Hey !
Et voilà, après une assez longue absence (étude, boulot, soucis... donc pas la motiv de continuer), j'ai enfin terminé ce chapitre ! et je ne vais pas ttrop m'étendre en explications car ça ne sert à rien et je vais vous laisser profiter de ce chapitre que j'aime beaucoup, beaucoup, haha !
Bonne lecture, n'hésitez pas à laisser un petit mot :)
PS: quelques fautes persistent, désolé
Cissy,
Chapitre 8
" La poisse légendaire de Drago Malfoy. "
Lorsque la lumière du soleil filtra délicatement à travers les rideaux, Drago Malfoy ouvrit les yeux. Il tourna la tête et leva les yeux vers la petite horloge qui indiquée 7h30. Le serpentard qui n'appréciait pas d'être réveillé si tôt, replongea sa tête dans son oreiller en poussant un grognement. Il tenta de se tourner et de se retourner entre ses draps, allant jusqu'à rabattre la couette sur sa tête pour se cacher de la lumière, mais rien n'y fit. Autrefois il n'avait besoin que de prendre Hermione dans ses bras et le sommeil revenait le chercher, tant la présence de la gryffondor était apaisante. Il resta immobile un moment, à repenser à ces réveils agréables, doux, à deux. Il se tourna vers la place vide près de lui et resta silencieux en laissant glisser ses doigts sur le tissu de l'oreiller, puis, au bout de vingt minutes, étant toujours aussi réveillé, Drago abandonna et se leva.
Le serpentard se glissa hors de ses draps et d'un coup de baguette, alluma la cheminée afin de se réchauffer un peu. Il se dirigea lentement vers la salle de bain et prit une douche glaciale histoire de se réveiller une bonne fois pour toutes et parce qu'accessoirement, Harry avait pris toute l'eau chaude. Il enfila une chemise, un jean et coiffa ses cheveux soigneusement, avant de descendre dans la cuisine.
Harry était déjà debout, affalé sur sa chaise, ses lunettes misent de travers, il lisait aussi attentivement qu'il pouvait la gazette du sorcier qui faisait état des derniers changements dans le monde magique. Harry, en grand vainqueur qu'il était, se devait de tout savoir, même s'il s'en serait passé et aurait préféré filer directement à la page des sports. Quand il entendit le plancher grincer, il leva les yeux et tout en replaçant correctement ses lunettes sur son nez, il vit Drago.
-Potter.
-Malfoy. Répondit Harry en posant le journal, pour attraper sa tasse de thé.
-Merci pour l'eau froide.
-De rien. C'était pas voulu, je me suis endormi sous la douche.
-Bravo.
Drago alla prendre une tasse sur l'étagère, menaça la machine à café pour qu'elle accepte de lui servir un café digne de ce nom et vint s'installer en face de Harry qui avait abandonné toute idée de continuer de lire le journal qu'il posa.
-Je voudrais pouvoir me dédoubler. Souffla Harry. Des réunions, des entraînements, des interviews... toujours la même rengaine. C'est usant.
-Et cela ne fait que commencer. A la tienne Potter.
-Merci... Au fait, j'ai posé des dossiers dans le salon et des cartons doivent traîner dans la maison. Il faudrait les trier par année et par statuts, noter si des papiers manquent, ce genre de choses. Ombrage a foutu un désordre terrible dans les archives pendant la « chasse », et les raffleurs sont venus visiter les archives eux-aussi... c'était le chaos.
-On ne m'a pas envoyé ici pour servir uniquement de nounou et j'ai toujours rêvé d'être secrétaire.
-C'est pas gratifiant, mais on a besoin de toute l'aide possible et dis-toi que tu peux toujours voir Hermione. D'ailleurs, hier j'ai cru vous voir comme avant.
-Tu veux parler du moment où elle a voulu me tuer avec des épices ?
-Celui-là même. Ricana Harry.
-J'apprécie ton soutien Potter, vraiment. Oh et tu devrais regarder l'heure. Même si je me couperais un bras pour te voir te faire tuer pour ton retard, je ne peux pas, alors me fait pas regretter.
