CH21-Draco

Bonjour, bonjour ! :D

J'espère que vous allez bien et que vous vous êtes remis du dernier chapitre où notre clexa se disputait (encore, oui je sais XD).

Mais bon faut bien mettre les choses à plats de temps en temps. :p

Et on va continuer dans ce chapitre pour vitre rejoindre des jours meilleurs :)

Encore merci d'être au rendez-vous et pour vos super retours, si je continue c'est grâce à vous :D

Merci à Kouan pour la relecture. :)

Bonne lecture, on se retrouve en bas.


Un rat traversa la cellule humide et sombre sous l'œil fatigué de son locataire. Le petit animal se dirigea vers l'écuelle de nourriture renversée sur le sol. L'homme épuisé ne bougea pas lorsque d'autres rats rejoignirent leur compagnon pour manger la répugnante bouillie qu'il avait lui-même jeté. Le groupe de rats se dispersa subitement lorsque sol et plafond tremblèrent légèrement sous les cris d'une foule galvanisée par le spectacle du sang.

Un spectacle que l'ancien Sénateur avait pris goût à regarder, sans se douter un seul instant qu'il finirait dans les geôles de l'arène. Attendant de subir le même sort que tous ceux qu'il avait prit plaisir à regarder mourir. Lucius Catilina ne comprenait toujours pas ce qu'il faisait ici, comment cela avait pu lui arriver. Du jour au lendemain on l'avait destitué de ses droits de citoyen, de tout ses biens, de sa dignité puis on l'avait condamné à mort dans l'arène.

Avec le recul peut-être n'aurait-il pas dû attaquer les soldats venus l'arrêter, tuant le premier par surprise et lui valant ainsi la peine de mort. Mais pouvait-on lui en vouloir d'avoir perdu son sang-froid alors qu'on l'accusait à tort ? Oui, il avait souhaité la mort de cette catin de Clarke et de ce moins que rien de Gaius mais entre souhaiter et commanditer, il y avait une limite à franchir. Ce qu'il n'avait pas fait car il n'était pas stupide, il savait qu'il serait le premier suspect. Cependant personne ne l'avait écouté et encore moins cru lorsqu'il avait clamé son innocence.

Lucius pouvait revoir le regard plein de supériorité de Marcus lors du procès ainsi que la satisfaction de Clarke à l'annonce de sa sentence. Il serra de toutes ses forces le banc de bois sur lequel il était assis, ses doigts blanchissant sous sa fureur. C'est alors qu'il entendit une porte s'ouvrir puis des pas approcher de sa cellule. Il n'avait vu personne à part le geôlier depuis qu'on l'y avait jeté. Il ignorait depuis combien de temps il était enfermé mais au vu du cycle lunaire qu'il avait suivi à travers une petite ouverture donnant sur la piste de sable, cela faisait bien plusieurs semaines. Et au vu de son ancien statut et pour éviter tout risque de mort prématurée par la main d'autres prisonniers, on lui avait donné une cellule éloignée de tous, lui laissant pour seul compagnie les rats.

Il vit une silhouette approcher. Une femme au visage dissimulé par un châle mais dont la tenue débordant de richesse lui indiquait clairement son statut. Il aperçut quelques mèches blondes et crut pendant un instant qu'il s'agissait de Clarke venue rire de lui alors qu'il serait exécuté dans quelques marques de chandelles, le temps défilant au rythme d'une bougie fondant lentement sous ses yeux en face de sa cellule.

- Joséphine ! S'égosilla-t-il de surprise lorsqu'elle retira son châle, sa gorge sèche de ne pas avoir bu depuis un certain temps. Il faut que tu me sortes d'ici ! S'approcha-t-il des barreaux alors qu'elle restait silencieuse.

- Mon pauvre Lucius, le plaignit-elle, comment pourrais-je faire cela ?

- Cet esclave ne m'appartenait pas ! Je ne l'ai pas envoyé ! J'ignore d'où viennent les parchemins concernant son achat et sa libération qui ont été trouvés chez moi mais ce sont des faux ! Malgré ce que dit ce papier, Quintus ne me l'a pas vendu, il doit bien avoir une trace du véritable acheteur, trouve-la ! La supplia-t-il.

Il n'avait pas eu l'occasion de parler à Quintus lors de son procès, ni même à Joséphine, en vérité tout le monde lui avait tourné le dos. Dès son arrestation, Marcus avait joué de son pouvoir pour l'accabler et faire de lui un pestiféré auprès de ses pairs. Joséphine était donc son unique chance en cet instant mais il n'eut pas la réaction attendue :

- Et pourquoi ferais-je cela ?

- Que… Quoi ? Parce que je te l'ordonne !

- Tu n'as pas d'ordre à me donner, Lucius, c'est même plutôt le contraire, tu devrais être à mes pieds sale miséreux, souffla-t-elle son venin à son visage.

- C'est…toi…C'est toi qui m'a piégé ! Réalisa-t-il subitement.

- Et ça a été tellement facile, rit-elle. Quintus est tellement peu regardant sur les ventes tant que l'argent rentre. J'ai donc acheté à ton nom l'un de nos esclaves puis je l'ai envoyé tuer ma trainée de cousine et son mari. Mais il a fallu que cette esclave s'en mêle, cracha-t-elle avec dégoût. Tant pis j'aurais Clarke plus tard, en attendant je t'ai toi et tu vas regretter de m'avoir traité comme tu l'as fait.

- SALE GARCE ! Explosa-t-il violemment tentant de l'attraper.

Mais elle se recula dans un rire jouissif, appréciant clairement l'instant avant de lui dire adieu puis s'éloigner. Lucius fut soudainement pris de panique malgré sa colère, le désespoir s'emparant de lui alors que chaque pas que faisait Joséphine vers la sortie le condamnait définitivement à mort.

- Notre enfant ! Tu ne peux pas faire ça ! Il a besoin de moi ! Je suis son père ! L'interpella-t-il désespérément.

Joséphine se figea puis après un instant agonisant de silence, elle revint vers sa cellule, offrant un infime espoir à Lucius.

- Il n'y a pas de notre enfant… Souffla-t-elle doucereusement mais le venin bien présent. Il peut tout aussi bien être de toi, de Quintus ou de l'esclave qui me baise.

- Sale trainée ! Je vais te…

- Tu vas quoi ? Rit-elle. Tu ne peux plus rien, claqua-t-elle se détournant à nouveau.

- Joséphine, Joséphine, je t'en prie attends, tendit-il les bras à travers les barreaux dans une supplique. Il y a tout de même une chance qu'il soit de moi, fais-moi libérer et je promets devant les dieux que je lui offrirai la plus belle des vies.

Joséphine se retourna et lui répondit dans un froid rictus :

- Dommage qu'il n'y ait plus de vie à lui offrir.

