Résumé : Sasuke, ayant un passe-temps très particulier, voit sa chère routine malmenée lorsqu'il est surpris en plein acte par l'une de ses camarades de classe. Que faire ? /!\ UA.
Les personnages ne m'appartiennent pas, évidemment !
Les pensées du personnage en POV sont en italiques.
Le début et la fin des flash back sont marqués en gras.
Bonne lecture ;)
Il rebondit sur son siège en même temps que les amortisseurs du bus qui étaient si vieux qu'ils ne servaient presque à rien. Il fallait s'éloigner, c'est pourquoi il avait décidé d'aller dans la ville d'à coté. Oto était à Konoha ce qu'était Sparte à Athènes, villes rivales qui faisaient tout pour voler un maximum de touristes à son opposée. Toutes deux des villes intéressantes par leur culture et leur emplacement géographique, dotées de richesses qui leurs sont propres et d'une population plutôt aisées. Mais la ville du Son n'avait pas de quartiers laissés à l'abandon, ce qui faisait de Konoha, la préférée de Sasuke.
Il avait réussi à se faufiler hors de la ville sans se faire repérer par le policier qui le suivait et avait laissé Ino seule dans la cave. Bien enfermée, il avait vérifié.
Il serra son sac fermement entre ses bras en pensant à la raison qu'il l'avait poussé à sortir hors de la ville. Raison, qu'il avait bien rangée et cachée dans son sac. Il en avait transporté des choses lui compliquant la vie, ce sac... probablement son plus loyal équipier.
Des mèches blondes tombaient en cascade sur ses fines épaules, suivant le rythme de la route. Au bout d'une grosse demie heure de route, il arriva enfin à destination. Le centre ville de Konoha était désert à cette heure de la soirée. Il avait pris le premier bus de la journée pour partir et prenait le dernier à 1 heure du matin pour rentrer, quitte à rater celui qui le déposerait près de chez lui.
Sasuke marcha encore 45 minutes longues minutes jusqu'à arriver à destination. Le bruit des appareils ménagers en veille l'accueillirent comme toujours. Il était tard, sa ''colocataire'' devait probablement dormir mais il était hors de question qu'il attend plus longtemps, il devait avoir la réponse toute de suite.
Il descendit rapidement les escaliers et passa la porte qui le séparait de sa chère prisonnière. Il ouvrit d'un geste fort la porte dans la chambre de sa captive, la réveillant au passage. A peine eut elle le temps de sortir sa tête encore endormie de son amas de couvertures, qu'il la prit par le bras et la tira hors du lit de force. Elle le suivit sans opposer de résistance, se sachant parfaitement en tord.
Il posa une petite boîte sur le lavabo puis il s'enferma avec sa captive dans la salle de bain, la sommant de faire ce qu'elle avait à faire.
Après un petit temps de flottement, Ino lui demanda de sortir mais le sociopathe répondit par la négative. Elle le fera devant lui. Sasuke voulait être sûr qu'elle ne puisse pas tricher. Elle commença à se déshabiller devant lui, il ne la quitta pas des yeux une seule seconde.
Une fois qu'elle eut fait ce qu'il y avait à faire, la blonde sortit de la salle de bain les yeux rivés sur le sol et ne levant pas la tête. Sasuke prit violemment le petit objet que la jeune fille tenait frétillement dans le creux de ses mains et la tira à nouveau mais cette fois-ci jusqu'au salon. Elle s'essaya automatiquement sur le canapé et lui sur le fauteuil d'en face. Il posa le petit objet sur la table du salon dont l'un des pieds était encore manquant dû à la fureur d'il y a quelques jours et ils attendirent en silence.
Une minute
Deux minutes
Merde !
Trois minutes
Quatre minutes
Il attendait. Plus nerveux qu'il ne le voulait. Il ne pouvait s'empêcher de tapoter le bout de son pied contre la petite table qui peinait à garder son équilibre.
Cinq minutes.
Enfin !
C'était les cinq minutes les plus longues de toute sa vie, sans compter celles de sa dernière entrevue avec Hatake.
Il ne laissa pas le temps à sa ''colocataire'' de réagir et attrapa le fameux objet qui le mettait dans tous ses états.