Harry jeta un coup d'oeil à sa montre et en voyant 8h15 s'afficher, il se leva rapidement, faisant tomber son journal qu'il ramassa et se cogna la tête contre le coin de la table et couru enfiler sa cape tout en poussant des jurons. Une fois ses esprits retrouvés et tout en se massant la tête, Harry prit ses dossiers qu'il rangea dans son sac, revint dans la cuisine pour engloutir un croissant et fila aussi vite qu'il put tout en baragouinant quelque chose qui ressemblait à « che revient chard, ne tue perchonne, à plus chard ! » puis il transplana.
Une fois seul dans la cuisine, Drago goûta au silence et à la tranquillité. Il se leva et observa un instant la pièce dans laquelle il se trouvait. C'était une maison étrange dans laquelle il n'avait jamais mis les pieds, même si elle avait appartenu à la famille de sa mère. Elle lui en avait parfois parlé comme la maison dans laquelle elle avait passé ses vacances quand elle était enfant. Puis c'est son oncle Sirius qui en avait hérité, Sirius Black, cet homme dont il n'avait jamais entendu parler, ou alors uniquement en mal. Il promena son regard et fini par tomber sur une série de photos accrochées au mur derrière lui. La première représentait Potter et Sirius, ils souriaient, debout devant un arbre de Noël. Sirius Black avait un air avec sa famille en effet, il n'avait pas l'air aussi diabolique que l'avait dépeins la presse, certainement les vêtements neufs, les cheveux propres et la barbe rasée. Il passa à la photo suivante qui représentée visiblement l'ordre avant la bataille et une autre encore en dessous, l'ordre autrefois, quand les Potter étaient encore en vie. Il s'approcha de la photo et observa un instant Lily Potter et sa chevelure rousse qui tombait sur ses épaules. C'était une jolie femme et c'était donc pour elle que le cœur de son parrain avait battu si fort, c'est pour elle qu'il avait bravé tous les dangers. Le sentiment amoureux pouvait donc aller si loin ? Tout en buvant son café, Drago resta à observer les photos de famille des Weasley et de l'ordre pendant de longues minutes.
Une fois sa tasse vide, le serpentard fit rapidement la vaisselle tout en tentant de ne pas se faire arracher un doigt par les tasses mordeuses qui détestaient le liquide vaisselle, mais il n'y parvint pas et l'une d'elle parvint à le mordre.
-Mais c'est pas vrai ! Beugla le serpentard.
Après avoir fouillé la maison et avoir mis la main sur une boite de pansements, tout en marmonnant contre la vaisselle, il remonta dans sa chambre pour y prendre des cartons qu'il avait vu traîner près de son bureau et redescendit en bas afin d'entamer la tâche confiée par Harry. Mais en arrivant dans le salon, il pensa changer d'avis.
-Potter, j'espère sérieusement que tu te fous de moi. Murmura Drago.
Dans l'immense salon, s'amoncelait à présent des dizaines de piles de dossiers et de cartons. Tout en déposant les cartons qu'il tenait dans ses mains Drago insulta copieusement Harry et se demanda comment venir à bout de la tâche seul tant il y avait à faire. Il souffla et se força à s'atteler à la tâche, car il devait prouver qu'il avait changé et cela passait par cette tâche ingrate qu'était le tri d'informations et la réorganisation des archives du ministère. Il prit donc place sur le canapé qu'il eut du mal à atteindre et commença à faire voleter de petites piles de dossiers, pour les lires, puis les classer et au vu du désordre dans lequel tout semblait être, il comprit qu'il allait devoir s'armer de patience et de café, beaucoup de café.
Au bout de deux heures et demie, Drago vit enfin le bout de la première pile de dossiers. Mais alors qu'il s'apprêtait à s'attaquer à la seconde pile qui semblait plus vertigineuse que la première, un miaulement ignoble venant du premier étage l'interpella. Pattenrond avait faim et allait donc gratter à la porte de sa maîtresse pour avoir de quoi remplir son estomac de chat roux et malfaisant. Passablement irrité par la simple présence de cet animal à poils roux et par le fait qu'il soit à deux doigts de réveiller Hermione, Drago se leva et fila au premier.