- Que veux-tu dire ? Se figea-t-il glacé par son regard.

- L'enfant n'a malheureusement pas survécu à l'accouchement… Révéla-t-elle tristement avant de se pencher en avant et souffler sur le ton de la confession : Enfin pour la version officielle car entre nous, il se pourrait que je l'ai étouffé avec un coussin après l'avoir expulsé.

- Tu… Tu… Comment tu as pu… Bégaya-t-il sous le choc et horrifié, semblant seulement réaliser sa folie.

- Ne sois pas si surpris, qu'allais-je faire de ce marmot qui ne me servait plus à rien suite à ton rejet ? Dit-elle comme une évidence.

- PAUVRE FOLLE ! COMMENT AS-TU PU ?! Explosa-t-il brutalement.

Joséphine éclata de rire, se moquant ouvertement et jouissant de sa victoire tout en se détournant définitivement.

- SALOPE ! JE T'ATTENDRAIS AU TARTARE ! TU PAIERAS POUR CA ! S'époumona Lucius, fou de rage.


Dans la loge de l'arène, l'Editeur annonçait l'exécution de Lucius Catilina pendant que la piste était nettoyée des corps du précédent combat. Assise parmi ceux attendant l'entrée de Lucius, Clarke fixait la piste de sable avec impatience. Lucius était responsable de bien plus que cette tentative de meurtre la concernant car bien que Finn ne soit pas un ange, c'est son père qui l'avait poussé à plus d'un abus. Néanmoins si une part d'elle était avide de sang et de vengeance, une autre culpabilisait d'avoir de tels désirs.

Elle tourna les yeux sur la brune se tenant quelques mètres derrière eux : l'ancienne gladiatrice était concentrée à sa tâche de protection, gardant un œil aiguisé sur les personnes les entourant. Lexa tourna subitement son regard sur elle, comme si elle avait senti ses yeux sur elle, et accrocha son regard au sien. Comme depuis leur terrible dispute, elle n'y discerna aucune émotion, la brune s'étant complètement fermée à elle, et vice-versa, alors que de terrible paroles avaient été dites.

« Pour la parfaite Romaine… ! »

« En vérité tu ne vaux pas mieux qu'eux ! »

Elle rompit le contact, son regard revenant sur la piste alors que Lexa n'avait peut-être pas tort. Après tout elle avait manipulé et menacé pour obtenir les preuves de l'appartenance de l'esclave à Lucius et maintenant elle attendait son sang comme tout bon Romain. Vrai ou faux c'est ainsi que Lexa la voyait maintenant et cela la peinait terriblement. Elle sentit une main prendre la sienne et trouva le regard se voulant rassurant de Gaius assis à ses côtés. Ce dernier c'était finalement plutôt bien remis de ses blessures. Après plusieurs semaines de convalescence il avait enfin pu reprendre ses responsabilités, libérant Clarke de ses fardeaux et travaillant ardemment à gagner sa place de Magistrat. Ce qui ne serait pas difficile avec l'éviction de Lucius.

- Est-ce que ça va ? Lui demanda-t-il.

- Je veux juste en finir avec cette histoire, souffla Clarke.

Et comme si les dieux avaient exaucé son vœu, le peuple se mit à huer avec force Lucius qui était trainé sur la piste. Ce dernier s'époumonait, criant son innocence mais ses cris étaient écrasés par la haine de la foule et n'atteignirent nullement la loge. Il fut lâché au centre de l'arène puis les gardes s'éloignèrent rapidement. Lucius regarda autour de lui, quelque peu désorienté face à l'absence de gladiateur. Le peuple exulta subitement de joie lorsque des grilles s'ouvrirent aux extrémités de l'arène. Lucius déglutit difficilement sous la peur tandis que ses jambes se mirent à trembler à la vue de deux lions pénétrant sur le sable.

Dans la loge certains riaient tandis que d'autres comme Clarke et Gaius restaient silencieux. Bien qu'il soit les premiers concernés par cette exécution, qu'ils réclamaient tous deux la justice, ils n'y prenaient aucun plaisir. Contrairement à Russel qui s'en délectait. Il prit grand plaisir à regarder vainement Lucius s'enfuir, les lions le rattrapant aisément avant de le déchiqueter de leurs pattes et de leurs crocs acérés. Ses hurlements d'agonie faisant crier la foule d'excitation. Clarke écœurée malgré son désir de vengeance, se leva brusquement pour quitter la loge.

Elle passa d'un pas rapide devant Lexa qui lui emboita immédiatement le pas, non sans échanger un regard avec Anya qui resta aux côtés de Gaius. Ce dernier s'était également levé mais ses obligations l'empêchaient de la suivre. Il regarda Lexa et lui demanda silencieusement de prendre soin d'elle, ce à quoi elle acquiesça avant de sortir à la suite de la blonde. Elle la rattrapa et marcha simplement à ses côtés tandis qu'un des hommes qu'elle avait recruté avec Anya les suivit, pendant que l'autre restait à attendre le départ de Gaius.

Clarke resta silencieuse durant le trajet jusqu'à la demeure des Tullius, à l'exception d'ordres donnés, et elle ne décrocha pas un regard à Lexa. La brune était maintenant habituée car c'était ainsi depuis leur dispute. Un fossé infranchissable semblait s'être creusé entre elles, ne laissant que le lien d'employeur, employé subsister. Ainsi, elle ne tenta pas de la réconforter, n'en ayant aucun droit après les paroles blessantes qu'elle lui avait dite mais surtout elle n'arrivait pas à voir au-delà de la Romaine qu'elle était devenue. Hissant alors des barrières autour de son cœur, refusant de souffrir en la laissant entrer.


A l'approche de l'hiver, les journées se faisaient de plus en plus fraîches. Une légère vapeur accompagnait leur souffle et leurs mains se crispaient sous le froid matinal alors que Clarke suivit de Lexa marchait dans les rues de Syracuse. La brune se frotta légèrement les mains pour se les réchauffer tandis que la blonde les dissimula à l'intérieur de sa cape en quête de chaleur. Elles parcoururent encore quelques rues animées par les activités du matin, croisèrent une patrouille de soldats, avant d'enfin arriver devant la demeure Pramheda.

- Je t'attends ici, annonça Lexa lorsqu'elles arrivèrent devant la porte.

Clarke ne risquait rien à l'intérieur alors il lui était inutile de la suivre et cela l'arrangeait bien car Lexa continuait de soigneusement éviter Becca, peu désireuse de subir son jugement et les disputes qui en découleraient.

- Becca a exigé ta présence, rétorqua sans plus d'explication Clarke.

- Pourquoi ? S'étonna-t-elle suspicieuse.

- Je n'en sais pas plus que toi mais s'il-te-plait ne m'oblige pas à te forcer à entrer, soupira-t-elle agacée.

