Après de longues, très longues heures de réflexion, je vous poste enfin le chapitre 10 ! J'espère qu'il vous plaira. J'ai enfin pu développer le personnage de Ginny avec laquelle j'écris au final, assez peu. Je suis plutôt contente de ce que rend ce chapitre qui se centre bien sur notre petite rousse !
Il reste peut-être encore des fautes, j'en suis désolé, je fais mon possible pour tout corriger !
NOTE TRES IMPORTANTE : ce chapitre est pour toi ma Lisa. Parce qu'on peut écrire pour soi, pour les autres, ou simplement pour une seule personne, une personne qu'on aime énormément. J'espère que tout ça te fera sourire.
Bonne lecture ~
Chapitre 10.
Titre : Ginny Weasley passe à l'action.
- J'ai fait du thé… tu … tu en veux ?
Drago n'était pas d'humeur très loquace et ne souhaitait qu'une chose, rester seul et réfléchir à ce qu'il allait devoir faire, ce qui était le mieux pour lui, pour elle et bien entendu pour les autres, car de son témoignage dépendait un certain nombre de condamnations très importantes. Le jeune homme rassembla les mots débités par Hermione tout en faisant de son mieux pour éviter de trop regarder son joli minois légèrement tâché et ses joues rosies.
- Non merci. J'aimerais rester seul si tu permets.
- D'accord. Si jamais tu veux…
Il pouvait voir rien qu'à son visage qu'elle souhaitait continuer la conversation. Elle devait vouloir savoir s'il avait envie de parler, ce qui n'était pas le cas. Il avait à cet instant autant envie de la laisser entrer que de lui claquer la porte au nez. Cette fille sans le vouloir était un véritable enfer, mais comment lui en vouloir. Il ferma un peu plus la porte, ne laissant dépasser que son visage et son épaule.
- Je descendrais peut-être manger.
Il restait volontairement froid, il ne voulait pas qu'elle s'inquiète trop, qu'elle commence à poser des questions qui allaient le pousser à réagir violemment. Le sujet de son père était sensible et rare étaient les personnes à avoir le droit de l'aborder. Il adressa à la jeune femme, un bref signe de la tête, puis il referma la porte. Il la connaissait par cœur et savait qu'elle devait encore être derrière la porte, l'air hébété, mais elle ne ferait rien et respecterait son choix. Il savait que plus tard il s'exposait à un véritable interrogatoire de sa part, mais il serait prêt à lui répondre et à lui servir de beaux mensonges. Il attendit quelques secondes, puis il l'écouta descendre doucement les marches pour retourner au salon.
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Lorsqu'il ne resta que lui, le vide et le silence, Drago souffla. C'était si dur et il en vint à se demander à quoi servait tout ça si elle ne revenait pas, si son père parvenait à l'atteindre et à la tuer, par simple désir de vengeance envers son incapable de fils. Il aurait dû aller vivre avec sa mère, peut-être que la blessure aurait fini par se refermer d'elle-même. Peut-être qu'elle n'était qu'une femme de passage dans sa vie, mais cette pensée semblait si fausse. Elle n'était pas de passage, ce n'était pas une amourette d'adolescents en recherche d'affection et malgré ses efforts pour penser le contraire, il se rendait à chaque fois à l'évidence. Il passa une main épuisée sur son visage, puis il sentit la manche de sa chemise. L'odeur des couloirs du ministère, les travaux de reconstruction n'étaient pas terminés et il avait l'impression d'être passé dans un champ de poussières. Il avait besoin d'une douche. En espérant que Harry ne se soit pas une fois de plus endormi sous la douche, ne laissant donc aux autres que de l'eau froide. Il ferma correctement la porte de sa chambre, entra dans la salle de bains et resta debout face au miroir qui lui rendait un reflet terriblement désagréable ; Celui du fils de son père. Le portrait craché de la famille Malfoy déchue et enterrée.