En effet, Pattenrond, en bon chat insupportable et affamé qu'il était, se trouvait debout sur ses pattes arrières pour gratter la porte de la chambre d'Hermione tout en miaulant. Refusant d'entendre ce chat plus longtemps, Drago respira profondément et tout en tentant de ne pas se laisser faire par son allergie, il vint attraper le chat qui chercha à se débattre.
-Je vais te filer à manger abruti de chat et gigote pas comme ça ! Tu arrêtes de miauler ou je jure que tu vas finir dehors et avec un coup de pied placé plus que correctement sur ton énorme derrière.
Drago fit descendre Pattenrond en bas et lui donna de quoi manger. Une fois son estomac plein, la boule de poils, alla s'affaler dans son panier, s'endormit et Drago retourna s'occuper de ses dossiers. Il ne s'était cependant pas aperçu qu'Hermione l'avait entendu quand il était allé chercher son chat devant sa chambre. La jeune femme était dans l'escalier, elle écoutait Drago marmonner contre Pattenrond et ses poils, puis elle décida de descendre pour venir passer la tête dans le salon. Sa nounou de sexe masculin se battait avec des dossiers et il semblait si concentré qu'il ne leva pas les yeux, pourtant il lui adressa un signe de la main et replongea dans ce qu'il faisait. Ces dossiers étaient en réalité très intéressants, des affaires de meurtre, de vols, de trafiques d'objets magiques, d'usurpation d'identité, mais la plupart d'entre eux se trouvaient être des dossiers sur les différents sorciers d'Angleterre, comme une sorte d'énorme répertoire dans lequel avait dû se servir Ombrage pour recruter ses raffleurs et noter le nom des sorciers à arrêter et exécuter. Mais, aussi intéressant qu'étaient les dossiers, la personne qui venait de faire son entrée l'était encore plus.
Drago se forçait à ne pas la regarder trop souvent, il ne voulait pas se trahir, même s'il en crevait d'envie. Il l'entendit parler à Pattenrond avec des mots qui le rendirent jaloux, des mots délicats et agréables qu'il rêvait d'entendre, puis il l'entendit pester contre une tasse qui avait tenté de la mordre, puis plus rien, jusqu'au moment où elle vint s'asseoir dans le fauteuil juste en face de lui.
Il la regarda prendre place et se demanda si c'était une provocation supplémentaire pour le mettre à l'épreuve ou si elle se fichait vraiment de lui. Tentant de garder son calme, il releva le dossier au niveau de son nez et fixa le mot « sortilège » tout en parlant :
-Tu pouvais pas enfiler des vêtements ?
-Ce sont des vêtements.
-Non, c'est une nuisette bleue Granger. Tu es presque à moitié nue devant moi.
-J'ai un pull. Siffla la gryffondor.
-T'en as pas sur tes jambes que tu relèves sur le fauteuil... donc sois tu vas enfiler autre chose histoire que je réussisse à me concentrer, soit je baisse les yeux.
-Tu es un... Harry s'en fiche !
-Je ne suis pas Potter, faut t'y faire. Fit-il en la fixant droit dans les yeux, tentant de retenir ses hormones qui tiraient la sonnette d'alarme.
-Mais !
-Je suis ta « nounou » donc o-bé-is.
-Je te... déteste !
-Tant mieux, on est deux alors.
Elle se leva et monta, tout en marmonnant que Harry se moquait bien de sa nuisette qu'elle chérissait par-dessus tout et de son vieux pull noir dans lequel elle se sentait si bien. Cette fille pouvait être la plus intelligente du monde, elle avait encore des choses à apprendre en matière de relations humaines. Pire qu'une gosse, pensa Drago. Il respira profondément tout en tentant de ne pas penser à ce qu'il aurait pu voir et tenta de garder son visage aussi pâle et impassible qu'à l'accoutumée, ce qui était un vrai défi. Aimer et ne pas pouvoir le montrer était une torture. Il commençait à comprendre ce que provoquait le sortilège, mais il ne pouvait plus partir, il avait promis qu'il allait rester et se contrôler.
