Résumé : Sasuke, ayant un passe-temps très particulier, voit sa chère routine malmenée lorsqu'il est surpris en plein acte par l'une de ses camarades de classe. Que faire ? /!\ UA.

Les personnages ne m'appartiennent pas, évidemment !

Les pensées du personnage en POV sont en italiques.

Le début et la fin des flash back sont marqués en gras.

Bonne lecture !


Kakashi tenait encore fébrilement entre ses mains la preuve qu'il recherchait depuis longtemps, trop longtemps. Il relut encore une fois, pour être sûr que ce n'était pas son imagination.

Et il soupira de satisfaction, comme si on lui retirait une épine du pied.

Cela faisait trois jours que l'affaire YAMANAKA avait été rouverte. Depuis le temps qu'il attendait cela.

Choza courait dans les couloirs de l'Hôtel de Police en hurlant : « Kakashi, tu avais raison ! », un bout de papier dans la main.

Jamais on avait vu le chef de la section scientifique courir et s'agiter dans tous les sens de cette manière. Choza devait immédiatement trouver son ami aux cheveux gris. Kakashi avait toujours passé un temps monstrueux à son travail et c'est quand il fallait absolument le voir qu'il décidait de rentrer chez lui ?

Après avoir ouvert presque toutes les portes et être entré dans presque tous les bureaux que comportaient le vieux bâtiment qui leur servait de lieu de travail, il trouva son ami simplement à la machine à café en compagnie de Gaï et Obito. Ils semblaient sur le point de partir en vadrouille. Les cheveux ébouriffés à cause de sa course et rouge à cause de l'effort, il réussi à dire entre deux respirations :

« Kakashi, vite il faut que tu viennes. Le Directeur t'attend. »


« INO YAMANAKA – correspondance - 100 % »

Correspondance parfaite.

Dans la salle du Conseil de la Police, Kakashi tremblait. Il ne savait pas à quoi était dû ces tremblements. Excitation ou peur ? Peut-être avait-il espéré qu'elle soit toujours en vie. Pauvre enfant. Quelle fin misérable. Les fins de traits de son visage revinrent dans sa mémoire.

L'Inspecteur élança son regard dans toute la salle. Tous les hauts placés de la Police étaient là, il devaient être une quinzaine en tout. Tsunade le regarda un instant avant de reporter son attention sur le directeur.

Le Directeur de la Police, Monsieur Hizashi Hyuga se tourna dans sa direction :

« C'est bien vous qui étiez en charge de l'enquête de sa disparition ? »

L'Inspecteur au masque répondit positivement à la question de son supérieur hiérarchique.

Il continua :

« C'est en remontant la piste d'un chat disparu qu'un jeune policier a trouvé des traces de sang sous le pont de Nakano »

Sur une carte de la ville accrochée au mur, il plaça son doigt à l'endroit dont il parlait avant de reprendre :

« A coté d'un sentier entre une forêt et une zone commerciale désinfectée à plus d'une heure de marche de la maison où avait eut lieu la soirée d'anniversaire du jeune Sai. Ces traces remontant à plusieurs mois, nous les avions faites analyser sans que personne ne soit vraiment convaincu de l'utilité de le faire. » La voix de l'homme s'arrêta en silence.

Kakashi déglutit difficilement où voulait-il en arriver ?

Le Directeur se plaça à son bureau avant d'inviter toutes les personnes présentes à s'asseoir à leurs tables respectives. Le Directeur de la Police était un homme grand aux cheveux grisonnant, d'un âge mûr et à la droiture parfaite. Il n'y avait pas d'homme plus droit que lui dans tout l'Hôtel de Police. Une fois assis, il ferma les yeux et les rouvrit après un temps :

« Mais nous avons été stupéfaits de constater qu'il s'agissait du sang de Ino Yamanaka. C'était d'ailleurs à quelques pas de ces tâches de sang que les experts ont retrouvé le téléphone de la jeune fille qui s'était coincé entre deux rochers dans la rivière. »

Il sorti d'un dossier des photos qu'il plaça devant ses interlocuteurs, ces derniers se les firent passer, leurs visages restaient parfaitement stoïques devant ses images pourtant déroutantes.