Lexa aurait très bien pu refuser car elle ne devait rien à Becca mais l'agacement de Clarke ne cachait nullement sa fatigue à l'égard de leurs constantes accroches à chaque fois qu'elles s'adressaient la parole depuis leur dispute après la fête des Prime. À vrai dire, Lexa aussi était fatiguée de ce conflit entre elles alors elle se contenta de légèrement hocher la tête avant de lui emboiter le pas dans la demeure.

Elles furent étonnées de ne pas être accueillies par Becca mais seulement par le vieux Cyrus, puis que ce dernier ne les conduise pas à son bureau mais dans sa chambre. Leur approche fut accueillie par le son d'une forte toux et lorsqu'elles entrèrent, elles découvrirent Becca dans son lit en train de tousser à en perdre la respiration, une servante à ses côtés tentant de la soulager.

- Becca qu'as-tu ? S'inquiéta immédiatement Clarke.

Elle voulut se précipiter à son chevet mais Lexa la retint par le poignet, secouant légèrement la tête lorsque leurs regards se croisèrent. Clarke hésita, soucieuse pour son amie mais comprenant parfaitement la prudence de la brune alors qu'elles ignoraient ce qu'avait Becca. Cette dernière qui avait aperçu l'action en se remettant de sa crise, étira un faible sourire en reconnaissant bien là l'instinct protecteur de la brune envers la blonde.

- Ce n'est qu'une mauvaise grippe, les rassura-t-elle en se recouchant, j'ai eu la mauvaise idée de sortir peu vêtu, ajouta-t-elle une lueur maligne dans le regard.

- Pourquoi avoir demandé ma présence ? S'enquit sans détour Lexa.

Ce qui fit rire Becca et déclencha une nouvelle quinte de toux. La servante la soutint puis elle apposa un linge humide sur son front pour apaiser la fièvre qui s'élevait doucement.

- Etant donné que Clarke ne peint plus… Commença-t-elle avant de tousser tandis que Lexa tournait un regard curieux sur la blonde… Nous avions un rendez-vous d'affaire pour approvisionner nos boutiques.

- Et en quoi cela me concerne ?

- Je voudrais que tu l'assistes.

- Tu n'as pas confiance en moi ? Rétorqua Clarke, blessée.

- Bien sûr que si… La contredit-elle avant une nouvelle quinte.

- Je ne travaille plus pour toi Becca, pointa durement Lexa qui n'avait aucune envie de lui rendre service.

- Je ne te le demanderai pas s'il ne s'agissait pas de Draco, révéla Becca.

L'expression de Lexa changea brutalement, toute froideur et résistance envolées, lui donnant alors toute son attention et son accord.

- Qui est ce Draco ? Demanda la blonde consciente du brusque changement dans la pièce.

- C'est un marchand Grec…

- Un pilleur, grinça Lexa.

- … qui revend à l'empire toutes sortes de marchandise, dont des œuvres d'arts, termina Becca.

- Et nous achetons à cet homme ?! Il a surement tué des innocents pour ces œuvres, s'indigna Clarke.

Ce qui lui valut un bref regard approbateur de la part de Lexa tandis que Becca toussa avant de reprendre :

- Je me suis déjà longuement disputée à ce sujet avec Lexa, nous ignorons la provenance de ces œuvres, ce n'est qu'hypothèse.

Lexa émit un léger claquement de langue pour signifier son désaccord mais Becca continua :

- Et quand bien même, le monde est ainsi fait, notre commerce est ainsi. Maintenant si tu as…

Elle se remit à violemment tousser, inquiétant soudainement les deux femmes qui firent un pas dans sa direction, avant de s'arrêter alors que la servante gérait la situation.

- Si tu as… Repoussa-t-elle doucement la servante… Si tu as des peintures à me livrer nous n'aurons nul besoin de lui… Alors ?

- Je n'ai rien, avoua à regret Clarke.

- Bien, alors Draco est notre seule option. Son bateau est amarré au port.

- Il n'y a vraiment aucun autre marchand vers qui nous pouvons nous tourner ? Insista Clarke dont la conscience rechignait à commercer avec un potentiel pilleur.

- Nos clients veulent du nouveau, hormis tes peintures ils n'achètent pas Romain, ils veulent de l'exotisme et Draco est justement de passage à Syracuse avec ce que veulent nos clients.

A peine eut-elle terminé son explication qu'une violente crise la saisit. Malgré l'inquiétude qui saisit les deux femmes, Lexa attrapa doucement le bras de Clarke puis lui fit signe qu'il était temps d'y aller. Avec un dernier regard pour Becca, elles sortirent pour s'occuper de ce Draco.


Arrivées sur le port les deux jeunes femmes s'étaient renseignées sur l'emplacement du navire du marchand. Il était amarré à l'extrémité du port, elles traversaient donc ce dernier pour le rejoindre. Si Clarke marchait avec détermination vers leur destination, il en était tout autre pour Lexa. La brune ne pouvait s'empêcher de tourner son regard vers les navires d'esclaves qui déchargeaient sur le quai hommes et femmes enchainés pour les emmener au marché.

Clarke n'était pas ignorante de ce qui se passait sous leurs yeux mais elle n'y pouvait rien et malgré l'injustice et l'horreur, elle était moins touchée que Lexa qui se revoyait parfaitement à leur place. La brune continuait de marcher mais son corps se tendait d'une colère sourde. Elle se maitrisait plutôt bien, jusqu'à ce que la voix d'un marchand furieux s'élève, suivit rapidement par des cris de douleur. Clarke et Lexa s'arrêtèrent, se tournant comme la plupart des gens sur la scène, où un marchand frappait violemment à coup de bâton un esclave.

« Sale vermine ! Bon à rien ! Je vais t'apprendre le respect ! » Criait-il sans cesser les coups.

Lexa se sentit prête à fondre sur l'homme, une rage intense la consumant alors qu'il allait tuer ce pauvre homme mais elle fut stoppée par la voix de Clarke qui lui rappela son impuissance et la folie d'une intervention :

- Tu ne peux rien pour lui.

C'était la cruelle vérité mais ce n'est pas ce qui calma sa rage. Ce qui la fit taire fut la crainte qu'elle aperçu dans le regard océan qui croisa son regard plein de haine. Une haine qui repartit immédiatement se dissimuler dans les profondeurs de son cœur. Lexa retourna son attention sur le marchand et son esclave, serrant les poings alors que les cris avaient cessé. Le marchand cracha sur le cadavre de sa victime puis il retourna vaquer à ses affaires comme si de rien n'était, comme tous ceux ayant assisté à la scène.

- Lexa… L'appela prudemment Clarke.

La brune ferma brièvement les yeux, se jurant de venger sa mort et de tous les libérer du joug des Romains.