Cette douleur était pire que la pire torture que sa tante aurait pu lui infliger. Il se sentait mort de l'intérieur et pourtant, il était toujours là, avec l'espoir de revoir se dessiner un sourire qui lui serait destiné à lui et à personne d'autre. Il avait l'impression que son cœur ne pouvait pas se briser plus qu'il ne l'était déjà et si c'était possible, il craignait d'avoir encore plus mal, au fur et à mesure du temps qui allait passer et durant lequel elle allait se souvenir sans qu'il ne puisse l'éclairer. Il refusait qu'elle prenne peur et ne lui parle plus, mais c'était un risque à prendre.
Il secoua la tête et attrapa un autre dossier pour le lire, mais Hermione revint. Elle avait enfilé un jean et avait gardé le pull noir. Elle vint alors se glisser dans le fauteuil, sa tasse de thé en main, sans un mot et se contenta de regarder le Serpentard travailler. Assit sur le canapé, il tenait un dossier dans ses mains, le lu rapidement, remit en place quelques feuilles, lu la dernière page sur laquelle figurait la mention « classée » et fit volet le dossier dans un carton près du mur, sur lequel était inscrit « 1954 ».
Délaissant alors la mission de tri du jeune homme de côté, Hermione se prit à détailler celui à qui on l'avait confié. Il avait encore coiffé ses cheveux en catogan en les nouant avec un nœud noir en soie, qui lui allait plus tôt bien, cela faisait moins Malfoy et c'est peut-être ce qu'il cherchait. Peut-être qu'il cherchait à ne plus être qualifié de fils de Lucius Malfoy. Il avait du courage. Il avait le courage qu'elle n'arrivait pas à acquérir pour avancer et pour se défaire de son image de "miss je sais tout" qui arrive après la bataille. Elle avait peur d'avancer, mais depuis qu'il était là, elle sentait que quelque chose se passait, elle sentait qu'elle devait avancer, car il en était la preuve. Il était la preuve que le destin pouvait changer, même après que l'on ait commit les pires des actes. Si lui pouvait, elle le pouvait aussi.
Puis elle repensa à la soirée de la veille, à cette joute verbale, la première qu'elle ait jamais eu avec lui et la première fois qu'elle avait ri avec lui. Pourtant, cette impression de-déjà vu restait fixe dans son esprit et elle était incapable de s'en débarrasser. Le jeu, le défi, elle ne savait pas pourquoi, mais elle ne cessait d'associer ces deux mots avec le jeune homme qui se tenait en face d'elle, les yeux rivés avec attention sur ses dossiers. Puis, brusquement, l'espace d'un instant, cette impression se fit si forte, comme si elle avait déjà vécu cela et que son souvenir cherchait à se rappeler à elle, qu'elle sursauta et fit tomber sa tasse au sol, ce qui brisa le silence présent.
-Tout va bien ? Demanda Drago qui releva la tête.
-Heu... oui, j'ai juste... y a eu un courant d'air. C'est rien.
Drago savait que ce n'était pas cela, mais il n'en fit rien et alla fermer la fenêtre qui était légèrement entrouverte, puis il revint s'asseoir pour continuer de s'atteler à sa pénible tâche. Le silence reprit alors ses droits. Il devait continuer de donner le change, il devait ne pas avoir l'air de l'apprécier, même si c'était dur par moment, surtout quand ils étaient seuls. Hermione fixa un moment sa tasse en miettes sur le sol et le liquide brûlant qui s'écoulait entre les lames du parquet, puis tout se disant qu'elle ramasserait tout ça plus tard, elle leva la tête vers le serpentard et commença à tripoter le revers de sa manche.
-Tu tries des dossiers pour Harry ? Fini-t-elle par demander.
-Oui. Drago sortit alors sa baguette et la tasse reprit sa place entre les mains d'Hermione. C'est chaud, fais attention. Fit-il, le regard toujours rivé sur ses papiers.
La conversation avait du mal à démarrer, mais il semblait que tous deux souhaités faire un effort. Lentement, Hermione prit son souffle, but une gorgée brûlante de thé et décida d'entamer la conversation, car si elle devait passer sa convalescence avec lui, il faudrait bien parler à un moment ou à un autre, sinon elle allait devenir folle.
-Je... je peux t'aider ? Je n'ai que cela à faire. Demanda donc Hermione, avec autant de calme et de gentillesse que possible.
