Résumé : Sasuke, ayant un passe-temps très particulier, voit sa chère routine malmenée lorsqu'il est surpris en plein acte par l'une de ses camarades de classe. Que faire ? /!\ UA.

Les personnages ne m'appartiennent pas, évidemment !

Les pensées du personnage en POV sont en italiques.

Le début et la fin des flash back sont marqués en gras.

Bonne lecture !


La pluie d'Avril tombait doucement sur la ville de Konoha en ce début de matinée. Bien que l'Hiver soit officiellement terminé il faisait encore bien trop frais au goût des passants qui partaient courageusement travailler, combattant les giboulées du Printemps, ce traître. Aujourd'hui dans le parc face au lycée de Konoha, pas d'élève, c'était enfin les vacances scolaires.

Ses pieds traînèrent encore quelques dizaines de mètres sur le goudron humide et au bout d'un moment il pu admirer l'hôtel de Police s'élever doucement devant lui. Les deux policiers qui le traînaient par les bras le remirent droit sur ces pieds, puis ils le forcèrent à rentrer sans ménagement dans le bâtiment de couleur gris clair et traces de saletés. Il tituba, n'arrivant pas à mettre un pied devant l'autre. Il n'aurait pas dû boire autant...

Insulter les mamans des policiers de service devant la supérette du quartier n'est pas la bonne chose à faire si l'on ne veut pas se faire embarquer.

C'est important de le savoir.

Heureusement pour lui, ce n'était pas le cas.

Après avoir passer l'accueil et monté de grands escaliers dont il ne voyait pas le haut, les trois comparses forcés arrivèrent dans une grande pièce. Sur le coté gauche de la pièce il y avait de grandes baies vitrées propres qui laissait transparaître les premiers rayon de soleil de la journée. Sur la droite se trouvaient des étagères, toutes encombrés de dossiers et de feuilles volantes, en alternance avec des portes. Au milieu : 8 bureaux. Tous jonchés de tours de papier qui menaçaient de s'écrouler au moment le plus opportun. Et au fond, on pouvait apercevoir une porte fermée sur laquelle figurait un écriteau : ''ne pas déranger'' et à coté de cette dernière, une machine à café qui semblait assez vieille à l'homme ivre.

«GAÏ, ON A ENCORE UN POIVROT A METTRE EN CELLULE DE DEGRISEMENT ! »

Un tête émergea des tours de papier de l'un des bureaux, visiblement encore ensommeillée si l'on s'en referait à son air mou et à ses yeux cernés. Après avoir chercher des yeux d'où venait le son qu'elle avait entendu et qui l'avait réveillée, elle dit:

« Hayate, pourquoi tu hurles comme ça de si bon matin ? Il est que... » Il jeta un regard lent et fatigué à la grande horloge murale :

« … que... 6h... » termina mollement l'homme à la coupe au bol en se frottant les yeux.

« Il a insulté sa mère. » Se retint de rire le deuxième policier tenant à bout de bras un sdf visiblement ivre.

-Ze zui zûr que b'était une très belle femme, hic »

« Tu laisses ma mère tranquille, toi !

-Arrête Hayate, il est bourré ! On va le mettre à décuver dans un coin et on le reprend dans l'après midi. » Reprit le deuxième policier.

Après un soupir d'énervement, ''Hayate'' alla s'asseoir à un grand bureau, il poussa d'un bras les papiers gênant sa vue, le deuxième fit s'asseoir l'homme ivre, qui avait l'air plutôt jeune, en face de son collègue. Le premier policier sorti un dossier, prit une feuille et procéda au relevé d'identité :

« Prénom ? » demanda-t-il à l'homme ivre d'un air agressif.

« Alpha 5 de Gelganech-*

- TON VRAI PRENOM, abruti ! » Hurla de colère le policier.

Il eut un silence puis le jeune homme regarda le mur pendant au moins une minute, la bouche ouverte, comme s'il s'était perdu dans un autre monde. Ses yeux bleus cachés derrière une frange rousse semblaient vides. Puis comme s'il venait de se réveiller, ses yeux allèrent se poser sur le policier énervé. Il le fixa encore un temps. Ce dernier avait de grandes cernes noires autour des yeux, il n'avait visiblement pas beaucoup dormi, ses cheveux châtains laissaient transparaître quelques cheveux blancs qui contrastaient avait le fait qu'il pas assez vieux pour en avoir. L'homme ivre fixa son badge « GEKKÔ Hayate ».