Un teint blafard, des traits fins, des joues creuses, des cernes effrayantes, un regard grisâtre témoignant de son humeur et du mur friable construit autour de son cœur pour cesser de souffrir. Ce mur que la présence d'Hermione s'attelait chaque jour à détruire un peu plus. Un regard toujours perdu entre deux eaux. Des cheveux blonds presque blancs, la marque de fabrique de sa famille. Il observa ses cheveux et les lâcha pour mieux s'observer. Lentement, Drago commença à redéfinir du bout des doigts chacun de ses traits, comme s'il les découvrait pour la première fois. Ces traits qui lui avaient été donnés par son père devaient-ils le définir ? Allait-il finir par basculer et devenir comme Lucius ? un homme aigri, égoïste, mauvais jusqu'au plus profond de lui, au point de renier son fils ? Drago s'y refusait, il ne voulait pas ruiner tous ses efforts pour devenir quelqu'un de presque bien. Il tourna sa tête d'un côté, puis de l'autre pour mieux regarder ce visage dont il ne savait que penser et lentement ses doigts atteignirent sa chevelure blonde. Ils devenaient à présent trop long, il avait réellement l'impression de voir son père et c'était insupportable.
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Le jeune homme resta un moment face à son reflet et son entrevue avec son père lui revint. Il savait que jamais il n'oublierait ses mots et la promesse de celui-ci de faire de sa vie un enfer. Mais il n'était pas comme lui et ne le serait jamais. La douche attendrait. Même si sa décision allait décevoir Hermione, Drago fouilla dans un tiroir pour en sortir sa paire de ciseaux et entreprit de renouer avec ses cheveux courts et tant aimés.
L'opération fut assez longue, mais minutieuse et lorsque Drago posa les ciseaux, il souffla de soulagement, mais pas pour très longtemps.
-Pas mal, mais t'as un peu raté la nuque.
-Mais c'est pas vrai ! Vous avez un problème avec la signification d'une porte fermée ou quoi dans ta famille ? !
En sursautant, il manqua d'enfoncer la lame des ciseaux dans sa nuque et se retourna.
-Du calme, fit Ginny, c'est que moi et puis, c'est pas une simple serrure qui va m'arrêter, surtout avec mes frères. J'en ai appris des choses avec eux contrairement à ce qu'on pourrait croire.
-Et donc, que me vaut ta présence ? Demanda Drago agacé.
-Déjà, donne-moi tes ciseaux, ta nuque me fiche la frousse et sinon, mon père m'a raconté pour ta petite réunion de famille.
-Ton père ? Il lui tendit les ciseaux et accepta de s'asseoir sur un fauteuil.
-Je l'ai croisé en venant ici et il m'a raconté, je suis chargé de juger ton humeur afin de savoir si tu comptes te rétracter ou non. Continua la rousse penchée sur la nuque de Drago tout en égalisant les cheveux encore trop longs à son goût. Voilà.
Ginny rendit les ciseaux au blond et prit place dans le second fauteuil.
-Prend pas non plus tes aises.
-J'aime bien ce fauteuil et on va parler un moment alors, autant m'y habituer.
-Vraiment ?
-Je veux savoir comment tu vas. Moi au moins, tu ne vas pas chercher à m'étrangler. Tu l'as dit, tu touches pas aux filles.
-Selon mes critères, t'es pas vraiment une fille. Siffla Drago.
-Fais pas ton Harry. Tu cherches à tout prix à changer de sujet. Tu sais très bien de quoi je veux parler et tu sais aussi que je suis capable de rester assise des heures dans ce confortable fauteuil à te regarder dans le blanc des yeux jusqu'à ce que tu me donnes une réponse qui me satisfera. Souviens-toi du jour où je t'ai enfermé dans la salle sur demande pour te faire cracher le morceau sur Hermione et toi.
-Ca ne compte pas, elle t'avait déjà tout raconté. Pesta Drago qui cherchait à éloigner ces souvenirs.
-Je sais, mais c'était particulièrement jouissif de te voir transpirer de peur devant moi à l'idée que je découvre tout et que je cherche à éparpiller tes restes dans la salle.
