Résumé : Sasuke, ayant un passe-temps très particulier, voit sa chère routine malmenée lorsqu'il est surpris en plein acte par l'une de ses camarades de classe. Que faire ? /!\ UA.
Les personnages ne m'appartiennent pas, évidemment !
Les pensées du personnage en POV sont en italiques.
Le début et la fin des flash back sont marqués en gras.
Bonne lecture ;)
Une petite lumière passait par dessous le faux mur du placard. Elle se contorsionna dans tout les sens pour essayer d'y voir un peu mieux. Mais ce n'était pas bien concluant.
Pour une fois que la porte était fermée, il fallait absolument qu'elle sorte. Cela faisait déjà quatre jours que Sasuke n'était pas descendu dans la cave. Assise contre la porte de cette dernière, elle attendait que son Prince revienne. Son inquiétude grandissait de jours en jours.
Elle devait rester calme. il ne voudrait pas qu'elle sorte mais elle n'avait pas le choix. Elle ne prendrait jamais le risque de sortir dehors et mettre en danger son Cher et Tendre, elle voulait juste aller à la cuisine. Son frigo était maintenant vide et il commençait à faire faim, son ventre grondait de plus en plus fort et ils étaient deux à avoir besoin d'être nourri. Elle acceptait enfin le fait d'être à deux dans ce corps maintenant.
Elle s'attacha les cheveux en prenant soin d'enlever au préalable ceux déjà tombés pour ne pas en laisser de partout dans la maison puis elle en sorti une pince à cheveux, fine et noire. Elle l'enfonça dans la serrure, la tourna dans tous les sens et sans trop savoir pourquoi ni comment, la porte s'ouvrit dans grincement libérateur.
Ino avança à pas de loup, le long du couloir, recourbée sur elle-même. il fallait espérer que l'Inspecteur "au masque", comme l'appelait Sasuke, ne soit pas là.
Elle se demanda un instant si un homme passait littéralement toutes ses journées avec un masque sur la figure.
C'est tellement mauvais pour sa peau !
Une fois arrivée à la cuisine, elle ouvrit le grand frigo qui était presque aussi vide que le sien. Il ne restait plus que des tomates et des oignons.
Et bien, le choix du repas est vite réglé.
Après voir farfouillé un peu de partout dans les placards de la cuisine qui faisait littéralement trois fois la taille de celle de la cave, elle finit par trouver tout le matériel nécessaire à sa recette et commença à cuisiner. Bien qu'elle employait tous ses sens à l'élaboration extrêmement complexe de son repas, ses yeux ne pouvaient s'empêcher de faire des allers-retours vers les fenêtres. Non pas qu'elle avait envie de sortir mais cela la titillait de regarder dehors.
Juste un peu.
Elle avait passé tellement de temps à l'intérieur de la cave sans voir le soleil que ses cheveux étaient passés de la blondeur la plus platine à une blancheur javellisée. Elle ressemblait presque à la petite informaticienne à lunettes de sa classe qui était amoureuse de Sai.
Que de mauvais goûts cette fille...
Pour éviter les carence dû à cette non-exposition, son kidnappeur avait eu la délicatesse de lui acheter des compléments alimentaires qu'elle prenait quotidiennement. Ses pensées s'en allèrent vers des anecdotes plus vieilles mais elle finit par tourner en rond dans ses propres pensées. Puis n'y tenant plus, et une fois sa salade terminée, elle s'autorisa un léger coup d'œil à l'extérieur.
Elle s'approcha doucement de la fenêtre, c'était un jardin immense, il faisait au moins deux fois la taille du sien. Il était fermé par des buissons qui empêchaient les regards extérieurs de s'aventurer à l'intérieur du jardin. Il faisait un soleil timide et de légères gouttes tombaient dans le jardins de l'Uchiwa. Elle avait espéré que le soleil se fasse un peu plus présent pour sa première sortie depuis longtemps.