« Ces traces ont démontré que la jeune fille s'est littéralement vidée de son sang et qu'à moins d'un miracle ou d'une transfusion sanguine, il n'y a aucune chance qu'elle puisse être encore en vie aujourd'hui. Même si nous n'avons toujours pas retrouvé le corps, une équipe s'occupe de longer la rivière jusqu'au lac. »

L'homme se releva et plaça ses bras derrière son dos tout en admirant la ville à travers la baie vitrée de la salle. Il reporta son attention sur ses subordonnés et ajouta :

« Alors que l'affaire vient tout juste d'être close, je la déclare ouverte à nouveau. »

Kakashi sentit son sang ne faire qu'un tour.

Enfin !

Mais l'inspecteur au masque s'interrogea, si cette réunion ne concernait que l'affaire Yamanaka, pourquoi tout le gratin de la Police se trouvaient dans cette salle ?

Avant d'avoir pu imaginer une réponse, la voix du Directeur s'éleva de nouveau dans la pièce.

« Avec la découverte de ces traces, nous avons décidé de fouiller les divers entrepôts désinfectés d'à coté dans l'espoir d'y trouvé le corps de la petite si elle n'est pas dans le lac. Une fouille difficile car malheureusement ce coté de la ville est contrôlé par des gangs mafieux, rien de très impressionnant, Konoha n'a pas la taille de Miami. Mais ces gens bornés ne souhaitent pas voir la Police se balader tranquillement dans leur territoire. »

Choza prit la parole juste après que leur supérieur eut finit :

« Quel groupe le contrôle ? »

-Ce territoire appartient à '' La Colonne d'Izanagi '', le groupe le plus prolifère de la ville. C'est l'équipe de Torune qui s'occupe d'enquêter sur eux »

Kakashi ne connaissait pas vraiment les groupes mafieux de la ville, il en avait rarement entendu parler, il savait seulement que deux grands gangs se faisaient une guerre silencieuse depuis déjà une dizaine d'année. Ils étaient très discrets et seuls quelques policiers avaient l'honneur de pouvoir enquêter sur eux.

« Tsunade a dû trouver un accord avec eux. En échange de les laisser tranquille, ils vont envoyer un des leurs pour répondre à nos questions et ne nous gêneront pas pendant l'enquête. Ils affirment que le meurtre ne vient pas d'eux mais pensent savoir de qui il s'agit et sont, apparemment, en conflit avec lui. »

« Ils veulent sûrement qu'on leur débarrasse. Ils ne faut pas s'attendre à une grande coopération de leur part si cela ne leur est pas bénéfique. » Répliqua Torune les bras croisés, bien installé au fond sa chaise.

« Dans ce cas, le meurtrier doit faire partie des ''Princesses'' ? Ils sont ennemis, non ? » demanda Choza d'un air très sérieux.

Même Choza semblait connaître ces groupes, Kakashi devait avoué qu'il ne comprenait rien. Des Princesses ?!

« Si c'est le cas, c'est à mon équipe de s'occuper de cette affaire. » Fit calmement Fu depuis le fond la salle.

« L'affaire Yamanaka appartient au service de la police régulière, c'est à nous de nous charger de ça. » S'exclama Tsuande.

« C'est mon équipe qui enquête sur ''les Princesses de Susano''. Si le meurtre de la gamine est lié à elles, alors l'affaire Yamanaka nous revient de droit » S'indigna Fu.

Avant que Tsunade n'ait pu émettre le moindre son, une voix la coupa :

« Sergent Tsuande » Commença doucement Torune.