Une fois son analyse finie, il finit par répondre :

« Oscar...

-Oscar comment ?

-Oscar Morgan*, hic. » Articula finalement l'homme ivre, fier d'avoir réussi à prononcer son propre nom.

Hayate inscrivit le nom de l'homme ivre d'un geste violent sur une feuille de papier pourtant innocente, avant de reprendre :

« Très bien, Monsieur Morgan vous allez en cellule. On vous récupère cet après-midi, comme l'a dit mon collègue précédemment.

-Oui, très bien monsieur le suze.

-Genma, embarque moi cet ivrogne ! » Ordonna sèchement le policier à son coéquipier.

« Et ses empreintes ?

- On s'en fout, on lui prendra après ! » Fit de rage le dit Hayate, tout en jetant le dossier de Monsieur Morgan sur le bureau de Gaï qui dormait avachis sur son bureau. Le dossier en question se réceptionna sur la tête de l'inspecteur endormi, ce qui ne le réveilla pas pour autant. Elle était belle la Police de Konoha.

Mais enfin, Oscar n'allait pas les juger, il n'était pas là pour ça après tout.

Avant de quitter les bureaux, Hayate lança à son collègue sans même se retourner :

« Et fouille-le, on sait jamais ! »

A cette idée, Genma faillit s'étouffer avec sa propre salive :

« Qu-quoi ? Mais tu as vu comment il sent ?! Il a pas l'air l'air de s'être lavé depuis au moins 10 jours ! »

« Chochoootte ! » pu entendre Oscar en provenance l'autre bout de la grande salle, suivit de ricanements maléfiques.

Prenant son courage à deux mains, le policier s'approcha d'Oscar dans le but d'effectuer sa mission, non sans une aversion aussi certaine que visible. A quelques centimètre du visage de l'homme ivre, ce dernier émit un rot puissant dans la figure du fonctionnaire d'État.

Genma se releva instantanément et hurla :

« Il vient de me roter à la gueule ! »

Des rires se firent entendre dans toute la salle mais Oscar n'en n'avait cure, il voulait juste prendre une bonne douche.

Genma fit abstraction de la réaction de ses collègues et fixa sans trop savoir pourquoi, l'énorme manteau sale et malodorant, d'ailleurs bien trop grand pour son propriétaire. Tiens, c'était bizarre, il ne connaissait pas cette couleur...

L'homme de police avait le visage rouge de colère. Il murmura pour lui-même :

« Hors de question de faire ça, je suis pas payé pour faire des trucs aussi dégueux... »

Puis il réprimanda Oscar :

« Ça va pas, non ?! »

« Pardon » Réussi à articuler difficilement le poivrot, l'air satisfait.

Genma prit un air dégoûté et poussa Oscar, qui ayant entendu qu'il devait être fouillé commençait à se déshabiller, vers la sortie en lui intimant l'ordre de se rhabiller sur le champ.

« En plus, il a dû se rouler dans la boue » Ria Gaï la tête sur sa main, le coude enfoncé dans son bureau. Visiblement très amusé du dégoût de son collègue.

Puis Hayate et Gaï rirent à la mine encore plus dégoûtée de leur collègue. Fuyant leur méchanceté, il s'enfonça dans les couloirs de l'hôtel de Police en direction des cellules, non sans oublier ce cher Oscar qu'il poussait du bout des doigts, sans avoir vraiment envie de le toucher.

« C'est presque aussi drôle qu'avec Obito. » Put entendre Oscar qui quittait la pièce.

Une fois bien installé dans sa cellule, Oscar remercia gentiment le gentil policier qui l'avait gentiment accompagné jusqu'à sa belle cellule qui sentait bon. Il s'allongea sur le lit en piteux état mis à disposition et se retourna. En un instant, il s'endormit.

Genma soupira en voyant le jeune homme qui dormait sans même avoir pris soin d'enlever son manteau et pesta contre ces gamins sdf et sorti des cellules avec un air peu commode, prêt à faire payer à ses collègues pour leurs blagues de mauvais goût.

Une fois que les bruits de pas du policier n'étaient plus à la portée de ses oreilles, Sasuke se releva.

Il ne pensait pas y arriver, jouer la comédie semblait quelque chose de tellement difficile pour lui et ses problèmes sociaux. Finalement il y était arrivé, merci à Ino et ses cours de théâtre.