Tout en longueur, il avait la taille d'un thermomètre et en avait la forme, il possédait un petit écran sur lequel devait s'afficher quelque chose. Sasuke ne s'y connaissait pas du tout, il avait demandé à la pharmacienne une marque qui passait souvent à la télévision et qui semblait facile d'utilisation. Quand l''inscription tant attendue apparu enfin, son souffle se fit court.
Il leva ses yeux onyx vers Ino, qui baissa les siens honteusement. Le lycéen à lunettes pu voir qu'elle n'avait même pas eu besoin de regarder l'écran pour avoir la réponse. Elle était parfaitement au courant et n'avait rien dit.
Il resta silencieux encore un moment, se demandant mentalement s'il n'était pas dans un cauchemar. Puis il porta son attention de nouveau sur l'écran :
« ENCEINTE »
Ce n'était pas possible.
C'était probablement la pire chose qui pouvait lui arriver.
Qu'est ce qu'il allait bien pouvoir faire ?
Il ne pouvait pas garder Ino plus longtemps, pas dans ces circonstances. Mais... il ne pouvait ni la libérer, ni la tuer. Il ne pouvait pas non plus garder séquestrés dans sa cave une fille et son bébé.
Il leva les yeux encore une fois vers la blonde qui cachait inutilement son ventre arrondi à l'aide de ses bras.
Cela expliquait les sautes d'humeurs incontrôlés ainsi que les troubles alimentaires de sa colocataire. Jamais, il n'aurait pensé qu'elle puisse être enceinte, il n'avait, même jamais, pensé à cette éventualité.
« Depuis combien de temps ? » demanda froidement le lycéen sociopathe.
« Je-je sais pas trop, quatre mois et demi ...» Ce n'était pas possible, cela faisait justement quatre mois et demi qu'elle était là, et l'enfant ne risquait pas d'être celui de Sasuke.
« Le soir où je t'ai surpris sur le pont de Nakano, il m'a forcée...et... » Elle ne put ni continuer la fin de sa phrase, ni soutenir le regard de Sasuke.
Il prit sa tête entre ses mains et souffla, le souvenir d'une Ino les cheveux en pagaille, un œil au beurre noir et les genoux en sang apparut dans son esprit. Le brun crut se rappeler qu'il avait remarqué qu'elle s'était visiblement battue.
« Tu le savais ? » demanda-t-il précipitamment.
« Mais, je pensais pas que tu me garderais suffisamment longtemps en vie pour... » La fin de sa phrase s'était éteinte, noyée dans des sanglots.
« Je n'en veux pas de ça !
- De quoi tu parles ?
- Il est de Sai ! » Fit elle avec une mine dégoûtée..
« Je le déteste et je ne veux rien de lui. Et surtout pas en moi ! Il me répugne. » Les larmes de la captive reprirent de plus belles.
Sasuke ne voyait pas vraiment quoi faire, il n'allait lui faire un avortement tardif... En tout cas il aurait pu, vu la violence de certaines de ses crises, c'était un miracle que le fœtus ait tenu bon jusque là. Aussi acharné que son géniteur, de toutes évidences...
« Qu'est ce qu'on fait ? » Articula-t-elle entre deux hoquets.
C'est une excellente question.
« S'il te plaît, je veux rester ici. Avec toi... Je ne veux pas retourner là-bas, je veux pas que ça recommence comme avant …. » supplia-t-elle.
La porte avait été laissé ouverte et Ino n'était pas partie.
Elle aurait pu partir mais elle n'était pas partie. Il ne pouvait pas la garder et il ne pouvait pas la laisser partir. Et dans le cas où il la laisserait partir, il ne voulait pas prendre le risque qu'elle puisse se retrouver face à Hatake qui pourrait la faire craquée et lui faire avouer absolument tout. Ce type souhaitait plus que tout voir Sasuke coupable et la blonde savait beaucoup trop de choses dangereuses le concernant pour être remise en liberté.
Trop de choses se bousculaient dans sa tête. Il valait mieux remonter pour le moment à la surface pour se coucher. Il l'abandonna encore en sanglots dans le salon de la cave et remonta sans lui adresser un mot.