Il semblait n'y avoir personne...
Est-ce qu'elle devrait prendre le risque de sortir pour chercher Sasuke ?
Peut-être qu'il avait été invité à dormir chez ses amis...
Pas chez Shion, j'espère !
Non, il l'aurait sûrement prévenu...
La Police peut-être ?
Elle soupira. Pourquoi est-ce que rien ne se passait jamais comme prévu ?
Son colocataire lui avait raconté, à sa demande, comment il avait réussi à s'en tirer à l'extérieur depuis qu'elle vivait avec lui et elle devait admettre qu'elle ne comprenait pas pourquoi les plans de son amour de sociopathe ne fonctionnaient jamais, ils étaient pourtant bons.
Elle retourna à sa salade se promettant de sortir le chercher s'il était encore absent deux nuits de plus. Elle devra faire attention à cet inspecteur au masque, celui qui tient absolument à mettre Sasuke en prison. Si elle se rendait au poste de Police pour qu'ils le libèrent, elle se retrouvera sûrement face à lui. Il fera tout pour faire tombé le lycéen. Il était absolument hors de question qu'elle le laisse faire une chose pareille et-
Un raclement de gorge se fit entendre et coupa Ino dans son long monologue intérieur.
Il était là.
Devant elle, les cheveux encore plus ébouriffés que d'habitude et un air encore moins commode qu'à l'accoutumée. Un œil au beurre noir à gauche, l'arcade fendue à droite ajoutées à cela : de belles cernes. Des traces de coups sur les joues et le fronts, et la lèvres inférieure ouverte ainsi que des bleus qui avaient l'air de parsemés l'intégralité son corps. Une main enroulée dans des bandages et l'autre tenant son sac de cours.
Et elle, elle était là, dans la cuisine. Avec ses longs cheveux remplis d'adn, sa chemise trop serrée, sans pantalon et son ventre de plus en plus rond, en train de faire une salade de tomates.
Un blanc s'installa. Elle ne trouva rien d'autre à rien que :
« Est-ce que tu en voudras ? » fit-elle pas très sûre. Il allait sûrement être furieux de voir qu'elle avait trouvé un moyen de sortir malgré le verrou.
Et pourtant, Sasuke la regarda un instant et souffla. Ses épaules s'affaissèrent et puis il continua son chemin sans se retourner.
Il prit la direction des escaliers et les monta deux par deux. Ino le suivit de loin, craignant sa future fureur mais gardant le contact visuel, trop curieuse de savoir ce qui avait retenu son Cher et Tendre loin de la maison si longtemps. Ils arrivèrent jusque sa chambre, il se tourna dans sa direction, lui ordonna de ne pas faire de bruit car il était fatigué et ferma la porte laissant sa prisonnière, seule, avec ses interrogations.
Alors qu'il était enfin sur le point de s'endormir, Morphée l'appelant, il entendit frapper à la porte de sa chambre.
INO !
Ne pouvait elle pas le laisser seul, ne serait ce qu'un instant ? Sans attendre de réponse du propriétaire des lieux, elle entra, un plateau entre les mains qu'elle posa sur le bureau du lycéen.
Sasuke se releva doucement et se mit en position assise, il lui fit un regard noir dans l'espoir que cela la pousserait à redescendre dans la cave sans qu'il ait besoin de l'y emmener lui-même mais elle l'ignora superbement.
Ino devait sûrement avoir envie de mourir, c'était la seule explication qu'il voyait à cette prise de risques insensée.
« Qu'est ce que tu veux ?
- Je t'ai fait à manger !
- Je n'ai pas faim. » lui cracha l'Uchiwa visiblement énervé, retournant sous sa couverture qui semblait lui promettre le plus doux des sommeils.
« Mais si, mange voyons ! » fit la jeune fille, tirant d'une main la dite couverture vers elle, révélant ainsi un Sasuke qui n'avait même pris la peine de se changer.
