voulait d'avoir été aussi curieuse. Elle fixait la fenêtre dans l'espoir d'oublier ce qu'elle avait vu un moment plus tôt. Un corps pâle, sans aucune imperfection, un corps parfaitement sculpté et... Merlin ce qu'elle se sentait honteuse.

Alors qu'elle allait cacher son visage dans le châle qu'elle avait sur ses épaules et que la scène repassait encore dans sa tête, comme si celle-ci voulait la martyriser encore et encore, elle sentit une odeur délicieuse. Intriguée, car elle ne souvenait pas du retour de Molly, Hermione se leva et marcha sans bruits jusqu'à la cuisine.

Il y avait des choses impossibles dans le monde, par exemple, il était impossible que Harry n'oublie jamais rien, ou qu'Arthur cesse de s'intéresser aux choses moldues, mais il était encore plus impossible, en dehors du fait qu'il soit presque gentil avec elle, que Drago Malfoy cuisine. Dos à elle, il ne l'avait pas vu et continuait de couper la tomate qu'il avait dans les mains. Un torchon sur son épaule et les manches de sa chemise retroussées au-dessus de ses coudes, il semblait concentré sur sa tâche. Des gestes précis, assurés, travaillés. Hermione aurait pu croire à la farce, mais Harry lui avait dit qu'il avait dû s'adapter à une nouvelle vie et que cela risquait de la surprendre et pour une surprise c'était une surprise. Elle ne se rendit pas compte tout de suite qu'elle s'était adossée au chambranle de la porte et le fixait avec attention.

Il était là depuis quelques heures et elle trouvait étrange de ne toujours pas avoir piqué de crise de nerfs. En même temps il ne l'y poussait pas, enfin sauf tout à l'heure, mais elle l'avait quand même un peu cherché. Elle le trouvait différent et se demanda s'il était réellement le Malfoy qu'elle avait connu, mais après tout, il avait peut-être changé. Après tout, si Harry et lui arrivaient à s'entendre, peut être le pourrait elle, mais elle n'avait rien vécu avec lui comme Harry avait pu le faire. Pour elle il restait Malfoy et elle ne savait pas si elle arriverait à se faire à ce changement de comportement si soudain. Elle réfléchissait tout en observant la main du jeune homme qui tranchait la chaire de la tomate dont il poussait sur le côté les tranches avec sa main. Oui, quelque chose semblait l'avoir profondément changé, mais elle n'aurait pas pu dire quoi, même si au fond d'elle quelque chose savait, mais elle n'arrivait pas à atteindre cette vérité cachée.

Elle fut brusquement sortie de ses pensées quand Drago éleva la voix.

-Toi tu n'as même pas intérêt à penser y toucher. Maudit chat.

-Miaouu...Pattenrond vint près de Drago et se mit à le fixer de ses grands yeux.

-Tu sais pourtant que je suis allergique aux poils de chats, alors vire ou je te jure que j'en finis avec toi. Répliqua froidement Drago le torchon sur son nez.

Pattenrond et lui se fixèrent un instant et le chat décida d'abandonner, pour filer, ventre à terre, ce qui arracha à Drago un souffle de soulagement et une sourire. Il haïssait profondément ce chat, d'une parce qu'il était un chat, de deux parce qu'il n'aimait pas les roux et de trois parce qu'il y avait un être en trop dans les bras d'Hermione et l'un d'eux allait devoir mourir, ou du moins disparaître de la circulation. Lentement Drago qui n'avait toujours pas remarqué la présence d'Hermione continua de s'affairer à sa préparation. Elle ricana silencieusement. Il arrivait à trouver des rivaux jusque chez les animaux, il y allait fort. Puis elle décida de se faire voir.

-Je ne savais pas que tu savais faire cuir un oeuf. Fit elle, le coude sur la table et la main sur la joue.

-Disons qu'il m'a fallu m'adapter à pas mal de choses. Et toi tu as enfin compris que la curiosité était un vilain défaut ? Il se tourna vers elle et sourit.

-C'est bon ! Je ne m'approcherai plus de ta porte.

-Gentille Granger.

-Je ne suis pas une enfant. Siffla Hermione.

-Tu agis comme tel, alors je me comporte envers toi comme tel. 50 / 50.

-Comme si tu étais plus mature que moi. Tu es là pour Harry et parce qu'on te l'a demandé.

Il y eut un bruit sourd et la casserole manqua de rater le feu pour tomber par terre.

-Je suis là parce que j'essaie de rattraper la merde que j'ai mis Granger. J'essaie de ne plus être un connard. Je n'ai toujours pas prononcé le mot sang de bourbe et, oh oui, je t'ai sauvé la vie.

-Qui me dit que ce n'est pas pour bien te faire voir.