En plus du yoga, cette dernière l'aidait à jouer mieux la comédie devant les gens normaux. Même s'il avait trouvé cela ridicule au début et avait presque instantanément regretté de lui avoir demandé de l'aide, notamment à cause des exercices de ''détente du visage'' qui étaient tout simplement grotesques, parce que soit disant son visage était beaucoup trop crispé et hermétique. Il était rassuré de savoir que tout cela n'avait pas été fait en vain.

La jeune fille avait émis l'hypothèse que c'était bien à cause de cet hermétisme que l'Inspecteur au masque l'avait percé à jour, Sasuke devait admettre qu'il était bien d'accord avec elle.

Sa propre odeur vint perturber ses pensées. Quelle immondice, qu'est ce qu'il avait été obligé de faire pour prouver son innocence aux yeux de la Police ?

Il avait dû échanger des vêtements neufs avec ceux de ses ''amis'' sdf de sous le pont qui l'avaient inconsciemment caché des policiers quand il avait essayé de kidnapper Ino la première fois. Par politesse, il était revenu les voir avec de la nourriture et des couvertures, les pauvres bougres n'avaient pas compris pourquoi tant de solidarité (alors qu'il était allé le voir le lendemain de l'échec) et lui avaient proposé de boire avec eux pour le remercier mais le lycéen s'était enfuit dès qu'ils avaient levé leurs bouteilles dans sa direction.

Il fouilla dans l'une des deux poches intérieures et tira doucement son fond. Il sorti de cette double poche une grande feuille gribouillée. Le plan.

Ino avait cousue pour lui des fonds aux poches, mimant le camouflage de l'entrée de la cave. Ainsi même s'il se faisait fouillé, personne ne trouverait ce qu'il souhaitait cacher.

Le plan de l'hôtel de Police, il en avait trouvé un vieux sur internet mais même en s'infiltrant sur le site de la Police il n'avait rien trouvé de plus actuel. Ce plan datait d'environ 10 ans, Sasuke n'avait aucun doute sur le fait que depuis le temps des travaux avaient été fait.

Et il ne s'était pas trompé, Udon, qui était venu visiter le poste de Police cet été, le lui avait confirmé. Dès que l'on commençait à parler enquête policière, le garçon au nez coulant ne pouvait plus s'arrêter de parler et lui arracher des informations avait été d'une simplicité enfantine. Il aurait pu, certes, demander à Shino, son père travaillant ici. Mais Shino était bien trop intelligent et se serrait posé des questions, alors que Udon... Il avait participé sans le savoir à la quête d'innocence du sociopathe, même si ce dernier n'était pas vraiment innocent.

Il fallait retrouver cette lettre coûte que coûte.

Il avait envoyé Udon, ce dernier croyant que Sasuke en pinçait pour la blonde, en chercheur d'indices auprès Shino dont le père aurait sûrement dû entendre parler de la lettre de suicide d'Ino. De façons générales, on aurait pu penser que le père Abrurame n'aurait rien dit à son fils, ces informations pouvant choqué ce dernier car il était dans la classe d'Ino depuis l'école primaire. Mais il n'en était rien, il connaissait son fils et savait que le jeune homme à lunettes de soleil était suffisamment stable psychologiquement pour supporter de mauvaises nouvelles, d'ailleurs il arrivait au père Abruame de demander à son fils de travailler avec lui sur de petites affaires afin de le préparer pour le monde du travail.

Udon n'avait pu s'empêcher de tout révéler, n'oubliant pas au passage de parler à leur ami du faux état sentimental de Sasuke. Pour une raison que le brun ne comprenait pas, Shino avait tenu à lui dire en personne que malheureusement il n'y avait pas d'avancement dans l'enquête, ni aucun nouvel indice et qu'elle aurait dû être bouclée depuis quelques temps mais que heureusement un inspecteur avait tenu bon et avait réussi à négocier sa prolongation pour encore quelques mois seulement.

Le jeune sociopathe ne douta pas qu'il s'agissait de l'Inspecteur Hatake.

Sasuke avait réussi à jouer un air triste qu'il avait tout simplement voler à l'habitante de la cave. Il avait dû pour cela examiner, étudier sous toutes les coutures le visages d'Ino et le connaissait à présent par cœur, lui et toutes les émotions que savait manifester sa propriétaire et parvenait à présent à les imiter sans trop de difficultés même s'il ne restait pas excellent dans ce domaine.