Drago s'enfonça dans son fauteuil et ferma les yeux en soufflant tellement ce souvenir était hautement honteux et humiliant pour lui.
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FLASHBACK
-Malfoy ! Hurla la voix de la gryffondor à l'autre bout du couloir.
Drago qui ne s'était pas attendu à une visite si brusque se retourna l'air incrédule vers Ginny Weasley qui fonçait droit dans sa direction, prête à lui rentrer dedans et à faire en sorte qu'il fasse partie intégrante d'une tapisserie du couloir.
Depuis un moment il sentait le regard pesant de la petite Weasley et la connaissant ce n'était pas bon signe. Elle devait avoir des doutes pour lui et Hermione et comme elle était certainement la plus violente de sa famille, elle risquait certainement de tenter de le tuer.
Une fois à sa hauteur Ginny le fixa de son regard le plus sérieux et le plus effrayant. À tout moment ses cheveux de flamme auraient pu se mettre à voler en tous sens tellement il la sentait dans une incontrôlable colère. Elle fit un pas vers lui, il recula d'un pas. Elle répéta son mouvement jusqu'à avoir atteint la salle sur demande de laquelle ils n'étaient pas loin. Une fois enfermé dans l'immense salle, Drago comprit qu'il était cuit. La rousse attendit un instant puis elle se mit à lui sourire, un sourire fin et mesquin. Elle avait quelque chose en tête et ce n'était pas bon pour le serpentard.
-Toi et moi, je pense qu'il faut qu'on parle.
-Parler ? Déglutit le serpentard qui sentait la corde passer autour de son cou.
-Tu me caches un truc.
-Non, pas du tout. Et d'ailleurs fou moi la paix ! Je n'ai pas à adresser la parole à… une Weasley. Il tenta de se montrer persuasif, mais Ginny n'était pas convaincu.
-Tu mens aussi mal que Bill. J'ai appris à savoir quand il mentait avant de monter sur un balai. Il y a un truc entre toi et Hermione, alors crache le morceau ou j'arracherai chacune des parties de ton corps jusqu'à ce que tu me le dises.
-Que… quoi ? Il… il n'y a rien entre elle et moi. Et arrête de me poursuivre avec cette question ! Sinon je te jure que c'est les parties de ton corps qu'on cherchera. Il se montra un peu plus menaçant, arrogant.
-C'est ce que tu lui as dit pour la convaincre de sortir avec toi ? Pas très convaincant.
-Mais pas du tout !
-Ah ! je le savais !
-J'ai rien avoué !
-Tu rougis comme une fille. Sourit Ginny de toutes ses dents.
Drago Malfoy ne rougissait jamais ou alors il faisait tout pour s'en cacher, car c'était chez lui une preuve de faiblesse et devant Ginny Weasley c'était le pire des aveux. Il refusait catégoriquement d'en dire plus. Il se sentit alors paniquer intérieurement à l'idée qu'elle le dise à son frère si ses doutes se confirmaient. Sentant une goutte de sueur perler sur son front, il se tourna vers la porte, mais c'était sans compter sur la détermination de Ginny Weasley qui lui barra le chemin.
-Pas si vite fouinette blondinette. D'une façon ou d'une autre je vais te faire cracher ce que tu sais et ta réaction, c'est un peu comme un aveu de ta culpabilité. Il ne reste plus qu'à gratter un peu. Elle avait la lueur de la victoire dans le regard et c'était encore plus terrifiant que toutes les menaces du Baron sanglant. Hermione disparait un peu trop souvent depuis que vous avez eu votre petit rendez-vous. Elle disparait et toi tu te volatilises, comme par enchantement. Vous ne vous insultez plus, elle a l'air de s'en faire pour toi, tu es presque trop gentil, c'est bizarre, ça cache quelque chose.
-T'es parano Weasley. Vous êtes tous dingues chez les gryffondors.