Sentant qu'on lui arrachait son actuel bien le plus précieux, le brun tira en retour à deux mains sur sa couette pour la ramener vers lui, gagnant ainsi un peu de terrain. Mais la blonde ne se laissa pas faire et tira une nouvelle fois en le sommant de sortir de dessous. Il s'accrocha désespérément au rebord de son lit et s'en servit pour tirer à lui le plus de couverture que possible. Mais rien n'y fit, sa captive avait plus de force que lui alors qu'elle tirait cette couette avec une main et lui deux. Comment cela pouvait être possible ?
« Laisse-moi tranquille, Ino !
- Mais je t'ai fait une salade de tomates. »
En entendant cela, le sociopathe se dit que capituler face à l'ennemi pouvait être parfois bénéfique.
« Très bien mais après tu t'en vas et tu me laisses. » fit le jeune homme, d'une humeur meilleure, comme s'il était d'un coup une tout autre personne.
Ino fut troublée d'une telle réaction mais en profita pour lui tirer les vers du nez en ce qui concernait son emploi du temps de ces derniers jours.
« A l'Hôpital Sud, Sai m'a démontré son affection pour moi...
- Il y a été bien plus fort que d'habitude... qu'est ce qui s'est passé ? » fit la jeune fille en soulevant la frange trop longue du brun.
Il dégagea d'un geste de la main, l'intruse qui avait osé s'introduire dans son espace vital et reprit :
« Il était en colère.
- Pourquoi ?
- Il pense qu'on a couché ensemble à son anniversaire, parce que Hinata nous a surpris à parler tous les deux à l'étage. Ridicule. »
- Encore cette histoire ?! » Fit le blonde, mettant les mains à son visage pour tenter de dissimuler vainement les rougeurs qui y apparaissaient.
« Donc, j'imagine que... tout le lycée... est au courant de … ça ? » reprit-elle en bégayant.
Sasuke n'y fit pas attention, préférant finir son repas au plus vite.
« Il est tard maintenant, va te coucher » ordonna le lycéen à sa prisonnière, en lui tendant le plateau vide.
« Je vais nettoyer la maison et après je vais me coucher. » Fit joyeusement la blonde, un sourire sur son visage.
Et elle sorti de la chambre de son hôte qui se laissa tomber comme une pierre dans son lit. Il senti le sommeil venir le chercher et ne tenta pas de l'empêcher. Son voisin de chambre avait été tellement bruyant que ces quatre jours à l'hôpital avaient été synonymes de quatre jours d'insomnies pour lui. Ses yeux se fermèrent doucement et en un instant il se trouvait dans le monde des rêves.
Ou plutôt des cauchemars.
Son sommeil fut remplis de cauchemars dans lesquels il devait en alternance, soit courir après Ino dans toute la ville pour la remettre dans la cave en devant éviter l'Inspecteur Hatake et Monsieur Yamato, qui lui courrait après en hurlant qu'il ne courrait pas de la bonne façon, soit changer les couches de tous les bébés bruyants et sales du voisinage.
Il se réveilla en sursauts passant directement de la position coucher à assis sans avoir à utiliser ses bras.
Cet enfant n'était même pas encore né que Sasuke cauchemardait de lui et de son arrivée synonyme fin du monde.
Que faire ?
Il pourrait toujours l'abandonné devant la maison d'inconnus qui s'occuperaient de lui changer ses couches sales loin de lui et sa chère routine.
Mauvais idée, si dans l'avenir pour une raison obscure cet enfant faisait un test adn, cela pourrait le relier directement à Ino et en regardant l'âge du gamin, la Police pourrait trouver assez vite qu'elle était encore en vie, plusieurs mois après son enlèvement. Et Sasuke pourrait repasser du coté des suspects en un clin d'œil.
Mais qu'est ce qu'il pourrait bien faire d'un bébé dans cette cave ? Et de la mère ? Quelle prise de tête !
Soudain on frappa à sa porte.