« Nous comprenons parfaitement vos sentiments. Mais votre service ne sait sûrement pas gérer des mafieux. On ne parle pas ici de vol à la sauvette ou d'un mari jaloux qui a tué sa femme. Nous parlons de réseaux organisés : de prostitution, de drogue, et assassinats rémunérés, qui existent dans cette ville depuis bien avant que vous ne sachiez tenir une arme entre vos mains. » Répondit Torune, dans le plus grand snobisme.

« Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton ! » S'écria la blonde.

Des disputes éclatèrent dans la salle des Conseils, mais le calme fut ramené par le Directeur vraisemblable lassé :

« Nous devons travailler ensemble. Hors de question de se faire une guerre interne. Ne les laissons pas nous diviser, nous devons rester unis face à l'ennemi commun. »

Tout le monde hocha de la tête en signe d'approbation de façon plus ou moins prononcée.

Le Directeur plaça son regard froid sur Kakashi :

« Inspecter Hatake, en accord avec Madame Hime, je vous laisse le soin de l'interroger. Comme elle nous l'a expressément fait remarquer, il s'agit de votre enquête. »

Il avait vu le type en question quelques jours plus tard. Kakashi l'avait rencontré dans café, à la frontière entre le territoire de la Police et celui de la Colonne d'Izanagi. Ce type lui avait parler « des Enfers ». D'après lui, c'était le nom qu'ils donnaient maintenant à l'entrepôt le plus au nord.

Le type était entré dans le café où devait avoir lieu le rendez-vous et l'Inspecteur s'était permis d'arriver avec plus d'une demi-heure en retard. Il en avait profité pour examiner son futur interlocuteur. Il portait du maquillage violet sur tout son visage, des cheveux bruns, les yeux noirs, il avait l'air d'avoir environ vingt cinq ans d'après le flair indéfectible de l'homme au masque. Quelqu'un de physiquement très banal, une veste de moto noire, un jean et un t-shirt blanc. Ses supérieurs avaient du penser qu'envoyer quelqu'un à l'apparence très banale suffirait pour qu'il ne soit jamais reconnu mais c'était mal connaître Kakashi. Jamais il oubliait un visage.

Quand il arriva près de l'homme, ce dernier buvait un thé. Quand Kakashi s'était présenté à lui, il l'avait tout de suite reconnu :

« C'est vous, mon rencard ? » Avait ricané le mafieux.

Hilarant.

« Quel humour. » s'était contenté de commenter le policier avant de s'asseoir sur la banquette d'en face.

Ce type, Kankuro il s'appelait, lui avait expliqué que cet entrepôt appartenait à Colonne d'Izanagi à la base mais qu'un type s'était approprié le terrain sans leur autorisation. Ils avaient essayé de le récupérer plusieurs fois pendant des mois mais il arrivait à tuer tous ceux qui s'approchaient trop près de son air de jeux.

« Résultats : plus personne n'osait s'approcher de cet endroit y'a encore quelque temps. Même les chefs avaient décidé d'abandonner car les gars fuyaient tous dès que l'ordre était donné d'aller le récupérer. » L'homme au maquillage sorti un paquet de tabac de sa poche avant de poursuivre :

« Mais depuis un certain temps, on a plus entendu parler de lui. Y'en a même qui disent qu'ils se sont approché sans le voir débarquer. Alors les chefs nous ont donné l'ordre de reprendre ce terrain. » Il s'arrêta, le temps de ranger son paquet dans la poche intérieure de sa veste.

« On est rentrés dans ce taudis pour la première fois depuis la fin de l'été... » Le jeune homme roulait une cigarette, L'Inspecteur au cheveux gris reconnu immédiatement l'odeur qui s'échappait du roulé. Il n'avait pas honte de fumer des substances illégales devant un représentant de l'État ?!

Se contenant le plus possible, il demanda :

« Et ?

- J'en ai vu des choses affreuses dans ma vie mais... » Commença doucement le plus jeune des deux, plaçant son roulé aux bords de ses lèvres.