- Nous aurions dû emprunter un autre chemin, énonça la blonde lorsqu'elle croisa à nouveau son regard, soucieuse et se sentant coupable de ne pas avoir pensé au passé de la brune vis-à-vis des lieux.

- C'est le chemin le plus rapide, balaya-t-elle sa compassion tout en reprenant leur marche.

Clarke soupira tristement, encaissant et acceptant qu'elle la rejette car c'était son mécanisme de défense face à ses émotions, refusant de paraitre vulnérable. Elle en avait suffisamment fait les frais pour savoir qu'il ne servait à rien de la pousser à se confier, d'autant plus avec la distance instaurée entre elles. Clarke repoussa ses propres sentiments, acceptant une nouvelle fois l'état de leur relation et reprit également la marche, se concentrant sur sa rencontre avec Draco.


- Les rumeurs disaient que tu ne travaillais plus pour Pramheda, s'étonna Draco de voir Lexa monter sur son navire.

- C'est le cas, répondit-elle d'un regard tranchant pour l'homme à la peau mate, une cicatrice sur la joue et vêtue d'un manteau en peau de bête couvrant une tenue de guerrier.

- Elle travaille pour moi, précisa Clarke qui par la même occasion imposa sa présence.

- Et qui est donc cette beauté ? Demanda-t-il dans un sourire enjôleur vide de tout respect.

Lexa se crispa au regard qu'il posa sur Clarke mais elle se contenta de serrer les dents, se retenant de ne pas ruiner cette entrevue en lui mettant un coup de poing en plein visage.

- L'associée de Becca, Clarke Tullius, répondit-elle tranchante.

Draco ne cacha pas sa surprise en reconnaissant son nom et ce que cela impliquait car il n'avait nulle autre que la femme du magistrat en face de lui. Lexa retint difficilement son sourire lorsqu'elle le vit légèrement se décomposer.

- C'est… C'est un honneur, se reprit-il dans une courbette légèrement exagérée.

- Je ne peux pas en dire autant, le remit-elle à sa place alors qu'il la répugnait.

Il était évident qu'il avait tout d'un pilleur. Son navire débordait de marchandises et Clarke n'avait pas manqué les armes qu'arboraient ses hommes, tous des guerriers de toute évidence. Tout comme son regard était immédiatement tombé sur les deux enfants en haillons et chaines aux poignets qui frottaient le sol du navire. L'esclavage était une chose horrible mais des enfants, c'était abject. Comment Becca pouvait faire affaire avec cet homme ? Et comment espérait-elle qu'elle le fasse ?

- Et j'exige de vous le respect qui m'est dû, claqua-t-elle ensuite.

Draco serra la mâchoire, supportant difficilement d'être ainsi traité par une femme, qui plus est une gamine qui venait à peine d'entrer dans la cour des grands. Spectatrice de leur petite joute, Lexa oscillait entre la fierté que Clarke le remette ainsi à sa place, et l'écœurement procuré par son attitude de Romaine.

- Bien, grinça Draco qui ne pouvait rien faire contre elle étant donné son statut avant de reprendre, je suppose que vous êtes ici pour les peintures, dit-il en leur faisant signe de le suivre.

- Les peintures ne m'intéressent pas.

Ce qui surprit autant le marchand que Lexa qui tourna un regard confus sur elle mais la blonde ne lui prêta aucune attention, concentrée sur Draco.

- Pourtant le message de Pramheda disait…

- Elle n'est pas là, moi oui, claqua-t-elle, et je viens de voir quelque chose qui m'intéresse davantage.

- Et de quoi s'agit-il ? Demanda-t-il réellement curieux.

- Ces deux enfants, pointa-t-elle d'un regard sans émotion dans leur direction.

- Ils ne sont pas à vendre.

- Clarke ? Interrogea en même temps Lexa.

La blonde leva une main pour les faire taire. La brune grinça sous ce geste autoritaire, tandis que Draco laissa légèrement filtrer son agacement.

- Quel est votre prix ? Demanda-t-elle simplement.

- Je le répète, ils ne sont pas à vendre, se rebella Draco qui avança d'un pas menaçant dans sa direction.

Lexa en fit immédiatement de même, lui déconseillant de s'approcher davantage. L'action ne perturba pas le moins du monde Clarke qui continua de le transpercer d'une autorité glaciale.

- Vous allez me les vendre, si vous ne voulez pas que le magistrat vous interdise tout séjour à Syracuse.

Draco libéra un rire avant de rétorquer sans le moindre respect :

- Vous n'êtes que la putain qui réchauffe son lit, vos menaces sont vides.

- Et tu ne toucheras plus aucune putain quand je me serais occupée de toi, cracha Lexa qui venait de dégainer son glaive pour dangereusement l'appuyer sur son entre jambe.

- Lexa ! La rappela à l'ordre Clarke alors que les marins avaient également sortit leurs épées.

La brune échangea un regard avec elle et sous l'insistance de la blonde, elle recula à contrecœur.

- Bon toutou, se moqua Draco.

Lexa refit immédiatement un pas vers lui.

- Assez ! Claqua Clarke qui dépassa la brune pour se planter devant Draco. Vous seriez étonné du pouvoir qu'une putain peut avoir, persifla-t-elle ensuite, vous voulez vraiment prendre le risque de savoir si je bluffe ? Vous interdire Syracuse est clément et vous le savez, vous pourriez être banni de Rome, vous êtes prêt à cela pour deux misérables esclaves ?

- Vous vous donnez bien du mal pour deux misérables esclaves, ne se démonta-t-il pas, mais soit, ils sont à vous.

Il fit signe à ses hommes qui amenèrent les deux enfants. Un jeune garçon d'une dizaine de printemps, aux cheveux couleurs des blés et une petite brune un peu plus jeune que lui. Ils poussèrent les enfants dans les bras de Lexa tandis que Clarke réglait les derniers détails avec Draco.

- Je ne dirais pas que ce fut un plaisir de faire affaire avec vous, grinça le marchand lorsque la transaction financière fut terminée. Je préférais quand tu étais le larbin de Pramheda, ajouta-t-il à l'attention de Lexa.

- Pas moi, répondit sans réfléchir la brune, ce qui la surprit autant que Clarke.

Elles échangèrent un bref regard gêné tandis qu'intérieurement Lexa devait reconnaitre qu'elle était fière de se tenir aux côtés de la blonde car elle savait que l'achat des enfants avait pour seul but de leur offrir une vie meilleure. Tout comme elle l'avait fait pour elle, bien qu'elle ait à ce jour le réel pouvoir de les aider en les mettant en sécurité, loin de toute survie, contrairement à ce qu'elle avait pu lui offrir chez les Prime.

- Je vois pourquoi, rit Draco en laissant trainer un regard plein de luxure sur la blonde et soudainement conscient de ce qui pouvait bien unir les deux femmes.