Face à cette nouvelle qu'une personne normale qualifierait de ''mauvaise'', son visage s'était baissé en même temps que ses yeux, ses sourcils s'étaient déplacés vers le bas, et il les avait froncé. Un exercice difficile pour les personnes comme lui. Il avait ensuite serré ses lèvres copiant ainsi parfaitement la blonde. Cependant, ne pouvant supporté le regard inquisiteur de son ami, même avec leurs lunettes respectives sur leurs nez, alors il s'était découvert une passion pour la poubelle se trouvant près d'eux, la regardant intensément.

C'était effectivement une mauvaise nouvelle mais pas pour les raisons que Shino pouvait imaginer.

Pendant que Sasuke maudissait intérieurement l'Inspecteur au masque, le garçon aux lunettes de soleil était venu caresser le haut de la tête du sociopathe avec sa main et avait collé son front contre le sien. Sasuke n'avait pas su quoi dire, alors il n'avait rien dit. Il savait que les chats faisaient souvent cela. Peut-être était-ce là, une marque d'affection de la part du plus discret des deux.

Lui, qui détestait pourtant les contact physique, celui-ci ne l'avait pas dérangé.

Sasuke traça au crayon le chemin qu'il venait de parcourir avec le policier depuis la grande salle jusqu'aux cellules où il se trouvait présentement puis un autre qui devait le mener des cellules jusqu'aux vestiaires des policiers, les deux n'étaient pas très éloignés. Il entoura sur la feuille un petit carré, il avait repéré en arrivant : une déclencheur d'alarme à incendie, cela pouvait toujours servir.

Et avec cette couverture de sans-abris, s'il se faisait prendre sur le chemin il pourrait toujours faire croire qu'il était un homme ivre perdu dans l'immensité du bâtiment alors qu'il souhaitait se rendre aux toilettes.

C'était un plan complètement insensé.

Aller fouiller le casier de Hatake était complètement stupide.

Suicidaire même.

Qu'est ce que je fais ici ?

Mais il fallait trouver cette lettre, coûte que coûte.

Après avoir passer plusieurs secondes à se demander pourquoi il n'était resté chez lui à jouer aux jeux vidéos et manger la cuisine immonde d'Ino, il finit par se relever. Il s'approcha en douceur de la porte fermée à clé et sorti de sa perruque une épingle à cheveux de sa colocataire, il l'inséra dans la serrure et bout de quelques secondes de tournants, la porte finit par s'ouvrir toujours en douceur.

Rien de plus suspect que quelqu'un qui cherche à être discret, alors autant rester naturel.

Il sorti de sa cellule, l'air de rien. Il se força à ne pas regarder les autres prisonniers qui dormaient encore mais sa curiosité l'emporta et il s'autorisa un coup d'œil discret aux autres occupants des cellules. Au vu des vêtements crasseux que portaient ses voisins, il put constater qu'il ne s'agissait que de sans-abris, probablement aussi ivres qu'il était censé l'être.

C'était sûrement pour cette raison qu'il n'y avait aucun policier pour surveiller ces cellules, pas besoin de surveiller des gens qui ne font que dormir. Sans s'attarder, il passa la porte des cellules et se retrouva dans un couloir, vide.

Parfait.

Il marcha une dizaine de minutes, montant de deux étages, suivant à la lettre le plan fournit par Udon, sans croiser personne. Sasuke savait qu'il était encore très tôt, mais est-ce que cela justifiait ce vide dans les couloirs ?

Pas un seul policier pour lui demander ce qu'il faisait là.

La sécurité semblait être un concept tout aussi inconnu au poste de police de Konoha qu'au lycée. Il savait que les policiers devaient faire face à de grandes coupes budgétaire et à un manque cruel de personnel, mais pas à ce point là.

Et après on se plaint de la médiocrité du service publique.

Le visage encore endormi de l'Inspecteur Maïto lui revint en tête. Ils doivent sûrement faire face à une pénurie de policiers et pour palier à ce manque, ils se retrouvent à faire des heures supplémentaires.

Des heures supplémentaire pendant lesquelles ils sont apparemment très actifs.

Tant mieux pour Sasuke, au moins il ne sera pas dérangé par qui que ce soit s'ils dorment tous tranquillement et-

« Hé toi, là ! » hurla une voix derrière lui.