-Oui, mais évite de vouloir refaire mon organisation, se serait gentil. Répondit le serpentard. Je te connais.
-J'essaie d'être gentille, prend donc cela en considération, sinon je me ferai un plaisir de t'envoyer mon chat la figure.
-T'oserai pas.
-Oh que si.
Drago leva enfin les yeux et posa près de lui, les quelques feuilles qu'il tenait. Il fixa Hermione, une lueur de défit passant dans son regard, puis il s'avança sur le canapé pour s'approcher encore un peu. Il savait qu'elle allait avoir un léger mouvement de recul, qu'elle allait regarder partout pour trouver une solution, qu'elle allait ouvrir la bouche pour répondre, la refermer puis filer. Il répondit alors en détachant lentement chacun de ses mots.
-Oh-que-non.
-Tu veux parier ?
-J'adore les paris. Amuse-toi Granger.
Hermione se figea, surprise puis après un instant de flottement elle se leva pour disparaître. Elle ne ferait pas ça, Drago le savait, elle n'oserait jamais lui jeter cet envoyé du diable au visage. Il tendit l'oreille et attendit un moment, mais ne la voyant pas revenir, il conclut qu'elle devait jouer avec l'immonde boule de poils et qu'elle l'avait oublié, mais il ne fallait pas crier victoire trop tôt. A peine eut-il baissé la tête vers une petite pile de dossiers, qu'un immonde miaulement se fit entendre et qu'une chose orange lui sauta au visage.
La malédiction était en marche.
Drago tenta de retirer Pattenrond de sa tête, mais cette stupide bête s'accrochait désespérément à lui, son ventre bien collé au nez du jeune homme qui respirait plus de poils que d'air. Ses yeux commençaient à brûler et il avait de plus en plus de mal à respirer, il lui fallait jeter cette chose le plus vite possible et très loin de lui. S'emparant alors de la peau du cou de Pattenrond, Drago parvint à le mettre à terre et à le faire partir avec un coup de pied assez bien placé. Par moment Hermione était réellement idiote. Mais alors qu'il allait lever la tête pour hurler et tenter de reprendre son souffle, il croisa le regarde de la gryffondor puis il comprit au vu du flot de larmes dans les yeux de la jeune femme, qu'elle venait de comprendre sa bêtise. Ses joues rougies par la honte, ses lèvres pincées qui tremblaient et ses mains jointes sur sa poitrine, signe de la peur qu'elle ressentait à l'égard du jeune homme qui s'étouffait.
-Je suis désolé, vraiment je... je voulais juste... et...
-Granger...
-Merlin... vraiment, j'aurai pas dû... je...
-Grang...
Comme Hermione ne se parvenait pas à se calmer, elle se mit à pleurer face à un Drago impuissant et qui cherchait ses poumons. Elle venait de comprendre ce qu'elle avait fait et n'avait pas remarqué que Drago avait réussi à bloquer partiellement sa respiration pour ne pas avaler plus de poils de chat. Il commençait à retrouver une respiration normale et avait fait disparaître toute trace des poils de Pattenrond partit se cacher sous la table de la cuisine pour se goinfrer de croquettes. Il l'écouta pleurer un instant et parvint enfin à retrouver le contrôle de sa personne, ce qui n''était pas le cas d'Hermione prise de panique. Le jeune homme ne savait pas quoi faire, avant, il l'aurait tendrement prise dans ses bras, mais là, la situation était tout autre et il devait s'occuper de lui avant tout.
Il se leva, vint près d'elle et posa une main sur l'épaule de la jeune femme qui eut un sursaut et releva brusquement la tête.
-Le but, c'est pas que tu essais de me tuer, ok ? Souffla le Serpentard.
-Je voulais pas..je...
-T'es une idiote, t'es contente ? T'es une gamine, mais si t'es désolé, ça ira. Et grandis aussi, ça aidera.
-Tu penses vraiment que je suis...