-Et si je te dis que j'ai une preuve ? une preuve si gigantesque que tu me supplieras de ne rien dire ?
Il se tut et fixa Ginny si intensément qu'il ne se rendit pas compte de l'expression de panique qu'il arborait. La peur qu'on découvre tout et que cette petite fouineuse de Weasley ait raison et ne puisse pas garder sa langue dans sa poche. Lentement, il glissa sa main dans la poche de sa cape pour y trouver sa baguette et pâli quand il réalisa que celle-ci se trouvait dans la main de Ginny qui la regardait d'un air intrigué.
-Ta baguette est quand même sacrément moche, un peu comme toi à l'intérieur, enfin… à l'extérieur aussi, je me demande ce que peut te trouver Hermione. Mais tu la connais maintenant, elle est douée pour trouver les qualités les plus enfouis chez les autres. Les tiennes doivent être sacrément bien cachées en tout cas.
-Je te jure que je vais te tuer Weasley. Rends-moi cette baguette et dégage.
-Attend ! Laisse-moi je temps de trouver comment te dire « non » de façon poétique et indélicate…. Non. Alors ?
-Je vais te…
Mais Ginny ne lui laissa pas le temps de lui sauter à la gorge pour récupérer son précieux bien.
-La première fois que tu as embrassé Hermione, c'était sous une pluie battante. Vous vous disputiez et quand tu as cru la perdre, tu lui as déroulé une jolie tirade avant de l'embrasser. Je crois qu'elle s'est débattue un quart de seconde parce qu'elle ne s'y été pas attendu. J'ai tout bon ? Ah et c'était le soir de la soirée de Saint Valentin de Shlugorn, quand Ron et Hermione s'étaient disputés et que tu étais venu ramasser les morceaux. Assez cliché, mais ça a fonctionné.
Drago s'était littéralement décomposé. Comment savait-elle tout ça ? Comment pouvait-elle savoir ce qu'il avait dit et dans quel contexte ? Qui d'autre savait ? Qu'allait-il arriver. Il fit un pas en arrière et passa ses mains sur son visage en tentant d'étouffer un grognement de rage tant il craignait pour la suite. Ginny, quant à elle souriait de toutes ses dents et respirait le bonheur.
-Comment tu as pu savoir ? qu… qui ?
Ginny croisa les bras et regarda le jeune homme paniquer comme si son monde était en train de s'effondrer sans qu'il ne puisse rien y faire. Les yeux révulsés, le teint pâle, de la sueur sur le visage, les mains tremblantes. C'était pour Ginny une douce victoire, mais elle décida de mettre fin au calvaire du serpentard en lui tendant sa baguette avec un sourire un peu moqueur.
-Allez, j'arrête de te faire mariner. C'était vraiment trop tentant. Hermione m'a tout raconté.
-Tu te fiches de moi ?
-Non, il y a quelques jours. Je ne te raconte pas la pression que j'ai dû exercer. Je voulais juste vérifier que tu tenais à elle.
Drago se força à respirer le plus calmement possible.
-Elle est au courant ou je peux te tuer maintenant et disperser tes restes ?
-Elle n'en sait rien, mais je vais me faire une joie d'aller lui raconter que le type pour lequel elle craque a failli se faire dessus devant moi. Je l'écrirais même dans mon journal intime histoire de ne jamais oublier cet instant.
-Si tu racontes ça je…
-Tu ? Tu ne peux rien contre moi, je suis sa meilleure amie et votre nouvel alibi. Donc, garde tes mains dans tes poches et évite de me frapper, sinon tu finiras célibataire et au fond du lac.
Ginny lui sourit et fila tout en laissant Drago examiner la possibilité d'éliminer la rousse avant la fin de l'année.
FIN
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-Souvenirs ? Demanda Ginny en ricanant.
-Evite le sujet si tu veux rester en vie.
Ginny sourit puis elle reprit un air plus sérieux, plus soucieux.