A partir de maintenant le credo de Sasuke sera « ne jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. »

Stoppé net dans son avancée, il espérait ne pas tomber sur un inspecteur qui le reconnaîtrait même avec son déguisement. Il se retourna doucement et contempla l'homme en face de lui. Il était plutôt grand, avec de longs cheveux bruns attachés en une queue de cheval basse. Plutôt jeune, entre vingt-cinq et trente ans sûrement. Mais ce qu'il le frappa en premier c'étaient ces deux grands yeux blancs. Ces derniers étaient comme pour beaucoup de policiers, cernés de noir. Il n'avait pas l'air d'avoir dormi depuis longtemps.

Heureusement, il ne reconnu pas l'homme qui se trouvait devant lui. C'est qu'avec cette aventure, il devenait de plus en plus intime avec les gardiens de la paix à son grand damne, connaissant leurs noms et prénoms, connaissant tout d'eux jusqu'à leur vie de famille. Il avait lu tout ce qui les concernait sur le site protégé de la Police.

Hatake ne pouvait-il pas s'occuper de son épouse plutôt que de s'en prendre à lui ? Certes, Sasuke était loin d'être innocent mais commet pouvait-il-

« Tu me réponds ?! » Fit l'interlocuteur de Sasuke.

« … Pipi ! »

Le policier s'approcha à grands pas du sociopathe, le surprenant. Trop rapide pour lui, Sasuke n'eut même pas le temps d'amorcer un mouvement de recul :

« Comment est-ce que tu es sorti ?

-Z'est pas ba faute, Z'était ouvvert ! Et je me suis perdu» répondit Sasuke tentant de mimer comme il le pouvait un homme ivre, exagérant au maximum ses gestes. Baissant et relevant ses bras comme pour s'envoler. Cela ne faisait aucun sens mais le lycéen avait tenté d'imiter ses amis sans-abris de sous le pont, même si sa voix restait trop tremblante selon lui. Qu'est-ce que ça pouvait être dur !

Le policier dévisagea Sasuke encore un temps avant d'ajouter :

« C'est une blague ? »

Il répondit négativement à l'homme en uniforme avec un air désolé. L'homme aux yeux blancs soupira en se grattant le cou et demanda.

« Qui s'est occupé de toi ? »

Avant même que Sasuke puisse lui répondre, poursuivit en soupirant :

« Laisse tomber, je t'emmène. »

Et sans ménagement il attrapa le bras du lycéen sous couverture pour l'emmener aux toilettes les plus proches, éloignant ainsi Sasuke de son but, sans que cela ne le dérange pourtant. Le deuxième bras du lycéen étant laissé libre, ce dernier parti à la chasse aux seringues dans la double poche du bas du manteau.

Trouvée.~~

Le Policier semblait avoir de la force et était musclé au vu de la force qu'il exerçait sur le bras de son captif mais il restait de carrure que le sociopathe qualifiait de ''normale'' surtout en comparaison de son collègue Gaï Maïto qui avait littéralement le corps d'un bodybuildeur. Les yeux de Sasuke se reposèrent sur ceux de son homologues justicier, il contempla encore les cernes de ce dernier. Au vu de son état de fatigue, l'avoir ne sera pas difficile. Pourtant malgré cette fatigue plus qu'apparente, l'homme restait le dos droit et le regard fier. Il rappela à Sasuke son père.

Ils prirent un tournant à droite et le policier le laissa aller seul à l'urinoir. Sasuke fit semblant de ne pas arriver à défaire son pantalon et attendit que, las, le policier s'approche de lui. Il en profita pour lui attraper violemment les cheveux et lui planter directement la seringue en plein dans le cou. Après avoir vainement lutter, le policier s'endormit aussitôt contre le sol froid des toilettes. Il devait n'attendre que ça depuis des heures. Le temps qu'il se réveille, le lycéen à lunettes sera loin.

Ce fut le combat le plus court qu'il avait jamais eu. Ses yeux restèrent encore un instant sur l'homme endormi. Enfin une victoire, cela faisait trop longtemps qu'il essuyait des échecs. Sasuke profita du sommeil du gardien de la paix pour apprendre à le connaître un peu mieux, après tout il connaissait déjà presque tous les policiers celui-ci ne devait pas faire exception, et sorti de la poche intérieure la plaque de police.

« HYÛGA Neji »

Le même nom de famille que Hinata. Sûrement son frère ou un cousin.