Kakashi l'incita à continuer par un regard appuyé.

« J'ai vu les Enfers, Inspecteur. » se contenta de lui réponde son interlocuteur, un air grave sur le visage.

Et il n'avait pas tord. la Police découvrit un nombre incroyable traces de sang dans la plus grande pièce l'entrepôt. Kakashi se souvenait encore. C'était probablement l'endroit le plus affreux qu'il ait vu de sa vie. Des litres et des litres de sang avaient dû être vidé ici. Il ne croyait pas à l'enfer mais si celui-ci devait exister, il devait sûrement ressemblé à ça. Il était certain qu'il n'y avait pas eu qu'une seule victime ici.

L'Inspecteur oscillait entre deux sentiments opposés. D'un coté, il était traversé par une tristesse infinie de n'avoir pu retrouver la jeune Yamanaka bien qu'elle fut morte avant même que la police soit prévenue de sa disparition. Elle était si jeune et avait visiblement un bel avenir devant elle, avec des notes excellentes ainsi qu'un comportement exemplaire.

Mais de l'autre, il exultait de joie. Cela fait plusieurs mois que des affaires de meurtres non-élucidés s'entassaient sur le bureau de sa chef sans qu'on trouve le moindre suspect. Toujours le même procédé, toujours la même arme : un coup de seringue dans le cou puis les cadavres étaient vidés de leur sang dans un endroit inconnu jusqu'à lors avant d'être lâchés n'importe où dans le nord de la ville.

Et la plus grande surprise fut de découvrir qu'il s'agissait du sang des victimes des affaires non-élucidées du bureau de Tsunade. On comptait pas moins d'une vingtaine de victimes en moins de quatre mois, un chiffre beaucoup trop élevé pour la durée. Ce type avait des week-end surchargés.

Les experts en avaient conclu que la jeune Yamanaka avait sans doute dû faire partie des victimes ce tueur, mais que pour une raison obscure celle-ci avait été tuée à l'extérieur de l'entrepôt. Tsunade avait hésité à la mettre sur la liste des victime mais Kakashi travaillant sur l'enquête YAMANAKA avait insisté et elle l'avait laissé faire.

Les experts constatèrent qu'aucune des traces de sang de l'entrepôt n'étaient « plus jeune » que celles de Yamanaka, ce qui signifiait que le tueur avait changé d'endroit. L'Inspecteur au masque savait qu'il avait forcement une raison à cela, il espérait même qu'il y ait un lien avec le gamin Uchiwa mais il avait dû se résigner à n'en parler à personne de son entourage.

Le tueur avait probablement du changer son aire de jeu après l'affaire YAMANAKA, la police rôdant en permanence dans le quartier proche de la maison où avait eu lieu la soirée.

Il ne restait plus qu'à savoir où se trouvait sa nouvelle aire de jeu et Kakashi était sûr de boucler l'Affaire du Bourreau des Enfers.

La sonnerie de l'alarme incendie sortie l'Inspecteur de ses réflexions.

Encore un exercice ?


« Il y a quelqu'un ? »

Sasuke retint son souffle.

« Obito, si c'est encore une de tes blagues, saches qu'elles ne sont pas drôle. » Continua l'homme en retournant vers son casier, semblant chercher quelque chose à l'intérieur.

Que faire ?

Il était dans la panade jusqu'au cou. Il fallait trouver quelque chose sinon il allait devoir affronter ce policier qui le réduirait immédiatement en bouillie. Toujours caché derrière le meuble, il jeta son regard dans tous les sens pour trouver quelque chose qui pourrait le sauver.

Et alors que son souffle se coupait et que sa vue se brouillait sous le coup du stresse, il vit enfin son sauveur : un déclencheur d'alarme à incendie.

Le déclencheur était là. A seulement quelques petits mètres de lui et du meuble derrière lequel il se trouvait. Le policier étant toujours occupé le nez dans son casier, Sasuke pris le peu de courage qu'il avait à deux mains et tendit son bras du mieux qu'il pouvait vers sa délivrance, se contorsionnant dans tous les sens pour accéder à son seul moyen de s'en sortir.