-Tu dois témoigner. Je sais que c'est beaucoup te demander après tout ça, mais sans ton témoignage on va devoir libérer des partisans de Voldemort, dont ton père.
Drago souffla et s'enfonça un peu plus dans son fauteuil.
-Si je maintiens mon témoignage mon père sera au courant et en à peine quelques heures Hermione sera en possession de preuves dont je ne sais absolument rien, qui vont lui remettre de force en tête tous ses souvenirs. Ca va la tuer. Je ne peux pas prendre ce risque…
-Tu crois vraiment que retirer ton témoignage va suffire à ton père pour ne plus te nuire ? Ce sera bien pire si jamais il sort ! Il pourra venir ici, il pourra venir te harceler librement, même tenter de te faire tuer, tu ne sais pas. Il est à Azkaban, en isolement, il ne peut même pas parler à un gardien, la prison a engagé des fantômes, eux au moins tu ne peux pas les hypnotiser ou les manipuler. Une fois qu'il sera condamné il ne pourra plus exiger de te voir, il n'aura plus le droit de communiquer avec le monde extérieur. Il me semble que plus d'une fois nous avons prouvé que nous pouvions protéger autrui de ce genre de menace non ?
-Je sais, c'est simplement… tu ne connais pas mon père…
-Le peu que j'en connais me suffit amplement crois-moi. Cesse de te tourmenter avec ça. En bas il y a quelqu'un qui a besoin que tu sois là et ne me sors pas le refrain de « je ne devrais pas être là, elle ne souffrira pas blablabla », ce que tu as fait pour elle, c'est… dingue. Fou pas tout en l'air à cause d'une folle furieuse en manque d'affection. Tu es devenu quelqu'un de bien et je ne le dirais qu'une fois, n'y prend pas goût. Tu as aussi le droit de prouver que tu peux sauver et être sauvé. Alors ? Hermione commence à avoir des souvenirs, quelque chose ?
-Elle à des flashs quand elle se retrouve dans des situations qu'on a déjà potentiellement pu vivre. Pour le moment elle ne me pose pas de questions et n'en parle pas. Mais j'ai étudié la chose, je sais ce qu'il se passe quand elle fait un malaise et manque de se briser la nuque en tombant. J'ai beau avoir un morceau de la solution en main, je ne sais pas comment l'utiliser.
-Et tu attends quoi ?! Ca ne va pas te tomber tout cuit dans le bec. Elle doit retomber amoureuse, prouver que ce que vous ressentez est plus fort que la haine de Bellatrix. Siffla la rouge et or en se penchant sur son fauteuil. D'ailleurs, dit comme ça je trouve que c'est terriblement niais.
-Tu crois que c'est facile ? Elle revient en croyant me détester et découvre que je l'ai sauvé, elle se sent redevable, mais ne sait pas comment s'y prendre et elle constate que je m'entends bien avec Potter. J'ose même pas imaginer sa tête si elle entre et nous vois.
-Crise cardiaque.
-Et pour la solution niaise, je suis d'accord. Mais selon ce que je sais, c'est l'amour de sa mère qui a sauvé Potter, alors je suppose que tout peut arriver.
-En effet…
Il y eut un léger silence un peu gêné tandis qu'ils repensaient au long discours de Harry Potter devant la communauté magique après la mort de Voldemort. Il avait parlé de son combat, mais surtout de l'amour de sa mère qui lui avait sauvé la vie et lui avait permis d'être encore là. Sa mère qui avait été tellement plus courageuse que lui. Drago se gratta la nuque et une pensée terriblement désagréable lui traversa l'esprit.
-D'ailleurs, tu pourrais dire à ton frère d'arrêter de se pointer avec des fleurs, des chocolats et tout un tas de conneries du même genre, en croyant que le champ est libre ? J'aimerais éviter d'avoir à repeindre les murs en rouge. Je n'aime pas cette couleur.
-Judicieux, mais j'ai élaboré de bien meilleurs scénarios. Je te filerais des idées à l'occasion.