Il ne savait pas grand chose sur elle, notamment à cause du fait qu'elle était presque aussi bavarde que lui. Souvent en sport, ils étaient tous les deux les derniers choisis par leurs camarades en raisons de leurs performances physiques minables mais la jeune fille n'avait jamais été désagréable avec lui (contrairement à une certaine blonde qui, maintenant, vide constamment son frigo) mais n'avait aucune amitié pour lui non plus. Il semblait à Sasuke qu'il leur arrivait de discuter ensemble dans leur jeunesse si d'aventure ils étaient mis cote à cote par les professeurs. Avant que, comme Ayame plus tard, elle ne rejoigne les rangs des sujets du Grand Manitou. Malgré son appartenance à ce clan très sélectif cette dernière n'avait jamais été vindicative avec lui.

Revenant à la réalité, Sasuke traîna difficilement le corps endormi du représentant de l'État, vraisemblablement bien content de sa sieste forcée, et l'enferma dans les toilettes, verrouillant la porte de l'extérieur grâce à l'épingle magique d'Ino. S'il avait su que ces trucs seraient si utiles, il en aurait acheté des cargaisons il y a longtemps.

Pour une fois qu'un plan se déroulait sans accroc, autant profiter de cette chance, il reprit la route de la victoire en accélérant son rythme de pas. Il sera bientôt 8h, l'heure à laquelle la plupart des policiers commencent leur service et Sasuke n'avait pas envie de tomber du l'Inspecteur Hatake, quand bien même l'inverse n'était pas vrai.

Il arriva sans encombre aux vestiaires, ce qui lui semblait être une mission impossible s'était révélée, plutôt facile en comparaison des autres plans qu'il avait dû conduire jusqu'à présent. Kidnapper une jeune lycéenne chez elle est donc plus difficile que de s'infiltrer dans l'hôtel de Police... C'est noté.

Il ouvrit la porte des vestiaires et entra.

Après s'être assuré qu'il n'y avait personne, il chercha le casier de l'Inspecteur au masque. Udon l'avait prévenu, le nom des policiers était inscrit sur la porte.

« Inspecteur HATAKE»

A pas de loup, il s'approcha du casier. Sortant l'épingle magique d'Ino, il commença à la tourner dans tous les sens. Un petit claque se fit entendre et le lycéen put admirer l'intérieur de la petite case. Il farfouilla mais ne trouva rien d'intéressant et aucune trace de la lettre tant recherchée. Des factures, ordres de mission et-

« Séparation à l'amiable »

Un papier de divorce ?

Hatake était donc en pleine séparation maritale. Mais est-ce que cela avait un quelconque avec cet acharnement qu'il semblait lui vouer ? Il ne savait pas, de toutes façons quand il était question de sentiments ou d'émotions il préférait toujours demander à son experte en la matière : Ino, elle saura sans doute lui répondre.

Le sociopathe remarqua que si le papier en question avait bien été signé par la futur ex conjointe, il y a plusieurs mois de cela si on en croyait les dates inscrite, Hatake ne semblait toujours pas avoir signé. Le papier était en malheureux état, froissé et déchiré à cause de négligence sûrement.

Son regard resta encore un instant sur ce papier.

Il sorti son téléphone discrètement de sa troisième double poche et prit le fameux papier et les suivants en photo. Qui sait, cela pourrait toujours lui servir à un moment.

Le bruit de quelqu'un qui rentre se fit entendre, un discret coup d'œil à sa montre informa Sasuke qu'il était déjà 7h55. Tous les policiers étaient sur le point d'arriver pour commencer une nouvelle journée. Il referma le casier de Hatake mais malheureusement, ils avaient été plus rapides que lui et la porte s'ouvra laissant rentrer des policiers.

Le lycéen se dirigea vers sa cachette de prédilection en cas de problèmes : les toilettes. Pour y accéder, Sasuke trouva une porte dérobé avec au dessus de cette dernière, un petit panneau signalant l'emplacement de la cachette parfaite. Il ouvrit une cabine au hasard et s'enferma à clés à l'intérieur. Il espérait s'asseoir simplement sur la cuvette et attendre que le temps passe mais en se retournant il put constater qu'il était en présence d'une douche, il ne s'y trouvait rien qui puisse l'aider à se cacher efficacement.