Il aurait aimé avoir le luxe de se demander qui cela pouvait il être. Mais malheureusement il connaissait que trop bien la réponse...
« Coucou Sasuke ! » Fit joyeusement la résidente de la cave.
« Qu'est ce que tu fais là ?
- J'ai toujours rien à manger, donc je suis montée pour savoir quand est-ce que les vivres seront à nouveau en abondance dans ce lieu déserté ! Et aussi j'ai pris de quoi changer tes bandages. »
Il soupira puis lui demanda de s'approcher. Il aurait tellement aimé resté au fond de son lit mais la réalité le rattrapa par une plainte bruyante de son estomac le sommant de le nourrir sur le champ sous peine de répercutions terribles s'il le ne faisait pas.
Elle s'avança gaiement vers lui, lui tendant les divers bandages et pommades nécessaire à sa guérison. Alors qu'il lui fit signe de partir, elle s'approcha encore plus, faisant fit de son ordre. Il parti du principe qu'elle souhait seulement l'aider. Mais malheureusement pour elle, au moment où sa main blanche toucha l'épaule du sociopathe, ce dernier senti monté en lui, un dégoût profond avec une odeur nauséabonde. Tout son corps se mit à trembler et, il l'entendit.
Un rire gras.
Et grossier.
Complètement fou.
Il riait. Trouvant cela particulièrement drôle. Pourtant ça ne l'était. Il n'avait pas la force de crier et demander de l'aide. De toutes façons, il ne savait pas où il était. Et au vu du bruit de la chose, personne n'était dans les parages. Personne pour l'aider.
« Non... pitié... » réussi à articuler le jeune collégien malgré le vêtement serré sur ses lèvres qui était censé obstruer tout passage de sa voix.
Une main s'approcha de son visage, grande, grosse et sale. Tellement sale. Et elle avait de la crasse sous les ongles. NOIRE. Et sur sa paume, et elle continua de s'approcher lentement vers lui. Elle se posa en douceur sur sa joue, descendit le long de son cou puis sur son torse et lui arracha violemment le haut de son pyjama:
« NE ME TOUCHE PAS ! »
Accompagnant ses mots hurlés par des actes, il lui jeta son livre de chevet au visage.
« Mais, je voulais juste t'aider... » pleura la blonde, déstabilisée.
« Je déteste ça, Je déteste ça, Je déteste ça, … » Et il répéta cette phrase encore et encore jusqu'à ce que la voix d'Ino le ramène à la réalité.
« Je suis désolée, Sasuke...
- SORS D'ICI ! » Hurla le jeune homme à plein poumons, répétant cette dernière phrase comme une litanie sans fin avant de tomber à terre.
C'est seulement au bout de trois longues heures à vomir le peu qu'il avait dans son ventre et à trembler comme une feuille au pied de son lit, qu'il trouva la force de se lever.
Bien.
Visiblement il ne s'était toujours pas remit de ça.
Il avait ressenti de nouveau cette sensation de dégoût profond qu'il l'avait envahit au Nouvel An chez Shion et qu'il l'avait sauv-, forcé à partir avant la fin de la sauterie organisée par la demoiselle blonde qui lui servait d'amie.
Il aurait fallut qu'Ino ne le voit pas ainsi, il ne pouvait pas se permettre d'avoir l'air faible devant elle, elle pourrait en profiter pour s'enfuir. Quoi qu'elle dise, le lycéen ne pouvait pas prendre le risque qu'elle mente sur ses sentiments pour lui. Si ça trouve, elle faisait semblant pour endormir sa méfiance et-
Non, de la part de cette fille, cela semblait invraisemblable. Elle est bien trop naïve et sentimentale pour monté un plan pareil.
Il fallait que Sasuke se remette sur pieds le plus vite possible. Il avait passé quatre jours à l'Hôpital, quatre jours à réfléchir à sa situation et en avait conclu qu'il n'y avait qu'une seule solution possible pour lui. Complètement insensée, voir même totalement suicidaire mais nécessaire. Et pour cela, il avait besoin de deux personnes. Udon et Ino.