Il attrapa la manette et finalement tira dessus d'un geste libérateur.

Après un temps de latence de cinq secondes, le son de l'alarme à incendie résonna dans tout l'Hôtel de Police.

« Encore un exercice d'évacuation ? Bon... on se retrouve en bas, crétin. » Fit joyeusement l'homme à la queue de cheval qui s'en alla aussitôt sans demander son reste.

Sasuke resta encore interdit deux bonnes minutes à se demander comment il avait réussi à s'en sortir. Avec une telle chance, il fera mieux de jouer au loto, bien qu'il n'en ait clairement pas besoin.

Mission réussie !

Cela faisait tellement longtemps, enfin quelque chose qu'il arrivait à réussir. Pour la peine, il demandera à Ino de lui faire une salade de tomates.

Il se dégagea de derrière le meuble, il épousseta ses vêtements bien qu'ils soient si sales que cela ne servit guère à rien et réajusta son déguisement est sorti finalement des vestiaires, sur ses gardes mais pas trop. Surtout rester naturel.

A peine il put poser un pied en dehors des vestiaire qu'une marée de personnes évacuées par des policiers compléments dépassés l'emporta avec elle dans un brouhaha l'empêchant même de s'entendre penser. Il ne savait pas trop où celle-ci allait l'emmener mais il espérait que ce soit vers la sortie. Il se retrouva coincé malgré lui entre deux gros hommes, humides de sueur et sentant fortement la transpiration. Malgré les tentatives de se dégager rien n'y fit et il pouvait à peine se mouvoir tant il était pressé contre eux. Cette proximité et cette odeur pénétrant jusqu'à ses narines lui rappelèrent des souvenirs douloureux.

Là, maintenant, tout de suite, il devait se laver. Frotter, frotter, et encore jusqu'à ce que sa peau rougisse douleur, frotter jusqu'à ce que sa peau ne présente plus aucune traces de lui.

Est-ce que c'était trop demander une douche ?

Complètement comprimé contre des gens qu'il ne connaissait pas, sa vue se brouilla, il senti des mains étrangères et sales se promener sans gêne sur son corps n'épargnant aucun endroit, même les plus intimes. Il ne savait pas si cela se passait tout de suite ou bien si c'était son cerveau malade et fatigué qui le faisait tourner en bourrique.

« Laisse moi... s'il te plaît » Il marmonna si bas que personne ne l'entendit.

Il se souvint des chaînes. Tout autour de ses poignets pour qu'il ne puisse pas lutter, résister quand il venait le voir. Autour de ses chevilles aussi, pour qu'il ne puisse pas s'échapper et s'enfuir loin. Ces chaînes avaient laissé des traces indélébiles sur son corps, des cicatrices qu'il cachait à l'aide d'une montre d'un coté et un bracelet en tissu de l'autre, portant des pantalons longs et des chaussettes hautes pour que personne ne puissent voir ces traces. Les cachant à la vue de tous, de lui-même y compris.

Il se souvenait de ses « caresses » qui commençaient et finissaient toujours par des hurlements et du sang. Il ne savait même pas pourquoi cela lui était arrivé. Il n'avait rien fait pour mérité ça ! Pourquoi Sakon s'en était pris à lui ?! Il ne le connaissait même pas !

« Mais pourquoi tu cries comme ça ? Voyons, on est bien ensemble !» fit une voix amusée dans sa tête.

Sa respiration ralentit de plus en plus, s'arrêta un court instant et il se laissa tomber à même le sol. Il n'entendait plus les hurlements joyeux des prisonniers ou ceux énervés des policiers tentant de ramener le calme. Seulement la voix de son ancien bourreau lui susurrer des mots qu'il avait déjà entendus mille fois cet été-là.