-Idiote et maladroite dans les relations humaines ? Oui, clairement et parfois je me demande comment t'as réussi à te faire des amis et comment Potter et Weasley ont réussi à te supporter. Tu as beau tout savoir, être une fille super intelligente et douée dans tout ce qu'elle entreprend, mais l'homme n'est pas un livre Granger. Tu ne peux pas savoir comment les gens vont réagir et comment tu devras agir. Donc, non, t'es pas douée avec les relations mais, ça se soigne. Regarde... je suis... gentil. Alors, arrête de pleurer, ça va vraiment m'énerver.
Elle eut un léger sourire et entraînée par le jeune homme, elle se rapprocha un peu plus de lui et cessa tout mouvement. Elle n'osait même pas bouger le petit doigt tant elle avait peur de faire une ânerie. Comment en était elle arrivée là ? Jamais elle n'avait eu de telles réactions, jamais elle n'avait été aussi émotive, c'était une première et elle restait stupéfaite devant ses propres réactions. Toutes ces émotions qui l'avaient submergé à l'instant où elle avait compris son erreur, toutes ses émotions étaient encore présentent. Elle avait l'impression d'être une bombe à retardement. C'était certainement son traitement, son médecin lui avait dit qu'elle pouvait avoir des réactions émotives très fortes.
De son côté Drago tenait à la garder près de lui au cas où elle aurait une autre idée stupide et la laissa assise à côté de lui. Il essayait tant bien que mal de se remettre au travail, tout en reniflant, mais il le faisait discrètement, de sorte à ce qu'elle ne le voit pas. Mais au bout d'un certain temps, le jeune homme ne tint plus, son allergie était à deux doigts de le tuer. Il se leva et monta au premier, dans sa chambre et couru dans la salle de bain.
Il se jeta sur le lavabo et cru mourir tellement il avait de mal à respirer. Non, ça n'allait pas mieux. Des poils de chat s'étaient logés dans sa gorge. Il tenta de respirer correctement et de calmer cette panique qui venait de le prendre en otage, mais malgré ses efforts il n'y parvint pas. Après avoir ouvert brutalement le placard sous le lavabo, il y trouva une petite trousse en cuir et fouilla à l'intérieur jusqu'à trouver une petite fiole, contenant un liquide rouge, c'était d'un goût ignoble, quasi indescriptible, mais c'était la seule chose qui pouvait éradiquer tout allergène présent dans le corps. Une fois le contenu de la fiole ingurgité, il ferma les yeux, resta assit par terre un instant, le temps de retrouver ses esprits, puis il se releva et après avoir jeté un coup d'oeil dans le miroir, il se retourna et se retrouva devant une Hermione inquiète.
-T'es... la pire fouineuse de l'histoire du monde magique.
-Je veux me faire pardonner. Vraiment, j'ai été stupide, je ne sais pas ce qui m'a pris.
-Mais... et comment tu veux te faire pardonner ? Granger, je suis pas mort. Enfin, c'était pas loin, donc maintenant arrête de paniquer comme ça.
-Moi aussi, j'essaie d'être gentille ! Siffla la jeune femme. Je... je ne voulais pas réagir comme ça d'accord ?!
Dans son accès de colère, elle avança de sorte à se retrouver presque collé contre le serpentard et le fixa droit dans les yeux. Sa moue d'enfant en colère avait le dont de le faire plier, mais il ne devait pas. Il se contenta de continuer de la fixer, dévorant en silence son regard ambré parsemé de poussière d'or, dont les contours étaient encore légèrement rouges, suite aux nombreuses larmes versées. Il ne se rendit pas compte que ses traits s'étaient détendus, il se sentait bien, mieux. Elle était là, simplement.
D'ailleurs, plus elle le fixait de son air le plus violent, plus elle sentait son corps réagir étrangement à la présence du jeune homme. Hermione sentait son cœur battre d'une manière anormale. Elle le sentait brûler d'un feu qu'elle ne connaissait pas et avait l'impression de se liquéfier tellement le regard gris du jeune homme semblait la transpercer de part en part. Le décor avait disparu, comme s'il n'y avait qu'eux et rien d'autre autour. Le vide était présent et seul eux le comblaient. Une douce vague de chaleur l'emportait doucement et elle sentait la colère se dissiper peu à peu.