Quel duo invraisemblable.
C'était devenu comme une habitude. Habitude qu'elle avait sûrement prise de son kidnappeur adoré.
Le ménage était devenu une part entière de sa vie. Elle qui n'avait jamais aimé ça, se retrouvait à présent à gratter la moindre petite tâche qui apparaissait dans son champ de vision.
Elle comprenait d'ailleurs de mieux en mieux toute l'estime que portait Sasuke à Conchita. Cette dernière commençait à devenir également une grande amie de la blonde. Elles passaient beaucoup de temps ensemble, à récurer toutes sortes de surfaces.
Des bruits de pas se firent entre et l'hôte de la maison apparut, il avait l'air toujours autant mal en point :
«Oh ! Sas-
- Retourne dans la cave, je vais faire les courses. » Fit le brun sans même la regarder, son caddie de mamie dans la main gauche, il ouvrit la porte et sorti.
« Oh nooooon, tu plaisantes ? » gloussa la grosse femme près de laquelle il passa brièvement.
« Je t'assure ! » rétorqua une deuxième.
« Mais quelle honte ! » reprit la première, l'air faussement outré.
« J'ai toujours su qu'elle était traînée ! » repris la même grosse femme d'un air hautain.
Sasuke contourna le rayon des surgelés et se rendit au rayon asiatique. Ramen, sushi, mochi, tempura, …
Il était bien dommage que cette nourriture soit de si mauvaise qualité, lui qui en raffolait, avant. Il avait toujours rêvé, avant cet été, de rentrer dans le pays d'origine de sa mère. Si éloigné de la patrie de son père et si éloigné de leur actuel lieu de résidence. Il n'y était pas retourné depuis dix ans au moins. Et ce alors qu'il y était né, lors du voyage de noces de ses parents. Il avait trouvé cela romantique quand son ancienne nourrice lui avait raconté cela, il avait eu l'impression, pour une fois dans sa vie, que sa famille était comme toutes les autres familles, aimante.
Aujourd'hui cela ne lui faisait ni chaud ni froid.
« Et sa fille, je suis sûre qu'elle est de la même veine ! » fit une autre femme lourdement maquillée.
Des ragots, quelle plaie.
« Franchement, et avec un homme plus jeune qu'elle en plus ! » ricana une quatrième.
Entre ça et l'esclavagisme moderne que représentait cette grande enseigne dans laquelle il faisait ses courses, c'était le pompon. Tous ces gens qui déambulaient dans les allées, l'air à la fois perdu mais déterminé, lui rentrant dedans sans ménagement. Son pauvre corps frêle, pas encore tout à fait remis des joyeusetés que lui avait offertes Sai tomba à la renverse plus d'une fois.
Il se releva et épousseta ses vêtements.
Il s'avança vers le rayon et prit le paquet de ramen face à lui, il regarda vaguement le paquet, bien plus intéressé par l'homme le surveillant du coin de l'œil dans le rayon d'en face.
L'Inspecteur Tobi faisait des heures supplémentaires visiblement. L'homme regardait le rayon des pains de mie avec beaucoup trop d'intensité pour cela soit réaliste. Franchement, du pain de seigle ? Quelqu'un aimait-il vraiment cela ?*
Ne pouvait-il pas le laisser ne serait-ce qu'une seule seconde ?
N'avait-il rien d'autre à faire ? Une femme, des enfants, un hobby, des parents ? Rien ?
Il jeta nonchalamment le paquet de nouilles dans son caddie et avança vers le rayon fruits et légumes, suivis de près par l'Inspecteur Obito. Un coup d'œil rapide lui rappela de ne pas oublier de prendre les ingrédients pour faire une choucroute, le plat préférée de l'habitante de la cave. Sans oublier de quoi faire les indémodables fraises au roquefort ou encore les fameux brownies aux lardons, etc.