Sur cette dernière remarque, elles quittèrent le navire, peu désireuses d'en révéler davantage et victorieuses.


Lorsqu'elles rentrèrent à la demeure Tullius, Niylah vint à la rencontre de Clarke. Elle ne cacha pas sa surprise à la vue des deux enfants qui se collaient à Lexa alors qu'ils étaient effrayés par la blonde qu'ils identifiaient clairement comme une Romaine, une menace.

- J'aimerais que tu les emmènes en cuisine pour qu'ils se nourrissent puis tu leur feras prendre un bain, demanda-t-elle à Niylah.

L'ancienne esclave acquiesça puis elle s'agenouilla devant les deux enfants tremblant de peur.

- Quels sont vos noms ? Leur demanda-t-elle.

- Vous pouvez lui faire confiance, les encouragea Lexa.

Les deux anciennes esclaves échangèrent un regard, peu habituées à travailler de concert mais pendant un court instant, elles étaient prêtes à mettre leurs désaccords de côté.

- Aden…

- Madi… Répondirent-ils timidement.

- Et bien Aden, Madi, que diriez-vous d'un bon repas ? Les invita-t-elle en se relevant et leur tendant la main.

Ils la saisirent puis la suivirent.

- Gaia, appela Clarke, l'intendante qui travaillant non loin de là s'était déjà rapprochée par curiosité. J'aimerais que tu leur donnes une chambre à l'étage et que tu leur trouves un précepteur.

- Oui, Domina, s'exécuta-t-elle immédiatement.

Clarke se tourna alors vers Lexa.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda-t-elle en se figeant sous le regard qu'elle posait sur elle.

- Ce que tu fais pour eux est très généreux…

- Pour une Romaine ? La coupa amèrement Clarke.

- Ce n'est pas…

Mais Lexa s'arrêta car chercher à la contredire ne servirait à rien, elle avait sincèrement pensé ces paroles et elles étaient toujours vraies. Malgré l'action plus que généreuse de Clarke et n'ayant nul doute qu'elle allait affranchir les deux enfants, elle avait à nouveau usé de menace et de chantage telle une parfaite Romaine.

- Hum… Que comptes-tu faire au sujet des peintures ? Se reprit Lexa.

- Et bien je vais aller de ce pas peindre.

- Et ton blocage ?

- Espérons que les muses reviennent me murmurer à l'oreille, sourit-elle pleine d'espoir.

Il y eut ensuite un silence de plus en plus en pesant, aucune ne sachant quoi ajouter jusqu'à ce que la brune le brise :

- J'aurais besoin de m'absenter pour l'après-midi si tu le permets.

- Je compte rester dans mon atelier alors je n'y vois pas d'inconvénients.

- Merci, alors à plus tard et si toutefois tu décides de sortir…

- Je ne partirais pas sans un de tes hommes, promis, sourit-elle à son professionnalisme.

Lexa hocha légèrement de la tête puis elle prit congé.


-J'aurai besoin de ces ingrédients, demanda sans préambule Lexa en tendant un petit morceau de parchemin au marchand d'herbes et d'épices derrière son étale.

Il s'empara de sa liste puis s'éloigna dans un hochement de tête. Lexa qui s'était changée pour une tenue plus civile, tout en restant confortable pour se battre et une dague à la ceinture en cas de besoin, réajusta le châle rouge qui protégeait son visage du froid et le dissimulait légèrement.

- Mais qui vois-je ? Ne serait-ce pas ma douce tourterelle des iles grecques ?

« Pas assez dissimulé visiblement » Songea-t-elle en ferment brièvement les yeux d'agacement avant de se tourner vers le nouveau venu.

- Alcibiade, comment va ton nez ? Demanda-t-elle faussement soucieuse et agacée par sa présence.

- Je voulais justement m'excuser et te remercier à ce propos, ignora-t-il sa question parfaitement conscient qu'elle n'en avait rien à faire.

- Me remercier ? Retourna-t-elle confuse.

- Oui, j'allais clairement trop loin avec Clarke. La forcer ainsi après ce qu'elle a vécu avec ce Finn…

Lexa tiqua à cette remarque mais n'eut pas l'occasion de rebondir dessus qu'Alcibiade continua :

- Et je m'excuse d'avoir marché sur tes plates-bandes, j'ignorais que Clarke et toi…

- Quoi ? Clarke et moi ne sommes pas ensemble…

- Je parlais seulement de sexe, rit-il de sa réaction qui en révélait bien trop.

Lexa se figea en réalisant ce qu'elle venait de dire, mais ignorant si c'était à cause de sa bêtise ou bien sous le rappel de ses sentiments.

- J'assurais sa protection c'est tout, asséna-t-elle durement en espérant qu'il laisse tomber.

- À d'autres ! Rit-il, tu m'as déjà surpris dans ce genre de situation et tu n'as jamais réagit. Et là tu me brises presque le nez !

- Je pourrais réellement le briser si tu continue comme ça, le menaça-t-elle franchement agacée.

- J'ai compris… Leva-t-il les mains pour la calmer… Tu es dans le déni.

- Je ne suis pas dans le déni parce qu'il n'y a rien, ni sexe, ni rien, grogna-t-elle en espérant que les badauds ne les entendent pas.

- Très chère, il y a tellement de frustration et de tension sexuelle entre vous qu'Aphrodite doit vous sentir depuis l'Olympe.

Cette fois Lexa au bord de l'explosion esquissa un pas vers lui mais c'est alors que le marchand revint.

- Voici vos herbes.

- Tenez, le paya-t-elle tout en prenant le petit sac contenant les ingrédients.

Elle remercia et salua le marchand avant de se tourner vers Alcibiade :

- Alcibiade, je te le répète une dernière fois, il n'y a rien entre Clarke et moi, et quand bien même occupe-toi de tes affaires ! Sur ce, bonne journée.

- Ne te fâche pas ma tourterelle ! Reviens voyons !

Elle s'éloigna en accrochant le petit sac à sa ceinture, ignorant les appels d'Alcibiade pour continuer leur conversation.


Elle quitta les rues bondées du marché pour une étroite ruelle peu fréquentée et jonchée de détritus, afin de rejoindre sa prochaine destination. Elle parcourut à peine quelques mètres avant d'entendre des pas derrière elle.

- Alcibiade je t'ai dit de t'occuper de tes affaires ! S'agaça-t-elle persuadée qu'il s'agissait du Grec.