Il poussa la porte de la cave et se dirigea sans perdre de temps vers sa chambre. Tout cela l'avait décontenancé et lui avait coupé l'envie de n'y avait aucune solution envisageable pour un avenir stable et sans passer par la case prison. Et il n'y avait toujours aucune nouvelle de la lettre de suicide.
Il s'en souvenait. Il revoyait sans aucune difficulté, Hatake tenir fermement la lettre dans ses mains. Il se souvenait encore plus facilement des yeux exorbités qu'avait l'inspecteur à ce moment là.
Il n'y avait qu'une solution, Monsieur l'Inspecteur Parfait avait dû détruit la lettre. La fin de l'histoire ne lui plaisant sûrement pas.
Il ferma doucement la porte de sa chambre et s'y reposa quelques instants.
Comment en être sûr ?
Pouvait-il détester le lycéen sociopathe au point de saboter sciemment une enquête ?
Il devrait s'allier avec le Grand Manitou, ces deux là sont doués quand il s'agit de lui pourrir la vie.
Il ne pouvait pas prendre le risque d'en envoyer une deuxième dans le cas où finalement la première ne serait pas détruite. Et même si l'inspecteur avait réellement détruit la lettre et que la Police en trouvait une deuxième, Sasuke serait innocenté aux yeux de tous mais Hatake aurait la confirmation que c'était bel et bien lui le coupable. Qui écrirait deux lettres de suicide ?
Non, il ne l'aurait quand même pas détruite...
Ou bien si.
Lui qui avait l'air parfaitement intègre. Aurait-il osé détruire un indice aussi capital ? Il n'y avait qu'une seule façon d'en avoir la réponse malheureusement...
Il se dirigea vers son bureau et pris place face à son écran, il réfléchissait mais rien ne sortait de son esprit en ébullition. L'inspecteur... aurait-il vraiment détruit la lettre ?
Il alluma son ordinateur et ouvrit un jeu en ligne très connu. Ça lui changera un peu les idées...
Il n'aimait plus y jouer depuis l'été dernier, mais il continuait à venir sur le jeu de temps à autre pour une seule raison : il aurait été louche que du jour au lendemain, lui qui y jouait durant de longues heures, des nuits entières parfois, arrête. C'est pourquoi il jouait encore à ce jeu. Et puis, ne le connaissant absolument pas, ses amis virtuels se révélaient être de bons conseillers.
« Sasuke... »
Son cœur sursauta dans sa poitrine, lui causant l'une des pires douleurs qu'il ait jamais ressentit, puis il se retourna si vite qu'il faillit se brisé la nuque sur le coup.
« Tu n'as pas fermé …. »
Avant même qu'Ino ait le temps de finir sa phrase, son tortionnaire se leva de sa chaise s'approchant d'elle a grands pas et elle reçut une gifle si violente qu'elle en tomba à la renverse.
« Tu veux me faire enfermé ou quoi ? » Hurla le le brun. Sa captive le regarda sans comprendre, elle lui répondit que tous les volets des fenêtres étant fermés, personne ne pouvait la voir alors elle avait pensé qu'elle pouvait venir le prévenir.
« Prévenir de quoi ? » lui répondit-il amèrement.
« Tu as oublié de fermé à clé la porte de la cave...je voulais juste te le dire...» Des larmes commençaient à s'accumuler aux coins de ses yeux bleus sans pour autant couler.
C'était déjà la deuxième fois en moins de 48 heures qu'il oubliait de fermé cette maudite porte. Elle avait bien fait de monter... Si l'inspecteur s'amusait à venir se promener chez lui comme il l'avait fait le jour d'avant, il vaudrait mieux pour Sasuke que la porte de la cave ne puisse pas s'ouvrir.