Il comprenait ses propos, mais pour la première fois depuis longtemps il se sentait misérable et blessé. Il sentait ce coeur qui avait enfin appris à exister sans être figé dans la pierre, s'effriter. Il la comprenait, mais à quel prix ? Il attrapa une assiette près de lui pour la remplir et la posa brusquement devant Hermione sans un mot, ni même un regard, s'en était trop.

-Mange. Il ne faudrait pas que Potter se dise que je ne fais pas d'effort pour arrêter d'être un connard, mais si ça peut te rassurer je peux le redevenir. Peut-être que ça va t'aider à te sentir en sécurité. Faut savoir prendre des risques dans la vie, t'as pas l'air de vouloir, alors reste là, à dépérir en pleurant qu'on ne te laisse pas sortir et qu'on te traite comme une gamine. Cherche pourquoi et peut-être que tu comprendras qu'il va falloir que tu changes ta façon de voir les choses. Les temps ont changé Granger. T'as pas vu l'après guerre, alors tu devrais construire la tienne au lieu de tenter de continuer à vivre dans un passé révolu et détruire les efforts des gens qui t'entourent.

Puis il monta, laissant Hermione seule devant son assiette.

Elle l'avait blessé et à présent elle s'en voulait. Elle tritura un moment son assiette qu'elle mangea lentement, en silence, tout en se disant que c'était bon et qu'elle n'était pas encore morte d'indigestion ou d'empoisonnement, mais peut-être aurait elle dut mourir ainsi après ce qu'elle avait dit à Drago. Elle s'était montrée un peu trop dure avec lui. Peut-être qu'il tentait réellement de changer, qu'il avait réagi dans le bon sens et tenté de se relever. Peut-être qu'il avait vraiment voulu la sauver. Peut-être qu'il voulait vraiment se racheter une conduite, mais au lieu de lui dire merci, elle l'avait jugé, comme avant. Hermione se rendit vite à l'évidence, elle avait du mal à avancer. Elle n'avait rien vu de l'après guerre, elle s'était réveillée et le monde avait changé, trop changé. Chacun avait commencé à avancer et avait parcouru une partie du chemin vers la guérison alors qu'elle prenait à peine conscience de son état.

Sentant une larme perler sur sa joue, elle se demanda comment ce que le jeune homme lui avait dit, pouvait provoquer en elle un tel sentiment de tristesse et de culpabilité. Quelques mots et tout semblaient flancher comme jamais. Pourtant, quelque chose en dehors de cela n'allait pas, elle avait une impression de déjà vu, pas dans la situation, mais dans la façon de parler de Malfoy. Elle avait l'impression de l'avoir déjà entendu dire quelque chose comme cela et sur ce ton, elle ne savait pas d'où cela venait et elle sentit sa tête tourner légèrement. Elle se secoua et après un long moment passé à fixer une tasse dans l'évier, elle se leva et monta.

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La porte de la chambre de Drago était fermée, elle vint alors se coller contre celle-ci, mais décida que sa curiosité allait encore lui faire du tort. Elle réfléchit et décida qu'il y aurait des efforts à fournir puis elle frappa timidement à la porte. L'absence de réponse lui parut logique. Elle retira sa main de la porte, recula d'un pas, pris une grande inspiration et se mordilla la lèvre comme à chaque fois avant de parler de quelque chose qui la mettait mal à l'aise.

-Je... je voudrais...

Mais elle ne savait pas quoi dire, ni comment, alors elle poussa la porte et entra, sans même se demander si elle dérangeait ou non. Une fois la porte fermée derrière elle, elle s'y adossa. Drago était assit sur son lit et lui tournait le dos, sa tête était baissée et ses mains étaient jointes.

-J'y arrive pas. Je n'arrive pas à me faire à tout ça. Au moment où je suis persuadée que je vais mourir, tu débarques, tu me sauves alors qu'avant, tu aurais préféré sauver ta peau avant la mienne. Puis, je me réveille un mois plus tard, le monde a changé et moi je suis toujours la même, sauf que je suis cloîtrée dans un lit. Je continus de vivre dans le passé parce que le présent, je ne sais pas d'où il vient et je ne sais pas comment faire avec tout ça. Harry est devenu une sorte de superstar, il est toujours à droite et à gauche pour des procès, des réunions ou je ne sais quoi. Ron c'est la même chose, il est auror et passe du temps en mission et moi... Moi, je suis encore le rat de bibliothèque, je n'ai rien fait dans cette bataille qui a aidé ce monde à renaître. Je suis considérée comme fragile parce qu'on ne sait pas comment le sortilège a pu m'atteindre et si je ne sors pas c'est parce que je ne sais pas comment apprivoiser ce nouveau monde. Et puis un beau jour, tu arrives avec toutes les bonnes intentions du monde, sans que je m'y attende. Tu dis avoir changé, mais moi j'en sais rien. Je sais que c'est facile à dire et que je devrais faire un effort, mais c'est dur d'accepter que toi... tu doives me couver alors que ça fait des années qu'on se déteste, qu'on ne peut pas se regarder sans se crier dessus ou sans chercher à s'éviter. Alors, je suis désolé si j'ai été dure avec toi. Je ferai des efforts. Elle ouvrit la porte et s'apprêtait à partir. Au fait... c'était très bon, merci.