Quelle immondice, quelle faute faite à la cuisine. Il ne pensait pas s'en remettre un jour. Son ancienne nourrice aurait sûrement fait un arrêt cardiaque en voyant cela, elle qui était une cuisinière hors pair. Ces lubies de femme enceinte étaient parfaitement étranges, si maintenant Ino était docile et ne pleurait plus pour un rien, son appétit avait encore doublé et mangeait pour quatre à elle seule.
Et les œufs se déposèrent délicatement sur le haut du panier.
Enfin terminé. Il allait pouvoir rentrer chez lui, son caddie était tellement lourd que sa main tremblait rien qu'à l'idée de tirer cette grosse Berta. Il souffla un peu et reparti aussitôt.
Il se dirigea directement vers les caisses, mais son regard fut attiré par de gros paquets sur lesquels on pouvait y voir des bébés souriants, ravis d'avoir eu leurs couches de changer.
Des couches. Des bébés. UN bébé.
Cela lui rappelait malheureusement celui qui allait arriver chez lui d'ici peu.
Que faire ? Que faire ? Que faire ?
Ne pas y réfléchir, pas maintenant. Pas devant l'inspecteur. Ne pas lui donner d'indices ou plus de raisons de le ramener au poste de Police. Il ne tenait pas y retourner avant très, très longtemps.
Penser à autre chose. L'anniversaire de Shion, le mois prochain. Il devra encore se sociabiliser, quelle horreur. Trouver un cadeau. Quelle horreur.
Oh. Pourquoi est-ce que tout se liait contre lui pour lui pourrir la vie ?
Une poussette passa près de lui, un bébé gazouillant à l'intérieur.
Pourquoi tout le ramenait à la dure réalité ?
« 149 euros et 30 centimes, s'il vous plaît ! » fit joyeusement l'hôtesse de caisse. Comment osait-elle l'agresser à coup de bonne humeur ?
150 euros pour une semaine de nourriture ? Bon sang que cette fille lui coûtait chère.
Devant le magasin, il respirait le grand air et prit la direction du parc. Il coupera par là pour rentrer, ce sera plus rapide. Sasuke regarda autour de lui. Des familles faisant une promenade, des gamins installés sur le rebord de la fontaine à jouer au dernier jeu à la mode, des vieilles femmes discutant sur un banc. Alors qu'il se remettait en route, un objet inconnu lui rentra dans les jambes et le fit tomber pour la quatrième fois de la journée. Il vit les œufs fraîchement achetés s'écraser sur le sol.
Qu'est ce que cela pouvait être déprimant.
Comme pour illustrer le geste à la parole, le sociopathe resta encore deux bonnes minutes allongé par terre sur le ventre, dans la saleté, devant un banc où deux petits vieux le regardaient sans savoir quoi faire. L'objet inconnu revint voir Sasuke et comme pour s'excuser le chiot lécha le visage du jeune homme. Il senti la langue râpeuse du petit chien lentement se collée à sa joue et remonter doucement jusqu'à sa tempe, lui provoquant un frisson de dégoût.
Eurk, des microbes.
« Euh 'xcusez, il sait pas encore bien ... » Il ne put entendre fit de la phrase, la voix de l'Inconnu se tut dans un silence, avant de reprendre aussitôt :
« Suzette ? »
Sasuke leva la tête et reconnu le toutou de Sai: Kiba.
Formidable.
« Euh... ouais, désolé » Bredouilla le garçon, puis il mit les mains dans ses poches et tourna les yeux au loin.
Kiba n'avait jamais été agréable avec lui, Sasuke n'avait jamais eu envie qu'il soit plus agréable avec lui. Il était toujours vêtu du même blouson en cuir, qu'il neige, qu'il pleuve, qu'il vente. Été comme Hiver. Il le portait depuis tellement longtemps qu'il était abîmé au niveau des coutures, mais pour des raisons obscurs, Toutou continuait le porter.