Il soupira. Apparemment, il était encore en colère. Il n'aimait vraiment pas ce sentiment. Il s'excusa brièvement et raccompagna la blonde à la cave. Face à la porte de la chambre de la prisonnière, elle lui souhaita une bonne nuit tentant vainement de retenir ses larmes qui finirent tout de même par couler le long de son visage. Il soupira encore une fois avant de lui expliquer la raison qu'il l'avait poussé à crier sur elle :
« Tu aurais pu mettre de ton adn partout dans la maison. Si l'inspecteur revient avec la police scientifique, ils trouveront la preuve que tu as été ici et ce sera fini pour moi... »
Comprenant enfin la situation, la moue boudeuse de la lycéenne se transforma en sourire et elle hocha de la tête avant de retourner docilement dans sa chambre. L'hôte ferma la porte de la chambre et monta les escaliers qui le ramenèrent à la surface. N'oubliant pas, cette fois-ci, de fermer à clé la porte de la cave.
Maintenant, il était obligé de faire tout le ménage de la maison. Elle aurait pu laisser ses longs cheveux de partout chez lui et ainsi laisser des traces de sa culpabilité. Et il ne pourrait même pas faire croire que ce sont ceux de Shion...
Formidable.
Il était 1h42 du matin.
Autant s'y mettre tout de suite.
Les muscles de son dos le brûlaient.
Il sentait sa nuque sur le point de se brisée, à n'importe quel moment. L'intégralité de son poids était reposé sur celle-ci.
Il ne résisterait pas longtemps.
« Encore un peu ! »
Plus facile à dire qu'à faire !
Les muscles de son corps entier criaient à la tétanie, son visage était rouge. Ses bras et ses jambes tremblaient tellement ils étaient incapables de le porter plus de cinq secondes.
Mais quelle idée stupide il avait encore eu...
« 10, 9, 8... »
Il ne tiendrait pas jusqu'à la fin du compte à rebours, il n'en avait pas la force. Il était si faible.
« 7, 6, 5, ... »
Elle allait bien trop lentement. Ce n'est pas comme ça que l'on fait un décompte !
« 4, 3, 2 ,1...
Enfin !
« REPOS »
Et Sasuke s'écroula sur le tapis bleu comme une masse. Il lui fallut un certain temps avant de pouvoir se relever et faire face à Ino qui était encore dans cette étrange position.
Comment une fille enceinte de quasiment cinq mois pouvait tenir cette position plus longtemps que lui ?
« Tu n'as vraiment aucune endurance... c'est une position de débutant pourtant ! »
Qu'elle aille se faire voir, elle et son maudit yoga. Sasuke ne se souvenait plus quelles raisons l'avaient poussé à accepter la proposition de la blonde qui était sa prisonnière. En tout cas, il n'aurait jamais dû.
« C'est pas comme ça que tu vas pouvoir te muscler un peu. »
Ah oui, c'était pour ça.
Avant de commencer à en faire, il ne voyait pas en quoi le yoga pouvait bien l'aider à se muscler pour ses prochains affrontements. Sa captive lui avait expliqué qu'en général ce sport ne musclait personne mais puisque lui n'avait pas, ne serait-ce qu'un gramme de muscle, cela aurait un minimum d'effet sur ses membres presque atrophiés tellement ils avaient été peu sollicité durant toute sa vie.
Il pesta contre son ''professeur particulier'' comme Ino aimait se faire appeler, ne se doutant une seule seconde du double sens que cela pouvait avoir, avant de se relever. Cela faisait bientôt trois jours consécutifs qu'il faisait du yoga et en avait déjà des courbatures et des douleurs à la nuque. Il imita la jeune blonde qui lui montrait les étirements de fin de séance avant de remonter à la surface.
Après une douche express, il était temps d'aller en cours.
Le printemps devait arriver d'ici quelques jours mais rien à Konoha ne semblait près à l'accueillir. Cela faisait déjà une semaine que la Pluie avait élu domicile dans la ville et ne semblait pas vouloir être délogée.
Ino se plaignait du temps sans avoir pourtant la contrainte de devoir sortir et affronter ce déluge. Sasuke enfila son manteau, brandit son parapluie et sorti. Il marcha sous la pluie battante un temps. Un bref regard vers la gauche lui permit de voir que l'Inspecteur Tobi avait reprit le travail et continuait de le filer sans se douter une seconde que le lycéen brun en était parfaitement conscient.
Il ne portait ni lunettes, ni déguisements et n'avait pas changé de voiture en deux semaines que les cours avaient reprit. Le lycéen était parfaitement capable de le reconnaître de loin.