Le bruit typique d'une porte qui s'ouvre rappela le lycéen à la réalité, pas le temps de réfléchir, il s'accrocha comme il put au tuyaux d'arrivée d'eau, gaina et leva ses jambes pour qu'elle ne soient pas visibles depuis en bas. Il l'avait déjà fait quand il avait faillit se faire attraper par les policier, il pouvait le refaire.

« Comment ça ? » fit une voix en entrant, visiblement légèrement sur les nerfs. Le brun reconnu instantanément la voix de l'inspecteur Umino. Le seul inspecteur qui lui semblait sympathique.

Maintenant qu'il savait ce que ce mot voulait dire, il pouvait enfin l'utiliser correctement.

« Bah … euh..., je vais pas te faire un dessin ! » répondit une seconde voix.

« Je ne vois pas en quoi ma vie privée te concerne.

- Un petit peu quand même, imagine si tous les gars ici était au courant de... ça... »

Il eut un long silence, après quoi l'inspecteur Umino continua.

« Ça ? » répéta l'homme à la cicatrice. « Et bien, je leur dirais la même chose que pour toi : ça ne te regarde pas.

- Et Kakashi ? Il a le droit de savoir !

-Et pourquoi ça ?

- C'est ton coéquipier depuis plusieurs années, tu te rends compte. Il va se sentir trahir ! » Fit violemment l'autre policier.

« Je ne vois pas pourquoi, ça ne le concerne pas non plus. » Lâcha finalement l'homme à la cicatrice.

« - Et... tu vas l'épouser ?

- Je le ferais si j'en ai envie, cela ne te regarde pas et si Kakashi ou quelqu'un d'autre ici ne peut pas l'accepter alors je m'en irais. » La voix de l'Inspecteur était forte et il semblait agressive.

« Ça va, te vexe pas. Moi... je dis ça... voilà... ça me dérange pas...ça. Mais y'a des gars ici qui n'aiment pas trop les...personnes comme toi... enfin, toi, ils t'aiment bien, tu sais...mais ... »

Sasuke entendit des pas pressés s'éloigner, signe que la discussion entre les deux hommes était close. Le silence étant toujours là après quelques secondes, il en profita pour reposer ses pieds sur la terre plate.

Ses bras étaient rouges et tremblaient, signe qu'ils étaient en pleine tétanie, ses jambes n'avaient pas non plus été épargnées, elles tremblaient tellement qu'il avait dû mal à rester simplement debout. Il essaya de faire quelques pas dans les 2m carré qu'il possédait mais il fut incapable de lever ses jambes tant elles étaient douloureuses.

Pourtant il fallait y aller. Trouvez une meilleure cachette, quitte à y rester jusqu'à la nuit prochaine.

Il venait d'assister à la discussion la plus étrange au monde. Deux hommes parlaient sans pourtant évoquer le sujet en question « ça » qu'est ce que c'est que « ça » ? L'Inspecteur Umino va se marier ? Il ne voyait pas en quoi ça dérangeait l'autre policier. Lorsqu'il s'était introduit dans les fichiers de la Police, Sasuke se souvenait qu'il était effectivement pacsé. L'Inspecteur à la cicatrice était un homme bien (contrairement à lui) et il ne pensait pas que ce dernier ait des problèmes, cela ne lui ressemblait pas.

Le lycéen ne savait pas de quoi venait de parler ces deux-là mais quand il pensait à cette discussion, une gène venait se placer dans sa gorge. Il ne savait pas ce que cela voulait dire, mais il espérait que ce ne soit pas le signe d'une angine future, il n'avait pas le temps d'être malade.

Mais alors qu'il pensait pouvoir se relaxer un peu, d'autres pas rentrèrent à nouveau, instantanément Sasuke reprit accroche sur le tuyaux. Les pas se dirigèrent vers la gauche, l'individu sembla ouvrir quelque chose. Puis ils arrivèrent devant la cabine où se terrait le brun à lunettes et s'arrêtèrent. L'individu tenta d'ouvrir la porte mais cette dernière ne s'ouvrit pas, heureusement qu'il avait pensé à fermer la porte.

Visiblement vexé, le sociopathe put entendre le policier lâcher un : « c'est pas vrai, elle est encore en panne celle-là ?! Remarque vu l'odeur, il vaut sûrement mieux pas entrer...». Il entendit une voix lui répondre qu'il s'occupait de prévenir la direction. Le policier le plus proche ne prit pas la peine de lui d'ajouter quelque chose et alla s'installer dans celle juste à coté.