« Laisse-moi partir... » supplia-t-il encore une fois.

Mais avant qu'il ne se fasse écrasé par les prisonniers, quelqu'un l'attrapa par les hanches et le souleva d'un bras. Il senti son corps se faire soulever mais resta dans une sorte d'état végétatif, incapable de réagir et ce jusqu'à ce que la timide chaleur du soleil lui réchauffe le haut crâne comme pour le réveiller en douceur.

Il leva les yeux et admira le soleil comme s'il le découvrait pour la première fois. Il senti quelque chose se passer à l'intérieur de son torse, une douleur ? Il ne saurait pas dire. La seule chose qu'il savait, c'était que la dernière fois qu'il avait ressentit une telle chose, c'était quand il s'était enfuit de l'hôpital désaffecté à la fin de l'été.

Une fois dehors, un bon nombre de prisonniers s'enfuirent, Sasuke aurait aimé en faire autant mais le policier qui l'avait attrapé ne semblait pas vouloir le lâcher. Il le ramena vers un groupe de policiers qui avaient l'air passablement énervés de la situation. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait autour de lui, cette explosion de souvenirs l'avait laissé dans un état second et il peinait à reprendre conscience de lui-même.

Le policier se plaça juste en face de son visage et il reconnu aussitôt le policier des vestiaires. Il put constater qu'en plus de toutes les cicatrices qui parsemaient son corps, ce dernier en avait également une sur son œil droit. Le lycéen déplaça lentement ses yeux vers le badge du policer. « NARA Shikaku »

« Ça va, gamin ? » Fit l'homme mûr d'une voix forte mais qui n'inquiéta pas le sociopathe.

Sasuke ne parvint pas à faire sortir de sa bouche les mots pour lui répondre, mais en revanche il sentit quelque chose couler le long de ses joues, cela le gênait fortement alors il frotta mais il n'y avait rien d'autre que de l'eau.

« Faut pas pleurer comme ça, tu t'es fait mal ? » Essaya de le rassurer le policier en frottant énergiquement les épaules du garçon avec ses grandes mains.

Pleurer ? Lui ? La dernière fois que cela lui était arrivé, c'était cet été et depuis il n'avait jamais ressenti le besoin de pleurer. Qu'est ce qui se passait ?

« Ça va ? Tu te sens mieux ? Tu veux boire quelque chose peut-être ? »

Il essaya de répondre au policer mais avant qu'il ne le fasse, on l'attrapa par le col :

« Hé toi, là! On peut savoir pourquoi t'es pas avec les autres ? » fit Hayate énervé.

« Attends, Hayate, il ne va pas bien. Je vais le garder par là.

- Ça va, t'inquiète. Il est juste bourré, t'es pas du genre à te faire avoir toi pourtant, tu devrais avoir l'habitude.

- Je sais mais... il a l'air vraiment jeune, il a quel âge ? » demanda Shikaku.

Hayate sembla réfléchir un temps puis ajouta :

« Il m'a dit qu'il avait 21 ans.

-Il a l'air bien plus jeune. » Finit par en conclure Shikaku scrutant le visage du jeune lycéen.

Il s'approcha en douceur de Sasuke, lui plaça une main sur son épaule et lui sourit avant de dire :

« Tu vas aller avec mon collègue, ok ? »

Sasuke hocha la tête et l'Inspecteur Hayate le ramena auprès de ses anciens voisins de cellules. Cela ne l'aurait pas dérangé plus que ça, les sans abris ne sont pas de mauvaise compagnie (contrairement à Shion), mais malheureusement son ami l'Inspecteur Hatake était de surveillance auprès d'eux. Il arriva docilement pour ne pas attirer l'attention de Hakate, il ne faudra pas qu'il le reconnaisse ou bien il serait définitivement fichu.

« C'est qui celui-là ? » Fit l'inspecteur au masque.

Raté.

Sasuke resta muet comme une carpe dans l'espoir qu'il ne le reconnaisse pas.