Il crut voir le regard de Kiba s'arrêter un instant sur son bras encore bandé.
« S'c'que ça va ? »
Sasuke bredouilla un timide « ça va » et se releva. Que se passe-t-il ? Aurait-il atterri dans un univers parallèle ? Et alors qu'il avait entreprit de ranger son caddie, une main étrangère entra dans son champs de vision et l'aida à ranger ses courses.
« Ne crois pas que c'est parce que j't'aime bien. C'est juste que tu m'fais pitié, alors... euh...voilà... »
Puis Kiba prit le caddie et le tira vers la sortie du parc sans plus attendre le lycéen à lunettes en grommelant dans sa barbe inexistante, accompagné de son fidèle compagnon à quatre pattes qui sautait joyeusement dans tous les sens, pensant sûrement à un nouveau jeu.
« En fait, chez moi c'est de l'autre coté... »
« T'aurais pu l'dire avant » Hurla la voix lointaine de Kiba.
Puis il revint vers le sociopathe et le prit par le bras, le tirant vers la deuxième sortie.
« Woof, woof, woof ! » Le petit chiot tourna autour du garçon à lunettes, semblant l'appeler, essayant d'attirer son attention en remuant la queue dans tous les sens.
Sasuke avait toujours aimé les animaux, mais depuis peu, eux ne l'aimaient plus du tout. Pourtant ce chiot semblait l'apprécier. C'était un petit chiot blanc bourré de poils. Sasuke ne pu s'empêcher de penser à la difficulté que représentait le nettoyage d'une maison remplie des poils de cette petite bête qui semblait très joyeuse, tout le contraire de son maître actuellement.
« Woof, woof, woof ! » fit encore la petite boule de poils courant en rond successivement autour de Sasuke puis de Kiba. Heureusement qu'elle était là, sans elle, un silence gênant se serait abattu sur eux.
« Comment s'appelle-t-il ? » fit finalement le lycéen à lunettes, se demandant intérieurement pourquoi est-ce qu'il faisait la conversation à Toutou.
« Akamaru, il a trois mois » Lui répondit Kiba, attrapant de sa main libre un bout de bois qu'il lança un peu plus loin. Immédiatement ledit Akamaru se rua de toutes ses forces vers le bout de bois, tentant de vainement de le rattraper.
« C'est du japonais ?
-Ouais, Aka veut dire rouge, même s'il est pas vraiment rouge. T'es japonais toi, non ? » Kiba reprit le bâton de la gueule du petit chien et le relança au loin.
« Oui, part ma mère » Sasuke ne pensait pas que cela importait vraiment au Toutou de Sai, mais il lui dit toute de même.
« T'as bien la tête de l'emploi, enfin... Sans vouloir te vexer, moi aussi j'suis japonais. Par ma grand-mère. »
« Oh. »
Qui l'eût cru ?
Et ils firent ensemble le reste du chemin sans parler. Sasuke réalisa trop tard qu'il venait d'indiquer au meilleur camarade de jeux de Sai, son lieu d'habitation. Il ne restait plus qu'à espérer qu'il ne donne pas l'adresse au Grand Manitou sinon il allait passer des week-end mouvementés.
Enfin.
Il ferma la porte du placard dans un geste salvateur, cela lui avait pris pas moins de trente minutes de tout ranger. Il se dirigea ensuite vers la cave. Il entra comme toujours, sans frapper.
Pourquoi frapper ? Il était chez lui de toutes façons !