Elle se retourna bien décidée à le chasser, quitte à le frapper à nouveau mais c'est son propre visage qui rencontra un puissant poing. Le coup la projeta contre le mur d'un des bâtiments la cernant puis une forte poigne l'attrapa par la nuque avant de frapper sa tête contre la pierre. Elle cria de douleur sous l'impact puis sonnée elle fut jeter au sol. Ignorant la douleur, Lexa cligna des yeux pour tenter de chasser le tournis qui la saisissait mais un coup de pied vint la cueillir en plein abdomen, lui coupant le souffle. Elle se prépara au prochain coup mais rien ne vint. Elle reprit sa respiration et cracha du sang avant de chercher son assaillant des yeux.

- Quint… Gémit-elle en portant une main à son abdomen douloureux.

- Comme on se retrouve sale trainée, rit-il.

Alors qu'elle tentait de se relever, le gladiateur arborant un sourire carnassier aux dents pourries s'approcha et la saisit par un bras. Il la souleva légèrement de terre, la trainant sur le sol pour l'éloigner de l'entrée de la rue. Encore quelque peu sonnée, Lexa n'eut d'autre choix que de suivre le mouvement tout en se maudissant de s'être si stupidement laissée surprendre. Quint la poussa à nouveau sur le sol mais lorsqu'il voulu se positionner au-dessus d'elle, l'ancienne gladiatrice abattit le plat de son pied sur ses partis intimes. Quint se plia en deux de douleur tandis que Lexa s'empressait de se relever.

- Sale… chienne, grogna-t-il en tentant de maitriser la douleur.

- De nous deux c'est toi le chien tenu en laisse qui répond aux ordres de son maître, cracha Lexa en s'approchant pour lui décocher un coup de poing en pleine mâchoire.

Elle lui en asséna un second, puis un troisième... Quint habitué au combat de l'arène sût à son tour retourner la situation. Malgré la douleur et son esprit s'embrouillant légèrement, il réussit à attraper sur le sol une planche brisé qu'il abattit de toutes ses forces sur la brune. Balayant l'air pour venir s'écraser sur son côté, ce fut le bras de la brune qui encaissa la majeur partie du coup. Elle sentit ses muscles se contracter sous la douleur. Tout en se relevant Quint envoya à nouveau son arme improvisée dans sa direction. Elle bloqua l'attaque de ses deux mains, ce qui déclencha un duel de force entre eux.

Chacun luttait pour prendre le dessus, usant de leur force pour faire plier l'autre. Cependant Quint était physiquement plus grand et fort qu'elle. Elle sentait ses bras fléchir, et son adversaire aussi. Ce dernier connaissait parfaitement sa faiblesse physique depuis son dernier combat et il savait qu'elle ne pourrait pas tenir. Il sourit lorsque sa poigne se mit à rapidement trembler, se moquant clairement.

D'un coup sec il lui fit facilement lâcher prise, puis il lui décocha un coup de coude au visage qui la fit reculer. Profitant de la surprise du choc il se débarrassa de son arme improvisé puis la saisit à la gorge, l'étouffant tout en allant la plaquer contre le mur. Lexa attrapa sa dague accrochée à sa taille et la planta avec force dans son flanc.

- SALE GARCE ! Hurla-t-il furieux et souffrant.

Cependant il ne lâcha rien, attrapant au contraire le poignet de la brune. Il retira la dague de sa chair puis il écrasa son poignet dans sa poigne ferme, lui faisant lâcher son arme mais continuant d'appuyer sur sa vieille blessure. Il sourit sadiquement à la douleur qu'il pouvait lire dans son regard alors que sa prise sur sa gorge l'empêchait de crier.

- J'aurais préféré qu'on s'amuse un peu tous les deux avant de te tuer mais tu ne me laisses pas le choix, souffla-t-il de son haleine fétide à quelques centimètres de son visage.

- Alors viens t'amuser avec moi !

Quint tourna la tête de surprise et reçu le pommeau d'un glaive en pleine tête. Il recula de douleur, libérant Lexa par la même occasion. Cette dernière inspira douloureusement, portant une main à sa gorge pour la masser, et découvrant l'identité de son sauveur. Un guerrier, métisse au crâne rasé, qu'elle connaissait très bien. Lincoln était un ancien gladiateur vendu par ses maîtres aux mines mais qui avait été libéré par Anya et elle, reconnaissant, il avait rejoint leur cause.

Il ne laissa pas l'occasion à Quint de réagir qu'il l'attrapait par la tête et la lui fracassait contre le mur. Le gladiateur cria de douleur lorsque son nez se brisa contre la pierre mais Lincoln le fit taire d'un second coup qui le sonna complètement. Il le termina par un coup de poing à la mâchoire qui l'envoya s'écrouler à terre. Quint gargouillait des menaces dans son propre sang, gémissant et tentant de se relever.

- Est-ce que ça va ? Demanda Lincoln à Lexa qui s'était relevée et qui était maintenant à ses côtés.

- Grâce à toi… Merci, répondit-elle la voix légèrement éraillée par la suffocation.

- Comme tu n'arrivais pas, je me suis inquiété.

Sauvée par sa ponctualité. Lexa n'était jamais en retard à un rendez-vous et elle devait justement retrouver Lincoln de l'autre côté de cette ruelle qui donnait sur une rue plus calme que celle du marché abritant tavernes et bordels.

- Que fait-on de lui ? Demanda-t-il en désignant Quint avant de retourner lui mettre un bon coup de pied alors qu'il se relevait doucement.

- On va envoyer un message, répondit-elle dans un regard froid pour le gladiateur et ramassant sa dague sur le sol.


Lexa pilonnait les ingrédients qu'elle avait achetés dans un bol. Malgré sa rencontre avec Quint, elle n'avait rien changé de ses projets pour la journée. Elle s'était entretenue avec Lincoln sur ses raisons pour lui avoir fait quitter Rome et lui avait également exposé ses plans pour Syracuse. Il était reparti avec ses ordres et Lexa était partie de son côté.

Elle s'était assurée d'être présentable après son combat contre Quint, et cela malgré les marques sur son visage, notamment une légère entaille au front dû au coup contre le mur. Elle avait ensuite frappée à la demeure Pramheda. Pour la plus grande surprise du vieux Cyrus, étonné de la trouver seule, et encore plus lorsqu'elle lui demanda de la conduire aux cuisines. Elle s'y affairait donc, écrasant ses ingrédients avant de les mélanger à de l'eau chaude qu'elle avait fait chauffer. Elle laissa infuser un moment puis elle en versa un peu dans en verre.

Elle quitta les cuisines avec le verre puis rejoignit sous le regard curieux des serviteurs de la maison, la chambre de Becca.

- Lexa ? S'étonna cette dernière qui était assise dans son lit, un linge mouillé sur le front, des cernes de fatigue sous les yeux.

Lexa approcha sans un mot et lui tendit le verre légèrement fumant.

- Bois ça, ça te fera du bien, lui indiqua-t-elle.

Becca le prit et sentit l'agréable odeur d'herbes qui s'en échappait.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle tout de même hésitante et surprise par son geste.