Ridicule.
La pluie était de plus en plus forte au fils de sa marche.
Il n'avait toujours pas résolu son problème.
Ses problèmes, plutôt.
Car bientôt, ils seront deux à vivre dans cette satanée cave. Sasuke pensait qu'il avait touché le fond quand les policiers étaient venus le chercher, il ne pensait pas que quelque chose de pire pouvait encore lui arriver et pourtant. ..
Que faire de cet enfant ?
Il ne faisait pas de mal aux plus faibles et aux innocents, plus pour éviter de passer pour un monstre que par réel regret ou culpabilité et ainsi brandir une soi-disant justice accordée à ceux qui ne l'avait pas eu.
Ino était décidément pleine de surprises et Sasuke détestait les surprises.
En fait, il ne supportait l'idée de ne pas avoir le contrôle de tout.
Quand le lycée fut visible à l'œil nu, la voiture prit un tournant vers le centre-ville. Il se sentait honoré d'être escorté de la sorte par un policier mais il aurait tout autant aimé que la Police ne se sente pas obligé de le suivre où qu'il aille et se serve de son budget pour des choses un peu plus utiles. Après tout, ils ne savaient pas ce qu'il était au fond de lui.
Le Styx fut traversé et le manège habituel put reprendre. Si l'on mettait de coté l'absence d'une certaine personne blonde particulièrement pénible, tout était redevenu comme avant. Sai l'attendait devant le secrétariat, comme toujours. Sasuke passa à coté des vélos à quatre pattes, comme toujours. Mais se fit repérer une fois à son casier, comme toujours. Toujours la même chanson.
Il respira fort. C'était très relaxant que tout fonctionne comme avant. Plus d'enlèvement qui tourne mal. Plus d'Inspecteur à surveiller. Plus de policiers qui le fixent toute la journée. Voilà ce qui était probablement le plus formidable dans cette histoire. Plus un seul policier dans le lycée. La liberté reprenait ses droits.
Rien n'est plus dérangeant que le changement. Il n'avait jamais aimé ça et n'aimera probablement jamais ça.
Il avait pensé que sa prestation face à la Dame de la Police avait été minable mais il semblerait qu'elle l'avait cru. Peut-être seulement en apparence, le sociopathe restait méfiant. Il n'était pas retourné dans son aire de jeu près de l'usine désinfectée, au cas où.
Des bruits de pas sortirent le brun de ses pensées.
« Wesh, Suzette ! » fit une voix derrière son dos.
Il se retourna pour faire face au Grand Manitou et ses cheveux noirs impeccablement fixé par un gel, probablement très coûteux mais qui lui donnait l'impression d'avoir les cheveux gras.
Ce dernier avait l'air de mauvaise humeur aujourd'hui. Dommage.
« Comment vas-tu ma grande ? »
Le sourcil droit de Sasuke tiqua. Est ce que Sai se sentait bien ?
Cela faisait déjà au moins dix minutes que le lycéen faisait mentalement l'éloge du retour à la normale et voilà que le Maître gâchait tout.
Sai le regardait intensément. Il devait probablement attendre une réponse. Le jeune sociopathe se félicita de savoir de mieux en mieux lire sur le visage des gens. Ino était une bonne cobaye pour cela, elle ne savait pas dissimuler ses émotions.
« Euh.. ça va... ? » Il n'était pas sûr de ce qu'il devait répondre.
Est-ce que cette vieille histoire aux vestiaires avec Shiho avait fait passer Sai du coté de ses alliés ? Pourtant ça remontait à un moment déjà...
« T'inquiète, ça va pas durer longtemps. »
Et Sasuke fut rassuré.
« Ramène toi, Suzette » Fit le plus sportif des deux. « On va discuter par là bas, toi et moi... ». Sai montra du doigt un endroit où personne ne semblait passer guère de temps.
Derrière la cantine ? Là où personne ne va jamais ? Là où le pourcentage de chance pour qu'il y ait une présence de surveillants est quasiment nulle ?
Mais bien sûr.
Sai le prenait vraiment pour le dernier des imbéciles.