-Je ne te demande pas de me croire, tu fais ce que tu veux, mais fais au moins l'effort de me comprendre.

Drago lui fit signe de venir s'asseoir. Hermione hésita un instant et considéra que les efforts commençaient maintenant, alors elle vint s'asseoir près de lui. Le jeune homme semblait soucieux et mal à l'aise, les jointures de ses mains étaient blanches et il fixait le sol comme s'il voulait le faire s'effondrer.

-Tu as le droit de ne pas comprendre tout ce changement, tu as le droit d'avoir peur, mais tu n'as pas le droit de rester sur tes positions à mon sujet. Si... si je t'ai sauvé la vie, c'est parce que j'ai fini par comprendre que j'avais fait les mauvais choix et que je devais me rattraper. Je t'ai vu sur le sol près de cet escalier et j'ai vu Bellatrix. Elle en avait trop fait, alors, j'ai sauté sur l'occasion et je t'ai pris contre moi pour te protéger dans ta chute. Il posa une main tremblante sur son épaule droite, signe qu'il avait du s'y blesser en la protégeant. Autant te dire que Potter n'était pas joyeux, mais il a vite compris ce que j'avais fait et pourquoi je l'avais fait. Après tout ça, il est venu me voir au ministère pour me remercier et a témoigné en ma faveur lors de mon procès qui a duré plusieurs jours. Je ne dirais pas qu'on a sympathisé, mais on a fini par arrêter de faire les enfants. J'essaie de changer, mais si tu restes bloqué sur ce que j'étais tu vas rendre les choses plus compliquées à chaque fois. T'as le droit de me détester, mais tu n'as pas le droit de juger sans savoir. J'essaie de me racheter une conduite Granger pas d'en avoir l'air.

-Et c'est tout à ton honneur. Répondit Hermione en se tournant vers lui. Tu aurais pu me laisser sur place, mais... tu ne l'as pas fait et même si je t'ai déjà remercié, ce n'était pas très convaincant j'imagine. Donc... merci...

Elle accompagna ses simples paroles d'un geste qui fit frissonner Drago au point qu'il en ferma les yeux pour sentir au plus profond de lui ce contact. Elle posa sa main sur celles du jeune homme dont les jointures retrouvèrent une couleur normal, il se détendit un peu plus. C'était la première fois depuis tout ce temps, la première fois qu'il y avait un réel contact entre elle et lui et il en profita. Sentir son coeur battre comme au premier jour, sentir sa peau prendre feu comme un volcan. C'était agréable de sentir ce frisson le parcourir. Hermione ne ressentit pas tout cela, elle se sentait juste bien, même si elle avait l'impression que quelque chose était bloqué au plus profond d'elle, elle ne s'en préoccupa pas. Sa culpabilité s'éclipsa, puis elle se leva, rompant le contact. Drago fit de son mieux pour ne pas montrer qu'il en aurait voulu plus, juste un peu plus.

-Je me sens fatigué, je vais aller dormir...

-Très bien.

-Au fait...

-Oui ? Il se tourna.

-Les cheveux... comme... comme ça... ça te va bien. Ca fait moins stricte, peut-être que ça m'aidera à ne plus te voir comme... Enfin t'as compris, je ne juge pas, je constate et ... enfin voilà... Puis elle fila pour cacher au mieux son visage qu'elle sentait rougir.

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Une fois sa chambre vide, il se laissa aller et tomba lourdement sur son matelas, le coeur battant. Il fit de son mieux pour retrouver sa respiration. Elle semblait avoir enfin compris dans quelle direction aller et peut-être que les choses pourraient avancer sans que rien ne les entrave. Néanmoins, il restait légèrement blessé par le fait qu'elle ait cru un instant qu'il ne l'avait sauvé que par égoïsme. Bien entendu, elle ne se souvenait pas des conditions de l'attaque, ni du sauvetage, alors elle en déduisait ce qu'elle pouvait avec ce qui lui restait de souvenirs. C'est alors que la sonnerie de la porte retentit. Drago descendit en se disant qu'il devait s'agir de Potter qui avait certainement oublié quelque chose comme un ou deux neurones traîner quelque part sur la table, mais lorsqu'il ouvrit la porte, il regretta d'avoir bougé.

-Weasley...

-Malfoy...


Et c'est la fin ! pour le moment !

J'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé ! la relation entre Drago et Hermione évolue encore un peu avec quelques blocages et un énooooorme chat roux haha.

Si vous avez des questions, je serai ravis de vous répondre :)

N'hésitez pas non plus à laisser votre avis, je répond au plus vite !

Des bisous à vous ~

Cissy,