Puis elle se reprit violemment, se demandant pourquoi elle ressentait soudainement de telles sensations. C'était un sentiment qu'elle ne contrôlait pas, elle chercha une porte de sortie, mais au-lieu de reculer, elle avança brusquement vers Drago, qui sous l'effet de la surprise bascula en arrière et l'entraîna dans sa chute... dans la baignoire.
La chute fut rapide et violente, mais pas de blessure grave, en dehors de leur dignité, en revanche ils prièrent pour que personne n'entre. Drago était allongé au fond de la baignoire et Hermione tentait de ne pas totalement l'écraser, mais ne trouvant aucun prise à portée de main elle avait dû poser ses mains de chaque côté du visage du jeune homme qui se demanda pourquoi il s'était levé, car deux malheurs en une heure, ça tenait vraiment de la poisse intégrale.
-Ok... je suis une idiote.
-Je confirme. Souffla Drago. Quelqu'un doit m'en vouloir...
-Il faut sortir de là.
Elle commença à se relever tout en s'accrochant au rebord de la baignoire, mais Drago l'agrippa par la taille pour la refaire tomber sur lui.
-Mais... tu vas pas bien ? Siffla Hermione.
-Si tu bouges encore ton genou... ça risque de très mal finir pour moi... murmura le jeune homme, l'air gêné, faisant comprendre à Hermione que son genou était mal tombé. Donc, attention, déjà que c'est pas mon jour de chance.
-Heu.. ha... d'accord...
-Si tu pouvais éviter tout mouvement Granger... vraiment... mais où est ma dignité…
A cet instant Hermione fut prise d'un fou-rire qu'elle ne parvenait pas à taire, à la vue de Drago qui tournait la tête sur le côté pour cacher son visage rougit par la gêne. Elle goûta à cette petite vengeance pendant quelques secondes, puis elle se calma, car même si ça ne devait pas être drôle pour lui, la situation était tout aussi gênante pour elle. Se retrouver à moitié allongée sur son ennemi quelques minutes après avoir manqué de le tuer, ce n'était pas quelque chose dont Harry serait au courant et elle allait s'en assurer. En réalité, le plus gênant n'était pas situation en elle-même, mais son origine de la situation et ce flot de sentiments étranges qui en découlait. Ce qui la gênait plus qu'autre chose était le fait d'être si proche de lui et de sentir la main du jeune homme encore sur sa taille, pas trop appuyée, mais en contact avec elle tout de même. Puis elle remarqua enfin que son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien, ce qui n'arrangea rien à son état, à ce feu qui recommençait à brûler. Elle se sentit alors rougir comme jamais avant et ravala sa salive tout en tentant de garder son calme, chose très difficile car elle avait encore cette étrange impression de déjà-vu, sauf qu'ils n'étaient pas tombés dans un placard dans lequel Peeves aurait pu les pousser, c'était impossible... elle s'en souviendrait... Et pendant qu'Hermione analysait la situation et tentait de démêler le vrai du faux, Drago se souvint de cet épisode tout aussi absurde et gênant.
Peeves avait décidé de leur jouer un tour et les avait enfermés dans un placard alors que les deux préfets faisaient leur ronde. Drago s'était donc retrouvé sur le sol, Hermione sur lui et aucun d'eux n'avaient osé bouger durant plusieurs minutes, car ils s'étaient sentit bien, là, l'un contre l'autre. Pas de moquerie, juste un léger rire commun face à la situation, des joues rougies par la gêne, des lèvres pincées par le désir et de la main du Serpentard qui était venue caresser la joue d'Hermione, sans gêne, comme ça, simplement. Drago s'en souvenait, il se souvenait de tout et aurait voulu que pour elle se soit un souvenir aussi doux et réel qu'il ne l'était pour lui, mais le visage de la jeune femme qui se tenait au-dessus de lui était dominé par l'incompréhension. Drago reprit son souffle pour parler et les arracher à cette situation :
-Va falloir que tu lèves, je sens plus ma jambe droite... et… enfin, faut que tu te lèves. Contrairement à ce que certains croient j'aimerais avoir des enfants.
-Si la situation n'était pas aussi gênante pour nous deux, je me ficherai de toi. Fit Hermione prenant soin de se lever sans tenter de tuer encore une fois Drago...