« Un gamin que j'ai ramassé tout à l'heure. » Répondit Hayate, moins en colère.

« Il a pas l'air très frais. » Ajouta simplement Hatake.

Hayate ne répondit à son collègue que par haussement d'épaules prononcé. L'Inspecteur au masque se contenta de cette réponse et partit voir un homme à forte corpulence et aux cheveux d'un rouge vif.

S'il avait la force, Sasuke se lèverait pour s'enfuir mais il était las. Toute son énergie s'était envolée, il n'avait même pas la force de tenir debout.

Les policiers firent l'appel de tous les prisonniers et une patrouille partie chercher les quelques uns qui avaient réussir à se soustraire à la vigilance des gardiens de la paix. Ils restèrent en tout près de trois heurs dehors, trois heures pendant lesquelles les policiers apprirent que ce n'était pas un exercice d'évacuation mais bien l'action de quelqu'un qui avait déclenché de l'alarme à incendie. Après avoir cherché vainement qui pouvait bien être l'auteur, ils abandonnèrent et firent rentrer tous les prisonniers dans l'Hôtel de Police.

Les policiers demandèrent aux prisonniers de se mettre à la file indienne pour rentrer et alors qu'il allait entrer à son tour dans la grande bâtisse, quelqu'un tira Sasuke hors du rang. Malgré son état encore second Sasuke reconnu tout de suite le policier Nara :

« Écoute gamin, je me suis arrangé avec mes supérieurs. Il n'y aura pas de poursuite contre toi et si tu veux, tu peux partir. Tu as un endroit où dormir cette nuit ? »

Les yeux de Sasuke s'agrandirent et il répondit positivement à l'agent en lui expliquant qu'il dormait sous un pont, dans une tente. Le policier lui proposa de dormir en cellule « juste pour ce soir, tu seras tranquille comme ça. » mais le sans-abris d'un jour lui expliqua que son amie devait sûrement l'attendre, qu'elle allait s'inquiéter de ne pas le voir revenir et partir probablement à sa recherche.

Il ne faudrait pas que Ino pense à sortir de nouveau de la maison.

L'Inspecteur Nara posa sa main sur le haut du crâne de Sasuke et lui dit au revoir :

« Si tu as un problème, n'hésite pas à passer. Tu demandes Nara. »

Sasuke ne comprenait pas pourquoi l'homme à la cicatrice lui disait cela mais il promit de le faire. Le policier se retourna vers l'Hôtel de Police en faisait un signe de la main à Sasuke que ce dernier rendit par politesse et il disparut à l'intérieur du bâtiment.

Quelle drôle de personne, cet homme.

Et il se dirigea vers son quartier. Un problème en moins. Il passa par une ruelle où il enleva son déguisement qu'il mit dans un sac poubelle, non sans oublier de prendre la carte et son téléphone dans les poches cachées. Il était hors de question qu'un truc aussi sale rentre chez lui. Et il reprit son chemin.

Il se sentait mieux mais n'était toujours pas au meilleur de sa forme. Devant chez lui, il sorti ses clés et tourna avec une lenteur certaine la clé. La porte s'ouvrir et il entra. Sasuke resta silencieux mais n'entendit aucun bruit, Ino devait probablement faire la sieste.

Il se dirigea vers sa chambre, il avait l'impression que le monde était au ralentit, il mit deux fois plus de temps que d'habitude pour monter les marches qui le menèrent à destination. Une fois arrivé, il se déshabilla entièrement, plia son linge sale avant de le placer devant son lit. Ce dur labeur terminé, il se plaça devant le grand miroir, debout.

Il analysa son corps.

Chaque entaille, chaque marque, chaque cicatrice qu'on lui avait laissé en souvenir de cet été. Il y en avait tellement, chaque parcelle de son corps avait été marquée par ces traces infâmes et pourtant il se souvenait comment chacune d'entre elles avait été faite. Et la douleur de leur impression sur son corps, toujours présente comme si cela ne s'était jamais arrêté.