-Ton frangin n'a pas à faire ce qu'il fait. Cracha Drago d'une façon si sombre que Ginny se sentit obligé d'intervenir avant la mort de son frère.
-Je vais essayer de lui parler, mais tu sais très bien qu'il n'ait jamais été d'accord.
-C'est un connard de profiteur et je te promets qu'il va le regretter si jamais il tente quelque chose de plus que les cadeaux et son horrible sourire de goule.
-Hé.
-C'est plus fort que moi. J'aurai dû me douter de ce qu'il allait faire.
-Ron est peut-être mon frère, mais Hermione t'aime toi et je l'ai bien vu, même si pendant un moment j'ai voulu t'étrangler, j'avoue. Alors, tu dois faire quelque chose.
-C'est facile à dire. Je te rappelle qu'on a mis six ans à rester assis à la même table sans se sauter à la gorge.
-Oui, mais maintenant tu sais qui elle est, ça devrait faire pencher la balance. En tout cas, si besoin, je suis à disposition, mais je ne suis pas le bureau des pleurs. Je vais redescendre avant qu'on se pose trop de questions, je suis censé être aux toilettes.
-Charmant.
Ginny adressa au serpentard un petit sourire puis elle s'éclipsa pour revenir dans le salon. Drago resta assit encore un moment. Ginny avait raison, elle avait toujours raison et c'était pénible. Elle avait toujours été là, comme la petite voix dans sa tête, toujours là pour le conseiller même quand il aurait mérité des gifles. Ils avaient sympathisé après que Ginny lui ait fait cracher le morceau sur lui et Hermione dans la salle sur demande. Elle était au final sympathique, mais aussi vraiment pénible et collante quand il s'agissait de secrets ou de potins. Elle avait raison, il devait prendre sur lui et maintenir son témoignage, mais aussi tenir tête à Ron sans mettre ses menaces de meurtre à exécution, ce qui serait le plus dur, mais pour retrouver sa vie d'avant, il était prêt à contenir ses pulsions meurtrières. Drago se leva et fila sous la douche en priant pour que Ginny Weasley ne cherche pas à revenir lui parler ou pire, l'humilier encore une fois pour son petit plaisir personnel.
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Pendant ce temps-là en bas.
-Tu vas bien ? Demanda Harry quand Ginny revint.
-Juste une petite visite du propriétaire.
Ginny revint s'asseoir près de Harry, tout en se retenant de tordre le cou de son frère qui se tenait, à son goût, bien trop prêt d'Hermione. Ron avait beau être un membre de sa famille, elle ne pouvait s'empêcher de penser que ce qu'il faisait n'était pas correct. Bien entendu, autrefois elle aurait proposé son aide pour que Ron et Hermione tombent amoureux, mais elle avait vu Drago et Hermione, ce qui l'avait obligé à revoir son jugement et ses plans de meurtre du vert et argent. Alors que Harry se penchait sur l'épineux problème de son cavalier toujours coincé dans un coin du plateau entre la tour et le fou de Ron, Ginny se rappela.
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FLASHBACK
Elle était cachée là depuis déjà plus d'une heure et commençait à ne plus sentir ses jambes à force de rester assise entre deux armoires dans la salle sur demande. Elle savait qu'ils devaient se retrouver au croisement de la grande pile de canapés poussiéreux et les empilements de miroirs de tableaux et de balais. En revanche, elle n'avait pas eu le temps de lire l'heure, car Hermione était venue reprendre son livre, aussi Ginny avait dû remettre le mot en vitesse entre les pages 123 et 124.
C'est après une longue attente que des pas se firent entendre, des pas pressés. Ginny se leva et entra vite dans une armoire remplie de bocaux au contenu douteux, qu'elle préféra ne pas examiner sous peine de vomir. Elle referma la porte en laissant une légère ouverture et attendit.