- Un remède de mon village, ma grand-mère avait l'habitude d'en faire lorsque la grippe frappait, répondit-elle avec une certaine nostalgie dans le regard.

Becca porta la boisson à ses lèvres puis accueillit sa chaleur avec plaisir. Lexa qui ne savait trop où se mettre dans le silence qui s'étendait, finit par se rapprocher de la sortie.

- Je te remercie, tu n'étais pas obligée, j'ai mon guérisseur…

- Vu ton état tu devrais songer à le remplacer, cingla-t-elle.

- Je suppose donc que tu ne le laisseras pas regarder cette entaille, pointa-t-elle avant de légèrement tousser.

- Ce n'est pas grand-chose, balaya-t-elle son inquiétude.

- Tout comme la raison de tes blessures, piqua-t-elle sarcastique.

- Je dois y aller, j'ai laissé la recette à Cyrus, entama-t-elle vivement sa sortie.

- Non, attends ! La stoppa-t-elle avant d'être prise d'une violente quinte de toux.

Lexa fit immédiatement demi-tour pour être à ses côtés, l'aidant à se redresser et déposant son verre sur la table de chevet le temps que la crise passe, puis elle l'aida à se rallonger. Malgré leurs désaccords et leur entêtement, l'une comme l'autre s'inquiétait encore.

- Lexa, j'espère juste que tu n'as pas de problèmes…

- Rien que je ne puisse gérer, choisit-elle d'être honnête avant de piquer à son tour : Et inutile de t'inquiéter pour Clarke.

- C'est pour vous deux que je m'inquiète, claqua-t-elle vivement, ce qui déclencha la toux.

- Tu as une drôle de manière de te soucier de moi, retourna-t-elle toujours blessée par les paroles passées mais lui redonnant son verre.

- Que fais-tu ici ? Pourquoi te soucier de moi ? La confronta-t-elle en plongeant un regard défiant dans le sien.

- Parce que je te dois la vie, soupira Lexa tout en reposant le verre.

- Tu n'as aucune dette envers moi, je te l'ai déjà dit.

- Il ne s'agit pas que de ça… Si je ne peux empêcher le sentiment de trahison qui m'habite dès que je te vois, je ne peux pas davantage oublier notre amitié.

Becca fut touchée par ses paroles. Son cœur se serra à la fois de douleur et d'un espoir qu'elle ignorait ressentir concernant leur amitié. Bien que leur relation soit compliquée et qu'elle ne serait probablement plus jamais la même, cela faisait du bien à entendre. Cette confession laissa place à un doux silence, des liens brisés se renouant.

- Comment c'est passé la transaction avec Draco ? Questionna Becca qui souhaitait ramener la conversation sur un terrain plus léger.

- Plutôt bien… mais sans doute pas comme tu l'espérais, répondit-elle presque gênée en allant s'assoir sur la chaise proche du lit avant de reprendre sous son regard interrogateur : Clarke n'a pas acheté d'œuvre d'art à Draco mais deux de ses esclaves, des enfants.

- Ca lui ressemble bien, rit Becca avant de tousser. Comment a-t-elle géré Draco ?

- De main de maître, répondit-elle fièrement, elle sait faire preuve de persuasion, ne put-elle s'empêcher d'ajouter avec une pointe d'amertume.

- Elle a changé n'est-ce pas ? Lut-elle clairement en elle.

- Oui… Je la reconnais à peine, avoua-t-elle tristement.

- Pourtant tu tiens toujours à elle, j'ai vu la manière que tu as de la protéger.

- C'est Clarke… Répondit-elle simplement comme si c'était une évidence.

Becca se contenta de l'observer, étirant un petit sourire triste alors qu'elle ne savait que trop bien ce que représentait la blonde pour la brune. Lexa sembla réaliser qu'elle était en train de se confier alors elle se leva, décidant qu'il était temps de partir.

- Je vais te laisser te reposer.

- Lexa, l'arrêta-t-elle une nouvelle fois. Clarke a appris à survivre mais au fond elle est toujours la même, tout comme toi.

- Tout comme moi ? Répéta-t-elle pleine de sarcasme. Alors soudainement je ne suis plus dangereuse et pleine de haine ?

- Cette haine t'a toujours accompagné, tu as toujours été un danger pour Clarke qui s'est constamment mise en danger pour toi. Ce qu'elle refera sans hésiter car comme tu l'as constaté avec Draco elle est toujours prête à tout pour ses convictions et encore plus pour les gens qu'elle aime.

Lexa fut soufflée par sa réponse et Becca ne lui laissa pas le temps de réagir qu'elle ajouta :

- Et sois sincère un instant, tu ne me feras pas avaler que tu t'es battue avec un quelconque vagabond dans les rues en venant ici ! L'accusa-t-elle en pointant son entaille du regard.

La brune détourna les yeux, étrangement déstabilisée par le regard accusateur qu'elle posait sur elle, avouant ainsi sa culpabilité.

- Si Russel en a après toi, il viendra tôt ou tard pour Clarke quand il comprendra qu'elle est ta faiblesse.

- Il ne fera rien à Clarke car il ne verra rien, je peux te l'assurer, confirma-t-elle ses soupçons.

- Ne fais pas de promesse que tu ne pourras tenir, retourna-t-elle tristement car il suffisait de faire un peu attention pour comprendre ce qu'il y avait entre elles. Tu n'as pas non plus changé la concernant, tu l'aimes toujours, reprit-elle plus sereinement, résignée.

- Je n'ai rien choisi de tout ça ! S'emporta soudainement Lexa. Tu crois que je ne préférerais pas être à Poteidaia avec Costia ? On m'a tout pris Becca ! Ne me laissant que cette haine que je laisserais volontiers de côté si tout ne m'y ramenait pas, tout comme je n'ai pas demandé à ce que Russel m'envoie l'un de ses sbires !

- Lexa…

- Non ! J'en ai assez de tes jugements ! Tu étais mon seul soutien, toi seule savait ce qu'il mettait arrivée et ce que je traversais après la disparition de Costia et Clarke. Tu étais mon amie et tu n'as pas hésité un seul instant à me refuser le bonheur de retrouver Clarke, la rédemption dont j'avais besoin alors que je culpabilisais chaque jour pour sa mort ! Tu étais mon amie… et tu… Commença-t-elle à se calmer la voix tremblante. Tu m'as abandonné Becca, tu m'as trahi, tu étais prête à me dénoncer…

- Je suis désolée, souffla Becca touchée par cette soudaine vulnérabilité et la cruelle vérité de ses actes. Je ne te ferais pas l'affront de dire que je ne l'aurais jamais fait car honnêtement je pensais mes menaces et j'en aurais peut-être été capable mais je le regrette sincèrement… Crois-moi ou non mais je ferais les choses différemment si je le pouvais.