Il arriva dans la cave. Ino n'était pas là pour l'accueillir. Ce n'était pas un bon signe. Tout était si calme, cela ne ressemblait pas à sa captive d'être calme. Il fallait qu'elle soit toujours en train de faire du bruit et ce peu importe l'heure du jour et de la nuit. Alors il continua son périple jusqu'au salon de la cave. Ses pas se stoppèrent nets quand il arriva dans la pièce principale, sa colocataire était assise par terre dos à lui et ses cheveux devenus si longs qu'ils traînaient par terre. Elle se retourna et le regarda avec des yeux honteux qu'elle baissa presque immédiatement. Elle semblait cacher quelque chose devant elle, il s'avança pour voir de quoi il en retournait. Arrivé près d'elle, il ne put soutenir cette vision d'horreur.
« Je... pardon... en fait, … elle s'est... j'ai rien pu faire ! » Fit la jeune fille, voix tremblante, tentant vainement de se justifier.
Mais Sasuke ne l'entendait plus. Ses yeux écarquillés et choqués restèrent encore un instant sur le corps sans vie de Conchita. Dans les mains coupables de la prisonnière se trouvait sa plus chère amie.
Cassée.
Le long bâton qu'il avait tenu des heures durant, frottant et astiquant toujours plus ses sols. Elle n'avait jamais rechigné à la tâche, jamais. Quoique caractérielle parfois, refusant de rentrer du premier coup dans le seau. Elle savait pourtant l'importance que la propreté avait pour lui et mettait tout son cœur à l'ouvrage, enfin c'était ce que Sasuke avait toujours imaginé.
Il recula de trois petits pas, signes de sa stupéfaction et s'éloigna progressivement de ce désastre, n'arrivant plus à penser.
« Sasuke, attends ! » Fit une voix loin de lui.
Il remonta à la surface et s'enferma dans sa chambre.
Après avoir attendu un temps qui lui semblait avoir duré une éternité, elle entra dans la chambre, non sans oublier de frapper à la porte. Malgré l'absence de réponse, elle décida toute de même d'entrer et vit son cher sociopathe, un casque noir sur la tête, le visage à quelques centimètres de son écran, tournant lentement la tête avec un regard se voulant sûrement menaçant. Mais elle trouvait cela plutôt mignon.
«Arrête de bouder ! »
Elle n'eût aucune réponse orale, seulement un regard noir qui la défiait de tenter plus. Elle s'approcha encore et se plaça juste en face de lui. Il tourna la tête vers la droite pour ne pas avoir à la voir.
« Mais c'est puéril Sasuke, ce n'était qu'une serpillière ! »
Sa tête se retourna brusquement vers Ino si bien qu'il faillit se retourner les cervicales, il inspira fort puis prit un air outré:
« Qu' une SERPILLÈRE ?! »
Note:
RIP Conchita :'(
*Sans vouloir vexer personne ;)
Réponses aux reviews :
J'men: 10 chapitres ?! Quelle inspiration ! Il faut que je rattrape mon retard, ça doit faire au moins 3 mois que je ne me suis pas connectée sur le site.
Kirango Kin : x) Sasuke est plutôt le genre à chercher sur internet des pages sur comment faire disparaître les tâches mais pour les tâches de sang, il préfère jeter (quand il peut) pour être sûr de ne rien risquer. Sinon : "comment être sûr que quelque chose soit ne soit pas périmé", "que faire si quelque chose a moisit" : il est un brin (très) hypocondriaque.
Sakka-Sensei: Même si Ino ne veut pas de l'enfant de Sai, elle ne peut pas lutter contre son instinct maternel et elle ne peut s'empêcher de le protéger contre les coups de Sasuke.
Merci pour vos commentaires !
J'espère que ce chapitre vous a plu, je suis vraiment désolée pour ce (gros, énorme) retard. Le travail à coté de mes études et le manque d'inspiration y sont pour beaucoup, c'est pourquoi je ne donnerai pas de dates pour le prochain chapitre. Je peux seulement vous promettre qu'il sortira car je refuse de laisser tomber cette histoire, elle me tient à cœur.
N'hésitez pas à laisser une review, seul salaire des auteurs de fanfiction.
Merci encore de me lire, à la prochaine ! Bises à vous.