Il sentit son cœur s'accélérer et son corps trembler et sous le poids de ses souvenirs. Beaucoup trop douloureux, il tomba à genoux.

Que faire ?

« SASUKE ! J'ai commandé sur internet le cadeau de Shion pour son- » Ino s'arrêta dans son début de monologue hurlant. Le sociopathe ne prit même pas la peine de tourner la tête dans sa direction.

Sans ajouter un mot, elle s'avança vers ce dernier, le dépassa et prit un drap dans le placard avant de le couvrit entièrement. Elle se plaça devant lui et plongea ses yeux bleus dans ceux plus sombres de brun. Il baissa les siens et regarda sans le vouloir le ventre d'Ino. Il devenait de plus en plus gros, elle devait être à six mois de grossesse bientôt. Cela faisait donc 6 mois qu'elle était ici. La voix d'Ino lui chuchota :

« Pour son anniversaire, puisque tu n'arrivais pas à choisir quelque chose. Il arrive dans une semaine. » Continua la jeune fille d'une voix plus douce.

Il ne se passa rien pendant près de deux minutes, avant que Sasuke ne se décide à prendre la parole :

« Comment as-tu payé ? Comment tu as commandé ?

- J'ai utilisé ton ordinateur et ta carte bleue, bien sûr. » Fit la blonde enthousiaste.

A cette annonce, Sasuke crut qu'il allait s'étouffer avec sa propre salive :

« Quoi ?! Ça va pas ?!

-Comment voudrais-tu que je le prenne sinon ? » Répondit Ino sur un ton accusateur.

« Tu prends rien du tout ! » s'exclama Sasuke.

Il soupira un coup et s'en alla à la salle de bain. Mieux valait arrêter tout de suite la discussion au risque de tuer Ino d'un coup violent sur la tête. Et il en avait déjà discuté longuement avec lui-même, cela n'était pas une bonne idée pour le moment.

Il expédia le drap dans la corbeille à linge sale de la salle de bain et entreprit de se laver. Il fallait absolument qu'il fasse disparaître cette affreuse odeur qui le suivait depuis qu'il avait enfilé le costume de sans-abris. Plus jamais, on ne le reprendrait à faire une chose aussi sale. Il le jurait. Et en plus, cette mission suicide avait été un échec, il n'avait même pas trouvé la lettre. Heureusement, il lui restait encore un endroit à chercher. Et si jamais elle ne s'y trouvait, Sasuke passerait immédiatement à la deuxième partie de son plan.

Hatake ne s'en sortira pas comme ça. Il ne manquait plus qu'à trouvé quand et comment aller fouiller chez lui. Et tout sera terminé.


Elle récupéra le linge sale posé devant le lit de Sasuke et alla la mettre devant la porte de la salle de bain adjacente à la chambre de son kidnappeur adoré.

Elle posa son oreille doucement contre la porte en bois et entendit l'eau couler, ainsi que de discrets grognements, signe que l'occupant était énervé contre elle ne savait quoi. Il avait l'air d'aller beaucoup mieux d'un coup.

Elle sourit à cette pensée.


Réponses aux reviews:

Sakka-sensei : hihi, je ne te dirais pas mais t'inquiète pas on saura bientôt ! Iruka cache effectivement un ''secret'' que certains de ses collègues ont dû mal à digérer ! C'est vrai que Sasuke pense très souvent à Ino, elle est un peu son repère dans ce monde qu'il ne comprend plus, il se sert d'elle comme référence et interprète les choses selon comme elle le ferait : "parce que Ino fait les choses comme ça et que elle, elle est normale alors les gens normaux font ça" une réflexion plutôt erronée en fait haha.


J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire parce que ça me ferait très très plaisir de savoir ce que vous avez à dire.

Merci encore de me lire, à bientôt! (promis, c'est les vacances maintenant ! )

Bises à vous.