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Hermione arriva, elle avait sa tête des mauvais jours, des jours tristes. Bientôt d'autres pas résonnèrent. Ginny allait enfin savoir ce que son amie lui cachait. Les pas mystérieux se firent plus lents et bientôt la tête blonde de Drago Malfoy émergea. Instantanément Hermione se jeta sur le serpentard qui cachait à l'aide de sa main, une blessure à l'arcade droite.
-Mais qu'est-ce que...?! s'exclama Hermione.
-Weasley. Il a cru judicieux de me coller son poing en pleine figure en sortant du stade.
-Et qu'as-tu fait pour mériter ça ? Viens t'asseoir.
Hermione emmena le serpentard s'asseoir sur un canapé près d'eux et commença à examiner la blessure du jeune homme qui se mit à fixer les traits de son homologue comme s'il avait peur de les oublier.
-Il a commencé à m'allumer sur notre ronde de ce soir et j'ai répondu, mais je crois que ma réponse n'a pas dû lui plaire.
-Et qu'elle était cette réponse ?
Hermione avait sorti un mouchoir de sa poche pour essuyer le sang sur le visage de Drago qui eut une moue hésitante, signe que la réponse qu'il avait donnée à Ron, ne plairait pas non plus à Hermione. Se doutant du genre de phrase qu'il avait certainement sortit, elle appuya son mouchoir sur la blessure, ce qui arracha un grognement de douleur au blond.
-J'attend.
-Vraiment ? aie, aie, aie ! arrête d'appuyer ça fait un mal de chien !
-Alors ? Ta réponse ?
Le préfet souffla et se pencha sur l'oreille d'Hermione pour lui avouer son terrible petit secret. La gryffondor rougit si fort qu'elle aurait pu exploser. Elle donna une tape sur l'épaule du vert et argent et piqua un fard.
-T'es malade ? !
-Je dois avouer que pendant quelques secondes j'ai regretté parce-que mon arcade me faisait mal, mais son air en décomposition… c'était tellement jouissif, tu n'as pas idée. Ca m'a motivé pour arriver plus vite.
-Pour te faire fracturer l'autre arcade ?
-Non, pour avoir une infirmière, à moi seul. Il sourit. Ca fonctionne ?
Hermione souffla et eut un léger rire, un rire doux comme elle en avait peu. Puis, en secouant doucement la tête elle termina de soigner rapidement la blessure de Drago qui ne décollait pas son regard du sien. Le rival de Harry semblait étonnamment bien et heureux en présence de la meilleure amie de Ginny qui ne parvenait plus à décoller les yeux de ce qu'elle voyait, un peu comme une série moldue dont elle aurait refusé de rater la suite. Elle continua alors d'observer ce que lui cachait Hermione depuis déjà un moment. C'était lui, la raison de toutes ces absences, de ces silences, de ces changements d'habitudes comme rallonger ses rondes avec le serpentard, moins aller à la bibliothèque, ne plus se plaindre de son homologue. Elle comprenait enfin et ne parvenait pas à lui en vouloir.
Alors qu'Hermione usait d'un petit sortilège pour refermer sa blessure, le jeune homme leva la main et caressa la joue de la gryffondor puis il replaça une mèche de cheveux derrière l'oreille de la rouge et or qui se mit à rougir. Elle leva la tête vers lui et murmura quelque chose que Ginny ne parvint pas à entendre, mais cela fut assez fort pour atteindre Drago qui semblait ne pas croire à ce qu'il venait d'entendre. Il chercha à ne pas se montrer gêné ou rougissant, mais il n'y parvint pas et vint alors embrasser la gryffondor. Ginny pouvait ressentir tout le bonheur de son amie de là où elle se trouvait et ne parvint pas à détourner le regard. C'était ragoutant de voir les autres s'embrasser, mais pour Hermione et Drago c'était surtout fascinant tant ils avaient pu se détester. La rousse resta un moment à les regarder s'apprécier, se regarder, se sourire, elle ne savait pas si elle pouvait parler d'amour, mais ça en avait tout l'air.