« En fait.. euh. Le cours de Mons-Monsieur Yamato va bientôt co-commencé et …. »
Les toutous du Grand Manitou se placèrent autour de Sasuke. L'entourant parfaitement.
Message reçu.
« Je... je suppose qu'on a le temps pour une petite discussion... » se résigna doucement celui qui portait lunettes.
« Tu l'as dit ! » lui lança gaiement Kiba.
Ils se dirigèrent ensemble vers la cantine et s'engouffrèrent derrière celle-ci. Ici, la nature reprenait ses droits et le goudron laissait place à quelques brins d'herbe et des plantes, ce que le lycéen aux lourdes lunettes n'aurait jamais soupçonné. Un tel délaissement dans ce lycée était tout à fait inacceptable, au vu du prix d'inscription, ils pourraient engager un jardinier pour se débarrasser des mauvaises herbes. Son regard se porta sur Sai sans le vouloir.
Mauvaise herbe...
« J'aime vraiment pas ta gueule... et depuis tellement longtemps» commença tout d'abord Sai.
Sasuke n'avait pas eu besoin d'être diplômé en psychologie pour le deviner, c'était pourtant évident.
« J'vais te dire pourquoi : »
Il soupira intérieurement. Il avait presque envie que le Maître se contente seulement de le frapper puis qu'il s'en aille sans demander son reste. Il n'avait vraiment pas envie de parler. Il n'avait jamais aimé parler de toutes façons.
« De un, t'as une tête de victime. Ton visage m'a toujours exaspéré depuis aussi loin que je m'en souvienne. Et ce truc que tu fais avec les yeux à chaque fois que tu te mets à chialer comme un gosse, c'est le pire »
Il ne savait pas de quoi le Grand Manitou voulait parler. C'était quoi ''ce truc avec ses yeux'' ? Peu importe, maintenant ces lunettes dissimulaient bien ses yeux, d'ailleurs le propriétaire des dites lunettes eut presque envie de le rectifier : cela faisait très précisément sept mois aucune larme n'avait coulé le long de ses joues. Pas qu'il en soit fier... mais il fallait rétablir la vérité.
« De deux, je déteste les intellos, les mecs qui pensent tout savoir ! »
Il y avait une différence entre les ''intellos'' et les ''mecs qui pensent tout savoir'', et c'était que Sasuke faisait très certainement parti de la première catégorie alors que Sai avait plutôt sa place dans la deuxième. Et Ino était censée donner naissance à quelque chose ressemblant à ça ? C'était bien dommage de gâcher de bons gênes, elle lui semblait bien plus intelligente que le géniteur...
« Et de trois, … A cause d'Ino. Comment est-ce qu'elle pouvait te préférer à moi ? Et pourquoi encore juste avant qu'elle ne disparaisse, elle te préférait ? Ceux qui ont une bonne plastie et la confiance qui va avec, vont ensemble, Suzette. On ne mélange pas les serviettes et les torchons...» La voix grave de Sai se stoppa net.
Sai semblait de plus en plus énervé, sa voix se faisait de plus en plus grave. Ce qui devait probablement être une simple discussion suivie d'un tabassage habituel, se transformait sous la fureur de Sai en une fin de vie programmée pour un sociopathe en détresse. Il valait mieux calmer le jeu.
« Je pense que tu-tu fais erreur, c'était toi, qu'elle aimait. C'est évi-
-Ne me prend pas pour un idiot ! » hurla Sai qui perdait patience.
« Est-ce qu'à un moment, je t'ai parlé d'amour ? Jamais, je ne serai jaloux de toi. J'en ai rien à foutre de ce qu'elle pouvait bien penser de moi. Le problème, c'est qu'il est inamissible qu'une fille ou quoi que ce soit d'autre te préfère à moi. Et le montre. Je te suis bien supérieur et dans tellement de domaines que les énumérer serait inutile. C'est pour ça que tu es devenu ma victime.»
- Euh ...je ... suis désolé ? » fut la seule chose qu'il put répondre après un blanc particulièrement malsain.
Il fallait absolument éviter la bagarre. Il devait y échapper à tout prix, Sasuke se sachant pas très bon dans ce type d'exercice. Quand il tuait, il prenait ses victimes par surprises c'était pour cela qu'il y arrivait, mais à partir du moment où il fallait se battre, il était clairement en infériorité.