Elles s'observèrent un court instant dans le silence qui tomba, leurs paroles pesant sur elles mais leur sincérité se reflétant dans leurs larmes menaçant de couler.

- Prends soin de toi, lança finalement Lexa avant de brutalement quitter la chambre.

Becca la regarda prendre la fuite avant de laisser couler ses larmes de regrets et le cœur serré pour une amitié brisée.


Clarke déposa son pinceau, fatiguée de ne pas réussir à peindre. Cela faisait plusieurs heures qu'elle tentait de trouver l'inspiration mais les tableaux à peine commencé ne faisaient que s'entasser dans la pièce. Elle ne voyait vraiment pas ce qui pouvait la bloquer ainsi. Elle sursauta légèrement lorsque deux mains se posèrent sur ses épaules pour doucement la masser.

- Tu devrais te détendre un peu, lui souffla Niylah à l'oreille.

- Tu as peut-être raison, ferma-t-elle les yeux sous de doux frissons.

- Je suis à ta disposition, susurra-t-elle.

Clarke fut comme foudroyée, se redressant et s'éloignant des douces attentions de l'ancienne esclave. Elle vit parfaitement sa confusion et la blessure qu'elle venait de lui infliger dans son regard.

- Niylah, écoute, je…

- C'est à cause de Lexa n'est-ce pas ? Maintenant qu'elle est là, tu n'as plus besoin de moi, c'est ça ? La coupa-t-elle amèrement.

- Il ne s'agit aucunement de Lexa, la contredit-elle.

- Tu ne m'as plus touché depuis son retour, insista-t-elle avec une colère visible.

- Je ne couche pas avec Lexa ! S'emporta-t-elle à son tour. Elle m'a seulement fait comprendre que j'empruntais une mauvaise voie. En y repensant, moi-même je ne me reconnais pas, je… je complote, je menace, j'abuse de mon pouvoir et de tout sans me soucier des conséquences… Et si c'est nécessaire quand il s'agit de survivre dans ce monde, ça ne l'est pas quand il s'agit des personnes auxquelles je tiens. Je… J'ai profité de toi Niylah et sans me soucier de tes sentiments…

- Ca me convient très bien… S'accrocha-t-elle les larmes aux yeux, la voix tremblante.

- Pas à moi, je ne veux plus être cette personne, je veux changer et ça commence par te respecter en cessant de te faire espérer plus que mon amitié.

- Dès qu'elle est arrivée je savais que ça finirait ainsi, essuya-t-elle ses larmes d'une main coléreuse.

- Encore une fois ça n'a rien à voir avec elle, soupira-t-elle d'agacement.

- Ça à tout avoir avec elle ! Explosa Niylah qui surprit Clarke. Si tu ne peins plus, si tu me rejettes, c'est parce qu'elle te fait douter de toi ! Elle t'a toujours jugé, là où je t'acceptais. Je n'ai que faire de cette mauvaise voie que tu prends car tu ne te résumes pas qu'à ça… Mais mon opinion importe peu contrairement à la sienne, déclara-t-elle avec amertume. Il ne s'agit que de Lexa ici, même si tu ne couches pas avec…

- Tu me dois le respect ! La rappela-t-elle durement à l'ordre, touchée par ses paroles. Et là est peut-être toute la différence entre vous puisque tu tiens tant à vous comparer : Lexa me pousse à être meilleure alors que toi non !

Niylah encaissa douloureusement le coup puis ravalant ses larmes et sa colère, elle quitta l'atelier sans aucun regard en arrière. Clarke se décomposa, abattue alors qu'elle n'avait nullement souhaité cela.


Chaudement assis à son bureau, Russel parcourait des parchemins sur lesquels il apposait sa signature. La journée avait été calme et sans surprise. Il l'avait essentiellement passé au Ludus avec Gustus à discuter des prochains jeux, à faire le tour de ses gladiateurs et de leur état, assistant à l'entrainement afin de déterminer qui combattrait ou non. Il avait terminé la journée dans son bureau avec Gabriel à faire les comptes de ses différentes sources de revenus. L'intendant venait de partir, le laissant seul pour terminer. Concentré, il n'entendit pas les pas approchant dans le couloir. Il releva la tête surpris par l'entrée d'un de ses gardes.

- Dominus ?

- Qu'est-ce que c'est ? S'enquit-il le regard froncé sur le sac qu'il tenait à la main.

- Ceci… Ceci a été laissé devant l'entrée, hésita-t-il en levant le sac dont gouttait un liquide visqueux.

- Et bien montre ! S'agaça Russel.

Le garde approcha jusqu'au bureau, des gouttelettes rouges sombres teintant son chemin. Il déposa le sac mais alors qu'il allait lentement l'ouvrir, il fut repoussé par Russel. Agacé par tant de mièvrerie, Russel ouvrit d'un geste sec le sac avant de brutalement se reculer, son dernier repas menaçant de se répandre sur son bureau.

- Bon sang, qu'est-ce que c'est ?!

- Et bien ce sont… c'est un…

- Je vois bien que c'est une paire de couilles sombre idiot ! Fulmina Russel. Je te demande ce que ça veut dire ?!

Le garde évita de répondre afin de ne pas manquer de respect à son employeur qui s'il n'était pas aussi sensible aurait vu qu'il y avait un petit rouleau de parchemin à l'intérieur du sac. Il le retira pour lui puis lui tendit. Malgré le sang imbibant le papier, Russel réussit à distinguer le message. Son visage se tordit de colère puis il broya le parchemin entre ses doigts avant de le lancer en hurlant de fureur :

- SALE PETITE GARCE !

A suivre…


Alors ? :D Il se passe beaucoup de chose dans ce chapitre.

Notre clexa avance un peu, Lexa retrouve un peu la Clarke qu'elle connaissait et se rend compte que son côté romaine peut être utile finalement. Que pensez-vous de sa décision de libérer Aden et Madi sans vraiment réfléchir aux possibles conséquences ?

Que pensez-vous de la petite discussion/dispute de Becca et Lexa ?

Et Quint ? :p . Les plans de Lexa avance en tout cas. Et son petit cadeau à Russel ? Mouahaha

Ouuuh et Niylah et Clarke qui se disputent, qu'en pensez-vous ?

Oh et bien évidemment Joséphine dans toute sa splendeur mouhhah ? Et la fin de Lucius ça vous plait ? :p

Toujours plein de questions, lâchez-vous, j'attends vos retours avec impatience :D

Bon dimanche et à bientôt ! Je fais mon possible pour vous livrer la suite rapidement mais je n'ai toujours qu'un chapitre d'avance et pas beacoup de temps. Sans parler du fait que Kouan me fait tout réécrire à chaque fois mais je le lui rend bien sur l'H qui avance :p

A très vite !