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Quand 17h sonna, les deux jeunes gens préférèrent se séparer. Hermione donna à son tour le nom du livre et le numéro de la page pour leur prochain rendez-vous, puis elle laissa Drago partir. Elle attendit quelques minutes puis elle sortit de la salle sur demande, prenant soin de ne pas emprunter le même chemin que le serpentard, mais c'était sans compter sur la tignasse rousse de Ginny Weasley qui lui sauta dessus.
-Qui aurait pu croire que tu fricotais avec Malfoy sur les canapés poussiéreux de la salle sur demande ? Sourit la rousse en entrainant Hermione.
-Mais… tu…
-Tu me connais, fouineuse dans l'âme. Je me suis planquée dans une armoire pendant des heures pour savoir ce que tu me cachais et ça vaut le détour ! mais si tu me dis tout, je garderais le silence.
-Ai-je le choix ? Souffla Hermione.
-Pas vraiment.
FIN DE FLASHBACK
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Harry fit sortir Ginny de sa rêverie quand il cria après son énième échec contre Ron.
-Un jour je t'aurai ! Siffla Harry en fixant ses pièces en miettes.
-Jamais mon vieux. Sourit Ron.
Le roux, fière de sa victoire il se tourna vers une Hermione tout sourire. Il tendit alors un bras, prêt à ramener la jeune femme contre lui, mais Ginny, se leva brusquement.
-Je pense que Ron et moi devrions y aller ! Maman nous a fait du rôti et elle va avoir besoin de nous pour dégnomer le jardin.
-Mais… on a fait ça hi…
-On y va allez !
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Ron n'eut pas le temps de protester. Ginny attrapa son frère par le bras et après avoir embrassé Harry, elle les fit transplaner.
-Mais Gin…
-Abruti ! Beugla Ginny en plaquant Ron contre le mur de sa chambre. T'es encore plus bête que la goule du grenier ! Hermione doit retrouver ses souvenirs ! pas forcément parce-que tu voudrais inverser les rôles entre Malfoy et toi, mais parce qu'on ne sait pas ce qu'il se passera si elle ne les retrouve pas ! Alors, la prochaine fois que tu tentes quelque chose, n'importe quoi ! je te jure sur mon balai préféré que je t'arrache les dents une par une pour m'en faire un collier et que décorerais le sapin de Noël avec tes boyaux et ta tête en guise d'étoile ! Je sais que tu n'as jamais supporté de les voir tous les deux, mais tu avais juré de respecter leur relation. Ron, tu es mon frère et Merlin seul sait que je t'aime, mais ce que tu fais, ça ne passe pas. Alors, touche plus à Hermione, ou bien je te démembre et tu sais que j'en suis capable.
Ron aurait voulu réagir, mais il ne trouva rien à dire tellement Ginny était à cet instant, vraiment terrifiante. Il avait toujours eu des sentiments pour Hermione, mais ne s'y était jamais bien pris avec elle. Il l'avait faite pleurer au bal de quatrième année, n'avait jamais été tendre avec elle en cinquième année et avait définitivement ruiné ses chances en sortant avec Lavande. C'était certainement ça qui avait aussi décidé Hermione à se rapprocher de Drago Malfoy qui n'avait eu qu'à claquer des doigts pour la faire tomber dans ses bras. Il avait toujours détesté le serpentard, mais là c'était pire que tout. Ginny lui donna une tape sur l'épaule, puis elle l'entraîna en bas, où se trouvait leur mère.
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Au 12 Square Grimmaurd, Hermione était debout dans la cuisine et terminait de faire la vaisselle. Elle avait oublié le départ un peu rapide et étrange de Ron et Ginny et pensait à Drago, toujours silencieux. Il n'était pas descendu manger. Harry avait étalé ses dossiers sur la table de la cuisine et mangeait le bout de son crayon tout en réfléchissant.
-On mange quoi ce soir ? J'irai faire des courses si tu veux ?
-Ce soir tu manges tous seul Potter. Je l'invite. Fit Drago qui se tenait debout contre la porte, l'air décidé.