« Ne fait pas semblant. Tu crois que je ne suis pas au courant ? » Un autre blanc répondit à la dernière phrase de Sai, plus long que le premier.
Puisque Sa Majesté ne semblait pas vouloir détailler plus, il lança un regard interrogateur à Kiba, l'incitant à développer le discours de son ''meilleur ami''. Mais la bouche du toutou resta close et ces yeux dévièrent vers le lointain.
Étrange.
« Hinata en a parlé à tout le monde. » fit-il finalement.
Oh non.
« Je sais que Ino et toi êtes resté seuls pendant ma soirée... dans une chambre. » fit le plus musclé des deux garçons en s'approchant dangereusement de son homologue plus fin. Il pouvait sentir l'odeur du bain de bouche de Sai contre sa joue.
Il valait mieux s'en tenir à la version dite à la Police. Resté le plus fidèlement à ce qu'il leur avait dit. Mais sans les béguètements.
« Écoute, je n'en sai-
« Comment as-TU osé coucher avec elle ?
- Je-
- JAMAIS, je ne permettrais qu'une petite pétasse me trompe et encore moins avec le plus gros loser du lycée. » Il empoigna le col de Sasuke et le bras du sportif le souleva dans un premier temps, lui laissant les jambes dans le vide puis Sai le propulsa à terre.
Il soupira une fois.
Il soupira deux fois.
Et une troisième.
L'Affaire YAMANAKA allait être bouclée.
Comme ça.
Sans aucune réponse.
Alors que cette dernière se trouvait juste dans le lycée de Konoha. Probablement en train de cracher ses poumons en cours de sport.
Kakashi avait bien essayé d'intercepter Tsuande. Tenter de la convaincre encore une fois. Mais c'était inutile.
Et essayer de complimenter le Directeur de la Police ne suffisait plus. Avec la Crise, il fallait faire des coupes budgétaires et il ne voulait plus ''dépenser dans l'inutile''. Le jour où ce sera sa précieuse fille qui se fera enlevée puis tuée par ce maudit Uchiwa, ce sera plus de ''l'inutile''et il regrettera fortement de ne pas avoir mis ce sale gamin derrière les barreaux plus tôt.
« Un problème de cœur ? » Lui demanda en riant Choza dans le laboratoire de l'équipe scientifique.
Il se tourna face à son ami. Il l'avait percé à jour... Sûrement à cause de l'humeur massacrante qu'il avait aujourd'hui. Autant changer de sujet. Il ne supportait plus de penser à cette affaire.
Il plissa ses yeux du mieux qu'il le pouvait pour garder son impassibilité. Cette discussion devait sembler le plus réaliste possible, surtout ne pas dire qu'il pensait encore au sale gosse, il décida de parler de quelque chose qui était plus que vrai. Et puis ils étaient seuls, il pouvait bien se permettre de faire une pause.
« Rin... a besoin de changer d'air... » confia Kakashi.
Juste en prononçant ces mots, il sentit sa gorge se nouer.
C'était peut-être encore trop tôt pour en parler finalement.
« Oh, je vois. C'est dont ce qui te travaille depuis quelques temps... » Lâcha le gros homme toujours concentré sur son expérience.
« Qu- ? »
Choza avait su lire en lui alors qu'il portait son masque ? Il devait être plus prudent. Il n'avait pas pensé que son ami puisse le percer à jour si facilement. D'abord lui et après les criminels. S'il ne faisait pas attention, c'est bientôt la Terre entière qui pourra lire en lui comme dans un livre ouvert.
« Quand elle aura compris que tu es l'homme de sa vie, elle reviendra. »
L'inspecteur aux cheveux argentés devait admettre qu'il aimait bien cette façon qu'avait le plus gros de tourner toutes ses phrases en proverbes.
« Un enfant qui ne vient pas est tout autant destructeur pour un couple que peut l'être l'arrivée d'un enfant au mauvais moment...