Très vite, Sasuke entendit l'eau couler.

C'est maintenant où jamais.

Il entre-ouvrit la cabine de douche le plus silencieusement possible et jeta un coup d'œil, personne dans les parages. Une seule voix avait répondu et cette dernière s'en était allée vers un endroit lointain, du moins c'est ce qu'espérait le garçon à lunettes. Il sorti doucement et réitéra l'opération pour les vestiaires, encore personne. Il sorti en douceur de des toilettes, repéra un endroit se cacher, derrière un meuble qui avait ses portes d'ouvertes et s'y précipita. Comme il était particulièrement fin, il passa sans trop forcer entre le meuble et le mur.

Ne voyant toujours personne arriver du couloir, il sorti de sa cachette, mais y retourna bien vite lorsque la porte des toilettes s'ouvrit à nouveau.

Mince, mais comment avait-il fait pour se laver aussi vite ?

Il avait oublié que tout le monde ne s'appelait pas Ino Yamanaka et ne mettait pas littéralement 2 heures pour pour une simple douche. Sasuke avait même pris certaines des habitudes de l'habitante de la cave, il faut dire que les douches longues étaient plus agréables que ce qu'il avait imaginé.

Plus les minutes passaient et plus il avait du mal à rester en place, notamment à cause de l'odeur nauséabonde qui émanait de lui-même. Il ne pouvait pas rester comme ça, au risque de vomir le peu qu'il avait dans le ventre. Sasuke s'autorisa un léger coup d'œil pour analyser son prochain adversaire, il ne lui restait plus qu'une seule seringue alors il ne fallait pas se rater.

Oh non.

C'était un homme grand, la quarantaine, il avait de la barbe et des cheveux foncés remontés en queue de cheval haute. Son dos était ravagé par des cicatrices en tout genre, il devait avoir beaucoup d'expérience en terme de combat... Mais ce qui interpella Sasuke en premier ce fut ses muscles. Ce type était musclé, très musclé. Même avec une seringue, le brun ne fera jamais le poids contre lui, le type du Pont Nakano était un rigolo à coté de ce policier même l'inspecteur Maïto n'avait pas un physique comme ça.

Comme s'il avait entendu les pensées de Sasuke, l'homme se retourna dans sa direction :

« Il y a quelqu'un ? »


Notes:

* : reconnaîtrez vous ces références ?


Réponses aux reviews :

Sakka-Sensei: Merci pour ta review :3 Pour tes pronostics, tu as 2/5 ! Félicitations ! A très vite, bisous !

Danettepistache: Merci pour tes reviews ! En fait si Sasuke est en mode boulet c'est surtout à cause du stresse qu'il ne sait pas identifier. Il n'arrive pas à savoir qu'il est stressé donc il ne prend pas cela en compte dans ses calculs et fait comme s'il était en pleine posséssion de ses capacités alors que ce n'est pas le cas et donc il rate et donc il ne comprend pas pourquoi, haha.

Rip conchita. Sorry pour le retard :D

Je dois avouer que c'est assez dur d'écrire avec froideur. Souvent je me dis qu'il faut absolument que je décrive une réaction émotionnelle importante d'un personnage avant de me rendre compte que comme le personnage principal de cette histoire ne peut pas remarquer le changement d'émotion, il faut donc que je trouve un moyen de faire comprendre à ceux qui lisent les sentiments de la personne en face de Sasuke à travers lui alors qu'il ne comprend pas ce qui se passe dans la tête des autres. (genre dans ce chapitre que Iruka est blessé par la remarque de son collègue mais Sasuke ne peut pas savoir qu'il est blessé moralement parce qu'il n'a pas les codes pour déchiffrer la ''déception'' d'Iruka. Mais comme Sasuke connait maintenant la colère, il remarque qu'Iruka est ''visiblement'' en colère.) Cela fait partie du défi que je me suis lancé, la première version de cette histoire (restée très peu de temps sur ce site et pas en entière) était même écrite au présent mais c'était un peu trop dur à écrire alors je suis revenu à quelque chose de plus classique. Haha.

Je plaide coupable pour les fautes. (pardon, pas de tomates, please)

Bisous et à bientôt !


J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire parce que ça me ferait très très plaisir.

Merci encore de me lire, à dans 10 ans* !

Bises à vous.

(* je plaisante)