Tentative qui fut un sacré ratage. Les insultes et hurlements qui fusèrent par la suite de la part de Drago envers Hermione durèrent un moment et provoquèrent, malgré elle, l'hilarité de la gryffondor qui préféra s'enfuir et le laisser seul plutôt que de finir en morceaux.
La poisse avait décidée de poursuivre le jeune homme jusqu'au bout. Tournant et se retournant de douleur dans son lit, à maudire cette satané fille pour laquelle son cœur battait toujours plus. Il se jura qu'il ne se lèverait plus jusqu'au diner. Loin de lui, l'envie de tomber dans l'escalier, de se faire attaquer par pattenrond où de prendre encore un coup mal placé par Hermione qui était probablement en bas en train de se moquer de lui tout en terminant sa tasse de thé. Il grogna de douleur et retourna sous sa couette, jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur Hermione qui tenait un carton dans ses mains. Pensant qu'il dormait, elle marcha doucement jusque dans un coin de la pièce et y déposa le carton. Elle avait certainement fini de trier quelques cartons pour s'occuper, ou pour se faire pardonner. L'occasion était trop belle, doucement il se retourna, les yeux grands ouverts.
-J'espère que tu n'as pas l'intention de terminer le travail commencé avec ton abruti de chat.
Surprise de l'entendre, Hermione sursauta et se retourna vers lui.
-Tu m'as faite peur !
-Tu m'as fait mal. Retour de baguette, quoique... si s'en était vraiment tu serais en train d'agoniser dans un coin.
-J'ai dit que j'étais désolé. Elle croisa les bras.
-J'ai pas dis que j'acceptai
-Pauvre petit Malfoy. Tu veux pas un câlin et un bisous sur le front pour t'endormir ?
-Non, ça ira. Je vais retourner en bas.
-Même pas en rêve.
-Pardon ? Il ouvrit grand les yeux, surprit par la réaction d'Hermione.
-Tu as dormi un moment, Harry ne vas pas tarder maintenant. J'ai pas envie que tu meurs en ratant une marche.
Elle aurait voulu esquisser un sourire, mais elle se reprit et décida de sortir pour aller lire, mais quelque chose la retint. Elle garda la main posée sur la poignée de la porte et après quelques secondes de réflexion, elle se jeta à l'eau et se tourna vers le serpentard qui ne la quittait pas des yeux.
-Je peux te poser une question ? Demanda la jeune femme à voix basse.
-Je suppose que oui.
Tout en répondant, Drago sentit son cœur se mettre à battre et sa vue manquer de se troubler. Il était mal à l'aise, il sentait que cette question allait amener d'autres questions et que la situation allait encore aller en se compliquant.
-Et bien... Elle se tourna, l'air gêné. Tout à l'heure dans... dans la baignoire, je... tu n'as pas eu comme un sentiment de déjà-vu ? Comme si on avait déjà vécu le même genre de situation ?
-Crois-moi, si on avait déjà vécu ça, on s'en souviendrait Granger... Et puis le déjà vu est une impression, pas du réel.
-Oui, tu as sans doute raison, laisse tomber, c'était stupide.
Hermione eut un rire légèrement nerveux et tout en rejetant sa main en arrière comme pour chasser cette pensée stupide, elle ouvrit la porte et la journée s'acheva en beauté pour Drago Malfoy. Une fois Hermione sortit de la pièce, Drago se leva pour aller vérifier qu'elle n'était pas cachée derrière la porte, à attendre de savoir s'il allait bien et ne cachait pas une énième crise d'éternuements, mais au moment où il approchait la porte, celle-ci s'ouvrit sur Harry.
-POTTER MON NEZ ! Vociféra le serpentard en envoyant bouler Harry pour refermer brutalement la porte et aller dormir, en priant pour que le jour suivant se passe mieux et que toutes les parties de son corps puissent y survivre.
Promis, au moment ou vous lirez ce chapitre, j'aurai déjà commencé le chapitre 9. Mais en attendant, qu'avez vous pensé de ce chapitre ? pauvre drago me direz-vous, mais je n'ai pas résisté à l'envie de le faire un peu souffrir, mais ce sera le tour des autres personnages dans peu de temps.
Alors, qu'en pensez vous ? :)
Cissy