- Et je me suis enfermé dans mon travail, pour ne pas avoir à affronter cette réalité et pour ne pas avoir à la consoler à chaque nouvel échec...Ne pas avoir à affronter mon échec...» avoua finalement le plus jeune.
« Et maintenant, elle part parce que j'ai été lâche.
- Kakashi Hatake. » Gronda la voix de l'homme aux cheveux écarlates.
« Tu n'es pas un lâche. Je te connais comme si je t'avais fait. Tu es un homme respectable, aimé et admiré de beaucoup de personnes sur cette planète»
C'était là que Choza faisait erreur.
Kakashi avait fait une chose monstrueuse pour avoir un interrogatoire avec le gamin Uchiwa et il ne l'avait même pas eu. Il avait pris le risque de décevoir toutes les personnes qui lui sont chères si jamais il se faisait attrapé pour ça. Son père ne se serait pas fier de lui s'il apprenait ça.
Heureusement pour lui, il ne pensait pas que les morts avaient pour hobby final d'observer les vivants. Ce qui lui enleva une épine du pied.
Elle le regardait. Se demandant mentalement ce qu'elle pourrait faire.
Elle l'aimait tellement.
Shion en était sûre, c'était lui l'homme de sa vie. Mais elle avait l'impression que cet amour était minable à coté de celui que l'on peut voir dans les films ou lire dans les livres. Elle aimerait être courageuse. Et pouvoir le protéger.
Le sauver.
Mais elle était trop faible et trop lâche pour ça … C'est pourquoi, elle faisait semblant de ne pas voir. Ne pas voir quand on s'en prenait à lui. Qu'est ce qu'elle pourrait bien faire ? S'interposer et prendre aussi des coups ?
Ridicule.
Alors elle se contentait de le soigner après coup.
Ou coups
Ils avaient discuté cinq minutes et Sai et ses amis s'étaient jetés sur lui comme un gang de rue sur une pauvre victime. Qu'est ce qu'elle pourrait faire ? Appeler un adulte ?
Et après être traitée de ''balance''. Elle ne voulait pas avoir l'intégralité du lycée à dos et vivre ses années lycée dans l'attente d'une libération.
Elle aurait tellement aimé être intégrée.
Elle tourna la tête et pu voir Ayame rire aux éclats aux cotés de Karui et Temari ainsi qu'une dizaine d'autres filles que Shion ne parvint pas à reconnaître. Tout le monde les regardait. Tout le monde observait le moindre de leurs faits et gestes. Tout le monde les admirait. Elle aurait tellement en faire parti. Pourquoi son ancienne meilleure amie avait réussi et pas elle ?
Depuis qu'elle les avait quitté, Ayame était devenue tellement belle. Elle avait pris tellement d'assurance. C'était elle sans être elle. Une chemise blanche avec de la dentelle aux épaules qui descendait jusqu'aux poignets, une jupe bleue serrée, des escarpins. Allait-elle à un défilé de mode ou en cours ?
Ses yeux noirs rieurs se tournèrent vers quelque chose de lointain et son sourire se transforma en grimace. Shion se demanda ce qu'elle avait bien pu voir. Puis elle tourna la tête à son tour et vit une scène habituelle. Sai qui frappait celui qu'elle aimait. Elle pu voir de loin, Karui demander à son ancienne sœur de cœur ce qui se passait, puis la jeune fille faire comme si de rien n'était.
Elle vit les cheveux rouges de Karui se jeter à grande vitesse dans l'obscur passage où il se faisait frappé, suivit de d'autres filles ''populaires''. Shion se demanda pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas pu le faire elle-même.
Réponses aux reviews :
3potesmoietmonBB: Merci à vous 4 (?) ! x) En espérant que la suite vous plaise tout autant
Sakka-Sensei : "Et voilà que tu t'arrête alors qu'on est à deux doigts de savoir pour son ventre... Grrr." Hé hé ! Je l'ai fait exprès, c'étay calculé pour vous embêter ! Merci à toi et bisous :D
J'espère que ce chapitre vous a plu encore désolée pour ce retard prévu.
N'hésitez pas à laisser une review, seul salaire des auteurs de fanfiction.
Je vous laisse méditer sur ce chapitre. Merci encore de me lire, à la prochaine ! Bises.
